Aller au contenu
Tous les transcripts
InterviewRMC — Apolline Matin (sur Podcast)· 21 octobre 2026 7 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéInstitutions & électionsSolidarités & famille

L'invité d'Apolline Matin : Violences du 17 Octobre, Sébastien Lecornu dénonce "un schéma insurrectionnel" planifié par des "groupuscules d’extrême gauche et de l’ultragauche" - 21/10

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 30 %Défensif 70 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 4:49OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous, Alain Bauer, vous auriez ordonné l'état d'urgence ?

  • 5:02RelanceRéponse partielle

    Qu'est-ce que ça aurait changé concrètement ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:54PrésentateurFait
    « Pour Sébastien Lecornu, on a vu à l'œuvre un schéma insurrectionnel. »
  • 1:00PrésentateurFait
    « on ne tolère pas que des groupuscules factieux puissent marcher sur l'Élysée, sur Matignon. »
  • 4:50Invité politiqueFait
    « la République n'a pas ordonné l'état du remanche dimanche dernier pendant son allocution. »
  • 5:11InvitéChiffre
    « Gagner une journée de la réplique de l'émeute. »
  • 5:41InvitéFait
    « c'est la première fois qu'il a eu autant d'émeutes, dans autant d'endroits, depuis la génération Naël. »
  • 6:14InvitéFait
    « La violence est un élément culturel du débat politique français. »

Temps de parole

  • Invité58 %
  • Invité 220 %
  • Sébastien Lecornu7 %
  • Invité 35 %
  • Présentateur5 %
  • ?4 %

≈ 26,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur

Vous

0:00
Invité

écoutez

0:01
Locuteur

RMC,

0:06
Invité

RMC,

0:08
Locuteur

jusqu

0:08
Invité

'à

0:09
Présentateur

9h, Apolline Matin, Mathieu Béliard.

0:13
Locuteur

Il

0:13
Invité

est 7h42 sur RMC, 17 octobre, les violences, les chaos, les pillages, à qui la faute

0:18
Locuteur

?

0:19
Invité

Bonjour Alain Boer. Bonjour. Je voudrais mentionner, j'en profite un instant, je souligne que vous publiez Il faut sauver nos enfants. Ça c'est un livre noir de la pédocriminalité en France, un sujet qui est essentiel pour les Français, même s'il n

0:32
Locuteur

'est

0:32
Invité

pas à la lune de l'actualité cette semaine, il l'a été beaucoup. La culture pédophile en France, les chiffres, vous avez travaillé, enquêté, Il faut sauver nos enfants, c'est aux éditions First. Alain Boer, vous êtes professeur émérite de criminologie au Conservatoire national des arts et métiers. On a besoin de comprendre à quel point l'État a été débordé le week-end dernier, quelle faille, quelle réponse. Pour Sébastien Lecornu, on a vu à l'œuvre un schéma insurrectionnel. Écoutons, c'était hier à l'Assemblée nationale.

0:55
Présentateur

Lorsqu'on est républicain, quel que soit son sentiment sur la personne du président de la République, on ne tolère pas que des groupuscules factieux puissent marcher sur l'Élysée, sur Matignon.

1:07
Locuteur

Des

1:07
Présentateur

groupuscules factieux, ils dénoncent l'ultra-gauche. Alors Alain Boer, c'est quoi l'ultra-gauche

1:12
Invité

? Personne n'en sait rien.

1:13
Locuteur

C

1:13
Invité

'est un mot-valise qui regroupe quatre grandes familles historiques, dont on va dire que c'est, pour faire du Raymond Deveau se revisiter, c'est à la gauche de l'extrême-gauche. Mais en fait, ce sont ceux qui, dans le mouvement politique, considèrent que l'élection ne sert à rien et qu'il faut sortir du jeu électoral pour faire la révolution autrement. Alors vous avez toutes sortes, des nihilistes, des situationnistes, des branches diverses, du trotskisme, du communisme révolutionnaire, du spartakisme. Je vous en fais une liste très très longue. En gros, la révolution peut commencer par l'incendie de la mairie de Limoges.

Alors pour eux, la révolution peut commencer par l'incendie de l'hôtel de Ville de Paris en 1871. Parce que tout ça a des sources historiques. La France,

1:55
Locuteur

c

1:55
Invité

'est mille ans de jacquerie, donc ce n

1:56
Locuteur

'est

1:56
Invité

pas la peine de la redécouvrir tous les matins. C'est l'histoire de ce pays qui est constituée d'un affrontement permanent entre les agriculteurs, les paysans, les pêcheurs, les transporteurs, les étudiants, les lycéens, les ouvriers, par la violence, puisque la tradition de ce pays, c'est que l'État ne négocie que quand le rapport de force est suffisamment violent pour montrer que c'est vraiment sérieux. Dernier épisode, gilet jaune. Épisode totalement zappé et qui pourtant est

2:23
Locuteur

vraiment

2:23
Invité

le plus expressif de ce qui est en train de se passer, la génération Naël. Tout le monde a oublié qu'en 2023, il y a eu 10 jours d'émeute, 1 milliard de dégâts, des milliers de bâtiments ont brûlé. Mais en fait, personne ne vous en parle. Il y a une sorte de biais cognitif. Tout ça a été zappé comme si ça n'avait pas existé. Or, entre les gilets jaunes et actuellement, il y a

2:43
Locuteur

eu cet événement qui a construit une

2:46
Invité

génération. Il y avait toujours un déclencheur à chaque fois à la bouée. Il y avait eu effectivement la mort du jeune Naël. Il y a des projets de loi. Là, on a l'impression que c'est quelque chose de spontané. Et moi, je me dis quand même, est-ce qu'on n

3:01
Locuteur

'est

3:01
Invité

pas trop intoxiqué par les chaînes d'info et les réseaux sociaux et qu'à regarder la France à travers ce prisme, on imagine un climat insurrectionnel qui n'est pas celui qui correspond à l'état d'esprit des

3:10
Locuteur

Français. Je

3:10
Invité

me permets, j'ajoute, parce que le maire de Limoges est l'invité à 8h30. Est-ce que la République a peur d'un gamin de 34 ans qui vit chez ses parents dans une yourte du limousin

3:18
Locuteur

?

3:18
Invité

C'est l'image que la République donne en ayant trouvé un présumé coupable dont on ne sait aujourd'hui pas grand-chose. En fait, ce qu'on confond, c'est qu'il y avait dans les manifestations quatre populations différentes. Et on fait comme s'il y

3:33
Locuteur

en

3:33
Invité

avait une seule, ce qui n'est pas vrai. Vous aviez 500 000 à 800 000 manifestants plutôt joyeux et plutôt pacifiques. Vous aviez des casseurs dont la logique était politique, qui était la casse contre les institutions et contre un certain nombre de cibles, entre guillemets, capitalistes. Vous aviez des pilleurs qui ne sont venus que parce qu'il y avait une masse de manœuvres suffisantes et des dégâts suffisants et une police submergée pour venir faire leur shopping. Et, tout le monde l'oublie, mais c'est important, les petites mains désœuvrées du narcotrafic, souvent exclues du système scolaire, qui, elles, se sont vengées en attaquant les lycées et le personnel enseignant,

4:08
Locuteur

mes

4:08
Invité

collègues. Ces quatre populations-là ne sont pas une population homogène. Il y a un effet

4:13
Locuteur

d'opérateur par quoi ? Il y a une

4:14
Invité

convergence objective ? Non,

4:15
Locuteur

non,

4:15
Invité

pas du tout.

4:16
Locuteur

Il

4:16
Invité

n

4:16
Locuteur

'y a

4:16
Invité

convergence de rien

4:17
Locuteur

du tout,

4:17
Invité

à part la rage.

4:18
Locuteur

Il y a une civilité.

4:19
Invité

La rage est convergente. Les revendications ne le sont pas, les objectifs ne le sont pas, les modes opératoires ne le sont pas. Les profils. Mais de temps en temps, les profils ne le sont pas, on le voit. Tous les jours, maintenant, avec la diversité qui va de totalement inconnu jeune, totalement inconnu du système mineur, à un majeur très connu du système. Et encore, pour l'instant, ce sont ceux qui ont été arrêtés le plus facilement. Ceux qui ont demandé du temps pour préparer leur défense et ceux qui vont être arrêtés à l'issue d'une enquête judiciaire longue et compliquée. Là, on va voir d'autres profils apparaître. Le président

4:49
Locuteur

de

4:50
Sébastien Lecornu

la République n'a pas ordonné l'état du remanche dimanche dernier pendant son allocution. Est-ce que vous, Alain Bauer, vous auriez ordonné, proclamé, entre guillemets, cet état d'urgence ? Et ma question plus précisément, qu'est-ce que ça aurait changé concrètement relativement aux décisions qui ont déjà été prises par le Premier ministre il y a deux jours ? C'est-à-dire les couvre-feux, les mesures de sécurité. Qu'est-ce qu'on aurait pu faire de plus avec cet état d'urgence ?

5:11
Invité

Gagner une journée de la réplique de l'émeute. En fait, ce type d'émeute, c'est dix jours. Les violences urbaines, c'est trois jours de nuit, deux jours, trois nuits. Quand il y a un événement générateur limité sur un territoire limité,

5:24
Locuteur

Il y a un barème comme ça en

5:25
Invité

fait ? Hélas, historiquement parlant. Donc on aurait gagné du temps. On aurait gagné une journée de la deuxième partie du pillage.

5:32
Locuteur

Oui, mais

5:32
Invité

vous vous dites, on dirait que c'est un barème, que tout ça est assez classique et se reproduit.

5:36
Locuteur

Mais vous dites que l

5:37
Invité

'État a eu peur ce week -end. L'État a eu très peur parce que c'est la première fois qu'il a eu autant d'émeutes, dans autant d'endroits, depuis la génération Naël. Et donc là, il a été vraiment submergé. Je rappelle, dans la génération Naël, vous aviez des parents qui allaient récupérer leurs enfants par les oreilles ou en les mettant dans le coffre, ou des cordons humains pour protéger quelques institutions. C'est quand même dingue cette

5:55
Sébastien Lecornu

capacité d'absorption qu'a la France après avoir les émeutes.

5:58
Locuteur

C'est un pays

5:58
Sébastien Lecornu

qui vit des trucs très violents et qui oublie très vite. Mais ça dure depuis 150 ans, ça.

6:03
Locuteur

Mille

6:03
Sébastien Lecornu

ans. Oui,

6:03
Locuteur

c

6:03
Sébastien Lecornu

'est ça,

6:04
Locuteur

c'est vraiment une

6:04
Sébastien Lecornu

particularité française. Mille ans, c'est notre truc. Ça, on pourra l'oublier aussi. Alors,

6:08
Locuteur

je ne sais pas, vu l'ampleur, on va l'absorber. Parce que c'est

6:12
Invité

entrer dans notre culture. La violence est un élément culturel du débat politique français. Pourquoi ? Parce que vous le savez mieux que quiconque. En France, l'État a créé la nation. Il l'a créé. Il est l'instrument structurel de la nation. Il est l'épine dorsale du système. Et quand il s'effondre doucement, quand il disparaît dans une espèce d'anglo-saxonisation bizarre, de globalisation heureuse qui n'a jamais existé que dans les esprits heureux de la Banque Centrale Européenne, en fait, la réalité aujourd'hui, c'est que ce pays vit dans la violence, que les mouvements, les changements politiques se font par la violence parce qu'on n

6:45
Locuteur

'a

6:45
Invité

jamais réussi à faire autrement.

6:46
Locuteur

Merci

6:47
Invité

beaucoup Alain Bauer. Merci beaucoup d'être venu nous éclairer ce matin sur ces profils. Même s'il reste encore beaucoup de zones d'ombre du coup sur le week-end à venir avec ce dispositif massif annoncé sur les profils. On comprend bien qu'il y

6:59
Locuteur

a

6:59
Invité

quand même plusieurs familles de Français très différents finalement qui s'illustrent sur ce terrain chaotique. Alain Bauer, professeur émérite de criminologie au Conservatoire National des Arts et des Métiers. Et je rappelle pour nos auditeurs que vous publiez Il faut sauver nos enfants, le livre noir de la pédocriminalité en France. C'est aux éditions First. Merci beaucoup.