L'invité politique Sud Radio - Laurent Panifous, Ministre délégué en charge des relations avec le Parlement, est l'invité politique
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- 0:33OuverteRéponse directe
Vous avez commencé ces consultations ?
- 0:44OuverteRéponse directe
Vous le regrettez ?
- 0:46OuverteRéponse directe
Pourquoi ce boycott ?
- 1:16OuverteRéponse partielle
Quelle est la piste privilégiée aujourd'hui ?
- 2:30OuverteRéponse directe
Une hausse moins forte que prévue des retraites, donc ?
- 3:02OuverteRéponse directe
Effort très important pour la baisse des dépenses de l'État, c'est-à-dire ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:21Invité politiqueFait
« Les Français sont suspendus aux décisions du gouvernement concernant l'élaboration du budget 2027. »
- 0:25Invité politiqueChiffre
« La contribution des retraites a été confirmée par David Damiel. Sur ce plateau, il faut économiser 6 milliards, a-t-il dit. »
- 1:21InvitéFait
« Il va falloir le faire sans la LFI qui a déjà annoncé qu'elle boycottait. »
- 2:07InvitéFait
« L'essentiel de l'effort, et ça, c'est certain, sera fait par l'État, très largement, très largement. »
- 2:24InvitéPromesse
« Ça sera éventuellement une hausse moins forte que prévue des retraites. »
- 4:45InvitéPromesse
« La défense sera préservée. »
- 5:17InvitéFait
« Le budget qui va être présenté sera le budget du gouvernement. Il aura été fait et arbitré à l'issue de consultations. »
- 6:26InvitéFait
« L'objectif du gouvernement c'est de donner un budget à la France. Un budget sérieux qui tient compte du déficit, un budget acceptable pour les forces politiques et un budget pour l'équipe qui va nous succéder. »
- 8:14InvitéPromesse
« La commande du Premier ministre est claire, c'est pas de hausse de la fiscalité. »
- 9:35InvitéFait
« Il y a un décalage et un déficit dans le financement de nos retraites, c'est un fait, que l'on soit de gauche, de droite, c'est un fait comptable. »
- 13:01InvitéFait
« On doit se protéger, nos administrations, nos entreprises, nous-mêmes en tant que particuliers. C'est quelque chose que l'on doit intégrer. »
- 17:48InvitéFait
« Je crois que nous devons faire une révolution intellectuelle, républicaine, dans l'esprit des responsables politiques. »
Temps de parole
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Sud Radio, l'invité politique,
Jacques
Cardoze.
8h30 à l'écoute de Sud Radio, l'heure du grand entretien politique. Aujourd'hui, Jacques, vous recevez Laurent Panifousse, ministre délégué en charge des relations avec le Parlement.
Laurent Panifousse, bonjour. Bonjour. Les Français sont suspendus aux décisions du gouvernement concernant l'élaboration du budget 2027. Les arbitrages se poursuivent, la contribution des retraites a été confirmée par David Damiel. Sur ce plateau, il faut économiser 6 milliards, a-t-il dit. Et vous, vous êtes chargé de consulter les groupes parlementaires. Vous avez commencé ces consultations ? Oui, nous avons commencé
hier et ces consultations vont se prolonger jusqu'au début de la semaine prochaine.
Il va falloir le faire sans la LFI qui a déjà annoncé qu'elle boycottait. Oui, c
'est
son choix. Vous le regrettez ? Oui. Pourquoi ce boycott ? Ça vous empêche
tout
de suite, déjà, dès
le départ, dans les négociations ? Non, ça ne nous empêche pas. La volonté, la commande du Premier ministre est claire, c'est que nous puissions consulter avant que l'arbitrage final sur la copie du budget du Premier ministre arrive dans quelques jours, que nous puissions consulter l'ensemble des forces politiques sur leur position vis-à-vis de la retraite, qui est un sujet sensible parmi les autres. Que la France insoumise ait refusé cette consultation, c'est leur droit, c'est regrettable, mais ils avaient déjà refusé les consultations l'année dernière dans la préparation du précédent budget.
Alors, vous allez présenter au groupe, et vous avez déjà commencé à le faire, ces deux pistes qui tiennent l'accord, désindexation des plus fortes pensions, ou suppression de l'abattement fiscal pour frais professionnels. Quelle est la piste privilégiée aujourd'hui ?
Écoutez, l'arbitrage sera donné après ces consultations, après que nous ayons eu l'avis de toutes les sensibilités politiques présentes au Parlement, et effectivement,
il y a deux
pistes. Écoutez, pour l'instant, je n'ai vu qu'un groupe, nous n'avons reçu qu'un des groupes parmi les 11 à l'Assemblée nationale et parmi les 7 au Sénat, puisque sur tout le Parlement, vous avez 18 groupes parlementaires, c'est beaucoup, donc nous allons les consulter, et puis après, nous en ferons peut-être notre religion dans quelques jours, en tout cas,
c
'est le Premier ministre qui tranchera. L'idée, effectivement, c'est qu'il y a quand même la nécessité, peut-être, de demander aux retraités de participer à un effort collectif, mais il y a deux choses à dire. L'essentiel de l'effort, et ça, c'est certain, sera fait par l'État, très largement, très largement. Je crois que c
'est
ce qu'attendent les Français, nous l'avons bien compris. L'État montrera l'exemple, et vous le verrez dans les prochains jours, et ensuite, il n
'y
aura absolument aucune baisse des retraites. C'est une ligne rouge qui a été fixée par le Premier ministre. Donc, s'il doit y avoir quelque chose, ça sera éventuellement une hausse moins forte que prévue des retraites. C'est important.
Une hausse moins forte que des retraites, que prévue, donc
des indexations. Oui, c'est un nom un petit peu complexe, mais je pense que pour les Françaises et les Français qui nous écoutent, il faut être clair. Qu'est-ce qui va se passer si nous allions vers une sollicitation des retraités ? C'est que leur retraite augmente un petit peu moins que prévue, et ce delta nous fait faire des économies à l'échelle budgétaire.
Pour eux, ça veut quand même dire une perte de pouvoir d'achat
? En
relatif, oui, par rapport à l'augmentation de
l
'inflation, soyons clairs. Mais concrètement, en numéraire, l'euro touché, ça ne baissera pas. Ça augmentera, mais moins que prévu.
Alors, vous venez de dire également, effort très important pour la baisse des dépenses de l'État, c'est-à-dire ? Oui,
dans le budget qui sera présenté par le Premier ministre dans les prochains jours, l'essentiel de l'effort budgétaire que nous devons faire pour faire face à ce déficit majeur, à cette crise de croissance, à la crise internationale que toutes les Françaises et les Français constatent. C'est l'État qui va le faire. Et depuis plusieurs années maintenant, nous voyons bien que les Françaises et les Français demandent à l'État de montrer l'exemple. Nous allons le faire. L'État va montrer l'exemple. Nous
demanderons peut-être
à d'autres sphères, peut-être les retraités, dans la sphère publique, peut-être aussi les collectivités, mais d'abord l'État, de faire des efforts dans des proportions très importantes. Dans des proportions très importantes. Oui. Et les collectivités ? Les collectivités, si elles devaient être mises à contribution, seront aussi probablement mises à contribution sur une hausse, comme les retraités, moins importante que prévu, mais certainement pas par une baisse et certainement pas non plus par une stabilité. Donc, si je comprends bien et si
je résume, à la fois pour ces retraités et à la fois pour les collectivités, c'est un frein dans la progression.
C'est comme ça qu'il faut. Un
frein dans l'augmentation, qui n'est pas neutre, c'est une décision qui doit être prise en compte, notamment dans les collectivités. Je suis élu local dans la gestion de sa collectivité, mais ça n'est pas une année blanche et ça n'est pas un recul. Donc, c'est quand même significatif. C'est pour ça que je fais attention aux mots. On utilise des mots qui peuvent faire peur. En revanche, pour ce qui concerne l'État, ses administrations, ses opérateurs, là, nous verrons que l'effort va être significatif.
Les administrations, les opérateurs, vous pensez à des agences qui pourraient fermer ?
Non, pas en particulier des agences qui vont fermer, mais un effort qui va être demandé à l'ensemble des services de l'État dans le budget à venir.
En tous les cas, c'est ce que vous nous annoncez ce matin. C'est une baisse significative quand même dans les dépenses publiques ?
Je ne
sais
pas si ce sera une baisse. En tout cas, on sait que, par exemple, la défense sera préservée. Le Premier ministre a toujours dit qu'il y avait certaines administrations. La question de la transition écologique, la question de la sécurité intérieure et extérieure. Il y a des filières, c'est l'agriculture, la difficulté que nous rencontrons sur ce sujet. Il y a des filières qui seront préservées sur tout le reste.
Il
y aura des efforts significatifs qui seront demandés.
Alors, si la France Insoumise boycotte et que le RN, de son côté, et l'a répété, y compris sur ce plateau, ne veut pas toucher aux retraites, ça veut dire que vous allez devoir faire sans eux
?
Écoutez, le budget qui va être présenté sera le budget du gouvernement. Il aura été fait et arbitré à l'issue de consultations. C'est une bonne chose. Je trouve que
c
'est de bonne politique que d'écouter l'avis de l'ensemble des parlementaires, de l'ensemble de la représentation nationale. Ils ont été élus par les Françaises et les Français. Tous, certains, choisissent de ne pas débattre. Ensuite, c'est au gouvernement de prendre ses responsabilités, de présenter un budget. Ce budget, ensuite, sera débattu pendant deux longs mois au Parlement.
Précisément, durant cette période, ça va être le moment de tractation, de demande. On imagine déjà le PS réclamer sa taxe Zuckman ou bien la création d'une CSG sur les héritages. Est-ce que vous pourriez aller dans ce sens ? C'est le Parti Socialiste qui avait dénoué le même problème l'année dernière.
Le
Parti Socialiste avait été un acteur majeur de la solution l'année dernière pour le budget et c'est heureux. Et je précise que vous venez de ce parti. Je suis originaire, effectivement, du Parti Socialiste que j'ai quitté suite à l'accord NUPES puis Front Populaire que je dénonçais. Mais je dois dire que le Parti Socialiste, l'année dernière, a été un acteur majeur de la stabilité que nous avons pu trouver avec le gouvernement. Cette année, quels seront les acteurs qui permettront encore de trouver une stabilité ? Et finalement, pour dire les choses très clairement à celles et ceux qui nous écoutent, l'objectif du gouvernement c'est de donner un budget à la France.
Un budget sérieux qui tient compte du déficit, un budget acceptable pour les forces politiques et un budget pour l'équipe qui va nous succéder parce que si les uns et les autres sont honnêtes et responsables, je parle des responsables politiques, ils savent très bien en tout cas celles et ceux qui croient qu'ils peuvent gagner l'élection présidentielle, c'est qu
'ils
vont avoir besoin d'un budget.
Mais vous savez bien et j'ai envie de dire même mieux quiconque que le Parti Socialiste est en campagne et qu'il risque de ne pas avoir très envie de vous faire de cadeaux entre guillemets. Quel intérêt il aurait finalement à accepter un budget qui serait contraint et qui toucherait en particulier aux retraités ?
Le gouvernement n'attend de cadeaux de personne. Ce que nous nous essayons de faire, c'est un budget sérieux à l'image de ce gouvernement.
C
'est déjà en soi un budget de compromis. Ce gouvernement est fait de personnalités d'horizon, vous l'avez dit, différents, divers. Et ce budget sérieux qui peut même peut-être un petit peu dur en termes d'ambition vis-à-vis de l'État lui-même sera mis au débat. C'est un budget de compromis et le gouvernement va proposer, nous allons débattre avec les parlementaires pendant deux mois mais à la fin ce sont les parlementaires qui vont voter. Et si ce budget ne pouvait pas être voté ce qui est possible, alors le gouvernement selon la situation, selon les accords qu'il y aura eu ou pas pendant ce débat mais il faut que le débat ait lieu, le gouvernement alors prendra ses responsabilités.
Ça veut dire quoi ça ? Ça veut dire que nous ferons en sorte que la France ait un budget.
Mais ça veut dire que vous pourriez aller aux ordonnances
? On
verra quel chemin. Il y a les ordonnances, le 49.3, le vote. On sait bien que le vote c'est hautement improbable. Rien n'est écarté. Rien n'est écarté à ce stade.
Concernant les autres pistes qui sont sur la table, on a cité arrêt maladie, niche fiscale, surtaxe, dépenses de l'État. En tous les cas, sur les arrêts maladie et les niches fiscales, est-ce que là aussi il faut s'attendre à des pistes que vous pourriez explorer et qui ne l
'ont
pas encore été ?
Alors sur la question de la fiscalité, ce que je dois vous dire d'abord c'est que la commande du Premier ministre est claire, c'est pas de hausse de la fiscalité. C'est je crois ce qu'attendent les Françaises et les Français. On a un niveau d'imposition dans ce pays parce qu
'on
a des services publics importants, un niveau de fiscalité qui est important puisque c'est l
'un
qui finance l'autre. Le Premier ministre ne souhaite pas qu
'il
y ait augmentation d'impôts. En revanche, sur ce qui concerne certaines niches fiscales qui restent à ce stade à déterminer et de quelle manière peut-être elles pourraient être plafonnées, mais ça ce sera l'arbitrage du Premier ministre, il peut y avoir certains mouvements. Mais globalement, dans ce
budget
de la fiscalité, c'est là aussi une ligne qui a été fixée par le Premier ministre. Donc peut-être quelques coups de rabot sur certaines niches fiscales
?
Oui, en tout cas sur des niches qui ne sont pas opérantes.
Bruno Retailleau a rappelé ces derniers jours et à nouveau proposé de réintroduire la réforme des retraites au gouvernement et de passer par les ordonnances. Il faut que le gouvernement mette sur la table un budget raisonnable, responsable, dit-il. Et au bout de 70 jours, si le Parlement ne l'a pas examiné, le gouvernement peut prendre ce budget par ordonnance, lui plaide pour cette option-là. Est-ce qu'elle ne vous donne pas d'une certaine façon plus de liberté
? Écoutez,
sur la question des retraites qui est une question majeure puisqu'elle est en partie responsable des déficits que nous connaissons, il y
a
une évolution démographique, qu'est-ce qu'elle est ? Il y a un décalage et un déficit dans le financement de nos retraites, c'est un fait, que l'on soit de gauche, de droite, c'est un fait comptable. Est-ce qu'il faut une réforme de nos retraites ou il en faut une ? Vous savez,
Sur les ordonnances, M. Pannifous, est-ce que vous pourriez y aller ?
La question du moyen pour faire adopter le budget, on en a parlé à l'instant, il n
'est
pas fixé aujourd'hui. Il dépendra de la qualité des débats budgétaires pendant deux mois et de la capacité ou non à trouver un compromis. À la fin des fins, le gouvernement prend la responsabilité pour faire en sorte que le paye un budget. M. Retailleau cible le fait qu'il faut trouver une solution sur les retraites. Il a raison. Le moyen qu'il propose, c'est-à-dire passer en force aujourd'hui, je considère qu'il a tort. Nous avons trouvé de la stabilité politique il y a un an justement en suspendant, en renvoyant l'élection présidentielle. Écoutez, elle arrive, c
'est
dans quelques mois. Donc moi, ce que je veux dire à M. Retailleau, c'est laissez-nous faire ce budget. C'est un budget sérieux que nous allons présenter, que le débat ait lieu, le compromis a lieu. Ce n
'est
pas un budget fixé, ce n
'est
pas ça ou rien. Et l'élection présidentielle dans 8 mois, j'ai cru comprendre qu'il était candidat, il mettra lui sur la table ses propositions pour faire en sorte qu'on équilibre le régime des retraites.
Alors parlons de la colère sociale aujourd'hui. Beaucoup de responsables politiques ont appelé ou soutenu la possibilité d'un mouvement de type gilet jaune ou qui pourrait être de ce type-là en tous les cas. Est-ce que le gouvernement est inquiet aujourd'hui ?
Écoutez,
moi
je regarde et le gouvernement et mes collègues du gouvernement regardent avec beaucoup d'attention ce qui est en train de se passer. Vous savez, moi je viens d'Ariège, c'est un milieu très rural et vous savez que la crise énergétique que l'on vit n'est pas vécue de la même manière quand vous vivez dans un milieu rural où vous devez prendre votre voiture pour aller chercher le pain, pour mener les enfants à l'école, pour aller travailler, pour travailler les aides-soignantes, les aides à domicile. La voiture est absolument vitale pour vivre en milieu rural et ce
qui
n
'est
pas forcément le cas en milieu urbain.
Est-ce qu'il faut s'attendre
à d'autres
aides que celles qui ont été annoncées hier ? Je vois les
difficultés que cette crise énergétique majeure que nous subissons, on ne produit pas de pétrole en France, ça se saurait et aujourd'hui on le voit clairement. Donc nous on a deux solutions en fait. Et puis il n
'y
a que deux choses à faire. Un, des actions concrètes, des aides. Il y
a
des aides qui ont été annoncées hier. Le Premier ministre en a prolongé certaines. J'entends que ça ne suffit pas. Le Premier ministre a aussi dit la porte-parole du gouvernement hier que la porte restait ouverte et nous étions attentifs.
Et
puis sur le long terme,
il faut qu'on sorte... La porte-parole, ça veut dire
qu'il pourrait y avoir d'autres baisses
?
Éventuellement.
De toute façon, depuis plusieurs mois, les Françaises et les Français le voient, le Premier ministre a fait le choix d'être ciblé et pas d'être généralisé comme c'est demandé qui coûterait des dizaines de milliards d'euros dont nous n'avons tout simplement pas les moyens. Il faut dire les choses tout simplement. Donc nous allons aider celles et ceux qui ont besoin d'être aidés. On essaie de le faire. Peut-être que ça n'est pas assez. Peut-être qu'il faudra aller plus loin. C'est la décision du Premier ministre. Je n
'ai
pas besoin d'être aidé pour faire le plein de voiture. Je fais le plein de ma voiture le week-end. Peut-être que d'autres ont plus besoin que moi. Une aide généralisée, ça voudrait dire que moi aussi je suis aidé. Non, je crois qu'en ce moment,
ce
n
'est
pas à moi d'être aidé pour faire le plein de ma voiture.
Monsieur Panifousse, concernant le calendrier parlementaire, une confirmation. Il sera bien présenté le 30 septembre ?
Le
budget 1er octobre, je pense. 1er octobre, vous nous l'annoncez ce matin. La loi, quel sera le premier texte inscrit à l'ordre du jour ? On parle de celui concernant la cybersécurité qui a évidemment défrayé la chronique cet été notamment.
Alors, le premier texte ne sera pas celui-là. Le premier texte, ce sera la loi intégrale.
C
'était un engagement du Premier ministre. La loi intégrale,
c
'est cette loi qui vise à prévenir les violences sexuelles et sexistes, vis-à-vis des femmes et des enfants. C'est un texte transpartisan qui a rassemblé. Après l'affaire Liana, il
y a
eu une émoi générale dans notre pays. Et donc, le gouvernement s'est engagé à le faire dès le 1er octobre à l'Assemblée nationale. Ce texte sera sur la table. Ensuite, celui qui suivra immédiatement après, c'est celui sur la cybersécurité. Là aussi, ceux qui nous écoutent savent à quel point ce sujet devient majeur. On doit se protéger, nos administrations, nos entreprises, nous-mêmes en tant que particuliers. C'est quelque chose que l'on doit intégrer. Comment se protéger sur l'aspect cyber ? Tout est numérisé aujourd
'hui. Ce
sera l
'objectif
du texte. Ce sera l'objectif du texte de mieux se protéger. Ça paraît évident. Laurent Panifousse, que se passe-t-il à gauche ? En tant qu'homme de gauche, vous suivez forcément ce qui se passe dans votre camp. Vous approuvez l'éviction brutale de Philippe Brun ces dernières heures ?
Je vais être prudent. Je ne suis pas membre du Parti Socialiste. Je ne suis plus depuis 2022. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé. Je n
'ai
pas d'informations. J'ai constaté qu'il avait été écarté à la fois de la primaire et Philippe Brun et à la fois même de son groupe à l'Assemblée nationale.
Mais
sur le principe sans présomption d'innocence ? Je n'ai pas d'informations. Cette décision est une décision majeure, forte, je dirais presque brutale, qui doit se baser sur des faits importants. Je n
'ai
pas le début d'une information. Je dois être prudent sur la réponse que je vous fais. Je ne sais pas ce qui s'est passé.
En
tout état de cause, elle a été prise sans qu'il soit entendu et sans la présomption d'innocence. C'est ça aussi qui paraît un peu choquant.
Oui, mais encore une fois, j'ai très peu d'informations. Donc je ne serai pas à ma place en vous disant ce que je pense précisément de cette situation puisque je n
'ai
pas d'informations.
Laurent Panifousse, ministre délégué en charge des relations avec le Parlement et notre invité ce matin. Dans la deuxième partie, on vous demandera de réagir notamment à l'actualité des réseaux sociaux. Une information a beaucoup été commentée ces dernières heures. BFM et les choix de BFM TV face aux demandes de la France insoumise. Elles nous disent aussi beaucoup de l'époque. Et puis on sera avec un auditeur, Laurent de Bordeaux, qui vous interrogera sur le second tour de la présidentielle. Et puis vous aurez trois minutes pour nous convaincre de la nécessité de redynamiser la démocratie. C'est votre carte blanche. A tout de suite.
Laurent
Panifousse, ministre délégué en charge des relations avec le Parlement est notre invité. On le disait juste avant la pause, l'actualité c'est cette primaire au Parti Socialiste. Qui soutenez-vous
?
Je me tiens à distance des élections présidentielles.
C
'est un petit peu la commande du Premier ministre et je pense qu'il a parfaitement raison pour faire en sorte que nous ayons toutes les chances de notre côté pour que nous puissions doter notre pays d'un budget. Il faut se tenir à distance de cette élection. Donc je me garderai bien de
prendre
parti aujourd'hui. On dit de vous que vous êtes proche de Carole Delga qui soutient Raphaël Glucksmann. C'est un peu votre sensibilité.
Je suis un social-démocrate. Moi je suis membre de la convention le mouvement politique de Bernard Cazeneuve pour être précis. Les sociodémocrates que sont Raphaël Glucksmann, Bernard Cazeneuve ou François Hollande sont des gens dont je suis politiquement proche. Et cette famille-là n'est
représentée
que
par
Raphaël Glucksmann dans cette primaire
?
Oui, donc ma sensibilité politique vous la connaissez. Ce que je souhaite, sans rentrer trop dans le détail parce que je ne souhaite pas, je souhaite rester fixé sur mon travail, sur le budget, et au gouvernement. J'espère qu'il y
aura
une offre sociale-démocrate dans cette élection présidentielle. On verra.
Et il y a un risque effectivement que Raphaël Glucksmann ne passe pas le cap de la primaire. Dans ce cas, derrière, vous soutiendriez peut-être François Hollande
? Le
moment venu, moi je soutiendrai celui ou celle qui défendra les idées de
la social-démocratie.
en tous les cas, avec
les sociodémocrates. Je suis bien
convaincu qu'il faudra une coalition assez large et même au-delà de la social-démocratie pour éviter qu'il y ait uniquement une offre populiste à l'élection
présidentielle. Alors précisément, c'est lié à la carte blanche que vous avez choisie, M. Panifousse. Vous souhaitiez nous parler de la meilleure manière aujourd'hui de redynamiser la démocratie, dites-vous. Et vous avez trois minutes pour nous convaincre.
Merci.
Écoutez, j'étais et je suis encore de nouveau un élu local, maire de mon village, président d'une intercommunalité, 27 communes. Et ce que je trouve assez saisissant quand vous êtes aussi un responsable politique nationale et maintenant au gouvernement, c'est l'écart qui peut y avoir qui est abyssal entre la pratique politique locale où vous êtes autour de la table du conseil municipal et votre seul objectif c'est l'intérêt général, c'est l'intérêt de la commune,
c
'est l'intérêt du bassin de vie, du territoire et des gens différents une fois élus, les Françaises et les Français, ceux qui habitent votre territoire vous ont choisis. Que vous soyez de gauche, de droite, du centre,
en
fait ils s'en fichent un petit peu. Ce qu
'ils
vous demandent c'est qu'une fois que vous êtes autour de la table, quand il y
a
un projet, que ce soit un projet santé, un projet sport, un projet sécurité, j'en sais rien, vous vous mettez d'accord, vous tranchez et vous avancez. Et ce qui est assez saisissant, vous faites ça toutes les semaines, je le fais le week-end en Ariège et vous prenez l'avion, vous arrivez à Paris et puis vous avez l'impression à vous des responsables politiques qui, si vous travaillez avec celui qui est de gauche, de droite, en haut, en bas, envers l'endroit, j'en sais rien, ce n'est plus du compromis,
c
'est de la compromission. C'est
-à-dire
que
ce
n
'est
plus possible. Moi je suis intimement convaincu que le mal de notre société actuelle, le mal de notre démocratie, pour être plus précis, c'est cela. Je crois que nous devons faire une révolution intellectuelle, républicaine, dans l'esprit des responsables politiques qui doit être capable, le moment venu, une fois que les Françaises et les Français ont voté, l'Assemblée nationale est ce qu'elle est, et on dit qu'elle est divisée. Mais c'est l'Assemblée nationale qu'ont choisi les Français.
Justement, à l'Assemblée nationale, qui a le plus abîmé la démocratie ces dernières années ?
Je
ne
veux pas regarder
le problème.
Peu importe, je pense qu'à l'Assemblée nationale, le problème, c'est que les responsables politiques ne sont pas capables d'accepter l'idée que cette Assemblée, c'est l'Assemblée choisie par les Françaises et les Français, et leur responsabilité, c'est justement de s'adapter et de faire une coalition au regard du choix des Français et des Français, sauf à leur dire aux Français qu'ils ont mal voté. Mais écoutez, on revient aux élections dans un mois, qui vous dit qu
'il
n
'y aura
pas la même Assemblée nationale ? Donc à un moment, il va falloir faire comme on le fait dans nos villages, une coalition, et je pense que les Français doivent quand même un petit peu se dire ça quand ils nous regardent, quand on est à l'Assemblée nationale ou ailleurs, mais non de non, que ces gens-là se mettent d'accord. Laurent Panifousse, on passe à une question d'auditeur, c'est
Laurent à Bordeaux.
Bonjour Monsieur le Ministre, Laurent de Bordeaux, donc je suis commerçant à Bordeaux. Si jamais on se retrouve dans la situation avec les deux extrêmes au deuxième tour, vous,
vous
appelleriez quel vote ? Est-ce que vous appelleriez à voter un vote extrême genre RN ou un vote autre extrême comme LFI ? Ou est-ce que vous appelleriez à voter blanc ? C'est quoi votre position Monsieur le Ministre
? C
'est la fameuse question difficile pour tous les responsables politiques. Alors je suis au gouvernement, je suis fixé sur la question du budget. Je suis désolé, mais je ne répondrai pas à
cette question. Mais par
contre... Maud Bréjean soutient Édouard Philippe. Tout à l'heure, je n'ai pas réagi quand vous m'avez dit moi je ne
peux
pas soutenir qui que ce soit, mais Maud Bréjean, elle est au gouvernement, elle soutient Édouard Philippe.
Ah non, mais je vous réponds, aujourd'hui je ne soutiens personne et il n'y a pas une offre politique aujourd'hui qui me semble satisfaisante et
capable...
Et sur la question de...
La question du second tour, moi ce que je vous dis, c'est que je ferai le moment venu, une fois qu'on aura pu donner à notre pays un budget, tout ce qui est possible, tout ce qui sera dans mes capacités et mes moyens pour faire en sorte qu'il y
ait
une offre, une coalition, une coalition large pour éviter qu'on ait que des offres populistes au second tour. Donc je ne vais pas répondre à savoir... Ce que je peux vous
dire, ce que je peux vous dire
quand même, c'est que je ne mets pas ces deux forces politiques sur le même plan. C'est-à
-dire
? Écoutez, je... Il y
en a
une avec qui vous pouvez discuter ? Non, mais moi je suis ministre des Relations avec le Parlement, je respecte toutes celles et ceux qui sont élus, je respecte le choix des Français. Celui qui sera élu au mois de mai, je respecterai cette élection. Aujourd'hui, ils ont fait... Il y a une Assemblée nationale qui est composite, qui est diverse, je respecte cela, je respecte chaque élu. En revanche, je ne mets pas ces deux formations politiques sur le même plan, elles
n
'ont pas la même histoire.
On passe au hashtag et à ce regard de Benjamin avec vous sur la France insoumise qui
accepte de
revenir sur les plateaux de BFM TV mais pas pour toutes les émissions.
Oui, en un mot, on le rappelle la semaine dernière LFI avait annoncé boycotter BFM TV dénonçant notamment des invités annulés à la dernière minute, des interviews transformées en débats surprises, la recherche du buzz ou encore une place prépondérante donnée, je cite, à des thèses racistes, climato-sceptiques.
Finalement, hier, communiqué de presse de la France insoumise, le boycott est levé, le parti assure avoir reçu des engagements de la part de BFM TV mais il y a un mai, LFI annonce qu'elle ne participera pas, je cite, à l'émission animée par la journaliste Sonia Mabrouk, ni à celle mettant en scène des dialogues avec le propagandiste, je cite, anti-LFI Raphaël Enthoven ou le maire d'extrême droite de Béziers, Robert Ménard, BFM annonce que c'est une atteinte à sa liberté de programmation, que son indépendance éditoriale est remise en cause. Laurent Panifouz, est-ce que vous comprenez ici l'attitude de la France insoumise ?
Non, je ne la comprends pas, je ne partage pas du tout cette position, je crois qu'il faut aller partout, défendre, les radios que vous évoquez, les télés que vous évoquez ont une forte écoute et quand vous êtes un responsable politique, vous devez aussi vous faire comprendre, défendre vos idées. Parfois, vous avez des détracteurs face à vous difficiles, exigeants qui vous poussent dans vos retranchements mais enfin, si vous êtes convaincu de vos idées, il faut aller les défendre partout.
Soutien à Sonia Mabrouk, Raphaël Enthoven, Robert Ménard, de votre part, monsieur le ministre
?
Mais ce n
'est
pas un soutien particulier, je crois que nous devons aller débattre avec eux partout, comme je viens devant
vous aujourd'hui. La position d'LFI,
elle est dangereuse
?
Je ne pense pas qu'elle soit dangereuse, je pense qu'ils
perdent une chance. Ils
refusent une partie du débat
? Oui,
mais ce sera à leur détriment, la preuve, ils commencent à revenir dessus.
Ils imposent quelque chose à une chaîne de télévision ?
Oui, pour le coup, ils s'imposent même l'absence de visibilité pour tout un champ de la population qui regarde BFM TV. Donc au final, ce sera au détriment de la France insoumise, je crois.
Merci en tous les cas à Laurent Panifouz d'avoir été notre invité. On avait une promesse, c'était de vous libérer assez vite parce que vous avez beaucoup de rendez-vous et les consultations continuent. Excellente journée à vous. Dans un instant, dans quelques secondes, avec Elisabeth Lévy et Françoise Degoy, on reviendra sur l'actualité du Parti Socialiste et en particulier l'éviction de Philippe Brun et puis il y aura un débat sur la natalité. A tout de suite.
Laurent Panifous