Remaniement, Elisabeth Borne "Première ministre par défaut"... Le "8h30" franceinfo de Mathilde Panot
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Bonjour Mathilde Panot, l'Europe est frappée par une vague de chaleur, la France a même connu son deuxième mois de juin le plus chaud depuis 2003 et on se souvient de la canicule à l'époque. Si vous étiez au pouvoir, quelles mesures vous prendriez tout de suite, des mesures d'urgence ?
Alors déjà je voudrais dire que l'alerte elle est même plus grave que ça. Nous avons connu en juillet sur le monde entier les 7 jours les plus chauds sur les 100 000 dernières années. 100 000 dernières années. Je voudrais quand même le dire pour que tout le monde mesure ce qui est en train de se passer. Et nous avons notamment des situations de sécheresse évidemment en France, mais nous avons aussi des situations de sécheresse dans les océans et dans les mers, ce qui est extrêmement dramatique. Alors qu'est-ce que nous ferions ? Déjà il faut dire que nous avons lancé l'alerte sur cette question.
Nous avons essayé pendant la campagne présidentielle de 2022, notamment avec un meeting que Jean-Luc Mélenchon avait uniquement consacré à la question de l'eau, qui est l'enjeu du 21e siècle et on le voit bien maintenant. Nous avons essayé de pointer cette question à de multiples reprises.
Mais qu'est-ce qu'on fait là en urgence ?
Alors du coup ce que nous ferions nous en urgence, ce que nous demandons maintenant depuis des années. D'abord il faut agir sur la question des situations de l'eau qui sont aujourd'hui inutiles. Par exemple, l'année dernière, peut-être vous en rappelez-vous, mais il y avait des polémiques sur le fait qu'on continue d'arroser des golfs alors que la population, et notamment des maraîchers, sont restreints dans leur utilisation de l'eau. Mais par exemple il y a des restrictions d'eau en ce moment, il y a des restrictions d'eau dans plusieurs départements. Oui et les golfs n'étaient pas concernés l'été dernier, donc c'est bien que ça soit le cas cette année.
De même que la question des minéraliers, j'avais fait une commission d'enquête sur cette question, vous avez Nestlé et Danone qui vont pomper directement dans des nappes phréatiques au détriment de la population et des écosystèmes. Donc là aussi il faut limiter, voire interdire les minéraliers de mettre de l'eau en bouteille qui généralement va à l'étranger. Ensuite il faut interdire des projets inutiles. Je pense évidemment aux méga-bassines. Vous savez d'où viennent les méga-bassines ? C'est l'héritage de Pinochet au Chili qui fait qu'aujourd'hui le Chili qui a pourtant la troisième ressource en eau au monde se retrouve dans un stress hydrique comme rarement d'autres pays le connaissent.
Donc dans une situation dramatique. Et enfin je le dis, il faut d'urgence s'attaquer aux fuites dans les canalisations. Les fuites dans les canalisations dans notre pays, c'est l'équivalent de la consommation annuelle de 18,5 millions d'habitants qui sont gaspillés.
Mais c'est un cinquième de l'eau. Mais il y a justement un plomb du gouvernement pour essayer ce résultat de question.
Agathe Lambré.
Là tout de suite l'urgence avec les chaleurs, c'est aussi ceux qui travaillent dehors notamment. Est-ce qu'il faut, comme le proposent les écologistes, introduire un droit de retrait dans le code du travail quand il fait plus de 33 degrés par exemple ?
Alors nous, nous avons déposé cette semaine une proposition de loi justement pour adapter le code du travail à la question de la chaleur. Parce que c'est aujourd'hui quelque chose qui est absent de notre code du travail. Donc nous sommes d'accord avec les écologistes sur cette question. Nous nous proposons, selon le niveau météo où on est, d'arrêter ou de faire plus de pauses ou de limiter le temps de travail pour les travailleurs et les travailleuses qui sont exposés à la chaleur. Vous savez qu'il y a des suspicions de mort qui seraient directement liées à la chaleur. Et donc il est important de légiférer sur la question. Nous avons proposé une proposition de loi.
Les écologistes en proposent une. Je pense que ça serait intéressant par exemple de légiférer... Mais il y aurait un seuil 33 degrés par exemple ? Oui, pourquoi pas. Mais c'est-à-dire que dans certaines régions, on ne travaillerait pas de la semaine ? Eh bien, nous avons, dans la proposition de loi en tout cas que nous, nous avons déposée, nous avons exclu les territoires d'outre-mer sur lesquels je pense qu'il faut avoir un seuil qui est différent, qui soit adapté. Et de même que nous avons exclu certaines professions, par exemple si vous prenez les verreries, vous travaillez sous une forte chaleur et donc forcément c'est un peu différent.
Mais je pense que c'est un travail que nous pourrions faire en bonne intelligence pour faire en sorte que nous trouvions une loi qui soit adaptée sur cette question et que ce sont des grands enjeux du moment au vu des phénomènes de sécheresse qui vont se multiplier dans les années à venir.
L'actualité, elle est aussi riche au niveau politique en ce moment, Mathilde Panot, à l'issue de la période de 100 jours d'apaisement qu'il a voulu. Emmanuel Macron a décidé de maintenir la première ministre Elisabeth Borne à Matignon. Qu'est-ce que ça signifie selon vous ?
Alors déjà, nous avons maintenant dans notre pays une première ministre qui est une première ministre par défaut, puisque tout le monde comprend bien que la Macronie est en train de devenir un radeau de la méduse sur lequel personne ne veut monter, personne ne veut y aller. Et d'ailleurs, quand on parle du remaniement qui serait en cours, vous ne connaissez pas la plupart des gens dont on parle. Et on va se retrouver de nouveau avec un gouvernement dans lequel vous avez des ministres qui jouent à la chaise musicale les uns avec les autres et puis des gens complètement inconnus qui vont arriver au bataille.
Vous auriez préféré qu'une personnalité de droite arrive un matin ?
Pas du tout. Je préférerais qu'on change de politique dans ce pays comme l'ensemble des Français. Je préférerais qu'on arrête avec une politique de maltraitance sociale, écologique et démocratique dans ce pays. Et quand vous voyez que le bilan, le fiasco des 100 jours d'apaisement, comme ils aimaient le faire, c'est qu'à la fin, rien ne change pour que rien ne change. C'est un problème que d'avoir une première ministre qui n'a jamais demandé la confiance au Parlement. Emmanuel Macron est peut-être la seule personne du pays à avoir encore confiance en sa première ministre. Et avec un mini remaniement où on essaie de nous faire croire que quelque chose changerait.
Le problème, ce n'est pas le casting, c'est la politique. S'il y avait un seul ministre à sauver, Mathilde Panot, ce serait qui ?
Ah bah aucun.
Il n'y en a aucun que vous voulez garder.
Mais non, mais écoutez, nous, on est des opposants politiques. Qu'est-ce que vous voulez ? On propose un autre projet politique. C'est ça, la démocratie. Donc la question, ce n'est pas une question de personne qu'on est en train de pointer. Comprenez, on est en train de pointer le fait que dans le septième pays le plus riche au monde, vous avez 11 millions de gens qui vivent sous le seuil de pauvreté. Que vous avez un Français sur trois qui se retrouve avec moins de 100 euros au 10 du mois. Que 40% des Français ne peuvent pas partir en vacances dans un pays aussi riche que le nôtre. Bah écoutez, moi, je n'ai rien envie de sauver de tout ça. J'ai envie qu'on change de politique.
Mais Mathilde Panot sur le remaniement parmi les ministres fragilisés, il y a Pape Diaye. Et lui, vous l'aviez soutenu au moment de sa nomination. Jean-Luc Mélenchon avait salué un grand intellectuel. Est-ce qu'il doit partir ? Évidemment qu'on l'avait soutenu.
Parce que je rappelle qu'à l'époque, M. Pape Diaye était victime de racisme de manière extrêmement forte. Notamment de la part de l'extrême droite, je le rappelle. Et c'est pourquoi nous avions dit que nous n'étions pas d'accord avec le fait qu'on ramène un homme politique à la couleur de sa peau. Donc, voilà. Après, quand vous voyez la politique que mène M. Pape Diaye pour le gouvernement Borne et pour le président de la République, Emmanuel Macron, nous ne sommes pas d'accord avec cette politique.
Quand vous voyez que, par exemple, quand vous voyez que vous avez des enfants qui ratent des centaines d'heures de cours par an parce que vous avez des professeurs non remplacés, ce qui se passe partout dans le pays, eh bien, je crois que nous ne sommes pas d'accord avec ce qui est en train de se passer. Et de même que sur l'ensemble des services publics, vous avez un effondrement total. Tout à l'heure, vous parliez de la sécheresse. Qu'est-ce qui va se passer avec des services d'urgence qui ferment la nuit ? Alors que des gens vont être dans des situations extrêmement graves.
Qu'est-ce qui va se passer si l'école républicaine n'est plus capable d'émanciper, d'éduquer à la citoyenneté des jeunes enfants ? C'est ça qui est posé comme question. Et moi, je ne suis pas d'accord avec le fait qu'on détruise les services publics. Et j'observe avec intérêt qu'on nous promet une cure d'austérité à la rentrée où Macron essaierait de mettre la France sur les rails de la Grèce. Je ne suis pas d'accord avec cela.
Bon, ce n'est pas le projet d'Emmanuel Macron que de nous mettre sur les rails de la Grèce. En tout cas, de mettre de l'austérité, oui.
Et ça va être d'ailleurs un des enjeux des Européennes, je crois, de dire qu'il faut arrêter avec ces règles absurdes de l'austérité.
Mathilde Pannot, présidente du groupe France Insoumise à l'Assemblée Nationale. Invité du 8.30, vous restez avec nous. 8h40, c'est le Filinfo, Elia Bergel.
Des records de chaleur à la pelle en France, dans le sud-est, dans l'Ariège. Le thermomètre a dépassé plus de 40 degrés à Verdun. Aujourd'hui, neuf départements sont toujours en vigilance orange canicule. L'américaine Fiona Scott Morton renonce finalement à son poste au sein de la direction européenne de la concurrence. « La meilleure solution était que je me retire », écrit-elle dans un courrier ce matin. Sa nomination à ce poste stratégique en charge de réguler les géants de la tech a déclenché une vige polémique, notamment à cause de ses activités passées au sein de plateformes du numérique comme Amazon ou Microsoft.
Les membres du gouvernement ont convié autour d'Emmanuel Macron hier soir avant un remaniement attendu cette semaine. Le chef d'État a appelé ses troupes à être fiers du travail accompli. Nous aurons beaucoup de réformes décisives à conduire à la rentrée, a déclaré le président selon des participants. Les journalistes en grève du JDD se réunissent devant l'Assemblée Nationale ce matin. Ils sont toujours mobilisés contre l'arrivée de Geoffroy Lejeune, une figure de l'extrême-droite à la tête de leur rédaction. Des députés vont déposer une proposition de loi transpartisane pour protéger la liberté éditoriale des médias.
Toujours avec Mathilde Panot, présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée. Mathilde Panot, après un discours dans lequel le président du CRIF a reproché à la France Insoumise d'être prête à sacrifier la République sur l'autel du communautarisme, Jean-Luc Mélenchon lui a répondu en qualifiant cette attaque d'abjecte et a rajouté « l'extrême-droite n'a plus de limites ». Est-ce que vous pensez, Mathilde Panot, que le CRIF est d'extrême-droite ? Le Conseil représentatif des institutions...
Je vous remercie d'avoir lu le tweet de Jean-Luc Mélenchon en entier parce qu'il n'est pas en train de dire que M. Herfi est d'extrême-droite. Il est en train de dire « l'extrême-droite n'a plus de limites ». Est-ce que vous croyez vraiment que c'est le rôle du président du CRIF, le jour où on commémore la déportation de 13 000 hommes, femmes et enfants avec un crime antisémite de l'État français sous Pétain ? Est-ce que vous pensez que c'est le rôle du président du CRIF de s'en prendre à Jean-Luc Mélenchon et à la France Insoumise ce jour-là ? Je ne crois pas. Et je l'ai dit d'autant plus que c'est le matin même du jour où il nous a critiqués.
Il y a eu l'annonce d'un monument en Bretagne, dans les Côtes d'Armor, peut-être avez-vous vu cela, qui a été tagué avec des tags antisémites et hitlériens, enfin je ne sais pas quoi dire d'autre là-dessus, sur un monument qui célébrait des personnes qui ont été tuées par l'État. Mais quel rapport avec les propos ? Eh bien je vais vous dire, quand vous avez un danger de l'extrême droite aussi fort que celui que nous avons dans ce pays, avec des choses aussi décomplexées de la part de l'extrême droite, eh bien je crois que c'est indigne de s'en prendre à la France Insoumise ce jour-là.
Et donc là vous sous-entendez que c'est le CRIF qui fait monter l'extrême droite. En fait vous pouvez être en désaccord avec les propos du président du CRIF, mais le sujet là c'est que le jour de la commémoration de la rafle du Vellivre, Jean-Luc Mélenchon s'en prend à une institution qui a été fondée dans la clandestinité pendant la Seconde Guerre mondiale pour lutter justement contre l'extrême droite, et il lui reproche d'être d'extrême droite. Enfin il fait le lien en tout cas avec l'extrême droite. Vous ne voyez pas où est le problème quand même ? Vous trouvez que c'est Jean-Luc Mélenchon qui a fait la polémique ?
En tout cas il répond et c'est lui qui va sur ce terrain-là.
Je pense que c'est extrêmement offensant d'être taxé, d'être en dehors de la République, d'être communautariste, d'être antisémite, parce que c'est ce qu'on fait sur les gauches de rupture partout dans le monde.
Mais c'est pas ce qu'a dit le président du CRIF et il lui a répondu l'extrême droite n'a plus de limite. Oui. Donc c'est Jean-Luc Mélenchon qui fait le lien entre le CRIF et l'extrême droite.
Non, c'est Jean-Luc Mélenchon qui dit il y a alerte dans ce pays. Il y a alerte dans ce pays lorsque des gens réhabilitent Pétain. Il y a alerte dans ce pays lorsque vous avez des ministres, y compris du gouvernement, qui vous expliquent que Le Pen est molle. Il y a alerte dans ce pays lorsque le Rassemblement National est en train de monter.
Attendez Mathilde Pano, parce que les mots ont un sens et même au sein de la NUPES, ses propos ont fait polémique. Je vais vous citer par exemple la réaction de la socialiste Valérie Rabot. Le président du CRIF a le droit de critiquer des responsables politiques. La réaction de Jean-Luc Mélenchon est indécente et contraire à l'essence de la démocratie. Les mots sont forts quand même. Vous avez raison, seul contre tous ?
Non, d'ailleurs nous ne sommes pas seul contre tous. Il y a de nombreuses personnalités qui se sont aussi érigées contre le fait que le jour de la commémoration du Valdives, on choisisse d'attaquer la France Insoumise. Ça suffit. Ça suffit. Je vais vous relire ce que Jean-Luc Mélenchon avait dit le jour de la marche de Miracle.
On n'a pas le droit de critiquer Jean-Luc Mélenchon.
Ce qui est important, c'est que le message passe jusqu'au plus profond village de France. Que chaque juif sache qu'il est sous la protection de la totalité de la communauté nationale. Chaque juif dans le plus modeste village de France doit savoir que s'il est mis en cause parce qu'il est juif, il me trouvera à l'instant d'après à ses côtés et que jamais nos réserves d'amour pour notre peuple ne s'épuiseront. Nous ne changerons pas un mot de cela.
Moi, je n'ai toujours pas compris ce qu'a voulu dire Jean-Luc Mélenchon, en fait. Pour lui, le CRIF est de l'extrême droite.
Il dit que le président du CRIF n'a pas à nous mettre en cause le jour de la commémoration du Valdives.
Non, mais Jean-Luc Mélenchon, il estime que le président du CRIF est de l'extrême droite.
Il n'a pas dit cela. Il a dit que l'extrême droite n'a plus de limite. Et c'est le même jour où, notamment, il y a une stèle qui a été tagliée avec...
Mais attendez, une dernière question, Mathilde Panot. Si on en parle et si ça fait autant polémique aussi, c'est qu'il y a des précédents. On se souvient, par exemple, que Daniel Obono, député insoumis, avait invité Jérémy Corbyn à Paris, le leader travailliste britannique qui avait été accusé d'avoir laissé prospérer l'antisémitisme dans son parti. Ça, c'est un précédent. Est-ce que vous comprenez que ça interroge sur une ambiguïté, peut-être, des insoumis face à l'antisémitisme ?
Vous avez entendu la phrase que je viens de vous lire de Jean-Luc Mélenchon ? Mais justement, c'est pour ça qu'on aimerait bien que votre... Alors, il faut clarifier, peut-être, votre discours. Je vais aller jusqu'au bout. Cette technique a été utilisée partout dans le monde pour salir des adversaires politiques. On l'a fait à Bernie Sanders, qui, je le rappelle, est issu d'une famille juive dont plusieurs membres sont morts pendant la Shoah.
C'est un candidat américain à la présidentielle, je précise, Bernie Sanders.
Exactement, Bernie Sanders. Donc, on l'a fait à des tonnes de leaders dans le monde qui sont des alternatives politiques, de gauche radicale, Il y a eu des milliers de signalements contre Jérémy Corbyn. Nous avons toujours été les alliés de celles et ceux qui luttent contre le racisme, contre l'antisémitisme et toute forme de discrimination. Et ceux qui disent le contraire sont offensants. Je peux relire, si vous voulez, la phrase de Jean-Luc Mélenchon, qui est plus que claire sur cette question.
On a entendu avec Agathe Lambré les remous que cet épisode a provoqué au sein de la gauche, au sein de la NUP. La NUP qui, d'ailleurs, s'est déchirée sur le dossier des retraites, pendant les émeutes aussi. Et vous avez été critiquée pour ne pas avoir appelé au calme, en tout cas pas ouvertement. Est-ce que cette union de la gauche, elle a encore un avenir, alors qu'on est à moins d'un an des élections européennes ?
Nous le souhaitons. Et je voudrais rappeler que puisque nous sommes à un an des élections législatives, puisque cela ne fait que...
Européennes ?
Non, à un an des élections législatives en arrière. À un an des élections législatives que nous avons été élus ensemble sur un programme de gouvernement. Et que la NUP, c'était alors, lors du premier tour des élections législatives, la première force politique choisie par le peuple français. Puisque nous sommes arrivés au premier tour des élections législatives. Donc nous avons un programme de gouvernement. Je ne dis pas que nous sommes toujours d'accord sur tout. Parfois, nous ne le faisons pas tout à fait de la même manière les uns et les autres. Mais nous sommes ensemble, nous avons été élus ensemble sur ce programme de gouvernement.
Et quand vous regardez les votes que nous avons eus à l'Assemblée nationale depuis maintenant un an, nous n'avons pas été si différents dans les votes que nous avons portés. Donc moi, je veux bien qu'on nous explique depuis un an que la NUP va s'effondrer à chaque instant. Ce n'est pas le cas.
Mais ce n'est pas nous qui l'explique. Ce sont des personnalités importantes de la NUP, comme Fabien Roussel, comme Valérie Rabault, qui...
Enfin, oui, Fabien Roussel, en termes de pro-NUP est à discuter. Mais ce que je veux dire par là, c'est que ce qui pourrait mettre en danger la NUP, c'est ce qui est en train de se passer sur les élections à venir.
Voilà. C'est ça qui nous inquiète. C'est qu'il n'y aura pas de liste commune. Parce que les écologistes, ça y est, ont désigné leur tête de liste. Les communistes ne veulent pas y aller non plus. Donc c'est fini ? Il n'y aura pas de liste commune ?
Non, parce qu'on espère toujours pouvoir les convaincre. Mais écoutez, nous, on a fait tout ce qu'on pouvait. On a dit, nous sommes d'accord pour avoir une liste commune sédatoriale sur laquelle nous demandions un siège. On nous l'a refusé et ils ont fait une alliance sans nous. Nous sommes d'accord ensuite pour avoir une liste commune aux européennes. Et nous avons, je le rappelle, proposé la tête de liste aux écologistes. Nous refaisons la proposition aujourd'hui de dire, si nous sommes ensemble, les écologistes pourraient mener cette liste. Donc ce n'est pas un problème d'hégémonie ou de je ne sais quoi.
Nous avons fait des propositions pour approfondir la NUPES, notamment sur l'Agora, ce qui pour l'instant est encore refusé. Donc que voulez-vous ? Nous, on essaye de convaincre. Et j'observe avec attention que les organisations de jeunesse, elles qui placent un espoir immense dans la NUPES, continuent de pousser les appareils politiques à dire qu'ils veulent qu'il y ait une liste unique aux européennes. Parce que qu'est-ce qui est en jeu ? Qu'est-ce qui est en jeu ? D'abord, je voudrais quand même dire ça.
C'est que le soir des européennes, si on regarde les sondages, que nous ne croyons pas toujours, mais si on regarde les sondages, il est possible, si nous avons une liste unique aux européennes, d'avoir comme première force politique du pays la NUPES et non pas le Rassemblement national. Mais il y aura plus d'élus si on les éditionne,
si vous y allez séparément.
Mais ça n'a pas d'importance. Les gens ne sont pas intéressés par le nombre de places. C'est un signal complètement différent. Vous passerez plus avec plus d'élus. Ben non, excusez-moi, ce n'est pas important. Je trouve que c'est plus important de dire que la NUPES est la première force politique du pays que d'avoir plus de places pour un ou deux zéro députés. Non. Alors après, c'est ma conception des choses. Pourtant, vous voulez plus de places au Sénat, par exemple. Enfin, plus de places au Sénat, on n'en a pas. On a demandé une place. Vous trouvez ça hégémonique ? Vous trouvez ça incroyable qu'on ait demandé ça ?
Non, mais vous dites que le sujet, ce n'est pas le nombre de places, mais ça compte quand même.
Non, mais on a demandé une place. Vous vous rendez bien compte que ce n'était pas... Enfin, on me proposait de soutenir les listes sénatoriales partout. Donc, vous vous rendez bien compte que ce n'est pas le nombre de places qui nous intéresse.
Mathilde Panot, merci beaucoup. Présidente du groupe France Insoumise à l'Assemblée nationale, invitée du 8.30 ce matin. Bonne journée à vous.
Mathilde Panot