Candidat malgré les grands médias, Anasse Kazib est face aux médias indépendants
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
en direct l'émission hebdomadaire des médias indépendants pour l'élection présidentielle. Ici, sur ce plateau, vont défiler les candidats que nous avons invités. Ils vont répondre aux questions de quatre médias indépendants qui se sont associés, Street Press, Regard, Radio Parleur et Le Média. Ensemble, à quatre rédactions, on va essayer d'aborder autrement cette campagne présidentielle et faire vivre le pluralisme éditorial dans un contexte rance, où la banalisation des idées de l'extrême droite semble désormais structurer le débat public. Ce soir, pour cette première, c'est le candidat de Révolution Permanente, Anas Kazib, qui inaugure cette émission. Bonjour Anas Kazib. Bonsoir.
Vous allez bien ?
Bonsoir.
Alors, Anas Kazib, vous êtes cheminot, aiguilleur à la gare du triage de Bourget en Seine-Saint-Denis. Vous êtes un militant trotskiste, un ancien du NPA, le nouveau parti anticapitaliste. Vous êtes parti du NPA avec votre courant, le CCR, en 2021. Vous êtes également syndicaliste à Sudrail. Vous étiez notamment très actif pendant la grève des cheminots de 2018 dans la Gé de Paris-Nord. Vous êtes le candidat à l'élection présidentielle de Révolution Permanente. Pour l'instant, vous avez seulement 122 parrainages validés par le Conseil constitutionnel. Donc, vous n'y êtes pas encore, mais vous êtes notre première invitée.
Devant vous, deux journalistes qui vont vous interviewer pendant une heure. Bonjour, Violette Voldouard. Bonsoir. Vous êtes rédactrice en chef de Radio Parleurs. Et bonsoir. Pierre Jacquemin, vous êtes rédacteur en chef de Regards. Alors, toutes celles et tous ceux qui nous regardent, n'hésitez pas à poser vos questions dans le chat. Des questions que vous aimeriez poser à Anas Kazib. On sélectionnera les trois questions les plus pertinentes et on vous les posera à Anas Kazib à la fin de l'émission. Bien sûr, likez, partagez cette émission, qu'on soit le plus nombreux possible en direct. Et faites monter sur les réseaux sociaux. Hashtag Anas face aux indés. C'est moi qui me décide.
Je vais maintenant laisser la parole à mes collègues parce qu'on a plein de questions à vous poser, Anas Kazib. De quoi votre candidature est-elle le non ? Dans un contexte très inquiétant et dont vous faites les frais puisque vous êtes complètement invisibilisés dans cette campagne présidentielle. Alors, élection ou révolution, c'est notre première partie. Vous avez décidé de commencer par parler de concentration des médias et du mouvement Stop Bolloré.
Bonsoir Anas Kazib. On a souhaité effectivement commencer cette émission sur la question de la démocratie. Et c'est vrai que la question des médias, d'une manière générale, pose en soi la question démocratique. Mais encore plus peut-être dans cette élection présidentielle où on a perçu, on perçoit, on voit bien l'extrême droitisation du débat public. Mais aussi d'une partie des médias qui, comme beaucoup de politiques d'ailleurs, font le jeu. Ou peut-être s'associent aux directives qui sont données par le LA qui est donné de l'extrême droite.
On voit, et il y a eu une initiative qui a été lancée hier par un groupement d'associations, d'intellectuels, de médias aussi, qui a été lancée contre l'emprise de Bolloré sur les médias, la concentration, la fameuse concentration des médias, qui fait qu'aujourd'hui un petit nombre de milliardaires disposent d'une pluralité de médias. Donc j'avais envie de vous interroger sur cette concentration des médias. Et peut-être parce que l'initiative dont je parlais Stop Bolloré qui a été lancée hier vise particulièrement des plaintes de justice. Est-ce que c'est aussi sur ce terrain-là que l'on combat l'extrême droite, c'est-à-dire le terrain judiciaire ?
Non, moi je tends à penser que l'extrême droite, elle se bat dans la lutte de classe en fait. Lorsqu'on est actif, lorsqu'on s'organise, lorsqu'on se coordonne, lorsqu'on lutte contre ce qu'on pourrait qualifier des bases matérielles de l'extrême droite, à savoir le fait qu'elle prolifère notamment sur les inégalités sociales, sur la misère sociale qui existe dans ce pays. Et aussi, moi j'ai tendance à penser, lorsqu'on regarde par exemple ce livre qui est Retour à Reims, et notamment qui a été fait un documentaire avec la voix-off de Adèle Hanel, qui montre en fait comment les trahisons de la gauche institutionnelle ont participé aussi à cette montée du vote nationaliste, etc.
Déjà à l'époque derrière Jean-Marie Le Pen. Donc non, je pense que, et je considère que l'extrême droite, on l'a fait reculer. Lorsque nous on avance, lorsque l'agenda n'est pas dicté par les Zemmour, par les Le Pen, mais lorsqu'il est dicté par notre camp social, lorsqu'il y a la réforme des retraites, personne n'entend parler de Marine Le Pen ou de l'extrême droite ou de Zemmour. Lorsqu'il y a le mouvement des Gilets jaunes, les Gilets jaunes ils n'ont pas dit, les Noirs et les Arabes, cassez-vous de ce pays. Ils ont demandé plus de justice sociale, ils ont demandé d'en finir en fait avec cette réforme de l'ISF, etc., qui protège systématiquement les puissances.
C'est tout ça qu'on a vu dans cette période-là et c'est assez cruel ou criminel de voir qu'après cinq années de lutte de classe assez importante dans le pays, l'issue finale c'est que l'extrême droite soit quasiment à plus de 30%, alors que les mouvements d'extrême droite au contraire n'ont quasiment pas existé à part quelques manifestations de groupes fascistes.
Juste pour revenir sur la question sur la concentration des médias, Anas Kazib, président de la République, il fait quoi sur cette mainmise aujourd'hui des milliardaires sur la plupart des grands médias aujourd'hui ?
Je pense qu'on voit tout et tous qu'il y a un problème profond du fait que les milliardaires détiennent les médias, ce n'est pas anodin, ça leur rapporte même peu d'argent, mais ça leur permet d'influencer profondément la politique dans le pays. Nous on est pour totalement déposséder les grands puissants de ce monde et notamment les outils de presse qu'ils détiennent pour faire en sorte que cette presse-là serve au bien commun, au fait qu'on puisse informer, qu'on puisse aussi tendre le micro et la caméra.
Souvent moi je vois des journalistes qui aimeraient faire des reportages et qui n'ont pas les possibilités, les financements et autres parce qu'on leur dit que ce n'est pas intéressant, ne va pas dans tel piqué, ne va pas dans telle mobilisation, ne couvre pas telle aide-soignante qui est en galère ou ne va pas devant tel EHPAD, mais fait du sensationnel, fait du buzz, du clash. Aujourd'hui c'est encore pire où on voit par exemple des émissions comme Touche pas à mon poste qui au final ça a été révélé.
Moi j'ai été un des premiers à l'avoir dit, à avoir dit comment une émission qui critiquait Koh Lanta et les anges de la télé-réalité s'est retrouvée à inviter Messia et l'équipe de Zemmour du jour au lendemain et puis il y a cette sociologue que je salue qui s'appelle Claire Sécaille qui du coup a fait toute une recherche et c'est assez parlant quand on voit que 50% du temps politique est accordé à Éric Zemmour, c'est volontaire, c'est volontaire, c'est orienté et notamment Touche pas à mon poste, c'est un public qu'on pourrait qualifier de plutôt jeune et populaire donc on essaye aussi d'orienter... Un CNR, un homme, un média ?
Non, ce n'est pas une histoire de CNR, c'est une histoire du fait de repenser en fait quelle est la politique qu'on fait dans ces médias-là ? Je pense que vous, vous en êtes l'exemple parlant, en fait les médias indépendants fonctionnent et ils n'ont pas en fait un patron ou un groupe publicitaire ou autre qui leur dit couvre pas tel piqué de grève, couvre pas telle manifestation, on va pas donner la parole à telle victime des violences policières, vous avez cette liberté de pouvoir faire des enquêtes. Je pense aussi aux collègues de Streetpress qui font de la recherche importante et qui débusquent aussi ce que sont des groupes identitaires.
Ils le font sans Bolloré, sans Bernard Arnault et puis avec l'indépendance d'une rédaction.
Je pense que, moi je ne suis pas journaliste, ce n'est pas mon métier, mais je veux dire par là, je pense que le matin vous retrouvez autour de la table et vous discutez un peu les sujets d'actualité, de ce que vous avez envie de mettre plus en avant et c'est comment on remet du contrôle par en bas sur l'information pour permettre que ça soit une information pour celles et ceux qui ont besoin d'informer le plus justement possible et non pas pour que des groupes capitalistes disent « Ah non, on va mettre sur ça parce que tu comprends, il faut absolument taper sur les musulmanes et les musulmans, il faut absolument taper sur ce qui est en train de se passer, il faut décrédibiliser les gilets jaunes, il faut montrer que c'est des sédicieux, que ce sont des furieux, etc.
» Il n'y a qu'à, juste une petite seconde, on voit par exemple le traitement avec les gilets jaunes. Quand les gilets jaunes, ça apparaissait au début un peu comme le truc folklorique, carnaval et tout, des gens qui occupent un rond-point, c'était sympa. On amenait même Éric Drouet pour lui demander « Ah, qu'est-ce que vous faites si vous allez devant l'Elysée ? » « Vous rentrez, etc.
» Et puis au final, quand ils ont vu que les gilets jaunes, c'était un véritable mouvement subversif, eh bien, place maintenant aux commissaires sur les plateaux télé, place au sérieux et on commence à dire « Ce sont des sédicieux, ce sont des violents, ce sont des gilets jaunes black blocs, les yellow blocs comme ils les appelaient, c'est systématiquement ça. » Et je pense que les médias indépendants, ils ont montré au contraire comment on pouvait faire du journalisme et de manière indépendante et claire dans cette période-là.
– En tout cas, ils s'y emploient. Mais Anna Skazib, là, j'aimerais qu'on revienne un petit peu plus sur les mots de cette campagne, puisque les médias, disons peut-être non-indépendants, sont aussi ceux qui font les débats de cette campagne présidentielle. Et donc, ce sont eux qui décident des thèmes qui sont discutés en, disons, en étroite collaboration, si on peut dire, avec les candidates et candidates de cette élection présidentielle. Et on a le sentiment, alors que vous-même êtes la cible d'attaque d'extrême droite, que vous n'allez pas trop sur ce terrain-là discuter de ces thèmes-là de l'extrême droite qui sont en train de s'imposer.
On a vu Valérie Pécresse, dans son dernier meeting, reprendre sans problème l'expression « grand remplacement » et s'exprimer aussi avec des mots empruntés plus qu'intimement à l'extrême droite. Et vous-même, vous refusez d'aller sur ces débats-là, que ce soit sur les questions de laïcité, les questions migratoires telles qu'elles sont posées. Est-ce que c'est tout simplement, Anna Skazib, parce que pour vous, ce ne sont pas des sujets ?
– Non, pas du tout. Enfin, moi, déjà, la première chose, c'est que nous, on n'est pas du tout invités dans les plateaux télé. Enfin, ça a été, on l'a révélé à plusieurs reprises en prenant ne serait-ce que les chiffres factuels, 5 minutes en 45 jours, quand Zemmour et Le Pen, à eux deux, ont parlé 300 heures.
– C'est-à-dire que ce sont les chiffres du CSA ?
– Oui, c'est les chiffres officiels du CSA.
– Des candidats qui ont eu du temps de parole,
en ayant beaucoup moins de signatures pour vous. – Oui, des candidats qui ont eu parfois Florent Philippot, par exemple, qui a eu une seule signature. Je ne sais même pas d'ailleurs s'il est vraiment candidat, mais il est systématiquement sondé dans tous les sondages de la présidentielle, qui a parlé plus de 3 heures en 45 jours. Donc, ça montre vraiment qu'il y a une volonté et une conscience, en fait, d'invisibiliser notre parole. Parce qu'à la limite, on pourrait se dire, bon, si tu as 2-3 parrainages et que tu fais des meetings ou des réunions publiques qui sont quasiment vides, à la limite.
Mais franchement, il n'y a qu'à regarder un peu tout ce qu'on publie, ce qu'a été le rassemblement important devant la Sorbonne. Il n'y a pas eu une chaîne de télé qui est venue couvrir un rassemblement dans lequel il y avait des menaces de l'extrême droite. C'est dire à quel point, en fait…
– Oui, c'est un rassemblement qui a été… Enfin, vous avez subi les attaques d'un groupe qui s'appelle les Natifs, qui est un groupe… C'est les ex-générations identitaires qui s'en sont pris à vous. – Exactement.
Il y a juste à comparer, par exemple, la conférence qu'a fait Jean-Luc Mélenchon ce 15-là, avant-hier, à la Sorbonne, au même endroit où je devais faire la mienne. Lui, ça s'est très bien tenu et bien fait, etc. et ça a été couvert. Nous, la semaine d'avant, on avait des menaces de l'extrême droite et il n'y a rien qui apparaît dans la presse. Mais je veux dire par là que la première raison du fait qu'on ne puisse pas débattre et discuter de ces sujets-là, c'est qu'on n'est pas invité. Et au contraire, nous, on porte un regard de classe et une lecture de classe de cette question-là.
C'est-à-dire que l'immigration, nous, au contraire, on est pour la liberté de circulation, on est pour que les gens puissent s'installer librement, on est pour le regroupement familial aussi en France.
– Je regarde là sur les luttes de classe et d'autres candidats le portent, Philippe Poutou, Nathalie Arthaud. Pourquoi Anas Kazib n'est pas invitée sur ces plateaux-là ? Comment vous l'expliquez ? C'est quoi le problème d'Anas Kazib ?
– Moi, je pense qu'il y a une forme de discrimination raciale, très sincèrement. Souvent, on essaye de dire « Oui, mais il y a Taubira ». Oui, mais bon, Taubira, elle a été quand même ancienne ministre, garde des Sceaux et c'est une personnalité politique depuis des années. Cependant, moi, je vois que lorsqu'on est ouvrier issu de l'immigration comme moi et que derrière, on voit qu'il y a du monde aussi autour, il y a une forme d'inquiétude. Moi, je vois notamment que lorsque j'étais chroniqueur au Grande Gueule pendant presque deux ans, j'ai vu à quel moment, en fait, on a décidé de me couper le micro.
C'était au moment, justement, de la crise sanitaire où on s'est dit que cette parole-là, elle peut devenir beaucoup trop subversive. C'est ça qu'il faut aussi comprendre. C'est-à-dire que les médias mainstream réfléchissent non pas uniquement en termes de manière publicitaire, ils réfléchissent avec l'équilibre de savoir est-ce que la classe dominante, elle n'est pas suffisamment attaquée. Et leur crainte, c'est quoi ? C'est de dire que demain, on va permettre à un ouvrier aussi de l'immigration d'être sur la ligne de départ et notamment de dialoguer avec toute une frange de la population qui est totalement absente de cette élection présidentielle.
où sont les quartiers populaires aujourd'hui ? Où est la jeunesse des centres-villes mais aussi la jeunesse précaire, etc. Il n'y a qu'à voir, par exemple, dans les meetings, nous, on rassemble modestement avec ce qu'on arrive à faire mais c'est des meetings vraiment qui sont systématiquement pleins. En grande majorité, cette jeunesse-là et aussi cette classe ouvrière qui a été dans les différentes mobilisations durant la réforme des retraits, durant la réforme du ferroviaire, etc. Donc, il y a vraiment un objectif pour nous de parler à un secteur qui, aujourd'hui, est totalement ignoré dans cette présidentielle et volontairement.
Lorsqu'on fait, un mois après, ce qu'on a appelé le colloque contre le wokisme de Blanquer et que nous, on fait justement une conférence dans la Sorbonne avec Sacha Yaropolskaya qui est militante transféministe au Média XY et qu'on porte une parole aussi d'autodétermination pour les personnes LGBT lorsqu'on fait des meetings avec Assa Traoré, c'est tout ce qu'il déteste aujourd'hui, c'est tout ce que déteste le pouvoir et c'est cette parole subversive qui les inquiète et qui fait qu'il nous empêche de pouvoir nous exprimer à la différence d'autres candidats dont vous avez cité, Pierre, les noms et prénoms qui sont des candidats qui, voilà, c'est leur troisième candidature, c'est plutôt assez routinier, on connaît un peu déjà le discours et le dialogue.
On n'est pas du tout spécialement dans les mêmes prénoms.
Une autre raison pour laquelle vous n'êtes peut-être pas invité, c'est parce que vous portez un mouvement politique qui n'est peut-être pas encore totalement identifié, révolution permanente, on sait l'identité des autres candidats, on voit bien le candidat communiste incarné, l'identité communiste, Fabien Roussel, la candidate socialiste, social-démocrate, Anne Hidalgo, on comprend quel est l'espace politique qui est le sien, Yannick Jadot, l'écologie, on le voit bien aussi, Jean-Luc Mélenchon, la social-écologie, on les a cités, Nathalie Arthaud et Philippe Poutou s'inscrivent dans une tradition longue de l'héritage trotskiste, c'est quoi l'identité politique finalement d'Anderskazib ?
Quel espace politique vous pouvez occuper ?
Je pense qu'on est dans un espace politique qui pour nous est celle de l'histoire du mouvement ouvrier organisé, de la gauche révolutionnaire en fait, on porte une ligne qui pour nous porte dans son centre de gravité la question d'intervenir dans la lutte de classe, d'essayer de confluer avec les éléments aussi de ces cinq années qui viennent de s'écouler, nous on est pour discuter non pas avec on va dire la classe ouvrière en bleu de travail etc.
qui sort de l'usine ou qui rentre mais essayer de discuter plus largement avec l'ensemble des exploités et des opprimés on considère qu'aujourd'hui des familles victimes de violences policières on va pas discuter avec eux uniquement de la question de la nécessité de gagner mieux sa vie ou quoi que ce soit ça les touche quand vous parlez avec la famille Traoré enfin ils sont aussi touchés par les inégalités sociales raciales etc.
mais ils ont un combat aussi aujourd'hui pour la justice et la vérité pour leurs frères et on doit nous en tant que gauche révolutionnaire en tant qu'organisation politique savoir et discuter avec ces gens-là tisser des passerelles nous ce qu'on a envie profondément dans la prochaine séquence et c'est un terme qu'on reprend à notre compte qui est d'un camarade qui est avec nous depuis le début qui s'appelle Youssef Brachny qui est du comité justice et vérité pour Adama il disait une parole vraie dans le meeting à Paris 8 il disait avec la candidature d'Anas on a envie de faire un bloc de résistance un bloc révolutionnaire ce n'est pas dans un agenda électoral mais c'est directement dans la prédence qu'on construit dès à présent en fait notamment lorsque vous l'avez dit et c'est inquiétant la montée de l'extrême droite et on sait que l'extrême droite ne va pas disparaître peu importe l'issue finale on se doute bien que quand aujourd'hui on voit qu'il y a plus de 30% des gens lorsqu'on voit qu'il y a des on peut détester Éric Zemmour comme moi je le déteste viscéralement on ne peut pas occulter le fait qu'il y avait 10 000 personnes à Villepinte et qu'il y a des groupes identitaires qui ont mis des pains dans la gueule de militants de SOS Racisme et ça ça doit nous préparer dès à présent à qu'est-ce qu'on fait dans la prochaine séquence et nous on considère que justement la gauche révolutionnaire elle doit venir avec un discours fort combatif mais aussi un discours qui permet d'essayer d'unir le plus largement possible en fait l'ensemble des composantes de notre camp social
Plus que le mot gauche le mot populaire qui revient beaucoup dans cette élection beaucoup de candidats se revendiquent des quartiers populaires du populaire un des enjeux de cette élection c'est aussi la question de l'abstention et l'abstention des jeunes le candidat Anas Kazib souhaite s'adresser à cette jeunesse et essayer de mobiliser cette jeunesse pour qu'elle aille voter
Moi je pense que la jeunesse elle est plutôt lucide celle qui vient dans les meetings il faut savoir que quasiment 9 jeunes sur 10 qui viennent dans les meetings sont des abstentionnistes sont des personnes qui n'ont pas prévu de voter il n'y a qu'à regarder un sondage qui était sorti dans le journal La Croix il y a à peu près deux semaines qui a un sondage assez important et édifiant pour moi plus de 8000 jeunes qui ont été sondés 69% de ces jeunes là considèrent que l'ensemble des partis politiques et des représentants de la classe politique sont tous corrompus parmi ces jeunes là 22% considèrent qu'il faut un processus révolutionnaire pour changer les choses donc c'est dire à quel point je pense que la jeunesse aujourd'hui elle a compris que ce n'est pas à travers les urnes qu'elle va changer les choses cependant
l'abstention n'est pas synonyme
de désintérêt pour la politique ça n'a jamais été pour moi désintérêt de la question politique au contraire il s'est profondément politique les gilets jaunes sont aussi beaucoup des abstentionnistes on ne peut pas leur dire qu'ils ne s'intéressent pas à la politique au contraire ils s'y intéressent je vais vous donner juste un cas typique j'ai fait une réunion publique à Metz Metz c'est un bastion du mouvement ouvrier c'est les anciennes mines c'est la métallurgie Florent Géot et puis les quasiment 90% qui étaient dans la salle c'était des abstentionnistes pourquoi ?
parce qu'ils disent nous on a vu Hollande d'ici venir on a vu cette gauche institutionnelle venir sur nos piquets de grève nous vendre du rêve certains même avaient fait cette rencontre avec Montebourg quand il avait ramené des croissants il avait dit j'ai rien ramené pour les négociations mais je vous ai ramené des croissants ils l'ont vu profondément en fait cette gauche institutionnelle leur promettre des choses et les trahir et au final quand on tend l'oreille qu'est-ce qu'on entend ?
on entend ces classes populaires qui disent gauche comme droite ça fait 40 ans qu'on nous balade ça fait 40 ans qu'on nous snob qu'on nous ignore en fait qu'on fait rien pour nous on nous promet des choses et puis au final il n'y a rien derrière et je pense que profondément même si les gens je veux dire ne sont pas marxistes ou révolutionnaires ou peut-être ne touchent pas du doigt la nécessité de changement profond de la société au moins ils pointent tous du doigt le fait que de ce processus-là tel qu'il est fait ne permet pas en fait de changer les choses et comme dirait un collègue moi mettre un bulletin dans l'urne ça ne remplit pas mon frigo ça ne met pas à manger dans mon assiette
c'est quoi vous parlez du frigo ça me fait penser évidemment à la question pardon Violette parce que vous allez intervenir je reviens sur la question du populaire parce que qu'est-ce que vous mettez dans le populaire c'est quoi le populaire comment vous identifiez le populaire on a entendu les critiques qui ont fleuri sur la candidature enfin sur les propos de Fabien Roussel qui disait en gros le populaire c'est j'aime le bon vin j'aime la bonne vivante j'aime je ne sais plus quel était le troisième terme et le bon fromage mais qu'est-ce que vous mettez vous dans le populaire on a le sentiment que la gauche ne sait plus redéfinir ce qu'est le populaire c'est quoi le populaire
moi très sincèrement pour être très synthétique là-dessus c'est un terme que je n'utilise quasiment pas c'est-à-dire qu'on va parler de quartier populaire on va parler de classe populaire mais pour inclure aussi on va dire toute une frange de la classe moyenne paupérisée qui est déclassée comme on dit qui ne se voyait pas spécialement partisane de la classe ouvrière et qui est en train de voir qu'au final sa condition de vie est devenue de plus en plus précaire et c'est ça ce qu'on pourrait en tout cas ce que je pourrais moi mettre derrière le terme classe populaire c'est toutes celles vous ne parlez pas de classe populaire vous ?
moi je ne parle pas de on est classe ouvrière enfin nous on parle de classe ouvrière on parle de travailleuses et de travailleurs on parle de celles et ceux pour dire de manière simple qui n'ont que leur force de travail pour pouvoir vivre c'est-à-dire ils ne sont pas rentiers ils ne sont pas ce ne sont pas des gens qui ont hérité de l'entreprise du père ou de la mère ou autre on essaie de discuter avec toutes celles et ceux qui se cassent le dos le matin qui se réveillent qui ont des difficultés qui ont des bouches à nourrir et qui n'arrivent plus à s'en sortir pour moi on pourrait mettre la question des classes populaires dans ce cadre-là mais nous on fait le choix clairement de définir les choses c'est-à-dire parce que trop souvent on a essayé de diluer les choses autour de la question de la citoyenneté autour du qu'est-ce qu'on met derrière la citoyenneté on met qu'il y aurait des hommes et des femmes égaux en droit et bien moi je considère que le SDF qui fait la manche malheureusement devant la gare du Nord même s'il a une pièce d'identité française dans sa poche il est en rien égaux en droit avec Bernard Arnault qui a exactement la même pièce d'identité dans sa poche et faire croire que des gens qui sont à mille lieux qui ne vivent pas du tout la même chose sous prétexte qu'ils peuvent aussi voter et qu'ils ont une carte d'identité dans la poche ils auraient les intérêts communs je considère que c'est totalement faux il n'y a qu'à voir ce qu'a dit Zemmour très récemment où il a dit moi je suis contre la lutte de classe mais quand on est contre la lutte de classe au contraire on essaye de diluer justement qu'il y a des classes qui ont des intérêts diamétralement opposés et au final c'est toujours les patrons qui finissent par gagner de ces questions-là
C'est de ces thèmes que finalement vous êtes principalement porteur dans cette campagne puisque on le disait aussi un petit peu au début de cette émission vous êtes un candidat de l'extrême gauche qui donc se bat pour une portion très congrue des pourcentages électoraux puisqu'aux dernières élections présidentielles Nathalie Arthaud et Philippe Poutou ont rassemblé à peine 2% des suffrages donc c'est que vous y portez essentiellement des idées plus que l'envie de faire 10% peut-être que
Moi je ne pense pas je pense que déjà quand on regarde dans le rétroviseur à un moment donné en 2002 alors qu'il y avait Jospin etc Chirac et autres il y avait quand même des noms il y avait Noël Mamère Taubira l'extrême gauche la gauche trotskiste à cette époque-là elle a fait 10% avec Olivier Besancenot et à l'époque Arlette Laguillet C'est un objectif
pour vous d'arriver aussi à faire remonter l'extrême gauche à ce niveau-là ?
Je pense qu'en tout cas nous on n'est pas là pour faire une candidature de témoignage on est là Je pense que nous si on nous permettait de pouvoir être plus présents dans les médias de lutter contre ce processus totalement antidémocratique des 500 parrainages parce qu'en fait nous tout est conditionné par rapport aux questions des 500 parrainages enfin je veux dire Valérie Pécresse elle ne s'est jamais levée le matin en se disant et mince j'espère que les petits camarades sur les routes ils vont réussir à les avoir donc c'est pas il n'y a qu'à regarder mardi dernier elle a fait rentrer 575 parrainages juste en une seule journée alors qu'elle les a dépassés largement à elle seule elle cumule l'équivalent de 4 candidatures ça c'est un scandale profond c'est-à-dire que nous on est obligés qui sommes des travailleurs qui sommes des jeunes etc.
on est obligés de faire tant de sacrifices c'est un défi immense pour nous et on aimerait être en train de se préoccuper de l'agenda politique de qu'est-ce qu'on dit sur les plateaux télé de ce qu'on dit face à Baba face à BFM face à ceci face à cela tout ça on n'a pas le droit et je considère que quand on voit la trajectoire de Zemmour qui démarre à quasiment 2% il fait 3 5 7 etc.
et on voit au final dans les temps d'antenne ça ne fait qu'augmenter à un moment donné si Anas Kazib on pourrait se poser la question de cette manière-là est-ce que si Anas Kazib avait parlé 150 heures dans les 45 derniers jours comme Éric Zemmour si on avait laissé Anas Kazib parler de l'augmentation des salaires du partage du temps de travail de la gratuité des transports de la transition écologique
si on avait permis
pendant 150 heures et je vais même dire mes camarades Philippe Poutot et Nathalie Arthaud parce que si on prend Macron, Pécresse et Zemmour et qu'on remplace Nathalie Arthaud Philippe Poutot et Anas Kazib on voit bien que si les trotskistes avaient permis pendant presque 500 heures parler de leur programme de leurs idées etc. on voit très bien qu'on ne serait pas à 0,5 ou 1%
On va maintenant passer à la deuxième partie de cette émission donc justement dédiée au programme le vôtre il est intéressant parce que justement il place en son cœur la question de la classe ouvrière et de la lutte des classes Anas Kazib parlons d'abord d'écologie notamment d'écologie populaire parce que vous parlez beaucoup vous d'écologie populaire notamment en soutenant des luttes des initiatives dans la classe ouvrière ou dans les quartiers par exemple à Verdragon cette maison de l'écologie populaire qui se situe à Bagnolet dans le 93 en Seine-Saint-Denis alors pourquoi l'écologie populaire pourquoi soutenir un lieu comme Verdragon pour en parler Violette Voldoir vous a préparé une vidéo on regarde
On parle beaucoup d'écologie on parle rarement de l'écologie populaire c'est ça le type d'écologie dont on a besoin une écologie qui part des besoins concrets de nos quotidiens et surtout une écologie qui implique tout le monde parce qu'en fait la transformation la transition écologique qu'il va falloir enclencher il va falloir être très nombreux à la soutenir et on va être toutes et tous concernés on nous renferme dans l'image selon laquelle les écolos ou la question écologique concerne uniquement les classes moyennes bobos des grandes villes ce n'est pas vrai c'est ce qu'on voit mais ce n'est pas vrai il y a une réalité de terrain historique qui est qu'à partir du moment où il y a de l'auto-organisation c'est-à-dire où il y a des habitants et des habitantes qui veulent s'organiser pour résoudre des problèmes qui les concernent dans leur quotidien il y a un blocage soit institutionnel soit autre mais qui fait que en fait on ne trouve pas de lieu pour s'organiser il faut s'organiser dans les bars etc.
pour essayer de s'en sortir en fait tout simplement on est à un stade par rapport à l'urgence climatique où on ne peut plus se permettre de diviser de jeter l'opprobre etc. notre priorité à nous c'est de construire un mouvement populaire et radical pour le climat et ce mouvement-là il est fondamentalement antiraciste il est fondamentalement féministe il est fondamentalement antiproductiviste etc.
Anna Skazib moi je vous ai préparé cette petite vidéo parce qu'on vous y voit donc ça rappelle des mots sans le dire n'est-ce pas chez les GG sur RMC mais on vous y voit aussi sur au camp climat donc ça c'était en 2020 c'était le camp climat qui s'était tenu à Paris où vous étiez venu discuter syndicalisme et écologie aussi avec avec les participantes et participants de ce camp climat et puis le dernier interlocuteur Gabriel Mazzolini lui est donc une sorte de cheville ouvrière de Vert Dragon cette maison de l'écologie populaire que vous soutenez vous avez d'ailleurs rencontré Fatima Ouassac du Front de Mer qui est la cofondatrice du Front de Mer et puis de ce lieu aussi qui porte une écologie vraiment populaire dans les quartiers populaires mais j'aimerais qu'on revienne d'abord un peu avant de reparler du terrain et de ces luttes dans lesquelles vous êtes ancré de votre programme puisque à la fois vous êtes beaucoup sur ces terrains-là vous vous y déplacez vous vous y exprimez et quand on lit votre programme un peu comme ce que dit Gabriel Mazzolini d'ailleurs on voit que la question écologique elle est articulée à celle du féminisme à celle de l'antiracisme mais aussi et peut-être la plus importante d'entre elles à celle du contrôle ouvrier des entreprises la nationalisation de secteurs qui sont clés pour l'économie alors est-ce que dans le programme d'Anna Skazib finalement l'écologie c'est un peu le dernier wagon sans mauvais jeu de mots qu'on raccroche au programme ou est-ce qu'elle est simplement soluble dans la question de la production
non je pense tout d'abord que la question de l'écologie est peut-être celle qui permet le plus de comprendre de l'urgence révolutionnaire en fait moi je ne suis pas un marxiste depuis un siècle ça ne fait pas longtemps que ça fait à peu près cinq ans que je suis rentré dans la politique et que je me suis intéressé à ces choses-là mais j'ai toujours été assez en tant que cheminot déjà très intéressé par la question du climat par la question du ferroutage etc moi je travaille dans un triage fret donc même pour vous dire l'image de mon quotidien au boulot c'est de voir un chantier quasiment vide et d'être devant l'échangeur routier le plus important d'Europe qui est l'A86 c'est-à-dire de voir des camions sur la route et même des camions géodistes parce que la SNCF est le premier routier d'Europe et de l'autre côté on voit comment par la route ils font du dumping social et ils cassent aussi le ferroutage donc quand on les entend parler de transition écologique ça fait doucement rire mais très profondément je pense que la question de l'écologie aujourd'hui c'est la question centrale pour expliciter très simplement plusieurs choses la nécessité déjà que le contrôle ouvrier est primordial pour pouvoir faire une transition écologique pourquoi ?
parce que nous on dit on ne peut pas faire cette transition écologique avec celles et ceux qui nous ont mis dans cette situation moi je ne peux pas faire ça avec Patrick Pouyanné le patron de Total le patron d'Areva ou le patron de Aramco la société saoudienne qui pollue 4 fois et demi de plus que la France ce n'est pas possible à un moment donné c'est-à-dire qu'il n'y a pas comme moi je dis souvent la terre elle n'est pas en train de s'auto-détruire ou de quoi que ce soit il y a un système capitaliste il y a un système productiviste qui fait qu'il tire au maximum le comment dire la terre et ses ressources et que
ça veut dire que l'écologie sous-tend les propositions qui sont par ailleurs dans votre programme puisque cette proposition du contrôle ouvrier on la retrouve aussi sur la finance on la retrouve sur les secteurs du pharmaceutique donc en fait est-ce que l'écologie c'est simplement quelque chose qui vient sous-tendre des propositions qui existent déjà ou est-ce qu'il y a quand même chez Anaskazib un discours écologique fort qui transcende un petit peu cette entre guillemets simple question du système capitaliste
après on peut rentrer beaucoup plus en détail parce que souvent on cantonne l'écologie à Europe Écologie Les Verts aujourd'hui lorsqu'on parle d'écologie les gens ils pensent même vis-à-vis de la question des ouvriers ou même vis-à-vis des gilets jaunes c'est-à-dire qu'en réalité même des gilets jaunes on a cru qu'ils n'étaient pas écolo en réalité ils posaient la question de l'écologie d'une certaine manière dans le sens où ils voulaient dire c'est pas à nous de payer la transition écologique parce que mettre des taxes sur le carburant ou faire comme avait fait Sandrine Rousseau lorsqu'elle était encore dans cette dernière bataille de la primaire écolo en disant il faudrait augmenter de 6 à 10 centimes le prix à un moment donné quand vous voyez déjà aujourd'hui qu'il a 2 euros où est-ce qu'on peut dire aux gens dans ce pays dans lequel il y a eu le mouvement des gilets jaunes qui disent on n'arrive plus à vivre qu'il faut encore augmenter de 6 à 10 centimes donc je pense qu'il faut comprendre globalement la stratégie mais après bien entendu nous on discute sur ce qu'est l'obsolescence programmée on discute sur la question des comment dire des super fermes animales etc du domaine de l'agrobusiness qui produit quasiment 57% des émissions de gaz à effet de serre c'est l'effet de l'agrobusiness la question de la surpêche etc on essaye d'évoquer toutes ces choses-là en tant que cheminot je porte aussi centralement la question des transports gratuits on est par exemple nous pour l'expropriation quand on parle de contrôle ouvrier d'expropriation des grands groupes nous on est par exemple typiquement sur l'ensemble des transports ou en fonction de la ville vous avez ici la RATP la Bacéolis Transdev la SNCF nous on dit une chose on est pour l'expropriation de l'ensemble des groupes de transport d'accord et que en une seule et unique entreprise de transport public elle soit contrôlée par celles et ceux qui font le transport au quotidien par les cheminotes les agents RATP et autres mais également par les usagers et les usagères c'est à nous de décider par en bas c'est ça le véritable contrôle c'est à nous de décider par en bas où est-ce qu'on met une ligne où est-ce qu'on met un arrêt de bus à quelle heure on doit passer et surtout lorsqu'on parle de transition écologique il n'y a pas de transition écologique tant que les gens ne peuvent pas utiliser le train gratuitement et je peux même le dire c'est même pas une revendication farfelue je vous donne deux exemples très simples il y a des économistes qui chiffrent par exemple la gratuité de toute la SNCF à environ 25 milliards d'accord le coût du routier c'est estimé chaque année sur l'état à plus de 100 milliards d'euros c'est-à-dire entre les infrastructures mais également le coût de la santé et il y a un chiffre qui pour moi est central c'est celui de Santé publique France Santé publique France dit chaque année 40 000 morts des suites de la pollution de l'air il y a eu un rapport durant le confinement deux mois de confinement 3900 personnes qui sont sauvées de la diminution du dioxyde d'azote donc ça montre à quel point qu'on pourrait sauver d'une part des vies et aussi c'est social parce que moi je rêverais que cette jeunesse qui galère en fait au quotidien qui n'arrive pas à voyager qui parfois reste des mois et des années sans pouvoir se balader dans le pays et bien qu'un jeune il puisse se dire tiens je vais monter à Gare de Lyon je vais prendre le TGV je vais aller faire un tour au port de Marseille mettre mes pieds dans l'eau et remonter chez moi le soir sans se dire ça me coûte 100 euros l'aller 100 euros le retour etc.
Alors justement bonne transition parce que vous parliez des transports les transports demain la RATP sera en grève on annonce un grand mouvement social au sein de la RATP pour justement notamment des questions salariales de revalorisation des salaires vous dans votre programme vous proposez d'augmenter les salaires de 300 euros et de porter le SMIC à 1800 euros net vous dites que en fait contre le chômage de masse il faut répartir le travail est-ce que ça veut dire que dans votre programme dans votre pensée dans votre manière de conduire le pays demain votre objectif c'est aussi le plein emploi est-ce qu'on doit travailler tous demain
tout le temps oui nous on est pour clairement le travail on est pour que les gens puissent travailler aussi l'automatisation et l'informatisation elle doit aussi nous permettre d'alléger nos vies c'est pas pour les passer encore plus au boulot comment on peut dire il y a 6 millions et demi de chômeurs et en même temps annoncer à la jeunesse qu'il faudrait qu'elle travaille entre 40 et 45 heures mais comment s'il y a du boulot pour 40 et 45 heures pourquoi il y a 6 millions de chômeurs alors pourquoi il y a des heures supplémentaires encore qui sont effectuées à un moment donné je ne sais pas il faut partager ce temps de travail entre tous les bras disponibles c'est primordial ça permet notamment de permettre à des gens de pouvoir partir aussi à la retraite plus tôt ça permet aussi à cette jeune nous on est pour la retraite à 60 ans et à 55 ans pour les métiers pénibles et je peux même vous dire que moi profondément je considère qu'on pourrait même aller même en dessous de cela on essaye toujours de dialoguer parce que le processus électorat est aussi un processus un peu de transition et qu'il faut pouvoir que ça dialogue mais enfin à un moment donné oui on peut partir à la retraite plus tôt il n'y a qu'à regarder il y a deux catégories qui sont frappées par le chômage c'est les 18-25 ans et les plus de 50 ans parce qu'un patron à un moment donné pourquoi il n'embauche plus personne après 50 ans parce qu'il considère déjà qu'il faut les embaucher avec leur expérience et du coup avec le salaire qui va avec et puis au final il préfère toujours un jeune qui est inexpérimenté qui est plus malléable etc.
plutôt qu'une personne plus âgée avec plus d'expérience et c'est pour ça que notamment ces deux catégories-là elles sont frappées par le chômage enfin à un moment donné on ne peut pas s'imaginer quand moi je les entends dire 67 ans mais ce qu'on s'imagine il y en a qui parlent de pilotes d'avion je trouve que c'est un bon exemple mais ce qu'on imagine un mécano chez Speedy ou chez Midas à 67 ans en train de changer un moteur une courroie de distribution à un moment donné quand vous regardez dans votre quotidien on voit très bien à quel point il y a des métiers qui sont très difficiles et que ce n'est pas possible et que ce n'est pas juste une question parce que souvent on met ça uniquement sur les capacités physiques mais le travail ce n'est pas pour aller jusqu'au moment de crever et de ne plus pouvoir rien faire c'est aussi de comment je profite de ma vie comment je après toutes ces années-là après toutes ces cotisations comment je peux profiter comment je peux voyager comment je peux m'occuper aussi de mes petits-enfants etc comment j'ai envie si j'ai envie d'avoir des loisirs ou autre ce n'est pas juste savoir quelles sont mes capacités physiques
pour la semaine de 4 jours également 32 heures 28 heures
oui nous on n'a pas mis de temps particulier parce qu'on considère réellement qu'on est ce qu'on dit pour le partage entre tous les bras disponibles c'est-à-dire entre toutes celles et ceux qui cherchent du travail on devrait partager le temps de travail c'est-à-dire que je sais on ne sait pas quantifier si ce n'est même pas en dessous de 28 heures il y a un billet d'ailleurs de Dominique Seux qui récemment disait qu'en réalité la semaine idéale ça serait même une semaine de 12 heures on voit à quel point il y a tellement de richesses qui sont produites on voit qu'il y a la possibilité de faire travailler du monde simplement qu'en tant que marxiste Marx parlait de la notion d'armée de réserve et à quel point le chômage et les chômeurs sont aussi une pression mise aux travailleuses et aux travailleurs pour éviter de réclamer et moi je le vois au quotidien vous savez les gens qui disent écoute si tu n'es pas content il y a 6 millions de chômeurs ils savent le dire ça les patrons pendant la crise quand on était en première ligne ils nous ont dit on est essentiel à la nation moi je n'oublierai jamais ça de ma vie que mon patron il m'a dit pendant 3 mois j'étais essentiel à la nation aujourd'hui quand on est en train de lui dire où sont les primes Covid où sont les augmentations de salaire il te dit si tu n'es pas content tu n'as qu'à aller voir ailleurs on voit à quel point les patrons ils savent aussi utiliser le chômage pour justement nous mettre la tête sous l'eau et qu'au contraire nous en tout cas en tant que militants on devrait porter et sans démagogie parce que souvent on est toujours pointé du doigt mais comment tu cherches je ne sais pas quand on récupère 500 milliards pour le quoi qu'il en coûte personne ne s'est préoccupé de savoir ce qu'on en fait
vous dites essentiel à la nation mais peut-être que justement là-dessus Violette peut vous poser quelques questions parce que justement on l'a vu lors des dernières mobilisations on a envoyé la police dans les manifestations
avant même de passer à cette question de la police il y a quelque chose qui moi m'a un peu accroché l'oeil dans votre programme puisqu'il y a dans le programme d'Anna Skazib une grande partie qui est consacrée à la question des luttes féministes alors qu'est-ce que vous feriez Anna Skazib Président pour visibiliser non pas le travail qui existe déjà et qui est déjà visible mais celui qui est invisible c'est-à-dire essentiellement le travail des femmes mais pas seulement également celui des personnes racisées des personnes sans papier qui aujourd'hui accomplissent un certain nombre de tâches qui ne sont pas rémunérées qui sont considérées comme étant simplement liées au fonctionnement normal d'une société et ça je ne l'ai pas vu dans votre programme alors qu'est-ce que vous faites pour visibiliser ce travail-là ?
C'est tout ce qu'on appelle le travail éduquer s'occuper des enfants c'est les doubles journées des femmes c'est tout le travail domestique aussi qui est fort peu partagé même s'il l'est de plus en plus voilà ce qu'il y a aussi politiquement puisque vous dites que vous défendez le travail quelque chose qui voilà dans votre programme va dans ce sens-là visibiliser ce travail le reconnaître éventuellement le rémunérer
Mais nous de toute façon on est pour faire en sorte déjà que tout le monde puisse avoir de quoi vivre au quotidien c'est-à-dire que notre programme il s'articule sur plein de choses c'est-à-dire il y a la question des salaires des allocations etc.
mais il y a aussi par exemple lorsqu'on va parler de mal logement et autres c'est-à-dire que ça contribue c'est tout un système en fait qui permet et qui contribue à faire sortir les gens de la précarité et des situations dans lesquelles ils vivent et notamment de celles et ceux dont vous parlez qui n'ont même pas le droit de pouvoir travailler aujourd'hui je pense notamment aux femmes qui portent le voile et à qui même on interdit en fait qui au final dans l'éducation nationale sont là pour les sorties scolaires sont là pour accompagner parfois même maintenant on commence à essayer de faire en sorte qu'elles n'accompagnent plus personne mais au final moi je dis que ces personnes-là elles méritent de pouvoir travailler c'est pas de les maintenir dans l'invisibilisation enfin moi notre souhait c'est pas de faire en sorte que ces gens-là continuent à galérer au quotidien mais c'est au contraire de faire en sorte que ces personnes-là elles puissent avoir un travail ces femmes qui portent le voile elles n'ont pas demandé en fait à être des assistantes d'éducation ou d'accompagner au parc Astérix ou au musée les enfants elles aimeraient aussi travailler mais on les empêche de pouvoir travailler de pouvoir exercer un emploi mais en fait
elles travaillent déjà d'une certaine manière parce que la plupart d'entre elles sont mères de famille ou en charge justement cette partie du travail qui est invisible
elles n'ont pas de revenus du fait de leur activité
donc ça veut dire que d'abord on rémunère et on permet à tout le monde de pouvoir travailler d'avoir accès au marché du travail et puis ensuite on s'occupera de la question du care
et de pouvoir vivre après je sais pas ce que vous vous mettez derrière la question du care est-ce que c'est est-ce que vous mettez le fait que le temps que passe une femme derrière après le travail c'est très sincèrement on n'a pas réfléchi plus que ça à cette question-là pour être très sincère parce que pour nous de base on part du principe qu'il faudrait une allocation en fait pour toutes celles et ceux qui n'ont pas la possibilité de vivre dignement et qu'il faudrait aussi repenser toute la domination de la société patriarcale en fait et de tout ce qu'elle fait peser notamment en grande partie sur les femmes moi je pense notamment à des chiffres assez incroyables que 84% des familles monoparentales c'est une mère qui a des enfants et qui a justement cette double journée je pense aussi à ces femmes-là qui ont de l'endométriose et qui parfois sont obligées de se mettre en arrêt maladie parce qu'elles ne peuvent pas travailler et puis avec les journées de carence se retrouvent à perdre de l'argent chaque mois et à devoir gérer une famille etc des enfants parfois il y a aussi des maris lorsqu'ils divorcent et qu'ils partent et c'est la galère pour récupérer ne serait-ce que les allocations pour que les enfants ils puissent aussi avoir de quoi vivre à un moment donné il y a toute cette question-là à repenser et pour nous on va dire c'est un schéma global sur comment on repense déjà une société dans lesquelles on se débarrasse de ces inégalités sociales qui frappent notamment celles qui ont comme on dit parfois certains la double peine la besogne du travail et aussi celle de la vie de famille
On s'est promis ici d'en face aux Indés de parler des sujets dont on ne parlait pas ou peu en tout cas dans cette campagne électorale et c'est vrai que la question de l'éducation qui est centrale la question de l'école publique est assez peu débattue et assez peu entendue dans cette campagne présidentielle j'avais envie de vous entendre on sait tous on a vu que ce quinquennat d'Emmanuel Macron va être assez dévastateur dans le domaine de l'éducation nationale l'éducation publique les enseignants se mobilisent depuis très longtemps avant même d'ailleurs le quinquennat d'Emmanuel Macron mais d'autant plus avec cette période de la crise sanitaire qui a montré comment tout reposer sur les enseignants comment Anna Skazib président de la République reconstruit repense l'école publique de demain
brièvement
parce qu'il faut ensuite
qu'on passe à la question aussi de la police ça marche mais très synthétiquement en fait sur la question de l'éducation nationale en fait nous c'est le même fonctionnement c'est-à-dire qu'on va prôner par exemple pour la question des transports de l'énergie ou autre c'est-à-dire que c'est les grands domaines dans lesquels nous on considère que ce sont à celles et ceux qui font l'éducation nationale de la pensée aussi au quotidien aujourd'hui on dépossède de plus en plus les professeurs mais pas que parce qu'il y a des AED des AESH il y a un certain nombre de gens qui s'affairent à l'éducation nationale et au final on leur met des inspections du travail on essaye c'est notamment la loi RIAC où on veut faire en sorte que les directeurs et les directrices d'établissements deviennent quasiment des nouveaux patrons ou patronnes c'est comment ils ont essayé de rendre l'éducation nationale à l'image du privé à l'image des entreprises
on supprime les subventions publiques
aux établissements privés ?
non mais après moi je considère que de toute façon il faut une éducation nationale populaire publique et populaire dans lequel notamment ce sont les personnels de l'éducation nationale qui repensent de fond en comble en fait ces questions-là il y en a plein qui disent on n'est même pas obligé de faire 8 heures en classe on pourrait faire énormément de choses on pourrait aller au musée faire des découvertes en fait beaucoup plus importantes éveiller aussi la conscience des enfants et je pense qu'en tout cas nous modestement c'est pas à nous de penser à la place des premiers concernés mais on considère que comme moi je suis cheminot c'est pas un professeur qui va m'expliquer comment le rail doit fonctionner et de la même manière quand on parle notamment de contrôle ouvrier il faut le comprendre de cette manière-là c'est-à-dire étendu aussi à ces domaines d'activité-là et que les mieux à pouvoir penser et réfléchir et ils l'ont montré de plus belles manières durant la crise sanitaire ils ont dit quoi durant ces grèves-là ?
Laissez-nous on sait gérer on est capable aussi de faire nos propres protocoles sanitaires on est capable aussi de repenser en fait l'éducation nationale sauf qu'aujourd'hui Blanquer avec ses différentes réformes avec toutes ses attaques avec aussi cette forme de criminalisation où on parle de profs absentéistes lorsqu'on fait toutes ces choses-là à un moment donné il essaye de déposséder du pouvoir celles et ceux qui font l'éducation nationale au quotidien donc c'est comment on remet du contrôle par en bas de ces domaines-là
Alors malheureusement l'horloge tourne donc on va devoir zapper la prochaine question pour pouvoir passer ensuite à la question actue on enchaîne Alors à Naskazib la France et ses partenaires officialisent leur retrait militaire du Mali pour rappel ils sont 2400 dans ce pays parmi 4600 français qui sont déployés dans la zone du Sahel la France elle y est militairement engagée depuis 2013 d'abord avec l'opération Serval puis via l'opération Barkhane pour combattre les forces locales d'Al-Qaïda et de l'État du groupe État islamique en particulier d'Akmi Al-Qaïda au Maghreb islamique alors il faut préciser que les forces militaires elles resteront stationnées tout de même près de la frontière du Mali aux côtés de l'armée nigérienne et que le retrait il prendra entre 4 et 6 mois alors est-ce que vous aussi vous pensez que la décision française le retrait de l'armée est une bonne nouvelle ?
Je pense que nous on prône l'autodétermination de tous les peuples en fait à pouvoir vivre et qu'on porte aussi dans le programme le fait le retrait immédiat de l'ensemble des troupes militaires françaises d'occupation et notamment en Afrique et on voit que ce déplacement entre guillemets il est aussi les suites de mouvements importants notamment au Mali parce que il y a une présence française depuis des années qui dérange énormément et qui au final même les spécialistes disent que ça n'importe rien ça ne fait que déstabiliser encore plus la région depuis des années et surtout que la France et notamment Emmanuel Macron a dit récemment qu'il faut sa préoccupation c'est pas les Maliennes et les Maliens c'est les mines qu'il y a au Niger en fait et c'est ce qu'ils vont essayer de protéger aujourd'hui c'est-à-dire quand on gratte et quand on regarde l'impérialisme français à travers les troupes d'occupation françaises ne sont là que pour faire en sorte de garantir les intérêts capitalistes de la France il n'y a qu'à voir l'attitude par exemple avec le Tchad lorsque il y a eu le président tchadien qui est mort on avait vu la France courir directement au chevet parce que ce sont des enjeux centraux pour la pétrochimie
mais il faut préciser qu'aujourd'hui les relations entre le gouvernement français et malien elles se sont quand même largement détériorées depuis le coup d'état militaire de mai 2021 la prise de contrôle de l'agent militaire est-ce que c'est un échec aujourd'hui pour la France
je ne sais pas je pense que déjà c'est une défaite pour la France nous après on ne soutient pas le fait que ça soit aux militaires maliens de décider nous on est pour que le sort il revienne aux travailleuses et aux travailleurs aux masses laborieuses comme on dit maliennes de pouvoir s'autodéterminer et de mener leur processus révolutionnaire jusqu'au bout et que nous on n'est pas dupes certes il y a une défaite importante aujourd'hui pour la France mais la France est encore présente en Afrique dans de nombreux pays elle a de nombreuses bases militaires elle continue à protéger les ports etc on voit ne serait-ce que Bolloré qui est gêné par l'immigration et qui au final participe à piller l'Afrique depuis des années ça ne les dérange pas en fait d'être présent en Afrique ça ne les dérange pas de participer à la déstabilisation des peuples et nous ça on doit le dénoncer fermement mais dire aussi avec autant de clarté autant de fermeté que ce n'est pas en fait à des militaires de diriger de penser l'avenir parce qu'on le sait on a déjà vu ce que ça a été par le passé et que nous c'est ce qu'on prône comme processus révolutionnaire c'est un processus révolutionnaire qui vient d'en bas
et parce que là aujourd'hui on est quand même dans une situation géopolitique très particulière parce que la France dit qu'il y a aujourd'hui 1000 mercenaires de la société paramilitaire russe Wagner qui seraient présents au Mali selon le Quai d'Orsay donc une présence qui sème le trouble et contrarie la France est-ce que malgré tout il ne faut pas répondre face aux Russes qui peut-être potentiellement sont une menace quand même au Mali
Non mais je pense que de toute façon c'est pas à la France déjà ça n'a jamais servi à rien du tout enfin on pourrait je ne sais pas l'objet de cette émission-là sinon on pourrait rester trois heures mais il faut voir ne serait-ce que le processus là où on en est ça vient notamment pour moi de la déstabilisation de ce qu'a été la Libye il y a quelques années en arrière parce qu'en réalité c'est aussi des Touarets qui étaient en Libye qui se sont déportés après dans le Sahel et autres enfin il y a énormément de problématiques liées à cette déstabilisation notamment à cette période-là qui fait qu'aujourd'hui la situation elle s'est tendue dans le Sahel mais il faut voir que ce n'est pas une solution en fait nous on n'est pas pour la guerre on n'est pas pour que en plus des différents impérialismes celui de Russie et celui de France en fait s'affrontent pourquoi pour les intérêts politiques et capitalistes
mais oui
mais en fait ils ne se soucient pas ni les Russes ni les Français ce souci de l'avenir et du peuple malien et donc moi je pense que c'est en tant que militant révolutionnaire aujourd'hui nous se comprône et on envoie toute notre solidarité notre fraternité en fait à ce peuple-là qui se soulève et on les invite vraiment à lutter pour leur émancipation pour leur autodétermination comme on dit jusqu'au bout en fait qui dégage toutes celles et ceux qui viennent pour profiter des richesses du Mali qui viennent pour profiter et piller en fait aussi l'Afrique parce qu'il ne faut pas se mentir que c'est aussi toutes ces batailles géopolitiques c'est systématiquement pour repositionner des pays etc on voit par exemple ce que fait la Chine etc ce qu'elle a fait en Afrique on voit comment ils se repositionnent pour essayer aujourd'hui de récupérer notamment les territoires qui appartenaient jusqu'à présent à la France et c'est vrai que la France aujourd'hui elle est en difficulté mais nous on dit c'est pas le remplacement de la France par la Russie mais c'est au contraire à tous ces impérialistes d'être chassés de l'Afrique et c'est aux Africaines ou africains de reprendre de position pleinement de leur pays et de leur avenir
pour l'instant il n'y a que Anne Hidalgo qui regrette le départ des troupes on va passer à la question
malheureusement mais c'est toujours systématiquement la même chose et c'est là où la gauche institutionnelle joue un rôle néfaste c'est-à-dire que la question de l'impérialisme c'est une question qu'on voit à la frontière elle est franchie directement il n'y a qu'à voir par exemple lorsqu'il y a eu les soulèvements en Guadeloupe récemment où on a envoyé le GIGN et le RAID Yannick Jadot est sorti directement en disant qu'il se satisfaisait de renvoyer la paix comme si c'était une question de la paix pendant que les gens parlaient du chlordécone parlaient de la pollution du pouvoir d'achat il a dit il faut renvoyer la paix et je pense que c'est notamment sur cette question de l'impérialisme que les gens ils doivent aussi voir que le discours qu'on porte c'est un discours de clarté c'est un discours profondément humain parce qu'on n'est pas non plus pour se dire ici nous les petits français on vit bien on veut bien vivre on veut être au chaud et gagner bien sa vie mais par contre tout ce qui dépasse l'hexagone on ne se préoccupe pas nous profondément en tant qu'internationalistes on considère que la lutte de classe elle ne peut pas se faire uniquement en France elle doit se faire aussi à l'échelle internationale et on doit se soucier profondément de la vie de ces peuples là
c'est un sujet très important mais on va devoir passer à la question suivante c'est le vous avez la parole
c'est compensé en tout cas
plein de sujets c'est sûr ce sont des sujets très importants mais malheureusement il y a beaucoup de sujets très importants on a un invité surprise pour vous on a demandé à un jeune collégien il s'appelle Alex quelles questions il aimerait vous poser on l'écoute
bonjour Alaskasib je me présente je m'appelle Alexandre Manantitricot je suis en classe de 3ème au collège Georges Polizère et en stage de 3ème au journal regard à Bagnolet j'aurais une question à vous poser est-ce que vous êtes pour ou contre le droit de vote des 16 ans et si vous êtes pour comment vous feriez pour que les jeunes avant 16 ans puissent se politiser beaucoup plus facilement pour qu'arrivé à l'âge de 16 ans ils ne se disent pas le vote c'est quelque chose où j'ai la flemme puisque je ne connais pas cette personne et je ne sais pas lui quelle conviction il défend mais plutôt qu'ils se disent ah bah je me suis renseigné là dessus ça je sais ce que c'est donc je peux aller voter pour lui pour peut-être changer quelque chose voilà ce sera tout
Anna Skazib
votre réponse bah c'est simplement oui on est pour on est pour que la jeunesse elle puisse s'exprimer elle puisse voter elle puisse décider aussi de son avenir enfin c'est pas je sais pas la jeunesse à partir de quel âge bah à partir de 16 ans et puis même on pourrait même réfléchir en dessous enfin je sais pas moi je vois par exemple et je salue j'ai des lycéens il y en a qui ont 14 ans 15 ans qui participent à la campagne pleinement qui prennent même leurs parents et ils ont demandé oui pour moi campagne pour aller chercher des parrainages ils font les routes notamment du côté de la Gironde avec leur père leur mère etc pour aller voir les mères et moi je trouve assez dingue que des jeunes de 14 ans 15 ans qui s'intéressent à la politique qui participent à une campagne à ma candidature ne puissent même pas s'exprimer et c'est aussi une fierté de voir ça et c'est tellement touchant de se dire qu'il y a des jeunes qui pourront pas voter et qui se mobilisent et je pense que ce jeune là en est la preuve après pour la deuxième part
la politique ça passe un peu par les jeunes
comment ?
la politique ça passe un peu par les jeunes non mais il faut pas qu'on soit abstentionniste ou qu'on vote il faut pas se mentir que la présidentielle est une fenêtre de tir politique importante enfin à un moment donné nous on fait des meetings dans lesquels on parle de transition écologique on parle de féminisme on parle de violence policière moi les gens me connaissent à travers la lutte de classe me connaissent à travers les mobilisations comme disait Rémi contre la réforme des retraites ou du ferroviaire vous allez sur un piquet de la RATP au moment de la réforme des retraites vous pouvez pas lui parler d'impérialisme vous pouvez pas lui parler de la situation au Mali pas qu'il s'en fout mais qu'à un moment donné lorsque vous êtes dans une bataille les gens ils disent bon tu comprends c'est sympa tes histoires là mais là on est là c'est comment on gagne cette lutte là et la force de ces moments c'est des moments dans lesquels on arrive à développer un discours beaucoup plus large beaucoup plus important
donc ça valait le coup de faire cette campagne présidentielle malgré tous les obstacles médiatiques ou juste pour porter ce discours malgré que
vous n'êtes pas forcément on ne sait pas encore si vous serez sur la ligne de départ oui il nous reste il nous reste deux semaines et c'est nécessaire qu'on continue à démultiplier on va dans les prochains jours multiplier aussi des formes d'action pour essayer de faire parler de nous dans le sens de la question des parrainages et de ce socle et de ce processus totalement antidémocratique mais quoi qu'il arrive on voit que déjà dans cette période là c'est déjà un acquis pour nous pour une toute nouvelle organisation comme la nôtre mais que c'est clair et net que si demain on avait les 500 parrainages et ce qui va avec le temps de parole Violette tout à l'heure vous avez fait ce montage là vous voyez ne serait-ce que 20 secondes aux grandes gueules imaginez demain avec des heures et des heures d'antenne avec des débats imaginez moi face à Emmanuel Macron qui est vécu dans ma chaire qui a démarré sur le piquet de grève à 6h du matin pendant plus de 60 jours en fait cette réforme des retraites etc.
qui est ferraillée aussi parfois sur les plateaux télé imaginez que je puisse demain débattre face à Macron lui mettre dans la gueule comme moi je dis ces 5 années de quinquennat en fait ces 5 années où il a fracassé le ferroviaire où il a fracassé la santé où il a fracassé la réforme du bac parcours sup etc. le mouvement des gilets jaunes enfin il y a des choses à faire c'est-à-dire que c'est une fenêtre de tir importante mais dans laquelle c'est pas juste incantatoire c'est aussi pour mobiliser largement tout cet électorat notamment qui avait décidé de ne pas s'intéresser à la présidentielle et qui pourrait s'y intéresser si moi j'y étais
On va vous poser maintenant les questions qui nous ont été transmises par la régie 3 questions qui ont été posées par des internautes alors la première question elle vient de Gadin Gadin vous demande qu'allez-vous proposer pour les étudiants les plus précaires ?
Pour les étudiants même tout court en fait mais les plus précaires en premier lieu nous on est pour un
Je pense qu'il entend par là peut-être ceux qui ont besoin de travailler pour étudier ou ceux qui sont salariés en même temps que en étudiant
Nous on est pour finir avec ce fonctionnement-là ce que nous on met au débat c'est qu'il y a la nécessité d'avoir un revenu qui soit auteur du SMIC et nous vu qu'on est pour un SMIC revalorisé on est pour que cette jeunesse elle puisse avoir une je ne sais pas comment on pourrait l'appeler une forme d'allocation ou quelque chose comme ça qui soit à hauteur de ces montants-là pour pouvoir faire en sorte qu'ils puissent étudier sans avoir à galérer avec les petits boulots parce qu'il n'y a pas que les petits boulots qui sont une difficulté il y a aussi le logement parce qu'ils vivent dans des conditions parfois assez catastrophiques et on l'a vu durant cette crise sanitaire comment parfois même quand on a un petit boulot lorsqu'il y a une crise ça devient compliqué vous vous retrouvez notamment pour celles et ceux qui faisaient la plonge dans des restaurants avec des restaurants fermés nous on est pour une allocation qui soit de l'ordre de 1800 euros du coup qui serait au niveau du SMIC revalorisé et puis après comme je disais tout à l'heure l'ensemble des propositions qu'on porte c'est-à-dire que par exemple sur la question du mal logement on est pour la réquisition des 3 millions de logements vacants et aussi la construction de logements sociaux on est pour la gratuité des transports aussi pour toutes et tous et donc on considère que l'ensemble de ces mesures-là pour un jeune qui puisse avoir un revenu pour pouvoir notamment étudier qui puisse pouvoir prendre les transports gratuits et avoir un logement digne on considère que déjà c'est à mille lieux de ce qu'aujourd'hui vit un jeune à galérer où on se satisfait même d'avoir mis pendant un temps des repas à un euro au Crous et on fait ça on dit que c'est limite la huitième merveille du monde et on laisse les gens derrière galérer non nous on considère que ces gens cette jeunesse elle mérite d'avoir un avenir c'est les futures travailleuses et travailleurs de ce pays et ils ont le droit de pouvoir étudier convenablement et aussi de permettre parce que ça ça ne va pas avec la question de la précarité mais on est notamment pour la suppression de ce qu'a été la réforme blanquer du bac Parcoursup on est pour des universités ouvertes pour toutes et tous on est pour en finir
grâce à Emmanuel Macron il remet un petit peu ça en col
avec les écoles élitistes on est pour en finir avec les écoles dans lesquelles il faut payer 7000 euros 8000 euros pour faire du design du dessin de l'architecture ou autre on est pour que la jeunesse de ce pays elle puisse étudier elle puisse aller dans la filière où elle veut et qu'elle puisse aussi vivre dignement sans avoir à devoir multiplier le boulot le matin les études et puis le soir faire des heures jusqu'à faire du travail jusqu'à pas d'heure et au final se retrouver très souvent parce que ça on l'oublie c'est que cette jeunesse qui travaille et qui multiplie avec l'école au final souvent elle arrête elle abandonne parce qu'elle n'arrive plus elle est en burn-out et au final elle craque elle dit bon je m'arrête là et puis j'ai pas le choix je suis obligé de travailler
Deuxième question alors c'est Royce93 je suis désolé j'espère que j'écorche pas son nom désolé d'avance si c'est le cas Royce93 il vous demande quelle proposition pour l'indépendance énergétique de la France quelle proposition pour l'indépendance énergétique
de la France qu'est-ce qu'il appelle l'indépendance par rapport à ce qui est utilisé parfois du charbon etc. d'autres pays ou autre c'est ça c'est comme si la France
fait appel à d'autres pays est-ce qu'on peut se passer du nucléaire par exemple
est-ce que ça passe par la relance du nucléaire comme le veut Macron est-ce que ça passe par le développement des énergies renouvelables est-ce qu'on doit vendre notre électricité en dehors des frontières
nous on est pour déjà de toute façon repenser toute la question énergétique parce qu'il y a tellement de choses en réalité au-delà même de la question des éoliennes etc. il y a plein de process qui sont déjà pensés par plein plein d'ingénieurs et qui ne sont jamais développés parce qu'au final j'en ai pas spécialement en tête mais il y a des formes notamment ne serait-ce que dans la construction dans le bâtiment etc. il y a énormément de choses
qui peut passer du ciment
d'isoler les bâtiments du ciment il y a aussi l'isolement il y a aussi la manière dont on procède avec l'agriculture avec l'agriculture et autres
ça c'est pour éviter les passoires thermiques éviter de gaspiller l'énergie mais pour l'indépendance pour produire l'énergie est-ce que par exemple une question toute bête mais le nucléaire est-ce qu'on en sort ?
nous on est pour la sortie du nucléaire mais on est pour une sortie qui soit transitoire c'est-à-dire qu'il faut penser en fait comment on peut au final être indépendant moi je ne suis pas pour dire de toute façon la sortie du nucléaire
elle est forcément transitoire
de toute façon elle est obligatoirement transitoire mais il faut faire attention parce que j'ai l'impression que parfois dans certains discours on le met de manière assez sèche sans expliquer comment on fait sans expliquer comment on le repense et nous on considère que notamment c'est de la même manière comment on pense la transition sur la question des transports de l'énergie des raffineries et autres nous on considère que le rôle du contrôle ouvrier c'est pas juste une illusion en fait pour dire ah il n'y a plus de patron c'est nous les chefs en bas c'est pour être les chefs jusqu'au bout c'est-à-dire les chefs aussi de considérer que ce sont les ouvriers qui sont les plus à même aussi de faire cette transition énergétique mais parce que c'est leur métier ils peuvent le penser enfin il n'y a pas que des patrons et des chefs mais là justement
vous parlez à nouveau du contrôle ouvrier mais l'énergie là on est typiquement dans le sujet on a besoin d'une planification on parle de planification écologique et vous justement là-dessus vous dites pas de planification sans contrôle ouvrier sans expropriation et là on est dans le sujet
exactement et moi je ne vais pas moi je dis depuis le début il n'y a pas de moi je ne suis pas un homme providentiel enfin à un moment donné il faut qu'on puisse remettre aussi un peu de modestie parce que l'élection présidentielle malheureusement c'est tout sauf le monde de la modestie c'est beaucoup moi je, moi je etc vous mettez un bulletin dans l'urne et demain vous avez ça vous mettez un bulletin pour moi et demain vous avez ça non à un moment donné il faut aussi voir que la planification pour demain elle nécessite aussi de la faire avec les hommes et les femmes par en bas en fait qui pensent et qui vivent au quotidien et cette planification elle ne peut pas se faire contre les gens qui travaillent on ne peut pas penser la suite et notamment l'indépendance énergétique sans discuter aussi avec les ingénieurs avec les gens ce que vous me dites
pour répondre à cette question très concrètement c'est qu'aujourd'hui vous n'avez pas vraiment de réponse tout ça va se construire collectivement mais demain quoi
mais de toute enfin c'est pas qu'on n'a pas de réponse bien sûr on a une réponse mais pour nous le problème c'est qu'on aimerait avoir une réponse si c'est une réponse dans le sens où quelle du coup quelle serait la future énergie qui nous permet d'être indépendant etc moi je ne suis pas un ingénieur dans l'énergie ou dans le nucléaire vous n'êtes pas un ingénieur
mais vous faites de la politique vous vous présentez à l'élection présidentielle j'imagine que vous avez aussi un programme là-dessus vous l'avez pensé quoi
exactement mais on n'a pas un programme qui va jusque penser les moindres détails d'un avenir mais nous on considère qu'au contraire c'est profondément politique de dire que c'est à nous de repenser en fait les échéances de demain parce que sinon on fait quoi ?
on fait de la démagogie on participe en fait et je pense que profondément il faut le comprendre que la politique elle est tellement détestée par beaucoup parce que souvent ce sont des belles paroles ce sont des choses qu'on promet en fait et qu'on est dans l'incapacité de faire et moi je pense que profondément nous on doit pouvoir dire la vérité et pouvoir dire aussi les difficultés des choses parce que souvent on nous a fait croire que c'était des énarques et des polytechniciens qui pouvaient faire de la politique moi aujourd'hui j'essaie de démontrer qu'on peut être ouvrier dans le chemin de fer et on est capable aussi de ferrailler dans cette campagne présidentielle on est capable de porter aussi un programme qui a de la cohérence mais tout en disant c'est pas Anas Kazib qui est le sauveur mais c'est nous qui pouvons sauver les choses et c'est à nous de repenser ce système là mais avec de la cohérence ce qui est sur la réponse claire sur la question de la transition du nucléaire nous on considère qu'il faudrait au moins peut-être une 20 à 30 ans pour pouvoir sortir du nucléaire que ça ne pourra pas se faire dans les 5 ou les 10 ans qui viennent et c'est comment en fait avec les nouvelles technologies avec tout ce qu'on trouve aujourd'hui comment on repense une énergie qui ne peut pas être une énergie qui sera la même qui détruira en fait et qui participera à détruire la planète parce que souvent on parle uniquement des centrales nucléaires et on ne parle jamais de l'enfouissement des déchets nucléaires en fait dans la terre parce que souvent il y a tout ce lobby qui dit ouais mais le nucléaire ça ne pollue rien du tout etc si ça pollue parce que demander où sont les déchets et où ils sont en fou
alors très rapidement parce qu'on a un petit peu dépassé le temps mais ce serait dommage de ne pas vous poser cette question parce qu'elle est très intéressante oui ça va parce qu'on est sur internet on n'a pas forcément les mêmes contraintes que les autres mais quand même c'est Alexiel le Neko encore une fois j'espère que je ne fourche pas un petit peu sur la prononciation du nom qui pose cette question donc dernière question avant la fin de l'émission à quel niveau pensez-vous qu'il faudrait revoir les programmes d'histoire pour améliorer l'étude des chapitres qui concernent le commerce triangulaire et la colonisation question quand même très intéressante donc jusqu'à quel niveau il faudrait excuse-moi revoir les programmes d'histoire pour améliorer l'étude concernant
les programmes d'histoire aujourd'hui sont quand même très politiques très orientés avec une partie de l'histoire qui serait abandonnée qui serait oubliée et on est quand même de l'actu de cette présidentielle puisqu'aujourd'hui Eric Zemmour je veux dire
il remet en cause aussi un petit peu un certain nombre de choses qui sont dans les programmes scolaires et lui il parle de revenir sur le roman national etc
oui mais parce qu'il veut mettre les grands hommes idéalisés par lui qui au final sont des hommes qui ont participé à des boucheries des massacres etc
les femmes oubliées il y a énormément de choses
mais moi souvent je dis même mon processus c'est-à-dire que moi je suis arrivé au Trotskisme et Trotsky c'est un demi-paragraphe dans un livre de troisième on n'en parle jamais c'est-à-dire que même toute la question marxiste etc toute l'histoire de notre camp social n'est pas est totalement absente mais après ça fait partie du même processus de refonte totale de l'éducation nationale et qu'au contraire on va devoir repenser aussi quels sont les programmes qu'est-ce qu'on va enseigner aussi dans l'éducation nationale entre guillemets de demain et ça ça pourra se faire uniquement lorsque notamment la classe aujourd'hui qui domine et qui a l'intérêt justement à ne pas enseigner certaines choses en fait soit totalement dépossédée de ce pouvoir-là et je pense que profondément moi j'entends le fait de l'immédiaté souvent avec l'élection on veut demain matin ce qu'on fait il faut voir aussi qu'il y a une classe dominante Marx disait cette phrase que moi j'adore que la pensée dominante c'est la pensée de la classe qui domine et oui la pensée de la classe qui domine elle va jusqu'au fond de la classe du collégien pour essayer dès à présent de lui inculquer les valeurs républicaines la citoyenneté l'éducation civique et c'est tout ça on va devoir le reprendre de fond en comble mais ça va devoir se faire avec les historiennes les historiens avec les intellectuels de notre pays pour pouvoir repenser justement un programme
c'est vrai qu'on vous a pas beaucoup entendu là dessus sur les questions d'histoire parce que par exemple on a entendu dans les débats Jean-Luc Mélenchon et Éric Zemmour se fighter sur cette question mais c'est pas forcément la question centrale
c'est leur compétence après moi j'ai jamais entendu Jean-Luc Mélenchon parler d'un piquet de grève de la RATP ou du mouvement des gilets jaunes ou de Baba Cargay qui a pris 5 balles dans le dos alors qu'il était menotté c'est à dire que chacun il discute de ce qu'il a envie moi je suis pas le plus jeune sénateur de France je suis un ouvrier je travaille en 3-8 j'ai appelé profondément et moi j'appelle au rassemblement j'étais devant la Sorbonne on a appelé au rassemblement le plus large possible malheureusement il manquait beaucoup beaucoup de monde toujours moi je suis pour l'unité la plus large possible je considère que quand il y a des fachos quand on est menacé lorsqu'on est opprimé lorsqu'on voit que tout augmente je considère qu'on doit s'unir et que le problème c'est que l'union souvent on la pose uniquement d'un point de vue électoral derrière un homme ou une femme providentielle et que moi je dis que c'est pas ça en fait l'unité la vraie unité véritable elle est dans la lutte elle est quand on est par en bas en fait où est-ce qu'on est à ces moments-là et moi c'est cette unité-là en fait que je prône et je prône aussi le fait que les uns et les autres ont le droit de porter légitimement leur programme leur projet Jean-Luc Mélenchon il a son programme il a l'avenir en commun il fait des meetings aussi qui sont importants mais je veux dire par là c'était une réponse par rapport au fait que moi je me fixe pas sur l'agenda de ces politiciens professionnels au contraire c'est à nous de reprendre aussi notre agenda
aujourd'hui vous ne vous présentez qu'à malélection présidentielle Oui mais je ne me présente pas à l'élection présidentielle Non mais Rémi
je ne me présente pas à l'élection présidentielle des partis politiques professionnels c'est à dire qu'au contraire je suis en train d'expliquer que trop souvent on nous a dépossédé de la politique on nous a fait croire que la politique c'était la chasse gardée de quelques groupes de quelques partis et que c'était de cette façon-là et qu'au contraire au final on se dit mais mince ces gens-là ne parlent jamais de nos vies parce qu'ils sont un milieu de nos vies parce que oui quand tu t'appelles Valérie Pécresse et que ton mari a des liens avec Alstom que tu es présidente de région ancienne ministre sous Sarkozy bah oui tu n'en as rien à faire de savoir que la baguette elle a augmenté de 5 centimes tu n'en as rien à faire de savoir est-ce qu'il faut adapter un poste d'aiguillage par contre nous au contraire par en bas on est capable de repenser en fait tout ce que devrait être la politique mais pour nous et que souvent trop souvent c'est pas une question de esquiver des sujets ou de pas aller c'est que volontairement je considère qu'il n'y a personne qui me dicte mon agenda ni Zemmour ni aucun politicien professionnel et qu'au contraire notre agenda il devrait être de répondre à des questions politiques qui concernent nos vies au quotidien et nos vies aujourd'hui la centralité c'est la question des inégalités sociales raciales qu'on vit au quotidien c'est cette urgence climatique qui est là c'est cette crise sanitaire dont on ne sait même pas si demain il ne va pas y avoir un nouveau variant Omicron bis ou je ne sais quoi qui va changer échambouler toutes ces choses là c'est comment on remet aussi de la démocratie dans le pays et qu'on évite justement cette politique professionnelle où il y a des gens qui sont déconnectés et au final il y a des gens qui partent en bas sont en première ligne et qu'au final il n'y a rien qui est fait pour eux Violette, Pierre une dernière question
Oui, j'ai l'impression que ce qui est porté par votre programme c'est la fin de l'infantilisation en fait surtout c'est-à-dire une sorte de réappropriation des questions par les personnes principalement concernées on avait plein de questions à vous poser sur les parrainages etc.
mais bon peut-être que c'est celle-ci qui finalement englobe le plus les autres qu'est-ce que vous allez rapporter de cette expérience là de la campagne présidentielle sur les piquets sur lesquels vous continuerez à vous rendre dans les luttes sur lesquelles enfin voilà dans lesquelles vous continuerez à rencontrer des personnes qui sont en combat quotidien qu'est-ce que vous allez leur dire de cette campagne est-ce que vous leur direz que ça valait le coup est-ce que vous leur direz que finalement c'était beaucoup d'énergie pour pas grand-chose est-ce que voilà vous commencez déjà peut-être à tirer un premier bilan de cette campagne même si elle n'est pas complètement terminée aujourd'hui
non d'une part elle n'est pas elle n'est pas complètement terminée nous on va se battre jusqu'au bout pour obtenir les 500 parrainages qu'il va falloir aussi que cette gauche qui souvent se préoccupe de la montée de l'extrême droite elle puisse aussi se dire quand on parle d'unité Pierre c'est aussi l'unité pour aider parce que c'est facile l'unité votée pour moi mais ça serait bien aussi de faire un peu d'unité lorsqu'on sait qu'il y a des candidats comme moi comme Philippe Poutou et d'autres qui galèrent aujourd'hui à avoir les parrainages et que certains il ne faut pas se mentir ils pourraient claquer des doigts et nous permettre de pouvoir être là je considère qu'aujourd'hui la meilleure réponse qu'on pourrait apporter ce n'est pas nombreux à gauche pour l'instant à avoir leur parrainage Anne Hidalgo
il faudrait qu'elle donne les parrainages
Anne Hidalgo elle a dépassé déjà les 1000 parrainages
elle y est parvenue comment ? Nathalie Arthaud de Lutourière pourtant il y est parvenue
elle aussi il y a des élus PC enfin je pense que on ne demande pas je veux dire par là juste pour que les gens ils comprennent on a fait plus de 7000 mairies c'est-à-dire qu'on a fait le travail on a fait des meetings et autres le problème c'est qu'il y a des pressions tellement importantes de politique et de subvention qu'au final c'est difficile maintenant on pourrait
est-ce qu'il faut réanonymiser justement ces parrainages parce qu'ils ne le sont plus il y a ça
mais pour les deux semaines là la réponse est inutile dans le sens où ce que nous on a besoin aujourd'hui c'est que si il y a des personnes qui sont parmi les partis politiques qui sont soucieuses de l'extrême droite etc de se dire qu'ils avaient aujourd'hui un candidat à la présidentielle qui est issu de l'immigration qui est une voix vivante de ce qu'est le racisme d'état qui est une voix vivante de ce qu'est l'islamophobie de ce qu'est le racisme que prône justement parce que moi on a placardé des affiches avec écrit 0% français 100% walkie 100% islamiste dans tout le quartier latin donc je veux dire par là que face justement à ces Zemmour face à ces Le Pen face à tout ce discours là à minima il pourrait se dire peu importe on a tous nos agendas on a tous notre programme mais peu importe ce gars là il s'est battu depuis 6 mois pour porter une voix qui mérite d'être là il parle notamment à la jeunesse au quartier populaire et cette voix là elle mérite d'être là et ils pourraient tous faire ne serait-ce qu'un petit effort de dire on va tous lui donner 50 parrainages chacun et on va permettre qu'Anna Skazib il puisse être là on va permettre que Philippe Poutou il puisse être là que ces ouvriers que ces travailleux ces travailleurs qui portent un discours aussi à rebours des grands discours ils puissent être là
vous leur demandez de sortir de l'état d'esprit de concurrence dans lequel chacun incarnant quelque chose ne va pas donner la possibilité aux autres d'aller disons manger lui manger la laine sur le dos là vous demandez un effort de solidarité qui est structurellement impossible dans une campagne présidentielle
si moi je considère qu'au contraire si on est préoccupé par le sort des vies humaines si je peux dire de cette manière là de celles et ceux qui demain vont être confrontés à l'extrême droite qui va être confronté à l'extrême droite c'est la bourgeoisie non c'est les gens des quartiers populaires c'est les gens d'en bas c'est nous qui vivons l'extrême droite c'est nous qui c'est les femmes qui portent le voile qui aujourd'hui je pense notamment aux hijabeuses qui sont interdites de jouer au foot c'est la jeunesse des quartiers populaires qui a des clés
je précise pour parler des hijabeuses parce que les gens ne savent peut-être pas qui elles sont donc ce sont des femmes qui jouent au foot en portant un foulard et qui portent le voile
et ce sont les cas comme Adama Traoré comme Cédric Chouvia et d'autres qui vivent le plaquage ventral qui vivent la clé d'étranglement c'est nous qui voyons ces choses-là au quotidien et je pense qu'on mérite aujourd'hui si on veut vraiment être sincère et dire qu'on veut aussi que ces gens-là s'intéressent à la politique même pour demain il faut pouvoir aider on ne peut pas juste dire l'unité c'est l'unité derrière moi et ça m'arrange bien que tu n'aies pas tes 500 parrainages mais la vraie unité c'est de se dire qu'on peut porter aussi des discours
ça sera la dernière question je vais essayer de faire vite on voit bien qu'aujourd'hui la stratégie qui est celle de la gauche qui est une gauche très dispersée très fragmentée avec évidemment l'ensemble des sensibilités qui doivent s'exprimer dans cette campagne et on souhaite évidemment que vous ayez vos parrainages pour représenter votre courant votre courant politique en tout cas moi à titre personnel je l'ai dit publiquement peut-être que cette émission sera utile aussi elle s'adressera aussi à un certain nombre d'élus locaux qui pourront vous soutenir mais on voit bien qu'aujourd'hui la gauche est totalement absente on voit bien qu'aujourd'hui le jeu politique que les quatre premiers candidats c'est la droite et l'extrême droite que la gauche aujourd'hui ne pèse pas grand-chose elle pèse pleinement 25% et que donc votre stratégie qui est de représenter chacun vos propres courants elle est mortifère pour les gens dont vous venez de parler les étrangers qui vont être expulsés demain les salariés qui vont être licenciés demain ces gens-là ils ne seront pas représentés ni au second tour et peut-être même dans le match d'après au moment de l'élection législative donc je vais finir ma question pardon qui était déjà beaucoup trop longue mais finalement si vous n'arrivez pas et encore une fois je ne le souhaite pas mais si vous n'arrivez pas à obtenir vos parrainages comment vous souhaiteriez être utile comment votre mouvement votre candidature souhaiterait être utile elle le sera pour Nathalie Arthaud elle le sera pour Philippe Poutou elle le sera pour Fabien Roussel pour Yannick Jadot pour Jean-Luc Mélenchon
non mais pour le moment enfin nous on va aller jusqu'au bout après de toute façon on ne va pas se dérober si on n'a pas les 500 parrainages et qu'il faudra soutenir une des candidatures
vous soutiendrez Philippe Poutou Nathalie Arthaud
au régional on avait appelé à voter lutte ouvrière enfin nous on n'a pas c'est à dire que même mais j'ai un désaccord profond avec ce qu'a dit Nathalie Arthaud au micro de Mathieu Mollard de Street Press enfin à un moment donné mais ce n'est pas l'objet de la réponse mais je veux dire par là que nous on ne va pas se dérober à ça maintenant ce n'est pas ma responsabilité l'état de la gauche aujourd'hui c'est à la gauche de se poser la question et moi je considère que la gauche elle n'est pas spécialement aujourd'hui dans les urnes et dans l'élection mais que pendant les 5 années en réalité la gauche elle était plutôt dans la rue et il y en a plein qui commencent à voir qu'au contraire quand on a eu le mouvement des gilets jaunes la réforme des retraites du ferroviaire quand on a eu des marches pour le climat quand on a eu des marches contre les violences sexistes sexuelles faites aux femmes etc des mouvements LGBT et autres des mobilisations immenses après la mort de George Floyd on peut s'accorder 5 secondes de se dire que tout ce beau monde qui a lutté pendant 5 années à un moment donné il est plutôt apparenté au moins à la gauche sinon parfois même à l'extrême gauche et que c'est à ces gens-là en fait avec qui on doit construire et moi ma présence
si vous le reconnaissez ne trouve pas une traduction politique en ce moment
mais moi je pense que si j'étais sur cette fameuse ligne de départ en 2022 je pense qu'il y en a plein qui se retrouveraient parce que la preuve en est qu'ils ne se sont pas dit Anas y arrivera pas alors je ne me déplace pas à son meeting au contraire ils viennent dans les meetings encore il y a quelques jours j'étais à Rennes on n'a personne à Rennes je veux dire par là révolution permanente n'existait pas à Rennes on fait une réunion avec plus de 150 personnes dans le quartier populaire de Villejean donc à un moment donné il faut voir aussi que cette parole-là elle peut s'exprimer dans cette élection présidentielle elle peut donner l'envie à plein de gens de s'intéresser de venir et de participer à cette vie politique durant cette période-là mais bien après c'est ce que je disais tout à l'heure et ce que disait mon camarade Youssef Brachny c'est ce bloc de résistance et ce bloc révolutionnaire pour la suite et nous on a envie que notre discours y dialogue profondément et que si demain on avait la possibilité d'être présent sur cette ligne de départ dans les débats dans les émissions de télé et qu'on pouvait marteler en fait notre discours et montrer à quel point il peut être offensif dans la période comme le veut Zemmour de sa manière c'est-à-dire de dire à quel point il y a un choc civilisationnel que ça ne peut pas se faire de manière pacifique ce monsieur qui est condamné et qui est un multirécidiviste condamné pour haine raciale et haine religieuse qui a 150 heures de temps de parole qui vient dans les micros de France Inter on dit France Inter c'est la gauche c'est le service public mais France Inter jamais de la vie ils m'ont appelé mais par contre ça ne les dérange pas de donner la parole à un gars qui est un raciste notoire qui est un facho en fait et qui vient distiller la haine par contre nous par en bas qui sommes là pour construire pour coordonner pour faire en sorte que les gens ils relèvent la tête ils aident l'espoir dans l'avenir on ne nous donne pas la parole donc moi je pense et c'est ce dernier message que je voulais transmettre c'est un message de combativité de détermination et que personne nous fera courber les chines personne nous fera baisser la tête qu'on ait les 500 parrainages ou qu'on ne les a pas qu'ils le sachent révolution permanente et moi-même on sera toujours là en 2022 et bien après
c'est la fin de cette émission merci à vous Anastasie on avait plein de questions qu'on espérait vous poser je reviendrai avec les 500 la prochaine fois j'espère pendant la campagne présidentielle merci merci également à toutes les équipes de Radio Parleur de Regards de Street Press et du Média merci à vous aussi parce que vous étiez très nombreux pendant ce live à nous regarder et je le rappelle n'hésitez pas à partager à liker et même à commenter cette émission ça nous aidera ça nous fera du bien bonne soirée à la semaine prochaine 19h toujours en direct et surtout n'oubliez pas soutenez les médias indépendants
on a quasiment un suicide de paysans tous les jours il n'y a pas de transition écologique sans lutte de classe mais il n'y a pas non plus de transition écologique sans internationalisme je le dis comme je le pense je trouve qu'il y a là-dedans beaucoup d'amateurisme je suis candidate à la présidence de la république l'écurement de la frustration et quand il y a une élection on se dit ben oui on y va aussi parce que ça fait partie du combat pour défendre le pouvoir d'achat c'est d'abord d'augmenter les salaires un SMIC à 1800 euros brut si les élections menaçaient l'ordre social existant je peux vous dire que du jour la main sera interdit nous allons lancer dès aujourd'hui un programme de nouveaux réacteurs nucléaires 14 PR en avant c'est la fête nous on ne veut plus en voir un seul dans les allées du pouvoir le sort des femmes se règle autour d'une discussion bien virile d'homme à homme l'enseignement supérieur n'a aucun prix pour la quasi-totalité des étudiants qui est beaucoup plus financée sur argent public que partout dans le monde l'université ne sera pas privatisée ne sera pas privatisée
Anasse Kazib