Estelle Youssouffa : Immigration, où va la France ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 29 %Attaque 51 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Bonsoir. Bonsoir. Nous vous recevons pour une chaîne internet qui s'appelle Thinkerview. Nous sommes en direct. Est-ce que vous pouvez vous présenter succinctement ?
- 0:50OuverteRéponse directe
Comment ça va Mayotte en ce moment ?
- 1:50RelanceÉludée
Il y a un enfant avant les élections, c'est ça ?
- 3:24RelanceRéponse directe
La source des 75%, c'est quoi ?
- 4:06OuverteRéponse directe
C'est quoi, l'enfer à Mayotte ?
- 4:26RelanceRéponse directe
C'est quoi, en grande partie ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:03Invité politiqueFait
« C'est tendu. On est sur un fil. C'est compliqué. On a repris espoir. »
- 1:17Invité politiqueFait
« le gouvernement a fait un virage à 180 degrés avec l'opération Mbouchou, ce qui nous donne l'espoir de nous dire que l'État a pris conscience de la crise à Mayotte »
- 1:35Invité politiqueFait
« le ministre Darmanin a mobilisé des forces de l'ordre, des forces de centaines de fonctionnaires pour mettre en place cette opération »
- 3:15Invité politiqueChiffre
« 75% des Français soutiennent l'opération Embouchou. »
- 3:26Invité politiqueFait
« C'est un sondage à risque pour LCI, qui a été fait il y a une quinzaine de jours. »
- 4:24Invité politiqueFait
« L'enfer à Mayotte, c'est la moitié de la population qui est étrangère, »
- 4:27Invité politiqueChiffre
« Je pense qu'on est à 60-70% de la population étrangère est en situation irrégulière à Mayotte, »
- 4:50Invité politiqueFait
« Dans les statistiques, on ne les compte pas, on les compte mal. »
- 5:02Invité politiqueChiffre
« 77% de la population, selon les statistiques, qui sont totalement fausses, parce qu'en réalité, officiellement, on est 300 000. »
- 5:04Invité politiqueChiffre
« En réalité, on est quasiment à 1,5 million. »
- 5:09Invité politiqueChiffre
« Au bas mot. En fait, c'est au moins 77% de la population qui vit en deçà du sol de pauvreté. »
- 5:51Invité politiqueChiffre
« Mayotte, dans les années 70. C'est 40 000 personnes. »
- 6:55Invité politiqueFait
« il n'y a pas eu d'assez d'investissement pour l'eau potable et donc vous avez des coupures trois jours par semaine à Mayotte dans des foyers depuis 2017, c'est à peu près ça. »
- 8:16Invité politiqueFait
« Donc on a à Mayotte des personnes qui ont perdu un bras, une jambe ou alors qui ont été kidnappées lors de ces attaques. »
- 10:10Invité politiqueChiffre
« on a une espérance de vie qui est de 10 ans moindre à celle de l'Hexagone. »
- 18:56Invité politiqueChiffre
« le CRAS à Mayotte, c'est plus de 22 000 reconduites à la frontière par an »
- 18:58Invité politiqueChiffre
« 25 000 pour tout le pays ça veut dire que les reconduites à la frontière en France elles sont faites principalement à Mayotte en grand major »
- 20:03Invité politiqueFait
« la tuberculose des choses scandaleuses en 2023 de savoir qu'il y a ça sur un territoire français »
- 24:22Invité politiqueFait
« les citoyens comoriens qui obtiennent la nationalité française à Mayotte dans la semaine ils quittent le territoire et ils vont dans l'Hexagone, souvent à Marseille »
- 27:41Invité politiqueChiffre
« 1000 piastres »
- 29:45Invité politiqueFait
« il y a un traité qui est validé par nos autorités religieuses »
- 32:56Invité politiqueFait
« Mayotte est française »
- 37:59Invité politiqueFait
« le président Azali putschiste de son état général »
- 41:17Invité politiqueChiffre
« les deuxièmes plus grosses réserves de gaz naturel »
- 43:28Invité politiqueFait
« on est en conflit territorial avec les Comores »
- 45:07Invité politiqueFait
« Mayotte la belle oubliée de la France »
- 53:23Invité politiqueChiffre
« 80% de la population à Mayotte vit sur le rivage »
- 56:41Invité politiqueFait
« on parle de flux migratoires mais ce sont à chaque fois des personnes qui quittent leur foyer et qui vont ailleurs »
- 57:02Invité politiqueFait
« un certain nombre de prestations sociales et de protections alors qu'en fait elles sont en migration économique »
- 58:17Invité politiqueChiffre
« on aura nous à Mayotte de plus en plus de flux »
- 58:39Invité politiqueFait
« la population à Mayotte ne l'accepte plus et il y a déjà eu dans l'histoire des massacres à Zanzibar ou à Madagascar contre les populations comoriennes »
- 1:00:48Invité politiqueFait
« la migration est un écocide c'est grave de dire ça mais c'est une réalité »
- 1:02:24Invité politiqueFait
« à Mayotte la France est dans le déni absolu »
- 1:03:39Invité politiqueFait
« une personne en situation irrégulière je n'organise pas son accueil je les laisse s'installer sur le territoire vous alimentez toute une économie clandestine »
- 1:11:02Invité politiqueChiffre
« à Mayotte vous avez quand vous êtes à la table des services publics une personne sur deux n'a pas payé pour ses services publics ne paye pas d'impôts »
- 1:15:40Invité politiqueFait
« quand le droit du sol signifie que quand vous naissez en France de parents étrangers vous avez à terme la nationalité française »
- 1:17:10Invité politiqueFait
« il y a un espèce de no man's land au niveau du statut légal de ces enfants de ces mineurs »
- 1:21:22Invité politiqueFait
« une partie de l'appel d'air migratoire est organisée par la gratuité des soins qui est organisée à Mayotte par exception »
- 1:20:27Invité politiqueFait
« notre groupe LIOT qui pourtant n'a pas de consignes politiques est celui qui vote le plus en cohérence »
- 1:21:01Invité politiqueFait
« les collectifs de citoyens ont décidé d'être en vigilance devant les dispensaires et le CHM l'hôpital à Mayotte pour dénoncer le fait qu'une partie de l'appel d'air migratoire est organisée par la gratuité des soins »
- 1:22:45Invité politiqueFait
« à la présidentielle les maorais votent RN et LFI »
- 1:23:15Invité politiqueFait
« on a estimé que le président Macron avait lors de son premier mandat trahi Mayotte »
- 1:24:25Invité politiqueFait
« un ministre de l'intérieur Castanier qui va danser dans les bidonvilles avec les clandestins »
- 1:27:40Invité politiqueChiffre
« les autorités italiennes font état d'une augmentation de plus de 200% »
- 1:27:46Invité politiqueChiffre
« ils s'attendent à ce qu'on ait au moins un demi-million de migrants qui arrivent par la Méditerranée cette année »
- 1:29:01Invité politiqueFait
« les mineurs étrangers isolés pour la France »
- 1:33:34Invité politiqueFait
« les autorités en mer grecque font ce qu'on appelle du pushback »
- 1:36:10Invité politiqueChiffre
« les projections de l'ONU sur des millions de personnes qui vont prendre les routes de l'exil sur les prochaines décennies »
- 1:37:01Invité politiqueFait
« certains pays du nord de l'Europe décident qu'en fait ils allongent financièrement au niveau des pays frontaliers avec l'Afrique »
- 1:40:18Invité politiqueFait
« le ministre de l'intérieur avait dit lors des justificatifs pour l'opération en Bouffou qu'il y avait la question du terrorisme pour Mayotte »
Temps de parole
- Estelle Youssouffa90 %
- Présentateur9 %
≈ 3,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonsoir. Bonsoir. Nous vous recevons pour une chaîne internet qui s'appelle Thinkerview. Nous sommes en direct. Est-ce que vous pouvez vous présenter succinctement ?
Estelle Youssoupha. Je suis députée de la première circonscription de Mayotte. Commission des affaires étrangères. Je suis membre de la commission des affaires étrangères, la commission des affaires européennes, vice-présidente de la délégation outre-mer à l'Assemblée nationale.
— Donc on vous a demandé de venir pour parler Mayotte, immigration, commission des affaires étrangères, stratégie, stratégie de l'immigration, pas d'immigration. Je vais vous poser une question toute bête. Comment ça va Mayotte en ce moment ?
— C'est tendu. On est sur un fil. C'est compliqué. On a repris espoir. — Pourquoi ? — Parce que le gouvernement a fait un virage à 180 degrés avec l'opération Mbouchou, ce qui nous donne l'espoir de nous dire que l'État a pris conscience de la crise à Mayotte après des années d'inertie et de laisser faire, après une politique qui a été soit d'ignorer le problème de l'immigration clandestine, soit de l'accueillir.
— Et là, en fait, avec l'opération Mbouchou, qui est menée à la demande de nous, les élus de Mayotte et de la population, le ministre Darmanin a mobilisé des forces de l'ordre, des forces de centaines de fonctionnaires pour mettre en place cette opération, qui a été très longue à démarrer, etc. Mais le signal politique, il est important. Parce qu'en fait, Mbouchou, ça a soulevé le coup de...
— Il y a un enfant avant les élections, c'est ça ?
— Non, c'est pas une question électorale. Les scores du président Macron à Mayotte sont catastrophiques. Enfin, je veux dire, c'est pas du clientélisme politique, bien qu'il y ait toujours des arrêts à se penser, évidemment. Mais c'est pas ça. C'est la gravité de la situation qui fait que, pour les autorités, ça devient impossible à ignorer. Et qu'après des années d'échec d'une politique qui nous a amenés dans le mur, bah là, soit on prend Mayotte par la peau du dos et on nous sort du précipice, soit on lâche. Et donc, Mbouchou, ça a permis quand même de soulever le couvercle de la marmite, parce que ça a été balé masque.
Les autorités comoriennes ont montré leur vrai visage, que beaucoup à Paris voulaient ignorer, en continuant leurs revendications sur Mayotte. Ça a mis à bas tout le discours sur la coopération France-Comore, qui serait utile, qui permettrait de sortir et d'avancer. En fait, non. En fait, on voit bien que ça ne permet pas d'avancer, que c'est complètement inutile et que c'est juste à nos frais. Et puis, ça permet aussi de montrer que la question migratoire n'est pas qu'une question de misère humaine à Mayotte. C'est un trafic humain, c'est une violence inouïe, c'est une économie clandestine, c'est une situation qui n'est pas tenable dans un état de droit.
Donc, c'est pour ça que pour nous, on reprend espoir, parce qu'on se dit, d'abord, il y a une solidarité nationale qui s'exprime. 75% des Français soutiennent l'opération Embouchou. Ça nous a donné beaucoup de visibilité pour Mayotte. C'est important, parce qu'on est une île où on se sent invisible.
La source des 75%, c'est quoi ?
C'est un sondage à risque pour LCI, qui a été fait il y a une quinzaine de jours. Et c'est important pour nous, parce qu'on sort de l'invisibilité. On a une mobilisation, évidemment, pour comment dire, le gouvernement s'est totalement inespéré. D'ailleurs, une opération officielle qui est soutenue à 75% en cette période très compliquée politiquement, c'est quelque chose à laquelle le gouvernement ne s'attendait pas. Mais pour nous, maorèses et maorés, ça veut dire qu'on va peut-être sortir de l'enfer dans lequel on est, parce qu'il n'y a pas d'autres mots pour déterminer, pour expliquer ce qu'on vit au quotidien.
Je vous demande de déléguer le mot « enfer ». Après, on fera un peu d'histoire. Ensuite, on va faire un peu de prospective. Donc, par quel bout vous voulez prendre ça ? Le bout de l'enfer, alors.
Dites-moi. Expliquez ce qu'est l'enfer à Mayotte.
C'est quoi, l'enfer à Mayotte ?
L'enfer à Mayotte, c'est la moitié de la population qui est étrangère, en grande partie en situation irrégulière.
C'est quoi, en grande partie ?
Je pense qu'on est à 60-70% de la population étrangère est en situation irrégulière à Mayotte, parce que les statistiques ne prennent pas en compte les enfants. La moitié de la population à Mayotte a moins de 20 ans. Et donc, en fait, on ne prend pas en compte les mineurs. Dans les statistiques, on ne les compte pas, on les compte mal. Et en fait, c'est un petit angle mort qui permet de masquer la gravité de la situation à Mayotte. C'est une île où 77% de la population, selon les statistiques, qui sont totalement fausses, parce qu'en réalité, officiellement, on est 300 000. En réalité, on est quasiment à 1,5 million. Au bas mot.
En fait, c'est au moins 77% de la population qui vit en deçà du sol de pauvreté. Donc, une très grande misère qui n'a pas toujours été celle-là, contrairement à ce qu'on peut imaginer. Et c'est notre enfer, c'est en fait de voir Mayotte qui était partie sur une trajectoire de développement et qui, en fait, en une dizaine, douzaine d'années, a vu sa trajectoire complètement inversée par un flux migratoire massif qui est arrivé sur notre île et qui a complètement saturé nos services publics.
Pour que nos auditeurs comprennent bien, ça veut dire quoi, massif ? C'est-à-dire qu'on est passé de combien à combien ?
Mayotte, dans les années 70. C'est 40 000 personnes. Voilà, on a exposé notre population en une quarantaine d'années avec une natalité délirante, principalement comorienne actuellement. Je pense qu'il faut, pour être vraiment concret, je ne comprends pas ce que ça veut dire, natalité délirante. Non, non, mais je vais vous expliquer ce que ça veut dire notre enfer.
Pour nous, notre enfer, c'est que quand vous vous levez à Mayotte, le matin, vous vous levez très très tôt, vous vous levez vers 4h, 4h30 du matin, quand vous travaillez à 7h, à moins d'une vingtaine de kilomètres, vous vous levez et vous allez faire ces 20 kilomètres en deux heures parce qu'il n'y a que 4 routes départementales sur ces 375 km² parce qu'il n'y a pas eu d'investissement de l'État. Donc déjà, c'est hyper saturé au niveau de la circulation.
Quand vous allez vous lever, vous allez vérifier s'il y a de l'eau dans votre robinet parce qu'il n'y a pas eu d'assez d'investissement pour l'eau potable et donc vous avez des coupures trois jours par semaine à Mayotte dans des foyers depuis 2017, c'est à peu près ça. Et là, on va au-devant d'une grosse crise de l'eau, donc on aura encore moins d'eau, on va compter les jours où on aura de l'eau, pas ceux où on a des coupures. Ça va être l'inverse, d'ici quelques mois seulement à Mayotte.
Et puis après, vous regardez tout de suite sur votre téléphone portable, sur Facebook, les pages qui donnent l'état du trafic et les sites où il y a des attaques et des agressions et des barrages et des caillassages. Ça veut dire que la violence est telle à Mayotte que vous faites le programme de votre journée en fonction des émeutes et des violences qui sont quotidiennes. Je le dis vraiment, c'est vrai. Quotidiennement, on vérifie où il y a eu des attaques, où il y a eu des barrages, où il y a eu des caillassages.
Pour que tout le monde comprenne ce qu'est un barrage, c'est des gens qui se mettent dans un virage, des jeunes avec des cailloux, des barres de fer qui vont abattre souvent un arbre et qui vont bloquer la circulation et agresser tous les véhicules qui passent, qui vont les bloquer, qui vont les caillasser, agresser, rançonner, parfois amputer les conducteurs qui ont le malheur de tomber dans ces embuscades. Et ça va amputer à la machette, ils vont les agresser. Donc on a à Mayotte des personnes qui ont perdu un bras, une jambe ou alors qui ont été kidnappées lors de ces attaques. Et puis, on vous détruit le véhicule.
Vous êtes, vous, en fait, sur le chemin de l'école ou du travail avec votre gamin dans la voiture. Vous sortez de là complètement traumatisé. Votre famille, donc, c'est rapporté par les gens qui passent, qui voient, qui le mettent sur Internet, sur Facebook pour prévenir les autres personnes qui vont prendre cette même route sur laquelle ils sont condamnés. Et vous essayez de faire tout le tour de l'île pour éviter cette zone ou alors vous appelez votre patron et vous dites « Je ne peux pas venir travailler ». Ça, c'est le plan barrage-caillassage. Parce que le caillassage, sinon, c'est quand vous êtes dans votre maison.
C'est arrivé pour une femme qui a eu le malheur d'habiter à côté d'un bidonville et qui a appelé la police quand elle était en train d'être cambriolée. Une bande de jeunes sont venus et ont caillassé sa maison pendant des heures. Ça veut dire que vous prenez des énormes, énormes cailloux et vous détruisez la maison avec la personne qui est à l'intérieur, avec sa famille. C'est encore arrivé hier et c'était un élu qui était dans cette maison parce que les bandes de jeunes l'ont vu arriver dans cette maison et ont tenté de non seulement faire imploser toutes les vitres, le toit, etc., mais de le tuer. Voilà, c'est ça notre réalité quotidienne à Mayotte.
Et ça vise les soignants, donc les bus qui transportent nos infirmiers, nos policiers, nos médecins qui sont agressés. Ça vise nos enseignants, ça vise nos bus scolaires avec les enfants dedans, ça vise vous et moi qui avons le malheur de passer par là. Donc vous vérifiez ça le matin, après vous faites votre prière parce que les gens sont très croyants et puis que franchement, il faut avoir la foi pour être à Mayotte. Et puis vous prenez la route et puis là, vous êtes en hypertension. Donc cette hypertension fait qu'à Mayotte, on a une espérance de vie qui est de 10 ans moindre à celle de l'Hexagone. En partie parce qu'il y a une très forte propension de maladies liées au stress.
Donc ça nous coûte en fait, celles et ceux qui échappent à ces agressions, en fait, sont tués de l'angoisse, de ces agressions. De l'angoisse de savoir que votre frère, votre belle-sœur, la personne que vous aimez en fait est tombée dans une embuscade et que vous êtes au téléphone et que tout d'un coup, vous entendez une pluie de cailloux sur le véhicule parce que vous êtes en train de discuter et que tout d'un coup, on te dit « Attends, Estelle, je raccroche parce qu'on est tombée dans une embuscade. » Voilà, c'est arrivé à toutes les familles à Mayotte. C'est ça notre quotidien. C'est ça notre enfer.
Et celles et ceux qui commettent ces actes sont souvent des mineurs emmenés par leurs parents et opportunément, ces agressions sont souvent dans des zones soit qui sont l'objet d'une emprise économique c'est-à-dire que les gangs qui se sont organisés veulent prendre le contrôle de ces zones chasser les entrepreneurs maorais chasser les agriculteurs maorais pour prendre le contrôle des terres et en fait prendre les champs pour alimenter une agriculture illégale et clandestine ou alors prendre le contrôle de l'appareil productif c'est-à-dire des entreprises c'est-à-dire que, non, non, vous prenez, pas du tout ah non, non, non, c'est de la culture de laitue, de tomates, de bananes dans des champs qui ont été volés c'est-à-dire qu'il y a eu toute une série d'agressions et de meurtres d'agriculteurs à Mayotte pour permettre aux clandestins de prendre possession des champs c'est ça la violence qu'on subit à Mayotte c'est une violence qui s'est insinuée dans toute notre société
il n'y a jamais eu de riposte de la population
il y a eu des tentatives de riposte mais il y a surtout eu il y a surtout eu pour nous la certitude que notre salut ne pouvait venir que des forces de l'ordre à Mayotte, contrairement à celles et ceux qui pensent que nous ne sommes que des sauvages moi je dis que c'est homo maillotentus politicus à Mayotte on est obsédé par la politique et souvent avec une analyse très très fine des choses on est parfaitement conscient qu'étant noir, musulman dans le trou du cul de l'océan indien que personne ne sait nous situer on ne bénéficie pas d'une réputation incroyable mais plutôt qu'on va nous coller à nous plein de poncifs totalement racistes en disant les machettes c'est un peu votre histoire vous êtes tous des sauvages vous êtes tous des sauvages
tous les amis que j'ai autour de moi Mayotte c'est la perle
non, non, non, non, non, non, non, non, non il y a à Mayotte comme sur beaucoup de territoires d'outre-mer il y a quand même tout un folklore dans l'hexagone laissant penser qu'on est des bons sauvages et que la violence est inhérente chez les noirs on ne va pas rentrer là-dedans ce qui est totalement faux mais donc on sait que s'il y a le moindre déchaînement de violence à Mayotte on nous l'imputera et on ne cherchera pas à savoir pourquoi et que donc on doit absolument nous maîtriser et faire confiance aux autorités parce que ça va se retourner contre nous et que le discours qui est propagé qui est de ne pas trop voir ni regarder la complexité ni de regarder la question politique va être simplement nous renvoyer à une pseudo-animalité qui fait que bon vous êtes tous en train de vous entretuer c'est normal on est tout à fait conscient de ça on est tout à fait conscient de ça donc nous pour nous c'est capital qu'on maintienne un état de droit même lorsqu'il nous abandonne et qu'on se batte pour que les autorités prennent conscience de l'importance de nous protéger et c'est une situation qui est paradoxalement pour les hexagonaux qui n'ont jamais ce type d'inquiétude il n'y a pas un képi il n'y a pas un soldat il n'y a pas un gendarme un policier à Mayotte qui n'est pas le fruit d'un long combat politique pour nous on s'est battu pour rester français mais on s'est battu aussi et surtout pour que l'état se déploie à Mayotte et pour faire avancer l'état de droit parce que le bras de fer avec Paris même si on est français depuis 1841 qu'on s'est battu pour le rester le bras de fer à Paris c'est de dire vous nous sortez de l'exception vous nous sortez du bricolage on veut la France simple, claire et précise c'est pour ça qu'on a voulu le département par exemple il n'y a plus de tribunaux nous on ne veut pas de tribunaux particuliers on ne veut pas de règles particulières parce que chaque fois que vous entendez la polygamie a été abolie depuis un petit moment à Mayotte pour la départementalisation on parle de la loi la pratique est autre mais je ne vais pas apprendre à notre cher pays et aux différents foyers du président Mitterrand qu'il n'y a pas besoin d'avoir une polygamie officielle pour avoir de nombreux foyers vous voyez fermeture de cette parenthèse si vous voulez qu'on aille là-dessus mais ce n'est pas le sujet
et la polyandrie non ça va ?
la polyandrie alors Mayotte est une société matriarcale dans laquelle les femmes sont chefs de famille et possèdent la maison le foyer ça veut dire et c'est un féminisme particulier parce qu'en fait les femmes sont chefs de famille effectivement mais surtout elles sont indépendantes financièrement et elles n'ont jamais le moindre risque qu'on leur prenne leurs enfants pour moi qui suis féministe mais qui vis aussi dans l'hexagone c'est vrai qu'il y a des discussions ici qui sont assez particulières le droit napoléonien notre droit à nous français il est quand même très macho et nous nos traditions à Mayotte elles sont plutôt très féministes et en fait finalement Mayotte est toujours à rebours de ce que les gens imaginent c'est une société musulmane dans laquelle les femmes sont chefs de famille on est complètement à contre-courant mais sur beaucoup de choses de ce que les uns et les autres imaginent
pour une femme
c'est le pied
c'est extraordinaire
pour les hommes aussi il paraît non non mais Mayotte Mayotte est Mayotte est un paradis c'est une chance je vous parle de notre enfer mais effectivement je pourrais vous parler très longuement de la beauté de Mayotte qui a une forêt primaire qui a un lagon fermé on appelle ça la campagne c'est ça ? non non non parce qu'il y a une forêt par l'insularité qui est particulière qui est un écosystème unique au monde qui est un des hotspots de la biodiversité selon les plus beaux spots
de plongée du monde
un hotspot de biodiversité selon le GIEC qui est le plus grand lagon fermé du monde donc avec un écosystème très particulier sublime pour celles et ceux qui ont la chance de plonger en apnée ou en bouteille mais vraiment il faut aller en mer à Mayotte c'est une chance c'est un bonheur et c'est une beauté nous on a nos nos croyances à côté de l'islam qui font qu'on qu'on salue la majesté de la nature qui est pour nous quasiment une divinité qui est un peu sacrée et oui c'est vrai que Mayotte c'est c'est sublime et puis de vous en parler vous voyez ça me donne ça me donne un cafard monstrueux parce que la maison me manque
je suis sûr que vous regardez pour tout vous avouer j'ai travaillé sur Mayotte il y a plus de 13 ans sur les répercussions d'une crise financière sur les économies insulaires et sur les flux migratoires sur les économies insulaires comme on a discuté un peu vous savez que j'ai un peu bourlingué sur l'île j'ai fait tout le spectre de Mayotte du bidonville en passant par le fonctionnaire celui qui était dépêché le mec de la PAF qui vient passer ses vacances depuis la réunion parce que Mayotte c'est très joli et puis j'en passe c'est des meilleurs vous avez déjà visité un centre de rétention administratif à Mayotte qu'est-ce que ça donne maintenant 13 ans après
alors le centre le centre de rétention le CRAS de Mayotte le centre de rétention administratif de Mayotte est selon toutes celles et ceux qui ont travaillé dans les CRAS le top du top en la matière en France parce que voilà parce qu'il a été totalement refait quand ça ?
je sais pas mais il est récent parce qu'à l'époque c'est le plus grand c'est impeccable c'est propre aéré très très bien organisé très bien surveillé très bien surveillé mais surtout le CRAS à Mayotte c'est plus de 22 000 reconduites à la frontière par an 25 000 pour tout le pays ça veut dire que les reconduites à la frontière en France elles sont faites principalement à Mayotte en grand major on était à Mayotte donc le CRAS à Mayotte c'est une machine très très bien huilée c'est d'ailleurs
capacité d'accueil de combien de personnes ?
je saurais pas vous dire de peut-être je crois qu'ils sont peut-être 300 mais à vérifier je suis pas certaine je l'ai visité mais alors je vous avoue je suis pas une folle des chiffres
il y a toujours la lèpre à Mayotte où c'est passé ?
ça va ça vient non ?
c'est un peu comme tout le reste nous avec nos clandestins on a le retour de plein de maladies disparues qui reviennent qui repartent au gré de l'arrivée de personnes qui ne sont pas vaccinées qui n'ont aucun suivi médical et qui importent avec elles oui des maladies disparues mais aussi dans les bidonvilles les conditions de vie l'insalubrité est telle dans les bidonvilles qu'il y a beaucoup de maladies liées à la pauvreté au manque d'hygiène qui apparaissent et qui prospèrent à Mayotte qui font après l'objet de campagnes de l'ARS des autorités de santé oui oui il y a eu la lèpre elle a disparu elle revient il y a eu le choléra elle est disparue elle revient enfin c'est honteux la tuberculose des choses scandaleuses en 2023 de savoir qu'il y a ça sur un territoire français et que c'est grave c'est pas juste l'arrivée des migrants c'est aussi les conditions de vie quand on n'a pas d'eau quand on n'a pas d'eau courante quand il y a des coupures d'eau ça génère évidemment des risques sanitaires si vous avez ne pas avoir d'eau à Mayotte dans tous les foyers ça veut dire que vous prenez des poubelles propres parce que c'est des contenants plastiques vous les remplissez d'eau et puis après vous allez faire votre douche avec ce qu'on appelle une capoque qui est un bol comme ça et puis vous vous lavez comme ça pour les personnes âgées les bébés les malades il n'y a rien de particulier donc c'est des conditions de vie qui ne sont pas normales et effectivement ça pose des sujets de santé publique
Est-ce que vous avez déjà discuté avec des réfugiés comoriens ou des migrants illégaux comoriens vous les appelez comment ? des réfugiés ou des...
Non réfugiés c'est un statut légal c'est pas un migrant les migrants peuvent être des réfugiés mais un réfugié vous voyez un réfugié c'est un terme légal pour dire quelqu'un qui a droit à l'asile il n'y en a quasiment pas à Mayotte il y en a surtout des ressortissants les demandeurs d'asile à Mayotte sont seulement depuis quelques années comoriens la grande majorité des demandeurs d'asile à Mayotte viennent des grands lacs les comoriens à Mayotte sont des migrants en quête économique c'est pas des réfugiés vous avez discuté avec eux ben oui je les voyais tout le temps ils sont partout c'est pas que vous vous levez le matin est-ce que tu es un migrant
en confiance c'est-à-dire on va échanger est-ce que qu'est-ce qu'ils vous ont fait remonter pourquoi ils viennent à Mayotte pourquoi ils prennent les quoi ça quoi ça pourquoi c'est dangereux de prendre un quoi ça quoi ça pourquoi ils viennent à Mayotte
d'abord il y a deux choses moi je j'ai pas l'intention de consacrer du temps à explorer les motifs et désosser avec vous le discours des autorités comoriennes et des individus non non et des individus parce qu'en fait c'est un je vous pose la question non non et c'est un c'est un c'est un discours qui est repris parce que c'est une construction la migration comorienne elle a pas toujours été comme ça à Mayotte et il y a un discours et puis il y a la réalité des causes de la migration il y a d'abord pour des des migrants comoriens une situation médicale c'est à dire certains qui viennent parce qu'ils veulent se soigner gratuitement parce qu'à Mayotte il y a des règles particulières qui font qu'il n'y a pas par exemple tout le système de prise en charge des patients étrangers qu'il y a dans le reste du pays à Mayotte non donc vous rentrez vous êtes soigné et puis vous ne payez rien donc ça c'est quand même un appel d'air formidable par exception parce que normalement le droit s'applique à Mayotte comme dans le reste du pays donc il y a quand même cet attrait de pouvoir être soigné gratuitement de recevoir des médicaments gratuitement donc pour tous les malades chroniques pour celles et ceux qui ont des handicaps lourds ils viennent à Mayotte et puis ils bénéficient du système de santé de protection sociale même très maigre mais déjà existant qu'il y a à Mayotte ça leur permet aussi d'accéder au système de prise en charge qui font que si c'est très grave ils sont transportés à la réunion ou dans l'hexagone parce que voilà un impératif de prendre en charge des patients donc il y a une migration médicale il y a une migration pour l'éducation comme le système d'éducation est effondré au Comores ces personnes viennent pour scolariser leurs enfants et puis surtout il y a la perspective d'obtenir des papiers français pas simplement le séjour c'est que à Mayotte vous avez quand même une prime à l'endurance si vous restez suffisamment longtemps à Mayotte tôt ou tard vous aurez un enfant sur place qui vous permettra à terme d'avoir des papiers d'être régularisé et de devenir français et c'est ça cette migration le fond de la migration comorienne c'est la perspective d'obtenir des papiers français et dans la semaine selon les statistiques de la préfecture les citoyens comoriens qui obtiennent la nationalité française à Mayotte dans la semaine ils quittent le territoire et ils vont dans l'Hexagone souvent à Marseille c'est pas une explication que vous attendiez mais contrairement en fait en fait je vous le dis parce que en fait ce discours sur la misère comorienne laisse penser qu'il n'y a pas de réflexion ou de construction d'un projet migratoire évidemment qu'il y a un projet migratoire individuel évidemment que personne ne prend la mer et va risquer sa peau dans un coissard s'il n'y a pas une motivation forte mais ce qui fait endurer pour les migrants comoriens des conditions de vie qui sont pires à Mayotte que chez eux parce que vivent dans les bidonvilles alors que chez eux ils ont une solidarité familiale ils ont un village ils ont des constructions c'est parce que à terme ils sont gagnants ils sont gagnants parce qu'ils ont des infrastructures même pourries d'éducation et ils ont des infrastructures de santé et puis à terme ils auront des papiers et pourront bénéficier une fois qu'ils sont régularisés de certaines prestations sociales c'est ça le sujet
le visa baladur
c'est la France qui dit à un moment il y a une frontière entre Mayotte et les Comores donc vous avez besoin d'un visa parce que sauf erreur les Comores ne font pas partie de l'Union Européenne ni de la France donc en fait il y a un visa entre deux pays et que en fait c'est aussi l'objet de fixation des autorités comoriennes l'espèce de délire de construction pour dire que ce serait la cause de tous ces morts en mer et de ces gens qui prennent le bateau moi je veux juste te rappeler quelque chose il y a une frontière entre Mayotte et les Comores parce que les Comores sont indépendantes Mayotte et françaises donc il y a une frontière il n'y a pas d'accord de libre circulation entre la France et les Comores donc il y a un visa voilà c'est aussi simple que ça celles et ceux qui vont contester ça doivent nous dire dans quel cadre il y a eu un cadre un accord de libre circulation entre la France et les Comores parce que sauf erreur nous à Mayotte on n'en a pas été informés donc il y a un visa qui a été créé par le Premier Ministre Baladur effectivement
je vais me faire l'avocat du diable vous avez écouté les arguments côté Comoriens qui dit que Mayotte a toujours été Comorienne que la France a volé Mayotte que la France a acheté Mayotte qu'on n'a pas demandé à l'époque l'avis aux gens qui étaient sur place quand il y a eu un référendum c'était l'intelligentsia anciennement malgache française malgache qui a fait pression sur la population locale pour qu'il y ait eu un référendum en faveur de la France et qu'ensuite c'est compliqué alors Mayotte
ensuite c'est compliqué c'est bien résumé et donc
j'écoute les arguments des deux côtés donc en 1871 la France achète Mayotte
1841
1841 pardon 1841 Mayotte est acheté par la France auprès du sultan Andréane Souley d'accord combien ça a été acheté en or en diamant
1000 piastres 1000 ou 1500 piastres
je suis sûre
que votre communauté pourra corriger trouver le jeu en fait
quand ça a été vendu quand ça a été vendu
en fait ce qui est complètement hallucinant c'est que la période avant 1841 s'appelle la période des sultans batailleurs il y a un sultan par île sur les quatre îles de l'archipel des Comores et ces sultans s'affrontent méthodiquement sultan batailleurs ça fait des siècles que personne ne peut s'encadrer il n'existe pas d'unité politique aux Comores jusqu'à la période coloniale 1946 1946 jusqu'à 1976 où il y a une administration commune pour l'archipel des Comores construction coloniale pure donc avant il n'y a pas d'unité comorienne ça n'existe pas il y a Gézel Kamar les îles de la lune qui sont l'archipel géographique les Comores l'archipel géographique découvert par les arabes Gézel Kamar mais il n'y a pas d'unité politique ce sont les sultans batailleurs André Anzouli est un sultan d'origine malgache qui a pris refuge à Mayotte grâce au système d'alliance puisque la moitié de la population à Mayotte est d'origine malgache c'est pour ça qu'à Mayotte on parle de dialecte l'un qui est issu du Swahili parce que la population est bantou et vient du continent et sur plusieurs siècles quand même et une partie de l'île parle malgache parce que c'est une population qui est originaire de Madagascar donc il y a toujours eu des liens historiques avec Madagascar et donc ce sultan André Anzouli après refuse à Mayotte face aux velléités des voisins qui sont à Jean Moëli et la Grande Comore qui déjà faisaient suer la population à Mayotte André Anzouli se sent menacée le commandant Passau qui est un commandant français passe par là et là André Anzouli demande la protection de la France pour Mayotte il y a un traité qui est validé par nos autorités religieuses c'est très important c'est à dire que contrairement au discours de certains Mayotte a volontairement dès le départ souhaité devenir française pour se protéger de ses voisins c'est quand même intéressant que depuis 1841 on en soit toujours là et que les uns et les autres qui se réveillent avec une pseudo-fraternité pourraient quand même mentionner les radias pour aller prendre de la population mahoraise la réduire en esclavage la vendre dans la traite arabo-musulmane qui a eu lieu tout le long de la côte de l'Afrique de l'Est vous voyez il y a des gens qui sont un petit peu amnésiques comme ça parce que quand même la Grande Comore a été un gros marché avec la Tanzanie de traite d'esclaves il faut rappeler quand même que dans notre région c'est pas peace and love c'est pas l'amour des bisounours et que quand on entend le grand discours assez récent de fraternité pour nous maoraises et maorais c'est au mieux comique sinon du déni complet un révisionnisme absolu de l'histoire il n'y a pas de mystère sur le fait que Mayotte soit française c'est nous qui avons décidé qu'il valait mieux un patron qui est assez lointain et qui nous protège du voisin qui est extrêmement violent et conquérant voilà donc cette histoire après s'est développée
c'est assez lointain c'est ça
bah oui parce que bon quand même c'est trois pelés de tendus les blancs à Mayotte jusqu'à très récemment ils sont très peu nombreux le mzungu qui est le terme qu'on utilise en Swahili sur toute l'Afrique de l'Est pour désigner le blanc à Mayotte effectivement on dit le vasa à Madagascar ou les oreilles à la réunion à Mayotte on parle du mzungu le blanc il y a eu très peu de mzungu à Mayotte jusqu'à très récemment et donc la vision que nous avons eue nous à Mayotte de la colonisation est très différente de celle qu'il y a pu y avoir par exemple aux Antilles ou encore à la réunion je ne dis pas que c'était une partie de plaisir il y a eu le travail forcé à Mayotte on n'a certainement pas connu l'esclavage par la France mais on l'a quand même connu avec la traite arabo-musulmane de un et de deux il y a eu le travail forcé qui était un système pas très éloigné de l'esclavage il y a eu des plantations de sucre à Mayotte aussi donc c'est pas on n'est pas dans l'angélisme mais le discours de dire pour aller rapidement sur la question que vous m'avez posée de dire les Comores s'estiment volés je pense qu'en soit ça traduit le problème qu'il y a entre Mayotte et nos voisins nous n'appartenons pas aux Comores pourquoi l'ONU
a fait des misères à la France pendant des années sur Mayotte
parce que dans les années pour pour expliquer les choses donc de 1841 à nos jours Mayotte est française mais a connu de multiples statuts et le reste des îles de l'archipel ont été colonisées et administrées séparément par la France et ce n'est que de 1946 à 1976 que Mayotte est administrée avec les autres îles des Comores et c'est le fondement de la revendication comorienne qui dit en se basant sur un des principes de la décolonisation selon l'ONU vous ne pouvez décoloniser que sur les frontières existantes et donc les Comores revendiquent Mayotte parce qu'à l'époque c'était administré dans un seul et même ensemble sauf que nous on dit oui mais la décolonisation c'est le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes nous sommes un peuple nous avons voté et nous nous avons dit non à l'indépendance et c'est ça combien de pourcents ?
plus de 60% sauf erreur 64% c'est ça ?
sauf qu'on nous a posé la question à de multiples reprises puis là on monte dans les 99 parce qu'en fait il faut comprendre que les années qui ont précédé l'indépendance ont été des années de très grande violence politique à Mayotte de tentatives de suggestions de Mayotte parce que Mayotte a toujours été pro-française et que les autorités à Moroni comme à Anjouin avaient compris que Mayotte serait contre l'indépendance et donc nous notre combat ça a toujours été de dire à Paris on veut un vote séparé ou en tout cas un décompte séparé c'est ce qui a été contesté par les Comores à l'indépendance et ce qui leur a servi de revendication auprès de l'ONU les condamnations de la France à l'ONU par rapport à Mayotte sont à l'Assemblée générale ce ne sont pas des condamnations qui ont valeur j'allais dire qui ont un impératif juridique qui ne sont pas des condamnations qui induisent quoi que ce soit au niveau international c'est des condamnations politiques sur une Assemblée générale qui compte principalement des pays décolonisés donc qui sont nécessairement en solidarité avec le discours des Comores et il faut dire notre faute à nous Mahorès et Mahorais c'est de ne pas avoir compris la portée de ce que ce discours des Comores à l'international c'est de ne pas avoir compris qu'en fait à un moment il faudra qu'on explique notre choix et que non d'avoir un seul et même ensemble géographique une communauté culturelle ou linguistique ne faisait pas un pays ce qui pour les autres pays africains est tout à fait compréhensible parce que les autres pays africains ont eux aussi hérité de frontières qui ne reflètent pas leur unité ethnique ou leur destin politique donc ça je pense que c'est un champ qu'on n'a pas assez investi nous Mahorès et Mahorais et que ça nourrit ce discours dans lequel nous on ne se reconnait pas du tout qui est véhiculé par les autorités comoriennes qui laissent penser qu'au mieux Mayotte est française parce qu'on n'a rien compris à l'histoire qu'on est victime du syndrome de Stockholm mais nous Mahorais puisqu'on est très bêtes qu'en fait on n'a pas compris qu'on était colonisés et que donc on est un peu limité intellectuellement ça c'est la version soft mais sinon la version quand même en grand comorien et en dialecte c'est quand même de nous dire qu'on est des vendus qu'on est un peu les prostituées de la France c'est ça le discours donc si vous voulez il faut quand même avoir un peu de lucidité sur le discours comorien parce qu'au fond si on conteste le vote qui a permis que Mayotte reste française on conteste le vote de l'indépendance si on va au bout si on nous dit oui le vote a été trafiqué bon ben il a été trafiqué pour tout le monde de 1 de 2 il y a eu d'autres votes et Mayotte a continuellement réaffirmé son attachement à la France est-ce qu'il est possible démocratiquement de rattacher une terre et un peuple à un ensemble politique dont on refuse absolument de faire partie comment est-ce que démocratiquement et politiquement on peut justifier en 2023 de vous mettre en couple quand on a dit non on en est où du consentement pour nous c'est un viol total de nos convictions et de notre combat et de notre histoire et j'utilise ces termes à dessein pour que tout le monde comprenne ce que nous on ressent quand on entend ça on est doué de libre arbitre on a notre liberté de réfléchir et de penser on décide de notre destin Mayotte on a décidé de notre destin on reste français et c'est pas et alors non non je vais terminer
c'est pas que
c'est pas que les Comores soient une success story c'est pas Singapour à côté juste qu'on soit un peu clair c'est un pays effondré c'est un pays qui est sinon une ditature au moins très très autoritaire ou quand même le président Azali putschiste de son état général qui n'a pas été élu a envoyé il y a quelques armées la troupe et des roquettes sur la population à Anjouan c'est un pays qui est traversé de séparatisme tellement fort qu'on a vu il y a quelques années la population anjouanaise demander le rattachement à la France non mais je veux dire il faut comprendre ce vers quoi ce discours nous entraîne c'est à dire que la grande bonté la générosité des uns et des autres sur la planète les quelques-uns qui se penchent sur le sort de Mayotte nous souhaitent d'aller rejoindre ce qu'on pourrait très simplement appeler un bordel général parce que quand même les comores ah bah si c'est un bordel parce que vous êtes avec une succession de coups d'état c'est pas un dénigrement c'est un constat vous êtes avec une succession de coups d'état dans un état qui ne vit que des subsides internationaux qui ne sait plus faire fonctionner ni son eau ni son électricité ni ses systèmes de santé ni son système politique qui ne vit que non mais quand même il faut juste à un moment on va arrêter de se cacher derrière son petit doigt si vous êtes en train de me dire Estelle pourquoi est-ce que Mayotte va pas rejoindre la Dubaï du canal du Mozambique pourquoi est-ce que vous avez pas envie d'aller vers le Singapour de l'océan indien là vous pourriez nous dire vraiment vous êtes difficile et compliqué mais non là on nous dit vous allez dans l'état qui est au fin fond du trou qui est au fin fond du trou de tous les classements internationaux de corruption de développement humain des petits problèmes qui durent depuis l'indépendance ce qui nous fait nous nous dire que nos anciens ont eu raison que le choix non non mais ils ne récupèrent pas ça voudrait dire qu'ils l'arrivent
pourquoi ils veulent
alors il faudra reposer la question je vais pas aller me répondre sur ce qu'ils en veulent c'est leur faire trop de publicité
il y a des ressources à Mayotte quel est l'aspect géopolitique géostratégique géo énergétique de Mayotte est-ce que par exemple grâce à Mayotte on peut contrôler le canal du Mozambique est-ce que grâce à Mayotte on peut avoir une station d'écoute sur place est-ce que grâce à Mayotte on aurait accès à un domaine maritime qui aurait potentiellement du gaz est-ce que grâce à Mayotte on pourrait avoir un oeil dans l'océan indien
vous répondez à toutes vos questions
je vous laisse faire
non pas du tout je pense que c'est dommage parce que vous n'avez pas de carte mais je suis sûre que votre communauté en aura une en fait alors que en 2023 la France est virée manu militare du continent la terre la plus africaine de France c'est Mayotte qui est à quelques centaines de kilomètres du continent avec une population française qui part le Swahili qui est proche culturellement de l'Afrique qui est dans le canal du Mozambique qui est une des routes maritimes les plus empruntées mais surtout le plan B quand le canal de Suez est fermé le canal du Mozambique c'est aujourd'hui les deuxièmes plus grosses réserves de gaz naturel qui grâce aux avancées technologiques sont rentables il y a toujours eu ces réserves de gaz mais en fait avec les avancées technologiques et surtout la hausse des cours du gaz ça devient rentable et nécessaire
c'est-à-dire que
c'est d'autant plus nécessaire qu'avec la guerre en Russie l'Europe a pris conscience de l'impératif la guerre en Ukraine et des difficultés avec la Russie l'Europe l'Europe a pris conscience de l'impératif de diversifier ses sources d'approvisionnement en gaz naturel alors pour qu'on soit accompli les contrats sur l'exploitation dans principalement au Mozambique dans les eaux mozambicaines ces contrats parce que les contrats de gaz sont des contrats pluriannuels les premières productions de gaz iront vers l'Asie mais évidemment l'objet pour tous les investisseurs qu'il y a dans ces champs gaziers au Mozambique au large du Mozambique et donc au large de Mayotte c'est qu'à terme l'Europe puisse récupérer une partie de ce gaz naturel il faut comprendre que le canal du Mozambique ce sont certes des eaux mozambicaines des eaux tanzaniennes des eaux malgaches mais il y a aussi beaucoup beaucoup d'eau française avec Mayotte mais avec les îles Épars les taffes c'est-à-dire toute une série de zones économiques exclusives qui permettent des droits de pêche qui permettent que notre marine nationale puisse voguer explorer écouter peut-être s'entraîner souvent travailler on va dire ça comme ça c'est-à-dire qu'on exerce notre souveraineté sur ce canal dans une zone qui est très contestée une grosse partie de l'empreinte maritime de la France c'est l'océan indien c'est le canal du Mozambique et c'est là où se concentrent tous les conflits territoriaux que la France peut avoir on est en conflit territorial avec les Comores mais Mayotte est le seul territoire français habité contesté on est en conflit avec l'île Maurice pour Tromelin on est en conflit avec Madagascar pour les îles Épars et donc Mayotte même si la France pense son océan indien avec la Réunion principalement mais qui est de l'autre côté de Madagascar et Mayotte Mayotte est la seule île qui est habitée française qui est dans ce canal du Mozambique qui il y a quelques années se résumait dans le cerveau de beaucoup de nos décideurs ici à ça sert pas trop à rien le continent est voué à sa perte ce gaz là restera sous l'eau parce qu'il ne sert à rien parce qu'on ne peut pas l'exploiter et puis en fait cette crise énergétique européenne les avancées technologiques mais aussi la nécessité mais aussi l'impératif de sécurité par rapport à l'approvisionnement en métaux rares et avec les nodules marins qui sont sous ces comment dire sous ces fonds marins font que la région devient importante c'est à dire que toute cette économie bleue qui paraissait l'économie bleue c'est celle qui part des ressources halieutiques aux nodules marins à toutes les avancées scientifiques qu'il peut y avoir en mer
c'est joli tout ça c'est un peu économie verte
ça restait un peu abstrait mais en fait la technologie a avancé nos besoins se sont accrus et donc le canal du Mozambique et Mayotte la belle oubliée de la France devient subitement beaucoup plus sexy le problème c'est qu'on paye des années d'abandon des années d'oubli des années de sous-investissement des années où on a un peu laissé tomber notre défense de Mayotte on a réduit la voilure au début au niveau de notre présence militaire dans l'océan indien et puis bon quand même on avait une logique où on se disait c'est du tout cuit on a Djibouti bon si on veut sécuriser la France elle est tranquille on est chez nous à Djibouti bon indépendance puis après on se disait on est quand même on reste chez nous puis après les Djiboutiens ont fait monter les enchères on a accueilli les Chinois on a accueilli les Américains beaucoup de monde à Djibouti donc au final au final Mayotte devient très très importante stratégiquement oui
j'ai eu la chance d'y aller
j'ai eu la chance d'y aller lorsque j'étais journaliste et je suis montée sur un bâtiment de la marine nationale pour chasser du pirate somalien en reportage pour Al Jazeera et donc j'y suis allée et effectivement c'est une île c'est un endroit captivant on va dire ça comme ça
on reparlera de votre passage journalistique un peu plus tard pour Mayotte comment vous voyez l'avenir est-ce que les reconductions est-ce que les reconductions à la frontière sont prises reconduites les reconduites à la frontière est-ce que les commores récupèrent leurs ressortissants
mais ça c'est de l'avenir immédiat c'est pas de l'avenir
oui non mais j'arrive comment vous voyez avec le réchauffement climatique des flux arriver plus en on va dire un peu plus touffu le flux est-ce que vous le voyez un peu plus compliqué en termes d'approvisionnement d'eau d'infrastructure est-ce que il y a une je vais perturber est-ce que ça réfléchit un petit peu à comment Mayotte va survivre pour les 30 prochaines années avec des facteurs de soutenabilité qui sont compliqués énergie flux migratoire réchauffement climatique problème d'eau et j'en passe est-ce que le politique français est-ce que le gouvernement on va dire de Paris après en considération tout ça est-ce que vous avez quand même peur que la France en crise économique que la France en guerre que la France n'a plus de moyens pour assurer la sécurité de Mayotte in fine vous vous retrouviez à Mayotte un peu seul au monde
alors et on parlera
du droit du sol après
je ne me suis pas engagée pour être défaitiste c'est pas défaitiste non non non pas du tout c'est pas ce que je dis je ne me suis pas engagée pour être défaitiste c'est à dire que ma conviction c'est qu'on ne peut que sortir par le haut et notre histoire avec un grand H à Mayotte c'est qu'on s'est toujours sorti par le haut ça veut pas dire qu'on n'est pas passé très loin du précipice c'est pas la première fois dans notre histoire qu'on observe les grands bouleversements du monde et que contrairement à ce que certains imaginent ils ne nous affectent pas on est absolument conscient à Mayotte du péril géostratégique dans lequel se trouve la France et aussi que les mouvements des tectoniques des plaques au niveau des grandes puissances nous affectent Mayotte et tout l'océan indien est le lieu de lutte d'influence très importante l'influence russe l'influence chinoise l'influence des pays arabes du golfe l'influence de l'Inde aussi c'est à dire que c'est une toute petite zone c'est une toute petite zone où vous avez beaucoup d'appétit ça se manifeste par les investissements dans les champs gaziers avec des groupes concurrents ça se manifeste avec par exemple il y a quelques semaines des exercices militaires qui conjoint entre les marines russes chinoises sud-africaines à quelques milles de Mayotte et des marines françaises américaines et britanniques qui se sont mobilisées avec les marines kenyans pour qu'il y ait si vous voulez une espèce de de de petit de petit comment est-ce qu'on pourrait dire ça manifestation de de l'existence des uns et des autres on se renifle on se regarde on se défie mais nous population qui vivons au milieu de ces menaces c'est pas une abstraction c'est à dire que d'ici on a l'impression que c'est la bataille navale tout s'écouler pas du tout nous on voit passer ces bâtiments de guerre on voit sur nos réseaux sociaux les dirigeants de pays adversaires de pays hostiles à Mayotte française qui se gargarisent du soutien de Moscou du soutien de la diplomatie chinoise et on comprend bien que notre pays est questionné dans sa légitimité à Mayotte et agressé par rapport à sa souveraineté donc pour nous c'est pas du tout une abstraction par contre c'est là où nous à Mayotte on essaye comme tous les petits
les pays arables vous parliez d'éclat quel type d'influence
comme tous les pays comme tous les petits les petits territoires nous c'est jamais par la force que Mayotte peut survivre Mayotte ne peut survivre que par son intelligence
par sa défense
non Mayotte ne peut survivre que par son intelligence une fois ce constat posé de toutes les concurrences dans la région le sujet pour nous c'est de nous rappeler au bon souvenir de nos dirigeants en disant attention on est là et on est utile c'est pas une question de supplique c'est pas une question de faire la mendicité pour obtenir le soutien de notre pays c'est de dire on est stratégique on vous rappelle que nous territoire français du canal du Mozambique qui n'avons jamais mis en doute notre appartenance à la France qui engageons nos fils nos filles dans les rangs de l'armée parce qu'il y a de très nombreux maorais qui servent le drapeau nous on se défendra pour notre pays et on est là pour servir de base pour la marine nationale pour la légion étrangère et qu'on a besoin non seulement pour notre protection mais aussi pour la projection de la force de la France dans le canal du Mozambique donc non seulement on a conscience des risques mais on sait aussi qu'on ne peut que sortir par le haut donc effectivement ce que vous évoquez sur l'avenir de Mayotte il y a plusieurs sujets d'abord on s'accroche à la France comme une moule à son rocher parce que ça tangue parce que notre pays doute de sa puissance et de sa place sur la scène internationale et que pour nous ça a des conséquences immédiates parce que on doit réargumenter notre importance dans la stratégie indo-pacifique de la France parce que Paris regarde beaucoup vers le Pacifique et oublie la partie indo donc nous on doit rappeler que dans cet arc indo-pacifique la naissance c'est le canal du Mozambique ou c'est nous donc ça c'est une partie qui est très importante rappeler que nous sommes adossés à un continent qui est le réservoir de croissance du prochain siècle que la Chine elle est déjà en décroissance démographique qu'elle est en train de décélérer au niveau de sa croissance et que le continent qui est toujours en croissance et qui sera toujours en croissance sur le siècle à venir c'est l'Afrique c'est ça la réalité des projections et de l'évolution sur le siècle qui vient donc Mayotte a beaucoup de cartes à jouer est-ce que c'est une partie facile certainement pas parce que les contraintes sont importantes et vous avez tout à fait raison de mentionner la question du changement climatique Mayotte c'est je l'ai dit tout à l'heure un hotspot de la biodiversité selon le GIEC c'est un hotspot de vulnérabilité aussi c'est à dire que nous on a une petite combinaison assez gratinée d'un volcan sous-marin qui pousse dans notre lagon qui fait que notre île s'enfonce et avec le réchauffement climatique on a une montée des eaux donc nous on a un risque imminent très pressant je l'ai dit avec le sourire mais qu'en fait c'est une vraie catastrophe 80% de la population à Mayotte vit sur le rivage donc en fait nous la montée des eaux et on le voit avec les grandes marées on a on perd on perd beaucoup très vite de la surface habitable et les eaux montent assez rapidement à Mayotte on a ce sujet là donc la montée des eaux elle menace la vie à Mayotte les zones habitées de un on a un sujet par rapport au changement climatique qu'on observe déjà c'est à dire que les routes des cyclones se sont déplacées dans le canal du Mozambique c'est ce que vous avez vu vous par les informations avec l'accélération du nombre de cyclones extrêmement destructeurs au Mozambique donc sur la côte avant ces cyclones moi j'ai 44 ans ces cyclones ils passaient à Mayotte et en fait depuis plus d'une décennie ils ne passent plus à Mayotte et cette route s'est déportée vers l'ouest ça veut dire moins de pluviométrie pour Mayotte et ça veut dire aussi que notre notre végétation change ça veut dire un changement de cycle pour la production agricole ça veut dire des difficultés pour nous alimenter le deuxième volet de cette question migratoire et vous le savez avec la sécheresse que vous observez au Madagascar c'est que les zones qui étaient riches au niveau agricole qui étaient autosuffisantes commencent à disparaître dans toute la partie australe de l'Afrique on le voit pour la corne de l'Afrique c'est les familles à répétition mais en fait on voit aussi sur la partie australe qu'on a des grosses perturbations et donc des flux migratoires qui sont de plus en plus importants donc nous on voit déjà et on pressent on sait qu'on va avoir un afflux migratoire sur la zone bon l'état travaille avec des projets de coopération régionale moi je ne pense pas qu'il soit possible d'enjamber les questions de souveraineté et de conflits territoriaux qu'a la France dans la région pour travailler sur la coopération régionale la crise avec les Comores est le plus l'exemple le plus criant mais la France ne peut pas travailler avec Madagascar ou avec Maurice en faisant comme s'il n'y avait pas de conflits territoriaux sur la question de la France dans l'océan indien on ne peut pas envisager une relation normale saine constructive avec nos voisins si on n'arrive pas à apaiser et à écluser les sujets territoriaux les sujets coloniaux et donc cette question de savoir comment est-ce qu'ensemble on peut faire face aux enjeux climatiques comment est-ce qu'on peut faire face aux enjeux migratoires pour moi ça passe par des solutions politiques impératives mais pour revenir sur la question parce que je sais je suis très longue mais je n'ai toujours pas répondu les flux migratoires évidemment on en aura beaucoup oui j'ai vu ça j'apprécie je salue je remercie les flux migratoires évidemment on en aura de plus en plus à Mayotte le sujet c'est comment est-ce qu'on les gère et ça c'est pas qu'une question pour Mayotte c'est une question pour tout notre pays c'est à dire que si on va pas avoir une réflexion nationale et ensuite européenne et ensuite mondiale sur ce qu'on fait des flux qui sont des êtres humains qui vont d'un point à un autre on parle de flux migratoires mais ce sont à chaque fois des personnes qui quittent leur foyer et qui vont ailleurs et qui s'assoient sur le principe de frontière qui peuvent instrumentaliser le droit qui vont se présenter en réclamant l'asile et donc un certain nombre de prestations sociales et de protections alors qu'en fait elles sont en migration économique et en fait le débat politique c'est non seulement comment on organise l'accueil mais aussi comment est-ce qu'on pense le statut de ces migrants climatiques est-ce qu'on parle de réfugiés climatiques si on parle de réfugiés climatiques on ouvre des droits automatiques parce que ce sera l'asile climatique ou alors on dit non c'est une migration et en fait on choisira on donnera ou pas certains droits et c'est une autre discussion politique nous finalement ce qu'on voit à Mayotte il y a le volet de la revendication territoriale à l'évidence les Comores instrumentalisent les flux migratoires pour asseoir leurs revendications mais il y a aussi effectivement une migration qui vient on le voit par exemple avec l'arrivée de migrants de Madagascar qu'on n'avait pas vu avant à Mayotte qui eux arrivent et c'est récent mais c'est de plus en plus important et c'est à l'évidence lié à la sécheresse qu'on observe dans le sud de la Grande-Île ça c'est clair et si on voit les projections sur les prochaines décennies en termes de flux migratoires et de changement climatique on aura nous à Mayotte de plus en plus de flux donc le sujet c'est est-ce qu'on organise enfin une solidarité nationale avec le reste du pays qui prendra sa part du fardeau migratoire je vois que vous n'êtes pas convaincus mais en fait ce ne sera pas possible de laisser Mayotte devenir une cocotte minute on ne va pas pouvoir faire face il y aura sinon des violences c'est évident parce qu'on a atteint le seuil de l'acceptabilité sociale la population à Mayotte ne l'accepte plus et il y a déjà eu dans l'histoire des massacres à Zanzibar ou à Madagascar contre les populations comoriennes qui étaient en migration là-bas donc nous historiquement dans la région on sait que ça peut arriver
il ne faut pas que ça arrive
ça ne peut pas arriver ça ne doit pas arriver si on prend les réponses politiques adéquates ce n'est pas une menace que je dis c'est quelque chose qui est à nous tous dans nos mémoires que ce soit au Comores que ce soit à Madagascar en Tanzanie ou à Mayotte
à la France à l'Europe
on sait on sait que cette question d'acceptabilité elle est fondamentale quand vous avez une population étrangère qui arrive sur un territoire a fortiori un territoire insulaire vous avez toutes les infrastructures qui sont mises sous pression que ce soit les infrastructures scolaires sanitaires ou de production d'eau ou de production d'électricité le foncier est mis sous pression la capacité à nous alimenter à apporter suffisamment d'alimentation est sous pression par un système assez simple aujourd'hui on assiste à un déboisement massif de Mayotte une déforestation les migrants arrivent ils ont besoin d'espace pour s'installer ils coupent la forêt primaire ils déboisent ils déboisent parce qu'en plus ils veulent créer des champs donc en fait vous diminuez l'espace naturel sauvage vous détruisez l'écosystème ce déboisement entraîne des coulées de boue qui vont asphyxier le lagon qui par ailleurs le lagon est notre garde-manger on tue la réserve halieutique on tue la mangrove qui sert de protection en cas de tsunami je vous renvoie à la question de la montée des eaux qui pose un sujet tsunami et cyclone qui sont de plus en plus importants lorsqu'il y a le phénomène de réchauffement climatique si vous voulez on a tout un effet domino qui peut être qui est déjà catastrophique pour Mayotte la migration est un écocide c'est grave de dire ça mais c'est une réalité et de fait c'est une machine infernale qui nourrit les migrations parce que l'île ou les territoires n'arrivent plus à nourrir leur population les populations partent et ça et ça alimente un cycle migratoire infernal donc cette question elle ne peut pas évidemment être réglée par Mayotte seule il faut non seulement une prise de conscience pour le reste du pays mais avec une solution qui est européenne moi j'ai eu la chance dans le cadre de mes missions pour l'assemblée nationale au sein de la commission des affaires étrangères de m'emparer d'un rapport pour lequel je suis co-rapporteur sur les enjeux migratoires aux frontières sud de l'union européenne et dans l'océan indien et donc nous sommes allés voir à Mayotte mais aussi en Grèce et en Italie la réalité pour ces territoires qui sont à la frontière avec l'Afrique de l'impact migratoire et en fait ce qu'on observe c'est que autant pour moi quand je vais à Lampedusa ou quand je vais en Grèce c'est une situation comparable à celle de Mayotte autant nous notre pays ne se vivent
comparable
pas pire parce que en fait les autorités grecques et italiennes elles ont pris conscience et elles ont pris des mesures en Italie et en Grèce pour qu'il y ait la solidarité européenne et la solidarité nationale et elles ont réorganisé l'accueil des migrants dans ces deux zones alors que nous à Mayotte la France est dans le déni absolu
c'est réorganisé comment ?
c'est des camps
de rétention je veux commencer par là c'est que nous
pour moi maorès je vais à Lampedusa je vais en Grèce je vois des situations semblables à celles que je connais sur mon territoire la grosse différence c'est que Athènes et Rome ont pris conscience du problème Paris non Paris quand je vous dis quand je vous dis Lampedusa et la Grèce Lampedusa ou Lesbos sont des situations semblables à Mayotte personne ici ne l'accepte à Paris et donc on ne prend pas les mesures adéquates ça veut dire que quand on se dit pour nous Européens il faut créer des centres d'accueil avec des camps pour accueillir les migrants ça nous renvoie à un passé insupportable ça nous renvoie évidemment au camp de concentration au camp d'extermination c'est insupportable pour autant moi je vous dis maorès quand on n'organise pas l'accueil des migrants on crée des bidonvilles qui sont des zones indignes violentes insalubres dangereuses
donc vous êtes pour les centres de rétention
administratif c'est pas que les cras c'est plus que ça c'est plus que ça parce que en fait à partir du moment où vous dites une personne en situation irrégulière je n'organise pas son accueil je les laisse s'installer sur le territoire vous alimentez toute une économie clandestine vous alimentez le trafic humain vous alimentez le travail illégal vous alimentez cette économie souterraine qui est en fait en train de déstabiliser totalement les territoires et ça il faut prendre conscience que contrairement à ce qu'on pense en se disant c'est inhumain envers les migrants non seulement c'est plus humain d'organiser l'accueil et de construire les infrastructures nécessaires
qui ressemblent à des prisons
qui ressemblent à des prisons parce que ce sont des zones de rétention c'est évident parce que si vous allez au bout de la logique de dire que vous êtes dans une entrée qui est illégale vous ne pouvez pas dire je ferme les yeux j'ai rien vu rien entendu et puis on laisse faire parce qu'en fait à Mayotte on a laissé faire on ne peut pas gérer on n'arrive plus parce que l'anarchie appelle le chaos la nature humaine elle est ce qu'elle est si vous n'avez pas de règles vous allez dans la bordélisation absolue et nous on est dedans à Mayotte et donc celles et ceux qui dénoncent les camps qu'il peut y avoir en Grèce ou en Italie doivent venir à Mayotte pour voir ce que c'est quand on n'organise pas l'accueil c'est pas possible et on va au devant de violences les grecs et les italiens ont construit ces camps parce qu'il y a eu des violences contre les migrants ils ne se sont pas levés le matin avec des volontés concentrationnaires pas du tout c'est que l'afflux a été tel dans ces zones
c'est pas une volonté concentrationnaire
non oui mais c'est le discours qu'on entend dans la bouche des associations de protection des droits des étrangers en disant que c'est inhumain de vouloir construire des zones d'accueil et en disant regardez ce qu'ont fait les grecs qui ont été accusés comme les maorais d'être des xénophobes sauf que il y a eu des affrontements des violences extrêmement graves entre les migrants et les populations grecques parce que c'était devenu des zones de non-droit avec des agressions que les indigènes les locaux ne pouvaient plus n'avaient plus accès à leurs propres infrastructures et que les grecs moi je suis allée sur le terrain je suis allée les rencontrer j'ai discuté avec les autorités avec les habitants ils ont accueilli tenter plus c'est ce que nous on a fait à Mayotte et puis au bout d'un moment on n'y arrive plus parce qu'on est submergé parce qu'il y a toujours plus de misère humaine qui se déverse et qu'en fait on n'y arrive plus et donc c'est impératif qu'il y ait cette prise de conscience au niveau national
quand on entend sur le territoire dans la métropole Mayotte est un laboratoire
d'abord on n'est pas des hamsters merci bah oui bah oui mais en fait c'est très désagréable d'entendre ça je vais vous dire c'est un terme qui m'horripile parce que ça voudrait dire que nous on est on est des petits êtres qu'on va observer comme si on n'avait pas ni le droit de vote ni une conscience ni de sentiments non on n'est pas des laboratoires on est fermé toujours cette parenthèse
on n'est pas des hamsters
on n'est pas des hamsters ni des cochons d'âme
et donc quand vous vous entendez ça depuis la métropole quand vous entendez des gens qui disent voilà bah là avec Montbouchou il y a des gamines qui n'ont pas pu passer l'oral du bac parce qu'elles se sont fait déloger à coupes pelleteuses quand il y en a un qui pilotait sa pelleteuse à un moment il s'est retrouvé devant sa case il a fait une syncope parce qu'il a fait un malaise de devoir décaser cette misère là elle est prise comment sur le territoire français à Mayotte est-ce que les gens sont relogés dans de bonnes conditions où ça quelle est les capacités d'accueil est-ce que ça a été anticipé comment ça se passe ceux qui sont sans papier est-ce qu'ils sont à la pelletée ils passent du bus au tribunal au tribunal dans le bus et dans le bateau et reconduit comment ça se passe est-ce qu'il y a de la dignité de l'humanité comment on gère ça sur place
alors les les les les destructions des bidonvilles se font dans le cadre de la loi les relogements sont offerts à celles et ceux qui y ont droit c'est pas quelque chose d'automatique si vous êtes en situation irrégulière vous êtes voué à être expulsé du territoire donc les personnes qui sont je termine mon cher si vous voulez pardon
s'il y a des gens qui sont là depuis plus de 20 ans ils vont se faire reconduire comme ça
si vous n'avez pas de papier que vous êtes en situation irrégulière vous êtes expulsé parce que vous occupez illégalement un terrain c'est pas parce que vous avez volé depuis 20 ans que c'est devenu votre propriété c'est un terrain qui appartient soit à une collectivité soit à une famille qui paye des impôts qui est allée au tribunal pour récupérer son bien pour lequel elle a payé ou qu'elle a acheté ou dont elle a hérité Mayotte c'est pas l'île du bon sauvage Robinson Cruzoé et ça n'appartient à personne il n'y a pas un centimètre carré à Mayotte qui n'a pas de propriétaire c'est d'ailleurs un foncier qui vaut extrêmement cher donc celles et ceux qui occupent illégalement des terrains en construisant des bidonvilles ont volé ces terrains c'est du recel moi je refuse d'entendre ce discours de misérabilisme c'est nier totalement que ces terrains ont des propriétaires ils ont des propriétaires qui sont allés en justice qui ont payé des frais d'avocat les familles maoraises ne sont pas des familles riches c'est une famille qui a mis en commun toutes ses économies pour payer un avocat et des frais d'avocat hors de prix pour récupérer son bien et obtenir son terrain et quand l'état daigne mobiliser la force publique pour faire une décision exécutée une décision de justice vous avez des hordes d'avocats qui débarquent de l'hexagone pour se donner bonne conscience aider leurs étrangers aller au tribunal engorger notre désert judiciaire avec 90% des affaires à Mayotte concernent le droit des étrangers parce que là-dedans les associations de défense des étrangers considèrent à juste titre à Mayotte que dans la masse d'étrangers il y aura bien un cas d'école qui fera jurisprudence et qui fera avancer le droit des étrangers pour le reste du territoire national parce que c'est ça la réalité à Mayotte c'est que nous justice fiable on n'a pas accès au tribunal parce qu'il est engorgé pour des affaires qui concernent des étrangers pour faire avancer le droit des étrangers la réalité à Mayotte c'est qu'on est dans une concurrence entre le droit du national du ressortissant français qui n'a pas accès à ses propres infrastructures qui n'a pas accès à ses propres services publics qui sont monopolisés par une population étrangère en situation irrégulière qui ne contribue pas aux frais de ses services publics parce que par définition le clandestin ne paye pas d'impôts ne participe pas aux frais de la collectivité c'est ça qui est insupportable quand vous êtes comme dans l'Hexagone avec peut-être un pourcentage en deçà de 10% de population il n'y a aucun territoire qui a plus de 50% de la population qui est étrangère en situation irrégulière comme c'est le cas à Mayotte à Mayotte vous avez quand vous êtes à la table des services publics une personne sur deux n'a pas payé pour ses services publics ne paye pas d'impôts n'a pas contribué à développer tout un monde parallèle où vous allez vous ponctionner sur l'approvisionnement en électricité c'est une usine avec du fioul et bientôt peut-être un petit peu de renouvelable avec de l'éthanol c'est toute une discussion parce que l'éthanol va être importé enfin bref mais sur la question de comprendre de quoi il s'agit l'illégalité de ces personnes quand on me dit oui on va les reloger je voudrais qu'on décortique un petit peu de quoi on parle on parle de personnes qui sont arrivées qui illégalement entrer sur un territoire qui vont s'installer illégalement sur un terrain qui ne leur appartient pas elles vont payer de l'argent souvent à des marchands de sommeil parce qu'elles font l'objet de beaucoup de trafic elles vont payer de l'argent aux trafiquants donc ces personnes ont de l'argent parce que vous payez pas rien vous payez beaucoup de frais pour entrer illégalement à Mayotte vous payez beaucoup de frais pour y rester donc ces gens n'ont juste pas d'argent pour contribuer au service public ces personnes ont de l'argent pour aller payer les frais au niveau de la préfecture pour demander des papiers pour être régularisées ça coûte cher de faire un dossier ces personnes je sais pas mais en gros entre 300 et 800 euros ces personnes elles payent des frais d'avocat et elles elles font des tontines pour se faire régulariser voyez c'est-à-dire une pauvreté toute relative chaque foyer a ses priorités ces personnes elles s'organisent pour monopoliser des terrains qu'elles occupent illégalement et ensuite elles se tournent vers les associations quand elles sentent le vent tourner et puis elles disent moi j'ai des droits pour nous maorèses et maorés ça veut dire quoi ça veut dire que c'est la prime à l'illégalité ça veut dire que vous dites serrez les dents entrez illégalement occupez illégalement si vous restez assez longtemps il y aura l'association de services qui va venir qui va vous aider et on va retourner la loi pour vous donner des droits
j'ouvre une parenthèse
non non parce que je vais au bout de ce que ça veut dire ça veut dire que on dit à ces gens on va vous reloger allons sur la question du relogement je vous rappelle que ces terrains illégalement occupés appartiennent aux collectivités publiques c'est-à-dire que ces terrains sont destinés à la construction des logements sociaux comment est-ce que vous voulez qu'on construise des logements sociaux à Mayotte si ces terrains sont occupés moi je veux bien tout entendre l'île elle fait 375 km² elle n'est pas extensible si vous avez ces terrains occupés vous ne pouvez pas construire dessus en même temps c'est simple donc à un moment il faut de la cohérence je rappelle quand même que la loi c'est la loi du relogement c'est pas que vous occupez on vous reloge c'est pas ça si vous êtes en situation régulière que vous justifiez de votre présence et de vos droits vous êtes relogés temporairement c'est ça la loi il y a un espèce d'abus discursif de la part de ces associations qui laisse penser qu'en fait on doit à ces personnes d'être relogés point non on doit les reloger temporairement si les uns et les autres les bonnes âmes veulent les reloger je les invite à penser aux zones qui sont de plus en plus inhabitées dans l'hexagone et qui attendent désespérément ces villages qu'on repeuple moi je voudrais pas qu'on vous empêche de bénéficier de cette migration et d'aller à votre bon coeur aider les uns et les autres parce que si vous voulez
c'est toujours 34% ou c'est plus ?
oui c'est 34% recensé
je vous ai coupé comment vous voyez après votre expérience à Lampedusa et ailleurs comment vous voyez la position européenne est française par rapport aux flux migratoires
bon la position bah oui parce que la position européenne ça voudrait dire qu'il y en a une en fait il y en a plusieurs totalement contradictoires la position française qui est très claire c'est d'une incohérence absolue c'est à dire qu'on n'est pas capable d'avoir une politique publique qui soit comment dire cohérente je vais vous parler d'un d'un cas très simple mais qui est le cœur du problème à Mayotte c'est la situation des enfants donc en fait vous savez que quand le droit du sol signifie que quand vous naissez en France de parents étrangers vous avez à terme la nationalité française c'est à dire qu'entre 0 et 18 ans vous n'êtes pas expulsable parce que vous êtes potentiellement français mais vous n'êtes pas français c'est pas certain que vous le deveniez ce que vous avez suivi vous naissez en France de parents étrangers entrés illégalement sur le territoire à 18 ans vous pouvez potentiellement devenir français pendant ces 18 ans vous n'êtes inexpulsable mais vous n'êtes pas français ces enfants sont en fait sans papier sans nationalité non expulsable et leurs parents arguent de 7 enfants pour ne pas être expulsable et ça c'est par exemple un des angles morts de la politique de l'immigration en France on ne statue pas sur le cas de ces enfants on ne peut pas les expulser les associations ont construit tout un discours pour dire que leur scolarisation est obligatoire alors qu'en fait c'est leur éducation qui est obligatoire ce n'est pas la même chose leur instruction et donc on est à Mayotte dans une situation où vous avez des dizaines de milliers d'enfants qui sont nés de parents étrangers qui ne sont pas français mais qui ne sont pas expulsables qui sont pourtant en situation irrégulière et il y a un espèce de no man's land au niveau du statut légal de ces enfants de ces mineurs et aujourd'hui on arrive à cette vague où on a toute une cohorte une classe démographique d'enfants nés de parents comoriens qui sont arrivés petits à Mayotte qui peuvent éventuellement prétendre à la nationalité qui vont à la préfecture dont le cas est examiné et qui en fait ne remplissent pas les conditions de l'obtention de la nationalité française ces enfants ces jeunes sont de plus en plus nombreux font maintenant l'objet du combat de la CIMA du JICI etc.
qui disent mais en fait ce sont des Mahorais c'est un peu l'équivalent des Dreamers qu'on a vu pendant les années du mandat d'Obama c'est-à-dire des enfants qui sont en fait étrangers qui prétendent à la nationalité mais en fait qui n'y ont pas droit tel que les textes existent mais les autorités comoriennes ne veulent pas en entendre parler ces jeunes ont fait l'objet de discussions des négociations avec les Comores les Comores ne veulent pas en entendre parler et pour autant on est dans les limbes du statut on ne sait pas quoi en faire ça c'est une des incohérences du droit français expliquez-moi pourquoi est-ce qu'on n'arrive pas à déterminer que si vous êtes mineur que vous n'avez pas de papier normalement on ne peut pas vous dire je ne peux pas vous expulser comprenez c'est quand même un impensé dans la réflexion c'est notre notre enjeu pour nous législateurs ou en tout cas pour moi qui suis à l'Assemblée nationale à l'évidence ça va sortir dans les discussions dans les prochaines années sur la question du droit des étrangers sur la question migratoire
question internet est-ce que sa position politique est partagée par ses collègues députés du groupe Elliot et Elliot
non à Mayotte alors Elliot n'est pas un groupe politique c'est un groupe parlementaire c'est à dire que nous avons Richard Robin bah oui Richard Robin donc le groupe Liott liberté indépendante outre-mer et territoire auquel j'appartiens à l'Assemblée nationale est un groupe parlementaire c'est à dire que c'est un groupe technique nous sommes une vingtaine de députés qui se sommes rassemblés on n'a pas une ligne politique commune il y a des élus qui sont centristes il y a des élus qui sont socialistes il y a des élus qui sont comme moi sans étiquette politique et on s'est rassemblés pour avoir en fait du personnel du temps de parole une place en fait dans l'Assemblée si vous êtes en député indépendant vous avez moins de temps de parole vous ne participez pas à la conférence des présidents à l'Assemblée vous n'êtes pas consulté lors des négociations avec le gouvernement etc donc il faut être au minimum 15 députés pour constituer un groupe parlementaire alors la plupart du temps le groupe parlementaire est un groupe politique donc c'est le groupe RN le groupe Renaissance le groupe LFI mais nous notre groupe LIOT n'a pas de ligne politique j'ai le soutien de beaucoup de mes collègues mais on n'a pas de ligne politique alors il se trouve que sur les sites d'information et de statistiques politiques notre groupe LIOT qui pourtant n'a pas de consignes politiques est celui qui vote le plus en cohérence c'est à dire qu'on est souvent aligné sur nos votes mais en fait c'est pas une instruction
j'ai lu sur les réseaux sociaux que vous chauffiez à blanc les Mahorais et que résultat des courses ils bloquent l'accès aux soins pour les sans-papiers à Mayotte qu'est-ce que c'est vrai c'est pas vrai alors c'est me prêter
c'est me prêter beaucoup de est-ce qu'il y a des gens
qui bloquent l'accès aux soins à des gens sur l'île
les collectifs de citoyens j'ai présidé un collectif de citoyens pendant plusieurs années les collectifs de citoyens ont décidé d'être en vigilance devant les dispensaires et le CHM l'hôpital à Mayotte pour dénoncer le fait qu'une partie de l'appel d'air migratoire est organisée par la gratuité des soins qui est organisée à Mayotte par exception et en fait l'exigence d'une partie de la population c'est de dire on ne peut pas avoir Wambufu si on ne s'attaque pas à tous les volets qui organisent et qui orchestrent l'appel d'air migratoire donc moi je n'ai donné aucune consigne je ne chauffe pas à Blanqui que ce soit à Mayotte on n'a pas besoin je ne suis pas un chef de gang comme on pourrait l'entendre dans la formulation du propos que vous venez de tenir mais pour le coup pour le coup je pense que c'est très important de comprendre parce que c'est c'est rare dans l'hexagone c'est qu'en fait nous on est une population qui est extrêmement politisée à Mayotte la politique c'est une question de survie vous savez vous connaissez l'expression quand on dit si ce n'est pas vous qui vous occupez de politique c'est la politique qui s'occupe de vous à Mayotte c'est une réalité donc tout le monde est très investi de 7 à 77 ans
ça vote quoi Mayotte ?
ça vote beaucoup
ça vote quoi Mayotte ?
ça vote ça dépend aux élections mais ça dépend aux élections ça dépend auxquelles élections alors je vais vous répondre non non non je vais vous répondre parce qu'en fait c'est très intéressant j'espère bien non non non c'est intéressant parce qu'en fait à la présidentielle les maorais votent RN et LFI en élection locale il n'y a aucun élu RN et il n'y a pas d'élu LFI c'est à dire qu'on a un électorat qui est très précis sur ses attentes les attentes des maorais au niveau national c'est l'émission régalienne ça veut dire 60% pour le RN environ et le reste c'est du LFI et Renaissance a fait des scores catastrophiques parce que on a estimé que le président Macron avait lors de son premier mandat trahi Mayotte et donc sanctions au niveau des urnes et de la même manière moi je suis issue de la société civile je n'ai aucun parti et ça a été comment dire un un rejet des structures politiques traditionnelles c'est à dire qu'en fait c'est un vote sanction avec une mission très claire qui a été pour moi de porter les revendications que j'avais portées depuis 2018 parce qu'il faut comprendre la situation aujourd'hui à Mayotte comme le fruit du soulèvement de 2018 en 2018 Mayotte s'est soulevé à cause de l'insécurité provoquée par l'immigration clandestine la réponse qui nous a été apportée n'était ni à la hauteur du problème ni en lien avec ce que nous avions demandé nous avions demandé de l'insécurité de la sécurité de la sécurité et la mobilisation des forces de l'ordre et une lutte contre l'immigration clandestine sur les 5 années qui se sont passées on a juste eu un déferlement de violence pas de renfort un ministre de l'intérieur castanier qui va danser dans les bidonvilles avec les clandestins c'est à dire le ministre castanier est allé danser quand même à la vigie au lieu de l'immigration clandestine voilà enfin je veux dire pour nous ça a été mais une humiliation on a eu une série de visites touristiques ministérielles à chaque fois pour aller vers le petit bisou à son clandestin on était scandalisés et donc sanctions dans les journées et par contre je dois retourner dans les musiques mais à l'inverse sur les élections locales que ce soit le conseil départemental ou les municipales où il y a énormément de participation Mayotte reste principalement une île LR les républicains et ça en fidélité au président Sarkozy qui a accordé la départementalisation et c'est une île sinon qui a beaucoup de trajectoires personnelles mais qui est très très mobilisée électoralement
question Wambushu ça va pas les faire bouger autre chose que ça va pas faire bouger les bidonvilles un peu plus loin dans la jungle
mais ça c'était déjà le cas c'est pour ça que la question des reconduites elle est très importante si pendant qu'on détruit les bidonvilles on ne procède pas aux reconduites à la frontière évidemment on va juste déplacer le problème et c'est l'inquiétude de beaucoup de maires c'est pour ça que la question c'est qu'il y ait une coordination qui soit importante et un effort sur la durée
qu'est-ce qui se passe si on reconduit à la frontière quelqu'un qui peut pas repouvrir sa date de naissance et qu'en fin de compte c'est un mineur qui était scolarisé qu'est-ce qui se passe ça existe ça existe pas il y a eu des cas comme ça ou pas je sais pas d'accord la commission des affaires étrangères parce qu'il ne me reste que 10 minutes je vais vous séquestrer je vais appeler l'Assemblée nationale qu'est-ce qu'on fait la commission des affaires étrangères c'est les vacances c'est pas les vacances avec le président Bourlange
non certainement pas moi personnellement ou de manière générale la commission des affaires étrangères comme la commission des affaires européennes est chargée non seulement d'examiner tous les traités tous les accords internationaux que passe la France donc qu'on valide le travail en commission c'est un vote restreint qui sera après qui va servir de vote pour l'Assemblée nationale sinon qui est le vote avant celui qu'il y aura dans l'hémicycle mais tous les traités ne sont pas examinés dans l'hémicycle en gros je la fais courte donc ça c'est une grosse partie de notre travail et puis il y a toutes les missions qui sont des rapports où en fait on s'empare de sujets et comme j'ai évoqué avec vous par exemple on est deux députés à travailler sur les enjeux migratoires aux frontières sud de l'Union Européenne et de l'Océan Indien
ça a augmenté ou ça n'a pas augmenté quoi donc les flux de migrants dans la Méditerranée sud oui de combien
moi je ne suis pas bonne avec les chiffres mais ça a beaucoup augmenté là j'étais il y a deux semaines enfin il y a une semaine en Italie à Lampedusa les autorités les autorités italiennes font état d'une augmentation de plus de 200% ils s'attendent à ce qu'on ait au moins un demi-million de migrants qui arrivent par la Méditerranée cette année et principalement des francophones des migrants qui arrivent de Côte d'Ivoire et de Guinée équatoriale ça veut dire que c'est une migration qui ne va pas rester en Italie et qui va venir en France et ça c'est sans prendre en compte l'instabilité qu'il y a au Soudan et les Grecs par exemple nous ont informé du fait qu'il y avait de plus en plus de migrants qui arrivaient de Palestine et que donc eux ils constatent qu'ils voient arriver des Libanais et des Palestiniens ce qu'ils ne voyaient pas avant et donc moi ce que je peux rapporter de la mission c'est que les flux migratoires reprennent
je peux gratter 15 minutes
bien sûr 10 on ne négocie pas avec les terroristes 10 minutes les flux migratoires augmentent changent s'intensifient avec comme ce qu'on peut voir à Mayotte beaucoup de mineurs qui sont en migration et ça en fait nos systèmes d'asile et de protection et d'immigration ne sont pas du tout réfléchis pour une migration des mineurs c'est ce qu'on appelle les mineurs étrangers isolés pour la France où on voit bien que pour ne pas rentrer dans la cuisine politique mais en fait c'est important la prise en charge des mineurs étrangers isolés elle est à la charge des conseils départementaux c'est de la politique locale et en fait le régalien la protection de la frontière c'est l'état et nous on voit à Mayotte une tension entre notre conseil départemental qui dit à l'état voilà la facture du fait que vous ne protégez pas la frontière parce que nous on est en train de payer pour la santé infantile comme la protection des mineurs isolés dans l'aide sociale à l'enfance dont les coûts ont explosé à Mayotte et qui sont principalement absorbés par la protection des mineurs comment rien l'état notre conseil départemental est en négociation avec l'état pour présenter la facture et dire attendez ça c'est le fruit de votre incapacité à protéger la frontière donc vous allez régler la facture et ça c'est une discussion que moi je connais à Mayotte et qui est la discussion qu'il y a eu aussi en Grèce qu'il y a eu aussi en Italie qui ont eux développé une politique nationale de prise en charge des mineurs et qui voient avec effarement arriver de plus en plus de mineurs seuls sur ces bateaux qui déboulent et qui sont nous on le voit et moi je l'ai dit à mes homologues en Italie petits enfants petits problèmes grands enfants grands problèmes nous on a à Mayotte des milliers de mineurs qui ont grandi sans supervision adulte une institution ne peut pas prendre en charge un mineur c'est faux un mineur ne peut être pris en charge que par des familles les familles d'accueil à Mayotte elles sont saturées on est au-delà des normes nationales et en fait s'il n'y a pas de supervision d'adulte un mineur dégénère c'est se mentir que de refuser cette réalité
c'est ce qui s'est passé après le tremblement de terre à Haïti avec les grands retardés c'est ça ?
oui c'est ça je pense qu'en fait si on ne réalise pas qu'à Mayotte les adultes sont en minorité par rapport aux plus jeunes on ne comprend pas l'incapacité qu'on a comme société à faire face au phénomène des mineurs isolés c'est pour ça que pour nous c'est impératif qu'on applique la circulaire Taubira et qu'il y ait une prise en charge nationale de ces mineurs avec une répartition de l'effort parce que vous ne pouvez pas et je sais bien que la prise en charge de l'enfance en danger l'enfance en danger en France elle est en grande difficulté je ne dis pas le contraire mais à Mayotte on est en train de fabriquer des monstres et si on va aller au bout de ce constat on fabrique des monstres parce que je vais vous dire qu'est-ce que ça veut dire une mauvaise prise en charge des mineurs ça veut dire que ces enfants non seulement deviennent dangereux pour eux-mêmes mais ils sont en danger parce qu'ils ne sont pas protégés parce qu'ils peuvent être victimes d'abus sexuels de travail forcé d'exploitation c'est ça en fait cette défaillance des adultes cette défaillance du système envers les plus faibles crée les problèmes de demain et donc génère cette violence après qu'ils se retournent contre la société
c'est comment pour arrêter des bateaux de migrants mineurs ?
ça c'est une question en fait qui est la question d'aujourd'hui pour Mayotte mais la question de demain pour tout le continent européen parce qu'aujourd'hui le droit international le droit de la mer c'est que n'importe quel bateau quel que soit son statut on le secoue c'est une règle humaine à partir du moment où vous décidez comme l'ont fait l'OTAN et l'Union Européenne qu'on peut instrumentaliser des flux migratoires pour en faire une menace hybride pour déstabiliser un pays et c'est ce qu'on voit avec la migration comorienne qui est instrumentalisée par les autorités pour déstabiliser Mayotte est-ce que vous considérez que les migrants qui sont en détresse sont une menace et donc vous autorisez vos forces de défense à réagir comme face à n'importe quelle menace c'est pour ça
c'est pour ça
que c'est une menace hybride c'est pour ça que c'est une menace hybride et c'est pour ça que c'est un casse-tête au niveau du droit aujourd'hui les autorités en mer grecque font ce qu'on appelle du pushback c'est-à-dire que quand elles voient rentrer dans leur zoo territoriale des bateaux chargés de migrants qui ne sont pas en détresse elles le repoussent hors de leur zoo et ça c'est en train de créer un précédent
elle les repousse gentiment
elle les repousse en créant des vagues elle les repousse en on limite
en les enchalurées
non justement
en crevant les zodiaques
non ça ça les regarde moi ce n'est pas ce que j'ai vu c'est ce que certaines associations rapportent mais en fait moi je vais vous dire sur le fond j'ai du mal à y croire parce qu'en fait si elle crevait le zodiaque elle serait forcée de faire l'opération de sauvetage ce qui n'est pas du tout l'objet de la stratégie grecque la stratégie grecque c'est de pousser le bateau hors de la zone des eaux grecques et donc de la responsabilité des autorités ça veut dire qu'en fait elles disent on va appliquer la notion de frontière en mer et ça aujourd'hui c'est pas clair c'est clair sur l'exploitation des ressources c'est clair sur la pêche ou l'exploitation des algues ou quoi quel que soit ce que on peut observer avec la pêche illégale vous avez la marine
vous avez la loi de programmation militaire
vous avez la marine qui est autorisée à agir contre la pêche illégale mais en fait on n'a pas en termes de droit de solution par rapport au trafic humain illégale si ce n'est le sauvetage et quand c'est le sauvetage de fait on se retrouve en Grèce comme en Italie comme à Mayotte où vous avez vos forces d'ordre qui sont simplement en train de transporter les migrants de la mer à la terre et donc pour nous pour la population on se dit mais en fait c'est pas de la lutte contre l'immigration clandestine vous êtes en train d'aider les migrants et donc ça c'est un sujet éminemment politique qui n'est pas du ressort ni de la défense ni des forces intérieures c'est pas la police la gendarmerie ni nos marins ni nos militaires qui vont décider de notre politique d'asile et d'immigration et de la réforme du droit en mer c'est nous parlementaires nous décideurs politiques qui devrons prendre ce débat et alors évidemment compte tenu du contexte politique national et international je peux vous dire que ça va pas être une partie de plaisir que ça va pas être d'une grande finesse je ne suis pas sûre que ce soit à la hauteur des enjeux très honnêtement parce que les projections de l'ONU sur des millions de personnes qui vont prendre les routes de l'exil sur les prochaines décennies pour fuir les catastrophes la famine ou le changement climatique ou la guerre évidemment que ça va nous interroger nous pays d'accueil et est-ce que en suivant les mots de Rocard on peut pas accueillir toute la misère du monde si c'est le cas comment est-ce qu'on trie comment est-ce qu'on accueille comment est-ce qu'on refoule c'est des questions que je formule très simplement mais qui en fait philosophiquement nous interrogent et induisent une fois qu'on aurait répondu à cette question toute une mise en oeuvre d'une politique qui soit cohérente actuellement aujourd'hui on est dans une politique nationale avec beaucoup d'angles morts et on est dans une politique européenne complètement contradictoire et chaotique c'est-à-dire que certains pays du nord de l'Europe décident qu'en fait ils allongent financièrement au niveau des pays frontaliers avec l'Afrique en disant on fait notre part on paye et vous avez des pays du sud qui par les urnes disent on peut plus et en fait on va changer on va réduire les règles d'accueil de l'asile on va réduire les droits des étrangers et il y a une réponse de rejet politique organisée et moi ce que j'ai pu observer c'est qu'il y a quand même une remise en question fondamentale du droit d'asile dans ces pays du sud le droit d'asile en Europe il est hérité de la seconde guerre mondiale le droit d'asile ça veut dire protection pour celles et ceux qui sont en danger comme il y a eu abus du droit d'asile aujourd'hui ce droit même est en danger et ça je pense que c'est pour ça que j'ai abordé tout à l'heure la question est-ce qu'on octroie le statut de réfugié à celles et ceux qui fuient leur pays à cause du changement climatique c'est parce que ça induit beaucoup de droits pour comment dire les personnes et d'obligations pour les pays d'accueil mais vous voyez je vais terminer là-dessus j'ai eu une discussion avec une amie j'ai une amie non mais j'ai une amie qui me disait qu'elle vivait en Asie et elle me dit les pays asiatiques la Chine le Japon la Corée n'accueillent pas de migrants point et elle me dit nous en Europe on est convaincus et on a cette mission et on accueille on accueille mal peut-être mais on accueille elle dit la discussion sur l'immigration ne peut être qu'une discussion mondiale comme pour le changement climatique et donc il faudra à un moment que les pays occidentaux forcent les pays asiatiques à prendre leur part de migrants et il ne s'agira pas il ne s'agira pas de simplement payer
l'union des comores est membre de la ligue arabe et de l'organisation de la coopération islamique a-t-elle sollicité la solidarité de ces organisations question de RZ
solidarité financière oui absolument la ligue arabe la ligue islamique payent beaucoup d'argent aux comores pour moi trop mais bon c'est leur problème
il y a une influence islamique à Mayotte ou pas d'imams qui sont parachutés sur place ou pas du tout comment ça se passe
Mayotte est une terre musulmane traditionnellement par contre ce qu'on observe c'est que les pratiques comme les comores sont traversées par des influences opposées à une terre
française chrétienne c'est ça
non c'est pas ça c'est que les comores sont traversées par des radicalités chiites sunnites et que par les migrants qui viennent et qui installent des mosquées clandestines à Mayotte elles apportent leurs propres pratiques qui sont contrairement contraires à nos traditions à nous et donc nous on observe une concurrence par rapport à nos pratiques traditionnelles et un questionnement une remise en question évidemment on ne peut pas se dire que quand vous êtes avec des bidonvilles des personnes qui sont tout à fait mûres pour être radicalisées que ça ne pose pas un risque pour la sécurité publique c'est pour ça que le ministre de l'intérieur avait dit lors des justificatifs pour l'opération en bouffou qu'il y avait la question du terrorisme pour Mayotte tiens
j'ai 21h55
je dois y aller
donc dernière question qui n'est pas une question c'est conseiller 3 livres
20h55 j'espère pas 21h55
20h55
c'est la dernière fois
que vous faites ça c'est pas 1h45 c'est une cure-midi je vais me fâcher on va dire que tu pourras-je revenir il y a intérêt 3 livres à conseiller à notre communauté des livres qui ont été importants pour vous et un conseil pour les jeunes générations et après je vous laisse filer pour aller parler de la loi de programmation militaire
3 livres qui ont été importants pour moi les fleurs du mal de Baudelaire un deuxième livre Le prince de Machiavel et Saint-Germain ou la négociation qui est un livre qui m'a permis de comprendre la subtilité c'est-à-dire que moi j'étais quelqu'un de très linéaire et en fait pour moi la littérature elle m'a appris à comprendre le double discours et un monde qui est multidimensionnel moi j'avais toujours en fait ma réflexion elle est plate elle est assez simple et en fait la littérature m'a permis de comprendre qu'il pouvait y avoir de la complexité du sous-entendu du double discours enfin de sortir du simplisme dans lequel j'étais
Vous êtes mûre pour devenir diplomate Non Un conseil pour les jeunes générations ?
Je ne serai jamais diplomate ça je pense que peut-être que dans les propos qui ont été tenus un peu plus tôt où on disait que je chauffais à blanc les gens je suis très intolérante et très radicale dans mon engagement pour Mayotte mais parce que je pense que notre île a besoin de radicalité parce que les problèmes sont radicalement graves donc non je ne pense pas que j'ai une once de diplomatie et personne ne peut le penser
ça c'est clair
un conseil pour les jeunes générations une bouteille à la mer quelque chose d'impérissable
Engagez-vous battez-vous aimez aimez fort
J'en profite j'embrasse Mayotte et mes potes maorais et comorien et je passe je passerai d'autres bonjours plus tard Estelle Youssoufa merci beaucoup
Merci à vous c'est un plaisir d'avoir cette discussion
on vous attend pour un deuxième épisode parce que une heure 45 c'est trop court surtout sur ce type de sujet là
avec plaisir
Estelle Youssoufa merci
merci à vous
Estelle Youssouffa