Sylvain Maillard - L'interview politique du 10/09/26
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 20 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:30OuverteRéponse directe
Quel regard portez-vous sur la montée de l'AFD en Allemagne ?
- 1:57OuverteRéponse directe
Quel regard portez-vous sur l'explosion de l'antisémitisme en Europe et en France ?
- 3:40OuverteRéponse directe
Le principal danger sur l'antisémitisme vient-il de l'extrême droite, de l'extrême gauche ou des deux au même niveau ?
- 4:22OuverteRéponse directe
Avec trois candidats au centre et au centre droit, comment éviter une finale Mélenchon/Le Pen ?
- 5:15OuverteRéponse directe
On peut encore faire une primaire ou c'est trop tard ?
- 6:03RelanceRéponse directe
Si pas de primaire, qu'est-ce qui va départager les candidats ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:22PrésentateurFait
« Vous avez été président du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale. »
- 0:24PrésentateurFait
« Vous êtes aussi conseiller de Paris depuis mars dernier. »
- 3:09InvitéChiffre
« L'antisémitisme, c'est 45 000 euros d'amende et jusqu'à un an d'emprisonnement. »
- 5:05InvitéFait
« J'avais signé l'appel de Maude Bréjon en disant qu'il fallait peut-être un mode de sélection, pourquoi pas une primaire. »
- 9:47InvitéChiffre
« On a mis 10 000 policiers supplémentaires. »
- 12:02InvitéPromesse
« Pas d'augmentation d'impôt. »
Temps de parole
- Invité67 %
- Présentateur29 %
- ?2 %
≈ 17,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Happy birth de ces
moments.
Bonjour Sylvain Maillard. Bonjour. Vous êtes député de Paris. Difficile d'enchaîner après un
an. C'est vrai, c'est vrai. Il y a eu un
haut niveau qui est mis. Il va falloir être à la hauteur. Et bon anniversaire encore.
Vous êtes, Sylvain Maillard, député de Paris depuis 2017. Vous avez été président du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale. Vous êtes aussi conseiller de Paris depuis mars dernier. On va bien sûr parler de la politique française. Mais comme à tous les invités cette semaine, je pose la question du résultat des élections en Allemagne, en Saxe-Hanalt, pour la première fois depuis la chute du régime nazi en 1945. Un parti d'extrême droite est aux portes du pouvoir régional. L'AFD, parti extrêmement radical, néo-nazi, disent certains. C'est un choc, c'est un avertissement pour nous ? Oui,
c'est un parti néo-nazi. Moi, j'ai passé partie de ma vie, de mes études en Allemagne. Et l'AFD, je l'ai rencontré physiquement dès 2018, lors d'une visite en tant que député en Allemagne. L'AFD et les propos qui tiennent, ce n
'est
même pas l'extrême droite qu'on connaît en France. C'est vraiment un parti avec des racines néo-nazies qu'il ne cache pas. Évidemment, c'est une très très mauvaise nouvelle, une nouvelle malheureusement attendue. Et attention, il y
a
une autre élection, toujours en Allemagne, l'ex-Allemagne de l'Est, le 20 septembre. Et le résultat risque d'être hélas le même. C'est vraiment une alerte extrêmement grave pour nous tous, en Allemagne bien sûr, mais en Europe.
Effectivement,
vous le disiez, parti néo-nazi, avec des propos tels que les SS n'ont jamais été des criminels. Vous avez
été...
Attendez, David, aussi de séparer les enfants.
Les
enfants
handicapés n
'ont pas à être dans les écoles traditionnelles.
La
remigration, etc. Vous avez été un temps président du groupe d'études sur l'antisémitisme de l'Assemblée. Quel regard vous portez sur l'explosion du phénomène en Europe, en Allemagne, un pays qui aurait dû être vacciné, mais aussi en France, où on voit que 50%, je crois, d'après les chiffres des incidents racistes et des violences racistes verbales et physiques, concernent la communauté juive, qui ne représente qu'un pour
cent
de la population française.
Même un peu plus,
on
est à presque 60%. L'antisémitisme a toujours été récurrent. Il s'est réinventé. Nous avions porté... J'ai eu l'honneur de porter une résolution pour faire en sorte que l'antisionisme soit reconnu comme une forme d'antisémitisme par les juges. Et donc, nous avions fait voter une résolution. C'était en 2019.
Et
puis, il y
a
eu le 7 octobre. Et là, depuis, ça a totalement... On a eu l'occasion d'en parler en permanence à votre micro et partout ailleurs.
Libérer
une parole, une parole antisémite, comme cette parole raciste que vous parliez en Saxe-Nalte. Il faut la combattre. Ce dont on a la chance en France de faire en sorte que l'antisémitisme soit reconnu comme un délit et donc de le faire sanctionner. Ce n'est pas le cas dans beaucoup de pays dans le monde, entre autres dans le monde anglo-saxon. Mais je rappelle que l'antisémitisme, c'est 45 000 euros d'amende et jusqu'à un an d'emprisonnement. Et donc, ça, c'est aussi, je crois, l'honneur de la France. Il faut continuer à combattre l'antisémitisme. Malheureusement, c'est un sentiment très profond qui n'est pas...
Moi, quand je travaillais dessus, j'étais toujours, l'antisémitisme, c'est un sentiment d'infériorité. Donc,
c
'est un sentiment aussi pour ça qu'il est génocidaire. Et c'est ce sentiment-là qui perdure, qui est en chacun d'entre nous, en réalité, comme le racisme, qui est un sentiment, par
contre, de supériorité. Vous diriez que le principal danger sur l'antisémitisme vient aujourd'hui de l'extrême droite, l'extrême gauche, des deux au même niveau ? C
'est
l'extrême gauche
qui a ravivé cet antisémitisme. Est
-ce
qu'il
y a
eu un antisémitisme de droite ? Bien sûr. Et d'extrême droite, ça a toujours existé. Il est récurrent. On remonte dans les siècles auparavant, bien sûr que c'était l'extrême droite, mais ça a toujours existé à la gauche et à l'extrême gauche. Évidemment, LFI,
c
'est,
à
l'heure actuelle, probablement ceux qui mettent le plus de feu là-dessus. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'ils ont besoin d'un bouc émissaire. Pour LFI, le bouc émissaire, c'est le riche.
Et
le riche, le juif, est assimilé au riche.
Alors, beaucoup de monde sur le créneau du centre et du centre droit. Votre espace politique, ça se bouscule. Trois candidats, Édouard Philippe, Gabriel Attal, et puis chez LR, Bruno Retailleau. Mais le problème, c'est que si les trois sont candidats, il n'y
en
aura aucun en second tour. Et ça nous promet une finale, qui d'ailleurs est de plus en plus pressentie par les sondages. Une finale, Jean-Luc Mélenchon, Jean-Marie Le Pen. Comment faire ? Marine Le Pen. Qu'est-ce que j'ai dit ? Jean-Marie Le Pen, pardon.
Il
est tôt.
Le dire, il nous faut un seul candidat dans l'espace du socle commun, qui a été défini par Michel Barnier, c'est-à-dire DLR jusqu'à Modem, en passant évidemment par mon parti Renaissance, par Horizon et par l'UDI, l'ensemble de ceux qui soutenaient Michel Barnier. Donc nous avons besoin d'un candidat. Moi, je le dis depuis longtemps, j'avais signé l'appel de Maude Bréjon en disant qu'il fallait peut-être un mode de sélection, pourquoi pas une primaire. En tout cas, ce qui est certain, moi je pense qu'il nous faut un candidat dès le mois de novembre.
On
peut encore faire une primaire ou c'est trop tard ?
Le problème, c'est que personne n
'est
d'accord sur le périmètre de la primaire. Et si c'est pour faire une primaire où les perdants ne soutiennent pas le gagnant, honnêtement, autant pas faire de primaire. Donc, moi je dis, il faut absolument un candidat avant la fin de l'année.
Au mois
de novembre, vous dites. Oui, parce que tous les candidats, d'ailleurs que je vois régulièrement, disent tous que le moment de Noël est très important. C'est la dinde de Noël, on est autour de Noël, et donc on discute politique. Ce n
'est
pas faux. Et donc, avoir une offre politique établie à ce moment-là me semble un moment important. Donc, c'est-à
-dire
au mois de novembre, début décembre, d'avoir un candidat. On n'oublie pas qu'il
y a
des élections sénatoriales à la fin du mois de septembre. Là, c'est logique que chaque parti défend ses candidats et donc qu'il y ait encore une course à la candidature.
Alors, s'il n'y
a
pas de processus, s'il
n
'y a pas de vote en primaire, qu'est-ce qui va départager les candidats ? Ce sont donc les sondages.
C'est
-à-dire que les sondeurs vont faire le choix du candidat dans cet espace ? Malheureusement,
je ne
vois
pas bien ce qui peut faire la différence si on n'a pas une élection interne, interne ou en tout cas une primaire. Je crois que c'est aussi
qui
est le mieux au barycentre de réunir tout le monde
?
Est-ce que les LR peuvent se mettre derrière un candidat ? Est-ce que Renaissance peut se mettre derrière un candidat et que ce soit le même candidat
? On
sent bien qu'au fur et à mesure, il doit y avoir une alchimie qui permette de choisir un candidat. Et ce candidat, il faudra tous le soutenir, l'accompagner. Ce ne correspond jamais, dans une élection présidentielle, exactement à toutes vos idées. Mais l'essentiel, il est ailleurs, il est d'être au second tour et de gagner cette élection présidentielle.
Alors, si on regarde bien les sondages depuis la fin de l'été, on ne constate aucune dynamique pour aucun de ces trois candidats, ni Retailleau, ni Philippe, ni Attal. Et c'est Philippe qui reste quand même le mieux placé. C'est le seul qui a une chance, semble-t-il, à ce stade, avec les réserves d'usage, puisqu'on est à huit mois, et que ce ne sont que des mesures de l'opinion. C'est le seul qui semble en mesure d'empêcher ce fameux second tour. Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, et pas Jean-Marie Le Pen. Pourquoi est-ce qu'on ne
se
rangerait pas ? Pourquoi est-ce que vous ne vous rangeriez pas collectivement derrière Philippe dès maintenant
? Oui, moi, je suis attentif. Et je vois bien que, je l'ai déjà dit, il est au Barry Centre actuellement. C'est Édouard Philippe qui est le mieux situé, puisqu'on peut imaginer que les LR puissent se mettre derrière Édouard Philippe. Et qu'Édouard Philippe a été Premier ministre d'Emmanuel Macron. Et donc, pour Renaissance, pour mon parti, c'est évidemment quelque chose qui est assez naturel. Après, je trouve que Gabriel Attal fait une très bonne campagne. Il se bat, il pousse des idées. Il y a aussi un moment où on a besoin d'avoir des idées. On ne peut pas dire qu'on est juste là pour éviter l'extrême gauche ou l'extrême droite. Il faut porter des idées fortes.
Par exemple, que le travail paie plus. On doit faire une transformation de notre société. On le voit bien. Faire en sorte que ceux qui travaillent gagnent plus. Rapprocher le brut,
le
net, et expliquer comment on le fait. Je pense que c'est un point essentiel. Et il y a des transformations apportées. Comment on voit l'école ? Comment on voit notre armée ? Comment on voit l'avenir ? Comment on voit la réindustrialisation de la France ? Je pense qu'il y
a
des projets importants. Parfois, des différences entre les candidats. C'est aussi l'opinion publique qui doit choisir en amont.
Alors, le problème, c'est que, vous avez raison sur tous ces points, mais les électeurs français aiment l'alternance. Et on se demande pourquoi, après dix ans de pouvoir macroniste, c'est un de ses héritiers, même s'il a pris ses distances, même s'il a critiqué certaines formes de la politique d'Emmanuel Macron. Pourquoi ce serait un héritier qui bénéficierait de ce phénomène d'alternance ? La seule expérience dans notre histoire, c'est Nicolas Sarkozy avec Jacques Chirac qui avait réussi à la fois à rester dans la continuité et à s'en démarquer. Édouard Philippe et Gabriel Attal ayant été tous les deux Premier ministre d'Emmanuel Macron.
Deux
choses. D'abord, moi, je suis du bloc central. Donc, évidemment, c'est normal, je pousse mes idées au-delà de la politique. Je crois que c'est bon pour la France et qu'évidemment, il y
a
des choses bien que nous avons faites, il y
a
des choses que nous avons mal faites. Et je crois qu'il faut aussi apprendre de ces erreurs. Je suis aussi chef d'entreprise à côté. On ne
fait
pas tout bien.
Ce
n
'est
pas grave de ne pas tout faire. Ce qui est grave,
c
'est de ne pas faire. Et donc, il faut avancer. Donc, il faut faire des propositions. C'est le moment où on fait des propositions avec une radicalité, je crois, qui attendent les Français. C'est-à
-dire,
quand on dit quelque chose, on explique comment on le fait et qu
'on
le met en place.
Je
crois que ça,
c
'est, en tout cas, sur le domaine régalien, ce qui nous a manqué, pour nous, le bloc central autour d'Emmanuel Macron, de ne pas assez être radical dans les décisions que nous devions prendre.
Par exemple, sur la sécurité, sur les migrations ?
Oui, on a mis 10 000 policiers supplémentaires.
On
a réorganisé les services pour être beaucoup plus efficaces pour lutter, entre autres, contre le terrorisme.
Quand
on parle, putain, je touche du bois. On voit bien qu'on a des vraies avancées. mais la nature, les risques ont changé,
la
société a changé et il nous faut être plus radical dans les décisions. Édouard Philippe était à Mayotte il y a quelques semaines. Ceux qui connaissent Mayotte, la situation à Mayotte, évidemment qu'il faut des solutions radicales. Radicales ! Ce n
'est
pas de la demi-mesure. Sinon, c'est impossible pour nos amis mohé qui sont nos concitoyens. C'est un département de continuer à vivre dans des conditions décentes. Nos enfants, des Français, ne peuvent même plus aller à l'école tellement il y a d'enfants de naissants sur place et d'un point de vue bâtimentaire obligés de faire l'école deux heures par jour parce que des floppés d'enfants s'enchaînent les unes après les autres. C'est ça aussi la France. C'est un département français. Donc, il faut des solutions efficaces et entendables.
Pour finir en beauté, la discussion budgétaire s'ouvre dans quelques jours. On a vu qu'elles avaient été compliquées ces deux dernières années pour cause d'absence de majorité. Ça risque d'être pire encore cette année sur fond de présidentiel avec des prises de position, des postures en vue de la campagne alors qu'il faut serrer la vis pour parvenir à ces satanés 5% de déficit. Comment on va faire ces missions impossibles ? Ça,
c
'est le problème du gouvernement. Moi, je suis un député et je porte des idées. Moi, je veux que le travail paie plus.
Et
donc, évidemment, tout ce qui va être possiblement proposition, on entend de ci, de là, fleurir des ballons d'essai, d'augmentation des prélèvements, augmentation des impôts, ça, c'est inentendable. Si les uns et les autres veulent faire un budget socialiste, qu'ils travaillent avec les socialistes.
Mais comment
ça va se terminer en 49-3
ou en
ordonnance ? Forcément, ce budget est sans majorité et vu la campagne qui
s'ouvre.
Ça, de toute façon, il n
'y a
pas de majorité. Donc, il n'y
a
pas de miracle. C'est ou un 49-3 ou évidemment une désordonnance. Mais je note que l'année dernière, le budget de la sécurité sociale a été quand même voté. Je crois qu'on est dans une autre temporalité. Il faut que le gouvernement nous présente une copie solide. On travaille dessus. Mais je le redis, nous, à Renaissance, nos points sont très importants. Pas d'augmentation d'impôt. On est déjà les champions du monde et on veut que le travail paie plus. Ça, ce sera notre boussole et on le portera.
Comment faire sur
le travail
? Pour
que le travail paie plus, il faut qu'on dépense moins. Il faut rapprocher le brut du net. On a des cotisations trop importantes. Pourquoi ? Parce qu'on dépense trop en trop dans la sphère sociale. Moi, j'ai proposé, par exemple, de dérembourser les cures thermales. 260 millions. J'ai eu beaucoup d'emails et je continue à recevoir beaucoup. C'est très important. Oui, non, mais à un moment, il faut faire des choix. Moi, le choix, c'est que celui qui travaille, il gagne plus. C'est simple et au moins, c'est entendable. On nous propose aussi des réformes sur l'assurance chômage, sur les arrêts maladie, des choses qui ne sont pas forcément très populaires. Mais il faut les porter.
Il faut dépenser moins.
Vous ne vous êtes pas fait une amie avec les cures thermales, avec Annabelle Nakache
qui, on sait, est
adepte de cette thérapie. Merci beaucoup, Sylvain Maillard
et à bientôt
sur Radio JT. Bonne année.
Merci à vous, David. Shana Tova, très belle année.
On se retrouve
lundi
avec plaisir. Sous-titrage
Société
Radio
-Canada
Sylvain Maillard