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InterviewFrance Inter — Questions politiques (sur Site radio)· 13 janvier 2019 54 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleSécuritéEurope & international

Alexis Corbière sur le grand débat national : "Je vous dis que ça va faire un grand flop"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 49 %Défensif 21 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 77 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:26OuverteRéponse directe

    Comment imagine-t-il une sortie de crise ? Quelle stratégie pour son mouvement La France Insoumise ?

  • 2:04OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui vous frappe dans ce mouvement ? En quoi a-t-il évolué pour vous ?

  • 3:39OuverteRéponse partielle

    Est-ce que ce mouvement n'est pas en train de se structurer ?

  • 4:18FerméeRéponse directe

    Est-ce que vous êtes favorable aux manifestations déclarées avec groupes de sécurité ?

  • 6:06RelanceÉludée

    Comment est-ce que vous triez les vrais Gilets jaunes des faux ?

  • 7:19RelanceRéponse directe

    Je condamne la violence, mais est-ce que vous vous trouvez normal ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:12InvitéFait
    « Il continue à exprimer une grande protestation populaire contre la vie chère, contre les injustices fiscales. »
  • 2:36InvitéFait
    « Je pense que la Ve République, qui est née dans un moment particulier d'histoire de France, en 1958, dans la crise algérienne, avec la personnalité du général de Gaulle, etc. Tout ça est fini aujourd'hui. »
  • 2:59InvitéPromesse
    « moi je suis partisan d'une 6ème République »
  • 4:20InvitéPromesse
    « Je suis pour qu'il n'y ait pas de violence »
  • 4:40InvitéFait
    « il y a une stratégie gouvernementale à laquelle, hélas, bien souvent, beaucoup de médias participent, qui consiste à ne donner de ce mouvement qu'une espèce de dramatisation généralisée »
  • 5:13InvitéFait
    « Il délire complètement. »
  • 5:18InvitéFait
    « les gens qui versent à une cagnotte, je veux la liste des gens. »
  • 8:24InvitéFait
    « Chaque fois que j'ai pu le faire, j'ai apporté un soutien. Il y en a qui même ont reçu de l'être raciste, de l'être sexiste, tout ça est dégueulasse. »
  • 8:51InvitéFait
    « Aucun d'entre eux n'a réagi. Nous sommes partis sous les coups, insultés avec des crachats. »
  • 10:29InvitéPromesse
    « Je ne suis pas pour la violence. »
  • 10:48InvitéFait
    « ça ne fait le jeu de personne, c'est bovin, c'est brutal. »
  • 11:09PrésentateurFait
    « Mélenchon, la dérive qui inquiète. »
  • 13:42InvitéFait
    « Il invente un sondage où on consienne les Français sur « Êtes-vous pour une alliance entre le Front National et la France Insoumise ? » »
  • 15:33InvitéChiffre
    « parce que j'évoquais tout à l'heure le fait que 7 à 8 personnes sont propriétaires de 80% des titres de presse. »
  • 24:18InvitéChiffre
    « à l'arrivée on fait 7 millions de voix 19,5% »
  • 25:10InvitéFait
    « fascinant il a dit »
  • 28:19Invité politiqueFait
    « Mais est-ce qu'il y a un ADN la France insoumise et est-ce que cet ADN c'est le populisme ? »
  • 28:29InvitéFait
    « Je suis un populiste humaniste comme je suis un jacobin, un républicain et tout ce que vous voulez. »
  • 41:34Invité politiqueFait
    « Le débat n'a pas commencé donc on peut imaginer qu'à une réunion si on décide d'en parler on en parlera. »
  • 42:44Invité politiqueChiffre
    « On est à 80 000 manifestants. »
  • 43:23InvitéFait
    « Si il démissionnait et s'il reconvoque le peuple français devant les urnes ça permettrait d'avoir un débat démocratique. »
  • 44:25InvitéFait
    « Je propose qu'aucun des députés sortant à l'heure actuelle ne soit élu parmi les députés constituants. »
  • 45:13Invité politiqueFait
    « Vous appelez à une 6ème République depuis très longtemps. »
  • 46:40InvitéFait
    « Je vous dis que ça va faire un grand flop. »
  • 48:54InvitéFait
    « j'observe que 18 mois plus tard on en est à la catastrophe que nous sommes »
  • 49:59InvitéChiffre
    « nos enseignants sont parmi les plus mal payés au niveau européen de l'OCDE »
  • 51:20InvitéFait
    « il pouvait le balancer par la fenêtre ou pas un spéculateur d'ailleurs »
  • 53:07InvitéChiffre
    « à l'époque 60% des français sont contre l'abolition »
  • 53:21InvitéFait
    « il a élu celui qui a dit j'abolirai la peine de mort »

Temps de parole

  • Invité69 %
  • Présentateur13 %
  • Alexis Corbière8 %
  • Invité 27 %

3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

France Inter.

0:01
Présentateur

Bonjour et merci Lauriane, France Inter, le journal Le Monde et France Télévisions vous donnent rendez-vous pour questions politiques. Le rendez-vous du dimanche, merci de nous être fidèles et notre invité jusqu'à 13h aujourd'hui. Il porte aussi bien l'écharpe tricolore que le gilet jaune, élu de la République et soutien de la première heure de cette révolte inédite qui entre dans sa dixième semaine. Il manifestait encore avec les gilets jaunes hier à Paris. Comment imagine-t-il une sortie de crise ? Quelle stratégie pour son mouvement La France Insoumise ?

La France Insoumise et son leader Jean-Luc Mélenchon sous le feu des critiques venus de droite et de gauche de Xavier Bertrand encore ce matin à Benoît Hamon. Le député de la septième circonscription de Seine-Saint-Denis, Alexis Corbière, s'est installé avec nous dans le studio de Questions Politiques pour intervenir l'application France Inter et les réseaux sociaux avec le hashtag QuestionPol.

0:51
Invité

France Inter. Questions politiques. Alibadou.

0:56
Présentateur

Bonjour Alexis Corbière. Bonjour. Et bienvenue. Merci. Bonne année à vous.

1:01
Invité

En ces temps difficiles, il faut souhaiter une bonne année, je le dis à tout le monde.

1:04
Présentateur

Et qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter, Alexis Corbière ?

1:06
Invité

Moi, tout va bien, mais je sais que pour des gens, c'est difficile. Et puis de la solidarité, de la fraternité, il faut se le répéter. J'aime bien ce moment un peu de convivialité où tout le monde se souhaite des choses heureuses. Et je souhaite des choses, évidemment, heureuses. Donc allez-y moulot aujourd'hui.

1:21
Présentateur

Avec la parade de Questions Politiques. Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie.

1:26
Invité

Bonjour à lui. Virginie Malingre. A tous et aux auditeurs. Mais oui, bonne année. Et à M. Corbière.

1:30
Présentateur

Virginie Malingre, du journal Le Monde et Karine Bécard de France Inter. Bonjour Karine.

1:34
Invité

Et bien à tous.

1:35
Présentateur

Et bonne année. Meilleur vœu. Vous avez préparé le portrait d'Alexis Corbière. Ce sera pour dans un instant.

1:41
Invité

Non, mais c'est parfois un peu formel, ces vœux. Je dois avouer qu'Antoné Luce, c'est insupportable de recevoir des courriers de tous les notables du coin qui vous invitent à des trucs. On sait vraiment. D'ailleurs, Emmanuel Macron a réglé les vœux. C'est quand même l'enfer. Et puis il y a un gaspillage de papier que je trouve insupportable. Mais après, le fait de se dire, voilà, on souhaite aux uns et aux autres que ça se passe bien, c'est pas inutile.

1:58
Présentateur

Vous étiez hier à Paris, Alexis Corbière. Vous défiliez avec les Gilets jaunes. Neuvième semaine, neuvième week-end. Qu'est-ce qui vous frappe dans ce mouvement puisque vous l'avez accompagné depuis ses débuts ? En quoi a-t-il évolué pour vous ?

2:12
Invité

Il continue à exprimer une grande protestation populaire contre la vie chère, contre les injustices fiscales. Et là où je trouve qu'il a évolué en bien, même si c'était en germe dès le début, c'est qu'il pose la question de la démocratie, de droit démocratique. Les citoyens veulent être des citoyens qui restent des acteurs civiques, même entre deux rendez-vous électoraux. Et donc qui questionnent, et plus que ça, même nos institutions, dont je suis un fermant adversaire. Je pense que la Ve République, qui est née dans un moment particulier d'histoire de France, en 1958, dans la crise algérienne, avec la personnalité du général de Gaulle, etc. Tout ça est fini aujourd'hui.

C'est un système qui met à distance le peuple, qui banalise l'abstention, qui concentre beaucoup de pouvoir sur le Président de la République. Bon, etc. etc. Il faut passer à autre chose.

Et moi, j'aimerais que ce mouvement de 6ème République, pardon, ce mouvement de Gilets jaunes, pose la question justement, aille jusqu'à, moi je suis partisan d'une 6ème République, mais à ce qu'on puisse, et ce serait une manière de sortir pacifiquement des choses, le retour aux urnes, mais pas dans le cadre de la 5ème République, qu'on rediscute tous ensemble, pas moi comme député, c'est pas aux députés de décider les droits des futurs députés, mais que le peuple, à l'occasion d'une assemblée constituante, où on élirait des représentants des députés constituants, qu'on discute de nouvelles institutions.

3:21
Alexis Corbière

Non mais on va parler des institutions.

3:22
Invité

Non mais c'est le fond du problème, parce que, attendez, je termine quand même pour que vous me compreniez, c'est que ce que ce mouvement porte en lui, de violent d'un certain point de vue, mais d'une colère qui vient de loin, c'est un refus du consentement à l'autorité. Les gens, il y a une colère, une rage particulière.

3:36
Alexis Corbière

C'est l'injustice sociale. Mais oui, qui vient de là. Mais est-ce que, pour reprendre la question d'Ali, est-ce que ce mouvement n'est pas en train de se transformer ? Est-ce qu'il n'est pas en train de se structurer, beaucoup plus qu'il ne l'était au début ? Est-ce que c'est une bonne chose ? Est-ce que vous en pensez ? Est-ce que vous soutenez ?

3:51
Invité

Moi je vais être franc, je ne suis pas un dirigeant de l'ouvrons Gilets jaunes. Je n'ai pas, et surtout pas dans un micro, c'est pas à moi de dire, faites ceci ou cela, parce que l'originalité, et comment dirais-je, là où ils sont farouchement, ils veulent garder ça, c'est que c'est les Gilets jaunes qui s'organisent. Moi je suis un responsable politique, vous savez, vous connaissez mes idées, etc. Un élu et un représentant. Oui voilà, mais donc c'est à eux de s'auto-organiser. Je trouve que c'est bien globalement, c'est bien, mais bien sûr qu'il y a parfois des choses discutables.

4:14
Alexis Corbière

Non mais les manifestations déclarées, désormais des groupes de sécurité, est-ce que vous êtes favorable à ça ou pas ? C'est ça ma question ?

4:20
Invité

Je suis pour qu'il n'y ait pas de violence, je suis pour que la force de ce mouvement continue à être dans son soutien populaire, et j'observe que la journée d'hier, malgré le pilonnage qui a eu lieu, il y a eu plus de monde et moins de violence. Très bien, c'est la pente qu'il faut continuer, ou du moins là, c'est comme ça qu'il faut avancer.

Parce qu'il y a une stratégie gouvernementale à laquelle, hélas, bien souvent, beaucoup de médias participent, qui consiste à ne donner de ce mouvement qu'une espèce de dramatisation généralisée, un mouvement de brute épaisse, qui par ailleurs, moi je suis prof d'histoire qu'on connaît de loin, classe laborieuse, classe dangereuse, des bruts, des épées, des racistes, des cons, des bourrins, tous ceux qui les soutiennent sont des cons, des racistes et des bourrins, à commencer par Jean-Luc Mélenchon, moi-même, etc.

Et vous avez même des ministres, je vois le ministre de l'Intérieur, qui en vient à revenir hier, en dehors de la loi d'ailleurs, à nous expliquer que si on va dans cette manifestation, et que s'il y a de la classe, on sera responsable. Non mais ça, c'est la vieille loi anti-casseur des années 70, où quand il y avait de la classe, on en profitait pour coffrer tout le monde. Il délire complètement. Même à l'aide, il n'y a pas que j'aime bien, elle en vient à dire, les gens qui versent à une cagnotte, je veux la liste des gens. Et oh, oh, oh, les libertés publiques dans ce pays, droits de manifester, droits éventuellement d'apporter son soutien à quelqu'un, on doit pouvoir le faire.

Liberté de la presse aussi, je le dis au passage, sans aucune démagogie. Ne touchez pas aux journalistes, même si on doit les critiquer vertement. Je n'aime pas, mais j'observe que même dans ce qui s'est passé, j'oublie la ville, pardon, à Rouen. On a le droit, mais évidemment, toute violence, non seulement sur le fond, mais en plus, tout ça est absurde. J'observe qu'hier, malgré tout, il y a des Gilets jaunes qui ont défendu, lorsque, je ne sais plus quel imbécile, a décidé de frapper des gens de LCI, je crois.

5:50
Présentateur

Il n'était pas seul, en l'occurrence, c'était des journalistes agressés. On peut même parler de scène de lynchage pour les reporters d'LCI à Rouen.

5:56
Invité

Oui, mais attendez, à Libadou, avec ce qui s'est passé, c'est-à-dire que des gens les ont agressés et des Gilets jaunes aussi les ont défendus. Donc, pas de lecture simpliste qui consiste à dire...

6:04
Présentateur

Non, justement, il n'y a pas de lecture simpliste.

6:06
Invité

Mais comment est-ce que vous triez les vrais Gilets jaunes des faux ? Mais il n'y a pas un tri à faire, c'est un grand moment de protestation populaire qu'on met de caractérisé par le fait qu'ils s'auto-organisent, qu'ils annoncent quelque chose de nouveau, y compris vous comme médias, c'est-à-dire que c'est un peu la fin de la télé, les gens passent par des réseaux, Facebook sont des lieux d'organisation, c'est passionnant. C'est à la fois extrêmement riche et extrêmement problématique d'un certain point de vue. Ça vous met en cause, évidemment.

6:29
Présentateur

Paradoxalement, jamais les vieux médias n'ont été autant consommés qu'en ce moment. C'est très particulier et paradoxal.

6:36
Invité

Oui, mais j'observe que les chaînes d'information, elles aussi, sont extrêmement plus vues que d'ordinaire, extrêmement critiquées aussi, etc. Donc, tout ça nous montre que le fait que tous ces réseaux nouveaux d'auto-organisation qui ne passent pas par les organisations traditionnelles politiques, qui ne passent pas par les organisations traditionnelles syndicales, c'est ça, ce mouvement des Gilets jaunes, et l'avenir sera comme ça. Donc, plutôt que de pleurer en disant « Ah, mais comment ça se fait que ça ne passe pas par les partis traditionnels ?

» Observons que c'est malgré tout un peuple qui se mobilise et qui, justement, c'est l'acte 2, si je puis dire, du dégagisme qu'on a vu durant l'élection présidentielle. Celui qui ne comprend pas ce qui se passe là n'a rien compris de l'élection présidentielle. Attendez, on n'est pas en train de pleurer et on n'est pas en train d'être en repos sur les journalistes. Mais de là à dire que... Non, mais attendez, moi je suis pour la liberté de la presse. Mais la phrase qui est « Je condamne la violence, mais est-ce que vous vous trouvez normal ?

» Et moi je vous dis à tous les auditeurs qu'il n'y a pas une chaîne de télé, de radio qui peut envoyer un journaliste sur le terrain sans payer un vigile. On paie des officiers de sécurité, on ne peut pas sortir. Si ça avait été le cas dans un meeting de Marine Le Pen ou dans un proche du Rassemblement national, tout le monde aurait poussé des cris d'orfraie en disant que c'était lamentable. Est-ce que c'est normal qu'on ne puisse pas bouger juste pour faire notre boulot ? Et une fois de plus, ce n'est pas parce qu'on est journaliste, on est avec un officier de sécurité. Je vous ai dit que ce n'est pas normal, je ne sais pas à quoi vous voulez en venir.

Est-ce qu'on peut se contenter de dire « Je condamne la violence, mais on peut comprendre que ? » Est-ce qu'on ne peut pas être plus radical, pour une fois, dans la condamnation de la violence ? Et pas seulement à l'endroit des journalistes, de tout le monde. C'est-à-dire que je condamne la violence, je suis pour la liberté de la presse, mais par contre parce que je suis aussi... C'est ce que disait Nathalie, « Je condamne, mais... » Mais parce qu'on est des êtres, vous et moi, comment dirais-je... Non, non, et qu'essayons... Notre but, ce n'est pas seulement d'avoir une réflexion. Non, mais la chasse de quelqu'un, je n'en ai tout pas, c'est un qualifiant.

Qu'est-ce que les joueurs se doivent ? Par exemple, je veux dire, il y a des élus, je vais le dire clairement, de La République En Marche qui manifestement subissent des moments difficiles. Je ne suis pas d'accord. Chaque fois que j'ai pu le faire, j'ai apporté un soutien. Il y en a qui même ont reçu de l'être raciste, de l'être sexiste, tout ça est dégueulasse. Mais non, ce n'est pas pour minimiser ce qui a eu lieu. J'oublie, c'était il y a un an, à l'occasion d'une manifestation pour la mémoire de Mme Mireille Knoll, avec dix députés de la France Insoumise, dont Jean-Luc Mélenchon, avec Echarpe.

Nous sommes allés à cette manifestation, à quelques maîtres du ministre de l'Intérieur de l'époque, à quelques maîtres du président de l'Assemblée Nation et d'autres membres du gouvernement. Un groupe d'extrême droite nous a agressés, nous a tenus des propos homophobes, ouvertement racistes. Aucun d'entre eux n'a réagi. Nous sommes partis sous les coups, insultés avec des crachats. Non, mais c'était lamentable. Mais est-ce que les mêmes, est-ce que les mêmes, est-ce que les mêmes, est-ce que les mêmes, dans cette même manifestation, je parle de la ligue de défense juge, avec le service d'ordre de Mme Le Pen, ils l'ont protégé, d'accord ?

Ça m'a mis fortement en colère, parce que sur la question de l'antisémitisme, je pense que je suis extrêmement sensible contre... Mais attendez-moi, on ne se parlait pas de ça. À cette occasion, il était de bon ton, et je n'ai vu aucun des députés d'En Marche s'indigner du fait que dix parlementaires, M. Mélenchon et autres, se fassent insulter le ministre de l'Intérieur. C'était M. Collomb, le président de l'Assemblée Nationale, M. Durgi était là, on les voyait pendant que quasiment on allait nous casser la gueule. Ce que je veux dire, c'est qu'il faut que ça se calme. Mais ce n'est pas quand uniquement les gens d'En Marche subissent des menaces que je condamne, que d'un seul coup...

Mme Le Pen dit la même chose que vous, finalement. Alors, on va une fois pour toutes. Ou alors, chaque fois, je propose que vous touchiez 10 euros chaque fois que vous avez cette phrase, ça commence à me saouler chaque fois que je dis un truc, quand je me dis que Mme Le Pen dit la même chose, parce que je ne vois pas ce que j'ai dit. Elle dit qu'il faut aussi défendre les autres. Évidemment, bien sûr, mais sauf que là, ce qui s'est passé, c'est qu'il y a eu beaucoup, beaucoup de violence contre des élus En Marche, contre des gens, etc. Je le désapprouve. Je le désapprouve, ce n'est pas ça que je veux dire. On est d'accord ?

La seule chose que je veux dire, c'est que quand Mme Oubono, pour parler d'elle, subissait des insultes racistes... Députés de la France Insoumise. Ils n'ont pas réagi. Moi, quand M. Mbeik subit une lettre raciste, j'ai essayé bêtement, par un tweet ou autre chose, de dire que je ne suis pas d'accord. D'accord ? La seule chose que je leur dis, c'est que l'agressivité, la méchanceté que l'on... L'arrogance qu'ont beaucoup de députés En Marche vis-à-vis de nous, il y a quelques mois, où quasiment ils riaient quand on se faisait agresser par des fascistes de la LDJ, qu'ils ne venaient pas aux côtés de Mme Oubono quand elle se faisait traiter avec des mots insupportables sur les réseaux sociaux.

Bon, donc je ne suis pas pour la violence. Je le dis clairement. Mais la violence, ce n'est pas uniquement quand la porte d'un ministre se fait casser, que d'un seul coup, la République, c'est moi, comme dirait Benjamin Griveaux. Là, on parlait d'hommes à terre tabassés. Et je suis contre, Ali Badou. J'espère que vous me connaissez suffisamment pour considérer, et je le dirais presque physiquement, si ça veut noiser une manifestation, je prenais la défense du journaliste. Non mais clairement, et je le dis à l'attention des Gilets jaunes, ça ne fait le jeu de personne, c'est bovin, c'est brutal.

Ce mouvement doit garder un visage de fraternité, de volonté de justice sociale, d'égalité, pas une émeute qui casse la gueule à des journalistes. Ça ne rime à rien. Mais une fois que j'ai dit tout ça, j'espère le dire avec fermeté et sans cynisme. Ceci dit... Vous le dites fort, surtout. Non mais je le dis fort pour que ce soit entendu. Non mais... Mais ceci dit, on va en parler, quand je vois la une du JDD aujourd'hui.

11:09
Présentateur

Mélenchon, la dérive qui inquiète.

11:10
Invité

Ce type de presse, je le dis à M. Gattegno, qui est un homme plutôt charmant dans la vie, mais franchement... Le patron du JDD. C'est devenu... On avait la Pravdal du non-soviétique, là c'est le journal du macronisme triomphant. Il y a un papier similaire dans le point, enfin c'est pas totalement... Je le prends en partie, parce que je lisais... Mais quelle est... La dérive qui inquiète. Franchement, la dérive qui inquiète, c'est celle du JDD. C'est celle du JDD. C'est une image menaçante de Mélenchon. École du journalisme. C'est une blague. Quelle est la convergence avec le Front National ? Je vais vous le dire selon l'article. C'est qu'il s'est passé trois choses... Alexi Grabier.

Alexi Grabier. Non, non, mais parce que... Ce journalisme-là, on va y venir. Bonneurment, met tout le monde en ébullition. C'est absurde. C'est pas JDD qui met les gens dans la rue, attendez. C'est-à-dire... Alexi Grabier, pour bien comprendre... Ce que je veux vous dire, et je le dis avec fermeté, et j'ai tort de parler sur ce ton-là, c'est que... Pas de violence. Mais ceci dit, un regard critique sur une presse qui vise à faire aujourd'hui notamment de la France insoumise de M. Mélenchon. Mais attendez, Libé l'a fait Libé qui n'est pas spécialement à droite. Non, mais il y a un pilonnage. Quand M. Griveaux explique que nous serions des Municois... C'est pas un journaliste. Non, mais...

C'est le porte-parole du gouvernement. Je dis précisément, quand M. Griveaux suivit M. Normandie, l'autre membre du gouvernement, nous tape dessus, et qu'après vous avez une presse qui participe à tout ça, et j'observe même que ce matin, M. Xavier Bertrand, dans une autre émission, dit qu'il faut même que la presse, tous ceux qui sont pris en compte, les élus, protégeons-nous tous contre la France insoumise, c'est un délire collectif. Regardons... J'ai envie de dire, tout ça est secondaire. Regardons ce qui se passe dans le pays. Ce mouvement des Gilets jaunes.

12:39
Présentateur

On va le faire justement, Alexis Gurbière. Juste un mot là-dessus.

12:41
Invité

Arrêtons de pilonner

12:42
Présentateur

la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon. On va passer à votre portrait et on va arriver au fond de ce mouvement et à votre stratégie pour le coup. Mais est-ce que vous nous dites, voilà, ce journal du dimanche qui paraît aujourd'hui avec le visage de Jean-Luc Mélenchon, ce titre Mélenchon, la dérive qui inquiète, ses outrances, ses calculs, ses ambiguïtés, ses convergences éventuelles avec le Rassemblement National. Est-ce que ce journalisme-là est en gros responsable de ces journalistes qui se font agresser ?

13:08
Invité

Non, parce que si je disais cela... C'est juste pour que les choses soient claires. Il y a une forme de quelque chose de juste quand un journaliste prend un coup de poing dans la gueule et je ne le veux pas. Donc je dis, si j'ai une influence vis-à-vis des Gilets jaunes, je leur dis, et les amis, si vous voyez faire ça, intervenez. Ne faites pas ça. Ne faites pas ça. Mais je dis que ce journal, malgré tout, participe à une stratégie et une instrumentalisation politique qui vise à dire qu'il y aurait un mouvement responsable de la violence et il y aurait surtout ce qui m'insupporte parce que ça fait partie de mon ADN politique. Une forme de convergence entre moi et le Front National.

Ce journal, il est à hurler de rire. Il invente un sondage où on consienne les Français sur « Êtes-vous pour une alliance entre le Front National et la France Insoumise ? » La France Insoumise n'en veut pas. J'ai cru comprendre que le Front National n'en veut pas et on découvre quoi que les Français non plus n'en veulent pas. Arrêtez de payer des sondages absurdes. C'est pas parce qu'ils n'en veulent pas qu'il n'y a pas quelque chose d'une convergence sur le fond. Alors, là, c'est une discussion sérieuse. On va y venir. Où est cette convergence sérieuse ? Je vais citer.

Non, non, attendez, dans l'article du GDD, la convergence, elle vient du fait qu'il y a 15 jours, j'aurais donné une interview à Valeurs Actuelles. Non, mais c'est ce qu'il y a écrit. Mais arrêtez sur le GDD et parlons du sujet sur le fond.

14:13
Présentateur

Pas tous en même temps. Alexis Corbière, en l'occurrence, c'est la beauté aussi de notre pays et de la République et de ces kiosques numériques ou très physiques. Il y a le journal du dimanche et il y a aussi d'autres journaux qui vous plairont davantage.

14:25
Invité

Attendez, que les choses soient claires. Je suis pour que le GDD sorte, il n'y a pas de problème. Et je m'inquiète d'ailleurs de la fin, des difficultés de la presse. Est-ce que vous voulez ? Oui, sur ce que vous voulez. Ce n'est pas ça mon sujet. La question, c'est qu'au bout d'un moment, n'ayons pas un regard corpôt par rapport à ça. Y compris cette violence, une fois qu'on l'a dénoncée, regardons de quelle manière à un moment donné, on a malgré tout des effets d'instrumentalisation de la presse, de concentration de la presse entre les mains de gens, de puissance d'argent qui selon moi aussi impriment une certaine ligne économique, politique.

N'en déplaise à Jean-Michel Apathy, ce n'est pas absurde de se poser la question de la concentration de la presse. Mais dans les questions qui se posent là, c'est quelle est la responsabilité

14:58
Alexis Corbière

également des responsables politiques parce que ça fait quand même des années. politiques tapent systématiquement sur des journalistes et Jean-Luc Mélenchon y a largement contribué.

15:10
Invité

Alexis Corbière. Ce que nous avons fait, nous avons un regard critique sur la presse en portant déjà d'une chose. C'est un des piliers fondamentaux de la République, la liberté de la presse. Fondamentaux. Il y a deux piliers, l'école et la... Non mais c'est important. Une fois qu'on a dit ça, c'est-à-dire le droit aux citoyens d'avoir une information indépendante et de qualité doit nous amener à nous voir de quelle manière votre métier a évolué. Premièrement, parce que j'évoquais tout à l'heure le fait que 7 à 8 personnes sont propriétaires de 80% des titres de presse. C'est un petit problème. Deuxièmement...

15:38
Alexis Corbière

Mais répondez sur les dérapages que Jean-Luc Mélenchon a fait régulièrement sur des journalistes. Je me souviens de jeunes journalistes qui étaient encore en école et qui l'interviewaient dont il s'est permis de l'envoyer bouler assez vertement alors que le jeune homme apprenait simplement son métier à ce moment-là. On se souvient aussi de ce qui s'est passé cette année à l'Assemblée nationale, dans la salle des 4 colonnes. Un journaliste a le droit de poser une question même si elle déplaît à Jean-Luc Mélenchon.

16:00
Invité

On passe notre temps à y répondre. Donc les responsables politiques

16:03
Alexis Corbière

eux-mêmes brocardent en permanence les journalistes. On se souvient de la campagne de François Fillon. On se souvient

16:08
Invité

des campagnes de l'Assemblée nationale. Et on va passer au portrait. Les responsables politiques s'ils tapent sur les journalistes... Dans l'occurrence, vous m'avez dit que c'est histoire du jeune journaliste où j'étais présent. Ce jeune journaliste n'était pas journaliste. Il était étudiant en journalisme. Jean-Luc était... Tout le monde n'a pas en tête ce dont vous parlez. Non mais voilà. Donc là, on parle de choses anecdotiques. Non, attendez. Défendre la liberté de la presse. D'accord ? Une fois qu'on a dit ça, aussi le citoyen doit avoir un regard sur la presse et doit pouvoir le critiquer. Je reviens à ce que...

Nous vous avons proposé un conseil de déontologie du journalisme afin que le citoyen... Lorsqu'il est pris en... Afin que le citoyen et il soit aussi le responsable politique. Lorsqu'il est éventuellement attaqué par un article qu'il juge qu'on est inconvenant, faux, etc. Qu'on puisse pas régler tout ça dans les tribunaux. Qu'on puisse saisir un conseil de déontologie composé de professionnels, composé pourquoi pas de citoyens. Nous avons proposé ça. On nous a dit on veut faire un tribunal.

Aujourd'hui j'observe et j'en suis heureux que l'ancienne ministre de la Culture quand elle est partie l'a mis en place, que le nouveau ministre de la Culture est plutôt pour et qu'on réfléchisse comme ça pour éviter qu'on en soit dans la situation actuelle. Vous voyez, je suis pour des solutions pacifiques des choses plutôt que d'avoir soit une réaction qui consiste à dire toute la presse est caca mais qu'à l'inverse vous aussi vous répétiez de manière courte ne touchez pas à la presse parce que quasiment vous êtes un totalitaire dès que vous la mettez en cause. La vérité elle est dans une solution justement le conseil de déontologie que nous avons proposé.

Vous avez accès dur avec le média vous aviez aussi des problèmes. Mais le média c'est un média indépendant.

17:21
Présentateur

Moi je ne vais pas en rester là sur la question médiatique on a beaucoup de questions. Mais il faut dire aussi que vous animez aussi le débat le député de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière est l'invité de Questions politiques ce dimanche. Et votre portrait Alexis Corbière signé Karine Becker

17:41
Alexis Corbière

Alexis Corbière vous avez rencontré Jean-Luc Mélenchon votre patron au parti socialiste comme quoi tout ce qui se passe au PS n'est pas forcément négatif. Jusque là vous étiez un militant très actif très trotskiste un lambertiste et vous décidez donc à 30 ans de vous convertir au socialisme à moins que ce ne soit surtout au mélenchonisme parce qu'à partir de là vous avez suivi votre champion partout.

Quand il est devenu ministre vous avez été son conseiller technique quand il a combattu en 2005 le traité de constitution européenne vous étiez comme toujours Alexis Corbière juste derrière et puis quand il a quitté le PS vous êtes parti aussi et quand il a cofondé le front de gauche vous vous retrouviez évidemment à ses côtés. Bref vous êtes parfaitement dévoué au chef des insoumis presque bluffé de travailler avec lui

18:28
Invité

ce n'est pas la portée de n'importe qui de faire ce que nous faisons et je dirais même que nous sommes les seuls à pouvoir le faire si c'était simple de rassembler 130 000 personnes comme nous l'avons fait le 18 mars je crois que beaucoup d'autres candidats le feraient donc ce n'est pas un gadget c'est le moteur de la campagne.

18:43
Alexis Corbière

Et vous parlez bien sûr ce 5 avril 2017 de la dernière campagne présidentielle donc vous semblez épaté par Jean-Luc Mélenchon avec lequel c'est vrai vous partagez quelques traits enseignants l'un comme l'autre par vocation formés tous les deux chez les trotskistes politiquement et admirateurs de Robespierre le révolutionnaire. Non ce qui vous manque en revanche c'est son éloquence mais reconnaissez Alexis Corbière que c'est une éloquence de plus en plus violente très éloignée je ne sais pas si vous vous souvenez de l'enthousiasme des débuts quand le parti de gauche est apparu.

19:18
Locuteur non identifié

Nous sommes tous des socialistes nous sommes tous des communistes nous sommes tous des écologistes des trotskistes et même des libertaires à notre manière.

19:29
Alexis Corbière

C'était il y a exactement dix ans maintenant avez-vous les moyens Alexis Corbière de freiner ces incessants accès de colère vous me pardonnerez monsieur le député mais je n'en suis pas tout à fait persuadée. Le problème c'est qu'en vociférant Jean-Luc Mélenchon n'attire pas ceux qui appellent en ce moment à l'insurrection mais il n'attire plus non plus pire il les fait fuir ceux qui à gauche du parti socialiste avaient voté pour lui. C'est ce qui s'appelle politiquement parlant une erreur de stratégie.

20:00
Présentateur

Alexis Corbière

20:00
Invité

Alors comme je suis pour la liberté de la presse ce que je vous dis c'est un portrait je ne suis pas d'accord

20:06
Présentateur

mais vous êtes libre de le critiquer d'applaudir

20:09
Invité

passons sur déjà ce n'est pas mon patron je n'aime pas cette expression je ne suis pas l'employé de Jean-Luc Mélenchon je sais bien vous vous dites ça comme ça mais je trouve ça toujours un peu méprisant vous l'avez dit ça commence comme ça non mais je ne le dis pas comme ça je le dis parce qu'il y a deuxièmement vous dites je n'aime pas tout ce chant sémantique Jean-Luc Mélenchon vociférant voilà il ne vocifère pas

20:27
Alexis Corbière

ça veut dire parler fort hurler être en colère il faut regarder la définition oui d'accord

20:30
Invité

mais c'est extrêmement péjoratif je pense que Jean-Luc Mélenchon fait partie de ces gens qui est un verbe qui est clair qui est d'ailleurs entraînant après je n'ai aucun problème vous savez je vais vous dire une chose moi je viens d'un milieu modeste Jean-Luc Mélenchon fait partie dans ma vie de ces grandes rencontres ce n'est pas la seule je pense qu'aujourd'hui cette mode qui consiste c'est-à-dire que les gens se font tout seuls mais attendez laissez le répondre Karine Bécart cette mode qui consiste à dire ce qu'on se fait tout seul est un truc que je n'aime pas moi et comme vous en vérité sans doute vous avez eu des grandes rencontres professionnelles dans votre vie des grandes rencontres intellectuelles des gens qui vous ont marqué moi je ne sais pas tout seul il y a des gens qui m'ont instruit politiquement des grands professeurs des grands auteurs que j'ai lus et des hommes politiques et des femmes aussi qui m'ont entré Jean-Luc Mélenchon fait partie de ces gens c'est un passeur c'est un pédagogue contrairement à ce que vous affirmez je ne dis pas seulement votre portrait c'est un homme qui a construit une génération militante dont il a la fierté aujourd'hui de présider un groupe il a construit un collectif militant j'entends dire qu'il est tout seul c'est celui sans doute de gens en politique puisque je vais faire un peu d'humour c'est un des Bruno Cocatrix de la vie politique française il a lancé des tas de vedettes sur la scène et c'est sa fierté c'est l'Olympia la France insoumise c'est pour plaisanter un peu je veux dire c'est une fierté mettez-moi un nom de quelqu'un qui à ce point-là a permis qu'une génération Emmanuel Macron non non il a permis à une génération d'arriver ça d'accord mais Jean-Luc à l'Assemblée vous avez raison de me corriger c'est qu'en plus Mélenchon je trouve qu'il a cet aspect intellectuel et c'est orateur de talent stratège et théoricien et Jean-Luc Mélenchon a forgé aussi a participé à une doctrine bref qu'est-ce que vous voulez que je vous dise moi je ne vais pas faire le malin je ne vais pas passer mon temps à dire ce côté en plus lui c'est lui moi c'est moi je reconnais qu'il a apporté je pense que cet homme quand il ne sera plus là on analysera l'histoire et on montrera qu'il a marqué fortement la vie politique de ce pays et je pense qu'il est encore en forme pour jouer un rôle majeur alors j'ai bien compris qu'aujourd'hui il est de bon ton d'essayer de le pilonner parce qu'il incarne quelque chose de lui trouver tous les défauts de manière assez insultante voire même d'organiser des rivalités dans nos rangs j'ai bien compris ça me donne encore plus envie de le défendre et de considérer ça on l'a entendu et puis pour pas rendir voilà moi je suis comme vous savez une chanson de Serge Lama que j'aime bien qui dit c'est mon ami et c'est mon maître et en l'occurrence j'ai aucun problème avec ça maître intellectuel mais pas mon patron

22:40
Présentateur

ni Dieu ni maître ça aurait pu aussi être un mot d'ordre pour le coup pour d'autres de vos combats mais juste pour terminer de répondre à Karine pour terminer de répondre à Karine il y a des questions malgré tout sur la stratégie parce que la stratégie elle peut dérouter on peut ne pas la comprendre vous comprenez ça

22:58
Invité

alors le problème c'est qu'il y avait des choses je trouve que votre portrait sur la stratégie oui la période a changé je pense la crise politique aujourd'hui l'effondrement de forces politiques traditionnelles qui ont structuré longtemps le champ politique amène à ce que nous devons changer de stratégie le problème c'est plus seulement vous savez dans les années 70 j'ai évoqué François Mitterrand il y avait un enjeu parce qu'il y avait des forces politiques le parti communiste notamment le parti socialiste qui structurait des classes sociales et le fait de les rassembler les directions politiques créait une dynamique populaire aujourd'hui ça n'est plus le cas on peut se faire plaisir à dire il faut autour d'une table mettre tel et tel parti et ça ne règlera rien et toute une série justement l'exercice du pouvoir notamment par le parti socialiste les trahisons qu'il a mis en place les déceptions font qu'il y a au contraire un rejet de ces organisations politiques donc nous devons bâtir une stratégie qui n'est plus la même que ce qui était précédemment donc il faut s'adresser au peuple fédérer le peuple fédérer sur des thématiques qui peuvent le rassembler des thématiques d'intérêt général mais le peuple ne veut pas de vous

23:52
Alexis Corbière

puisque vous avez essayé effectivement de ne pas vous approprier le mouvement des gilets jaunes mais en tout cas de vous en rapprocher sérieusement le mouvement en tout cas

23:59
Invité

ce que je viens de décrire Karine Becker et la stratégie que nous avons mis en place je vais vous dire je sais bien on a tous les défauts mais écoutez moi la stratégie franchement vous dites des choses la stratégie que je viens de décrire est celle de l'élection présidentielle on est parti avec le soutien d'aucun parti je dis bien aucun même le parti communiste ne soutenez pas à l'arrivée on fait 7 millions de voix 19,5% donc ce que je viens de décrire cette stratégie n'est pas absurde le fait qu'un homme comme moi rentre à l'Assemblée nationale et quelque part un peu avec mes amis la vérification de cette stratégie d'accord j'avais tout le monde contre moi dans ma circonscription je suis élu et 17 de mes amis donc ça veut dire que nous avons fait émerger une force politique nouvelle alors après on est face à un mouvement des gilets jaunes qui exprime ce grand dégagisme et qui évidemment nous touche aussi donc la question c'est pas comme un boutiquier qu'est-ce que je dois faire pour récupérer le mouvement je m'en fous et si je fais ça je suis mort ça existe aussi la politique c'est aussi ça non mais comment je dis comment je suis utile au mien c'est mon peuple c'est le peuple aujourd'hui qui se mobilise les milieux populaires et je dois moi à la place qu'il amène les soutenir et empêcher qu'ils se fassent pilonner tous les matins en se faisant traiter de gens violents de gens avec des polémiques absurdes il suffit que Jean-Luc Pélanchon dise Eric Drouet cette figure populaire c'est intéressant on lui rentre dedans c'est fascinant fascinant il a dit et alors oui c'est fascinant et bien sûr qu'un homme qui est chauffeur routier de 33 ans se vienne à être un homme aujourd'hui qui est une des têtes de ce grand mouvement populaire adepte de thèse complotiste

25:21
Présentateur

c'est normal que ça interroge pardon ? parce qu'il est adepte de thèse complotiste moi j'ai lu un article de Marianne

25:26
Invité

moi j'ai pas passé tout mon temps à relire du Eric Drouet j'ai même vu que celui qui est plus intelligent que nous et beaucoup mieux porté monsieur Hamon il vient et il dit il vote Marine Le Pen Eric Drouet le mec invente un argument il répète ce qu'a dit Jean-Michel Apathy qui questionnait il dit je sais pas mais je l'ai lu non mais il faut arrêter excusez-moi il faut arrêter de les salir parce qu'à travers Drouet je m'en fous de monsieur Drouet en particulier enfin je veux dire mais à travers lui c'est le mouvement des gilets jaunes vous le voyez pas ça cridait de bon temps tous les matins de leur trouver tous les défauts à ces gens non Alexis Corbière

25:55
Présentateur

puisque c'est un mouvement qui n'a pas de porte-parole et pas de représentant pourquoi vous focalisez sur Eric Drouet par exemple ou Maxime Nicole qui doute que les attentats de Nice ou de Strasbourg soient des attentats terroristes le mouvement monsieur Drouet il dit ça ?

26:10
Invité

oui

26:10
Présentateur

Maxime Nicole

26:11
Invité

on ne parle pas pas du même et en l'occurrence vous avez compris qu'il y avait un petit jeu de mots mais j'ai tort de m'emballer en vous répondant non pas du tout au contraire on va se parler plus calme mais il y avait un article il y avait un billet de blog de la part de Jean-Luc Mélenchon qui est pétri d'histoire et en plus ça vient de conversations qu'on a eues souvent avec Jean-Luc que c'est amusant de voir qu'un personnage second de la révolution française mais a joué un rôle déterminant il s'appelait Jean-Baptiste Drouet qui est après devenu député montagnard qui est en personnage il porte le même nom et Jean-Luc Mélenchon s'amuse un peu à dire il y a parfois l'histoire il y a des clins d'oeil il y a un fil comme ça invisible qui relie certaines choses à partir de là vous en avez fait des tonnes excusez-moi Virginie Maling et puis Nathalie Saint-Cricq vous êtes revenue sur 2017 à juste titre sauf que et sur votre succès de l'époque sauf que depuis l'affaire des perquisitions du parti vous baissez dans les sondages je ne fais pas forcément lien de cause à effet vous nous en parlerez et surtout on a l'impression qu'en termes de théorie puisque vous dites que Jean-Luc Mélenchon est un théoricien on ne sait plus très bien où vous êtes de gauche populiste on a l'impression que vous avez un peu perdu votre ligne donc j'aimerais que vous nous répondiez est-ce que vous êtes un parti de gauche encore est-ce que vous êtes un parti populiste vous n'avez pas Alexé Corbière vous n'avez pas écouté ce qu'on a dit pendant l'élection présidentielle on est en février enfin en janvier 2019 je veux dire la France Insoumise est un mouvement qui naît sur des réseaux sociaux je dis bien c'est un mouvement qui effectivement ne participe pas à une latéralisation classique dans le vocabulaire de précédemment moi je suis un homme de gauche et évidemment Jean-Luc Mélenchon en est un mais la question c'est que ce mot si on le revendique tous les 4 matins si on dit qu'il faut rassembler la gauche crée perturbe plus non mais c'est important ce que j'essaie de vous répondre perturbe plus que ce qu'il clarifie il y a beaucoup de gens qui sont prêts à rentrer avec nous dans la bataille pour la justice fiscale pour des institutions plus démocratiques pour une réponse écologique mais qui pour autant ne savent plus s'ils sont de droite ou de gauche parce que pour beaucoup de gens la dite gauche c'est François Hollande et ses échecs donc j'essaie de recréer sur la base de la réalité parce que je suis pas la question c'est pas de faire de la politique en chambre et de se faire plaisir un peu comme on fait visiter un musée c'est comment on a une réelle influence sur la conscience de gens

28:16
Alexis Corbière

mais est-ce qu'il y a un ADN la France insoumise et est-ce que cet ADN c'est le populisme est-ce que vous assumez ce mot là par exemple

28:22
Invité

c'est un mot un mot qui a pour racine le mot peuple ne me dérange pas vous voulez que je vous dise je suis un populiste humaniste comme je suis un jacobin un républicain et tout ce que vous voulez je ne veux pas qu'on utilise un mot qui a pour racine le mot peuple pour créer une insulte qui à l'arrivée ne veut plus rien dire parce que je rappelle que dans vos archives vous trouverez ça Madame Royal a été traité de populiste Bernard Tapie populiste le Front National populiste chaque fois que tu dis une chose en disant cette protestation des gilets jaunes ou je sais pas t'es populiste si vous voulez c'est pas un problème et cette stratégie populiste parce que là j'ironise un peu c'est aussi une stratégie qui consiste à dire à l'heure actuelle effectivement cette ancienne latéralisation pour beaucoup de gens est un élément de perturbation latéralisation c'est à dire que le fait de dire il y a la droite et la gauche il y a les parties de droite et les parties de gauche il faut rassembler les parties de gauche franchement n'est pas opérant pour des millions de gens j'ai envie de dire d'une certaine façon je suis désolé il y a mes amis qui m'écoutent je le regrette presque parce que mon éducation politique est une éducation politique d'union de la gauche et même moi j'étais trotskiste vous l'avez rappelé on était pour le front unique et on était pour l'aile radicale de l'union de la gauche mais tout ça aujourd'hui ne signifie plus rien je préférais que ce que j'ai appris dans mes livres d'école quand j'avais 20 ans et que j'étais un militant révolutionnaire marche encore mais j'observe que ceux qui veulent mettre en place une stratégie d'union de la gauche c'est 0 plus 0 la tête à toto à l'arrivée donc mon problème c'est pas d'être fidèle que de manière un peu comme ça de réciter des textes anciens c'est d'être un acteur vivant en prise réelle avec des événements et j'observe qu'aujourd'hui des mobilisations populaires passent par des mouvements gilets jaunes plutôt que par les traditionnelles manifestations à l'appel des organisations alors qu'est-ce que je fais soit je dis aux gilets jaunes vous comprenez rien attendez que les directions c'est pas du tout nos questions ben voilà j'essaie d'être utile en fonction du contexte je l'ai dit votre explication est claire en disant en déplorant la latéralisation c'est qu'il n'y a plus la droite et la gauche et vous essayez de trouver d'autres formes d'action je voulais juste en restant fidèle là-dessus non mais en restant fidèle je n'ai pas dérivé et que les choses soient claires la question c'est comment je suis utile moi je reste fidèle au combat mais qui est celui de la proclamation de la déclaration du bras de l'homme les idées des lumières je ne suis pas non plus en train de dire pour poursuivre la question de Virginie Benoît Hamon qui n'est pas forcément notre maître à penser à tous a dit Jean-Luc Mélenchon parle et Marine Le Pen récolte est-ce que finalement depuis la perquisition depuis cette crise des gilets jaunes on voit qu'il y a quand même une décroissance sérieuse et une décrue de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages est-ce que vous n'avez pas raté un coche et finalement que Marine Le Pen elle a géré avec beaucoup de finesse cette crise est-ce qu'on peut pas se le dire d'abord est-ce qu'on en discute chez vous est-ce qu'on voit pas comment on serait orienté alors Alexis Corabia géré avec beaucoup de finesse ça m'amuse de voir alors quand on dit ça attendez je fais allusion à un tweet le jour où ça a été le plus violent Marine Le Pen tweet à 17h en disant je demande aux gilets jaunes de quitter l'arc de triomphe et toutefois je les soutiens également et je soutiens les forces de l'ordre c'est-à-dire que dans l'équilibre entre soutien aux forces de l'ordre et soutien aux gilets jaunes on a l'impression qu'auprès des français c'est pas mon jugement c'est le jugement des français manifestement si on croit un peu les sondages je pense déjà qu'il y a un électorat fondational qui existe et que beaucoup d'observateurs ont eu tort de considérer qu'au nom de ce qui s'est passé au second tour le fondational s'était évanoui j'ai jamais atterré à cette thèse c'est faux et il était de bon ton il y a quelques temps de considérer qu'en quelque sorte Emmanuel Macron l'aurait éparpillé façon puzzle et que c'était fini le fondational non c'est pas vrai c'est mal connaître ce pays c'est ne parler avec personne ça existe encore

31:40
Alexis Corbière

il a réussi à renaître de ses centres très rapidement c'est peut-être ça qui

31:42
Invité

même en vérité je veux dire franchement il est là il y a des millions de gens qui votent fondational il faut leur parler d'ailleurs notre stratégie à nous c'est aussi de parler et c'est de les convaincre qu'ils ont tort parce que précisément quand nous elle a encore déclaré il y a quelques temps quand nous disons il faut critiquer des institutions de la 5ème république le fondational lui est pour des institutions de la 5ème république quand nous disons qu'il faut une réponse écologique le fondational est contre toute mesure écologique et on pourrait continuer la liste

32:10
Présentateur

ok il y a tout ce qui vous s'est permis répondez à la liste c'est à dire pourquoi alors que vous avez été les premiers à soutenir le mouvement des gilets jaunes par exemple Jean-Luc Mélenchon vous et pourtant c'est Marine Le Pen et le Rassemblement National qui profitent

32:24
Invité

alors je vais vous dire

32:25
Présentateur

Ali Badou de ce mouvement

32:26
Invité

vous êtes ici journaliste mais je pense on ne se connait pas beaucoup mais je pense sur vos convictions arrêtez de parler comme ça arrêtez d'aider le fondational et de dire arrêtez parce que vous n'en savez rien parce que quelques sondages non mais je vais vous dire ce qui m'inquiète c'est qu'à force vous faites le jeu du fondational en quoi ?

parce que vous ne cessez de répéter que c'est elle qui en profite parce que vous avez lu trois sondages et demi vous n'en savez rien vous n'en savez rien les enquêtes d'opinion ça indique une dynamique ça indique un mouvement moi c'est pour ça que vous n'avez pas je ne comprends pas l'intérêt qu'il y a à passer tous les matins à répéter sur toutes les chaînes que la seule qui engrange c'est Mme Le Pen avec du coup Benoît Hamon qui ne s'aperçoit pas que par ailleurs il répète exactement ce qu'après le gouvernement va dire M.

Griveaux se marre en citant du Hamon que Mélenchon lui il est perdu que tout ça ne profite que on n'a pas dit ça on a demandé s'il ne fallait pas réfléchir à la stratégie de Jean-Luc Mélenchon depuis la perquisition jusqu'à aujourd'hui en se disant qu'il y a peut-être un bug on passe notre temps à réfléchir on n'est pas un mouvement parfait maintenant quand je me regarde je m'inquiète mais quand je me compare je me rassure un peu parce que toute une série de gens qu'est-ce qu'ils font les autres ce mouvement est très compliqué c'est très compliqué de chevaucher un peu le tigre si je puis dire cette merde déchaînée qu'est le peuple français que j'ai vu moi aussi pendant la campagne présidentielle que je ne découvre pas des gens qui en ont ras-le-bol de ce dégagisme qui prend des formes brutales soit je répète j'ai vu monsieur Hamon dit que nous serions dans la zone grise de je ne sais pas quoi mais lui il est dans une zone de confort qui consiste à dire je suis la gauche ah la gauche ah vraiment et puis il est dans son coin il ne joue aucun rôle objectif sur les événements je le laisse et je trouve que Benoît qui est un homme intelligent devrait arrêter de faire ça et arrêter de parler de nous on l'obsède manifestement moi j'essaie d'être utile à ce mouvement c'est un mouvement de protestation qui montre qu'il n'y a pas de résignation dans notre peuple que le macronisme n'est pas majoritaire que ce pays ce peuple français reste attaché qui a une aspiration à la justice sociale qui n'accepte pas qu'on supprime l'ISF d'accord non non attendez et à partir de là je bâtis une stratégie bien sûr qui est une stratégie qui correspond à une période nouvelle que nous tâtonnons par moment

34:25
Présentateur

nous tâtonnons maintenant je reprends ce que vous m'avez dit et je ne l'accepte pas quand vous m'avez dit que je faisais le jeu du Front National c'est quelque chose de complètement fou je ne comprends même pas cette accusation mais il y a des indicateurs Alexis Corbière vous et Jean-Luc Mélenchon représentiez le principal opposant à la politique d'Emmanuel Macron c'était dans les sondages d'opinion c'était le cas depuis le début du quinquennat ce n'est plus le cas aujourd'hui c'est des indicateurs qui disent quelque chose malgré tout Alexis Corbière

34:51
Invité

non pas que je recule mais quand je dis vous c'était un peu général même j'ai trouvé mais quand par exemple je lis dans la presse qu'il y aurait des convergences qu'il y aurait une proximité entre la France Insoumise et le Front National premièrement je trouve ça feignant parce que les gens ne lisent pas les programmes et deuxièmement c'est faux et si des organes de presse pour ma part je ne l'ai jamais dit c'est Marine Le Pen qui l'a dit excusez-moi mais non c'est pas vrai mais elle le dit parce que bon nombre de presse vous voulez que je vous fasse la liste de tous les organes de presse ou je le lis c'est une sottise sans nom répondez justement c'est intéressant mais je l'ai fait tout à l'heure je suis pour augmenter les salaires elle est contre je suis pour changer d'institution elle est que non mais attendez mais comme vous l'a dit elle lit vous l'avez fait tous en même temps pourquoi c'est le changement de dynamique pour le dire comme ça parce que premièrement je pense effectivement premièrement parce que le Front National n'a pas disparu mais qui a cru que le Front National qui fait 10 millions de voix aux élections n'était plus là qui l'a cru si ce n'est des gens qui ont un rapport mondain à la politique qui parce qu'il y a eu un second tour et qu'Emmanuel Macron est élu d'abord sur l'enregistrement de Mme Le Pen se sont dit ah Macron était pareil de toutes les vertus et finalement mais ça c'est faux moi je le connais aussi ce peuple qui vote FN ce peuple raciste il a gardé tous ces errements intellectuels il continue à penser parfois que à la fois c'est la faute des étrangers s'il y a des problèmes et en plus franchement le discours de Macron quand c'était M.Colomb que j'ai vu à l'Assemblée Nationale qui parle d'invasion étrangère tout ce délire auquel on participe parfois n'a pas aidé à ce qu'on y voit clair et je mets de côté en plus les attentats qui étaient menés parfois par des gens qui se réclamaient de l'islam n'ont pas participé à ce qu'on y voit plus clair dans ce brouillard général la voix de l'humanisme et des lumières a continué à parler clairement avec la France insoumise alors peut-être que nous sommes face aujourd'hui à certaines difficultés parce qu'on nous pilonne parce que ce mouvement en plus il est porteur de plein de choses mais premièrement vous ne savez pas à l'arrivée ce que ça va créer moi je vais vous dire non mais par contre ce qu'on observe la seule chose que nous avons à mener c'est qu'il y a un sondage et alors soi-disant que enfin bon tout ça est tellement ce que l'on observe

36:44
Alexis Corbière

c'est que l'électorat parlant des gilets jaunes parce que la question de la France insoumise l'électorat modeste et ouvrier finalement on s'en rend compte avec ce mouvement des gilets jaunes ça par contre c'est factuel et du côté de Marine Le Pen vous l'avez perdu cet électorat ouvrier

36:58
Invité

vous ne vous en rendez pas compte je ne sais pas quel élément objectif avez-vous pour me dire ça quel élément objectif avez-vous pour me dire ça que l'électorat populaire et ouvrier et du côté de Mme Le Pen quel élément objectif avez-vous je crois qu'il y a 40% des ouvriers qui aujourd'hui votent pour Marine Le Pen se déclarent comme des électeurs de Marine Le Pen alors je vais vous dire lisez les sondages le premier comportement ouvrier et employé c'est l'abstention vous dites là une erreur c'est pas vrai 40% des ouvriers ne sont pas d'accord avec le Front National et en disant cela vous faites le jeu du Front National mais si vous leur donnez 40% ce n'est pas vrai que 40% des ouvriers et des employés sont d'accord avec le Front National et donc ils votent Marine Le Pen pas tous en même temps ordre s'il vous plaît Alexis Corbière je vais ramener l'ordre dans ce studio parce que ça parle dans tous les sens non non mais c'est important non mais excusez-moi bien sûr

37:42
Présentateur

non pas du tout vous parlez comme vous voulez

37:44
Invité

d'ailleurs je m'excuse sans votre autorisation je le dis j'ai tort de vous répondre parce que là il y a une chose intellectuelle que je trouve intéressante ce que vous dites c'est les gens qui vont voter mais le premier comportement de ces ouvriers employés je veux dire de ces gilets jaunes bien souvent quand je discute avec eux c'est l'abstention ce sont des abstentionnistes donc c'est pas des gens gagnés nécessairement au Front National et si nous tous quand ces observateurs passent leur temps à répéter que les milieux populaires sont gagnés au Front National et votre Front National c'est faux et nous faisons un cadeau à l'extrême droite ce qui me permettait tout à l'heure malgré tout le respect que j'ai pour vous de dire arrêtez de parler comme ça en disant il y a quelqu'un qui en profite les ouvriers sont non c'est pas vrai non Karine

38:23
Présentateur

on va en arrêter parce qu'on va avancer dans le débat et vous savez de quoi vous parlez puisque vous avez été élu avec 60% d'abstention dans votre circonscription aux législatives et je l'ai dit souvent

38:32
Invité

je fais 60% des voix mais je fais en vérité 21% des électeurs inscrits et je suis de ceux et je l'applique à tout le monde on ne peut pas banaliser ça quand 80% des gens ne votent pas pour leurs députés mais qui est le cas de tous les autres ne laissons pas ça dans l'angle mort donc comment on recrée des institutions qui font le vote obligatoire la prise en code du vote blanc la possibilité de révoquer les élus c'est ça qu'il y a de passionnant c'est pas se raconter il nous reste un gardeur je voulais juste savoir quelle est votre position face à la possibilité ou l'éventualité d'une liste européenne de gilets jaunes est-ce que vous trouvez que ça serait une bonne occasion 1 de les faire se structurer ce qui serait quand même pas forcément du luxe vu qu'il y a autant de gilets jaunes que de personnes ou est-ce que vous redoutez alors là vous parlez de sondage vous allez hurler parce que manifestement ça pique sur Marine Le Pen et sur vous s'il y a une liste gilets jaunes ou est-ce que vous pensez que vous pouvez faire tendre la main et pour en prendre quelques-uns et comme ça ça sera une formule mixte qui vous évitera d'avoir une liste supplémentaire j'aime pas le côté artificiel j'ai entendu certains disant il y a des gilets jaunes sur notre liste donc c'est nul ça il y a d'autres qui disent on est déjà des gilets jaunes on a été les premiers gilets jaunes non mais il faut pas premièrement les élections européennes sont loin elles ne seront pas mouvement actuel qui a son propre rythme qui a ses propres revendications erreur celui qui va dire au mouvement gilets jaunes ça se réglera aux élections européennes non ça c'est faux d'accord deuxièmement je vois bien qu'il y a toute une série de gens intéressés j'en ai même vu Richard Ferrand proche d'Emmanuel Macron en disant il serait bien qu'il y ait des gilets jaunes j'ai bien compris la malice qu'il y avait ceci dit si elle a lieu elle a lieu c'est pas un problème on verra qu'est-ce que vous en pensez vous est-ce que vous pensez non mais je répète si elle a lieu est-ce que ça relatéralise est-ce que ça remet moi j'appellerais à voter pour la liste France Insoumise mais si ça se structure etc on verra ce qu'il raconte ce qu'il raconte à l'heure actuelle est plutôt intéressant le mouvement gilets jaunes s'il fait une liste il faudra faire des choix de candidats moi je crois que la force du mouvement gilets jaunes c'est que c'est un mouvement qui porte en lui tout ce qu'on vient de dire d'ailleurs des gens qui votent au national etc et à partir du moment où il veut faire une liste il se rabougrit il devient autre chose mais on verra bon

40:23
Présentateur

Alexis Corbien encore pour parler de la sortie de crise ces scénarios qui sont imaginés aujourd'hui par le pouvoir l'une des réponses au mouvement des gilets jaunes c'est l'organisation de ce grand débat national le président de la république devrait rendre public une lettre à tous les français demain le grand débat national vous avez eu l'occasion d'en parler pourquoi refuser de jouer le jeu Alexis Corbien parce que

40:45
Invité

vous avez un débat qui d'abord et après est pilonné verbalement par le fait qu'il faut que ça s'arrête qu'il faut que tout le monde se retrouve dans les salles des mairies en gros le mouvement les mobilisations doivent cesser le rapport de force créé par l'occupation des ronds-points doit cesser c'est ça un peu qui est le pendant de ce débat ensuite vous avez le porte-parole du gouvernement M. Griveaux qui dit de toute manière nous ne changerons pas de cap donc on se demande pourquoi il faudrait Oui mais vous connaissez

41:07
Présentateur

la politique vous savez que si 90% des personnes qui sont consultées au moment du grand débat sont pour une mesure ça créera un rapport de force et le gouvernement pourra peut-être Mais vous avez bien vu

41:18
Invité

que dans ce grand débat on ne peut même pas discuter de l'ISF On n'en sait rien pour l'instant la qualité est au programme et même si Emmanuel Macron a dit qu'il ne rétablirait pas l'ISF un certain nombre de façons de refiscaliser les revenus est prévue et envisagée par certains D'accord mais ça fait partie des revendications

41:34
Alexis Corbière

ça fait partie d'un débat

41:35
Invité

ça fait partie des revendications et cette chose là d'après vous dites

41:40
Alexis Corbière

Non mais le débat n'a pas commencé donc on peut imaginer qu'à une réunion si on décide d'en parler on en parlera Rien n'empêche les gens de s'en saisir Vous dites que c'est pas possible

41:46
Invité

Parce que c'était Chantal Joano qui l'avait dit ça a été dit par certains le gouvernement a dit qu'il ne modifierait pas le cas

41:51
Alexis Corbière

Jean-Noël dit que tous les sujets enfin il disait que tous les sujets étaient sur la table et possibles

41:55
Invité

Il y a une astuce qui consiste d'abord à organiser ça pour démobiliser les choses je le répète je continue à le penser mais bien sûr c'est ce qui préoccupe ce gouvernement Ça peut être un bon moment de démocratie

42:05
Présentateur

de s'asseoir

42:06
Invité

de débattre de discuter au contraire non ? Vous pensez que tout le monde va s'entendre autour d'une table vous pensez que c'est pas les politiciens classiques qui vont revenir autour de la table ceux qui savent parler le plus facilement qui vont se retrouver là Mais pour quelle raison ne pas en repasser par un processus devant les urnes pour rappeler le peuple pour vérifier des choses pour vérifier si effectivement Alors quelle élection

42:24
Présentateur

il faut dissoudre à l'Assemblée ça vous l'avez déjà dit Est-ce qu'Emmanuel Macron

42:27
Invité

doit démissionner ? Je ne l'ai pas dit comme ça mais par exemple moi je serais pour que aussi la question parce que c'est au fond

42:32
Présentateur

Est-ce qu'Emmanuel Macron doit démissionner ?

42:35
Invité

Je veux dire il est aujourd'hui face à une contestation une protestation extrêmement forte effectivement la question de sa légitimité elle est posée Attendez forte numériquement c'est pas très fort

42:44
Alexis Corbière

on est à 80 000 manifestants Tout à l'heure

42:47
Invité

vous m'avez sorti pour en parler du Front National sur la base de sondages vous voyez bien que dans les sondages il y a un soutien assez important de la part des gilets jaunes quel que soit le nombre de gens quel que soit le nombre de gens qui manifestent J'aimerais juste

42:58
Présentateur

qu'Alexis Corbière répondra à ma question Est-ce qu'Emmanuel Macron doit démissionner ?

43:01
Invité

Je pense qu'il faut revenir devant les urnes et je pense surtout qu'il faut Non mais dites toutes les choses clairement

43:04
Présentateur

pour que ceux qui nous entendent comprennent

43:06
Invité

La question elle a un aspect est-ce que sa démission règle le problème si on reste dans le cadre de la Ve République Je vois ce que je veux dire c'est un peu réduit Oui mais c'est un des modèles qu'on voit sur les ronds-points

43:19
Présentateur

dans les manifestations Est-ce que vous souhaitez Est-ce que vous appelez le Président de la République à démissionner ?

43:23
Invité

Si il démissionnait et s'il reconvoque le peuple français devant les urnes ça permettrait d'avoir un débat démocratique de reconsulter le peuple mais ce que je veux en même temps que cette question là c'est qu'on puisse avoir aussi ce que j'ai invoqué tout à l'heure la convocation de débats autour d'une assemblée constituante pour que ce ne soit pas dans le même cadre institutionnel que je considère qui porte en lui les difficultés Mais alors concrètement

43:47
Présentateur

ça on le sait mais très concrètement Dans la mesure où je dis

43:48
Invité

qu'il faut revenir devant les urnes ça concerne aussi

43:50
Présentateur

M. Macron Il faudrait donc que le Président de la République dissolve l'Assemblée nationale En fait je ne comprends pas comment ça se passerait pour qu'il convoque une assemblée constitutionnelle Le cheminement constitutionnel

44:03
Invité

La Ve République est assez ambiguë là-dessus ce qui pose d'ailleurs un problème qu'elle ne permet pas elle ne prévoit pas comment on sort des délais Alors vous pouvez avoir institutionnellement sur la base d'un article de la Ve République la convocation par référendum Est-ce que vous m'autorisez à convoquer une assemblée constituante Donc le Président de la République fait un référendum ? Si le peuple français répond oui Si le peuple français répond oui à ça nous organisons alors des élections constituantes je propose qu'aucun des députés sortant à l'heure actuelle ne soit élu parmi les députés constituants d'ailleurs Donc un référendum On peut même imaginer

44:33
Présentateur

une dissolution de l'Assemblée et ensuite la démission du Président de la République

44:36
Invité

On peut imaginer déjà qu'il y ait ce débat constituant et effectivement après une dissolution de l'Assemblée qui peut d'une manière démocratique à ce que le peuple retrouve la parole C'est juste pour comprendre le cheminement simple Mais c'est ce que nous avons porté par ailleurs pendant l'élection présidentielle Oui c'est le schéma de Jean-Luc Mélenchon Au-delà de tout ça je pense vraiment il ne faut pas avoir peur de dire que le fait de revenir devant les urnes permettra de donner une réponse apaisée démocratique dans laquelle tout le monde sera consulté pour savoir On nous dit qu'il y a un soutien à Emmanuel Macron On nous dit qu'il n'y a pas de soutien à Emmanuel Macron C'est au peuple français d'en décider Et c'est une manière On voit bien qu'on est face à une grande tension aujourd'hui

45:10
Alexis Corbière

L'Assemblée constituante que vous réclamez C'est intéressant parce que vous parlez de la 6ème République Vous appelez à une 6ème République depuis très longtemps depuis plusieurs années Depuis je crois la précédente élection présidentielle en 2012 si je ne me trompe pas Or c'est finalement quelque chose que ne reprennent pas à leur compte les Gilets jaunes Ils veulent effectivement des changements institutionnels Mais je ne les entends pas dire Je ne les entends pas appeler à une 6ème République Est-ce que vous êtes vraiment en phase en fait ?

45:36
Invité

Moi je les entends quand même parler d'Assemblée citoyenne qui aurait du pouvoir Je les entends parler de référendum d'initiative citoyenne Il parle de démocratie participative On peut changer De démocratie participative Mais pas de 6ème République Non mais Le monde n'importe peu Non mais ça peut exister Depuis le temps que c'est dans l'oreille

45:49
Alexis Corbière

en fait des gens on pourrait imaginer qui se l'approprient se le seront pas appropriés

45:51
Invité

Oui mais le monde n'importe peu la discussion c'est pas 6, 7, 8 c'est pas ça le sujet Ce mouvement qui est parti quand même sur l'augmentation du prix du diesel est quand même venu on est parlé de son évolution sur la question démocratique Mais après quels sont les droits des élus les pouvoirs des élus comment on les contrôle les salaires des élus tout est posé Tout ça on peut en discuter Oui mais vous ne voulez pas en discuter puisque vous bouicottez le grand débat national Vous ne voulez que dans vos structures Attendez quand on regarde les sondages vous n'aimez pas les sondages sauf que vous les aimez bien comme on montre qu'Emmanuel Macron est très bas les français notamment peut-être les personnes âgées Soyez honnête Alexi Gordière Non mais Ça ne veut rien dire C'est vous Je vous dis qu'on ne peut pas exclure que les gens et ça a déjà commencé dans un certain nombre de mairies que les gens aient envie de discuter de discuter avec les gilets jaunes de discuter Attendez mais je ne vais pas m'opposer physiquement à ce qu'ils discutent Je vous dis que ça va faire un grand flop Alors c'est un diagnostic Je vous dis que ça va faire un grand flop Je vous dis que ça va faire un grand flop Et pourquoi ?

Vous n'appelez pas Parce que je pense que les gens qui protestent sur ces gilets jaunes n'ont pas envie de se retrouver à l'invitation du maire et je ne sais trop qui Que ce soit un grand déballage et un grand cause toujours Le sentiment qu'ils ont parce qu'ils ont entendu le gouvernement Alors vous vous avez peut-être les oreilles plus fines mais quand même ça a été répété qu'ils ne modifieront pas le cap que les grands sujets qui sont au cœur quand même de ce mouvement des gilets jaunes ne seront pas abordés Donc les gens n'ont pas envie de perdre du temps Ils ont bien compris que le rapport de force il est d'abord dans la mobilisation et l'occupation des gilets jaunes mais pas dans cette prise de parole un peu institutionnelle et un peu de notable que certains d'autres veulent récupérer le mouvement pour se poser Voilà Bon le message est passé et on a compris votre position Si vous me dites que c'est formidable et bien ça va rencontrer Je pense que ça va faire un feu Et pourquoi ?

Attendez je termine là-dessus Pour quelle raison ? Pour quelle raison ? Parlez dans le micro ? Parce que je ne suis pas assez précis Parce que précisément ce refus du consentement à l'autorité cette défiance que nous observons aujourd'hui elle va se retrouver aussi dans ce débat Parce que les gens en ont assez ne veulent plus entendre parler il y a une colère qui monte Vous comprenez ?

Mais attendez à ce moment-là ça va durer pendant 10 ans et chaque fois qu'il y aura une nouvelle personne il suffira d'être dans la rue C'est pour ça que Nathalie Saint-Cré que je propose C'est même pas de la démocratie Mais vous avez raison ça porte en lui un problème c'est vraiment pour lequel je propose que nous ayons un débat pour savoir pourquoi nous sommes un peuple pourquoi nous voulons vivre ensemble quelles sont nos institutions qui nous rassemblent et à travers ce débat reforger un consentement à l'autorité

48:00
Présentateur

Ça s'appelle un grand débat national enfin je comprends plus rien Mais non mais ce débat

48:02
Invité

c'est l'Assemblée Constituante Ali Badou Vous savez bien la différence Vous savez bien la différence entre lire un député Pensez-vous que le Président

48:09
Présentateur

de la République ira jusqu'à donc dissoudre l'Assemblée pour reprendre votre raisonnement proposé par référendum la convocation d'une Assemblée Constituante Je pense qu'il aurait dû le faire et je pense que c'est la faute originelle

48:19
Invité

et si Jean-Luc Mélenchon avait été élu la première chose qu'il aurait fait serait été d'appeler à une Assemblée Constituante

48:24
Présentateur

Mais ça c'est une uchronie et en l'occurrence il ne l'a pas été on ne va pas refaire l'histoire

48:27
Invité

Non mais j'entends bien

48:28
Présentateur

parce que je vais vous dire une chose Monsieur le Professeur d'Histoire

48:31
Invité

on ne va pas refaire l'histoire Non ce que je veux vous dire c'est que l'élection présidentielle a montré qu'il y avait quatre candidats qui étaient finalement assez proches Aucun d'entre eux en vérité n'avait véritablement une majorité dans le pays et que tous s'ils avaient été élus selon moi ils auraient dû rebâtir des institutions rebrasser tout ça et redonner confiance en le peuple avec ses institutions Monsieur Macron a cru qu'il était élu parce que le peuple français se donnait un homme de 39 ans qui avait toutes les qualités j'observe que 18 mois plus tard on en est à la catastrophe que nous sommes

48:55
Présentateur

Alors d'un mot justement puisque vous avez dit votre solidarité avec les gilets jaunes on a vu un mouvement commencer à apparaître qui n'a pas la même force mais qui commence à émerger celui des stylos rouges en l'occurrence des personnes des instituteurs des enseignants qui ne se disent pas gilets jaunes mais stylos rouges alors qu'ils sont à des niveaux de revenus assez comparables à ceux de la population qui compose le mouvement des gilets jaunes vous-même vous êtes enseignant de profession pourquoi à votre avis ?

49:25
Invité

Déjà Pourquoi est-ce que les enseignants les instituteurs

49:27
Présentateur

ne se reconnaissent pas comme gilets jaunes mais veulent créer autre chose Vous avez eu des stylos rouges

49:31
Invité

des mouvements de bouche blanche des mouvements de stylos rouges des mouvements de voilà je veux dire c'est l'arc-en-ciel de la protestation

49:36
Présentateur

Non mais si le gilet jaune incarne l'inspiration populaire incarne le peuple comme vous le disiez tout à l'heure pourquoi d'autres comme les enseignants les instituteurs Mais parce que je pense

49:45
Invité

que ce mouvement des enseignants que je soutiens il veut aussi exprimer le malaise particulier qu'il y a dans cette profession j'ai évoqué tout à l'heure le fait que parmi les deux grands piliers d'une démocratie républicaine il y a la liberté de la presse et l'importance de l'école que l'école est malmenée que nos enseignants sont parmi les plus mal payés au niveau européen de l'OCDE qui sont face à beaucoup de difficultés que la personnalité de Blanquer donnait l'impression qu'il avait réglé les problèmes alors que fondamentalement je le vois sur le terrain nous continuons à être dans une situation extrêmement difficile du point d'une école publique bon que c'est un métier difficile et ils ont bien raison de se mobiliser en se faisant entendre sur la base après d'un mouvement vous savez l'intérêt c'est que s'ils avaient dit je suis gilet jaune peut-être qu'Alibadou n'aurait pas posé la question de la partitude non mais ça retient l'attention des médias le fait de faire un mouvement stylo rouge sur la spécificité de la mobilisation c'est plutôt habile ça donne quand même le sentiment

50:29
Alexis Corbière

que le peuple a du mal à faire peuple

50:31
Invité

mais les gilets jaunes c'est pas un parti politique c'est rien les gilets jaunes c'est un truc qu'on a tous dans notre coffre on le met sur le dos et le fait de le mettre sur le dos dit que dans ce coup on n'est pas d'accord avec les politiques injustes etc on veut défendre les services publics d'ailleurs certains pensaient n'y mettre peut-être pas le même contenu

50:47
Alexis Corbière

c'est quelque chose de compliqué encore pour l'instant

50:49
Invité

mais on est d'accord il me semble que la totalité de notre entretien après une heure des chambres est de vous dire que nous sommes face à là quelque chose d'inédit de compliqué qui doit amener à ce que les vieilles habitudes politiques selon moi doivent être abandonnées et d'essayer d'être en prise avec ce mouvement réel qui exprime une colère une protestation vous évoquiez un peu avec ironie mais sympathie le fait comme vous d'ailleurs je connais un peu l'histoire de France et il y a des moments où il y a des irruptions comme ça non non mais je te dis les irruptions populaires c'est quelque chose que dit Jean-Luc Mélenchon et vous savez moi qui suis en passant une révolution française le mouvement des sans-culottes il pouvait être violent s'il attrapait un spéculateur il pouvait le balancer par la fenêtre ou pas un spéculateur d'ailleurs ou pas un spéculateur d'ailleurs et au passage se réclamait de Robespierre qui est quand même le fondateur de la démocratie me semble-t-il qui pose la question sociale et qui n'est pas qu'un troncheur de tête contrairement à cette légende noire qui a été faite mais c'est pas ce que j'ai dit oui vous évoquez cette passion de Robespierre je vous annonce d'ailleurs que je sortirai l'année prochaine sur les jacobins ça permettra de réhabiliter ce grand nom

51:43
Présentateur

est-ce que vous avez le sentiment justement d'être face à un mouvement historique avec un grand H c'est ce que dit Jean-Luc Mélenchon et en quoi est-il historique en quoi n'est-ce pas une crise une crise de plus dans la vie de la République qui en a connu et qui en a connu peut-être de plus dur et de plus brutal

52:00
Invité

je vais vous dire avec toute la réserve moi quand le mouvement a commencé certains de mes amis ont dit ça me rappelle mes 68 je trouvais qu'ils exagéraient j'observe quand même que ce mouvement dure depuis longtemps qu'il est profond qu'il exprime quelque chose qui est un état d'esprit dans la population qui ne cessera pas quand bien même les mobilisations de Gilets jaunes arrêteraient donc de ce point de vue là c'est un moment d'histoire avec un H majuscule qui n'est pas un épiphénomène qui montre le moment dans lequel nous sommes et après pour avoir un peu y compris pendant les vacances voyager etc j'observe qu'à travers l'Europe et dans le monde entier les Gilets jaunes deviennent le symbole du protestation et ça c'est incroyable écoutez j'ai vu il y avait une grève de docker à Valparaiso les docker ont mis des Gilets jaunes au Chili et en solidarité avec les travailleurs français de l'image qu'ils en avaient et il y a cette particularité je ne vais pas faire un cocorico mais ce qui se passe politiquement souvent en France dans la protestation sociale est regardé par le monde entier comme un symbole souvent de justice et le soutien de Salvini aux Gilets jaunes non mais d'accord je suis d'accord mais de la même façon que madame Le Pen on est sur le champ du débat et on termine Benjamin Griveaux a laissé entendre qu'un certain nombre de choses ne seraient pas dans le sujet la peine de mort à l'époque 60% vous me donnez le point il reste 20 secondes à l'époque 60% des français sont contre l'abolition Mitterrand le fait est-ce qu'il faut toujours suivre le peuple ?

non enfin du moins on a le droit quand le peuple dit des choses être en désaccord avec lui on va devoir rendre l'antenne mais en l'occurrence il a élu celui qui a dit j'abolirai la peine de mort mais il y a une transcendance mais on est passé par les urnes c'est une manière de transformer les choses on commence à faire la même chose bonne année bon bonne année et bon dimanche merci d'avoir été d'un invité mes amis qui m'écoutent je suis désolé que ce temps on peut enflammer parce que j'ai certains amis qui me disent je souhaite à tous une bonne année et un très bon dimanche

53:37
Présentateur

merci à Alexandre Gillardy à toute l'équipe technique de questions politiques on vous donne rendez-vous la semaine prochaine merci à l'avoir regardé cette vidéo

Alexis Corbière sur le grand débat national : "Je vous dis que ça va faire un grand flop" — Alexis Corbière · Pourquijevote