Censure, absence de majorité... Le socialiste Arthur Delaporte revient sur son année à l'Assemblée
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour à tous, merci de nous suivre sur BFM2. Période de suspension des travaux à l'Assemblée nationale et au Sénat pour l'été à l'occasion de revenir sur une année de travail parlementaire, une année particulière après la dissolution et marquée par la censure du gouvernement de Michel Barnier. Bonjour Arthur de la Porte, merci d'être avec nous sur BFM2.
Vous êtes député socialiste du Calvados, je le rappelle. On va prendre le temps d'évoquer ensemble cette année très politique. Euh déjà pour commencer euh en un mot, comment vous qualiferiez justement cette année satisfaisante et rintente ou désespérante ?
Je dirais erintente et singulière à la fois parce qu'il y a quelque chose de particulier pour la première fois depuis finalement le début de la 5e République à ne plus avoir de véritables majorité. Alors, on pourrait dire que ça a déjà commencé en 2022 puisque il y avait déjà une difficulté pour les macronistes à faire le total, mais ils avaient un appoint régulièrement avec les Républicains qui leur permettait finalement à partir du moment où ils avaient un accord de de faire passer largement des textes. C'était la même chose aussi souvent avec aujourd'hui euh il n'y a plus rien de tout ça.
Les macronistes à eux seuls ne sont pas suffisants, même si on ajoutait l'air pour avoir une majorité. Donc, ils doivent composer euh et chercher à chaque fois sur chaque texte à construire donc des des espèces de coalition de circonstance, mais ça les rend extrêmement vulnérable et ça rend même la discussion de chaque texte devenir un combat de chaque instant puisque finalement vous pouvez avoir un accord globalement d'indéc par exemple la plus souvent c'est le le Rassemblement national qui va dire bah nous on n'est pas contre ce texte mais derrière qui va faire butter la majorité sur un certain nombre de points à l'intérieur de ce texte qui va conduire à les modifier frontalement et fondamentalement et donc bah se retrouver avec des textes monstrueux au sens où il y a des parties du texte qui vont être sabrées, des parties du texte qui vont être rajouté de façon imprévue et donc bah bien souvent la majorité entre guillemets va voter contre son propre texte ce qui rend voilà c'est c ces débats particulièrement fatiguants parce que ça demande beaucoup de présence puisqu'il y a pas de majorité et en même temps incertain. Donc voilà, ça ça donne une vision singulière du parlement.
Vous vous pensez à quoi par exemple la loi du plomb sur la réintroduction de néodicotinoïde, la fin des ZFE par exemple que l'on a vu aussi. Vous vous pouvez prendre le projet de loi sur la simplification de la vie économique qui a vu un peu comme un comité de la hache ou une forme de néotrumpisme venir s'ajouter des suppressions d'instance administrative qui n'avaient la plupart du temps aucun rapport avec le sujet de la simplification économique. Donc là vous évoquez à l'instant les affe voilà qui étaient pas du tout prévu.
Alors à la fin ça ça sera pas forcément dans dans la copie finale. Enfin en tout cas peut-être pas comme ça. Enfin, je ne sais pas en tout cas à quoi ressemblera la version définitive parce qu'il y a toujours aussi l'étape de la commission mixte paritaire, donc la discussion avec les sénateurs qui vient remodifier euh à la fin chaque texte.
Mais oui, il y a ici un véritable enjeu sur tous ces textes, que ce soit sur celui que vous évoquez, sur la loi du plomb, en effet sur les néonicotides où il y a eu une surenchère à chaque fois. Donc ça ça a contribué à dénaturer en effet les différents textes ou encore récemment aussi sur la question de l'audiovisuel publique où les macronistes ont voté contre leur propre texte au début même des débats pour éviter qu'il y ait un débat des mysiqu ça soit renvoyé au Sénat. C'est en train de devenir une mauvaise habitude d'ailleurs.
Oui. Et au Sénat aussi on a vu vendredi des débats un peu particuliers avec cette décision de vote unique prise par Rachida Dati. Vous êtes député depuis 3 ans maintenant Arthur de la Porte.
Est-ce que vous avez ressenti une différence d'ambiance peut-être dans l'hémicycle entre votre mandat 2022 et depuis cette année ? Mais oui, et pourtant déjà entre 2022 et 2024, l'ambiance était singulièrement différente par rapport aux législatures précédentes que j'avais pu observer sans être député. Mais j'étais j'accompagnais des députés, j'étais collaborateur politique sous Hollande par exemple.
Euh c'était euh en effet beaucoup plus simple d'une certaine manière, même s'il y avait parfois un peu euh de sinistrose, on va dire ambiante, de sentiment d'inutilité, ça existait déjà. Euh mais ce qui est différent aujourd'hui, c'est que comme les votes se jouent à parfois à une voix, à deux voix, euh la il y a un stress permanent. On va dire "Revenez, courez vite, dépêchez-vous, on peut gagner, on peut perdre à une voix et puis à la fin en fait finalement l'article est supprimé. l'article le texte entier est rejeté.
Donc tous les débats n'ont servi à rien. Donc voilà, il y a à la fois le sentiment de l'urgence et le sentiment parfois euh souvent mais de se dire à quoi tout ceci sert puisque à la fin même si on a gagné un vote bah il est pas pris en compte, on revient dessus en catini et cetera. Donc voilà, il y a il y a quelque chose qui peut être à la fois très frustrant mais en même temps voilà de de passionnant parce que chaque voix compte et donc chaque chaque parole portée peut avoir un effet.
Chaque présence peut avoir un effet, même si c'est évidemment toujours compliqué à gérer. Oui. Justement quand vous retournez en circonscription, que vous disent les les Normands quand ils voient ces images parfois vraiment où leux à l'Assemblée nationale ?
H bah c'est vrai que cette on va dire comme les my est devenu un espèce de de chaudron où tout peut bouger. Donc ça ça donne quelque chose d'extrêmement instable. Euh il y a aussi euh évidemment des des fois des moments euh un peu un peu violents.
Ça ça donne une image en effet qui est pas forcément toujours très bonne et très bien perçue. Et donc euh bah quand on revient le quand on rentre en circonscription, c'est-à-dire finalement toutes les semaines hein, la moitié de la semaine, on est à Paris, l'autre moitié en circonscription, ben moi quand les les gens me disent "Mais enfin qu'est-ce que qu'est-ce que vous renvoyez comme image ?" Et je leur dis bah en effet, mais c'est la conséquence aussi d'un d'un déséquilibre au sein de du parlement mais qui d'une certaine manière fait de notre hémicycle le cœur battant de la démocratie.
Moi, je fais partie de ceux qui croient dans le parlementarisme, même si j'aurais préféré évidemment qu'il y a une large majorité à gauche. Voilà, c'est ce que j'aurais préféré. Euh aujourd'hui, je considère que l'Assemblée est à l'image de la société, elle est globalement euh euh représentative des différents courants de pensées.
Euh et donc bon ben voilà, ça donne quelque chose euh qui est souvent surprenant, parfois agaçant euh parce que les débats peuvent être caricaturaux mais en même temps euh voilà, ça renvoie aussi la pluralité du débat et il faut aussi dire que c'est sain d'avoir un parlement qui fonctionne. Voilà. Donc moi c'est même s'il fonctionne pas de la manière qu'on souhaiterait, les débats ont lieu.
Voilà. Et je fais partie des défenseurs du Parlement même si c'est jamais quelque chose d'évident et même si voilà, il y a toujours ce travail de pédagogie à faire parce que voilà, il y a des débats qui sont diffusés euh mais on prend toujours les moments où ça fait le buzz. Euh si on regarde plus largement ce qui se passe dans les micycles et moi j'accueille assez régulièrement des groupes à l'Assemblée nationale, ils me disent "Ah bah tiens, c'est plus calme que l'image que on s'en faisait." Et c'est euh bien souvent le cas.
Une assemblée fracturée un peu comme la France sur euh les idées. Est-ce que vous croyez en l'hypothèse d'une possible nouvelle dissolution peut-être à la fin de l'année ? En tout cas, si une nouvelle censure pourrait avoir lieu après notamment la l'examen de la question du budget à l'assemblée ?
Moi, je ne croise à rien mais je me prépare à tout euh parce que personne n'avait prédit vraiment la dissolution et demain ben personne ne peut savoir ce qui en sera. Mais je suppose qu'Emmanuel Macron a vu les conséquences de ces choix hasardeux et que il avait reculé dans l'hémicycle, qu'il avait perdu du pouvoir et je ne crois pas qu'il soit en capacité demain s'il dissous par exemple en novembre ou en décembre de regagner quelques places à l'Assemblée nationale. et donc qu'il n'y ait pas de changement fondamental dans les équilibres qui sont les nôtres actuellement.
Et donc ça serait une dissolution coût d'épé dans l'eau qui nous ferait perdre plus de temps qu'autre chose, en particulier sur la nécessaire adoption d'un budget. Donc une démission d'Emmanuel Macron serait une hypothèse dans ce cas-là. Oh, j'y crois pas plus, vous savez.
Je pense qu'il est parti jusqu'en 2027, il va pas lâcher le pouvoir pour l'ombre. Donc non, je ne crois pas que Emmanuel Macron non plus soit en mesure de démissionner, mais voilà, encore une fois, je ne peux rien prédire, juste vous dire la manière dont j'analyse les choses aujourd'hui. Je crois qu'ils ils montrent les macronistes qu'ils arrivent malgré leur euh faiblesse numérique à faire passer quelques textes, euh à continuer euh à gouverner de manière brinque balante et peut-être qu'il s'en satisfait.
Une dernière question Arthur de la Porte, on a parlé de cette année évidemment marqué par les questions budgétaires. Là aussi, on s'en souvient au début d'année évidemment après la censure. La rentrée sera à nouveau et l'automne marqué par ces débats là à l'assemblée.
Quelles sont vos craintes et qu'est-ce que vous espérez de ces de ces débats à venir et notamment des annonces de François Berou cet après-midi ? Ben, j'attends euh une chose, c'est que François Baou se rende compte que la politique qui est menée depuis 8 ans est particulièrement injuste, particulièrement inégalitaire, en particulier en faveur des euh classes les plus aisées, des ultra riches. Et donc, ils disent que oui, demain ils vont taxer les super riches.
Voilà, ça permettrait d'équilibrer le budget. Bon mais peut-être que je me fais une fois encore des illusions sur la leur capacité à voir les effets réels de leur politique injuste. Mais voilà, ça c'est mon côté raisonnablement optimiste.
Merci beaucoup Arthur de la Porte d'avoir été en direct avec nous sur BFM2, député socialiste du Calvados pour tirer le bilan de de cette année parlementaire. Évidemment, on retiendra donc ce terme de d'année singulière. Donc vous nous avez qualifié pour parler évidemment de de ces débat après la dissolution évidemment de l'an dernier.
On s'en souvient, on continuera sur BFM2 cet été à vous dresser ce bilan évidemment politique de cette année et de la rentrée qui s'annoncera elle à nouveau très politique elle aussi évidemment. Restez bien avec nous sur BFM2. Merci à tous.
Très bonne journée.
Arthur Delaporte