L'invité d'Apolline Matin : Les candidatures se multiplient, à quoi faut-il s’attendre ? - 24/08
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Vous avez fait les comptes ?
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Autant de candidats à ce moment-ci de l'année ?
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Bernard, qui va gagner la présidentielle ?
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On assiste à une sorte de campagne fantôme ?
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Sur quel thème va se jouer cette campagne ?
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L'une des promesses choque, c'est quand même celle de Jean-Luc Mélenchon...
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« 27, 28, bon, ça n'ira pas jusqu'au bout. »
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« Le record, c'est 2002. »
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« Édouard Philippe, testé avant l'été, faisait... »
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« Édouard Philippe était le moins mauvais score face à Marine Le Pen. »
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« Les radicaux, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, sont unis. »
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« Regardez la question des retraites. »
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« C'est évidemment le sentiment de la perception du déclin du pays. »
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« Le sondage Harris Interactive qui met Jean-Luc Mélenchon aux portes du deuxième tour, crédité de 17% dans certaines configurations. »
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« la pression du déficit et de la dette qu'on a vu monter dans les enquêtes depuis plusieurs mois. »
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« Jean-Luc Mélenchon il y a quelques jours, qui dit qu'il faut juste brûler la dette. »
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« ce qu'il instille dans l'esprit des Français, c'est « allez, on va supprimer toute la dette ». »
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« il ne parle que de 18% de la dette qui est détenue par la Banque Centrale Européenne. »
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« la primaire socialiste. »
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« la primaire de 2016, elle avait rassemblé 2 millions de personnes, pour la gauche non LFI. »
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« La base, pour l'instant, c'est 50 000, ça pourra peut-être monter à 100 000, 200 000. »
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Vous écoutez RMC. Il y a eu un nouveau candidat à la présidentielle hier soir, un de plus. Raphaël Buxman, qui a mis fin à trois mois de suspens ou de faux suspens. Il a annoncé hier qu'il était candidat pour 2027. Bonjour Bernard Sananès.
Bonjour.
Vous avez fait les comptes ?
27, 28, bon, ça n'ira pas jusqu'au bout. Le record, c'est 2002.
Je rappelle que vous êtes le président de l'Institut de sondage ELAB. Vous suivez évidemment la vie politique française depuis de nombreuses années. Vous avez déjà vu ça ? Autant de candidats à ce moment-ci de l'année ?
Non, c'est vrai qu'il y a vraiment une abondance de candidats. Ça va bien sûr se décanter. Mais ça dit aussi qu'il y a, on va dire, une jurisprudence Macron. Beaucoup de candidats, de responsables politiques se disent qu'on peut y arriver, on peut sortir de nulle part. Et réussir en quelques mois. N'avoir jamais été élu ? Il ne l'avait jamais été. Réussir en quelques mois à faire le hold-up politique que le président de la République a réussi en 2017.
Alors, on va essayer de faire un peu un état des lieux. Je rappelle, pour ceux qui nous rejoignent, que désormais, Emmanuel Lechypre, l'économiste, Arthur Chevalier, l'historien, sont à mes côtés tout au long de cette matinale. Et honnêtement, vous attendiez Bernard Sananès quasiment comme le Messie, pour le voir plus clair.
Oui, parce qu'on va lui poser la question que tous ses copains lui ont posée pendant l'été. Bernard, qui va gagner la présidentielle ?
Emmanuel a raison, mais je ne sais pas répondre à cette question. Parce que la présidentielle, elle est très incertaine. Mais il y a quand même des fondamentaux qu'on peut décliner aujourd'hui. Un, et c'est la première fois, l'ERN commence la campagne en position de favori et de net favori. Au premier tour, comme au second.
Au second, il n'y a pas une seule personne qui bat Marine Le Pen.
Édouard Philippe, testé avant l'été, faisait... Mais aujourd'hui ? Vous savez, les sondages s'interrompent pendant l'été, pendant que les gens sont sur les plages, qu'ils se reposent. Et donc, on va reprendre des enquêtes. Voilà, Édouard Philippe était le moins mauvais score face à Marine Le Pen. Mais c'est le premier point. Et ça veut dire quoi ? Ça veut dire aussi que, pour l'instant, les différentes candidatures n'ont pas trouvé l'antidote au Rassemblement National, si vous me permettez l'expression. La question du seul barrage républicain, elle ne suffira pas. Premier point.
Deuxième point qui me frappe beaucoup, c'est qu'on assiste pour l'instant à un match entre les radicaux et les modérés. Et qu'il y a une vraie différence. Les radicaux, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, sont unis. Ils sont seuls candidats. Ils ne sont pas contestés. Ils ont un programme clair. Ils ont une offre politique claire. Et les modérés, on va dire, de Retailleau à Glucksmann ou à Tondelier, ils sont divisés. Ils ont des points de vue dans leur parti qui sont partagés. Regardez la question des retraites. Regardez la question des services publics. Et ce décalage entre les radicaux et les modérés me semble très important.
Et puis, le troisième point, évidemment, c'est que cette campagne va s'ouvrir dans un contexte particulier. Je parle sous le contrôle de vos deux experts et notamment d'Emmanuel. Parce que je suis sûr qu'il évoquera ça. C'est évidemment le sentiment de la perception du déclin du pays et de l'affaiblissement du rôle de l'État. Et ça, on le voit dans toutes les enquêtes, sur tous les sujets.
J'ai l'impression qu'on assiste à une sorte de campagne fantôme. C'est-à-dire que depuis cinq ou six mois, on commande des candidats, des sondages qui, en fait, sont tous en train d'être remis en cause. Au mois de septembre, là, on voit que Jean-Luc Mélenchon passe quasiment devant Édouard Philippe dans certains sondages qui n'étaient quand même pas faits avant l'été.
Le sondage Harris Interactive qui met Jean-Luc Mélenchon aux portes du deuxième tour, crédité de 17% dans certaines configurations. C'est-à-dire autant, effectivement, qu'Édouard Philippe.
Vous n'avez pas l'impression qu'on commande une sorte de fausse campagne, c'est-à-dire qu'il pourrait changer d'un jour à l'autre, y compris derrière Édouard Philippe, qui pourrait être remplacé par un autre candidat. Rien n'est impossible à ce moment-là. Il va se passer, évidemment, beaucoup de choses. Vous avez raison.
Et puis surtout, surtout, et j'imagine que les auditeurs le diront tout à l'heure, les Français sont loin encore de ces préoccupations. Ça ne veut pas dire qu'ils ne s'intéresseront pas à la campagne. Ils vont s'y intéresser. Mais ils vont rentrer dans cette campagne progressivement.
Sauf que Bernard, ils ont des préoccupations, les Français. Selon vous, sur quel thème va se jouer cette campagne ? Quels sont les thèmes qui vont structurer la campagne ?
J'ai évoqué le premier, le sentiment de déclin du pays. Deuxièmement, le sentiment de vulnérabilité. Vulnérabilité sécuritaire, climatique, économique, géopolitique. Et troisième point, et ça parlera là aussi à Emmanuel, évidemment, la pression du déficit et de la dette qu'on a vu monter dans les enquêtes depuis plusieurs mois. La foire à la promesse, qui est une campagne électorale, je dis ça de manière lucide, il y aura encore des promesses pendant cette campagne électorale.
L'une des promesses choque, c'est quand même celle de Jean-Luc Mélenchon il y a quelques jours, qui dit qu'il faut juste brûler la dette. Je poserai évidemment la question au ministre de l'économie tout à l'heure. Au fond, et si on brûlait la dette ?
On va avoir ce débat sur la dette, mais sur tous les autres sujets, parce que les Français sont lucides, et ils entendent du même côté un petit refrain partout, sur tous les sujets, il n'y a plus d'argent. Et le « il n'y a plus d'argent », il va être un métronome de la campagne. Les Français vont être très exigeants sur comment vous allez financer, quelles mesures vous prendrez, pour accompagner les propositions que vous faites.
C'est là où la proposition de Jean-Luc Mélenchon est intellectuellement malhonnête. C'est-à-dire que ce qu'il instille dans l'esprit des Français, c'est « allez, on va supprimer toute la dette ». Or, il ne parle que de 18% de la dette qui est détenue par la Banque Centrale Européenne. Donc c'est vraiment une petite mesure qui veut nous faire passer pour une bombe. Et en fait, c'est un pétard mouillé.
Comment on va les départager, Bernard Sananès ?
La campagne, d'abord. Il y a des dynamiques de campagne qui vont se mettre en place.
Et comment ça se passe ? Comment, à un moment, il y en a un qui dit « finalement, je ne suis pas en dynamique, finalement, je suis moins fort que toi, allez, je te laisse la place ».
Ça se fait, en général, dans les conclaves des partis politiques, pour ceux, en tout cas, qui appartiennent à des formations politiques.
Regardons à gauche. Prenons un instant. À gauche. Alors hier, on le disait, Raphaël Glucksmann, lui, il est candidat vraiment à la primaire. À la primaire, il y a déjà Ségolène Royal. À gauche, il y aura la primaire.
À gauche, il y aura la primaire socialiste. Il y aura cette primaire.
Mais un François Hollande, un Bernard Cazeneuve, on sent qu'ils sont dans le coin, mais ils ne parlent pas de primaire.
Oui, mais la primaire, c'est vrai que la primaire, qui va maintenant vraisemblablement avoir lieu, sauf au dernier désaccord sur les modalités, cette primaire, elle va empêcher, peut-être, François Hollande et Bernard Cazeneuve d'être candidat. Sauf si le candidat sorti de la primaire, au bout de quelques semaines, ne réussissait pas à créer une dynamique. Et cette dynamique, elle sera quand même complexe à créer. Pourquoi ? Rappelons-le, la primaire de 2016, elle avait rassemblé 2 millions de personnes, pour la gauche non LFI.
Et celle-ci n'est pas censée être fermée, alors je n'ai pas très bien compris la différence.
La primaire fermée, ça veut dire que la base,
vous avez votre carte,
ou avoir rejoint une charte de la primaire. La base, pour l'instant, c'est 50 000, ça pourra peut-être monter à 100 000, 200 000, mais ça va être quand même très compliqué de faire une primaire populaire.
On va avoir besoin de vous régulièrement, je sens. Quand vous voulez. Pour essayer de comprendre, mais en tout cas, le coup d'envoi, effectivement.
On a oublié un mot, on a oublié un mot, quand même. On ne peut pas ne pas parler de ça. Quel sera l'impact de l'été climatique qu'on a passé sur la campagne. Ce n'est pas possible, évidemment.
Mais ils n'en parlent pas, vous remarquerez. Quasiment. Ah, on a parlé un peu d'écologie. Alors, Jean-Luc Mélenchon en parle beaucoup, pour le coup. Il en a fait depuis très longtemps un des sujets, un des thèmes. De l'autorité, est-ce qu'il y a un avant et un après ?
C'est un vrai sujet, notamment pour les candidats du centre, avec un paradoxe. On parle maintenant d'une non-candidature des écologistes, au moment où on n'a jamais autant parlé d'écologie.
Merci Bernard. Bernard Sananès, qui dirige l'Institut Elab.