Samusocial en grève : échange de Sandrine Rousseau avec les grévistes et Utopia 56
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 80 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:00Fait
« Pourquoi il y a cette occupation et pourquoi il y a cette grève d'un mois au SAMU ? »
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« C'est une grève qui est partie des écoutantes du 115 à qui on a demandé de rappeler les familles pour leur annoncer qu'elles allaient être remises à la rue. »
Temps de parole
- ?100 %
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Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.
Pourquoi il y a cette occupation et pourquoi il y a cette grève d'un mois au SAMU ? Nous on est en grève reconductible depuis le 23 juin. C'est une grève qui est partie des écoutantes du 115 à qui on a demandé de rappeler les familles pour leur annoncer qu'elles allaient être remises à la rue. Et c'est elles qui ont été super courageuses et qui ont dit "Non, nous ça c'est trop en fait." Et ça a vraiment été la goutte d'eau. À partir de là, on s'est organisé et on a on est rentré en négociation avec la la direction pour améliorer les conditions de travail et les conditions de vie des collègues. Au fur et à mesure, on a été rejoint par énormément de collègues d'autres pôles, d'autres services. [musique] On s'est rendu compte que voilà, on savait déjà mais tout le
secteur social et de la solidarité est en souffrance. Subir les politiques austéritaires et les politiques racistes. Et donc c'est pour ça qu'on s'est dit que on a tout de suite été rejoint par Utopia et on a décidé d'occuper en même temps pour voilà, de rendre visible aussi les familles qu'on accompagne. On occupe depuis ma 5e semaine parmi les SAMU Sociaux de Paris. On a créé une union avec les grévistes du SAMU Social et et venir notamment avec toutes ces personnes qui sont à la rue. Donc on a plus de 200 personnes aujourd'hui, personnes en famille avec 80 enfants dont la moitié qui ont qui ont moins de 4 ans, des mineurs non accompagnés également. Toutes ces personnes que que nous on essaie d'accompagner, d'accueillir et d'héberger jusqu'à présent. C'est pour
ça qu'on est aussi très liés avec avec le 115 et les travailleurs parce qu'en fait toutes ces personnes déboutées se retrouvaient sur notre permanence. Et juste au bout d'un moment, tout le monde est en train de craquer, tout le monde est en train de céder. Et donc on a voulu s'unir ben en fait pour mettre un un grand coup de pied et dire stop en fait. Sur il y il y en a assez et du coup on s'est réuni pour occuper ce lieu et pour mettre les responsables devant leurs obligations légales. Donc salariés du SAMU Social pour signifier vos conditions de travail et personnes aidées, enfin personnes accompagnées et pour montrer qu'en fait quand les salariés vont pas bien, c'est les personnes qui vont pas bien et quand c'est les personnes qui vont pas bien, les salariés vont pas beaucoup mieux.
Exactement. En fait, c'est la convergence que nous on a tenté de construire et d'ailleurs qu'on a réussi à construire au fil de cette grève euh parce que en réalité euh Utopia a été présent euh tout au long de notre grève depuis le depuis le 1er jour et euh c'est euh quelque chose de particulièrement important pour nous. Je pense que c'est une des premières euh vraies réussites de convergence entre des personnes accompagnées et des travailleurs en grève euh pour dénoncer euh conjointement que les politiques racistes et austéritaires menées par le gouvernement en fait euh on envoie les conséquences tant sur les travailleurs que sur les personnes accompagnées. Et euh en réalité euh c'est euh un camp social qui euh se regroupe euh pour dénoncer euh ces aspects-là. Euh nos
revendications, elles sont autant euh sur nos conditions de travail que sur les questions des politiques publiques qui sont désastreuses et qui ont des conséquences dramatiques sur les personnes qu'on accompagne au quotidien. Et donc ce qu'on demande très clairement euh ben en l'occurrence à la préfecture de région puisque c'est notre interlocuteur commun qui euh qui maltraite à la fois les personnes à la rue et les travailleurs et travailleuses sociales, c'est faire gagner la grève, accéder à absolument toutes les revendications euh des grévistes donc sur les conditions salariales, d'accompagnement, plus de moyens, plus d'effectifs. Et euh et mais la mise à l'abri d'absolument toutes les personnes ici euh qui sont présentes sur ce parvis. Euh on prévient, on met en garde
directement le préfet de région qu'il y aura aucun tri possible entre les personnes euh qui qui font habituellement donc ils s'enferment dans les priorisations, ils s'enferment dans les quotas, dans la gestion de la pénurie de la pénurie. Ce cette occupation se maintiendra tant que [musique] aucune personne tant que plus aucune personne ne sera présente sur ce parvis et aura aussi une solution d'hébergement qui soit pérenne, qui soit plus stable, qui soit digne et surtout qui soit aussi locale parce qu'en fait euh euh le préfet de région euh depuis maintenant 3 ans euh opte comme sur l'option la la délocalisation des personnes sans-abris euh en région euh donc un outil de nettoyage social. Et les personnes ont des attaches ici, elles ont leur vie, leur travail, les
enfants à l'école, leur suivi médical, administratif, juridique. Donc en fait, personne ne partira d'ici. Et euh et la préfecture de région, pour l'instant, euh ? elle répond à rien. Elle elle met rien en œuvre. Elle joue la stratégie du pourrissement pour essayer que la résignation et le découragement qui s'installent. Mais voilà, pareil, on veut leur dire que ça ça n'arrivera pas. Et que pareil, il y a une solidarité de de quartier qui s'organise, des citoyens, des militants, des associations, des orgas, euh les grévistes qui sont de plus en plus nombreux aussi, qui sont rejoints notamment par par des médecins, par euh les le pôle habitat, par en fait ce Là, le mouvement s'essouffle pas et euh il fait que prendre en ampleur. Et euh et pareil, du coup, des des des personnes
sans-abris qui n'ont nulle part où aller, il y a de plus en plus de personnes ici. On a plus de 200, comme je vous le disais. Et euh et on est prêts à tenir jusqu'à tant que des solutions soient proposées.
Sandrine Rousseau