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InterviewLCP — La Politique et moi (sur Podcast)· 8 décembre 2025 13 minComplaisantPortrait personnelOutre-merImmigration & asileSolidarités & familleInstitutions & élections

Anchya Bamana, députée "Rassemblement National" de Mayotte | La politique et moi

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:35OuverteRéponse directe

    De quoi s'agit-il exactement ?

  • 0:58OuverteRéponse directe

    On va parler d'elle, on va parler de votre père aussi, parce que vous êtes l'héritière d'une culture et d'une tradition qui sont propres à Mayotte, mais aussi vous avez un héritage politique familial.

  • 2:08OuverteRéponse directe

    Zéna Mdéré, chatouilleuse, c'était qui et c'était quoi ces chatouilleuses ?

  • 2:53OuverteRéponse partielle

    Et vous, à l'Assemblée, vous avez essayé les chatouilles quand il y a des désaccords politiques ?

  • 3:12OuverteRéponse directe

    Quels souvenirs vous gardez de votre père ?

  • 3:27OuverteRéponse directe

    Pourquoi vous ne l'avez pas fait de son vivant ? Est-ce que vous aviez peur, peut-être, du regard qu'il pourrait porter sur vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:24Locuteur 1Fait
    « Le mouvement populaire maorais lutte activement pour le non à l'indépendance des Comores lors du référendum prévu en 1974. »
  • 1:33Locuteur 1Fait
    « Pour Zéna Mdéré et Younusa Bamana, les chefs de file du MPM, Mayotte doit devenir un département français. »
  • 2:18Invité politiqueFait
    « C'est la femme, avec bien d'autres femmes, les chatouilleuses, qui se sont soulevées il y a une soixantaine d'années pour sortir Mayotte des Comores parce qu'elles étaient très visionnaires. »
  • 2:30Invité politiqueFait
    « Elles ne voyaient pas d'avenir dans l'indépendance des Comores, proclamée en 1976, et donc l'histoire actuellement nous donne raison. »
  • 3:33Invité politiqueFait
    « Il était lui-même député dans les années, fin des années 70, donc il était très absent, donc tous ses enfants disaient « Non, on ne mènera pas cette vie », il était trop absent. »
  • 3:54Invité politiqueFait
    « il contrôlait systématiquement nos bulletins scolaires, pour être sûr que la scolarité se passe bien, notamment pour les filles. »
  • 4:51Invité politiqueFait
    « Il n'est pas normal qu'aujourd'hui, les Mahorais ne puissent pas accéder à l'eau potable 24 heures sur 24, ce n'est pas normal. »
  • 5:10Invité politiqueFait
    « Accès à l'eau, accès aux prestations sociales, bref, à avoir les mêmes droits que les Français de l'Hexagone. »
  • 6:51Invité politiqueChiffre
    « La moitié de la population est composée d'illégaux puisque le phénomène continue, même là, après le fameux cyclone Chido de décembre 2024, l'île continue à accueillir des barques clandestines. »
  • 9:17Invité politiqueFait
    « Depuis 2023, la crise de l'eau a commencé en décembre 2016. »
  • 9:35Invité politiqueFait
    « Le gros problème que nous connaissons à Mayotte, c'est que même le représentant de l'État à Mayotte estime que les coupures d'eau constituent la solution à la pénurie d'eau. »
  • 10:01Invité politiqueFait
    « Vous le savez très bien que c'est le département le plus pauvre d'Europe. »
  • 10:42Invité politiqueFait
    « Le préfet actuel, monsieur Biéville, fait campagne ouvertement, combat ouvertement le Rassemblement national. »

Temps de parole

  • Anchya Bamana63 %
  • Présentateur32 %
  • Locuteur 12 %

3,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Son père a marqué l'histoire de Mayotte. Mon invité a repris son combat en s'engageant d'abord à droite, puis au Rassemblement national. Elle est devenue en 2024 la première députée ultramarine du RN. Bonjour, Anshia Bamana. Bonjour, monsieur. Vous êtes venue aujourd'hui dans ce studio avec une sorte d'écharpe que vous portez sur l'épaule. De quoi s'agit-il exactement ?

0:37
Anchya Bamana

C'est tout simplement le kishali, la tenue traditionnelle portée à Mayotte qui s'appelle le salouva. Il y a un tissu en bas et puis l'écharpe qu'on porte. Avec un tissu d'ici, c'est pour marier Mayotte et la République.

0:52
Présentateur

Et on vous voit en photo, ça c'était le premier jour, votre arrivée à l'Assemblée. Là, c'est un kishali maorais.

0:58
Anchya Bamana

À l'effigie de Zéna Mdéré qui est la femme, la chatouilleuse, la chef des chatouesses qui, effectivement, s'est battue pour Mayotte française.

1:10
Présentateur

On va parler d'elle, on va parler de votre père aussi, parce que vous êtes l'héritière d'une culture et d'une tradition qui sont propres à Mayotte, mais aussi vous avez un héritage politique familial. On va le découvrir dans cet archive qui est consacré à l'histoire de Mayotte.

1:24
Locuteur 1

Le mouvement populaire maorais lutte activement pour le non à l'indépendance des Comores lors du référendum prévu en 1974. Pour Zéna Mdéré et Younusa Bamana, les chefs de file du MPM, Mayotte doit devenir un département français.

1:41
Locuteur 2

– Respectez notre volonté, ne nous mettez pas avec les Comoriens,

1:46
Locuteur 5

on ne veut pas d'eux, non ! – À la merde, à la con, je m'excuse le terme.

1:58
Présentateur

– Alors, celui qui dit qu'on ne veut pas d'eux, cette indépendance de merde, c'est votre papa, Younusa Bamana. On va parler de lui dans un instant, mais d'abord, un mot de cette femme dont vous avez prononcé le nom tout de suite, ici, Zéna Mdéré, chatouilleuse, c'était qui et c'était quoi ces chatouilleuses ?

2:14
Anchya Bamana

– C'est la femme, avec bien d'autres femmes, les chatouilleuses, qui se sont soulevées il y a une soixantaine d'années pour sortir Mayotte des Comores parce qu'elles étaient très visionnaires. Elles ne voyaient pas d'avenir dans l'indépendance des Comores, proclamée en 1976, et donc l'histoire actuellement nous donne raison.

2:37
Présentateur

– Et donc, chatouilleuses, on dit que c'est parce qu'elles chatouillaient tous ceux qui étaient pour l'indépendance des Comores, pour leur faire changer d'avis.

2:45
Anchya Bamana

– La garde comorienne, quand elle était à Mayotte, c'était leur arme de combat.

2:51
Présentateur

– Et vous, à l'Assemblée, vous avez essayé les chatouilles quand il y a des désaccords politiques ?

2:55
Anchya Bamana

Non, ça peut fonctionner, ça, vous croyez ? – Ça ne fonctionnera pas, c'est le combat quotidiennement pour mobiliser les collègues à l'Assemblée nationale pour que Mayotte puisse accéder aujourd'hui à l'égalité sociale, à l'égalité républicaine. C'est notre combat aujourd'hui. – Quels souvenirs vous gardez de votre père ? – D'un homme très humble, terre à terre.

3:17
Présentateur

– Là, on vous voit avec lui.

3:18
Anchya Bamana

– Qui aimait fortement son peuple, vraiment, terre à terre.

3:22
Présentateur

– Et vous, alors, vous vous êtes lancée en politique un an après la mort de votre père. Pourquoi vous ne l'avez pas fait de son vivant ? Est-ce que vous aviez peur, peut-être, du regard qu'il pourrait porter sur vous ?

3:33
Anchya Bamana

– Pas du tout, en fait, comme il était très, très, très pris pour défendre Mayotte, il était lui-même député dans les années, fin des années 70, donc il était très absent, donc tous ses enfants disaient « Non, on ne mènera pas cette vie », il était trop absent. Mais il a essayé, comme il était enseignant de métier, je me rappelle quand j'étais petite, en fin de trimestre, enseignant de métier, il contrôlait systématiquement nos bulletins scolaires, pour être sûr que la scolarité se passe bien, notamment pour les filles. C'est essentiel pour lui que les filles soient instruites.

4:14
Présentateur

– Et vous avez fait vos débuts en politique en 2008. Alors, c'était à l'UMP, vous êtes devenu maire de Sada en 2014, sauf que vous avez été exclu de l'UMP après votre défaite au municipal de 2020, et finalement, c'est sous les couleurs du Rassemblement national que vous êtes présenté aux législatives de 2024. Est-ce que vous pensez que votre père aurait approuvé votre choix politique du Rassemblement national ?

4:38
Anchya Bamana

– Le combat d'aujourd'hui n'est plus celui de mon père. Le combat d'aujourd'hui, c'est de faire en sorte à ce que Mayotte et sa population aient les mêmes droits que tous les Français de France et de Navarre. Il n'est pas normal qu'aujourd'hui, les Mahorais ne puissent pas accéder à l'eau potable 24 heures sur 24, ce n'est pas normal. – On va en parler de ce problème. – Donc, le Rassemblement national se bat pour que les Français aient leurs droits au sein de la nation. C'est le cas des Mahorais actuellement. Accès à l'eau, accès aux prestations sociales, bref, à avoir les mêmes droits que les Français de l'Hexagone.

5:18
Présentateur

– J'aimerais qu'on revienne sur une phrase que vous avez prononcée en 2024. C'était quelques mois avant de rejoindre le RN. Vous avez dit, si c'est le Rassemblement national qui vient me chercher, si c'est Renaissance qui vient me chercher, si ce sont les LR, c'est Mayotte qui compte. Ça veut dire quoi exactement ? Ça veut dire que finalement, ce n'est pas tant l'étiquette politique qui compte pour vous ?

5:38
Anchya Bamana

– C'est l'état d'esprit des Mahorais actuellement, je le dis ici. Le territoire a été complètement abandonné depuis 2012, raison pour laquelle les Mahorais se battent tous ensemble pour que les gouvernements puissent porter un regard nouveau sur ce territoire qui croule sous l'immigration illégale. – Mais vous auriez pu vous présenter sur les couleurs d'un autre parti politique ?

Si les autorités ici à Paris ne prennent pas en charge ce problème de protection de nos frontières maritimes, éviter que toutes ces populations venant des Comores, une nouvelle filière d'immigration illégale venant d'Afrique, des Grands Lacs, l'île n'est pas en capacité d'assumer cette pression démographique et Mme Marine Le Pen pourra mener ce combat en vue de faire des Mahorais, des vrais Français ayant les mêmes droits au sein de la nation française.

6:42
Présentateur

– Vous parlez des enjeux de l'immigration clandestine.

6:42
Anchya Bamana

– C'est important pour le développement de Mayotte.

6:45
Présentateur

– Pour que les habitants de métropole prennent conscience, quelle est la part de la population à Mayotte qui vit sans papier, qui est clandestine ?

6:51
Anchya Bamana

– La moitié de la population est composée d'illégaux puisque le phénomène continue, même là, après le fameux cyclone Chido de décembre 2024, l'île continue à accueillir des barques clandestines.

7:07
Présentateur

– On va revenir à vos premiers pas à l'Assemblée, le jour de votre arrivée à l'Assemblée. C'est vers vous que Marine Le Pen s'est dirigée pour vous embrasser avec tous les autres députés de son groupe. Mais voilà, on voit, elle vous tombe dans les bras et elle n'a pas fait ce geste par hasard. Vous êtes un symbole pour le Rassemblement national.

7:24
Anchya Bamana

– Marine Le Pen connaît, c'est le souci. Les macronistes ne connaissent pas l'histoire des dom-toms, notamment celle de Mayotte, ce qui était le cas de Nicolas Sarkozy, de François Mitterrand, même de M. Bayrou qui avait travaillé avec mon père, Feuillou Sabamana. Eh bien, Mme Marine Le Pen connaît parfaitement l'histoire des dom-toms, en particulier celle de Mayotte.

7:51
Présentateur

– Si elle vous tombe dans les bras, c'est que vous êtes la première députée ultramarine du Rassemblement national. Vous êtes donc un symbole politique. – Nous sommes deux, il y en a un qui est à la réunion.

8:00
Anchya Bamana

– Vous êtes deux, parce que vous avez été deux

8:01
Présentateur

lors de ces élections, effectivement, à être élue. Lors de ces mêmes législatives de 2024, on a vu que plusieurs candidats du RN avaient tenu des propos qui étaient ouvertement racistes. ça ne vous a pas dérangé, vous, femmes, noires, musulmanes, de vous présenter sous les couleurs du même parti que ces candidats ?

8:19
Anchya Bamana

– Alors là, le contexte de Mayotte n'est absolument pas celui d'ici. Ça fait un an que je suis dans le groupe des députés du Rassemblement national. Je n'ai pas connu de difficultés. Nous sommes musulmans à Mayotte, un islam très modéré, qui vit parfaitement avec la République. donc je n'ai aucune difficulté. Les Mahorais ne se sentent pas exclus des préoccupations du Rassemblement national, à savoir s'occuper d'abord des Français qui sont en difficulté. Et les Mahorais, je le rappelle, actuellement n'ont même pas droit à l'eau potable.

8:58
Présentateur

– Alors justement, j'y viens, parce que c'est votre autre combat, en plus de la lutte contre l'immigration clandestine, un combat contre la situation du réseau d'eau potable. Ces images-là, c'est vous qui les avez tournées chez vous. Ça, c'est l'eau qui coule parfois de votre robinet. Comment on fait pour vivre au quotidien dans ces conditions ?

9:17
Anchya Bamana

– Depuis 2023, la crise de l'eau a commencé en décembre 2016. J'étais maire de Sada à l'époque. Et ma commune faisait partie des huit communes du Sud qui étaient coupées. La crise dure jusqu'à maintenant. Chido est passé par là. La situation s'est empirée. Le gros problème que nous connaissons à Mayotte, c'est que même le représentant de l'État à Mayotte estime que les coupures d'eau constituent la solution à la pénurie d'eau. Et la nomination de préfet eau, nous en sommes au troisième préfet eau…

9:47
Présentateur

– Et comment vous faites quand il n'y a plus d'eau ? Parce que là, l'eau, elle est vraiment dégueulasse.

9:49
Anchya Bamana

– L'eau, quand elle revient, elle revient comme ça. Et donc, elle n'est pas potable. Les Mahorais continuent de la payer, de la double peine et vivent en achetant des bouteilles d'eau. Vous le savez très bien que c'est le département le plus pauvre d'Europe. Et je crie ici à l'Assemblée nationale pour dire que ce n'est pas normal que les Mahorais, les Français de Mayotte, vivent sans eau potable tous les jours.

10:17
Présentateur

– J'aimerais qu'on revienne sur une petite polémique qui s'est produite fin 2024. On parlait de votre combat contre l'immigration clandestine. Et à ce moment-là, la presse s'est étonnée que vous demandiez au préfet des laissés-passés pour sept joueurs de foot sans papier qui n'étaient pas autorisés à se rendre en métropole pour disputer un match de Coupe de France. Est-ce que ce n'est pas un peu en contradiction avec vos positions très fermes sur l'immigration ?

10:39
Anchya Bamana

– En réalité, il n'y a aucune polémique, monsieur. Le préfet actuel, monsieur Biéville, fait campagne ouvertement, combat ouvertement le Rassemblement national. D'ailleurs, il n'a pas hésité à transmettre mon courrier au canard enchaîné, à la presse, ici en métropole, alors que ce sont des choses qui se font même ici, des laissés-passés pour des besoins sanitaires, pour le sport. Ce n'est pas une première, mais comme il combat le Rassemblement national, alors je suis une belle cible pour lui, raté. Sauf qu'il a envoyé le courrier ici avant de répondre à mes demandes. Donc, il n'y a rien de nouveau, il n'y a rien de spectaculaire.

Monsieur Biéville fait campagne contre madame Bamanin à Mayotte.

11:31
Présentateur

– On va conclure l'émission avec le quiz de la politique et moi. Alors, le principe est simple, je vous explique, je prononce un début de phrase, et c'est vous qui allez devoir donner la suite. – Quand on a 24 frères et sœurs, comment ça se passe, les réunions de famille ?

11:46
Anchya Bamana

– Il n'y a aucune difficulté, il a eu 4 femmes dans sa vie, pas tous en même temps.

11:51
Présentateur

– Parce qu'à l'époque, effectivement, la polygamie était autorisée à Mayotte.

11:54
Anchya Bamana

– La polygamie qui est maintenant interdite, puisque nous sommes départements français. Oui, il a assumé en tant que bon musulman sa charge pour tous ses enfants, il a fait ce qu'il faut pour les éduquer. – Et vous arrivez à bien connaître tous vos frères et sœurs quand il y en a autant. – Évidemment, et ça a été un des objectifs de sa vie, pour que ses enfants réussissent dans leur vie. Et on se connaît tous. – Mon futur restaurant. Vous avez dit que vous aviez l'espoir d'ouvrir un restaurant à Paris. – À Paris, pour promouvoir la gastronomie maorèse à Paris. – Ça verra loin, je vous. – L'idée est en cours. Pour le moment, je suis très prise par les dossiers de Mayotte.

12:36
Présentateur

– Ce n'est pas pour tout de suite.

12:36
Anchya Bamana

– Et voilà, donc il y a des priorités pour permettre aux maorais de vivre dignement, et ce n'est pas le cas actuellement.

12:43
Présentateur

– Enfin, comme on dit, en maorais. Si vous avez un proverbe maorais qui permettrait de conclure l'émission.

12:49
Anchya Bamana

– Si vous n'avez pas atteint le rivage, on n'arrête pas de ramer. – C'est une belle fin.

12:59
Présentateur

– Merci à vous, Franchi Abamana, d'être venue dans La Politique et moi.

13:02
Anchya Bamana

– Merci à vous. – Merci à tous.

13:09
Locuteur

– Sous-titrage Société Radio-Canada