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Conférence de presseC dans l'air (sur YouTube)· 15 mars 2026 63 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & famille

Mort de Quentin : l'ultra gauche en accusation, LFI sous pression - C dans l’air - 16.02.2026

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 99 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:41OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qu'on sait précisément de ce qui s'est passé ce soir-là à Lyon? Qui sont ces groupuscules antifascistes dont certaines organisations ont été dissoutes?

  • 2:04OuverteRéponse directe

    Le procureur s'est exprimé il y a quelques minutes. Il n'était pas très bavard, mais il a donné quelques indications sur ce qui s'est passé à Lyon ce soir-là.

  • 4:13RelanceRéponse directe

    Ses parents ont contesté cette version.

  • 4:56OuverteRéponse directe

    Aucune interpellation à ce stade.

  • 5:40OuverteRéponse directe

    Pour vous dresser l'ambiance à Lyon, depuis très longtemps, il y a cette tradition d'affrontements entre la gauche radicale et la droite extrême.

  • 6:21OuverteRéponse directe

    Très vite, il a été question de la Jeune Garde. Très vite, il y a eu un débat politique qu'on va aborder ce soir. Le procureur, interpellé sur ce sujet, n'a donné aucune information de nature à confirmer que la Jeune Garde, ou ce qu'il en reste, est impliquée dans la mort de Quentin.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:45L.NunezFait
    « Manifestement, l'ultragauche était à la manoeuvre »
  • 2:45porte-parole du gouvernementFait
    « Il y avait une responsabilité morale de LFI, qui encourage un climat de violence »
  • 2:45J.-L.MélenchonFait
    « Nous n'avons rien à voir avec cette histoire! Ceux qui nous accusent sont des calomniateurs. »
  • 3:29procureurFait
    « Ce n'est pas des coups mortels. Des coups mortels, c'est une bagarre, on met un coup et on n'a pas forcément envie de tuer la personne. Un meurtre, il y a une intention. »
  • 4:13C.RouxFait
    « Ses parents ont contesté cette version. »
  • 5:40N.MauretFait
    « Ce n'est pas les mêmes. Ce sont de tout petits groupuscules. A chaque fois, ça se recrée. »
  • 8:23J.FourquetFait
    « En 2018, la branche lyonnaise Du Bastion social, une organisation d'extrême droite, est dissoute. Le grand jeu est de se recréer sous un autre nom. »
  • 9:07J.FourquetFait
    « Il y a aussi R.Arnault, député LFI, un des membres fondateurs de la Jeune Garde, qui avait indiqué que c'était à l'issue du décès de C.Méric qu'il avait décidé de s'engager dans la mouvance antifasciste. »
  • 9:52C.BarbierFait
    « Il est devenu politique. Que l'ultragauche soit à la manoeuvre, quand on voit la scène de rue, on n'a guère de doute sur les groupuscules en présence. »
  • 11:59J.FourquetFait
    « Il n'y avait pas de motivation politique. C'était lors d'un bal de village. »
  • 14:49M.Maréchal-Le PenFait
    « LFI a du sang sur les mains. »
  • 14:49M.BregeonFait
    « Il y a une responsabilité morale de LFI. »
  • 14:49G.DarmaninFait
    « Il y a des discours politiques, notamment ceux de LFI et de l'ultragauche, qui mènent malheureusement à une violence très débridée. »
  • 15:34J.-L.MélenchonFait
    « Demain, à Lyon, où il y aura la manif du 1er mai, j'appelle tous mes camarades à se grouper derrière la bannière de la Jeune Garde pour dire qu'ils n'ont pas peur. »
  • 16:16J.-L.MélenchonFait
    « Nous n'avons rien à voir avec cette histoire! Ceux qui nous accusent sont des calomniateurs. »
  • 17:00C.RouxFait
    « Un collaborateur d'un des cofondateurs de la Jeune Garde, R.Arnault, député LFI du Vaucluse, aurait été sur place. »
  • 18:24N.MauretFait
    « Les politiques, depuis vendredi soir, depuis l'annonce du décès de Quentin, objectivement, ils ne le sont pas. »
  • 23:08C.BarbierFait
    « Il y a la condamnation de J.-L.Mélenchon, condamné pour rébellion à la suite de la perquisition du siège du LFI en 2018. »
  • 23:53C.RouxFait
    « Le député en question estime qu'il est écoeuré de ces mises en accusation et nie toute responsabilité dans ce qui s'est passé. »
  • 24:37C.BarbierFait
    « C'est curieux de dénoncer un fascisme sans le définir et d'employer les méthodes du fascisme. »
  • 26:04D.DelsenyFait
    « C'est un étudiant qui ne cache pas ses sympathies pour l'extrême droite. Il faisait partie d'un certain nombre d'associations, de mouvements. »
  • 26:48J.FourquetFait
    « On n'est plus sur la lutte des classes ou la répartition des richesses. Quand on est jeune et qu'on s'identifie à un camp, ce sont des camps en guerre. »
  • 28:15J.FourquetFait
    « On voit comment cette ambiance contribue fortement à tendre l'affrontement politique. »
  • 29:42C.RouxFait
    « On va revenir sur les règles en matière de dissolution de ces groupuscules d'extrême droite, d'extrême gauche. »
  • 31:06J.-L.MélenchonFait
    « Celle-ci, qui vient d'entrer dans notre file, avec une telle force, une telle générosité, une telle capacité à vous entraîner, merci, de l'honneur que tu nous fais d'être sur notre liste. »
  • 31:51R.HassanFait
    « Le Hamas a une action légitime du point de vue du droit international. La légitimité de la lutte armée dans un contexte de colonisation est claire. »
  • 32:35R.HassanFait
    « Glucksmann, je le trouve très lâche politiquement. C'est le cas du PS, de ce que j'appelle la gauche coloniale. »
  • 33:12R.HassanFait
    « Cette action non-violente est symbolique et politique. Objectif: dénoncer le blocus humanitaire et le génocide en cours, l'impunité dont bénéficie Israël et sensibiliser l'opinion mondiale. »
  • 34:38C.BarbierFait
    « On aimerait que dans les universités et les établissements de sciences politiques, on puisse recevoir tout le monde. »
  • 36:06C.BarbierFait
    « Essayer de faire croire à cette jeunesse qu'en votant LFI, elle va renverser l'ordre social et politique, ça donne une stratégie qui s'appellerait R.Hassan. »
  • 37:32N.MauretFait
    « R.Hassan, il faut avoir en tête que ce n'est pas une femme politique. C'est presque une star. »
  • 38:15N.MauretFait
    « Elle fait de l'agit-prop. Peu importe ce qu'on dit d'elle, bien ou mal, mais il faut qu'on en parle. »
  • 39:37J.FourquetFait
    « Ce qui va la propulser, on en revient au 7 octobre 2023, avec ce qui s'est passé entre le Hamas et Israël. »
  • 40:16J.FourquetFait
    « Toute la machine militante de LFI s'est mise derrière elle. »
  • 40:59J.FourquetFait
    « Elle avait parlé du président du Sénat comme d'une crapule. Il y avait eu une altercation avec F.-X.Bellamy. »
  • 41:42J.FourquetFait
    « Dans une partie du reportage, elle indique clairement que le droit à la lutte armée est un droit légitime pour les peuples colonisés. »
  • 42:24C.RouxFait
    « Il n'y a pas des effets collatéraux de la stratégie R.Hassan sur LFI, mise en cause pour son antisémitisme? »
  • 43:07C.BarbierFait
    « Ils considèrent qu'ils ont un bénéfice électoral bien supérieur à leur déficit. »
  • 43:52D.DelsenyFait
    « Je suis frappé par l'utilisation des réseaux sociaux pour faire passer certaines paroles. Mais on est aussi là pour parler de ce qui s'est passé et, éventuellement, du lien moral, comme le disent certains, qu'on peut faire entre les 2. »
  • 45:20D.DelsenyFait
    « Les critères peuvent être variés. On peut considérer qu'une association trouble l'ordre public, que ses membres tiennent des propos... Si elles sont liées à des actes violents ou à des actes qui incitent au terrorisme, à autre chose... »
  • 46:05C.BarbierFait
    « Dissolution ne veut pas dire disparition. On ne va pas arrêter les membres d'une association dissoute et les mettre en prison. »
  • 46:44C.RouxFait
    « Le procureur ne fait pas le lien entre la mort de Quentin et la Jeune Garde. Le garde des Sceaux l'a plus ou moins fait. Et le ministre de l'Intérieur l'a fait. »
  • 47:28J.FourquetFait
    « Si on regarde notre histoire, ça a parfois même été beaucoup plus dur et plus violent que ça, mais sur la période récente, les 20 dernières années, on n'était pas habitués à ce type de spectacles. »
  • 48:12J.FourquetFait
    « On a déjà connu des choses comme ça. Mais on est à quelques semaines des municipales et un jeune est mort. »
  • 48:55C.RouxFait
    « Y.Braun-Pivet est la présidente d'un Hémicycle qui se transforme de plus en plus souvent en chaudron. »
  • 49:38Y.Braun-PivetFait
    « Mes chers collègues, on n'est pas dans un amphi ou une manif. On est dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale! »
  • 50:22Y.Braun-PivetFait
    « La séquence budgétaire a duré beaucoup trop longtemps, pour un résultat assez médiocre sur le plan de la procédure parlementaire. »
  • 51:06Y.Braun-PivetFait
    « Le compromis, c'est une volonté d'aller vers l'autre, de faire un pas, de se mettre autour de la table et de discuter. »
  • 51:51Y.Braun-PivetFait
    « Il faut que le gouvernement travaille différemment, qu'il aille concerter les différents groupes politiques. »
  • 53:13C.BarbierFait
    « Les réseaux sociaux ont leur part de responsabilités car c'est un moteur. Mais au coeur du dysfonctionnement républicain, il y a aussi le délitement des institutions, de la nature même du politique. »
  • 53:57C.BarbierFait
    « Il ne s'agit plus de faire gagner un projet ou des idées. Il s'agit d'abord de détruire l'autre. »
  • 54:42N.MauretFait
    « Les réseaux sociaux font que chacun est dans son couloir. Chacun parle à sa communauté. »
  • 55:25J.FourquetFait
    « Tout dépendra sans doute de l'attitude des acteurs politiques. Est-ce qu'une majorité d'entre eux essaient de calmer le jeu? Ou, au contraire, est-ce qu'on est dans la surenchère, l'invective, l'anathème? »
  • 56:07J.FourquetFait
    « On est hélas en mesure de penser que, compte tenu du calendrier politique, les municipales qui passent un peu à l'as et la présidentielle dans un an, c'est le moment ou jamais. »
  • 56:50J.FourquetFait
    « Il y a une colère, une déception très importante. On est aussi dans un pays où ce sont les institutions qui ont en partie créée notre culture politique. »
  • 57:32C.RouxFait
    « Si on écoute les mots du procureur? »
  • 59:01C.BarbierFait
    « La Jeune Garde ayant été dissoute, il n'y a plus de responsabilité du fondateur. Ce sont des individus qui sont jugés. »
  • 59:45J.FourquetFait
    « Mais il y a eu des attaques et des dégradations de permanences de députés LFI, manifestement sans violences physiques sur personne. »
  • 1:00:25C.BarbierFait
    « On voit bien que le nom de Quentin devient un symbole. »
  • 1:01:09C.BarbierFait
    « Qualifier qui que ce soit d'organisation terroriste en France, ce serait les mettre dans un sac où il y a Al Qaïda, Daech... Ca n'aurait pas de sens. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00

Contactez-nous au 0 800 00 15 15. ... - C.Roux: Bonsoir. Bienvenue. Le climat politique s'est embrasé en quelques heures après la mort d'un militant d'extrême droite à Lyon en marge d'une conférence de R.Hassan. Q.Deranque, 23 ans, a été frappé par 6 personnes et est décédé suite à un traumatisme crânien. Le procureur l'a affirmé. Il a ouvert une enquête pour homicide volontaire. Plus tôt, le ministre de la Justice et de l'Intérieur ont mis en cause les mouvances d'extrême gauche proches de LFI. "Manifestement, l'ultragauche était à la manoeuvre", a dit L.Nunez. La porte-parole du gouvernement a dit qu'il y avait une responsabilité morale de LFI, qui encourage un climat de violence. J.-L.Mélenchon riposte, fustige les menteurs, les calomniateurs. Qu'est-ce qu'on sait précisément de ce qui s'est passé ce soir-là à Lyon? Qui sont ces groupuscules antifascistes dont certaines organisations ont été dissoutes? Pourquoi cette impression que la violence s'installe dans le débat public?

1:20

Cette mort peut-elle mettre le feu aux poudres? Pour en parler, D.Delseny, rédacteur en chef adjoint en charge du service police justice au "Parisien". Dans votre journal, on retrouve l'article "Les dernières heures de Quentin, lynché à Lyon". C.Barbier, vous êtes éditorialiste politique, conseiller de la rédaction de "Franc-Tireur". Votre édito consacré à la candidature de B.Retailleau s'intitule "Ruse". N.Mauret, vous êtes reporter politique au groupe de presse régionale Ebra. Votre dernier article s'intitule "La France insoumise dans l'oeil du cyclone". J.Fourquet, vous êtes directeur du département opinion de l'institut de sondage Ifop.

2:04

Je rappelle votre livre, "Métamorphoses françaises". Bonsoir. Merci de participer à ce "C dans l'air". Le procureur s'est exprimé il y a quelques minutes. Il n'était pas très bavard, mais il a donné quelques indications sur ce qui s'est passé à Lyon ce soir-là. - D.Delseny: Il s'exprime dans un temps un peu particulier. Les faits se sont déroulés en fin de semaine dernière. Il n'y a pas eu d'interpellation. On est au milieu du gué. La pression politique et médiatique fait qu'il avait besoin de prendre la parole. Ca lui a permis de préciser 2 choses. Une chose qui peut paraître juridique, mais qui a son importance, il a expliqué que c'était un meurtre, pour lui.

2:45

Ce n'est pas des coups mortels. Des coups mortels, c'est une bagarre, on met un coup et on n'a pas forcément envie de tuer la personne. Un meurtre, il y a une intention. Ce qu'il voit des faits, le procureur, notamment avec les vidéos, c'est une volonté homicide. Les gens qui ont frappé Quentin voulaient le tuer. Il a aussi expliqué pourquoi. D'abord, le nombre de coups portés, qui sont très importants. Des coups portés à la tête, dans des zones vitales et létales. Utilisation probable d'armes par destination.

3:29

D'après les témoignages, certains assaillants avaient des gants avec des coques. Les coups de poing sont encore plus violents et marquent plus qu'un coup de poing classique. Ca lui a permis d'expliquer pourquoi, selon lui, ces faits relevaient d'un qualificatif d'homicide volontaire. Puis il a rappelé le scénario de cette fin d'après-midi, à savoir la 1re phase, cette manifestation de Némésis, des jeunes femmes d'extrême droite qui ont pour habitude d'aller dans des manifestations. Il y a une première bousculade sans gravité. Le jeune Quentin fait partie pas du service d'ordre...

4:13

- C.Roux: Ses parents ont contesté cette version. - D.Delseny: Il est venu encadrer cette manifestation, mais il n'a pas le label de service d'ordre. Mais il est dans le périmètre. Après, il y a une dispersion de cette 1re manifestation. Quentin se retrouve quasi seul, avec 2 amis, dans une rue derrière les voies ferrées, près de Sciences Po. Il tombe dans une forme de traquenard. Il se retrouve face à une quinzaine d'antifas. Manifestement, ils les attendent à cet endroit. Il y a un rapport de force déséquilibré. Lui est plus sérieusement atteint que les 2 autres,

4:56

qui parviennent à s'enfuir. Il est pris à partie et se retrouve frappé par 5 ou 6 personnes qui lui portent ces coups d'une extrême violence. Il va d'abord perdre conscience. Puis il va revenir à lui, se relever, être aidé par un ami qui revient sur les lieux. Il va effectuer une circulation de 2 km dans Lyon avec la volonté de rentrer chez lui, car il habite le Vieux Lyon. C'est sur le chemin que son état de santé se dégrade. Il est pris en charge par les pompiers 1 heure 30 après. - C.Roux: Aucune interpellation à ce stade. - N.Mauret: Non.

5:40

C'est une histoire particulière. Pour vous dresser l'ambiance à Lyon, depuis très longtemps, il y a cette tradition d'affrontements entre la gauche radicale et la droite extrême. Ce qui s'est passé jeudi n'est pas une première. Ca arrive régulièrement, depuis plusieurs dizaines d'années. Ce n'est pas les mêmes. Ce sont de tout petits groupuscules. A chaque fois, ça se recrée. C'est une ambiance dans la ville qui est assez connue. Il n'y a pas d'interpellation. Pourquoi? Parce qu'ils sont masqués.

6:21

Il y a un certain nombre de noms qui circulent sur les réseaux sociaux qui mettent en avant la Jeune Garde, un collectif dissous l'année dernière par le gouvernement à la demande de B.Retailleau. La Jeune Garde, c'est un mouvement antifa né à Lyon. Un certain nombre de noms circulent. - C.Roux: Très vite, il a été question de la Jeune Garde. Très vite, il y a eu un débat politique qu'on va aborder ce soir. Le procureur, interpellé sur ce sujet, n'a donné aucune information de nature à confirmer

7:04

que la Jeune Garde, ou ce qu'il en reste, est impliquée dans la mort de Quentin. Un mot sur ce que disait N.Mauret, sur Lyon. Ce n'est pas anecdotique que ça se passe à Lyon. - J.Fourquet: C'est un terrain d'affrontements depuis plusieurs années. C'est une grande ville, d'abord. Deuxièmement, il y a beaucoup d'étudiants, des facultés. C'était le point focal, l'institut d'études politiques. On a des terreaux qui se sont reconstitués, année après année. On se passe le témoin.

7:41

En 2018, la branche lyonnaise Du Bastion social, une organisation d'extrême droite, est dissoute. Le grand jeu est de se recréer sous un autre nom. En 2019, c'est le tour de la branche lyonnaise de Génération identitaire. Il y avait un bar associatif, une salle de boxe où on s'entraînait aux arts martiaux. C'est dissous. En 2024, ils se sont reconstitués sous le nom de Rempart. La Jeune Garde a été créée de l'autre côté pour répondre à cette emprise de l'extrême droite dans le vieux Lyon, avec des passages à tabac lors de manifestations. Chacun marque son territoire. On met des autocollants. On tague. On peut se donner rendez-vous également. Tout ça renvoie à une histoire nationale. Ce n'est pas sans rappeler ce qui s'est passé en juin 2013, quand un militant antifasciste, C.Méric, est mort dans des circonstances assez similaires, un affrontement entre 2 groupes radicalisés. Il y a aussi R.Arnault, député LFI, un des membres fondateurs de la Jeune Garde, qui avait indiqué que c'était à l'issue du décès de C.Méric qu'il avait décidé de s'engager dans la mouvance antifasciste.

9:07

Tout ça est jalonné d'une longue histoire. Sauf que cette fois, on ne s'en est pas juste tenu aux coups violents. Il y a eu mort d'homme. - C.Roux: Le garde des Sceaux et le ministre de l'Intérieur sont montés au créneau pour expliquer que c'était manifestement l'ultragauche qui était à la manoeuvre. Sans doute ont-ils des informations pour s'avancer comme ça. Très vite, le débat s'est embrasé sur cette question. - C.Barbier: Il est devenu politique. Que l'ultragauche soit à la manoeuvre, quand on voit la scène de rue, on n'a guère de doute sur les groupuscules en présence.

9:52

De l'ultragauche à l'extrême gauche, il faut faire un pont politique. S'il y a présence de la Jeune Garde dans cette rixe, ça fait un lien immédiat avec LFI, qui n'a jamais cessé de manifester son soutien à la Jeune Garde. Ils se sont battus contre le projet de dissolution de la Jeune Garde, avec un discours à Auxerre en avril 2025 de J.-L.Mélenchon, discours de solidarité, qui appelle le lendemain à manifester en solidarité à la Jeune Garde. - C.Roux: Attention à l'utilisation du mot "rixe". Certains estiment que c'est un guet-apens. - C.Barbier: Est-ce un lynchage? On est dans une qualification juridique,

10:37

qui peut faire référence. Dans le débat politique tel qu'il s'est noué ce week-end, l'emploi des mots était très intéressant. LFI a glissé dans son univers sémantique d'un logiciel où c'était "il y a aussi les violences de l'extrême droite" à "nous avons de la compassion pour la famille, nous n'y sommes pour rien". - C.Roux: On va en parler. Pour l'avocat de la famille, Quentin a été victime d'un guet-apens préparé par des individus masqués. Combien de temps avant de mettre les mots justes sur ce qui s'est passé? - D.Delseny: Ils ont été mis par le procureur. C'est ça qu'il faut retenir. On peut discuter longtemps sur "rixe" ou "lynchage". Lui évoque un meurtre.

11:21

Il y a eu intention de tuer. - C.Barbier: Sans que ce soit un assassinat. - C.Roux: On peut faire des parallèles avec ce qui s'est passé au moment de Crépol. - J.Fourquet: On est dans la même région. C'est un contexte politique très différent. Il n'y avait pas de motivation politique. C'était lors d'un bal de village. Il y a eu Des affrontements entre 2 bandes de jeunes. Tout ça avait pris une dimension politique à la suite. Des membres de l'ultradroite lyonnaise avaient appelé à défiler

11:59

à Romans-sur-Isère, dans le quartier de la Monnaie, d'où étaient originaires les auteurs présumés du meurtre de Thomas à Crépol. Tout ça avait résonné. On avait vu la dimension politique de l'affaire. - C.Roux: Quentin est mort samedi après une violente agression en marge d'une conférence de l'eurodéputée R.Hassan, à Lyon. Le ministre de l'Intérieur estime que l'ultragauche était à la manoeuvre. Le gouvernement et la droite dénoncent la responsabilité morale de LFI, accusée d'encourager un climat de violence. J.-L.Mélenchon rejette toute responsabilité de son parti. - Jeudi soir, à Lyon, des témoins filment une scène

12:42

d'une grande violence. Qui sont ces hommes en noir et les autres, ceux à terre? - J'ai entendu crier "nazis", "fachos". D'un coup, ils ont crié "dispersion". Ils se sont dispersés. Ils se sont tous barrés. - 2 jours plus tard, Q.Deranque, jeune militant de la mouvance identitaire, succombe à ses blessures. Tout commence jeudi, en fin d'après-midi. L'eurodéputée LFI R.Hassan donne une conférence à l'institut d'études politiques de Lyon. Némésis, collectif d'ultradroite, entend dénoncer sa venue

13:26

et se regroupe hors du bâtiment. Selon Némésis, Quentin est appelé pour les épauler. Un premier affrontement a lieu avec des militants d'extrême gauche, puis un 2e. Le collectif identitaire accuse le mouvement d'ultragauche de la Jeune Garde d'être responsable de la mort de Q.Deranque, mais la justice reste prudente. - A ce stade, l'enquête cherche à identifier l'ensemble des auteurs directs des faits criminels en se basant non pas sur des rumeurs, mais sur des éléments recueillis lors des investigations de police. Puis les interpellations seront effectuées. - Condamnation unanime de la classe politique et du président, qui appelle au calme.

14:09

... - Antifas, assassins! LFI, complice! - Hier, des manifestations sont organisées à la suite de la mort de Q.Deranque. Dans le cortège, des responsables politiques d'extrême droite accusent LFI. - M.Maréchal-Le Pen: LFI a du sang sur les mains. L'état-major de LFI défend systématiquement publiquement la Jeune Garde, l'un des mouvements antifa en cause dans cette agression immonde. - Le drame a pris une tournure politique. - M.Bregeon: Il y a une responsabilité morale de LFI. - G.Darmanin: Il y a des discours politiques, notamment ceux de LFI et de l'ultragauche, qui mènent malheureusement à une violence très débridée. - En cause, les liens entre le collectif d'ultragauche de la Jeune Garde et le mouvement de J.-L.Mélenchon. 2 jours avant le drame de Lyon, le groupe LFI à l'Assemblée nationale demandait l'annulation de la dissolution du collectif

15:34

d'ultragauche que J.-L.Mélenchon évoquait ces derniers mois avec amitié. - J.-L.Mélenchon: Demain, à Lyon, où il y aura la manif du 1er mai, j'appelle tous mes camarades à se grouper derrière la bannière de la Jeune Garde pour dire qu'ils n'ont pas peur. J'en parle avec passion. Ce sont mes jeunes camarades. - Un an plus tôt, le fondateur de la Jeune Garde, R.Arnault, fiché S, est élu député du Vaucluse sous l'étiquette LFI. Hier, J.-L.Mélenchon se défend de toute responsabilité dans la mort de Q.Deranque. - J.-L.Mélenchon: Nous n'avons rien à voir avec cette histoire! Ceux qui nous accusent sont des calomniateurs. - A un mois des prochaines élections,

16:16

la violence s'invite dans le débat politique. Hier, les candidats à la mairie de Lyon ont pour la plupart suspendu leur campagne. - C.Roux: On entendait G.Darmanin dire que c'est manifestement l'ultragauche qui avait tué le jeune Quentin. Aucun doute là-dessus? - C.Barbier: Non, compte tenu du scénario. Maintenant, qu'est-ce que ça veut dire, l'ultragauche? C'est une nébuleuse d'individus. Ca ne fait pas d'eux des coupables. - D.Delseny: Je ne vais pas prendre sa défense, mais le procureur a un rôle capital. Il doit garder la tête froide et faire son travail. Il doit identifier les 6 personnes qui ont donné la mort à Quentin

17:00

et pas se préoccuper du reste. D'où ils viennent... C'est secondaire pour lui. Il doit mettre des noms sur les gens qui ont participé à ce lynchage. Il y a ce qui se passe autour, le bruit ambiant, cette pression médiatique, politique. Elle est très intense depuis 24 heures. Il faut rester très factuel sur ce qu'on va pouvoir démontrer, qui on va mettre en examen. Après, on regardera d'où viennent ces personnes. - C.Roux: On est parti sur la Jeune Garde. Un collaborateur d'un des cofondateurs de la Jeune

17:39

Garde, R.Arnault, député LFI du Vaucluse, aurait été sur place. Cet après-midi, la présidente de l'Assemblée nationale a fait en sorte que ce collaborateur ne puisse plus venir. Il est suspendu d'entrer à l'Assemblée nationale car elle craint un trouble à l'ordre public. C'est parti de là. - N.Mauret: Oui. Vous avez raison de dire que le procureur est dans son rôle, prudent. Mais les politiques, depuis vendredi soir, depuis l'annonce du décès de Quentin, objectivement, ils ne le sont pas.

18:24

Pour l'instant, l'implication du collaborateur du député R.Arnault, on n'en parle pas. La porte-parole du gouvernement parle de la responsabilité morale de LFI. R.Glucksmann, interrogé sur le sujet, dérive tout de suite et dit qu'il est impensable de faire une alliance avec LFI. Loin des faits, les politiques vont très loin et impliquent LFI. J'ajoute que LFI, notamment J.-L.Mélenchon, a très vite compris que c'était un moment très important, sans doute charnière pour eux. A voir son meeting hier à Montpellier, où il soutenait N.Oziol, il a été extrêmement en défense de son mouvement. Il a présenté ses condoléances pour la victime. Il ne l'avait pas fait 48 heures plus tôt. Il était en défense de son mouvement en disant

19:43

qu'ils n'avaient rien à voir avec ce qui s'était passé. S'il l'un des collaborateurs d'un député était mis en cause dans ce dossier, ça ne veut pas dire que LFI l'est. Tout le monde marche sur des oeufs. C'est compliqué. Nous sommes à 3 semaines des municipales. - C.Roux: Certains y vont franchement. "La milice de Mélenchon a tué", a dit M.Maréchal. Il y a un empressement à qualifier ce qui s'est passé avec une responsabilité de LFI, accusée d'avoir une responsabilité morale, comme l'a dit M.Bregeon. - C.Barbier: On est en campagnes. M.Maréchal essaie de faire un retour en politique. On est dans le moment de récupération politique.

20:26

Et il y a l'idée que, quoi qu'il en soit, quoi que dise l'enquête, il y a une manière d'affaiblir LFI en montrant que ses liens avec la Jeune Garde, c'est un parrainage politique d'un groupuscule qui professe la violence. Etait-il raisonnable ou inconséquent d'investir aux législatives R.Arnault, alors qu'il était déjà l'objet de poursuites pour violences en réunion pour lesquelles la condamnation a été définitive en 2025? Ca peut être reproché à LFI, puisqu'on reproche au RN de présenter des candidats aux passés compromettants.

21:09

- C.Roux: Est-ce que ça peut être gênant pour LFI, le fait de le renvoyer à une proximité avec la Jeune Garde? - J.Fourquet: Encore faut-il que la justice se prononce et qu'il soit avéré que les individus qui ont commis ce crime soient rattachés à la Jeune Garde, qui a des liens organiques avec LFI. Tout ça s'inscrit dans un climat politique très tendu, où le ministre de l'Intérieur a présenté la nomenclature des partis politiques qui se présentaient aux élections municipales. C'est une décision administrative. Les insoumis disent que c'est une décision politique. On a décidé, au ministère de l'Intérieur,

21:52

d'accoler l'étiquette "extrême gauche" à LFI. Cette dénomination affublée ou accolée à LFI d'extrême gauche, ça s'inscrit dans tout un débat qui a plusieurs années, notamment depuis le 7 octobre 2023, avec ce qui s'est passé à Gaza et l'importation en France de cette question, mais aussi ce qui s'était passé au moment de la réforme des retraites. Vous vous souvenez du député Thierry Portes, pris en photo devant l'Assemblée nationale avec un ballon de foot... - C.Barbier: Thomas Portes. - J.Fourquet: On a toute une partie des formations politiques qui, depuis des années, tiennent le discours selon lequel LFI n'est pas fréquentable, qu'elle n'est plus dans l'arc républicain. Si des membres de la Jeune Garde sont identifiés par la justice comme ayant participé à ce crime, ça apportera de l'eau à ce moulin. On parlait de R.Glucksmann qui a dit qu'il y avait

23:08

2 gauches irréconciliables et qu'on ne pouvait pas discuter avec LFI. C'est une étape de plus dans ce processus. - C.Roux: Je précise sur cette classification à l'extrême gauche... L.Nunez arrive avec des arguments qu'on peut lister rapidement. Il estime que LFI s'éloigne de nos valeurs universalistes républicaines en donnant la primauté aux aspects communautaires de l'organisation de la société. La remise en question très forte de l'autorité judiciaire, des médias.

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Le refus de la discussion parlementaire est une forme de radicalité. Voilà pour les arguments du ministère de l'Intérieur. - C.Barbier: Il y a un sujet sur LFI et la violence. Il y a la condamnation de J.-L.Mélenchon, condamné pour rébellion à la suite de la perquisition du siège du LFI en 2018. Il y a S.Delogu, condamné pour avoir bousculé un proviseur et son adjointe à Marseille. On a un dossier et un passif pour LFI. - C.Roux: Le député en question estime qu'il est écoeuré de ces mises en accusation et nie toute responsabilité dans ce qui s'est passé. Question. C'est quoi, les antifas? - C.Barbier: C'est curieux de dénoncer un fascisme

24:37

sans le définir et d'employer les méthodes du fascisme. Dans cette logique, il ne peut y avoir qu'une escalade de la violence. Un service d'ordre est là pour protéger. Si on est attaqué, on se défend et on attend que la police arrive. Là, sur les diverses images, on n'est pas dans une stratégie de défense mais d'attaque et d'agression. On explique que ce sont des services d'ordre là pour protéger un corps politique. - C.Roux: Voici la réaction de R.Arnault. ... - N.Mauret: Ce message a été relayé par l'ensemble des députés LFI. Il y a 2 choses. Il y a l'histoire de ce meurtre de ce jeune qui est terrible et il y a la question: est-ce que ce meurtre va devenir un fait politique ou pas? Pour l'instant, c'est trop tôt pour le dire. Il n'est pas exclu que ça en devienne un. - C.Roux: Quel était le profil de Quentin? - D.Delseny: C'est un étudiant qui ne cache pas ses sympathies pour l'extrême droite. Il faisait partie d'un certain nombre d'associations, de mouvements. Il est dans la mouvance nationaliste lyonnaise.

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Il était étudiant à Lyon 2, je crois. Il y a eu pas mal d'incidents assez récents entre les étudiants de la mouvance nationaliste et les étudiants de la mouvance antifa. Je reviens sur les antifas. La violence n'est pas tellement nouvelle. Les antifas ont un projecteur braqué sur eux, car depuis plusieurs mois ou plusieurs années, ils sont apparus de façon plus publique, notamment au cours de manifestations sur des causes écologiques. On les a vus beaucoup à Sainte-Soline. Ca ne veut plus dire grand-chose, "antifas". Ce sont des gens qui vont se mobiliser

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sur des causes écologiques, sur des manifs. Ils s'agrègent sur des actions souvent violentes et braquées sur les forces de l'ordre. Là, on les retrouve dans cette affaire lyonnaise. La violence des antifas ne date pas d'il y a 6 mois. Elle est quasiment attachée à ce mouvement. - C.Roux: Quelque chose a changé dans la motivation de ces offensives de ces groupuscules. On n'est plus dans la lutte des classes. - J.Fourquet: Peut-être qu'on peut faire un parallèle

27:33

avec un autre moment historique, la fin des années 60, le début des années 70. On a un conflit au Vietnam. On a une partie de la jeunesse française qui s'affronte très durement déjà sur les campus, entre les militants de la gauche radicale et communiste qui soutiennent la lutte du peuple vietnamien et les organisations d'extrême droite, comme Occident ou Ordre nouveau, qui défendent le camp occidental. C'est intéressant de faire ce parallèle. Aujourd'hui, c'est Gaza Et le conflit israélo-palestinien qui s'invitent dans nos campus. On n'est plus sur la lutte des classes ou la répartition des richesses. Quand on est jeune et qu'on s'identifie à un camp, ce sont des camps en guerre.

28:15

Celui qu'on va avoir en face n'est plus un adversaire politique mais un ennemi, un représentant du camp qui va massacrer ceux dont on se sent proche dans le pays en question. On voit comment cette ambiance contribue fortement à tendre l'affrontement politique. Il y a aussi les réseaux sociaux. Les menaces de mort, les insultes fusent en permanence, même les défis. On se donne rendez-vous de bande à bande pour régler tout ça par les poings. Vous voyez comment tout ça est filmé. On met en scène des trophées, des actions militantes.

28:59

Tout ça crée un terreau où le dérapage est arrivé. Hélas, alors que la situation à Gaza est d'une gravité moindre que ce qu'on a connu au pic du conflit. On voit comment les braises sont toujours brûlantes. Ces acteurs politiques se mobilisent dessus. Le point de départ, c'est toujours la conférence de R.Hassan à Lyon, qui crée une contre-manifestation. - C.Roux: On va y revenir. On va avancer sur R.Hassan. C'est en marge d'une conférence. On va revenir sur les règles en matière de dissolution de ces groupuscules d'extrême droite, d'extrême gauche. Vous avez évoqué la question des Soulèvements de la Terre. Le ministère de l'Intérieur dissout les organisations qui se recréent le lendemain. Elle est devenue un visage incontournable de LFI, R.Hassan, eurodéputée de 32 ans. Elle fait la tournée des facultés pour des conférences, notamment sur Gaza. A chacune de ses visites, le climat se tend. Ses prises de positions brutales contre Israël électrisent le débat. - Elle fait la tournée des universités...

30:23

Acclamations. Très applaudie, parfois invectivée. - Vous refusez de qualifier le Hamas de groupe terroriste. Huées. - R.Hassan ne laisse personne indifférent. - R.Hassan: Je suis là pour vous dire un grand merci. Votre mobilisation honore la France. - Un combat lié en partie à son enfance passée dans un camp de réfugiés palestiniens en Syrie. En 2023, l'attaque du 7-Octobre la propulse sur la scène médiatique. Elle intervient comme présidente de l'Observatoire des camps de réfugiés.

31:06

- R.Hassan: L'empathie qu'on va mobiliser pour les palestiniens demande beaucoup plus d'efforts que l'empathie qu'on peut mobiliser pour des civils israéliens. - Très vite, elle attire l'attention de LFI. R.Hassan accepte de rejoindre la liste LFI pour les élections européennes. - J.-L.Mélenchon: Celle-ci, qui vient d'entrer dans notre file, avec une telle force, une telle générosité, une telle capacité à vous entraîner, merci, de l'honneur que tu nous fais d'être sur notre liste. - Une intégration éclair qui fait grincer des dents quelques insoumis. Elue députée européenne, elle apparaît au soir du 1er tour des élections législatives à côté de J.-L.Mélenchon.

31:51

Keffieh presque toujours autour du cou, R.Hassan imprime son style et multiplie les provocations. - R.Hassan: Le Hamas a une action légitime du point de vue du droit international. La légitimité de la lutte armée dans un contexte de colonisation est claire. - Voici le tweet de B.Retailleau, qui annonce un signalement à la procureure de la République de Paris pour apologie du terrorisme. Le RN s'engouffre dans la polémique. Pour faire passer avec un grand sourire toutes les pires horreurs antisémites et antifrançaises. - L'intéressée assume et charge une partie de la gauche, pas assez

32:35

ferme, selon elle, sur la question palestinienne. - R.Hassan: Glucksmann, je le trouve très lâche politiquement. C'est le cas du PS, de ce que j'appelle la gauche coloniale. C'est une gauche qui n'a pas réussi à se défaire d'un certain héritage qui l'empêche d'avoir une lecture fidèle, honnête et militante de la question palestinienne. - Une radicalité qui passe aussi par une présence très active sur les réseaux sociaux, et des tweets très virulents contre Israël.

33:12

... Femme politique, activiste, c'est sur les réseaux sociaux aussi que R.Hassan annonce rejoindre la Flottille pour la liberté en juin pour dénoncer le blocus humanitaire à Gaza. - R.Hassan: Cette action non-violente est symbolique et politique. Objectif: dénoncer le blocus humanitaire et le génocide en cours, l'impunité dont bénéficie Israël et sensibiliser l'opinion mondiale. - Expulsée par les autorités israéliennes, la députée européenne réussit à imposer de nouveau le sujet dans le débat public, même si ça passe par la critique. - La priorité doit être le cessez-le-feu immédiat,

33:55

la libération des otages du Hamas. En rien et d'aucune manière les gesticulations de madame R.Hassan, son instrumentalisation de la souffrance des Gazaouis, ne concourra à l'atteinte de ses objectifs. - Une personnalité clivante, selon un dernier sondage, 25 % des Français ont une bonne opinion de R.Hassan, seulement 2 points derrière J.-L.Mélenchon. - C.Roux: Question. - C.Barbier: Ce sont souvent des associations ou des bureaux d'élèves qui invitent des politiques,

34:38

des conférenciers. On aimerait que dans les universités et les établissements de sciences politiques, on puisse recevoir tout le monde. On écoute le lundi R.Hassan, le mardi S.Knafo, le 3e jour G.Attal... Ce n'est pas le cas. Il y a des universités qui sont devenus des tribunes et des endroits où on fait du recrutement électoral. C'est un grand classique. On évoquait tout à l'heure les années 60... Les facs de gauche, ce n'est pas une innovation de LFI. Mais c'est devenu des chaudrons où on fait

35:22

de la propagande politique. - C.Roux: Auparavant, c'était le PS? - C.Barbier: Oui, et la droite n'a pas non plus complètement déserté ces lieux. C'est devenu un peu plus virulent, avec le phénomène des réseaux sociaux. Quand vous voyez l'ovation réservée à Sciences Po Lyon à R.Hassan, ça devient un fait politique. Et ça correspond pour LFI à une vraie stratégie électorale, que J.-L.Mélenchon a résumé en 2 mots: "France nouvelle". Il veut aller chercher un nouvel électorat, sur lequel il compte pour accomplir son projet missionnaire. Ce n'est plus un électorat prolétaire des milieux

36:06

de la sidérurgie, mais des jeunes de banlieue, humiliés par le manque de travail, par la République dont les policiers font du contrôle au faciès et humiliés par le passé colonial. Essayer de faire croire à cette jeunesse qu'en votant LFI, elle va renverser l'ordre social et politique, ça donne une stratégie qui s'appellerait R.Hassan. La grande gagnante à gauche, c'était elle, qui a escamoté M.Aubry. R.Glucksmann n'a fait que récupérer le vote écolo en perdition. A LFI, on a créé un nouvel électorat. J.-L.Mélenchon espère bien capitaliser là-dessus aux municipales et à la présidentielle. - C.Roux: Peut-être une stratégie électorale, mais ça crée un clivage qui sera insurmontable

36:48

pour certains, avec une partie du PS? - C.Barbier: LFI, c'est Vénissieux, Vaulx-en-Velin et Villeurbanne. Ils veulent prendre ces 3 villes. Ce qui s'est passé ce week-end va chauffer à blanc cette campagne. - N.Mauret: R.Hassan, il faut avoir en tête que ce n'est pas une femme politique. C'est presque une star. Elle est sur les réseaux sociaux. Vous ne la verrez jamais parler du pouvoir d'achat, des déserts médicaux... Elle a une mono-cause, la cause palestinienne, et elle la sert parfaitement en ciblant son public,

37:32

celui des jeunes étudiants. Elle a beaucoup fait parler d'elle il y a environ un an pour cette histoire de flottille pour essayer de lever le blocus de Gaza. Là-dessus, elle a attiré un public plus large que celui des étudiants. En se mettant en scène comme ça dans une posture humanitaire, elle a attiré autour d'elle tous les gens sensibilisés par ce qui se passait à Gaza. Là où elle est très forte, c'est qu'elle fait de l'agit-prop. Peu importe d'avoir des discours très structurés sur l'entièreté d'un programme, elle veut qu'on parle d'elle. Elle s'était mise en scène avec son habit de prisonnière,

38:15

puisqu'elle avait été capturée et mise en prison très brièvement par Israël. Elle arrive ensuite place de la République... Elle fait de l'agit-prop. Peu importe ce qu'on dit d'elle, bien ou mal, mais il faut qu'on en parle. Son discours est plus fort qu'elle. Je trouve qu'elle le fait très bien. Elle a doublé le score de LFI. Qui peut, autour de cette table, dire qui était numéro 2, 3 ou 4 de LFI? On ne se rappelle que de M.Aubry et d'elle, qui a parfois volé la vedette à la tête de liste.

38:57

- C.Roux: A ce stade, c'est quand même plus clivant? - N.Mauret: Elle est clivante. Elle était devenue quasiment un argument de campagne, à la fois pour voter pour et contre elle. Elle porte une idée plus forte que LFI. - J.Fourquet: Comme ça a été rappelé dans le reportage, elle est née dans un camp de réfugiés palestiniens en Syrie. Elle est arrivée en France à 10 ans, avec une partie de sa famille. A l'issue de ses études supérieures, elle a acquis un bagage dans le droit national, un bagage intellectuel et des diplômes.

39:37

Elle n'était connue que dans cet univers. Ce qui va la propulser, on en revient au 7 octobre 2023, avec ce qui s'est passé entre le Hamas et Israël. Les élections européennes qui ont eu lieu en juin 2024... En mars 2024, LFI annonce que R.Hassan rejoint leur liste en 7e position. Elle est mise sur un piédestal par J.-L.Mélenchon. Ensuite, il faut prendre la lumière, réussir à capter l'attention. On a là le surgissement d'une personnalité politique dans un contexte très particulier. Les réseaux sociaux y ont été pour beaucoup.

40:16

Toute la machine militante de LFI s'est mise derrière elle. Elle n'a pas hésité, dans un autre univers, celui des tribunaux, à pratiquer ce que l'avocat Vergès avait théorisé, à savoir une défense de rupture. Elle est sur des lignes extrêmement dures, n'hésitant pas à menacer un certain nombre d'adversaires politiques, voire à les... Elle avait parlé du président du Sénat comme d'une crapule. Il y avait eu une altercation avec F.-X.Bellamy. Elle avait tweeté sur sa lâcheté...

40:59

- C.Roux: Elle était menaçante. - J.Fourquet: Il y avait une stratégie de confrontation évidente, qui a permis à LFI de marquer des points. Aujourd'hui, elle est autant admirée et soutenue dans son camp qu'elle est détestée et haïe par ses opposants et ses adversaires politiques. Ce qui est sidérant, c'est de voir que tout ça s'est passé en 1 an et demi. Elle a surgi comme une comète politique. - C.Roux: Elle dit à propos d'Israël que c'est une monstruosité sans nom. Voilà le genre de propos qu'elle peut tenir.

41:42

Pour en revenir à la mort de Quentin, on rappelle que l'organisation Némésis qui était sur place aux abords de Sciences Po Lyon était là contre R.Hassan, parce qu'elle n'a pas condamné les viols du Hamas à Gaza. - J.Fourquet: Voilà. Dans une partie du reportage, elle indique clairement que le droit à la lutte armée est un droit légitime pour les peuples colonisés. Quelque part, elle apporte son soutien à ce qui s'est passé. On voit également comment elle aimante énormément la lumière. Mais tout ça a déjà produit beaucoup d'effets.

42:24

A Lyon, un professeur de géographie spécialiste du Moyen-Orient a vu son cours envahi par des militants propalestiniens, qui l'accusaient d'être sioniste. Sous la pression physique, il a été obligé de quitter sa chaire. Il a abandonné son cours. La direction de l'université ne l'a pas soutenu. On voit dans quel climat tout ça s'inscrit. - C.Roux: Il n'y a pas des effets collatéraux de la stratégie R.Hassan sur LFI, mise en cause pour son antisémitisme? - C.Barbier: Bien sûr, ça fait beaucoup de dégâts dans l'image et de polémiques.

43:07

Mais ils considèrent qu'ils ont un bénéfice électoral bien supérieur à leur déficit. Les gens qui sont choqués n'ont jamais voté et ne voteront jamais pour LFI. Il y a une masse d'abstentionnistes qui peut être séduite par cette radicalité. C'est ce qu'on appelle l'islamo-gauchisme. Ils veulent arriver à la révolution en utilisant la revendication de l'islam politique. R.Hassan en est l'incarnation. - C.Roux: Un mot sur R.Hassan? - D.Delseny: Je réfléchissais surtout aux réseaux sociaux. Elle a compris depuis longtemps, comme LFI, que celui ou celle qui maîtrise les réseaux sociaux maîtrise beaucoup de choses. Je suis frappé par l'utilisation des réseaux sociaux pour faire passer certaines paroles.

43:52

Mais on est aussi là pour parler de ce qui s'est passé et, éventuellement, du lien moral, comme le disent certains, qu'on peut faire entre les 2. Le problème avec les réseaux sociaux, c'est que quand vous prononcez certaines phrases, c'est comme jouer avec des allumettes. Si vous avez les pieds dans l'eau, il ne se passe pas grand-chose. Si vous êtes dans le maquis, c'est pas la même chose. On est dans une situation où tous les mots prononcés et écrits depuis des mois participent à ce dont on discute ce soir. A force de provocations, d'appels à la violence, à la haine, on finit par souffler sur des braises sur lesquelles il n'y a pas beaucoup besoin de souffler...

44:35

On arrive à des situations comme celle de la semaine dernière à Lyon. Je ne parle pas de responsabilité morale, mais ceux qui font des discours, qui ont des responsabilités politiques... Il y a aussi ceux qui sont sur le terrain après. - C.Roux: On va y revenir avec Y.Braun-Pivet qui doit gérer le chaudron de l'Assemblée. Question. On précise qu'il y a eu 46 demandes en 8 ans de dissolutions d'associations sous E.Macron. Quels sont les critères? - D.Delseny: Déjà, c'est une décision, la plupart du temps, administrative.

45:20

Les critères peuvent être variés. On peut considérer qu'une association trouble l'ordre public, que ses membres tiennent des propos... Si elles sont liées à des actes violents ou à des actes qui incitent au terrorisme, à autre chose... Il y a un certain nombre de critères. Après, ces décisions administratives sont toujours discutées devant le Conseil d'Etat, comme c'est d'ailleurs le cas pour la Jeune Garde. Je me pose plus la question de l'utilité de ces dissolutions. Quand ces associations sont dissoutes, elle se reforment le lendemain sous un autre nom. C'est plutôt une politique d'affichage. - C.Roux: Pour les Soulèvements de la Terre, la demande

46:05

de dissolution a été retoquée par le Conseil d'Etat en novembre 2023. - C.Barbier: Ca arrive. Il faut argumenter. Ca ne se fait pas en un claquement de doigts du ministre de l'Intérieur. Le décret pris le 12 juin 2025 contre la Jeune Garde n'était pas le recours devant le Conseil d'Etat, qui a été repoussé, n'est pas suspensif. La Jeune Garde n'existe plus juridiquement. Mais dissolution ne veut pas dire disparition. On ne va pas arrêter les membres d'une association dissoute et les mettre en prison. On est au pays de la liberté d'expression. Quand le Comité contre l'islamophobie en France

46:44

a été dissout, son relais belge est entré en action immédiatement. - C.Roux: Vous rappeliez en début d'émission que pour l'instant, le procureur ne fait pas le lien entre la mort de Quentin et la Jeune Garde. Le garde des Sceaux l'a plus ou moins fait. Et le ministre de l'Intérieur l'a fait. Peut-être ont-ils des informations... - D.Delseny: Eux font de la politique. Le procureur de la République est un magistrat. Il travaille sur des faits et des preuves. - C.Roux: Sur le climat politique, il y a eu un communiqué de la CFDT qui s'alarme du climat ambiant. Est-ce qu'on est dans un climat qu'on a déjà vu par le passé à l'approche des municipales ou est-ce

47:28

qu'on entre dans autre chose? - J.Fourquet: Si on regarde notre histoire, ça a parfois même été beaucoup plus dur et plus violent que ça, mais sur la période récente, les 20 dernières années, on n'était pas habitués à ce type de spectacles. On a vu comment les insultes ou les menaces pouvaient parfois fuser au sein même de l'enceinte parlementaire. Il faut aussi intégrer l'énorme caisse de résonance que sont les réseaux sociaux, qui contribuent puissamment à faire monter la température. Tout est tout de suite mis en vidéo, repris, commenté, instrumentalisé... - C.Roux: Et des permanences ont été prises pour ce week-end?

48:12

- J.Fourquet: Oui, comme au moment des "gilets jaunes". Des députés macronistes avaient vu des "gilets jaunes" entrer sur leur terrain, dans leur jardin... On a déjà connu des choses comme ça. Mais on est à quelques semaines des municipales et un jeune est mort. On voit que les choses se tendent fortement. - C.Roux: Elle a suspendu l'entrée de l'Assemblée de l'assistant de R.Arnault, fondateur de la Jeune Garde, au nom du risque de trouble à l'ordre public. Y.Braun-Pivet est la présidente d'un Hémicycle qui se transforme

48:55

de plus en plus souvent en chaudron. Entretien avec celle qui est la garante du bon déroulement des débats - Dans l'Hémicycle, elle est la garante du bon déroulement des débats. Y.Braun-Pivet, 4e personnage de l'Etat, est convaincue du rôle majeur que doit jouer l'Assemblée. Pourtant, après 4 mois de débats sur le budget, son bilan est sévère. - Y.Braun-Pivet: Qu'est-ce qu'on fait de l'argent des Français quand on collectionne les impôts et les taxes? C'est l'essentiel. Nous n'avons pas pu en parler. Pour la présidente de l'Assemblée que je suis, c'est hyper frustrant. - Frustrant pour celle qui, depuis le 28 juin 2022, doit composer avec une Assemblée nationale sans majorité absolue, dans laquelle s'est invitée la pagaille. Invectives... - Vous êtes un imposteur et un assassin!

49:38

- Huées, désordre... - Y.Braun-Pivet: Mes chers collègues, on n'est pas dans un amphi ou une manif. On est dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale! - Une ambiance générale qui n'a pas permis d'aboutir à l'adoption d'un budget sans utiliser l'article 49-3 de la Constitution. - Y.Braun-Pivet: La séquence budgétaire a duré beaucoup trop longtemps, pour un résultat assez médiocre sur le plan de la procédure parlementaire. Nous n'avons pas pu examiner la partie dépenses du budget, c'est-à-dire les politiques publiques, l'éducation, la justice, la sécurité...

50:22

- Elle appelle à tirer des leçons et à changer les règles avant l'été, notamment pour faciliter les discussions sur le projet de loi de finances 2027. - Y.Braun-Pivet: Je suis convaincue qu'on ne peut plus débattre de cette façon d'un budget. Qu'on soit en majorité absolue ou pas, ça ne change rien. Il faut qu'on modifie une règle, pour permettre d'avoir une vision globale. Aujourd'hui, on voit bien les débats. On est amendement par amendement, taxe sur taxe... Les Français que je croise dans la rue me disent qu'on passe notre temps à imaginer de nouvelles taxes. C'est catastrophique! C'est pas la volonté des parlementaires, mais c'est l'organisation de la discussion qui amène à cette conséquence.

51:06

- Mais les politiques français sont-ils capables de faire des compromis? - Y.Braun-Pivet: Le compromis, c'est une volonté d'aller vers l'autre, de faire un pas, de se mettre autour de la table et de discuter. C'est aussi une capacité à se dire qu'on n'a pas raison tout seul. On a réussi à avoir des compromis sur des textes importants. Depuis 2022 et 2024, des textes récents importants, comme la proposition de loi sur le narcotrafic, un texte majeur voté très largement... Mais on a eu des votes importants sur les lois de programmation militaire, de sécurité intérieure... - Et maintenant? Pour éviter l'immobilisme, la présidente de l'institution

51:51

en appelle au bon sens de l'exécutif. - Y.Braun-Pivet: Il faut que le gouvernement travaille différemment, qu'il aille concerter les différents groupes politiques. Comme on n'a pas de majorité, il faut construire des majorités, les bâtir. Je pense qu'il y a des voies de passage. Après, si vous prenez des sujets hyper polémiques, dont on sait qu'ils vont fracturer les opinions publiques, c'est sûr qu'on n'y arrivera pas. Il faut que les débats puissent être tranchés par la présidentielle. Je pense que cette année, au lieu d'être une année de divisions et de fracturations, comme certains l'imaginent, ça pourrait être, au contraire, une année de rassemblement.

52:31

Je pense que les Français l'apprécieraient grandement. - Nouvelle opportunité dès cette semaine: le projet de loi sur l'aide à mourir qui est de retour en 2e lecture à l'Assemblée nationale. - C.Roux: On parlait tout à l'heure de la CFDT après cet entretien que vous allez peut-être commenter. Elle condamne le climat guerrier dans le débat public. C'est rare que la CFDT fasse un communiqué après une telle séquence. Elle explique que l'ultra-polarisation des positions politiques est à l'origine

53:13

de cette ambiance délétère qui refuse le dialogue... Qu'est-ce qu'il y a de singulier, outre les résolutions? - C.Barbier: Les réseaux sociaux ont leur part de responsabilités car c'est un moteur. Mais au coeur du dysfonctionnement républicain, il y a aussi le délitement des institutions, de la nature même du politique. Il ne s'agit plus de faire gagner un projet ou des idées. Il s'agit d'abord de détruire l'autre. Ca aboutit à une Assemblée nationale qui est le reflet de la société. Par contre, vous avez un Parlement impuissant car il n'y a pas de majorité pour voter quoi que ce soit. L'Hémicycle se transforme en ring. Il s'agit de faire le plus de mal possible à l'autre, qui n'est plus un adversaire mais un ennemi. Dans un Hémicycle de plus en plus polarisé,

53:57

l'étau se resserre. - N.Mauret: Le problème, c'est qu'il n'y a plus de place pour la nuance. Dans un Hémicycle où il y a 11 groupes parlementaires, c'est très difficile de trouver un compromis. Pour ça, il faut que chacun aille vers l'autre et surtout qu'on cède des petites défaites. Mais c'est pas du tout dans le moule de l'Assemblée. Ce que j'entends à l'Assemblée, ce sont les groupes qui parlent plus fort que les autres pour être entendus, pour avoir une caisse de résonance sur les réseaux sociaux, qui ont une importance capitale... - C.Roux: Et qui créent de la violence ensuite? - N.Mauret: Oui.

54:42

Les réseaux sociaux font que chacun est dans son couloir. Chacun parle à sa communauté. Et on le fait très fort, à coups d'extraits de 15 secondes qu'on poste sur les réseaux sociaux. Ca fait office de départ. Mais le débat politique, c'est pas ça. C'est échanger des arguments de façon nuancée. Ce n'est pas ce à quoi j'assiste la plupart du temps à l'Assemblée. - C.Roux: Je ne sais pas si on peut faire ce genre de météo, mais est-ce que ça peut déraper? Ce qu'on commente depuis le début de cette émission, la mort de Quentin, ce climat politique

55:25

que vous avez parfaitement décrit les uns et les autres... On a le magistrat qui est confronté à ce qu'il y a déjà partout sur les réseaux sociaux depuis 48 heures. Est-ce qu'on a les ingrédients de quelque chose qui était un drame et qui peut aller au-delà, en créant une fracturation supplémentaire? - J.Fourquet: Tout dépendra sans doute de l'attitude des acteurs politiques. Est-ce qu'une majorité d'entre eux essaient de calmer le jeu? Ou, au contraire, est-ce qu'on est dans la surenchère, l'invective, l'anathème?

56:07

On est hélas en mesure de penser que, compte tenu du calendrier politique, les municipales qui passent un peu à l'as et la présidentielle dans un an, c'est le moment ou jamais. C'est la dernière fois que Mélenchon pourra peut-être se présenter. On a le RN qui est très puissant. Tout ça s'annonce très mal, en termes de climat. On voit la représentante du camp macroniste qui dit qu'on a réussi à faire passer quelques textes de compromis, mais rappelez-vous, il y a 8 ou 9 ans, E.Macron est élu sur la promesse du dépassement du clivage gauche-droite, sur la refondation de nos institutions. Pour beaucoup de Français, tout ça nous a amenés dans une impasse.

56:50

Il y a une colère, une déception très importante. On est aussi dans un pays où ce sont les institutions qui ont en partie créée notre culture politique. On a une présidentielle, puis des législatives. Historiquement, celui qui gagne la présidentielle a la majorité et il fait ce qu'il veut pendant 5 ans. Le logiciel encore en place dans la tête de beaucoup de responsables politiques, c'est: "En 2027, on va gagner. Les choses vont se remettre à l'endroit. Pas besoin de faire des compromis. On pourra appliquer notre programme." - C.Roux: On en vient à vos questions. Question.

57:32

Si on écoute les mots du procureur? - D.Delseny: On ne peut pas appeler ça un dérapage. Quand on frappe une trentaine de fois la tête de quelqu'un avec ses pieds, on n'est plus dans le dérapage. On a une question de préméditation. Est-ce qu'on avait prévu de s'en prendre à quelqu'un? Peut-être pas. A ce stade de l'enquête, on ne vise pas la préméditation. Mais, j'insiste, en choisissant une qualification pour meurtre, le procureur précise quand même que ces personnes étaient dans l'intention de tuer. Ce n'est pas une bagarre entre manifestants qui a mal tourné.

58:16

Ce sont des gens qui s'acharnent avec rage sur un jeune à terre, seul. On est dans un meurtre. Qu'il soit prémédité ou pas, c'est secondaire. La gravité est de fait dans cet acharnement qui est constaté par l'autopsie, par ce qu'on a pu voir sur les vidéos. - C.Roux: Question. - C.Barbier: La Jeune Garde ayant été dissoute, il n'y a plus de responsabilité du fondateur. Ce sont des individus qui sont jugés. Il peut y avoir des conséquences politiques

59:01

s'il y a des liens entre les auteurs de ce meurtre et la Jeune Garde, éventuellement entre ceux qui étaient présents et le collaborateur de R.Arnault, que certains disent avoir vu sur place. A-t-il échangé avec son employeur avant ou pendant ces événements? C'est tout ça qu'il faudra établir. Pour l'instant, rien n'est avéré. On a un moment politique, avec le fait que ce collaborateur ne peut plus accéder à l'Assemblée nationale. LFI se défend. Mais on a aucun élément qui relève du judiciaire. - C.Roux: Question. C'est un peu ce que vous disiez... - J.Fourquet: Les enjeux seront énormes. - C.Roux: Question. On l'a un peu vu avec quelques rassemblements qui se sont déroulés

59:45

plutôt dans le calme. - J.Fourquet: Mais il y a eu des attaques et des dégradations de permanences de députés LFI, manifestement sans violences physiques sur personne. On ne peut pas exclure qu'il y ait un match retour avec des rendez-vous donnés, des affrontements en marge de tel ou tel événement. Quand on dit "justice pour Quentin", est-ce que c'est la justice qui fait justice ou est-ce qu'on va se la faire soi-même et s'engager dans un cycle de représailles? - C.Roux: Question. - C.Barbier: Oui.

1:00:25

On voit bien que le nom de Quentin devient un symbole. Il n'avait pas la célébrité de C.Kirk, une personnalité très influente aux Etats-Unis, mais on est déjà dans une illustration de ça avec la demande formulée par M.Le Pen et M.Maréchal de qualification des antifas comme organisation terroriste. C'est la duplication de ce que D.Trump a décidé personnellement en septembre après la mort de C.Kirk, en disant que les antifas étaient un groupe terroriste national. On voit bien qu'il y a une sorte de trumpisation de ce débat. Qualifier qui que ce soit d'organisation terroriste en France, ce serait les mettre dans un sac où il y a Al Qaïda, Daech...

1:01:09

Ca n'aurait pas de sens. - C.Roux: Ils sont néanmoins surveillés par les services français. - D.Delseny: Evidemment, s'ils se mettent à commettre des actes qui peuvent relever du terrorisme, ils seront poursuivis en tant qu'individus pour ça. - C.Barbier: C'est déjà arrivé pour l'ultragauche dans les années 70, avec Action Directe en France et les Brigades rouges en Italie... On a eu cette bascule, avec un ciblage d'individus qu'on devait tuer pour des raisons politiques. - C.Roux: Question. - J.Fourquet: L'université est un lieu de débats. Ce qui serait de bon ton, c'est que tout le monde puisse débattre. C'est quand même à sens unique, avec certaines organisations de gauche radicale qui tiennent le haut du pavé. Elles représentent pas forcément la majorité des étudiants mais elles empêchent la tenue d'autres types de conférences. - C.Roux: Question. - C.Barbier: Chaque époque a connu ce genre d'affrontements, bien sûr. - D.Delseny: Ca a changé de génération, mais... - J.Fourquet: C.Méric, c'était en 2013. On a de loin en loin des événements comme ça. - C.Roux: Question. - N.Mauret: C'est ce que dit la porte-parole du gouvernement, M.Bregeon. - C.Roux: A propos de LFI.

1:02:38

- N.Mauret: J'attends de voir ce qui va se passer dans les jours qui viennent. Dès qu'il y aura des interpellations et qu'on saura qui est interpellé, on verra ce qui se passe. - C.Roux: Question. Est-ce que G.Darmanin a parlé trop vite? - C.Barbier: Il y a le G.Darmanin garde des Sceaux, qui laisse la justice faire son travail, et le G.Darmanin politique présidentiable, qu'on dit prêt à se lancer dans une campagne en quittant le gouvernement... Est-ce que c'est tout cela qui a amené ces propos? On le verra sans doute dans quelques jours. - C.Roux: Merci à vous tous. On va retrouver toute l'équipe de "C à vous". - A.-E.Lemoine: Bonsoir.

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