Bruno Retailleau invité de Sonia Mabrouk - 26/08
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 76 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteÉludée
La question qui se pose aussi de plus en plus, va-t-il tenir ? Pourra-t-il tenir ?
- 0:08OuverteÉludée
Bruno Rotaillot est attendu au tournant par certains pour converger vers Édouard Philippe.
- 0:55OuverteRéponse directe
Vous êtes candidat des Républicains à la présidentielle. Vous êtes le président DLR, ancien ministre de l'Intérieur.
- 1:16OuverteRéponse partielle
La stratégie de cette discrétion, certains diraient de l'homme invisible, est-elle la bonne pour bien démarrer une campagne ?
- 2:17ComplaisanteRéponse directe
Se nourrir et sanctuariser. Mais oui, et sanctuariser un temps pour la famille, pour soi.
- 3:24RelanceRéponse partielle
Les appels au rassemblement, à l'unité se multiplient. Valérie Pécresse affirme qu'il y a des convergences programmatiques entre vous et Édouard Philippe.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:04Invité politiqueChiffre
« Un sondage, ça ne fait pas le printemps comme l'hirondelle et ça ne décrit pas du tout. »
- 4:17Invité politiqueFait
« Je me souviens d'Alain Juppé qui, à la même période, devait écraser François Fillon, etc. »
- 4:35Invité politiqueFait
« Ça signale d'alerte. Le second four entre Mme Le Pen et M. Mélenchon. »
- 4:46Invité politiqueFait
« Croyez-vous qu'avec un ancien Premier ministre, Emmanuel Macron, l'un ou l'autre, Gabriel Attal ou Édouard Philippe, ils auraient cette alternance ? »
- 4:55Invité politiquePromesse
« Moi, je ne veux porter pas seulement des réformes, je veux porter une rupture profonde. »
- 5:18Invité politiqueFait
« ne parviendront pas à se décontaminer du quinquennat et du double quinquennat d'Emmanuel Macron qui va se transformer en un formidable échec. »
- 6:54Invité politiqueFait
« Il a fait des propositions sur l'immigration. Droit du sol à Mayotte, par exemple. »
- 7:14Invité politiqueChiffre
« Ça va coûter 9 milliards. »
- 7:51Invité politiqueFait
« un grand centre, en réalité, renforce les deux ailes radicales. »
- 8:35Invité politiqueFait
« Je suis allé au gouvernement pour empêcher que M. Mélenchon et ses amis prennent le pouvoir en France. »
- 9:07Invité politiqueFait
« Aucun ministre de l'Intérieur, avant moi, n'avait eu cette liberté de parole. »
- 19:31Invité politiqueFait
« Il ne peut pas dire ça. Il a fait voter un texte sur le regroupement familial qui élargissait aux fratries le regroupement familial. »
- 19:46Invité politiquePromesse
« Et je réviserai la Constitution parce qu'aujourd'hui, je veux que le peuple, désormais, choisisse. »
- 20:31Invité politiqueFait
« On a été le premier pays à l'époque, pendant que j'étais à Beauvau, le premier pays pour les éloignements. »
- 20:53Invité politiqueFait
« L'assimilation. Nul ne peut être naturalisé que s'il ne démontre son assimilation à la communauté française. »
Temps de parole
- Bruno Retailleau65 %
- Présentateur34 %
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La question qui se pose aussi de plus en plus, va-t-il tenir ? Pourra-t-il tenir ? D'ailleurs, tandis que les appels au rassemblement, à l'unité, à la raison même, se succèdent pour éviter la multiplication des candidatures, Bruno Rotaillot est attendu. Attendu parfois même au tournant par certains, beaucoup lui intime de converger vers Edouard Philippe pour éviter le duel Marine Le Pen-Jean-Luc Mélenchon. Mais une partie, une grande partie des électeurs de droite affirment non, c'est la droite. Et la droite n'est pas soluble dans le centre, certains disent dans le macronisme. La politique, vous le savez très bien, mesdames, est affaire de dynamique.
Mais aussi, on l'espère, quand on vous entend de conviction. Alors, quelle sera sa décision ? Aura-t-il le choix ? Il fait ça rentrer ce soir sur BFM TV. Évidemment, vous vous saluez, la question ne se pose pas. Merci d'être là. Bonsoir, Bruno Rotaillot. Bonsoir, Sonia Mabrouk. Merci d'avoir accepté notre invitation. C'est bien naturel. Vous êtes candidat des Républicains à la présidentielle. Vous êtes le président DLR, ancien ministre de l'Intérieur. Je vous remercie d'être avec nous ce soir, d'autant que plusieurs candidats ont multiplié ces derniers jours, ces dernières heures, les sorties, les propositions, les polémiques aussi.
Mais vous, vous avez cultivé une forme de discrétion cet été. Je me demande si pour marquer les esprits, la stratégie de cette discrétion, certains diraient de l'homme invisible, est la bonne pour bien démarrer une campagne.
Écoutez, moi, je pense que les Français ne sont pas des obsédés de la politique en plein été. Ils ont eu des coups de chaleur. Ça leur suffit. Et je pense que... Alors, moi, j'en ai profité parce que je termine un livre qui serait édité dans quelques semaines. Donc, j'y mettais ma dernière main. J'ai lu beaucoup de livres. Il faut se nourrir aussi l'été. Et puis, voilà, je me suis aussi... J'ai pris du recul. Et c'est fondamental. Vous savez, je n'ai pas vu beaucoup M. Mélenchon, Mme Le Pen s'activer. Je pense qu'il y a ce temps qui est un temps de repos familial aussi, mais en même temps de réflexion.
Et on en a besoin parce que quand on est dans la vie politique, on est toujours sur l'actualité. On est toujours à l'extérieur de soi-même. Et il faut arriver aussi à se nourrir, si on veut donner aussi beaucoup après.
Se nourrir et sanctuariser. Se nourrir, si j'ose dire. Mais oui, et sanctuariser un temps pour la famille, pour soi. Est-ce que vous permettez qu'on voit un extrait ? Les journalistes que nous sommes, nous vous connaissons depuis un certain temps. Il est vrai que cette image sur les réseaux sociaux, elle ne vient pas tout de suite à l'esprit quand on vous voit, quand on vous a vu et connu. Place Beauvau, regardons ensemble.
Voilà ce qui reste de la poule. Et l'autre jour, il y avait encore beaucoup plus de plumes. Il y avait des plumes partout, partout, partout. Voilà, des plumes. Donc ça, c'était une poule de marran, noire, cuivrée. Et elle n'est plus. Les renardos en ont profité. C'est le cycle de la nature.
Bon, vous me voyez arriver, parce qu'il y a le cycle de la nature et le cycle politique. Qui est la poule ? Qui sont les renardos ? On le verra à la fin de la course.
Dimanche soir, figurez-vous qu'il était extrêmement téméraire, ce renard. Ou cette renarde, je l'ai vue. J'ai un petit muret de pierre. Et il était sur le muret de pierre. C'était un spectacle. Mais j'ai moins quand il mange mon poule.
La métaphore, on peut la filer pour la politique. Il y a beaucoup de renardos. Je vous vois venir, en fait. Si je puis dire plus sérieusement, même si les parenthèses, vous avez raison. C'est plutôt des crocodiles, d'ailleurs. Oui. On va voir ce qu'il vous réserve dans le marécage. Parce que depuis un sondage en particulier, Bruno Retailleau, les appels au rassemblement, à l'unité se multiplie. Valérie Pécresse affirme qu'il y a des convergences, y compris programmatiques, entre vous et Édouard Philippe, Jean-François Copé et d'autres. Pointe la responsabilité qui serait peut-être la vôtre si vous ne vous rangez pas derrière un candidat.
Sans doute pensez-il à Édouard Philippe et que vous risquez de précipiter le duel Marine Le Pen-Jean-Luc Mélenchon. Vous avez, me semble-t-il, un devoir de clarification ce soir par rapport à vos électeurs. Et puis plus largement, par rapport aux Français, est-ce que vous êtes déjà dans un processus de préparation en coulisses de ce rapprochement ?
D'abord les sondages. Un sondage, ça ne fait pas le printemps comme l'hirondelle et ça ne décrit pas du tout. Vous le savez parfaitement. On est à plus d'huit mois des élections. Je pourrais vous citer à chaque élection présidentielle les sondages qui se sont trompés. Je me souviens d'Alain Juppé qui, à la même période, devait écraser François Fillon, etc. Bien. Donc les sondages, on doit en tenir compte. Mais ces derniers sondages, si j'en prends plusieurs, où on voit bien qu'il y a une montée des extrêmes, on le voit. Et croyez-moi, je ne prends pas à la légère. Ça signale d'alerte. Le second four entre Mme Le Pen et M. Mélenchon.
Mais voyez, la signification première de ces sondages, c'est que les Français veulent une rupture. Ils veulent une vraie alternance. Croyez-vous qu'avec un ancien Premier ministre, Emmanuel Macron, l'un ou l'autre, Gabriel Attal ou Édouard Philippe, ils auraient cette alternance ? Je ne le crois pas. Moi, je ne veux porter pas seulement des réformes, je veux porter une rupture profonde. Et je veux offrir aux Français une alternative qui se transformera en alternance, bien sûr. Mais cette alternative, pour moi, elle est fondamentale pour changer, renverser la table.
Et ça, les anciens Premiers ministres d'Emmanuel Macron, malheureusement, et ce n'est pas d'ailleurs un jugement personnel que je porte sur eux, mais ne parviendront pas à se décontaminer du quinquennat et du double quinquennat d'Emmanuel Macron qui va se transformer en un formidable échec.
Mais avant de renverser la table, autour de cette table, il y a certains de vos camarades, si je puis dire, au sens élargi à droite, qui mettent une pression très forte sur vos épaules. Sans doute la ressentez-vous pour vous faire jeter l'éponge. Est-ce que vous pourriez affirmer ce soir, de manière presque définitive, que rien ne vous fera Bruno Rotaillot dévier et que vous prenez, entre guillemets, le risque, il faut l'appeler ainsi, c'est en tous les cas ainsi que vos amis l'appellent, ce risque d'un duel entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, que vous l'assumez ?
Qu'est-ce qui pourrait me faire dévier ? Est-ce que je suis un homme qui dévie de sa trajectoire ? Vous êtes une fine observatrice, vous observez la scène politique, vous avez suivi mes déclarations depuis des années. Je pense que j'ai des défauts, comme tous les hommes, tous les femmes, mais je pense que j'ai peut-être cette qualité de la sincérité, de la constance, de la cohérence. Vous savez, si j'ai pris la décision de me présenter, ce n'est pas parce que j'éprouve une jouissance pour l'exercice du pouvoir. Je ne suis pas du tout, du tout, du tout dans cette aventure-là. C'est simplement parce que je pense que 2027, ce sera pour la France le grand rendez-vous de l'histoire.
C'est l'élection de la dernière chance. Et si je veux aller au bout de cette élection, c'est parce que je pense que je peux apporter à mon pays quelque chose que les autres ne peuvent pas apporter. Si nous avions, vous voyez, le même projet, peut-être qu'on pourrait discuter, mais nous n'avons pas le même projet.
Aucune convergence programmatique, comme le dit Valérie Pécresse, entre vous-même et M. Édouard Philippe ?
Écoutez, il a fait des propositions sur l'immigration. Droit du sol à Mayotte, par exemple. Mais si le droit du sol est mauvais à Mayotte, il faut aussi l'interdire et le stopper en France. Il a fait des propositions pour les professeurs. Très bien, mais 20%... Ça veut dire qu'on va dépenser beaucoup d'argent public. Ça va coûter 9 milliards. Et la démographie, c'est-à-dire qu'il y a moins d'élèves, donc sans doute moins besoin de profs, c'est quoi ces 2-3 milliards ? Et puis la question du salaire, ça ne résume pas tout. Moi, je suis pour mieux rémunérer les professeurs. Mais il y a aussi une carrière. Il y a aussi un certain nombre de savoirs qu'il va falloir refonder.
Vous savez, celles et ceux qui ne veulent pas d'un duel, Mélenchon-Le Pen, feraient bien de méditer l'expérience des 9 dernières années. parce qu'on voit bien qu'un grand centre, en réalité, renforce les deux ailes radicales. Et si on veut récréer, justement...
C'est les deux bouts de l'omelette.
Bien sûr, on va renforcer le macronisme, d'ailleurs. Vous savez, Emmanuel Macron disait que, finalement, on jugerait ces quinquennats son résultat au fait qu'il n'ait plus besoin de voter pour Mélenchon-Le Pen. Elle n'a jamais été aussi haute. Ils ne sont pas un rempart, je pense, ni vis-à-vis de l'une, ni vis-à-vis de l'autre.
Bruno Rotailleau, pourquoi se doute sur le fait que, de la part de certains, que vous n'iriez pas jusqu'au bout ? Pourquoi cette idée tenace sur votre prochain ralliement ? Il y a tout un écosystème de personnalités autour de vous qui pense ou qui laisse à penser que vous seriez soluble dans le macronisme, dans le philippisme ?
Mais je ne le suis pas. J'ai été au gouvernement pendant un an.
Vous vous êtes toujours défendu des traumas cronistes, même si l'éthique est colle.
Je suis allé au gouvernement pour empêcher que M. Mélenchon et ses amis prennent le pouvoir en France. C'est pour ça que j'y suis allé. Je n'ai cessé, d'ailleurs, de m'opposer au président de la République. J'étais un ministre de l'Intérieur de cohabitation. Je me suis opposé sur l'Algérie, sur les visas, sur l'immigration, sur la politique à tenir contre l'islamisme, notamment contre les...
On reviendra sur vos résultats, d'ailleurs.
J'ai fait des sorties tonitruantes en Conseil des ministres sur la Corse. Aucun ministre de l'Intérieur, avant moi, n'avait eu cette liberté de parole. Je ne suis pas soluble dans le macronisme. Et mes amis, certains de mes soi-disant amis, pensent courir au succès à la victoire en s'alignant vers tel ou tel qui, aujourd'hui, dans les sondages, est très, très élevé. François Baroin me rappelait il y a quelques semaines que Jacques Chirac, c'était en janvier. En janvier 1995, quelques mois avant l'élection présidentielle, il réunit... Il y avait à l'époque 500 parlementaires UMP. Et il est réuni. Alors, ce n'était pas l'UMP, c'était, à l'époque, RPR et UDF. Et il les invite.
Sur les 500, il y en avait 20 qui sont venus. Et quelques semaines après, il remportait l'élection. Donc tout ça ne veut rien dire. Moi, en tout cas, ce que je sais... Ils viendront quand la soupe est bonne, c'est ce que vous êtes en train de dire. La France va très, très mal.
Et nous allons parler. M. Roteau, je vais consacrer une grande partie à cela. Permettez-moi encore une question sur ce sujet, parce qu'il n'y a pas de candidat naturel de la droite élucente. Nous sommes d'accord. Dans ce cas-là, il est presque raisonnable que certains, comme David Lysnard, se disent, alors, la primaire. Alors, au moins, la primaire, pour vous départager. Vous avez toujours balayé d'un revers de main cette idée. Est-ce que vous avez un argument solide pour nous expliquer pourquoi ?
Non, c'est inexact, Sonia Mabrouk. J'ai très exactement dit ceci. Je n'ai jamais eu d'opposition, de principe à la primaire. Simplement voyant les uns et les autres, pour ou contre le principe, les uns et les autres, ceux qui voulaient une primaire jusqu'à Mme Cnafot, ceux qui n'en voulaient pas, ceux qui, etc. Je me dis, écoutez, moi, je ne perds pas mon temps, je travaille sur le fond et je veux faire campagne, utilement campagne pour les Français. Donc, c'est toujours non. Moi, je n'ai jamais, ce n'est pas cela. Je veux dire que je ne me dérape à aucune compétition.
Depuis un an, j'ai affronté, dans le cadre de LR, pour prendre la présidence de LR, j'ai affronté une première compétition électorale. une autre, pour dire à nos propres adhérents quel est le choix que vous voulez faire pour désigner le candidat LR. Donc, croyez-moi, la compétition, ça ne me fait pas peur. Simplement, aujourd'hui, regardez, Edvard Philippe n'en veut pas. Vous imaginez une primaire sans...
Aujourd'hui, comme vous le dites, demain.
Oui, voilà. Mais, encore une fois, je n'ai pas d'opposition, de principe. Simplement, je ne perds pas mon temps. Je travaille sur le fond et je fais des propositions pour la France et les Français.
On va y venir. L'un des arguments, M. Rotaillot, qui est martelé en ce moment par, on va dire, le bloc central élargi, c'est celui d'éviter un duel LFI-RN. Est-ce qu'il suffit, aujourd'hui, dans une campagne aux enjeux majeurs pour notre pays, vraiment à l'échéance cruciale, de dire, ce duel est dangereux, tout simplement ? Est-ce que c'est un argument de campagne qui va suffire ?
Non, c'est un argument de campagne, je pense, qui est néanmoins un argument, parce que je suis convaincu que si demain, il y a un choc brutal, Marine Le Pen et Jean-Luc Mégenchon, ça se terminera par la chianlis. Puisque les insoumis, de leur propre fait, et selon leur dire, nous indiquent déjà qu'ils n'accepteraient pas les verdicts des urnes. Vous vous rendez compte ?
Des appels à la désobéissance civile.
Simplement, je n'ai jamais pensé que la politique se confondait, les arguments politiques, avec des arguments moraux. Je pense qu'il faut, là encore, combattre, là aussi, l'un et l'autre, avec des arguments. Et je pense, par exemple...
Avec un signe d'égalité, pour vous, entre le Rassemblement national et la France insoumise ?
Je pense que Marine Le Pen ne remettra pas les affaires de la France en ordre. Tout simplement parce qu'elle veut continuer ce qui a, finalement, coulé le pays. Ça, c'est une chose. Mais est-elle aussi dangereuse pour vous ? La systana. La systana. Et tout se tient. Si vous êtes pour la systana, vous dévaluez le travail, et bien alors, à ce moment-là, il faut des immigrés qui remplacent des nationaux.
Ma question, c'est, est-elle aussi dangereuse pour vous, d'un point de vue de... Avec que Jean-Luc Mélenchon ?
J'ai toujours indiqué que non, bien sûr.
Tout ça n'est pas partagé dans votre camp.
Non, mais j'ai mes convictions. C'est moi qui suis candidat. Et objectivement, je vais le prouver, puisque ces dernières semaines nous ont donné des arguments. Regardez M. Boyard. M. Boyard, qui, il y a quelques semaines, voulait interdire des médias. Vous avez ensuite, hier, je crois, M. Delogu, qui s'oppose à la police. Vous avez M. Mélenchon, qui s'en prend violemment au préfet. Vous avez Rima Hassan, qui voudrait détricoter, démanteler l'arsenal antiterroriste français.
Plus précisément, elle dit qu'elle est contre le délit d'apologie de terrorisme. Et elle a lancé le débat aux universités d'été, effectivement, sur l'abrogation de certaines infractions terroristes.
C'est au-delà de ça, puisque le groupe des Insoumis à l'Assemblée, il y a un an, ont déposé une proposition de loi, vous vous en souvenez certainement, pour abroger le délit d'apologie terrorisme. Donc, ces gens-là préfèrent pactiser avec les islamistes, plutôt que de protéger les Français.
Donc, Rima Hassan est une ennemie de la France ?
Ce sont des collabos. Oui, c'est un parti de collabos, avec les ennemis de la France. Moi, je l'assume. C'est quoi la prochaine étape de dépénaliser l'antisémitisme ?
Mais alors, c'est quoi votre prochaine étape ? De les interdire dans un débat démocratique ?
Bien sûr que non. Donc, c'est projet contre projet. D'ailleurs, franchement, Rima Hassan, j'ai fait plusieurs signalements à la justice. D'autres que moi l'ont fait. D'autres que moi. Rien ne se passe.
Le mot de collabos va beaucoup faire réagir.
Ah, je l'assume. Alors, je peux vous dire que...
Collabos avec les ennemis de la France et pardonnez-moi si ce sont les ennemis terroristes qui ont provoqué des centaines de morts dans notre pays.
Les islamistes, oui. Ah, écoutez. Quand vous voulez démanteler un certain nombre d'arsenals, en tout cas de systèmes qui nous permettent de nous protéger contre la terreur, la terreur, la terreur et le terrorisme, c'est à chaque fois, on vise des innocents. C'est ça. C'est ça l'objectif des terroristes. Pour traumatiser une société et pour l'amener à des fins auxquelles on souhaite l'amener. Eh bien, moi, je suis en résistance contre ces gens-là. Vous êtes en résistance. Et quand on voit les propos... Enfin, souvenez-vous, c'était entre les deux tours. Je crois que c'était au meeting à Toulouse quand M. Mélenchon s'en prend à des noms à consonance juive.
C'est ce qu'avait fait Jean-Marie Le Pen avec des noms à consonance juive qui étaient des noms de journalistes en 89. Et on ne dirait rien. Alors, quand c'était M. Le Pen, on sortait dans la rue, il y avait une exébarance à juste titre. Et là, on ne dit rien.
Pourquoi vous pensez qu'il y a un privilège rouge ?
Oui, il y a un privilège. Oui, je pense qu'il y a un privilège.
Donc, M. Rota, vous nous dites ce soir que la chianlis serait davantage, selon vous, avec Jean-Luc Mélenchon qu'avec Marine Le Pen, si je vous entends bien.
Non, précisément, Sonia Barroque, ce que j'ai dit, c'est qu'un choc brutal entre ces deux candidatures amènera la chianlis.
Et pourtant, pour LFI, le chaos, c'est vous. Le chaos, c'est vous. C'est la brutalisation des relations avec l'Algérie. C'est la brutalisation de la société, disent-ils. C'est la confrontation entre certaines catégories de Français. C'est la stigmatisation, disent-ils, des immigrés.
Ils ont raison de me prendre pour leur principal adversaire.
Vous êtes le candidat anti-LFI ?
Je le suis. Et je dirais aux Français ce qu'est la nouvelle France de Jean-Luc Mélenchon. C'est la fin de la France. Eh bien, la France, ce n'est pas l'opposition entre des gens de couleur blanche ou de couleur noire. Ce n'est pas une lutte des classes entre les riches et les pauvres. Ce n'est pas cette espèce de dialectique marxisante qui fera mal au pays, qui est déjà très désuni, fragmenté.
Quelle est votre France ? Monsieur Bali Bagayoko dit qu'il n'y a pas de Français de souche, que nous sommes tous des Français avec, évidemment, des origines pensées, enfin, dit-il, diverses, des Français de sang mêlé, qu'il n'y a pas des Français, dit-il, de souche.
Que lui répondez-vous ? Évidemment qu'il y a des Français d'origine...
Est-ce qu'il y a un peuple pour vous historique ou est-ce que le dire, c'est d'être catalogué ?
Bien sûr qu'il y a un peuple historique. Comment le définissez-vous ? On a des racines qui sont des racines judéo-chrétiennes, mais nous sommes républicains. Quel est le modèle républicain ? Donc, ne reconnaît pas ni les races, bien sûr, ni la couleur de la peau, ni la religion en tant que telle. On doit être Français au-delà de ces particularités. Mais il faut aimer la France, voyez. Il faut aimer la France.
Et pourquoi auriez-vous le monopole de cet amour, si je peux dire ?
Parce que... Plus que d'autres candidats. Parce que pour moi, la politique, ce n'est pas la guerre. Ce n'est pas monter les uns contre les autres. Ce qu'ils font en permanence. La brutalisation. Mais vous le savez très bien. Ils le disent, ils l'assument. La conflictualisation. Ils font en permanence référence, par exemple, Jean-Luc Mélenchon, à Robespierre. Robespierre, pour moi, ce n'est pas un héros. C'est un bourreau.
Oui, j'imagine que ce n'est pas vos références. Ce n'est pas vraiment vos références. Mais c'est intéressant, vous parlez d'un racinement. Mais il faut les lire.
C'est comme Mme Gaethé, quand elle fait son livre. Tout ça a des origines. Et eux, la révolution qu'ils exaltent, c'est la révolution terroriste de 93.
Mme Gaethé, par exemple, elle parle de la famille dite traditionnelle, en estimant que l'exalté, c'est mettre en avant un penchant d'extrême droite. Et j'imagine, mais je ne l'ai pas interrogé, mais Mme Bonneau dit que vous faites partie ou vous représentez sa droite conservatrice, qui est attachée à une France rabougrie.
Je suis attaché à nos paysages. Moi, ce que je veux, c'est garder ce qui marche, ce à quoi les Français tiennent, et je veux changer ce qui ne marche pas. Ça ne fait pas de moi un horrible conservateur. Il y a plein de choses qui ne marchent pas en France. Il faut changer, mais il faut conserver aussi des belles et des bonnes choses. On a une culture, on a une civilisation. Je lisais la dernière enquête de Fondapol, et il y avait quelque chose de très intéressant. Il questionnait sur le fait de savoir si les Français étaient attachés à la façon de vivre à la française, etc.
Mais à plus de 80 %, ce qui était intéressant, chez les plus jeunes, à 80 %, ils sont attachés à nos traditions, à cette façon de vivre, à l'art de vivre à la française. Dans cette élection, il y aura une dimension culturelle.
Parlons-en tout de suite, parce que cette dimension culturelle... Question du moi. C'est un peu mon rôle. Est-ce que vous estimez que cette dimension culturelle, est-ce que vous estimez que c'est une question émise en danger par le nombre ? Et là, je parle d'immigration. Édouard Philippe, l'un de vos concurrents au niveau du Bloc central, se présente comme le candidat de la fermeté migratoire à Mayotte. Et, alors, vous connaissez les chiffres, M. Rotailleau, puisque lui, il affirme que, sous son autorité, le taux d'exécution des OQTF a augmenté, qu'il est le candidat de la maîtrise migratoire.
Il ne peut pas dire ça. Il a fait voter un texte sur le regroupement familial qui élargissait aux fratries le regroupement familial. Et, par ailleurs, dans les propositions qu'il fait, il doit savoir parfaitement, et les conseils d'État, qu'on n'y parviendra que si on change la Constitution. Et je réviserai la Constitution parce qu'aujourd'hui, je veux que le peuple, désormais, choisisse. Et je veux que l'État puisse agir. L'État ne parvient plus à agir. C'est ce qui crée le grand malaise démocratique. Parce que les gens élisent, parfois des gouvernements où ils sont nommés, mais ils lisent des présidents de droite, de gauche ou du centre, et rien ne bouge. Parce qu'ils sont ligotés.
Eh bien, je veux renverser la table.
Oui, mais que ne l'avez-vous renversé depuis la place Beauvau ?
Attendez, attendez. Pardon. S'il y a un règlement retour aujourd'hui, qui change tout en Europe, voyez, parce qu'avant la circulaire retour, vous preniez un étranger en situation irrégulière. C'était le départ volontaire. Tu parles. Il se noyait dans la nature. Aujourd'hui, eh bien, ce sera l'éloignement forcé. C'est Bibi qui l'a initié avec les autres conseils, avec les autres ministres de l'Intérieur. Ensuite, on a été le premier pays à l'époque, pendant que j'étais à Beauvau, le premier pays pour les éloignements. Voilà. On a considérablement augmenté les éloignements. La loi narcotrafic. On a diminué les naturalisations parce que j'en suis revenu à ce que dit le Code civil.
L'assimilation. Nul ne peut être naturalisé que s'il ne démontre son assimilation à la communauté française.
Immigration, sujet économique, évidemment. La dette qui a surgi, ressurgi toujours, avec en partie la proposition d'annuler partie de la dette. Et il faut reconnaître que la France Insoumise a imprimé, en tout cas, ce début de campagne par une telle proposition. Alors, on en... Qu'est-ce qui vous fait sourire ?
Ce n'est pas dur d'imprimer en disant n'importe quoi. Si vous croyez qu'un jour, mais les Français le savent bien, si vous pensez qu'il suffit de dire que M. Mélenchon grimpe sur une estrade vocifère et dise je vais annuler 20% de la dette pour que 20% de la dette soit annulée, qu'est-ce qui se passera ? C'est les Français les plus modestes. Il se passera ce qui s'est passé en Grèce. Il y aura un défaut de paiement, il y aura tous ceux et celles qui nous prêtent de l'argent et malheureusement, il y a une majorité de mains étrangères. Ce sont les marchés financiers étrangers qui nous prêtent la majorité de l'argent pour notre dette. Qu'est-ce que vous croyez qu'ils feront ?
Ils exigeront plus 4% lorsqu'on fera des emprunts pour la dette.
Ce sera 10% et au-delà.
Et là, qu'est-ce qui se passera ? Ce sera comme en Grèce. Ce sera les petits retraités. Ils ont perdu 25 à 30%. Le pouvoir d'achat, 30%. Le chômage a explosé. Ça a été terrible, la Grèce. C'est ce à quoi ceux qui révèrent le Venezuela, ils ont mis, ce Chavez, ses successeurs ont mis le Venezuela en faillite. Ils ont appauvri un pays qui était riche de richesses, notamment de carburant, enfin de fossiles, d'énergie fossile. Mélenchon,
ce serait l'appauvrissement de la France. Bien.
Oui, ce serait la faillite.
M. Retailleau, reconnaissons quand même qu'avec beaucoup de vos amis, vous êtes aux responsabilités quand même depuis...
Moi, j'ai... Attendez...
Pardonnez-moi. Vous avez accompagné des budgets. Nous sommes d'accord.
J'ai fait voter, voyez, des budgets récemment, y compris au Sénat,
c'est une ligne,
où on exigeait des milliards d'économes et qu'on votait, et le gouvernement d'Emmanuel Macron balayait ça d'un revers de vie.
Le gouvernement dans lequel, malgré tout, vous êtes rentré. Est-ce qu'on peut quand même... Bien sûr.
Les raisons que je vous ai données d'empêcher M. Mélenchon d'accéder au pouvoir ?
Mais est-ce que malgré tout, quand on a accompagné certains... Les budgets, qui sont quand même la colonne vertébrale économique et politique, est-ce qu'on est aussi responsable de ce bilan ?
Ah mais moi, je n'ai pas voté n'importe quel budget. Le dernier budget, comme sénateur, je ne l'ai pas voté. Évidemment. Et ça, je récus...
Je parle de l'Assemblée nationale.
Et ce n'est pas moi qui ai fait plus de 1 200 milliards de dettes d'Emmanuel Macron et de ses différents ministres. Ce n'est pas nous qui l'avons fait. C'est le bilan d'Emmanuel Macron. Voilà. Et simplement, ce que je veux dire, la proposition que moi, je veux faire, c'est que si on veut relancer le pays, le pays va mal. Les Français... La France est endettée et les Français sont apeuvrés. Il ne faut surtout pas penser qu'il peut y avoir un grand malheur public, que la France aille mal et que les Français aillent bien. Quelques riches, oui. Mais pas la masse. C'est faux. Moi, je pense que si on veut renverser la table, il faut que le travail paye plus.
J'ai une proposition pour faire en sorte qu'on puisse donner quasiment deux mois supplémentaires dans l'année en supprimant des charges pour les salariés mais aussi pour les entreprises. Je pense qu'il faut taper l'assistanat. Je pense qu'on a un régime, un modèle social qui n'est plus un modèle. Taper l'assistanat. Je pense qu'on a trop de dérives. Vous voyez. Quand quelqu'un qui se lève tôt va gagner un SMIC, tout juste, mais va devoir remplir son plein d'essence quand il va devoir faire, par exemple, payer une crèche ou quelqu'un pour garder les enfants et qu'à côté, il y a quelqu'un qui gagne autant que lui ou presque autant que lui sans rien faire, ça le révolte. C'est révoltant.
Là encore, c'est pas la France des assistés par rapport à la France qui travaille également que vous mettez l'une contre l'autre. Il n'y a pas ce risque-là ?
Non, je veux une justice. Je veux que notre modèle social soit juste. Voilà. Et je veux que ceux qui travaillent, qui cotisent, en aient vraiment pour leur argent. Et aujourd'hui, le travail, il est dévalorisé.
Ce sera l'un des axes de votre campagne.
Exactement.
Je reviens à des questions politiques, mais ça, vous ne le ferez que si vous vous maintenez. Malgré tout, j'insiste, M. Rottweil, puisque demain, après-demain, dans un mois, dans quelques semaines, d'autres sondages vont arriver. Je ne peux pas prédire. Si vous pouvez prédire que d'autres sondages vont arriver. Mais je peux prédire la réaction de vos amis, en tous les cas, puisque parfois, certains sont prévisibles et vont vous appeler à vous désister. Une partie de vos électeurs de droite estime qu'il est vrai une trahison. Peut-être qu'une autre se dit si c'est la seule façon d'avoir un candidat de droite et du centre, alors allons-y. Malgré tout, une partie de la droite est échaudée.
Est-ce que vous répétez ce soir jamais il n'y aura d'alliance, aujourd'hui comme demain et même si...
Je ne sais pas comment vous le dire parce que j'ai déjà... C'est la seconde fois en quelques minutes, Sonia Mabrouk, que vous me posez la même question.
Il arrive que le politique varie.
Ce que je veux simplement dire, peut-être en me réexpliquant pour être plus clair, quelle est la légitimité de ma candidature.
Mais la pression va être très grande.
Encore une fois, le choc Marine Le Pen, elle entraînera la France à sa perte. Je pense qu'elle est socialiste. Le projet est socialiste. Et je dis aux électeurs de droite...
Votre ancien ami Éric Ciotti n'est pas socialiste. Oui, mais voyez bien
qu'à chaque fois qu'il donne une interview, il dit ah non, j'espère que le programme économique du RN va changer, va évoluer, il dit. Ce qui veut bien dire qu'il y a quelque chose qui ne marche pas.
Oui, il l'a toujours dit d'ailleurs de manière assez claire.
Oui, sauf que ça y est, on le sait sur la retraite, 60-62 ans, ça ne marche pas. Or, la retraite, c'est la première dépense. Voilà, c'est un quart des dépenses publiques. Moi, je veux que les gens gardent une bonne retraite. Et vous serez candidat pour pénibilité. Moi, qu'il en coûte, si je peux dire. Mais ce que je veux dire, c'est que vous avez d'un côté des ailes radicales et vous avez de l'autre côté un centre macroniste. Je ne crois pas que les gens veulent la saison 3 du macronisme. Je pense qu'ils veulent justement une alternance, une rupture profonde. Ils ne pourront pas l'apporter. Monsieur Retailleau... Quand bien même le voudraient-ils, ils ne le pourront pas.
Ils seront ramenés au bilan. Moi, je me pose toujours
la question, même si vous avez apporté des arguments à votre participation au gouvernement, incarner la rupture aujourd'hui avec le parcours que vous avez et d'autres, c'est quand même représenter la rupture dans un paysage alors que vous avez malgré tout gouverné, vous avez été aux affaires comme on dit, que ce soit d'ailleurs au Sénat ou au gouvernement, c'est osé pour le moins.
Écoutez, vaut mieux aujourd'hui. On a vu avec Emmanuel Macron et on peut le voir dans la vie que quand ça va mal pour un pays, il vaut mieux quelqu'un qui ait de l'expérience. Et encore une fois, désolé, vous ne vouliez pas quand même que je me batte avec le président de la République, qu'on en vienne aux mains.
J'étais le ministre
de l'Intérieur qui s'est le plus opposé à un président de la République, y compris en prenant la parole dans le Conseil des ministres. Voilà. Sur tous les sujets qui me concernaient, qui concernaient la politique. Et j'ai quitté le gouvernement alors que j'adorais les fonctions de ministre de l'Intérieur. Quand j'ai vu qu'il y aurait une trahison, notamment parce que le Premier ministre discutait avec M. Olivier Faure et qu'on a abandonné la réforme des retraites. Ce qui est pour moi une faute contre la France.
Donc vous êtes concentré sur la présidentielle. Pas d'autres candidatures. Je l'évoque, vous avez parlé du Sénat. Vous l'imaginez toujours peut-être un retour au Sénat ?
À la présidence au Sénat ? Non, non, non. Je fais une déclaration ce soir. C'est peut-être un scoop. C'est que Gérard Larcher sera à nouveau candidat au Sénat.
Oui, ça ne m'a pas échappé. Gérard Larcher, d'ailleurs, qui fait partie peut-être de ceux qui vous disent ou vous soufflent à l'oreille, Bruno, soit raisonnable.
Écoutez, il se trouve que... C'est l'inverse.
Mais c'est intéressant.
Non, non, je l'ai changé tout à l'heure avec lui. Il n'est pas du tout dans cet état d'esprit. Pas du tout, du tout.
Donc, il ne considère pas qu'il y a un risque d'un duel Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. C'est intéressant.
Je comprends que vous êtes observatrice et ici, à Paris, BFM. Très bien. Mais ce qui compte dans la vie et dans une élection, ce n'est pas quelques chapeaux à plumes. C'est les électeurs. Mais ça, vous le dites.
C'est les électeurs. Vous le leur dites. Exactement. Bien. À bon entendeur, si je puis dire. Oui, bien sûr. Il y a quand même, et je voudrais finir par ce mot, je pense qu'il va provoquer des crispations, collabos pour la France insoumise. Mais vous assumez, vous vous présentez comme le candidat anti-Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise. Mais là, vous tracez une ligne entre ce que vous pensez être les patriotes, les résistants et donc les collabos.
Je pense que quand on en vient à faire les propositions de Mme Rima Hassan et les propositions du groupe des Insoumis à l'Assemblée nationale, franchement, il y a une forme de collaboration avec les islamistes et les islamistes sont nos ennemis. S'il y a un totalitarisme islamiste que j'ai toujours combattu, c'est la raison pour laquelle je m'étais aussi engagé contre le frérispe, les frères musulmans. Et je pense qu'on parlait tout à l'heure de batailles culturelles. Ça en fait partie. Et moi, je pense ce soir
comme vous, M. Retailleau, à la mémoire évidemment de ces centaines de citoyens qui ont perdu la vie dans notre pays justement à cause de ce terrorisme islamiste, quelles que soient leurs origines, quelles que soient leurs convictions. Et dire cela, c'est lourd de responsabilité. Vous êtes ministre de l'Intérieur, vous êtes candidat à la présidentielle,
mais votre cible
est clairement identifiée.
Le narcotrafic fait encore plus de morts. Vous savez que les Insoumis ont voté contre le texte. Et quasiment toutes les dispositions du texte que je soutenais, que j'avais initiées au Sénat, contre les narcotrafic. Alors que c'est le pire du capitalisme, si j'ose dire, parce que c'est un capitalisme avec du sang, du sang de jeunes, de 14, de 15 ans sur les mains. Eh bien, les armes que je voulais donner aux forces de sécurité intérieures, ils n'en voulaient pas.
Merci Bruno Rotaillot.
Merci à vous.
Candidat, donc quoi qu'il arrive. Et demain, puisque vous avez ciblé la France Insoumise, notre invité, notamment Éric Coquerel, vous répondra. Mais là, vous avez largement répondu déjà à la pression mise par certains du bloc central. Je vous remercie de nous avoir accordé cet entretien pour cette rentrée médiatique.
Bruno Retailleau