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Podcast / conversationJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 20 novembre 2016 28 minAutoproduitActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & familleEnvironnement & énergie

MÉLENCHON - LA CASTE, LES PRIMAIRES ET LA SOUVERAINETÉ DU PEUPLE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Ça vous parle le Manko, ce nom ça vous dit quoi ?

  • 2:00OuverteRéponse partielle

    L'élection de Donald Trump, tout le monde se bouche le nez, les élites n'avaient rien vu venir. Le plus important c'est quoi ?

  • 5:00RelanceRéponse directe

    Comment vous expliquez que les médias français aient occulté Bernie Sanders ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Vous vous êtes réapproprié la nation, la patrie. Pourquoi ?

  • 15:00RelanceRéponse directe

    Vous expliquez qu'il n'y avait pas de plan B sous Mitterrand. Comment éviter de se planter aujourd'hui ?

  • 20:00RelanceRéponse directe

    Comment aujourd'hui on propose un autre système ? Cette fameuse idée d'un plan B ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00JLMFait
    « C'est la caste ! C'est à dire les tout-puissants financiers et leurs guignols, les marionnettes médiatiques, politiques, tous ces gens-là ! »
  • 4:00JLMFait
    « La primaire, la primaire ! On a importé la primaire en Europe où d'abord, où ? En Italie ! »
  • 6:00JLMFait
    « La victoire d'Obama, elle appartient à ce moment populiste, pourquoi ? Parce qu'il est élu à la surprise générale »
  • 8:00JLMFait
    « La gauche commence avec la souveraineté. Pourquoi cette idée a t-elle pu sembler se perdre un temps ? Parce que c'est la guerre qui a fait ça »
  • 11:00JLMFait
    « Moi je ne suis pas né avec une cuillère d'argent dans la bouche »
  • 16:00JLMFait
    « Si François Mitterrand avait fait un autre choix, il aurait pu faire un autre choix, on est toujours libre de faire d'autres choix ! »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

NP : Bonsoir merci beaucoup d'être là, ça vous parle le Manko, ce nom ça vous dit quoi ? Vous qui aimez l'Amérique latine, qui connaissez. JLM : C'est le fondateur de la dynastie dit-on et ça me parle beaucoup plus que tout ce que vous pouvez imaginer parce que c'est un Péruvien, bien sûr et que je suis complètement entiché d'un lien magique avec Atahualpa le dernier empereur Inca.

NP : hé oui! JLM : Vous savez dans la vie on a tous des pains magiques NP : oui JLM : Donc je pense que ce soir, là...

NP : Et ben c'est bien, tant mieux, ça marche bien mais on parle de l'Amérique latine, il y a quand même ces derniers jours autre chose qui s'est passé en Amérique du Nord l'élection de Donald Trump, tout le monde se bouche le nez, les élites, comme d'habitude, n'avaient rien vu venir, n'avaient pas compris. Le plus important c'est quoi, c'est que Donald Trump ait été élu ou c'est la question de savoir pourquoi un système permet ? JLM : Non le plus important pour moi c'est la vérification de la thèse qui anime "L'ère du peuple" mon bouquin Nous sommes dans ce que Chantal Mouffe qui est une théoricienne du populisme appelle le moment populiste et ce moment est en train de traverser la terre entière et à peu près partout pour les même causes c'est à dire que vous aviez des sociétés plutôt structurées dans une espèce de développement plus ou moins rapide qui formait des classes moyennes Lesquelles n'étaient ni très pauvres ni aussi riches que les riches et ça...

NP : Un impact social et politique qui fonctionnait à peu près JLM : Et donnait de l'espoir pour demain ! Et tout ça a été foudroyé par le libre échangisme, la concurrence libre et non faussée, NP : Qui est totalement faussée ! JLM : Absolument, elle n'est que faussée !

Elle est faussée par le dumping social mondial Toutes les structures anciennes sont arasées par ça et il en résulte une énorme disjonction entre les élites qui elles continuent...Ce qu'ont appelle les élites, moi j'appelle pas ça des élites, pour moi c'est la caste !

C'est à dire les tout-puissants financiers et leurs guignols, les marionnettes médiatiques, politiques, tous ces gens-là ! et ces gens vivent dans un autre monde qui ne leur permet pas de mesurer ce qui se passe et notamment l’extrême pauvreté mais ça ils s'en foutent, il y a le feu au dépôt et après tout ils n'ont qu'a souffrir...

NP : Oui mais là il y en a plus parce que ce sont les classes moyennes qui sont en train de descendre vers l’extrême pauvreté et c'est ça qui fait basculer le vote parce qu'il reste quand même la démocratie. Sauf que la démocratie là, en l’occurrence, s'est prononcée pour quelqu'un qui en fait, fait partie de la caste. JLM : Oui mais ils n'avaient pas le choix ,je crois que c'est un peu plus complexe, pour que vous compreniez les règles de vie du phénomène l’ère du peuple, la vague !

D'abord, premièrement, il faut se souvenir qu' elle a déferlé sur toute l'Amérique latine mais on a cru que c'était un isolat, vous voyez ? NP : Oui bien sûr! JLM : Mais pas du tout !

La victoire d'Obama, elle appartient à ce moment populiste, pourquoi ? Parce qu'il est élu à la surprise générale, c'est un Afro-américain, il en a tellement joué qu'on est obligé de le mettre comme critère. Et par rapport à tous ces gens, si vous voulez, il avait vraiment une tête de classe moyenne qui a réussi et qui n'a pas envie de retourner au point de départ Donc il y a eu une identification et une mobilisation populaire de masse qui s'est faite pour Obama et pendant ce temps là, les Républicains c'était la droite divorcée d'avec le peuple !

Et pourquoi ? Parce que ses candidats avait tous une caractéristique commune, ce sont des bigots. C'est à dire évangélistes, Mormons ne parlant que de bon Dieu et de choses comme ça.

Alors les gens ils veulent bien, ils écoutent, le bon Dieu tout ça, quand ils sont à droite ça les intéresse ! Mais euh bon d'accord mais la feuille de paye, encore plus ça les intéresse et le boulot, encore plus ça les intéresse ! Donc Trump si vous voulez, c'est sa force, il parle de ça et il élimine les bigots, il fallait donc apercevoir le phénomène dans la primaire parce que déjà à la primaire les belles personnes disaient : "il ne peut pas la gagner".

NP : Bien sûr. JLM : Ils étaient trop contents, c'était une grosse brute bien droitière et ils n'entendait pas ce qu'il disait, ils on retenu les vannes abominables, sexistes, les trucs horriblement limite racistes et tout ça ,bon. Mais alors évidemment toute la bonne société disait"c'est une honte", ils ont raison c'est une honte mais ok ,c'est une honte mais comment ça se fait qu'il est là ?

C'est d'abord à ça qu'il faut réfléchir ! Le gars qu'est-ce qu'il disait...

NP : Il disait moi je suis indépendant, je ne suis pas prisonnier des lobbys, bien sûr ! Voilà, il disait aux autres "Mais toi là-bas je t'ai prêté de l'argent la dernière fois, tu faisais pas le malin et moi je n'ai pas besoin de l'argent des lobbys" Et les gens se disaient "ben..." Vous savez c'est la deuxième campagne que je vois comme ça parce qu'il y avait un type, vous ne l'avez pas connu vous, c' est Brizola au Brésil.

Le mec il s’amenait, il était candidat, il était élu régulièrement, il disait : "Écoutez, je suis tellement corrompu, je suis tellement pourri que j'ai plus besoin de rien parce que j'ai déjà tout pris !" Les gens rigolaient, hurlaient de rire en disant :"Mais après tout c'est vrai !" Donc là je caricature mais c'est pour dire, la vague elle passe et en gros, la vague elle dit : "Faut s'occuper de nous, faut s'occuper de nous, y'en a marre on a peur, c'est pas possible que vous nous disiez qu'on a tout perdu, que nos enfants n'iront pas mieux que nous, que c'est l'horreur et que maintenant on est destinés à vivre comme des immigrés". parce que c'est ça qu'ils entendent !

Que l'immigré est une condition déplorable et que...

NP : Ils sont repoussés vers ça ! JLM : Voilà ! Alors, ils sont comme ça, et à ce moment là, la vague elle peut avoir un point de passage, elle a le point de passage Obama !

Qu'est-ce qui se passe ? Rien ! Le coup d'après...On pourrait se dire , ça à suffit à dégoûter tout le monde.

Non ça n'a pas dégoûté tout le monde ! Vous avez Sanders...Le phénomène Sanders vu depuis la France ça n'existe pas.

Surtout si vous lisez Libération ! NP : Oui mais ça d'accord ! Mais Bernie Sanders, qui était candidat à la primaire démocrate face à Hillary Clinton en plus à été éliminé dans des conditions douteuses puisque le Parti Démocrate a ouvertement triché pour soutenir Hillary Clinton pour soutenir l'establishment contre l'alternative qui pouvait émerger.

JLM : Puis surtout non seulement les gens s'en rendent compte,--Aux États Unis, ils s'en rendent compte !-- Ben évidemment les gens...Pourquoi on n'en parlait pas ?

Qu'on adhère pas à mes thèses je m'en fous mais pourquoi on n'en parlait pas ? NP : Comment vous expliquez que les médias français, non seulement aient totalement occulté Bernie Sanders mais aient ensuite fait campagne pour Hillary Clinton sans être capables de voir ou de sentir ? JLM : Parce que c'est un réflexe de classe, la caste a une mentalité, une psychologie et elle voit dans les Etats-Unis d'Amérique qui est son modèle un espèce de préfiguration de la France donc ils font correspondre Bernie Sanders et Mélenchon donc on n'en parle pas !

Et bon, Mme Clinton c'est Hollande ce qui est vrai parce que Hollande est le premier clintonien. NP : Et Donald Trump c'est Marine Le Pen JLM : C'est Marine Le Pen ! NP : Comment vous faites, vous, pour justement éviter la répétition de l'histoire ?

Vous avez refusé de passer par la primaire parce que dans ce système économique qui petit à petit confisque la démocratie il y a aussi la question des institutions politiques. Les institutions politiques à travers le système de la primaire c'est une façon de favoriser la social-démocratie, de favoriser l’establishment ? JLM : Évidemment !

D'abord parce que si on avait...Que la primaire fonctionne aux Etats-Unis depuis longtemps, c'est normal ça sert de premier tour, vu que c'est une élection à un tour.

Mais ça c'est trop pour la cervelle des observateurs qu'il y a ici Donc la primaire, la primaire ! On a importé la primaire en Europe où d'abord, où ? En Italie !

Pour moi l'Italie ça a été le révélateur qui m'a poussé à quitter le PS parce que j'ai vu le désastre ! Bon qu'est-ce qui se passe dans une primaire telle qu'on l'a vue fonctionner en Italie ? On démarre et après la machine à sondages se met en route et elle valorise le moins-disant le, le ...Qu'embête le moins, puis après on dit "c'est lui qui a le plus de chances".

Donc l'élection toute entière se transforme en un exercice de la théorie du jeu. Les gens ne réfléchissent plus en terme de programme, mais ils réfléchissent en terme de qui a le plus de chance de ! Et forcément que c'est un jeu pervers qui va vite tourner en rond mais qui dans la primaire va ensuite rencontrer un deuxième événement, c'est le tamis social !

Parce que il faut arrêter de dire "la primaire tout le monde vient" même aux Etats Unis c'est 9 millions de personnes, seulement, qui ont voté pour les deux candidats dans les deux primaires. Donc qui vient à la primaire ? Les centres villes urbains, pour l'essentiel, la population déjà impliquée !

NP : Pas du tout la population, la France périphérique JLM : Et alors en plus les candidats se mettent à faire campagne pour ceux là, pour ce type d'électeurs Et puis arrive maintenant la dernière couche, là c'est une invention des Français, parce qu'il n'y avait qu'eux pour faire ça ! C'est, ben puisque j'ai peur de perdre au premier tour donc je vais aller dans la primaire de l'autre pour faire passer mon candidat plutôt qu'un autre Et ça donne des enquêtes qui, à mon avis sont très intéressées ! Sur le thème il faut aller voter Juppé pour éviter Sarkozy d'y arriver.

NP : Mais on vous a reproché, en fait, vous en parlez beaucoup dans votre livre le choix de l'insoumission, vous parlez de cette différence entre le 'je' et le 'nous', très souvent vous y revenez, comme pour dire que vous, vous avez choisi le 'je' et qu'on vous le reproche parce c'est vrai qu'il y a une mystique, surtout à gauche, du 'nous' le collectif, il ne faut pas se mettre en avant parce que c'est pas bien, parce que ça écrase les autres etc...

Vous, vous assumez le 'je'. JLM : Alors d' abord, le 'nous' s'il vous plaît je leur dis pas à moi...

Je sais pourquoi vous lisiez des papiers, c'est parce qu'il y avait un commissaire politique qui l'écrivait avant et il fallait que vous lisiez ce qui était écrit sur le papier et pas autre chose ! Nous, c'était le parti ou alors il y avait encore pire que le parti, c'est les masses, un espèce d'entité métaphysique au nom de laquelle des personnages qui avaient un charisme d'huître étaient censés s'exprimer ! Bon moi j'ai dit une fois, je me rappelle, j' ai dis ça à mes copains communistes...

Bon, nous nous nous, tu dis trop 'je', je dis ok d'accord, maintenant je vais dire 'nous' mais je vous préviens, tant que je disais 'je', vous pouviez dire "ben c'est lui qui le dit", d'accord ? Donc vous étiez libres, mais maintenant si je dis 'nous', vous êtes priés, tous, de vous taire parce que je ne vais pas me faire tirer dessus par mes propres amis ! C'est une manière, en blaguant, de dire une vérité.

Je libère les autres ! NP : Vous vous êtes réapproprié non seulement le 'je', mais la nation, la patrie ! JLM : Le Peuple !

Au début c' était horrible, on ne pouvait pas parler de ça ! NP : Quand on est sur l'échiquier politique à l'endroit ou vous êtes normalement on parle au peuple de gauche c'est ce qu'on peut faire de mieux ! Vous, vous dépassez ça, pourquoi ?

Le clivage gauche/droite vous le gardez quand même? JLM : Non ! Vous allez voir, je vais vous répondre.

Dans l'ancienne vision du monde que j'ai portée pendant plus de 30 ans avec d'autres. L'acteur de l'Histoire, toutes les sociétés sont des sociétés de classes et l'acteur de l'Histoire c'est le prolétariat ! Alors déjà, on avait un peu de mal à faire rentrer le prolétariat dans la chaussure parce que ça débordait, il y avait des salariés qui n'étaient pas tout à fait dans le cas, bon bref !

Et devant l’effondrement général de l'ancien monde, il s'est effondré politiquement avec la chute du mur, il s'est effondré avec la chute de la social-démocratie tuée par le rapport au capitalisme transnational. Bon avant, ils allaient voir le patron du coin pour discuter, terminé ! Ou la banque du coin, c'est fini tout ça !

NP : Tout est ailleurs il n'y a plus de prises ! JLM : Voilà ! La social-démocratie, son rapport est détruit.

Et enfin tout le monde a été détruit par une approche de la contradiction fondamentale qui oppose l'être humain à son écosystème par ses pratiques. Alors je sais que dans mon milieu, alors ça c'est encore plus mal vu que tout le reste ! Parce qu'on dit "mais qu'est-ce que tu nous racontes "etc...Mais enfin les amis !

Dans le mécanisme de l'analyse philosophique que l'on va dire marxiste ou matérialisme historique, la révolution, la transformation de la société n'est pas le résultat d'une utopie ! C'est parce que le système se tue lui même qu'une autre catégorie sociale...

Bon d'accord vous connaissez cette mécanique, une autre catégorie sociale, le prolétariat, en se libérant libère l'humanité toute entière, point fermez les guillemets ! Bon tout ça, à l'heure actuelle, ça n'a pas le même sens du tout ! Pourquoi ?

Parce que le nombre des êtres humains fait que la prédation sur la nature est telle qu'on est en train de détruire l'écosystème dans lequel on vit. NP : Exactement ! JLM : Alors après que vous soyez capitaliste de droite, de gauche, du centre ou ce que que vous voulez, tout le monde sera mort !

Et la nature, elle s'en fout de nous ! Moi je ne défends pas la nature, je défends l'écosystème dans lequel les êtres humains peuvent vivre ! Le jour où il n'y a plus d'êtres humains, où la mer a monté où tout est dégueulasse, il y en a pour cent mille ans avec d'autres bestioles qui seront là !

Donc ça, ils ne veulent pas le prendre en compte, il faut qu'on trouve le moyen de répondre à l'accroissement des êtres humains. D'abord il y a une loi de la nature humaine, c'est que l'humanité est en expansion, donc ils ont couvert toute la Terre et maintenant les voilà au bord de la mer, ils entrent dans la mer. La mer c'est 70 % de la surface de la planète, d'accord ?

Donc que ça vous plaise ou pas, ils sont en train d'y entrer, pas de bol au moment ou la mer monte donc deux catastrophes en une ! Primo puis deuxièmement il y a l'espace, enfin l'humanité n'est pas confinée ! On va faire plein de choses, on va aller en mer , on va aller dans l'espace...

Ça vous paraît lointain, je vous vois sourire...

NP : Euh non c'est pas que ça me paraît lointain, c'est que je ne suis pas sûre qu'on puisse promettre le bonheur de l'humanité en allant conquérir Mars ! JLM : Mais moi je ne promets rien du tout NP : Justement ! D'ailleurs c'est marrant vous me parlez de ça...

Quand on lit votre livre, tout le début raconte votre enfance à Tanger et il y a un lien ! JLM : Ah, "Le Choix de l'insoumission"? D'accord !

NP : Il y a un lien vraiment charnel ! JLM : Oui ! NP : Et vous parlez de votre déracinement, vous parlez du moment ou vous arrivez en France, ou vous arrivez dans une campagne, la Normandie, que vous ne connaissez pas, dont vous ne connaissez pas la flore, dont vous ne connaissez pas toute la lumière !

JLM : Ni les bêtes ! NP : Et vous en avez souffert. Et d'ailleurs c'est très marrant, parce que ça m'a permis de comprendre une partie des débats qu'on a déjà pu avoir sur la paysannerie.

J'ai eu l'impression qu'il y a eu un moment ou la ruralité française, vous vous l'êtes pris en pleine figure et vous avez du mal à rentrer dedans ! JLM : D'abord, moi dans le livre j'ai essayé de ne pas donner une dimension que je déteste, souffreteuse de l'homme qui cherche son explication définitive dans son passé. Moi j'ai dit " écoutez des gens comme moi il y en avait pleins, mais qu'ont fait moi, il n'y en a qu'un, c'est moi et le voisin, pareil !

Donc moi je ne rentre pas du tout dans cette tradition, les racines, les ra bla bla tout ça dans l'ombre, moi c'est la lumière ce qu'on va faire demain, C'est possible, d'ailleurs j'ai vécu dans une famille de gens joyeux et entreprenants, parce que les Pieds Noirs ont tous les défauts du monde, je le sais bien mais, ils étaient souvent très entreprenants, très audacieux, des fois trop, mais bon ! En tout cas dans ma famille c'était comme ça ! Ma famille ce sont des pionniers.

Mon grand oncle était pirate pendant la guerre des Dardanelles, mon père a fondé une station de radio-télécom alors que c'était pas du tout sa formation. Donc ce sont des gens audacieux, ma mère est devenue institutrice à l'époque ou on ne devenait pas institutrice quand on habitait au Maroc. Et moi j'ai hérité d'eux cet enthousiasme et cette espèce de vision un peu, j'en conviens, des fois un peu perchée !

La France peut tout, quoi ! Parce que chez nous c'était comme ça, on pouvait tout, on savait tout faire, bon bref, on était mieux que tout le monde ! Alors ça m'a...Je fais la part des choses depuis le temps mais ça m'a transmis ça !

Alors quand à la ruralité, n’exagérez pas, j'ai quand même passé une bonne partie de ma vie à la campagne mais je ne vais pas faire le malin comme il y en a qui se...

Alors ils idéalisent la vie au village, non non les amis, c'est que vous n'y avez jamais habité. NP : Oui il y a une pesanteur, bien sûr JLM : Parce que aller vivre sous le contrôle de la bonne du curé, allez y mais moi non ! Moi j'aime les villes j'ai le droit aussi, je veux dire, la ruralité n'est pas un modèle absolu !

Vous savez combien il y a de paysans dans ce pays ? Il y en a 200 000 ! NP : Bien sûr il y en a 2 % JLM : Bon 200 000, il y plus d'étudiants que de paysans !

Quand j'étais jeune homme c'était l'inverse. Donc... je n'ai pas de mal avec la ruralité puisque je sais trop de quoi on parle !

Et je sais aussi qu'on y reviendra jamais ! Jamais, jamais, jamais. Arrêtez de raconter des histoires aux gens Jamais on ne reviendra à quelque chose qui d'ailleurs n'était pas si désirable que ça, il faut arrêter de raconter des salades NP : C'est pas une question d'y revenir, c'est une question de comprendre que la réappropriation de l'espace la réappropriation de la liberté, elle passe par la capacité à se nourrir, elle passe par la capacité à comprendre exactement, justement où nous sommes, dans quel lieu.

JLM : Vous êtes une parfaite Mélenchoniste ! NP : Écoutez, je ne le prendrai jamais comme une insulte JLM : Bon merci Madame, mais j'ai toujours dit la révolution citoyenne, c'est-à-dire, à l'ère du peuple correspond un process que j’appelle révolution citoyenne c'est-à-dire les gens veulent se rendre maîtres d'eux. Alors maître de quoi et comment ?

Ben faut aller chercher un peu dans les bouquins faut pas faire que soi ! Bon il y a la souveraineté est le fondamental de la société humaine. Faut le comprendre !

Alors c'est un mot...

NP : Mais c'est le mot que tout le monde a oublié la souveraineté, c'est le mot à remettre au centre ! JLM : Pourquoi ? C'est Maurice Godelier qui est un anthropologue.

Bon, qui est un homme de gauche. Maurice Godelier dit : "La communauté humaine commence à partir du moment où elle impose sa loi aux membres qui la composent et aux territoires qu'elle occupe. Donc la communauté humaine en tant que communauté politique, dès que vous êtes plus de quatre ou cinq, il faut partager c'est comme ça même pour faire la cueillette donc dès que vous commencez à vous organiser il y a du rite Et le rite suppose que vous vous y soumettiez, je m'y soumets donc nous sommes bien englobés tous les deux par la même loi et cette loi s'applique sur un territoire parce qu'à coté c'est chez les autres et donc ce n'est pas le même rite.

NP : Exactement. JLM : Donc c'est aussi fondamental que ça et le pouvoir, pardon je termine là-dessus pour vous dire , ça commence, les gens vont moins avoir une conscience collective en regardant leur feuille de paye qu'en regardant ce qu'il y a dans leur assiette ! Personne est d'accord pour donner à manger des choses pas bonnes à ses enfants !

Voilà ! Alors comprenez qu'a partir de là les gens disent ça sort d'où ça ? Et pourquoi ils font ça ?

Et pourquoi ils me mentent ? Et pourquoi ils me disent pas qu'ils ont mis ça dedans ? Et comment ça se fait que j'ai laissé ce plat pré-cuisiné sur ma table là, ça fait trois jours, il est dans le même état que le premier jour ?

Il y a un truc qui ne va pas ! Et donc ils comprennent qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. Là dessus ils allument la télé, ils voient qu'une partie de l'océan est transformé en un continent de déchets.

Eh bien donc il y a une conscience, pardon pour ceux qui n'aiment pas ça, collectiviste extraordinaire qui s'enracine sur cette idée de je veux contrôler, contrôler ma vie, contrôler le pouvoir, contrôler mon assiette et ça, ça s'appelle la souveraineté ! NP : Encore une fois vous dites : Être souverain, souverain individuellement, souveraineté populaire, souveraineté de la nation ! JLM : C'est ça !

Mais c'est un concept de gauche parce que dit le concept...

Pardon de la gauche ancienne ! NP : Oui c'est ça quand on dit de gauche c'est "historiquement de gauche" ! JLM : Voilà oui !

Parce que la gauche ça commence comme ça, je vais vous dire, vous connaissez l'histoire, c'est le roi Louis XVI, il y a le droit de veto qui est en discussion donc il se lève il enlève son chapeau et il dit :"à droite ceux qui sont pour le droit de veto, à gauche ceux qui sont contre." A droite comme les élus de Dieu etc, etc...

Mais ceux qui vont à droite pour être pour le droit de veto, ça veut dire qu'ils pensent qu'il y a une autorité supérieure à celle du collectif Np : Alors que les autres inventent l'idée que c'est le peuple qui est souverain pour lui même JLm : Tout entier et souverain. Donc la gauche commence avec la souveraineté Pourquoi cette idée a t-elle pu sembler se perdre un temps ? Parce que c'est la guerre qui a fait ça, notamment la guerre de 14 Et dans les milieux traditionnels de la gauche historique, le patriotisme et tout ça a commencé à paraître comme une espèce d'emballage, d'une horreur qui s'appelait le nationalisme, on se tape dessus, on se fait la guerre.

Et donc il y a eu un courant pacifiste qui a trouvé dans la gauche marxiste un point d'appui c'est-à-dire au fond tous les hommes sont frères ou pas, on s'en fiche, mais en tout cas tous les hommes sont prolétaires. Et donc les prolétaires n'ont pas de patries, ils s'aiment spontanément parce qu'ils ont la même condition etc...

Alors ce récit, que je ne veux pas moquer, hein, parce qu'il a été porteur de beaucoup de choses mais en même temps il bute déjà sur une réalité la première fois, la première occasion, pouf ! Qui a voté les crédits de guerre les premiers ? Les députés sociaux-démocrates allemands !

Et donc les Français derrière ! Au passage on a tué Jaurès comme ça on était débarrassé du témoin gênant NP : Mais...

Vous voyez sur toutes ces choses-là on se rejoint, je pense moi aussi que le concept de souveraineté est crucial, que la lutte contre l'aliénation, je crois beaucoup à ce terme, il y a un truc quand je lis...

JLM : Vous êtes philosophe Natacha Polony ou juriste je ne me rappelle plus ? NP : Non moi je suis agrégée de lettres pas philosophe JLM : Ah ça c'est bien ça ! NP : Mais il y une chose quand je lis votre livre "Le Choix de l'insoumission" où je bloque Et là je ne serai pas Mélenchoniste !

L'insoumis qui tout d'un coup est d'une dévotion totale pour François Mitterrand et pour moi François Mitterrand, pardon, mais c'est justement l'abandon de la souveraineté, c'est le choix de l'argent facile, c'est Bernard Tapie, c'est toutes les années fric, c'est toute la négation de toute cette histoire de la gauche que vous venez de nous faire JLM : Mais c'est là ou on voit que vous êtes de droite Natacha, vous me permettez de vous le dire ! D'abord mettons de coté quelque chose. NP : Je pense pas, je pense que je ne suis peut être historiquement pas prisonnière de Mitterrand comme vous !

JLM : Mais je ne suis prisonnier de rien, moi ! NP : C'est votre histoire on dirait un père quand vous en parlez ! JLM : Bah vous avez un père vous aussi je suppose, bon !

NP : Oui mais justement pour vous Mitterrand c'est inattaquable ? JLM : Non, bien sûr que si que c'est attaquable D'abord il y a quelque chose qui est important dans mon raisonnement c'est que moi je ne suis pas né avec une cuillère d'argent dans la bouche. et j'ai approché le Président de mon pays dans des conditions qui étaient intellectuellement et humainement touchantes, exaltantes, bon.

Donc souffrez que moi j'ai une certaine loyauté à sa mémoire et je n’accepte pas que vous crachiez dessus et que vous jettiez des pierres ! NP : Je comprends très bien que c'est quelque chose de personnel JLM : Après il y a l'épisode politique, parce que là il est mortifiant pour la gauche et pas là où vous croyez ! Parce que Mitterrand n'était pas du tout un homme d'argent, il s'en fichait, il était pas un homme d'affaire, il était pas corrompu.

NP : Il a laissé faire autour ! JLM : Boh il s'en foutait, il pensait que...Je ne sais pas ce qu'il faisait d'ailleurs !

C'est pas vraiment mon sujet ! Ouais enfin bon ! Aller chercher...

NP : Grossouvre tout ça, enfin, on peut faire abstraction de tout ça ? JLM : Quoi qu'est-ce qu'il y a ? Vous voyez comme vous êtes !

Alors on peut dire Grossouvre, machin allons mais dites des choses précises et on fait une émission sur Mitterrand. Mais c'est trop facile d'insulter un homme parce que je vais vous dire pourquoi NP : C'est pas un question d'insulte, je vous interroge ! JLM : Non, non, non, non, vous ne m'interrogez pas, vous continuez pour la millième fois le procès en diabolisation de François Mitterrand et je vais vous dire pourquoi.

Parce qu'à vous et aux autres il vous a foutu la trouille de votre vie ! Parce qu'il a nationalisé le tiers de l'industrie et la totalité des banques..

NP : Mais ça je suis pour, arrêtez ! JLM : Alors à vous d’arrêter un peu ! NP : Tout à coup vous refaites l’espèce de dialectique , moi de gauche contre les journalistes de droite !

Non mais parce que...

NP : Mais non, je suis pour les nationalisations, je suis pour la...

Je croyais que vous étiez une journaliste, les journalistes ne sont pour rien d'habitude ! JLM : ben moi je suis journaliste mais j'ai aussi une conscience JLM : Vous dites d'où vous parlez ! NP : Voilà je dis d'où je parle et je l'assume, j'essaye de comprendre ce qui vous porte.

JLM : Ma relation avec lui, elle dépend d'abord d'une chose qui est fondamentale dans mon existence, je crois aux rapports humains. Je ne suis pas un stalinien de la troisième période qui vous tire une balle entre les deux yeux et passe à l'épisode suivant ! NP : Ça c'est tout à votre honneur !

JLM : Primo ! Secundo François Mitterrand nous met au défi ! Parce que nous sommes partis avec une logique, le programme commun, le socialisme dans un seul pays.

NP : oui ! JLM : Trois ans après on est bloqué de tous les cotés, que faire ? Je faisait partie des néo-chevènementistes, j'appartenais à la gauche du PS à l'époque, j'étais Joxiste, il n'y avait pas plus exaltés que ceux là !

NP : Et vous expliquez qu'il y a pas de plan B mais il y en avait un ! Chevènement explique qu'il y avait un plan B qu'ils étaient plusieurs à le tenir et Mitterrand choisit Delors, c'est à dire choisit en fait l'acceptation du système et donc...

JLM : D'accord c'est un traître on a compris Natacha! NP : Non je ne dis pas que c'est un traître, j'essaye de comprendre ! JLM : Non! vous n'essayez pas de comprendre vous répétez le disque rayé du procès !

Ce n'est pas vrai ! Ce n'est pas vrai ! Quand arrive 1983, il hésite, il hésite, il hésite !

La clé de l'affaire c'est est-ce qu'on quitte le est-ce qu'on quitte le Serpent monétaire européen ou pas ? NP : Oui bien sûr ! JLM : Vous êtes d'accord ? c'est la clé !

Et pendant des jours il hésite, des gens changent de positions et moi je reçois encore des lettres, des gens qui me disent " y'a qu'a, faut qu'on" ! Ça suffit "y'a qu'a, faut qu'on" A l'époque vous ne saviez pas ce qu'il fallait faire, ce n'est pas vrai, Chevènement ne le savait pas mieux que les autres. Il disait "il faut sortir du SME", quelle étaient la conséquence ?

La dévaluation immédiate ! D'accord ? Pour la ?

Pour la ? NP : Cinquième fois ! JLM : Cinquième fois !

Il y avait déjà eu un emprunt forcé, d'accord ? Il y avait eu un contrôle des changes, alors vous pouvez admettre l'idée que lui le Président de la République se dise "mais où on va comme ça" ? Et qu'il ait dit je ne le ferai pas parce que j'ai le temps pour moi !

Alors attendez Mettons bien les choses à leur place. Premièrement je ne suis pas un dévot. Je vous prie de faire honneur à mon intelligence, j'écris des pages de critiques.

NP : Et je comprend aussi que vous avez aussi une histoire JLM : Et je dis : "là mes amis je ne vous permettrai pas de sortir de la nasse" ! Pas pour défendre François Mitterrand mais pour vous obliger maintenant à aller au bout de cette idée, une radicalité ne peut être que concrète, si vous ne dites pas comment on fait, vous parlez pour ne rien dire ! donc mon problème c'est pas François Mitterrand, mon problème c'est à propos de François Mitterrand la critique qu'on en fait est la suite, pardon Natacha, je termine...

NP : Je comprends votre idée c'est de dire il faut prévoir un plan B, c'est ça ? JLM : Si vous ne prévoyez pas de plan B vous êtes perdu ! Et je ne cesse de le dire et je dis qu'il faut aller au bout de certaines logiques.

Par exemple on a nationalisé à l'époque mais dans toutes les entreprises, ça c'est Jean Pierre Chevènement qui s'en occupait, des consignes de l'État il n'y en avait pas! Ces entreprises étaient majoritaires au MEDEF c'était l'occasion ou jamais de changer les règles de vote du patronat ! Parce que le MEDEF n'est pas représentatif, on ne l'a pas fait !

Donc comme disait Saint Just, si vous faites une révolution à moitié vous creusez votre tombeau. C'est ce qu'ils ont fait ! Donc le sujet aujourd'hui si Mitterrand ceci ou cela le sujet c'est de savoir si compte tenu de ce qu'on a vu à ce moment-là on continue comme avant à dire y'a qu'a faut qu'on !

Euh t'as qu'à faire ci, t'as qu'à faire là ! Comprenez que si François Mitterrand avait fait un autre choix, il aurait pu faire un autre choix, on est toujours libre de faire d'autres choix ! Il aurait pu faire d'autres choix !

Mais moi je n'ai pas envie d'avoir une discussion d'historien, j'ai envie d'avoir une discussion d'acteur Et quand je vois un Jean Pierre Chevènement aujourd'hui courir après des personnages aussi interlopes sur la question de l'Europe que le sont toute une série de dirigeants socialistes, aller aux Européennes avec eux, je dis il y a aussi quelque chose qui ne tourne pas rond dans sa tête, je ne lui en fait pas le grief c'est un homme que je respecte, pardon, très profondément et qui m'a appris plus de choses que d'autres. NP : Mais le problème n'est sans doute pas là, la question c'est comment aujourd'hui..

JLM : Si le problème est que de chaque homme on doit tirer un enseignement ! NP : Et donc la question, en gros, c'est comment, aujourd'hui, on évite de retomber dans ces travers, comment on évite de se planter aujourd'hui et comment on propose un autre système donc cette fameuse idée d'un plan B ? JLM : Oui moi j'ai une idée d'ensemble j'appelle ça l'éco-humanisme ou ce que vous voulez mais la France tourne, elle tourne sur le protectionnisme solidaire, les frontières ne sont plus ouvertes à tous vents.

Deuxièmement on tourne sur le plan économique, au lieu de privilégier la finance, comme l'a fait François Hollande avec la politique de l'offre, on privilégie le plan. Le plan écologique donc l'économie de la mer où nous pouvons briller de manière inouïe dans le monde. Et par rapport à l'Europe, on tourne, ou bien on sort des traités, qui sont des traités fait pour les petits vieux allemands.

Les retraités par capitalisation allemands. Ou bien on dit aux Allemands, il n'y a pas besoin de se battre, moi je suis pour qu'on s'entende avec eux ! Ben écoutez on leur dit c'est pas possible ça !

Ce que vous faites là c'est une politique qui vous sert à vous, on le comprend mais nous on va en mourir, on est une population de jeunes. Vous pour remplir vos fichues retraites par capitalisation vous avez besoin que les salaires soient faibles pour qu'il y ait de gros dividendes, et des dividendes pour alimenter l'Euro, lequel vous permet d'acheter à pas cher les marchandises que vous importez, donc ok très bien pour vous, pour vos maisons de retraites c'est parfait mais pour nous non ! Nous sommes la deuxième population du continent, nous allons être la première, on ne peut pas continuer !

Alors, on m'a dit je ne sais combien de fois dans les interviews quand je dis ça, "oui mais si vous allez..." Alors j'ai le choix je peux dire : "Je ne parle à personne, ah voilà M.

Mélenchon vous voulez la guerre !" Parce qu'on me l'a déjà fait ! Après je dis "et si je parle avec eux ?

Ah ah M. Mélenchon et s'ils ne veulent pas ?" Parce qu'ils n'imaginent pas une seule seconde que la parole d'un Français pèse un quelconque poids.

Alors je dis "ben très bien s'ils ne veulent pas on s'en va !" Qu'est-ce que vous voulez que je dise d'autre ? NP : Mais là dessus je vais vous dire une chose, je pense que c'est cohérent JLM : donc je dis ou bien ils l'entendent on sort des traités qui sont en train de tuer tout le monde, si ça ne tuait que les Français !

NP : Ça s'appelle rétablir de la politique ! JLM : Puis en plus faut avoir confiance dans la France parce qu'évidemment, si c'est deux petits nabots comme Hollande et Sarkozy, le peuple français dit une chose, ils n'en ont rien à foutre Eux-mêmes, eux-mêmes proposent des choses, puis après, ils arrivent "Madame où on signe ? Ou on signe ?" Moi c'est fini ça !

J'ai pas peur d'elle, j'ai pas peur des Allemands d'une manière générale. ils ne m'impressionnent ni personnellement ni économiquement, j'ai écrit un livre qui va paraître en livre de poche maintenant qui s’appelle "Le Hareng de Bismarck" NP : Vous expliquez tout ça. JLM : Mais attends ils sont décomplexés, agressifs, grossiers, impérialistes et nous les Français on est là à se dire "oui mais non nos amis allemands nous sommes réconciliés !" Moi je n'ai jamais été fâché avec les Allemands c'est eux qui nous ont envahis quatre fois, il faudrait quand même mettre les choses à leur place !

Donc nous devons avec les Allemands avoir une relation, lucide, raisonnée, vous comprenez ? NP : Nous sommes d'accord sur énormément de choses on va oublier notre point de désaccord, François Mitterrand. JLM : Quoi !

Mais non on en a pas ! Qu'est-ce que vous avez contre Mitterrand ? NP : Et on va conclure que sur tout le reste, on est d'accord, je dois vous quitter parce que j'ai un débat. qui va concerner justement un sujet que vous avez abordé, dont on vient de parler, la question de la souveraineté alimentaire, comment on fait pour que les gens se réapproprient leur nourriture.

JLM : Je vais vous dire la la ....l'épidémie d'obésité mais quel renversement dans l'histoire !

Autrefois le gros c'était celui qui avait réussi NP : C'était le riche, c'était l'opulent, aujourd'hui c'est les pauvres qui payent ! JLM : Et maintenant celui, hélas, qui est dans l'épidémie d'obésité comme il souffre, comme il est humilié, comme sa santé est mauvaise tout ça à cause de quoi ? De gens qui ont délibérément organisé ça !

NP : Mais bien sûr ! JLM : J’espère que vous allez le dire dans votre débat ! NP : Écoutez, c'est exactement le sujet de notre débat et c'est exactement ce qu'on va dire donc, merci et à bientôt.

JLM : Topez là et allez défendre la sociale dans l'assiette ! NP : A bientôt !