Marches des libertés, déconfinement, régionales en Île-de-France... Le "8h30 franceinfo" d'Aurore Bergé
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 30 %Défensif 25 %
Questions et réponses
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- 1:20OuverteRéponse partielle
Est-ce que celles et ceux qui manifestaient hier manifestaient vraiment ?
- 1:33RelanceÉludée
Est-ce que c'est l'article 24 ? Est-ce que c'est toute la proposition de loi maintenant ?
- 1:39OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a d'autres articles qui sont mis en exergue par les manifestants, comme la capacité pour les forces de police d'utiliser des drones ?
- 1:59OuverteRéponse directe
Quand vous avez des grandes manifestations, comme les Jeux olympiques en 2024, est-ce que l'utilisation des drones est un outil efficace ?
- 2:34RelanceÉludée
Gérald Darmanin annonce que l'article 24 ne sera pas fondu dans l'article 25. Est-ce que ça n'aurait pas été logique ?
- 4:05OuverteRéponse directe
Aurore Berger, vous parlez de casse, c'est ce que vous avez surtout retenu des manifestations ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:18PrésentateurFait
« Pour la première fois, on encadre tout ce qui concerne la sécurité privée. »
- 3:45PrésentateurFait
« Est-ce qu'il est normal qu'un enseignant puisse être jeté en pâture sur les réseaux sociaux ? »
- 8:24PrésentateurChiffre
« Plus de 52 000 manifestants, 5 000 à Paris selon le ministère de l'Intérieur contre la loi sécurité globale. »
- 8:35PrésentateurChiffre
« 42 personnes ont été interpellées après une série d'actes de vandalisme. »
Temps de parole
- Présentateur58 %
- Présentateur 221 %
- Aurore Bergé11 %
- Présentateur 310 %
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France Info. France Info. Mais des principes qui n'ont jamais été bafoués par l'article 24. L'article 24 visait la diffusion. En aucun cas, évidemment, ne visait la capacité à filmer ou non. Et une diffusion malveillante. Et donc, en aucun cas, la capacité à filmer et montrer ce qui pourrait contrevenir à nos valeurs. Donc voilà, je pense que les principes ont été clairement rappelés. Après, est-ce que celles et ceux qui manifestaient hier manifestaient vraiment ? Moi, j'ai vu surtout beaucoup de casse, plus que de manifestants. Est-ce qu'ils manifestaient encore sur le fond pour certains ? Est-ce que c'est l'article 24 ? Est-ce que c'est toute la proposition de loi maintenant ?
Est-ce que ce sera dans 15 jours la démission du ministre ? Est-ce qu'il y a d'autres articles qui sont mis en exergue par les manifestants, effectivement, comme par exemple la capacité pour les forces du police d'utiliser des drones lors des manifestations ? Justement, la proposition de loi qu'on a adoptée, elle permet d'encadrer ce qui aujourd'hui est dans un total vide juridique sur la capacité à utiliser ou non des drones pour garantir la sécurité.
Quand vous avez des grandes manifestations, comme on va voir par exemple les Jeux olympiques en 2024, est-ce qu'on considère que l'utilisation des drones peut être un outil efficace, utile, pertinent, notamment de lutte contre le terrorisme, de lutte contre des infiltrations de personnes violentes dans des rassemblements extrêmement denses et larges, là, pour la première fois, c'est encadré de la même manière que pour la première fois, on encadre tout ce qui concerne la sécurité privée, tous les vigiles quand on encadre les enjeux de formation aussi, ça n'existait pas avant. Qui vont pouvoir exercer des palpations vis-à-vis des citoyens. Un petit mot quand même, Aurore Berger.
Ce matin, Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, rend compte d'un arbitrage gouvernemental et sans être trop technique, il dit que finalement ce fameux article 24 ne sera pas fondu dans l'article 25 du projet de loi sur le renforcement des principes républicains qui sera au Conseil des ministres mercredi. Pourtant, cet article 25 crée un nouveau délit pénal de diffusion de données personnelles d'une personne. si on met en danger la vie de cette personne. Est-ce que ça n'aurait pas été, on va dire, logique de fondre ces deux articles ? Il y a deux objets différents, distincts.
Il y a d'abord ce qu'on a voulu faire dans la proposition de loi Sécurité globale qui vise à renforcer la protection des Français et à renforcer la protection de celles et ceux qui assurent notre sécurité, notamment la diffusion malveillante, encore une fois, d'images. Et puis, il y a le projet de loi qui vise à renforcer les principes républicains, qu'on appelle la lutte contre les séparatismes, avec notamment une disposition qui est née après l'assassinat de Samuel Paty et après la divulgation de son nom sur les réseaux sociaux ou d'informations à caractère personnel. Est-ce qu'il est normal qu'un enseignant puisse être jeté en pâture sur les réseaux sociaux ?
Est-ce qu'il est normal qu'un fonctionnaire, quel qu'il soit, un médecin par exemple, puisse avoir son adresse personnelle être communiqué ? C'est ça qui est visé par l'article 25, c'est de faire en sorte que nos fonctionnaires soient préservés et que leurs informations personnelles ne soient en aucun cas divulguées.
Aurore Berger, on va évoquer tout ce qu'a dit Emmanuel Macron, enfin pas tout parce que c'était quand même très long, mais vendredi aux médias en ligne brute, notamment sur les discriminations avec vous. Juste un dernier mot, vous avez parlé de casse, c'est ce que vous avez surtout retenu des manifestations d'hier, notamment à Paris, il y a le quartier Gambetta qui se réveille là au petit matin avec beaucoup, beaucoup de dégradations, beaucoup de dégâts. Comment est-ce qu'on sort ? 64 interpellations, je le rappelle. Comment est-ce qu'on sort de ce cycle infernal ?
Ça fait trois ans maintenant en France qu'on ne peut quasiment plus manifester sans que la manifestation soit utilisée par des casseurs, des black blocs. Comment est-ce qu'on les empêche d'agir ? Comment est-ce qu'on les interpelle ? Et certains disent, les policiers les laissent un petit peu faire, les laissent un petit peu casser. Qu'est-ce que vous répondez ?
Non mais cette polémique que l'on a depuis plusieurs années, même avant les manifestations dites contre la loi El Khomri, vous aviez déjà des manifestations extrêmement violentes. Donc malheureusement, à la fois, ça fait plusieurs années qu'on s'est habitués à cette violence-là. Ça fait aussi de plus en plus d'années que les manifestations ne sont plus organisées par celles et ceux qui avaient l'habitude de les organiser, qui avaient des services d'ordre, qui coordonnaient. Je me souviens de cortèges de manifestations beaucoup plus importants, où il aurait été inenvisageable qu'il y ait des infiltrations dans ces manifestations, parce que les services d'ordre n'auraient pas laissé faire.
Sortaient celles et ceux qui voulaient dévoyer les manifestations, qui voulaient faire de la casse. Or aujourd'hui, vous avez des mots d'ordre qui sont beaucoup plus diffus, vous n'avez pas d'organisation qui appelle clairement à manifester, vous n'avez pas de services d'ordre qui viennent contrôler, et évidemment non, en aucun cas les policiers laissent faire. Au contraire, il faut en sorte d'essayer d'assurer au mieux la protection de ceux qui sincèrement voudraient manifester.
Le problème, c'est que ce mélange en permanence, il y a une confusion dans les mots d'ordre, il y a une confusion dans l'organisation de ces manifestations, et il y a une volonté de casse de la plupart de ceux qui manifestent. On l'a vécu pendant des mois avec les Gilets jaunes. De la plupart de ceux qui manifestent. Alors, vendredi, effectivement, le président de la République a donné une longue interview à Brut. Il a été très clair, la police procède à des contrôles discriminatoires. On écoute Emmanuel Macron.
C'est vrai qu'aujourd'hui, quand on a une couleur de peau qui n'est pas blanche, on est beaucoup plus contrôlé. Beaucoup plus. Et encore plus quand on est, d'ailleurs, souvent un garçon. Parce qu'on est identifié comme étant un facteur de risque, de problème, et que c'est insoutenable.
Vous êtes députée des Yvelines. Si on prend les communes les plus peuplées, les plus populaires de votre département, je pense aux Mureaux, par exemple, à Trappes, à Poissy. Vous avez constaté, effectivement, ces contrôles au faciès de la police ? Moi, je ne peux pas les constater, parce que je ne suis pas présente au moment où les contrôles sont effectués. Vous n'avez jamais assisté à des contrôles ? Non, je n'ai pas assisté à des contrôles. Mais je pense qu'il y a beaucoup de citoyens qui n'ont pas eu à assister à des contrôles et qui n'ont pas forcément eu la capacité à dénoncer si certains contrôles étaient dévoyés.
Il y en a beaucoup qui ont été contrôlés, par contre.
Oui, mais c'est une question qui se pose de manière régulière. Est-ce qu'il faut donner un récipicé au moment des contrôles qui sont organisés, de manière à éviter que la même personne puisse être contrôlée plusieurs fois dans la journée par différentes forces de l'ordre qui viendraient faire leur travail aussi, pour vérifier tout simplement qu'il n'y a pas de risque dans tel ou tel quartier ? Donc, ce sont des questions récurrentes dont il faut qu'on arrive à sortir, parce que ce sont des questions qui, en permanence, rajoutent de la défiance. Or, dans ces quartiers, ce sont les quartiers, justement, où vous avez le plus besoin d'une présence qui permette de protéger la population.
Dans l'immédiat, les deux principaux syndicats de police, Allianz et SGP Police, disent, dans ces conditions, on va arrêter les contrôles. Ça ne se passera pas comme ça, a prévenu SGP Police après les propos du président de la République. Vous trouvez que les syndicats de police font de la surenchère maintenant ? Non, je ne pense pas qu'il y ait de la surenchère de leur part. Je pense qu'il y a une défiance qui est en train, malheureusement, de s'installer, qu'il y a une défiance à la fois de la population vis-à-vis... Vous ne recrêtez pas les propos du président de la République ?
Non, mais ce que je dis juste, c'est qu'on a besoin d'avoir des forces de l'ordre et que nos forces de l'ordre sont républicaines dans notre pays. Et qu'encore une fois, les images qu'on a vues hier, c'est d'abord aussi des forces de l'ordre qui se sont fait caillasser, qui ont reçu des projectiles, qui se sont fait harceler, qui se sont fait menacer. Si on n'est pas capable de dénoncer les deux, de dénoncer parfois le risque de dérive individuelle et de dénoncer aussi ce que subissent nos forces de l'ordre, alors on va avoir une défiance qui va de plus en plus s'organiser et qui sera irréconciliable.
Aurore Berger avec nous jusqu'à 9h sur France Info. On retrouve à 8h41 le Fil Info avec Diane Ferschit.
Plus de 52 000 manifestants, 5 000 à Paris selon le ministère de l'Intérieur contre la loi sécurité globale. Une mobilisation en forte baisse par rapport à la semaine dernière dans la capitale. 42 personnes ont été interpellées après une série d'actes de vandalisme. En marge du cortège, plusieurs voitures incendiées, des vitrines brisées. Les stations de ski vont pouvoir ouvrir leur remontée mécanique, mais uniquement pour un certain public. Elles seront réservées aux mineurs licenciés à la Fédération française de ski, aux sportifs de haut niveau ainsi qu'aux professionnels du secteur. Le décret est paru hier au journal officiel.
Les promesses de dons au Téléthon en recul par rapport à l'an dernier. 58 millions d'euros pour cette 34e édition privée d'animation sur le terrain pour cause de crise sanitaire. L'an dernier, ce sont 87 millions d'euros qui avaient été récoltés. Reprise des négociations sur l'après-Brexit à Bruxelles. Ce dimanche, toujours les mêmes divergences. La pêche, la concurrence et le règlement des différents. La France n'exclut pas d'opposer son veto en cas d'accord non satisfaisant. Le sauvetage épique de Kevin Escoffier cette nuit par une frégate de la Marine Nationale. Le skipper récupéré sur le bateau d'un de ses concurrents du Vendée Globe, Jean Le Cam.
Celui-ci l'avait recueilli en grande difficulté à bord de la frégate Le Nivose. Kevin Escoffier se dirige ce matin vers la Réunion.
La députée Aurore Berger avec nous sur France Info, Jean-Jérôme Bertolus.
Sur brut, encore une fois, vendredi, le Président de la République a expliqué aux jeunes, avec beaucoup de force, aux jeunes issus de l'immigration, qu'ils représentaient une chance pour la République, que leur histoire était une partie de notre histoire. Or, finalement, est-ce qu'on va dire que l'égalité des chances n'a pas été un peu oubliée dans le projet de loi sur le renforcement des principes républicains qui sera examiné mercredi en Conseil des ministres, qui est d'abord un texte répressif ? Je pense qu'il ne faudrait pas donner le sentiment qu'un texte qui faisait renforcer les principes républicains est un texte qui serait fait contre telle ou telle catégorie de Français.
Parce que quand on le présente comme cela en disant « Est-ce qu'il faudrait que dans ce texte, il y ait aussi des éléments sur les enjeux de mixité ? » C'est ce qu'avait dit le Président de la République au Mureau. Oui, mais ce sont deux enjeux différents. On a d'abord un premier enjeu qui est faire en sorte que nos principes soient appliqués et applicables partout dans notre territoire, que ce soit en métropole, que ce soit en Outre-mer, que ce soit en zone urbaine ou en zone rurale. C'est ça notre enjeu d'abord. C'est réaffirmer les principes qui sont des socles pour nous. Et ces principes, ce sont des alliés pour les Français partout.
La laïcité, c'est un principe de liberté qui est aussi un principe qui protège en particulier les femmes et leurs droits, par exemple.
Ce n'est pas forcément incompatible, pardon, juste pour rebondir sur ce que dit Jean-Jérôme. Si on casse l'égalité des chances, ça peut nourrir le séparatisme.
Bien sûr. Mais ce que je dis juste, c'est qu'il ne faudrait pas mélanger les deux enjeux. Il ne faudrait pas faire croire que le projet de loi, qu'il faudrait le rééquilibrer par cet enjeu-là. Est-ce qu'il faut aller plus loin sur les enjeux de mixité sociale, de lutte contre les inégalités ? C'est certain. Je crois qu'une des principales réformes, peut-être une des plus grandes réformes sociales qu'on ait faites dans ce quinquennat, c'est tout ce qu'on a fait autour de l'école. Et la première réforme qu'on a faite, c'est quoi ? C'est dédoubler les classes, en réperer plus.
C'est-à-dire aller dans les quartiers prioritaires en disant qu'on va mettre plus de moyens, plus de moyens humains et pas non seulement des moyens financiers. J'en profite pour rebondir. Effectivement, il y a un sujet école dans ce projet de loi. 50 000 enfants aujourd'hui étudient à la maison avec leur famille. Le projet de loi va y mettre un terme. Emmanuel Macron disait, sauf exception, est-ce qu'en dehors de la santé, d'un problème de santé d'un enfant entre 3 et 16 ans, il pourrait y avoir d'autres exceptions ?
Autrement dit, est-ce que moi, si je choisis d'instruire mes enfants à la maison et donc de maintenir au principe de la liberté de l'instruction, je vais pouvoir continuer ou pas ? Les difficultés, c'est que déjà, vous avez un nombre qui a particulièrement augmenté. Le chiffre a doublé en quelques années à peine et vous avez aujourd'hui 50 000 enfants qui sont concernés. Et la liberté d'enseigner, ce n'est pas la liberté de ne pas enseigner à ses enfants.
Or, dans un certain nombre de ces familles, et non des moindres malheureusement, c'est toutes les difficultés qu'on a, on a des enfants qui ont été retranchés à l'école mais qui n'ont pas le bénéfice ni de l'instruction ni de la transmission de nos valeurs. Donc, je comprends tout à fait un certain nombre de familles qui disent, quelque part, moi, je coche toutes les cases, je fais tout bien, je suis suivie ici par le CNED, où moi, j'ai la capacité à instruire mon propre enfant, je suis contrôlée, je suis vérifiée, etc. Sauf que vous avez énormément d'autres familles où ça n'est pas le cas. Vous allez dire, tant pis, désolé, mais finalement...
Je dis juste qu'on doit pouvoir avoir un principe qui s'applique à tous et on doit... Quand vous parliez, il y a quelques minutes, des enjeux d'égalité des chances, est-ce que la première égalité des chances, ce n'est pas la capacité, justement, à bénéficier d'une instruction qui est à l'école, de la sociabilisation qui existe, de la transmission des valeurs ? L'école, les enseignants, ce n'est pas uniquement la transmission des savoirs fondamentaux, ce n'est pas uniquement lire, écrire et compter, même si c'est déjà essentiel. C'est aussi la capacité, justement, à être ensemble, à faire république, à être sociabilisés ensemble.
C'est la capacité à détecter aussi, par exemple, des troubles qui pourraient exister chez votre enfant, qui seraient dyslexiques, par exemple, parce qu'en tant que parent, on n'est pas forcément formé pour le faire. Des troubles autistiques, détecter aussi des risques de violence. Souvenez-vous, pendant le premier confinement, les inquiétudes énormes que nous avions, que les enfants ne soient plus au sein de l'école pour ne plus être en capacité de détecter aussi les difficultés qu'ils pouvaient rencontrer.
Alors, il y a les écoles, il y a aussi les lieux de culte. Les préfets vont pouvoir fermer des lieux de culte si les prêches ou les sermons sont contraires aux principes de la République. Il y a déjà plus de 70 mosquées qui sont actuellement, qui vont être contrôlées. Cette disposition sera-t-elle déjà facile à appliquer ? Est-ce que c'est facile de vérifier ce qui se dit à l'intérieur d'un lieu de culte ? Est-ce qu'elle sera applicable ? On sait, par exemple, que la prêtrise est interdite aux femmes.
Ce qui est certain, c'est que la République, elle doit pouvoir entrer dans l'ensemble des lieux de culte pour vérifier la manière avec laquelle les prêches sont organisées, les prières sont organisées pour savoir si, oui ou non, ce qui est dit est compatible avec les valeurs. On n'a pas à juger de la qualité ou non.
Mais comment ça se passe concrètement ? Ça veut dire qu'un agent du gouvernement peut rentrer dans un lieu de culte et écouter ?
Vous savez qu'il y a déjà un certain nombre de contrôles qui existent.
Non, mais que les gens comprennent bien, les gens qui nous écoutent et qui nous regardent comprennent bien comment ça se passe concrètement.
Il y a les préfectures dans notre République qui sont là pour vérifier la sécurité des Français dans chacune de nos régions et chacun de nos départements doivent avoir des agents assermentés qui peuvent ensuite vérifier la manière avec laquelle on peut pratiquer dans des lieux de culte. Vérifier aussi des lieux de culte qui sont parfois clandestins et dont on a fermé d'ailleurs un certain nombre d'entre eux depuis trois ans. C'est uniquement ça. On n'est pas là pour dire comment il faut croire ou ne pas croire, comment il faut prier ou ne pas prier. Mais il n'y a pas quand même, compte tenu du climat politique, et par exemple, effectivement, des assertions du ministre de l'Intérieur.
Je pense effectivement à ces 70 mosquées qui vont être mis sous contrôle. Il n'y a pas un petit risque qu'effectivement, les musulmans en France se sentent stigmatisés. Mais le risque, ce serait de confondre musulmans et islamistes. Le risque, ce serait de considérer que l'ensemble de nos compatriotes musulmans adhèrent à des thèses qui ne sont pas compatibles avec les valeurs de la République. Il ne faut pas oublier que dans notre pays, vous avez déjà 60% des Français qui se disent athées. Et puis ensuite, vous avez des croyants. Et pour la plupart de ces croyants, quelle que soit leur religion, ils sont laïcs.
Et ils souhaitent que l'exercice de leur religion, qui est intime, soit tout à fait compatible avec les valeurs de la République. Le simple fait qu'on pose systématiquement cette question, c'est comme si on considérait que nos compatriotes musulmans adhèrent à des thèses qui sont des thèses dangereuses, ce qui n'est pas le cas. Quand Xavier Bertrand, le patron des Hauts-de-France, dit « Moi, si je suis élu président de la République, au lendemain de l'élection présidentielle, je ferai un grand référendum sur la laïcité » et il ajoute « sur l'immigration ». Après tout, pourquoi pas ? Est-ce qu'il ne faudrait pas demander la vie aux Français ? Ça veut dire quoi un référendum sur la laïcité ?
Être pour ou contre la laïcité ? Que chacun en donne sa définition ? Mais moi, je pense que c'est une proposition d'Estrade. C'est une proposition de campagne électorale. C'est une proposition pour séduire peut-être une part d'électorat. Mais ce n'est pas une proposition qui est efficace pour les Français. La laïcité, elle est déjà au cœur de notre Constitution. Elle est au cœur des valeurs républicaines qui sont les nôtres. Elle est même indissociable avec l'esprit républicain qui est le nôtre.
La difficulté qu'on a, et on l'a vu dans ces derniers jours, où on a eu le procès de Charlie Hebdo, il suffit d'écouter, de lire les plaidoiries qui ont été celles de Patrick Klugman ou de Richard Malka pour voir à un moment la manière avec laquelle, malheureusement, certains essayent de nous renvoyer à la figure le principe de laïcité. Le principe de laïcité, c'est un principe de liberté essentiel qui nous permet justement, non pas d'être juxtaposé en communauté, mais de considérer que la personne qui est en face de nous, il est avant tout notre semblable et un citoyen. Le principe de laïcité, il est constitutif de ce qu'on est.
Mais par contre, en effet, il y a ceux qui essayent de nous le renvoyer pour créer de la séparation. Et c'est contre cela qu'il faut lutter.
8h50 sur France Info, le fil info de Diane Ferschit.
Des actes de vandalisme en marge de la manifestation contre la loi sécurité globale à Paris. Véhicules incendiés, mobilier urbain dégradé. Au total, une quarantaine de personnes interpellées dans la capitale. Les casseurs cassent la République. A réagi sur Twitter, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin. Dans l'ensemble de la France, ce sont un peu plus de 52 000 personnes qui ont défilé hier d'après les chiffres de la place Beauvau. Et dans le journal du dimanche, Gérald Darmanin précise que l'article 24 du projet de loi sécurité globale ne sera pas recyclé dans le projet de loi contre les séparatismes.
Le gouvernement s'est engagé à réécrire cet article très polémique sur le traitement de l'image des forces de l'ordre. L'épidémie de coronavirus, les indicateurs continuent de baisser. En France, la campagne de vaccination débutera en janvier. Mais la recherche pour un traitement se poursuit, notamment par une start-up nantaise. Xenotera, sur France Info, sa présidente rappelle que l'on travaille sur les deux fronts, vaccins et médicaments. Elle trouve dommage que l'on présente le vaccin comme le seul remède. Le skipper Kevin Escoffier, récupéré sur le bateau de Jean Le Cam, son concurrent dans le Vendée Globe, lors d'une opération spectaculaire de la Marine nationale.
Désormais à bord de la frégate, le Nivose, il fait route vers la Réunion. La finale de la Coupe d'automne des Nations, le 15 de France face à l'Angleterre. La rencontre se joue à Twickenham à partir de 15h. Ce sera à suivre sur France Info.
Sur France Info, avec Aurore Berger, députée, la République en marche des Yvelines et présidente déléguée du groupe à l'Assemblée Nationale. On parlait de Xavier Bertrand. Les députés Les Républicains, dans le journal du dimanche aussi, ce matin, proposent un contre-projet de déconfinement. Leur mot d'ordre responsabilisé, plutôt que de contraindre les libertés. Ils souhaitent notamment une réouverture des stations de ski avant les fêtes ou encore des restaurants dès le 4 janvier. Ce n'est pas ce qui est prévu pour l'instant. Est-ce qu'il y a des chances qu'ils soient entendus ?
En fait, si on avait écouté les députés ou les sénateurs Les Républicains, on aurait rouvert les discothèques, les bars, les restaurants dès cet automne. Est-ce que ça aurait été responsable et raisonnable de le faire ? Non. Est-ce que ça fait plaisir, par contre, de voir nos restaurants et nos bars fermés ? Non. Au quotidien, on échange avec des restaurateurs qui sont évidemment extrêmement inquiets pour leur avenir. Et on essaye de mettre en place tous les dispositifs financiers pour les accompagner. Donc, soit on essaye de faire de la démagogie en disant « rouvrons tout » et « rouvrons tout » le plus vite possible, au risque, en vérité, d'un troisième confinement.
Et quand vous écoutez les commerçants, qu'est-ce qu'ils vous disent au moment de leur réouverture ? Qu'est-ce qu'ils vous disaient le week-end dernier ? On a besoin d'avoir une responsabilité maximale de chacun parce que notre principale hantise, c'est qu'il y ait un reconfinement parce que là, ça pourrait nous être fatal. Donc, il faut arrêter la démagogie. C'est facile de se faire plaisir en disant « il faut tout rouvrir ». C'est forcément très populaire de le dire. Ce n'est pas populaire d'expliquer qu'on ne peut pas aller faire du ski et d'expliquer que les remontées mécaniques ne peuvent pas fonctionner. Ça ne me fait pas non plus plaisir d'avoir à le dire.
Mais c'est nécessaire parce que sinon, vous allez en Savoie, en Haute-Savoie. Ce sont des départements qui sont aujourd'hui en rouge dans les services de réanimation et qui ne peuvent juste pas gérer en plus les accidents de ski qu'on aurait. C'est ça la réalité. C'est juste être un peu pragmatique. Allez, toute autre question encore que. Aurore Berger, vous êtes une fan de Jean-Michel Blanquer. En tout cas, sur les questions de laïcité, vous avez créé même ce qu'on appelle une boucle au Télégramme qui s'appelle « Fan de Jean-Michel Blanquer ». C'est un peu de seconde. Avec une trentaine de députés de la majorité de la République en marche.
Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Éducation nationale, a été nommé référent de la République en marche pour la région Île-de-France. C'était vendredi soir. Est-ce que vous souhaitez qu'il passe de référent pour la République en marche à tête de liste pour les régionales, pour la région Île-de-France ? Je crois que ce serait le meilleur choix pour la région Île-de-France que Jean-Michel Blanquer puisse être candidat pour en être le président.
Je crois que ce qu'il a fait pour l'école, c'est aussi une très bonne démonstration de ce qu'on peut faire dans cette région, qui est l'une des régions, la région même, la plus inégalitaire dans notre pays, la plus contrastée dans notre pays, démontrer que l'égalité des chances passe par l'affirmation des valeurs républicaines qui sont les nôtres. Je crois qu'il l'incarne de manière très claire depuis trois ans. Il faut qu'il continue à le faire. Et je crois que ce serait une chance pour l'Île-de-France qu'il soit notre candidat. Vous êtes numéro 2 du groupe de la République en marche à l'Assemblée nationale.
Est-ce que vous attendez que le gouvernement s'engage véritablement pour la région Île-de-France ? Je pense à Jean-Yves Le Drian en Bretagne. Je pense à Marc Fénaud, le ministre des Relations en charge du Parlement dans la région Centre. Je pense à Geneviève Dariosec en Aquitaine et d'autres. Effectivement, la ministre de l'Enseignement supérieur peut-être dans la région Sud. En tout cas, est-ce que vous attendez que les ministres aillent au combat ? Je crois qu'il y a un certain nombre d'entre eux qui sont prêts à aller au combat.
Et je crois qu'en effet, c'est une bonne chose de démontrer qu'à la fois des membres du gouvernement, des parlementaires sont prêts à s'engager pour des élections qui sont majeures. Les régionales, c'est des enjeux essentiels au quotidien des Français en matière d'attractivité économique, en matière d'emploi, en matière de mobilité, en matière environnementale. C'est la question de nos lycées. Donc oui, je crois que ça mérite un engagement fort et je crois que ce sera le cas.
Une question de calendrier parce qu'on se posait la question ce matin. Jean-Louis Debré a recommandé qu'on décale les régionales de mars à juin. Jean Castex a dit mi-novembre qu'il allait le proposer au Parlement. Ça en est où ? Parce qu'on n'a pas eu de nouvelles depuis.
On attendait d'abord en effet que Jean-Louis Debré puisse rendre ses conclusions qui sont assises quand même sur une consultation de l'ensemble des partis politiques. Il y a un consensus politique pour dire qu'on ne peut pas prendre le risque d'un maintien en mars au risque sinon de devoir à nouveau reporter comme ce fut le cas pour les municipales. Donc je crois qu'il y a un vrai consensus politique. Et en effet, derrière, on devra évidemment l'acter, nous, au Parlement, donc par une loi, pour permettre le report de ces élections.
Est-ce que dans des régions où le Rassemblement national peut arriver en tête, voire même emporter la région, je pense aux Hauts-de-France, aujourd'hui dirigée par Xavier Bertrand, je pense à la région Sud avec M. Muselier. Est-ce que vous pouvez vous allier effectivement aux sortants, à ceux qui dirigent la région, même s'ils ne sont pas de La République en marche ? Alors je crois que d'abord on va présenter nos candidats, nos équipes et nos projets. Dans toutes les régions. C'est notre objectif évidemment, on a un projet qu'on a envie de porter et de défendre. Et donc c'est ça qu'on va faire, c'est cette proposition-là qu'on va pouvoir formuler.
Et je crois que c'est nécessaire pour notre mouvement et pour la majorité présidentielle, pas uniquement La République en marche, qu'on puisse le faire ensemble.
Dernière question, vous parliez de ce qui ne fait pas plaisir avec les contraintes actuellement liées au confinement. Noël, la règle, la consigne, c'est de ne pas être plus de 6 adultes à table. Est-ce que ça va être votre cas ? Est-ce que vous n'allez pas être plus de 6 à table pour passer les fêtes en famille ? Est-ce que vous avez conscience que c'est compliqué à organiser et que ça ne fait pas plaisir, sauf peut-être aux Français qui n'aiment pas leur famille ou leur belle-famille ?
Moi c'est mon cas pour une raison assez simple, c'est que je suis fille unique, donc je vais retrouver mes parents. Donc nous serons 3 à table avec un chat, donc ça devrait aller. Merci pour la précision du chat. Exactement, non mais je crois encore une fois que là, c'est un enjeu de responsabilité. Je crois que les gens ont compris qu'ils n'allaient pas pouvoir se retrouver à une trentaine, faire une grande cousinade. Je crois que les gens sont suffisamment responsables et raisonnables. Donc c'est toujours le même problème. Si le Premier ministre n'annonce rien, dites faites bien comme vous voulez.
On dit mais en fait, il est complètement irresponsable alors qu'on a des difficultés dans les hôpitaux. Il l'annonce, on dit mais il nous prend pour des enfants. Non, je crois juste qu'on est conscient que chacun doit pouvoir être raisonnable et responsable. Très rapidement, parce qu'il nous reste encore quelques secondes. Valérie Giscard d'Estaing a été énumée hier. Dans la plus stricte intimité, ce sera un jour de deuil national, mercredi. Est-ce qu'il y a un peu de VGE dans Emmanuel Macron ? Vous avez 10 secondes pour répondre, bon courage. Je crois qu'il y a surtout beaucoup de Giscard d'Estaing dans la société moderne qui est la nôtre aujourd'hui.
Je crois que ça a été un grand président de la République. Je crois qu'il y a un peu une injustice aussi dans la manière avec laquelle aujourd'hui il est honoré ou il a été parfois un peu oublié. Moi je pense qu'il ne faut pas oublier l'héritage qui est le sien et ce qu'il a permis de porter, notamment sur la question de droit des femmes, sur les questions européennes. Je crois que sur le long terme, on saura s'en souvenir.
Aurore Berger, merci beaucoup d'être passée à France Info. Merci Jean-Jérôme Bertolus. Excellente journée à tous les deux. Demain vous retrouvez Marc Fauvel et Salia Braclia à la même heure sur France Info.
Aurore Bergé