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interviewRMC — Face à Face· 25 septembre 2023 21 min

Face à Face : Manuel Bompard - 25/09

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, face à face, Benjamin Duhamel.

0:10
Manuel Bompard

8h32 sur RMC et BFM TV, mon invité ce matin, c'est Manuel Bompard, coordinateur de la France Insoumise, député des Bouches-du-Rhône. Bonjour Manuel Bompard. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin. On commence évidemment avec les annonces du président de la République hier soir sur la question du pouvoir d'achat. Emmanuel Macron a donc annoncé renoncer à l'autorisation de la vente à perte. Vous y étiez opposé, vous demandiez un soutien au pouvoir d'achat. Il a promis une nouvelle indemnité carburant pour les travailleurs modestes, maximum 100 euros par an par voiture. Vous devriez être satisfait, non ?

0:39
Présentateur

D'abord, je veux dire qu'on est face à un bricolage total et un amateurisme complet sur cette question du pouvoir d'achat. Ce n'est pas parce que le Rassemblement National dit que le ciel est bleu, je vais dire qu'il est rouge, vous voyez. Donc, on est face à un amateurisme total. Le président de la République vient une semaine après la Première Ministre pour dire que ce qu'a proposé la Première Ministre il y a une semaine, finalement, n'aura pas lieu. Il dit que ce serait une menace pour les industriels. Honnêtement, je n'ai pas compris en quoi c'est une menace de dire aux gens « Attention, si vous ne baissez pas vos prix, vous allez avoir le droit de vendre à perte ». Tout ça est ridicule.

La réalité, c'est que le gouvernement et le président de la République brassent de l'air sur cette question du pouvoir d'achat et dans une impuissance totale, pour une raison simple, c'est qu'il refuse de sortir de son aveuglement et de ce sentiment que c'est finalement le marché qui va tout seul organiser des réponses aux problèmes très concrets auxquels sont confrontés les Français aujourd'hui. Si on veut apporter enfin une réponse concrète à cette question de pouvoir d'achat, il faut des mesures de blocage des prix, il faut des mesures de blocage des marges, voilà ce qu'il faut faire.

1:50
Manuel Bompard

On va venir dans un instant à vos propositions, mais simplement, cette indemnité pour les travailleurs modestes, les 100 euros par an par voiture, vous pouvez dire que ce n'est pas assez, mais à minima, reconnaissez que c'est un geste pour ceux qui utilisent leur voiture et qui ont des difficultés à faire le plein.

2:08
Présentateur

Ce n'est pas rien. Mais ce n'est pas rien, c'est 100 euros par an. Écoutez, franchement, tout le monde sait, toutes les personnes qui utilisent leur voiture pour aller travailler, pour amener les enfants à l'école, pour aller faire leurs courses, savent que les 100 euros pour certaines personnes par an... Les cinq premiers décides, c'est-à-dire la moitié des travailleurs. Et ceux qui ont des voitures, et ceux qui utilisent la voiture pour aller travailler. Je veux dire qu'hier, c'était extrêmement choquant d'entendre le président de la République dire que ceux qui n'utilisent pas leur voiture pour aller travailler, c'était des déplacements de confort.

Quand vous êtes obligés d'utiliser votre voiture pour emmener vos enfants à l'école, pour aller vous soigner ou pour aller faire les courses, ce n'est pas du confort, c'est la vie quotidienne.

2:46
Manuel Bompard

C'est une façon de cibler simplement, Emmanuel Bompard. Attendez, je vais répondre à votre question. Juste vous dites, 100 euros par an, en gros, c'est rien. Je veux dire, c'est à la fin du mois, c'est fini. Non mais d'accord, mais quand vous protestiez au début du premier quinquennat d'Emmanuel Macron contre la baisse de 5 euros des APL, là, 5 euros, c'était énorme. Baisse de 5 euros, 100 euros par an. Si c'est 5 euros, c'est épouvantable. Mais par contre, 100 euros, c'est ça, pas perdre des profits.

3:08
Présentateur

C'est génial, vous avez raison. Non, je vous pose la question. Je pense qu'il y a des gens qui vont défiler dans la rue pour remercier le président de la République de leur accorder l'aumône de 100 euros sur des prix du carburant, alors que le prix du carburant a augmenté quasiment d'un tiers depuis maintenant deux ans. Écoutez, moi, je ne suis pas en train de vous dire que la personne qui va avoir 100 euros, elle va les refuser. Bien évidemment qu'elle va les prendre. La question, le président de la République, il n'est pas chef de rayon dans un supermarché et il n'est pas en charge des opérations commerciales, des distributeurs de carburant. Il est chef de l'État.

Et on est face à une situation qui est une situation d'injustice totale. C'est-à-dire qu'il y a des gens qui tirent la langue, qui n'arrivent plus à faire le plein, qui n'arrivent plus à manger, qui n'arrivent plus à se soigner. Et de l'autre côté, vous avez des grandes entreprises qui s'en mettent plein les poches. On a atteint cette année un record en France par rapport au reste de l'Union européenne dans la progression des dividendes. Elles ont augmenté de 13% sur un an. Comprenez qu'il y a une injustice totale et que la responsabilité du président de la République, c'est par la loi d'organiser de la justice.

4:06
Manuel Bompard

Oui, appelle les distributeurs notamment à vendre à prix coûtant l'essence. Est-ce que vous relayez cet appel en demandant à Total ?

4:13
Présentateur

Je ne suis pas l'avocat ou le relais des annonces gouvernementales. Je dis au président de la République et à la minorité présidentielle, il faut arrêter les logiques d'appel, les logiques de demande, les logiques d'incantation. Il faut des lois, il faut des règles et on a la possibilité de le faire. Il existe dans de nombreux pays dans le monde, ça existe aussi en Nouvelle-Calédonie, des mesures de blocage des marges des prix agroalimentaires. Et bien alors justement, Manuel Gompars, si vous me permettez... Laissez-moi terminer juste sur ça et je vous laisse. Oui, rapidement. Les prix sur l'agroalimentaire ont augmenté de 21% en deux ans.

Dans le même temps, les marges de l'industrie agroalimentaire ont augmenté de 70%. Il y a une injustice et c'est à ça qu'il faut apporter une réponse.

4:57
Manuel Bompard

Vous défendez le blocage des prix. Le président de la République vous a répondu hier soir. Écoutez Emmanuel Macron.

5:01
Présentateur

Modérer les marges, pardon. Modérer les marges, ça veut dire quoi ? Blocage des prix, ça veut dire quoi ? Non, on n'est pas dans des prix administrés. Ça veut dire que tous ceux qui font des excès... De l'opposition, soit un blocage des prix, soit une baisse de la TVA. Ça, je vais vous dire, ça ne marche pas le blocage des prix. Pourquoi ça ne marche pas ? Parce que les prix sont plus administrés dans notre pays. Ça ne marche pas. Non mais ça, ce n'est pas un argument. Ça ne marche pas parce que ce n'est pas le cas. Bon, d'accord, mais moi j'attendais des arguments. Là, je n'ai pas un argument.

En plus, c'est faux, puisque je vous le disais, dans l'essentiel, par exemple, des départements et des territoires d'outre-mer, il y a des mesures de blocage des prix. Avec des situations très spécifiques

5:33
Manuel Bompard

qui sont liées à l'insularité, à la distance avec la métropole.

5:37
Présentateur

Je ne suis pas d'accord avec vous, mais imaginons que c'est vrai. Quand il y a eu la crise sanitaire, on a décidé de bloquer le prix du gel hydroalcoolique. Pendant la guerre du Golfe en France, le gouvernement de Michel Rocard, à l'époque, a décidé de bloquer le prix des carburants de manière exceptionnelle, de manière temporaire, comme le permet le Code du commerce. Le président de la République ne répond pas à cette proposition. Il dit juste que ça n'existe pas. D'abord, c'est faux. Ça existe. Et ce n'est pas un argument. Donc, oui, il faut des mesures de blocage. Comprenez, vraiment, il faut que les gens qui nous écoutent comprennent.

6:07
Manuel Bompard

Donc, la seule réponse, la réponse absolue à tout ça, c'est blocage des prix. Tout le reste, c'est soit de la demande, soit des choses qui, de toute façon,

6:17
Présentateur

n'auront qu'une efficacité. Ce n'est pas la seule réponse. Mais écoutez, franchement, vous voyez bien que ce n'est pas la crise pour tout le monde. Vous voyez bien qu'il y a des gens qui s'enrichissent, qu'il y a des gens qui s'en mettent plein les poches. Et vous comprenez qu'il y a quelque chose de complètement insupportable de voir des gens qui sont obligés de sauter des repas, des gens qui ne renoncent aux soins. Il y a près de 40% des gens qui disent qu'ils renoncent aux soins pour des raisons financières. Et dans le même temps, vous avez des grandes entreprises qui s'en mettent plein les poches. Comprenez que c'est tout simplement insupportable pour les Français.

Donc, il faut des mesures de répartition. Une mesure de blocage des prix, c'est une mesure de répartition. C'est-à-dire que l'inflation, elle doit être prise en charge par ceux qui en sont responsables. À l'échelle mondiale, le FMI dit que 50% de l'augmentation des prix est due à l'augmentation des profits des grandes entreprises.

7:02
Manuel Bompard

comme le Rassemblement National le propose ?

7:03
Présentateur

Mais moi, je vous dis que si nous bloquons les prix du carburant, par exemple, autour d'un euro cinquante, il y a une part qui va être prise par l'État puisque sur le prix du carburant, il y a à peu près 50% qui sont des taxes. Donc, tout le monde va comprendre. À deux euros, il y a à peu près un euro qui correspond à des taxes. Si vous êtes à un euro cinquante, il n'y a plus que 75 centimes qui sont par des taxes. Donc, bien sûr, l'État doit faire sa part du chemin. Mais les industriels, les distributeurs, les producteurs de carburant doivent faire aussi leur part du chemin.

7:32
Manuel Bompard

Rapidement, Manuel Bompard, c'est lié à la question du pouvoir d'achat. Emmanuel Macron a affirmé que les chaudières à gaz ne seraient pas interdites, je cite, pour ne pas laisser nos compatriotes en zone rurale sans solution. C'est du bon sens ou il aurait fallu les interdire pour lutter contre le réchauffement climatique ?

7:45
Présentateur

Mais le problème, c'est qu'ils n'organisent rien pour faire en sorte que les gens aient des alternatives. Donc, ensuite, quand vous êtes confronté à une situation... Sur la question spécifique des chaudières au gaz. Je comprends, mais moi, si vous voulez, je ne suis pas comptable du bilan du président de la République depuis sept ans. Je vais vous donner un exemple pour être très concret. Les efforts en faveur de la rénovation thermique des logements. Bon, si depuis sept ans, les efforts avaient été financiers, avaient été faits pour faire en sorte qu'on rénove effectivement le nombre de logements nécessaires pour tenir nos objectifs climatiques.

Mais j'entends ce que vous dites, Manuel Bompard, mais simplement sur ce sujet précis,

8:24
Manuel Bompard

est-ce qu'il a raison de ne pas interdire les chaudières à gaz pour précisément ceux qui ne peuvent pas se passer de cette façon de se choper ?

8:31
Présentateur

Je ne suis pas pour interdire dans l'état actuel demain les chaudières à gaz pour une raison simple, c'est qu'il faut d'abord organiser les efforts nécessaires dans la rénovation thermique des logements pour faire en sorte que les gens fassent des économies et qu'ensuite, on puisse leur proposer des alternatives. Mais vous ne pouvez pas me demander à chaque fois de venir commenter la décision du président de la République alors qu'il ne fait rien depuis sept ans sur le sujet. Enfin, écoutez, sur la question climatique, hier soir, c'était à pleurer.

8:57
Manuel Bompard

Plus 7 milliards d'euros, la planification écologique, ça, c'est rien ?

9:02
Présentateur

Écoutez, franchement, je vous pose la question. D'accord, je vous dis, le problème, ce n'est pas que c'est rien. Le problème, c'est que depuis sept ans, il n'a rien fait. Écoutez, il vient hier sur un plateau de télévision nous dire la bouche en cœur, je vais interdire et on va sortir des centrales à charbon à 2027. Vous savez quand même que c'était son engagement pour 2022. Ça ne vous a pas échappé ? Donc, c'est lui qui reporte ses engagements. Il vient nous dire, c'est génial, regardez l'avancée qu'on va faire. Les salariés de la centrale de Cordomé dans le 44 qui est une centrale à charbon proposent depuis des années un projet de transition vers la biomasse.

Depuis des années, ils sont en attente des autorisations, ils le demandent et le président de la République nous dit, en 2027, on va faire les choses. Non, franchement, ce n'est pas sérieux.

9:40
Manuel Bompard

Deux sujets encore évoqués par le président de la République. L'immigration d'abord. Emmanuel Macron a expliqué, je cite, que la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde. Une phrase de Michel Rocard, l'ancien Premier ministre socialiste de François Mitterrand. Vous devriez applaudir.

9:53
Présentateur

Sauf que Michel Rocard disait aussi mais la France doit en prendre sa part. Ça ne vous a pas échappé. Deuxièmement, personne, je crois, ne propose que la France accueille toute la misère du monde. D'ailleurs, ce n'est pas la France aujourd'hui qui accueille toute la misère du monde. L'essentiel des phénomènes migratoires aujourd'hui dans le monde se font à l'intérieur des continents, c'est-à-dire avec les pays voisins. Donc, le président de la République sur ce sujet a multiplié les contre-vérités. Je vous donne un exemple. Il nous a dit la France respecte ses obligations en matière d'aide publique au développement. C'est totalement faux.

Dans les années 70, les pays se sont engagés à consacrer 0,7% de leur PIB à les publics au développement. Il y avait ce message-là

10:29
Manuel Bompard

de vous permettre... Vous, juste pour que les auditeurs et les téléspectateurs comprennent, vous, à l'inverse, vous dites qu'il faut des régularisations massives. C'est ça le projet de la France insoumise ?

10:37
Présentateur

Non, ne caricaturez pas le projet de la France insoumise. Ne caricaturez pas, c'est Jean-Luc Mélenchon qui me l'a dit il y a une semaine. Non, Jean-Luc Mélenchon il y a une semaine vous a dit qu'il était favorable à la régularisation des travailleuses et des travailleurs sans papiers, c'est-à-dire de l'ensemble des personnes qui ont un contrat de travail.

10:49
Manuel Bompard

Aussi pour ceux qui n'en ont pas ?

10:51
Présentateur

Non, pas pour tous ceux qui n'en ont pas. Ah donc c'est seulement pour ceux qui ont un contrat de travail ? Non, pour ceux qui ont un contrat de travail, ceux qui ont des enfants à l'école, parce que je pense que tout le monde peut comprendre que quand vous avez un gamin qui est scolarisé, quand vous avez les policiers qui viennent chercher les parents à la maison pour les renvoyer chez eux, alors que le gamin est à l'école, c'est un problème. Donc il faut des mesures de régularisation mais ne caricaturez pas notre position. Alors qui n'est pas concerné par ces mesures de régularisation et qui décidez

11:17
Manuel Bompard

d'expulser s'ils ne doivent pas être sur le territoire français ?

11:19
Présentateur

Laissez-moi si vous voulez bien vous présenter quelle est notre vision des choses sur ce sujet. Depuis 30 ans, on a fait 22 lois sur l'immigration. 22 lois. 22 lois qui sont toujours dans la même logique, c'est-à-dire empêcher les gens d'arriver. Manifestement, ça ne fonctionne pas. Donc il faut changer de logique. Changer de logique, ça veut dire d'abord poser la question des migrations à l'échelle internationale. Pourquoi ? Manuel Bupin. Non mais j'essaie de comprendre. Je ne peux pas répondre à vos questions par tranche. Donc moi j'ai un projet d'ensemble.

11:47
Manuel Bompard

J'essaie juste de comprendre la position de la France insoumise. Est-ce que quand un sans-papiers est sur le territoire donc de façon illégale, à quel moment vous décidez qu'il faut le renvoyer dans son pays ? Est-ce que c'est encore une perspective ou est-ce que vous dites au contraire tous ceux qui sont sur le territoire, qu'ils aient des papiers ou pas, ont vocation à rester ?

12:04
Présentateur

Il faut des procédures de régularisation. Non, ces procédures de régularisation elles doivent s'appliquer sur des critères. Les critères c'est par exemple le fait que l'on travaille. Les critères c'est par exemple le fait qu'on a un enfant à l'école et qu'on est un parent d'élève scolarisé. Donc il faut un certain nombre de critères. Et puis les autres ? On respecte la loi bien évidemment. Qui ne respecte pas la loi ? Mais la question qui est posée ensuite c'est comment on fait en sorte que les gens n'aient pas besoin de partir de chez eux ? Parce que sinon on ne réglera jamais le problème. Pourquoi les gens partent ? Les gens partent parce qu'ils fuient la guerre.

Les gens partent parce qu'ils fuient la crise climatique. Et tout le monde sait que les migrations elles vont aller croissantes dans les années et les mois qui viennent si on n'apporte pas des réponses de régulation à l'échelle internationale. Et écoutez au moins sur ce sujet parce que j'entends beaucoup de gens nous dire on va inscrire les racines chrétiennes de la France dans la Constitution. Je ne suis pas d'accord avec ça. Mais écoutez au moins le parole du pape sur ce sujet. Écoutez ce qu'il a à nous dire. Il nous dit il faut faire davantage. Il nous dit il faut faire preuve d'humanité.

Je ne suis pas toujours d'accord avec le pape mais quand il dit quelque chose comme ça au moins je pense que les Françaises et les Français peuvent l'entendre.

13:08
Manuel Bompard

Manuel Bombard vous étiez présent dans les rues de Marseille samedi pour manifester je cite contre les violences policières et le racisme systémique. Pendant ce temps-là dans le cortège parisien une voiture de police a été attaquée à coups de barres de fer par des manifestants cagoulés. On voit les images qui vont apparaître. Voilà on voit cette voiture de police attaquée et ce policier qui sort son arme de service. Quand on explique que la police est violente et qu'elle est raciste est-ce qu'au fond vous n'avez pas désinhibé ceux qui veulent s'en prendre aux policiers ? Pas du tout ces gens-là

13:37
Présentateur

ne sont pas des manifestants les personnes qui se sont pris à cette voiture je ne sais pas ils étaient peut-être aux ministres de l'Intérieur qu'il faut poser la question qu'est-ce qu'ils font là ? Moi ce que je veux vous dire si vous voulez j'ai bien compris que votre volonté c'est de retenir l'action stupide de 10 personnes qui s'en sont prises à une voiture de police. C'est seulement stupide de s'en prendre avec des barres de fer ?

C'est pas mal mais c'est plus que stupide c'est inacceptable et intolérable si vous voulez que je vous le dise je n'ai pas de problème sur ce sujet mais moi je préfère retenir la mobilisation large calme, déterminée pacifique de 80 000 personnes qui partout en France samedi ont dit il y a un problème dans le rapport aujourd'hui entre la police et une partie de la population et il faut des réponses politiques sur ce sujet il y avait un appel à participer à cette manifestation c'était très clair du point de vue de ces revendications ces revendications c'est la réforme de l'IGPN pour en faire une autorité de contrôle réellement indépendante c'est revenir sur la loi de 2017 sur l'utilisation des armes suite à des refus d'Octobéry quand on voit

14:28
Manuel Bompard

je sais bien mais quand on voit cette scène à Paris quand on voit aussi cette pancarte à Besançon où un manifestant brandit donc une pancarte où il est écrit un flic une balle est-ce que vous ne vous dites pas qu'avec vos mots d'ordre considérant que la police est violente par nature raciste par nature vous libérez si quand vous dites les violences policières et le racisme systémique dans la police ça veut donc dire que c'est quelque chose de structurel

14:52
Présentateur

ça ne veut pas dire par nature ne mettez pas vos mots dans ma bouche s'il vous plaît parce que moi je n'ai jamais dit que ça veut dire qu'il y a des effets de système si ça vous embête je vais vous dire que vous avez un problème parce que l'ONU moi je n'ai aucun problème je vous pose des questions si vous allez avoir un problème parce que l'ONU dit il y a un problème structurel de racisme dans la police en France c'est un comité de l'ONU non c'est le rapporteur de l'ONU en charge des questions des droits de l'homme donc celui-là il n'est pas important non pas du tout mais pour préciser

15:17
Manuel Bompard

quand vous dites l'ONU on a l'impression que c'est l'ONU en assemblée générale

15:20
Présentateur

quand le défenseur des droits quand le défenseur des droits dit qu'une personne noire ou arabe dans ce pays a 20 fois plus de chances d'être contrôlée qu'une personne blanche ces chiffres-là vous ne les contestez pas Benjamin Duhamel est-ce que vous ne les contestez ces chiffres-là donc c'est un problème systémique et systémique ça ne veut pas dire par nature ça ne veut pas dire que l'ensemble des policiers sont violents ou l'ensemble des policiers sont insistes ce n'est pas ce que j'ai dit donc ne me faites pas dire

15:42
Manuel Bompard

ce que je n'ai pas dit quand on voit une pancarte avec écrit un flic une balle et que c'est un manifestant qu'est-ce que vous voulez que je vous dise est-ce que vous n'avez pas une part de responsabilité dans les mots d'ordre qu'il y a dans ce genre de manifestation

15:52
Présentateur

la part de responsabilité que j'assume totalement c'est les mots d'ordre me faire porter si vous voulez l'ensemble des pancartes ou des slogans qui sont portés ici ou là en France moi je manifeste sur des mots d'ordre sur des revendications ces revendications c'est des réformes concrètes ces revendications c'est faire en sorte que le meurtre du jeune Naël au mois de juin ne reste pas sans solution politique qu'on ne considère pas qu'il ne s'est rien passé et qu'il ne faut rien faire sur ce sujet le nombre de personnes qui sont mortes suite à des refus d'obtempérer en France c'est plus d'une personne par mois l'année dernière il y en a eu un en dix ans en Allemagne c'est pas un problème comme le fait le président de la République parce que quand j'interroge le président de la République sur ce sujet il efface cette question-là du compte-rendu pour lui ce sujet est tabou on ne peut pas en parler et donc il faut une mobilisation populaire et citoyenne et encore une fois moi je rends hommage aux 80 000 personnes qui ont manifesté avec calme avec dignité pour faire en sorte que ces solutions ces situations-là ne restent pas sans réponse politique voilà ce que nous demandons

16:54
Manuel Bompard

une dernière question sur ce sujet est-ce que vous pourriez participer à une manifestation en soutien aux policiers attaqués par exemple victimes de refus d'obtempérer comme ce qu'on a vu à Sochaux jeudi dernier est-ce que ça c'est imaginable ?

17:03
Présentateur

mais moi je quand un policier meurt dans l'exercice de fonction il a bien évidemment toute ma solidarité en espèce il n'est pas mort non mais d'accord mais si c'est ou attaqué ou il est blessé excusez-moi bien évidemment qu'il a toute ma solidarité qu'est-ce que vous croyez ? vous croyez que je ne suis pas sensible au fait qu'un policier qui se fait attaquer qu'il soit blessé qu'un policier parfois soit tué vous croyez que je ne suis pas insensible à ça ?

17:28
Manuel Bompard

je suis peut-être aveugle ou sourd mais j'ai regardé un petit peu hier que ce soit les réseaux sociaux de Jean-Luc Mélenchon ou de vous-même je n'ai pas vu de message condamnant avec la plus grande fermeté cette voiture de police qui avait été attaquée

17:38
Présentateur

dans les cortèges à Paris samedi je crois que mes mots étaient assez clairs ce matin s'il vous plaît comprenez l'idée qu'on peut à la fois être solidaires de policiers quand ils sont attaqués dans l'exercice de leurs fonctions et en même temps considérer que la manière avec laquelle est organisée la police aujourd'hui en France dysfonctionne et qu'il faut des réponses sur ce sujet tout simplement parce qu'on est attaché à avoir un rapport entre la police et la population qui soit plus apaisé qu'aujourd'hui moi je suis favorable à l'établissement de la police de proximité je suis favorable au fait qu'on embauche davantage de policiers je ne crois pas que ce soit un discours anti-police

18:09
Manuel Bompard

il nous reste peu de temps Manuel Bompard je voudrais revenir avec vous sur une comparaison qui a été faite par votre collègue député insoumise Sopère Chiquirou si si si relayée par Jean-Luc Mélenchon je cite il y a du Doriot dans Roussel pour ceux qui nous écoutent et nous regardent Jacques Doriot c'était un maire communiste devenu collaborationniste antisémite qui a fini par combattre sur le front de l'Est dans l'uniforme nazi pendant la seconde guerre mondiale sérieusement Manuel Bompard on en est là de comparer un élu de gauche à sans doute un des pires collabos qui était pendant la seconde guerre mondiale

18:35
Présentateur

d'abord il n'y a pas de comparaison ah bon ? il y a du Doriot dans Roussel je pense que personne n'a dit Doriot égale Roussel ça est une comparaison personne ne l'a dit l'histoire se répète et il y a du Doriot dans Roussel dit Sophia Chiquirou non pas du tout elle relaie un article une prise d'opposition de monsieur Schneiderman du site Arrêt sur image qui dit que dans les prises d'opposition de Fabien Roussel ces derniers mois il y a un certain nombre de motifs d'inquiétude maintenant je vais vous dire Benjamin Duhamel vous êtes un hypocrite

19:02
Manuel Bompard

ah pourquoi ?

19:03
Présentateur

parce que quand votre collègue monsieur Enthoven disait il y a deux ans que le parcours de Jean-Luc Mélenchon et de François Ruffin était le même que le parcours de monsieur Doriot je ne vous ai pas entendu condamner cette comparaison je ne vous l'ai pas entendu condamner cette comparaison je vous pose la question d'une députée

19:18
Manuel Bompard

d'une députée qui dans la même famille politique au sein de la NUPES parle de Fabien Roussel comme d'un collabo pendant la seconde guerre mondiale qui a combattu dans l'uniforme nazi est-ce que cette comparaison vous l'a condamné comme d'ailleurs beaucoup au sein de la NUPES des socialistes des écologistes et même certaines personnes au sein de la France

19:37
Présentateur

je vais vous dire je confirme vous êtes un hypocrite parce que quand un député du Rassemblement National a dit que Jean-Luc Mélenchon était un nazi vous n'avez jamais posé la question à Mme Le Pen de savoir si elle allait condamner cette prise d'opposition donc maintenant pour le reste je vais venir sur le pot moi je vous pose la question

19:52
Manuel Bompard

sur vous est-ce que vous pouvez encore participer à un même ensemble politique la NUPES quand vous avez des députés à Fabien Roussel à Jacques Doriot je vous ai pris deux fois

20:02
Présentateur

la main dans le sac et je vois que vous ne répondez pas mais pas du tout et je vois que vous ne répondez pas mais vous inquiétez pas mais je voulais juste montrer aux yeux de tout le monde votre hypocrisie sur ce sujet maintenant si si totalement maintenant je vais vous répondre non Fabien Roussel n'est pas Doriot c'est clair mais je pense que non je ne condamne rien puisque personne n'a fait de comparaison puisque ce que nous avons dit et ce que nous avons dit je ne l'ai pas fait mais ce qui a été dit par une de mes collègues c'est le fait que dans les prises d'opposition de Fabien Roussel depuis plusieurs mois il y a un certain nombre de motifs qui sont des motifs d'inquiétude sur ce sujet pour terminer

20:34
Manuel Bompard

interrogé sur ce sujet Emmanuel Macron dit vouloir lutter contre toutes les violences elles commencent en étant verbales elles finissent dans la rue interrogé sur cette comparaison

20:42
Présentateur

je ne sais même pas pourquoi le président de la république est-ce que le président de la république est coutumier des phrases qui ne veulent rien dire donc je ne sais même pas ce que ça veut dire vous croyez qu'il y a un lien entre de la polémique politique et des violences dans la rue il faut être un petit peu raisonnable et un peu sérieux donc on va sortir un peu de cette situation parce que quand Mme Borne dit que nous sommes en dehors de l'arc républicain ça aussi ça peut produire des violences quand le maire de Grabels dans les rots est agressé par un militant de l'extrême droite je n'ai entendu personne de la majorité lui exprimer sa solidarité et donc je profite de ce plateau pour le faire

21:13
Manuel Bompard

merci beaucoup Manuel Bompard il est 8h53 sur RMC et BFM TV et BFM TV

21:18
Locuteur

et BFM TV