Aller au contenu
Tous les transcripts
InterviewNathalie Oziol· 17 décembre 2025 27 minContradictoireActualité / polémiqueSantéBudget & impôtsEnvironnement & énergieInstitutions & élections

Débats sur le PLFSS, scandale sanitaire et environnemental à Gabès: Mon interview pour Le Média

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 5 %Attaque 65 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:39OuverteRéponse directe

    Le PLFSS est présenté comme un texte de responsabilité budgétaire. Que cache-t-il pour la sécurité sociale ?

  • OuverteRéponse directe

    Comment analysez-vous les revirements des partis de gauche sur ce budget ?

  • OuverteRéponse directe

    Le gouvernement peut-il encore gouverner sans majorité sur un texte aussi structurant ?

  • 6:20OuverteRéponse directe

    Vous avez interpellé le ministre sur la crise environnementale à Gabès. Quelle a été sa réponse ?

  • 7:48OuverteRéponse directe

    Le ministre accuse votre média de diffamation. Réagissez-vous ?

  • 11:50OuverteRéponse directe

    Est-ce que la diplomatie française ferme les yeux sur les intérêts économiques ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:47Chiffre
    « C'est 4 milliards de coupes sur le système de santé, c'est 1 milliard de taxes sur les mutuels. »
  • 0:55Chiffre
    « L'exclusion de 1,5 millions de personnes en affection longue durée, notamment les diabétiques. »
  • 8:35Fait
    « On a parlé de la responsabilité française dans le lien qu'elle a avec le groupe chimique tunisien. »
  • 13:13Fait
    « Ces produits en Tunisie, la France en achète, en importe pour l'agriculture française. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:00

De retour sur notre plateau, direction de l'actualité politique et parlementaire au menu le PLFSS, un texte budgétaire crucial pour la sécurité sociale dont la partie dépense est aujourd'hui très incertaine politiquement, mais aussi l'actualité internationale et diplomatique avec un focus sur la situation Gabèes en Tunisie et une polémique née à l'Assemblée nationale après l'intervention du ministre des affaires étrangères Jean-Noel Barreot qui a discrédité et diffamé notre rédaction lors d'une question gouvernement pour en parler Nous recevons Nathalie Oziol, député la France insoumise.

0:39

Bonsoir Nathalie Ool, merci d'être avec nous ce soir. Alors, on va démarrer avec le budget. Le PLFS est présenté justement par le gouvernement comme un texte de responsabilité budgétaire. De votre point de vue, que cache réellement ce projet pour la sécurité sociale et aussi pour les assurer ? C'est un texte ouvertement de casse sociale, de sacage de la santé publique et de sacage du système de santé de manière globale. C'est 4 milliards de coupes sur le système de santé, c'est 1 milliard de taxes sur les mutuels. Donc les gens vont devoir payer davantage pour pouvoir se faire soigner. Et c'est par exemple l'exclusion de 1,5 millions de personnes en affection longue durée, notamment les diabétiques, les personnes diabétique qui devront

1:23

débourser 312 € par an pour se faire soigner. Donc il y a il y a rien qui va dans le sens du progrès social là-dedans. Absolument pas. C'est toujours la même logique de coupe budgétaire, d'austérité, mais pousser encore plus loin. C'est c'est désastreux en fait ce qui va se passer pour un grand nombre de personnes et pour en fait toute la société de manière générale. Et donc et bien vous avez vu qu'on a eu le vote en deuxième lecture la semaine dernière et demain c'est le lecture le le vote de la lecture définitive. Et bah il y a un enjeu en fait parce que la dernière fois il est passé ce budget de la sécurité sociale à 13 voix près et bon notamment on dénonce la le vote pour des députés d'une grande partie des

2:07

députés socialistes parce qu'en fait un budget traditionnellement quand on est dans l'opposition on vote contre. Si on vote pour, c'est qu'on est dans la majorité ou qu'on soutient le gouvernement. Donc de fait, le Parti socialiste a acté une nouvelle alliance euh en soutenant le gouvernement et sa politique budgétaire intolérable. Et puis il faut noter aussi l'abstention euh de la majorité des députés écologistes et c'est par leur abstention aussi que ce budget est passé. Donc moi je dis demain il faut se ressaisir. On ne peut pas laisser passer un budget pareil. Et donc euh ben l'engagement au Nouveau Front populaire, c'était notamment de s'opposer non seulement à la politique macroniste, mais à la politique budgétaire euh de Macron et de son gouvernement. Demain, il faut voter

2:48

contre. Et justement à droite, Horizon et euh LR annonce voter contre. À gauche, le PS appelle à voter le texte malgré des positions opposées il y a quelques semaines. Comment est-ce que vous analysez justement ces revirements ? Et qu'est-ce que ça révèle selon vous aussi de l'état de la gauche française ? Oui, on se retrouve dans une situation assez ubuesque quand même où même des groupes qui sont censés être soutien du gouvernement bah la dernière fois se sont abstenus, annoncent qu'ils vont voter contre. Ceux qui faisaient partie du nouveau Front populaire, bah finalement vont voter pour le budget. En fait, c'est grâce au Parti socialiste, hein, que ce budget est passé au dernier coup. Euh et et donc il propose de poursuivre ce partenariat de brique et de broc en continuant à

3:30

soutenir le gouvernement. Et bon euh c'est clair que c'est c'est absolument insupportable de voir comme ça c'est les les enf le Parti socialiste changer d'alliance euh crier victoire sur des choses qui ne sont pas du tout des victoires. Mais plus que bon, au-delà de ça, je il faut quand même noter que la majorité des députés de gauche ont voté contre le budget malgré tout. Parce que la petite musique, c'est de dire "Mais du coup à la France insoumise, vous êtes isolé maintenant." Non, en fait, on est 90 députés de gauche à avoir voté contre ce budget. Ceux qui sont en train de faire un volteface, un 180°, c'est le Parti socialiste. Et encore une fois, je le dis, je peux donner l'exemple par exemple de de mon département. Moi, je

4:15

suis député dans l'héros et on était quatre députés à être élus sous la bannière du nouveau Front populaire. Deux députés insoumis, une députée du PS, une un député écologiste. On est deux pour le moment à avoir voté contre ce budget, les deux députés insoumis. Euh et donc la député Parti socialiste a fait comme la majorité de son groupe en votant pour et le député écologiste s'est abstenu. Bon moi j'appelle tout le monde à se ressaisir et notamment les écologistes. Euh je je je pense que nos électeurs, enfin c'est sûr, nos électeurs ne nous ont pas élus pour changer d'alliance ou pour s'abstenir. Enfin s'abstenir, ça veut dire on n pas d'avis sur ce budget. C'est c'est c'est pas vrai. Il il y a quelque chose à dire. C'est le moment crucial là. Donc euh il faut voter contre demain. Et

4:56

justement, est-ce que le gouvernement peut encore gouverner sans majorité sur un texte aussi structurant que le budget de la sécurité sociale ? Euh c'est clair que euh on voit le gouvernement très en peine pour passer son budget et de fait euh si on revient en arrière euh euh tout commence par le fait qu'Emmanuel Macron refuse de respecter le résultat des élections euh de juin 2024. Élection provoquée par lui-même en un temps le plus court possible. des élections législatives anticipées, le Nouveau Front populaire l'emporte et il décide de ne pas nommer de premier ministre en fonction de ce vote. Mais à partir de là, rien ne peut fonctionner normalement puisque il c'est une façon de forcer les choses de manière antidémocratique.

5:41

C'est-à-dire que depuis Emmanuel Macron a fait en sorte que ce soit toujours la même politique qui s'applique, la sienne, alors que il a été battu. Il a été battu non seulement aux élections législatives, mais aux élections européennes, aux législatives encore d'avant. En fait, il a perdu toutes les élections depuis sa propre réélection. Et donc bah oui, forcément du coup c'est très difficile pour les Macronistes de faire passer un budget. Et encore une fois, il est pass là, il passe à 13 ou après euh grâce au au vote pour du Parti socialiste puisqueil y a même des défections dans les rangs macronistes. Ouais. Bon et ben ta acte mais il est encore temps de changer son vote demain en lecture définitive et je m'adresse en particulier au députés écologistes. Justement lors des questions au

6:20

gouvernement, vous avez aussi interpellé l'exécutif sur la situation à Gabes en Tunisie marqué par une grave crise environnementale et sanitaire. Lors de votre question, le ministre Jean-Noel Barre a mis en cause le média allant jusqu'à le discréditer publiquement en écoute. Les manifestation, le mouvement social qui a lieu à Gabè en Tunisie pour protester contre la situation environnementale est une affaire tunisienne qui n'a pas vocation à être commentée par les autorités françaises. Les manifestations doivent pouvoir se dérouler en toute liberté, dans les respects des règles de l'état de droit. Pour autant, je regrette, je déplore la désinformation diffamatoire qui est

7:04

menée par un média, le média affilié à la France insoumise contre le groupe français roulier qui produit certes des compléments nutritionnels pour animaux et végétaux sur les deux sites de Gabè, mais cette activité de transformation ne génère pas de rejets toxiques. D'ailleurs, la politique de responsabilité sociale des entreprises qu'elles mettent en œuvre sur le terrain est reconnue par tous localement. Donc je vous invite à ne pas vous fier aux diffamations qu'on peut lire sur le média et à recalibrer vos réponses pour ne pas accabler ni les entreprises françaises ni les membres éminents de cette assemblée. Alors avant de réagir pour notre second sujet, on va accueillir justement on a accueille plutôt Amine Sm qui est journaliste. Bonsoir Amine.

7:48

Bonsoir Amina. Alors, la chronique dont le ministre des affaires étrangères parle lorsqu'il parle de diffamation, c'est dixite qui date justement du 24 octobre dernier intitulé Gabes la France, complice d'un mini Tchernobyl en Tunisie, on regarde juste un petit extrait. Et devinez quel est le principal client qui domine les commandes déjà à l'époque ? J'appelle ça la France, mademoiselle. Ce qui intéresse les entreprises françaises à GBS, c'est notamment le pesticide DAP 1846, largement utilisé en France, mais quasi impossible à produire sur le territoire européen en respectant les normes environnementales. Alors, on délocalise la pollution chez les excolonies de l'Occident. Le système est connu. La fameuse relation spéciale entre la France et les pays arabes

8:27

repose sur un soutien fort à l'autocrate en place. Si, si en Égypte, Benali en Tunisie et désormais Raï ou encore feu Kaddafi en Libye. Alors, d'accord. Parce que bah d'abord plutôt est-ce que vous aimeriez réagir justement sur ce qu'a dit Jean-Noel Barreau peut-être ? Bah oui, mais c'est c'est assez curieux d'ailleurs de de répondre étant donné que ce qu'il dit est complètement faux. On n jamais que ce soit dans le dixite qu'on a publié ou sur le plateau qu'on a fait sur Gabè, on n jamais cité une entreprise française en particulier. On a parlé de la responsabilité française dans le lien qu'elle a avec le groupe chimique tunisien. Ce lien, il est documenté par plusieurs enquêtes, notamment des enquêtes du service public et notamment une enquête qui a été

9:06

publiée en 2023 par le média qui est partie sur place et qui a établi euh réellement un lien fort entre la France et le groupe chimique tunisien étant donné que c'est la majorité des commandes euh qui sont faites qui viennent qui viennent d'entreprise française. Par ailleurs, historiquement, la France a toujours eu un lien très puissant avec les marchés publics tunisiens étant donné que c'est un lien de postcolonial où la France a une priorité sur beaucoup de marchés publics tunisiens. Donc c'est ses propos à lui sont diffamatoires et il accuse le média d'avoir propagé une une information qu'il nous attribue, qu'on a jamais dit. Et on cite bien dans le dix site d'ailleurs que je vous invite à regarder, on cite bien évidemment toutes

9:50

nos sources dans la description de la vidéo. Justement, comment est-ce que vous réagissez vous en tant que que député justement quand un ministre s'attaque quand même publiquement un médiia depuis l'Assemblée nationale ? Est-ce qu'on parle encore d'un du débat politique pardon ou c'est plutôt une forme de pression d'une certaine façon ? C'est bon la réponse est en dessous de de ce qui est attendu quand on parle d'un d'un immense scandale sanitaire environnemental et de la complicité de la France via le rôle joué par une entreprise française et sa filiale sur place à Gabèes en Tunisie. Là la la façon dont il tourne la chose c'est à la fois pour balayer d'un revers de la main le sérieux de la France insoumise et balayer d'un revers de la main le sérieux des enquêtes journalistiques et

10:33

médiatiques. Et oui, je confirme oui, le média effectivement en a parlé. Tant mieux en fait, mais c'est pas le seul média qu'il a fait. C'est dans toute la presse maintenant. Euh en fait les les les manifestations qui ont lieu à Gabes sont tellement énormes que c'est dans la même dans la presse mainstream, le monde France 24. Et effectivement avant ça, Bakita avait fait une grosse enquête au moment où Marc Fenot dont je parle dans ma question gouvernement était ministre hein d'ailleurs et sur le fait que on peut se demander s'il a pas fermé les yeux sur ce qui se passait malgré les alertes lancées. Donc en fait c'est c'est en dessous de tout. C'est c'est pas ce qu'on attend effectivement de du gouvernement français que j'interroge là parce qu'il me dit en plus oui mais ce

11:13

sont des affaires tunisiennes mais je l'interroge là parce qu'il y a une entre au moins une entreprise française qui est impliquée là-dedans. Donc ça veut dire qu'on a quand même quelque chose à faire et quelque chose à dire là-dedans. Bon bah il répond pas là-dessus. Oui, c'est quelque chose qui est assez courante la réponse de dire la France choisit sa souveraineté quand elle la range. Ça veut dire que les libéraux et les centristes disent maintenant la Tunisie, on respecte sa souveraineté et cetera, donc on va pas intervenir. Alors oui, ça c'est d'un côté c'est c'est c'est entendable comme argument. il était cohérent. Euh la France ne respecte pas la souveraineté de la Tunisie quand elle fait des accords migratoires en échange de l'externalisation de la frontière de

11:50

lieu, quand elle soutient des autocrates et qu'elle les qu'elle les renforce que ce soit Ked maintenant ou Benali à l'époque Bourgiba avant quand elle nie le droit des peuples à vivre de avec un air non pollué avec une eau non polluée et cetera, elle s'implique de facto. Donc le fait que des députés demandent des explications, c'est pas du tout du post-colonialisme ou de l'ingérence. C'est au contraire une question euh légitime sur ce que fait déjà la France là-bas. Et justement, qu'est-ce que ça dit aussi euh enfin parce que là il a uniquement il y a eu d'autres médias comme vous l'avez dit aussi mainstream, le monde et cetera. Qu'est-ce que ça dit aussi du rapport du gouvernement en fait à une presse indépendante ou plutôt au médias en fait critique et plus largement même

12:31

le pluralisme démocratique ? Là, il y a un mépris qui est quand même assez évident. Puis euh cette façon franchement euh euh par sous-entendu de de venir dire "Ah ben parce que ce média serait proche d'après lui de la France insoumise, bah du coup c'est pas crédible." Mais en fait encore une fois, bon euh c'est pas sérieux en fait. C'est vraiment pas sérieux quand on parle de de la situation à Gabes en Tunisie. Enfin pour resituer en fait ce qui se passe c'est bon Gabè, je crois que c'est dans les années 70 que le site industriel s'est développé pour transformer du phosphate et le ça sert notamment à faire des engrais qui sont extrêmement utilisés notamment dans l'agriculture française puisqu'on veut pas produire ça en France parce qu'effectivement ça pourrit tout, ça

13:13

pourrit les sols, ça pourrit l'eau et ça pourrit la santé des gens. Euh et donc ces produits en Tunisie, la France en achète, en importe pour l'agriculture française. Euh c'est quasiment impossible de le produire dans ces conditions-là sur le sol européen, hein, soit dit en passant, les normes sont quand même très compliquées. Enfin, voilà. Donc, on fait en sorte que ce soit produit ailleurs, on l'achète en France. Et euh donc ça fait déjà plusieurs années que la la sonnette d'alarme est tirée sur le fait que les gens peuvent plus respirer. Là on parle de mineurs hein maintenant qui sont hospitalisés, ils peuvent plus respirer. Oui, il y a des images qui se trouvent aussi facilement lancé la l'immobilisation, c'est les enfants qui suffoquaient en classe en cours. Il

13:53

avait des scènes des des vidéos d'images d'enfants, une classe d'enfants qui n'arrivaient plus à respirer. Donc les profs qui interrompent les cours et la police qui intervient et cetera. Et oui, comme vous l'avez dit, c'est quelque chose qui qui en Tunisie pour avoir couvert la Tunisie pendant très longtemps, c'est quelque chose de très très récurrent la situation à Gabè. Il a une sorte de fatalisme là-dessus de on peut pas toucher à ce groupe chimique parce qu'il est trop puissant. Et donc non seulement ça fait un moment que ça dure, mais là c'est clair que ça il y a une une actualité très forte du fait de mobilisation sans précédent, je pense hein. Gabis, on parle de 100000 personnes, d'une grève générale euh et dans un contexte où et ça je le dis aussi parce que on a communiquer avec

14:32

mon groupe pour dire notre soutien au peuple tunisien dans un contexte où les manifestations de protestation sont quasiment constamment réprimées violemment par le régime en place. Et donc bah nous on dit aussi notre soutien, je pense qu'on a ce devoir là aussi d'envoyer un message de de fraternité avec les peuples en lutte. Euh mais mais et et et ça c'est une chose mais mais par ailleurs lorsque en fait il y a une entre au moins une entreprise française entreprise roulié qui a sa filiale phosphéa sur place donc qui participe à la transformation du phosphate qui va polluer on parle de 10 à 15000 tonnes de déchets qui sont déversés en mer chaque jour. Voilà. Enfin, notre mère est commune, hein. Moi, je suis à Montpellier, on est à côté de la mer Méditerranée, la mer est commune.

15:15

Euh, bon, donc croire que tout ça se passe très loin, qu'on en a rien à faire, en fait, on va enfin on en paye le prix d'une manière ou d'une autre, si ce n'est sur notre conscience à la fin dans nos assiettes et par la mer qu'on partage. Donc en fait, bon, il il y a quand même beaucoup de de d'aspects par lesquels on doit s'inquiéter et le gouvernement français devrait regarder tout cela avec beaucoup plus de sérieux, beaucoup moins de mépris et y compris faire attention à ce que les médias disent quand il y a des enquêtes qui sont faites. Ce n'est pas pour nuire, c'est pour faire en sorte d'alerter euh collectivement sur ce qui se passe et de et de faire en sorte qu'on agisse. Là c'est une il faut il faut de l'action là quand des mineurs sont hospitalisés que

15:54

probablement la France a un rôle à jouer. Bon il faut agir quoi. Justement il y a des ONG et des journalistes comme vous l'avez dit aussi qui ont dénoncé l'inaction voir la complaisance aussi des autorités françaises face à cette situation. Est-ce que la diplomatie française ferme les yeux en fait quand il s'agit d'intérêt économique ou géopolitique ? Et on a pu voir aussi ces deux dernières années avec le génocide en Palestine. Oui, c'est assez classique en fait. C'est c'est la France post-coloniale telle qu'on la connaît. C'est c'est ce qui en fait pour le cas de la Tunisie, c'est quelque chose, on a déjà eu le cas pratique il y a 2 ans avec l'accord migratoire UE Tunisie où la France a fermé les yeux sur des exactions horribles qui ont été commises en

16:35

Tunisie qui ont résulté sur au moins 27 migrants qui ont qui sont qui sont morts dans le désert et une explosion du racisme sur place. et la France a totalement été complice de ça de facto étant donné que l'accord couvre un memandum qui couvre l'UE et la Tunisie et l'UE l'a signé en connaissance de cause et la France n'a jamais opposé quoi que ce soit à cet accord. Au contraire, ça l'arrange, c'est une externalisation des frontières comme ce qui a été fait auparavant en Turquie ou ou en Égypte. Et c'est euh c'est c'est une c'est euh en fait c'est la la morale des droits humains universalistes qu'on nous vend avec avec la la diplomatie française. Elle s'arrête comme vous vous

17:19

l'avez dit dans la question aux intérêts économiques et aux intérêts aux intérêts financiers. Avant tout si on peut avoir un pays qui gère nos les frontières à notre place, queles que soient les exactions qu'il commettent, on va fermer les yeux. Si on a un endroit où on peut euh avoir de l'engrais, même s'il s'il massacre des enfants, c'est pas les nôtres. Rag là-dessus. Oui. Et puis bon, par ailleurs, c'est Jean-Noel Barreau enfin puisque on fait le parallèle avec le il a été interrogé de nombreuses pas sur la situation au Prochrient et déjà franchement il était très en retrait très très euh enfin ne jamais annoncer d'action de la part de la France, jamais s'avancer déjà prononcer le mot génocide. Enfin voilà,

18:03

c'est c'est presque un gros mot alors que bon c'est c'est chiffré, c'est factuel. Bon et donc c'est clair que il enf on est plutôt habitué à le voir assez passif sur des questions qui relèvent complètement de son ministère. Et encore une fois on parle de d'intérêt économique mais moi ce que je mets en avant dans ma question au gouvernement euh ça a déjà été mis dans le débat public. On parlait de Vakita, le fait que l'ancien ministre de l'agriculture Marc Fenot a accueilli dans son cabinet le l'ancien directeur chargé de la stratégie du groupe roulier. Ben c'est Vakita qui en parle par exemple pour la première fois. Alors c'est pas c'est des faits quoi. Il a classé ça sous la diffamation et cetera mais c'est juste

18:46

factuel. Donc enfin et par ailleurs bah ça fait que tout le monde s'est interrogé. En tout cas, les les médias qui se sont emparés de ça se sont interrogés sur ben pourquoi à ce moment-là on parle d'agriculture, on parle d'engrais, de la façon dont les engrais sont produits. Pourquoi en fait le ministre de l'agriculture ne s'est pas saisi de cette affaire-là alors que effectivement des alertes étaient déjà données euh que franchement enfin on aurait jamais dû laisser la situation s'aggraver et et et prendre des proportions comme comme ça enfin là comme elle est actuellement. Donc euh oui, bon bah c'est le gouvernement macroniste quoi. Et justement plus largement, est-ce qu'on euh est-ce que vous estimez justement que l'exécutif entretient aussi un climat qui est quand même assez

19:29

délétaire vis-à-vis des journalistes qui sont critiques ? On l'a vu sur d'autres sujets aussi ces dernières années, on a l'impression qu'il suffit qu'on pointe euh le doigt sur quelque chose qui ne fonctionne pas et automatiquement les journalistes ou en tout cas les médias sont soit diffamés, soit discrédités. Bah, je trouve que ça dépend des médias, ça dépend des sujets. Il y a le traitement n'est pas toujours le même, je veux dire. Bon bah, bon là, clairement, il a il a il a traité le média de manière extrêmement méprisante. Euh je sais pas, je pourrais donner d'autres exemples, mais moi par exemple, je je dénonce le fait que sur certaines chaînes de télé, vous faisiez un tout à l'heure un plateau sur le sujet de l'islamophobie. Bah, il y a des plateaux

20:10

télé, des chaînes télé qui clairement alimentent ça au quotidien qui 365 jours par an vont traiter de sujets qui euh sont clairement islamophobes, nourrissent l'islamophobie. Je pense à ces news hein, par exemple. Voilà, c'est un secret pour personne. Non, mais et bah à quel moment il s'insurge sur le fait que des chaînes télé ben alimentent un climat islamophobe, raciste à longueur de temps ? Elles sont où les paroles dures de de monsieur Barreau ou du reste du gouvernement sur ce genre de de sujet là ? Bon voilà, enfin il y a quand même une géométrie, c'est c'est comme sur beaucoup de sujets, il y a un double standard en fait he selon les sujets, selon les médias. Bon voilà mais justement sur ce sujet là, il y a aussi reporter frutière qui avait mené

20:54

une enquête pour expliquer pourquoi ces news et ne respectaient pas les règles de l'ARCOM. Et LARCOM a dit que finalement en fait c'est news respecter les règles et le gouvernement en fait a repris c vers Battime pardon en expliquant que ces news n'étaient pas d'extrême droite. Ouais. Bon il s'appuie sur ce qui les arrange en fait. Voilà. Euh c'est vraiment enfin il y a des sujets qui enfin comment dire je pourrais citer par exemple l'exemple de la loi immigration qui s'appuie clairement sur des non seulement des idées d'extrême droite mais le programme du du Rassemblement national et du Front National même à l'époque. Donc je veux dire bon ils choisissent un petit peu comment voir les choses et il s'agit ils choisissent aussi sur quoi s'appuyer quoi. Et là bah

21:38

c'est clair qu'en l'occurrence sur le sujet de ce qui se passe à Gabes en Tunisie, bon bah la réponse est clairement insuffisante. En dessous de ce qu'on attend, c'est pas une façon de traiter ce qui est un des plus gros scandales sanitaires et environnementales de notre siècle. qui choisissent leurs journalistes. C'est ça la différence, c'est qu'il y a une volonté de de d'avoir une sorte d'objectivité journalistique qui est en fait un un mythe fondateur du journalisme français où l'objectivité et la neutralité sont des formes de centrisme. Et c'est les journalistes que préfèrent la Macronie parce que c'est des gens qui vont toujours se cadrer en en se mettant au milieu de de la du

22:21

spectre politique et qui vont avoir l'air équilibré et gentil et cetera. les journalistes qui assument une ligne éditoriale comme au média, comme à Blast, comme à Luma, comme à Média Part, ça c'est des journalistes qui qui qui les dérangent et qui pour le coup ne peuvent pas ne peuvent pas ne peuvent pas ne se ne n'ont pas peur de dire les mots. Et quand on voit qu'il y a des liens entre une entreprise française et en une catastrophe sanitaire à Gabes, on va dire qu'ils sont complices. va pas dire que potentiellement il y aurait quelque chose à creuser, à voir et cetera. Si les faits sont là, on va on va pas on va pas attendre on va pas attendre que Jean-Noel Barreau l'avoue publiquement dans un grand moment à l'Assemblée

23:06

nationale, on va le dire. Euh donc c'est c'est ça là, je pense que qui qui les dérange. Je pense que je pense que cette info n'aurait absolument pas été traitée par des chaînes comme BFM ou C News et cetera parce que c'est pas intéressant pour eux. Ça ne rentre pas dans leur cadrage éditorial. Euh et que du coup euh je c'est d'autant plus important que les médias indépendants soient là pour euh pour euh pour agacer la Macronie. Justement, que devrait faire son vous le gouvernement français après les avoir interpellés sur ce sujet et d'une certaine d'une certaine façon montrer aussi leur implication directe ou indirecte ? Voilà, il faut agir. Mais en fait, ils auraient dû agir déjà il y a longtemps parce que euh précisément c'est grâce à des médias indépendants que ce sujet-là est venu

23:49

sur a été posé sur la table. Euh là euh on est vraiment à un moment qui est critique. Euh il en va de la santé de de de centaines de personnes de mineurs. Euh le l'entreprise rouliée a été mentionnée à de nombreuses reprises dans de nombreuses enquêtes. On peut pas juste dire euh oh bah les entreprises françaises, il faut genre les les protéger, arrêter de les critiquer vis-à-vis de de l'étranger. Si s'il y a quand même c'est plus qu'un soupçon là que que elle se comporte mal, qu'elle participe à un désastre sanitaire écologique, on ferme pas les yeux là. Il faut vraiment se pencher là-dessus à arrêter en fait si là on en est même plus, je veux dire, on pourrait dire bon

24:34

dans le doute, on pourrait voir là il y a déjà des gens qui qui souffrent, qui qui risquent leur santé, leur vie. Donc là, il faut enfin en fait, il faut mettre un une grosse pause sur l'activité qui est là-bas et et démêler et faire enfin faire en sorte en fait qu'il n'y a que ça n'existe plus. Ça c'est là enfin c'est les sols sont détruits, la le littoral est détruit, les gens ne respirent plus littéralement, ils étouffent. On ne peut pas se satisfaire d'être de participer à à ce désastre. C'est c'est pas possible. Oui, ça m'a fait penser que de lors des premières mobilisations sociales à Gabèes, l'un des slogans c'était laissez-nous respirer. C'est c'est c'est en fait c'est ça qu'on réalise pas peut-être à ce à un tel

25:17

niveau de pollution de l'air. Les gens se plaignent d'asphyxie dans leur quotidien. Ça veut dire qu'il y a des gens qui ont des troubles respiratoires dans la semaine très régulièrement, qui ça fait partie de leur quotidien depuis des années et que à chaque fois qu'ils se plaignent, le gouvernement leur dit "Non, il y a pas de lien, vous inquiétez pas, ça n'a rien à voir avec l'usine chimique qui est en train de de polluer là juste à côté de vous, rien à voir." Et d'ailleurs, ça dans un documentaire rareté qui est sorti il y a 6 ans qui utilisait le même titre, enfin le même pas exactement le même titre mais qui réutilisait l'expression de mini Ternobyl dans dans le dans le dans le dans le documentaire parlait déjà de la responsabilité française et parlait déjà du fait que la

25:58

France remplissait les les carnets de commande et il parlait du fait que un des enjeux du gouvernement tunisien de l'époque qui était donc avant Kaisayed mais aussi des des des gouvernements occidentaux, c'était que la Tunisie n'établisse pas de lien entre l'usine chimique et la le nombre de maladies respiratoire sur place. Donc il y a il y a il y a pas de données chiffrées par exemple qui attestent des données de santé qui peuvent attester du lien. C'est un objectif assumé pour empêcher le fait que cette catastrophe n'explose au grand jour. Merci beaucoup Nathalie AOL, merci d'avoir été avec nous sur ce plateau. Merci Amine Sm et merci à vous d'avoir suivi cette édition de Toujours Debout. Et sachez que nous lançons notre grande campagne de don 2025 et comme chaque

26:42

année, on ne peut compter ni sur le père Noël ni sur aucun milliardaire mais on peut compter sur vous avec un objectif clair : franchir et dépasser le palier des 1500 €. Un palais qui nous permettrait non seulement de clôturer l'année sereinement, mais aussi d'aborder 2026 avec la force et la confiance nécessaire pour continuer le combat, celui d'aller sur la TNT, francilienne ou nationale. Très belle soirée sur le média et on vous laisse découvrir le prochain entretien. Au revoir.