Yannick Jadot : "Il va falloir dépasser Europe Ecologie - Les Verts"
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Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-9 un eurodéputé écologiste qui fut en France la tête de liste de son mouvement aux européennes. Question réaction 01-45-24-7000, les réseaux sociaux, l'application mobile d'Inter, vous aurez, amis auditeurs, la parole dans une dizaine de minutes. Yannick Jadot, bonjour. Bonjour. Et merci d'être au micro d'Inter. Il y a une semaine, le résultat des élections européennes marquait une étape nouvelle dans la recomposition de la vie politique française. En une semaine seulement, le grand parti historique de la droite se trouve plongé dans une crise profonde. Laurent Wauquiez a démissionné hier soir.
Les Républicains doivent maintenant, si c'est encore possible, se reconstruire. Sur quelle base, on verra. Y a-t-il depuis une semaine, selon vous, Yannick Jadot, une nouvelle donne politique en France ? Sommes-nous désormais dans une configuration destinée à durer, avec trois têtes principales, LREM, RN, et vous les écologistes ?
C'est en tout cas le signal de ce vote en Europe. Finalement, on a les extrêmes droites qui, il faut le reconnaître, se banalisent élection après élection, s'immiscent de plus en plus intimement dans la société. Le vieux monde, que peut incarner finalement le rassemblement d'une gauche qui a échoué, d'une droite qui a échoué, au sein des gouvernements en place. Et puis, je veux le croire, un vote d'espoir, un vote d'espoir, un vote pour, un vote d'alternative puissante autour de l'écologie. Mais c'est d'abord un vote qui nous oblige. Ce n'est pas un vote qui nous installe dans un fauteuil confortable. C'est un vote qui nous oblige.
Quand, y compris, l'écologie devient le premier débouché politique des jeunes, c'est à la fois extrêmement enthousiasmant, c'est une grande fierté. Mais quelle responsabilité ? Quelle responsabilité de participer avec eux, à sauver leur avenir, qui est aussi notre destin.
Alors, comment vous présentez ce matin, Yannick Jadot ? Est-ce qu'on peut dire qu'avec le RN, vous êtes désormais le nouveau leader de l'opposition en France ?
Je ne me suis jamais inscrit comme leader de l'opposition dans cette élection.
Depuis l'élection, les choses ont changé. Vous dites, je ne me suis jamais inscrit, rien n'a changé ?
Non, parce qu'on va continuer à porter les mêmes idées. Nos idées ne sont pas des idées contre. Nos idées sont des idées pour. Est-ce que dans notre pays, on retrouve une unité nationale qui n'est pas simplement autour d'événements tragiques ou d'événements heureux comme une Coupe du Monde ? Est-ce que l'unité nationale dans notre pays, la réconciliation à l'échelle européenne, se construit autour d'un beau projet qui est fondamentalement de nous réconcilier avec l'avenir ? Ce qui tue une société, ce qui tue le vivre ensemble, c'est quand l'avenir devient totalement incertain. Le chaos climatique, l'anéantissement de la biodiversité et le délitement de la solidarité rend l'avenir incertain.
Et c'est la faille dans laquelle s'engouffrent tous les communautarismes, tous les replis d'envers. Donc, chef de l'opposition, non merci. Mais non, nous, on va porter à l'échelle européenne, parce que c'est le mandat qu'on a reçu de plus de 3 millions d'électeurs, la transformation de l'Europe, pour servir la santé, l'environnement, l'emploi, la solidarité. Mais, et compris, c'est notre responsabilité d'offrir en France une grande alternative, un projet enthousiasmant qui va rassembler les Français autour d'une nouvelle espérance.
On va voir quelle est votre différence et vos différences avec l'autre alternative, qui est celle qui est portée par Emmanuel Macron et par La République En Marche, puisque vous ne voulez pas vous positionner comme un opposant, donc qu'est-ce que vous êtes par rapport à La République En Marche ? Mais avant, juste une question. Les écologistes se sont déjà retrouvés dans cette position, il y a 10 ans, avec la grande victoire de Danny Cohn-Bendit, et de manière générale, dans une élection qui leur va bien, les Européennes. Et à chaque fois, vous n'avez pas transformé l'essai dans les autres scrutins. Qu'est-ce qui fait que cette fois-ci, ça va changer ? Qu'est-ce qui a changé ?
Vous avez pu voir que dans-dessous de cette élection, les écologistes étaient rassemblés, unis, ça ne tirait pas à Uadia, il y avait l'envie, et je crois que le sens de la responsabilité, très clairement, notre mouvement aujourd'hui veut conquérir le pouvoir pour l'exercer. Il y a 10 ans...
Ce n'était pas le cas avant ?
Il y a 10 ans, y compris le pays n'était pas dans la même situation. Il y a 10 ans, il y avait encore une forme de naïveté, il y avait encore une forme de légèreté. Il y avait déjà la crise de 2008, mais on n'avait pas eu la guerre en Syrie, on n'avait pas eu les attentats, il n'y avait pas cette crise sociale. Le Front National était beaucoup plus faible qu'il ne l'est aujourd'hui. Donc il y a aujourd'hui à la fois un sens aigu de la gravité du moment et le fait que toutes les solutions existent, qui n'était pas forcément le cas il y a 10 ans. Aujourd'hui, les énergies renouvelables coûtent moins cher que les énergies fossiles ou l'énergie nucléaire.
L'agriculture biologique se porte beaucoup mieux que l'agriculture pleine de pesticides. Depuis 10 ans, on a tout le chemin qu'on peut parcourir pour sortir des pesticides. On a tout le chemin pour faire de l'isolation des logements. On a tout le chemin et notre responsabilité est d'emmener, pas simplement les citoyens qui sont en avance, mais d'emmener aussi les entreprises, d'emmener les collectivités locales. Et c'est pour ça qu'évidemment, l'échéance municipale va être essentielle.
Vous dites qu'on veut conquérir le pouvoir, c'est ça qui a changé. Vous voulez conquérir le pouvoir avec qui ? Puisque vous dites que la gauche et la droite, c'est le vieux monde. Alors avec qui ?
Avec les Français, avec les Européens. On a plus de 3 millions d'électeurs. On a des jeunes qui, aujourd'hui, voient en nous un compagnon de route pour leur offrir un avenir.
Les jeunes qui ont aussi beaucoup voté pour le Rassemblement National, Yannick Jadot, ils ont beaucoup évoqué. On est un petit peu au-dessus, tant mieux. Ça faisait des années que le Rassemblement National était premier. Mais il ne faut pas oublier que c'est...
C'est la même enchaîte, quasiment les mêmes proportions. Je sais, c'est pour ça qu'il faut porter ce projet d'espoir. Quant aux jeunes et aux un peu moins jeunes, depuis 2002, depuis le deuxième tour Chirac-Le Pen, on explique qu'il faut voter contre, qu'il faut se résigner aux fractures territoriales, aux fractures sociales.
C'est pas ce que disait Emmanuel Macron en 2017, il ne disait pas qu'on doit voter contre. Lui aussi, c'était un vote d'espoir.
Oui, mais qu'est-ce qu'il a fait à cette Européenne, sinon de dire qu'il faut voter contre le Front National ? Finalement, il est tombé dans le même piège que ses prédécesseurs. Même lui, qui avait fait sa campagne présidentielle aussi beaucoup autour de l'Europe, finalement, il s'est décalé du scrutin européen pour en faire un scrutin national, en espérant faire un référendum anti-Le Pen. Et finalement, il s'est pris un référendum anti-Macron. Tout ça ne résout rien des problèmes. Et tout ça n'offre aucune perspective à la jeunesse. Donc, nous, notre truc, c'est de dire que le Front National, le Rassemblement National ne se combat pas avec des chiffons rouges dans les périodes électorales.
Il se combat tous les jours sur le terrain. Quand Damien Carême est une des communes... Le maire de Grande-Synthe. Le maire de Grande-Synthe, aujourd'hui député européen, est une des communes du Nord. 30% en dessous le seuil de pauvreté, des taux de chômage énormes, y compris chez les jeunes. Il a un des taux de vote pour le Rassemblement National des plus faibles de la région. Pourquoi ? Parce qu'il a mis en place les transports gratuits, qu'il attaque la vie chère, qu'il construit une cohésion sociale, même dans un contexte très difficile. Qu'il offre des perspectives. Et c'est ça, c'est ça que nous devons faire.
Toujours résoudre les problèmes du quotidien, dans les quartiers nord de Marseille, comme dans les centres-villes. On ne peut pas, aujourd'hui, interdire à nos enfants de courir dans les cours de récréation, mais laisser les 4x4 circuler juste à côté des écoles. Il y a un moment donné, il faut du courage politique.
Et Yannick Jadot, vous pourriez travailler avec qui ? Puisque depuis ces élections européennes, depuis la campagne, vous récusez le clivage gauche-droite en disant que l'écologie est désormais une force politique autonome. Vous vous ouvririez à qui ? À une Valérie Pécresse, une Nathalie Loiseau, un Daniel Cohn-Bendit en lui disant « revient à la maison ». Est-ce que les gens que je viens de citer pourraient trouver une place chez vous ?
Je crois que les Français ne se posent pas la question comme ça. Ils ne se disent pas, finalement, comment ils vont se rafistoler entre eux et comment ça m'offre une perspective. Nous, on veut, y compris dans ces municipales, on veut conquérir énormément de grandes villes. Et on verra avec qui on passe des coalitions. Mais là, ce qu'on va mettre en place, c'est autour des valeurs de l'écologie, justice sociale, solidarité, égalité des droits, liberté au pluriel, autour d'un projet que nous allons construire avec ces 3 millions d'électeurs et avec beaucoup plus, avec tous les gens qui agissent, tous ceux qui ont les solutions et tous ceux qui aujourd'hui veulent...
Ce sera quoi, aux municipales, pour qu'on comprenne ?
On va rassembler toutes ces personnes, ils peuvent venir de n'importe où.
Vous avez vanté votre clarté pendant la campagne. Alors maintenant, il y a une nouvelle campagne qui va s'ouvrir pour les municipales et puis ensuite 2022. Vous dites, on verra avec qui on fera des coalitions. Ce n'est pas clair, Yannick Jadot. Par exemple, à Paris, vous ferez des coalitions peut-être avec le PS ou peut-être avec la République En Marche. A chaque fois, ce sera au cas par cas en fonction des villes ?
Mais à Paris, on va essayer de gagner sur la base de notre projet. Ce qu'on veut construire avec les Français, avec tous ceux qui agissent dans les syndicats, dans les entreprises, dans les collectivités, dans les associations, On veut construire le grand projet qui rassemble et qui est efficace pour la vie quotidienne comme pour l'avenir. Sur cette base-là, qui va être un projet cohérent, on verra avec qui on fait des coalitions au moment où on arrivera au deuxième tour de l'élection.
Donc aujourd'hui, vous ne pouvez pas dire si jamais votre candidat, David Béliard, n'arrive pas au second tour et que le second tour oppose Anne Hidalgo au candidat de La République En Marche, vous ne pouvez pas dire avec qui vous alliez.
Comme d'habitude, dans chaque ville, nous poserons les termes d'un contrat de coalition et nous verrons sur la base des valeurs que je défendais. L'égalité des droits, la justice sociale, la solidarité, la démocratie participative si importante dans les villes. On verra avec qui on essaiera d'exercer le pouvoir dans les villes.
Une question technique en passant.
Vous vous rendez bien compte que les jeunes qui ont voté pour nous, quand moi j'entends les appels du pied, qui est de dire refaisons la gauche plurielle. J'ai même entendu le programme commun. La gauche plurielle, c'est 97. Les jeunes qui ont voté pour nous, ils n'étaient même pas nés. Et je vais dire non, vous ne pouvez pas travailler avec nous parce que vous n'avez pas la carte de gauche ou vous avez la carte de droite. C'est aberrant aujourd'hui.
Justement, une question technique. Est-ce que vous allez créer un nouveau parti, un mouvement, un collectif, une fédération, un cartel ? Je ne sais même pas comment l'appeler. Enfin, vous voyez, une nouvelle structure de ce type où Europe Écologie Les Verts reste la maison commune sous ce pavillon.
Il va falloir très clairement dépasser Europe Écologie Les Verts. C'est le mouvement qui a permis ce succès avec d'autres. Il y avait les régionalistes, il y avait l'alliance écologiste. Il va falloir à minima que tous les mouvements écolos aujourd'hui se retrouvent dans la même maison. Mais surtout, on veut construire le grand mouvement politique de demain. Et la question ne sera pas d'où vous venez. Mais est-ce que sur la base des valeurs, rappelez, justice sociale, solidarité, égalité des droits, liberté, sur la base d'un programme que nous allons écrire ensemble, est-ce que vous venez ou pas pour construire cet avenir-là ?
Moi, la personne qui est écolo depuis une heure, elle me va aussi bien que celle qui est écolo depuis 40 ans. Et ça peut venir de la gauche, ça peut venir des gens qui ne sont pas de gauche, mais qui se sentent bien aujourd'hui. Vous dites tout le monde. Mais tous ceux qui ont compris que l'écologie devait être la matrice qui redonne du sens à l'économie et la redéfinit au social, au territoire, à la démocratie.
Est-ce qu'Emmanuel Macron l'a compris ? Question que je vous pose à l'aune du texte qui arrive aujourd'hui en examen à l'Assemblée nationale, la loi mobilité. C'est là pour le premier texte sur les transports depuis 35 ans. Il prévoit de réduire la part de la voiture, d'augmenter celle des mobilités douces, de favoriser le covoiturage, les voitures électriques. Est-ce que le texte est à la hauteur des enjeux ?
Malheureusement, à écouter les députés qui travaillent dessus, comme l'ensemble des observateurs, des acteurs de ce sujet-là, non, ce n'est pas à la hauteur. Quand on parle de réduire les moteurs, ou de supprimer les moteurs thermiques en 2040, il y a d'autres pays, et nous devons nous engager pour que cette fin des moteurs thermiques arrive en 2030. On ne peut pas, d'un côté, avoir le rapport de l'UNICEF qui dit que la plupart de nos écoles, nos enfants ne respirent pas bien, et se dire que c'est 2040. Et y compris...
Donc ça ne va pas assez loin.
Ça ne va pas assez vite. Y compris, il faut se rendre compte que le secteur de l'industrie automobile est en train de complètement se transformer. Est-ce que d'ici 5 ans ou 10 ans, nous assumons que toutes les bagnoles qui émettent peu, qui consomment moins, viennent de Chine ? Ou alors on s'empare de ce sujet, du climat, de la pollution de l'air, et on en fait un magnifique outil au service des 12 millions de salariés de l'automobile en Europe, au service de tous nos chercheurs, pour dire l'industrie de demain.
Automobile, l'industrie des transports, c'est à la fois une industrie qui investit, qui innove, et c'est une industrie au service des besoins de la société, et donc ce sera une industrie européenne.
Et sur la prime mobilité, 400 euros à ce stade par an, prévu pour ceux qui se rendent au travail en covoiturage ou à vélo ?
Elle est très bien, mais elle est facultative, c'est ça le problème. Mais la ministre des transports souhaite qu'elle soit obligatoire ? Et bien si ça devient obligatoire, c'est une bonne nouvelle.
Si ça devient obligatoire, c'est une bonne nouvelle. Et elle est suffisante à 400 euros à ce moment-là ou pas ?
Donc nous démarrons à 400 euros, faisons en sorte que ça se cumule avec le remboursement des cartes de transport et de transport collectif. Il faut absolument, il y a des, partout vous voyez à quel point les gens qui travaillent sont prêts à faire du covoiturage. Il y a partout, si on favorise la sécurité des déplacements en vélo, il y a plein de transports qu'on peut faire à vélo. Donc, objectivement, investir sur les transports collectifs, c'est créer de l'emploi et c'est lutter contre la fracture territoriale. Donc là aussi, la société est prête.
Mais ce qui manque terriblement dans cette loi, et tout le monde le dit d'ailleurs, y compris, je le vois au sein du gouvernement, c'est qu'il n'y a pas de visibilité. On n'emmène pas les Français. Il y a eu la crise des Gilets jaunes largement autour de la fracture territoriale. On n'emmène pas les Français en disant « emparons-nous de nos transports, emparons-nous de l'aménagement du territoire, emparons-nous de l'innovation. »
Petite question avant les auditeurs, parce que c'est l'heure des auditeurs. Le projet prévoit aussi à l'assouplissement des 80 km heure.
Moi, je trouve ça extrêmement dangereux de renvoyer au patron des départements le fait d'augmenter ou de ne pas augmenter la vitesse de circulation. Parce que finalement, vous imaginez au premier mort, sur une route qui est passée de 80 à 90, on va demander des comptes au patron des départements. Et je trouve que ce n'est pas responsable.
Il fallait l'assouplir sur le fond ou non ?
Je pense qu'on peut tout à fait imaginer que sur certaines routes où il n'y a pas de problème, ça reste à 90, sur d'autres à 80. Mais c'est à l'état d'assumer cette responsabilité, pas de renvoyer à d'autres le fait de sauver nos vies, finalement. Parce que l'enjeu, c'est de sauver nos vies.
On file au standard. Bonjour Gaëtan. Oui, bonjour. Vous nous appelez de Lisbonne, Gaëtan ?
Oui, c'est ça. Eh bien, écoutez, soyez le bienvenu. Merci beaucoup. Je vous appelle ce matin parce que moi, je suis un électeur de droite, traditionnellement, justement. Et je voulais savoir, en fait, M. Jadot, est-ce que vous envisagez, au-delà des personnes et des partis, de reconstituer un socle idéologique autour de cette écologie voulue par les jeunes qui ne soit pas uniquement alter-mondialiste ? Voilà, c'est ma question assez simple.
Merci. Gaëtan, Yannick Jadot vous répond. Comment parler à un électeur de droite ou de centre-droite, avec une autre matrice que l'alter-mondialisme ?
C'est quoi l'alter-mondialisme ? Pour avoir largement participé à ce mouvement qui est né, notamment dans les années 90, c'est l'idée que notre vision du monde, ce n'est pas simplement une vision économique, ce n'est pas la marchandisation de chaque recoin de la planète, ce n'est pas la marchandisation de chaque parcelle de nos vies. Ce n'est pas une mondialisation libérale qui, aujourd'hui, explose les limites de la planète et organise la guerre de tous contre tous et, au fond, renforce toutes les extrêmes droites partout. Nous, notre vision du monde, c'est de placer le climat, la biodiversité, la solidarité, ce qu'on appelle souvent les biens communs, au cœur de la régulation mondiale.
Et l'Europe doit être le champion de la régulation publique de cette mondialisation. Et ce n'est pas nous replier, ce n'est pas le localisme, ce n'est pas la défiance vis-à-vis des autres, c'est, au contraire, construire la communauté humaine qui forge des solidarités et non pas bâti des ennemis.
Retour au standard du côté de Toulouse. Bonjour Guy. Bonjour. Bienvenue.
Oui, je suis un vieux militant écologique qui s'est écarté de l'écologie parce que quand j'ai vu les gardes appareils, etc., j'en ai eu assez, mais je continue à voter régulièrement pour la liste des verts. Et puis, manque de peau, cette année, j'ai vu Michel Riresi en deuxième position et son soutien aux maladies qu'on peut protéger avec des vaccins, donc son anti-vaccination maladive, et puis son support au laboratoire Boiron avec le support de l'homéopathie. Donc, j'aimerais bien voir une position de M. Jadot.
Vous voulez la ligne du parti, Guy, sur ce sujet ?
Voilà, parce que c'est devenu impossible, là. On ne peut plus voter écologie, et je pense que, contrairement à ce qu'ils croient, vous avez atteint un plafond de verre. Si vous n'éclatez pas cette partie-là où la médecine, ce n'est pas de la poudre de perlimpinpin et pas du charlatanisme, peut-être que, le jour où vous aurez compris ça, vous pourrez avancer et aller au-delà des 12 ou 15 % que vous avez fait.
Merci, Guy. La question, Yannick Jadot va vous répondre. La question de Guy arrive extrêmement souvent au standard, sur Twitter également, et l'application de France Inter, homéopathie et vaccins, Yannick Jadot ? Un, ce n'est vraiment pas le même sujet. Ah oui, non, mais on est d'accord, mais Guy, posez la question.
Donc, sur les vaccins, la ligne du mouvement Europe Écologie, comme d'ailleurs celle de Michel Rivasi est très claire, nous sommes pour la vaccination. Nous défendons la vaccination comme une responsabilité individuelle et aussi comme une responsabilité collective. Il n'y a pas simplement un choix individuel, notamment, par exemple, on le voit en ce moment sur la rougeole, le fait de choisir pour soi engage l'ensemble de la société. Donc, nous sommes pro-vaccin. Mais il est, ce n'est pas d'ailleurs de mai, il est indispensable, dans le même temps, d'avoir toute la transparence sur le poids des lobbies pharmaceutiques dans la décision publique. C'est simplement ça, sujet.
Si nous voulons redonner, retrouver la confiance entre les citoyens et la vaccination, il faut sortir les lobbies pharmaceutiques de la décision publique. C'est notre seul combat. Mais on le fait sur les pesticides, on le fait sur le nucléaire. Nous, notre sujet, c'est toujours que la décision publique soit intouchable. Et l'homéopathie ? Moi, je crois qu'il y a des millions de Français qui, aujourd'hui, utilisent l'homéopathie. C'est un coût extrêmement faible. Ça participe de soignés. Et je crois qu'on ne peut pas simplement analyser l'impact d'un médicament au regard de sa composition. C'est le résultat qui compte. Et franchement...
Donc, rembourser un placebo, s'il fonctionne, c'est bien. Mais à partir du... Non, mais je vous pose la question. L'enjeu, c'est de soigner. Si l'homéopathie, et c'est prouvé que l'homéopathie participe de soigner des personnes qui s'y retrouvent, franchement, au regard du coût de l'homéopathie, ce n'est pas un sujet. Bertrand Dordogne, bonjour.
Oui, bonjour. Je voulais profiter que vous me laissez l'antenne pour demander à Yannick Jadot ce qu'il pense de l'affirmation de Nicolas Hulot quand il dit que le libéralisme est complètement incompatible avec l'écologie. Je voudrais qu'il précise sa position là-dessus. Et tant que j'ai l'antenne, je voulais lui demander aussi qu'est-ce qui nous garantit que les écologistes ne vont pas aller lécher les bottes du pouvoir ou aller à la soupe comme on a pu le voir avec des François de Rugy et autres.
Merci Bertrand pour cette question. Yannick Jadot. La liste que j'ai eu le privilège de conduire,
c'est aujourd'hui 13 eurodéputés qui vont siéger au Parlement européen et qui ont toujours placé leurs convictions avant leurs ambitions et c'est leur force. Ils ont des parcours extraordinaires et ils se sont toujours situés dans leur parcours de vie, dans leur engagement à réaliser des choses extraordinaires pour l'intérêt général.
Et jamais vous ne serez l'aile verte de la République en marche pour que vous répondiez à la question de l'auditeur.
Non, non, non, on ne va pas être l'aile verte de la République en marche. On va être l'écologie qui est le grand projet enthousiasmant du 21e siècle et qui doit se responsabiliser, je l'ai dit tout à l'heure, pour conquérir le pouvoir, pour transformer la vie quotidienne, l'améliorer. L'écologie, c'est protéger et se projeter.
Mais est-ce qu'il y a une différence entre vous et Pascal Canfin ? Sincèrement, sur le fond.
Je ne sais rien, il va aller écologiser les libéraux qui n'ont jamais été écologistes au Parlement européen. C'est la mission qu'il s'est donnée. C'est sa mission, d'accord, donc il y a une différence selon vous. C'est la mission qu'il s'est donnée. Moi, le groupe vert au Parlement européen, ça a été le sujet de toute cette campagne. C'est le groupe qui obtient toutes les avancées sur l'environnement, la santé, les libertés, parce que nous sommes cohérents. Qu'il se soit donné cette mission...
Mais il vous tend la main, il vous tend la main. D'Annie Cohen-Mandit, il dit au niveau européen, il faut qu'on travaille ensemble, vous lui dites quoi ?
Mais nous, la négociation qui est en cours au niveau européen, qui s'est lancée au lendemain de l'élection, c'est de savoir quel va être le cœur de ce Parlement, le centre de gravité de ce Parlement, comme le centre de gravité, le mandat de la Commission européenne. Nous, nous ferons tout pour que l'Union européenne s'aligne sur les 1,5 degrés de réchauffement maximum. On continue à filer 55 milliards d'argent public tous les ans aux énergies fossiles. C'est débile quand il faut mettre tout cet argent sur l'isolation de nos logements pour qu'il y ait des artisans et pour combattre la vie chère. On met... Il y a la réforme de la PAC qui arrive.
En France, c'est 9 milliards d'euros d'argent public. Ça doit aller sur la sortie des pesticides pour les paysans, pour notre santé, pour notre environnement.
C'est ça le sujet. Une dernière question, c'est Jeanne qui vous la pose sur l'application France Inter. Elle concerne votre vie privée. M. Jadot trouve-t-il normal que sa campagne soit restée à l'antenne d'une radio pendant les européennes ? Aujourd'hui, elle assume dans la presse et dit que cette campagne, on l'a faite ensemble. Que répondez-vous à l'auditrice, Jeanne ?
Isabelle Saporta est engagée sur l'écologie depuis 15 ans. Elle a fait des livres qui ont été énormément vendus. Le livre noir de l'agriculture, « Foutez-nous la paix ». Elle a été recrutée sur RTL pour être cette voix sur l'écologie qui attaque les lobbies, qui défend les paysans.
Elle faisait campagne à l'antenne ?
Mais non, bien sûr que non. Y compris, elle a eu des chroniques où elle défendait des initiatives des députés, les républicains, des députés en marche. Ce qui est sûr, c'est que nous avons choisi cette clarté sur la vie privée à 20h le soir des élections pour la protéger. Pourquoi pas avant ? Pourquoi pas avant ? Ça n'aurait pas été plus clair ? Mais parce qu'il n'y avait pas d'ambiguïté sur ces chroniques. Il n'y avait pas d'agenda caché. Elle a fait à RTL ce qu'elle a fait toute sa vie et bien avant qu'on se rencontre. Et d'un seul coup, parce qu'elle est avec Yannick Jadot, elle n'aurait plus de cerveau, elle n'aurait plus de neurones, elle serait simplement la compagne de Yannick Jadot.
C'est une actrice engagée du combat pour l'écologie, pour les paysans, pour la ruralité, pour la pastoralité. Et il n'y avait pas de raison qu'elle s'arrête à ce moment-là. Maintenant, la chose est claire et on a choisi de faire, à la fois parce qu'on avait envie de partager ensemble cette joie et de la protéger le fort des élections.
Merci Yannick Jadot d'avoir été au micro de France Inter ce matin.
Yannick Jadot