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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous !· 29 octobre 2025 24 min

Max Brisson : « Le budget actuel est une frénésie fiscale, il nous faut avoir la main légère »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.

0:11
Max Brisson

Bonjour Max Brisson, sénateur LR des Pyrénées-Atlantiques, vice-président de la Commission de la Culture. On va revenir évidemment sur toutes ces actualités avec vous. Mais d'abord, si vous n'avez pas encore eu le temps de lire la presse régionale, la voici derrière moi avec cette une notamment du progrès qui titre sur les enfants, dealers et parle de spirale infernale. On parle de tout petit qui se retrouve à faire le guet pour prévenir de l'arrivée de la police. Le progrès met en garde contre ces enfants de plus en plus jeunes qui sont intégrés au trafic de drogue. Ouest France revient sur l'accès aux soins qui demeure inéquitable après un AVC.

En France, chaque année, plus de 122 000 personnes sont hospitalisées pour un AVC. Pourtant, nous dit Ouest France, l'accès aux soins spécialisés reste largement insuffisant. Et puis le courrier Picard qui nous dit que les Amiensnois soutiennent Brigitte Macron. Dix cyberharceleurs sont jugés par le tribunal correctionnel de Paris pour avoir relayé l'infoc sur le genre de la première dame. La décision du tribunal sera rendue le 5 janvier de l'année prochaine. Monsieur le sénateur, laquelle de ces trois unes retient votre attention ?

1:12
Invité

Je prendrai celle du progrès, même si les deux autres titres de Ouest France et le courrier Picard ont leur importance parce que le combat contre les narcotrafiques est essentiel. Parce que l'on voit très bien aujourd'hui qu'il gangrène la société, qu'il touche des jeunes de plus en plus jeunes, voire même des enfants. Il y a donc là une exploitation par des mafias qu'il faut combattre derrière la misère qu'elle bouffe également, que transgresse ces deals, que transgresse ce trafic.

Il y a aussi des mafias, c'est dans cette maison, et de manière à dire transpartisane, avec Étienne Blanc, qui a parti au groupe Les Républicains, et Jérôme Durand qui appartenait au groupe socialiste, qui a été commencé un travail de fond, qui s'est traduit par un projet de loi qu'a porté l'ancien ministre intérieur Bruno Rotaillot. Et ce combat, c'est un combat sans ce qu'il faut mener, c'est un combat pour notre liberté, pour notre société. Sinon, notre pays pourra devenir un pays narcotrafiquant et être en tout cas dans les mains de mafias. On voit très bien qu'elle gangrène des parts entières du territoire et de notre société. Cela suffit, il faut que l'État y mette tous les moyens.

Il faut que de manière transpartisane, de manière consensuelle, l'ensemble des forces politiques accompagne l'État dans ce combat.

2:19
Max Brisson

L'actualité, c'est donc ces débats budgétaires qui s'étirent en longueur à l'Assemblée nationale. Est-ce qu'à ce rythme, on pourra voter la partie recette comme c'est prévu le 4 novembre prochain, mardi prochain, selon vous ?

2:30
Invité

Ça, il faut le demander aux députés, à leur capacité de modération. Ici, au Sénat, nous travaillerons la copie que nous recevons. Moi, je constate aujourd'hui qu'il y a pas mal de frénésies fiscales. Le président du groupe, Mathieu Darnot, vient de dire sur votre antenne que nous sommes déjà le pays dont les prélèvements obligatoires sont les plus élevés du monde. Alors, je ne dis pas qu'ici ou là, il ne faille pas lutter contre telle ou telle forme d'optimisation fiscale, comme l'on dit. Mais en tout cas, il faut que l'on ait la main légère en matière de fiscalité. Ça ne me semble pas être le cas. Il faut aussi qu'on s'interroge.

Ce qui ne me semble pas le cas aujourd'hui de l'Assemblée, qui certes examine la partie recette du budget, des économies nécessaires. Déjà, le Premier ministre a baissé la voilure. On était à 4,7% du PIB dans le projet de François Bérou. On est tombé à 5%. Donc, économie et puis modération fiscale. C'est ce que fera en tous les cas l'Assemblée nationale au Sénat.

3:24
Max Brisson

Sur les recettes, il est évidemment question de cette fameuse taxe Zuckman qui sera examinée sans doute avant la fin de la semaine. Pour vous, un compromis est impossible sur cette question de la taxe Zuckman ?

3:37
Invité

Si c'était la panacée, tous les pays d'Europe l'auraient choisi. Nous n'allons pas faire comme nous avons l'habitude de faire. Il y a l'aéroport de l'âge de la retraite. Il y a eu dans le passé 35 heures. Nous sommes les meilleurs du monde. On a les socialistes uniques. Et on a des socialistes qui ont une inventivité extraordinaire pour prendre des décisions que les autres socialistes en Europe ne prennent pas. Et on s'aperçoit 20 ans après que notre pays a reculé. Donc, de grâce, essayons de regarder ce que font les socialistes en Espagne, les socialistes au Danemark, et pas les socialistes français, qui sont les seuls dans leur genre. Les seuls à parler frénésie fiscale.

Les seuls à envisager cette taxe Zuckman. Si c'était la panacée, croyez-moi, elle existerait dans les autres pays d'Europe. Donc, aujourd'hui...

4:16
Max Brisson

Aucun compromis possible sur la taxation des ultra-riches de manière générale.

4:21
Invité

Sur l'optimisation fiscale, peut-être, certainement. Sans imaginer que c'est la panacée. Vous savez, il y a une vieille formule en économie. Trop d'impôts, tu l'impôts. On y est en plein dedans. Disons-nous bien, aujourd'hui, que faire croire aux Français que la question, c'est de taxer les riches, c'est facile. Ça évite une vraie réflexion sur le train du vide d'État, sur les agences, sur les doublons, sur tout ce qui est...

4:45
Max Brisson

– N'empêche pas l'autre, ceci dit.

4:46
Invité

– Non, mais dire qu'on va régler le problème en s'exonérant d'un travail de fond, c'est mentir aux Français. Et le mensonge est quelque chose de malheureusement trop répandu dans ce débat, aujourd'hui, de l'Assemblée nationale. Non, l'affaire ne se réglera pas par la taxation des riches, contrairement à ce qu'est-il à gauche, et parfois, contrairement à ce qui tenterait de baigner le débat national. Et cela est extrêmement dangereux.

5:09
Max Brisson

– Autre sujet de cette période budgétaire, la suspension de la réforme des retraites, elle sera examinée dans le cadre du budget de la Sécu. Est-ce que vous voterez cette suspension, Max Brisson ?

5:18
Invité

– Le président Larcher a dit clairement et nettement, et avec force, il a eu raison, que la majorité sénatoriale abandonnerait cette mesure. parce que là aussi, si c'était la panacée, les autres pays d'Europe le feraient. Les autres pays d'Europe font le contraire. Pourquoi serions-nous meilleurs que les autres ? Pourquoi le contexte international s'arrêterait aux frontières de la France ? Comme l'a très bien dit Claude Maluré, lorsque nous avons reçu le Premier ministre lors du discours de politique générale, que le Premier ministre invite les premiers ministres socialistes d'Europe, ils font le contraire de ce que proposent les socialistes français.

Donc pourquoi, quelle est cette supériorité intellectuelle de la gauche française qui s'imagine meilleure que les autres et qui nous présente des solutions que les autres rejettent ?

5:59
Max Brisson

– On comprend qu'il n'y aura pas de compromis possible en commission mixte paritaire, à vous entendre. C'est soit la copie du Sénat, soit rien.

6:06
Invité

– Ce n'est pas nous qui avons décidé de se priver d'une arme constitutionnelle qui s'appelle le 49-3. Ce n'est pas nous qui avons ainsi désarticulé la constitution d'un cinquième république qui offre des armes à l'exécutif. Alors il y en a d'autres, fort heureusement, parce que la constitution…

6:24
Max Brisson

– Vous n'allez pas vous plaindre, vous, parlementaire, de l'abandon du 49-3, Max Brisson ?

6:28
Invité

– Moi, je me plains de la manière dont trop souvent on fout le pied les institutions de la cinquième république. Notre constitution était faite pour le génie français et parfois pour les travers du génie français et nous l'affaiblissons trop souvent. Donc le 49-3 est une arme constitutionnelle qui est écrite dans notre loi fondamentale. C'est une arme que le Premier ministre a décidé d'abandonner. C'est son choix. Aujourd'hui, il a le revolver du Parti socialiste sur sa tempe. Moi, je ne regrette pas que nous ayons fait le choix collectivement de ne pas participer à ce gouvernement.

Et je regrette que six de nos amis, qui aujourd'hui ne peuvent plus se référer des républicains, aient fait ce triste choix.

7:12
Max Brisson

– Alors dans l'actualité également, Max Brisson, les suites du braquage du Louvre. Hier, une délégation sénateur de la commission de la culture s'est rendue au PC Sécurité du musée. Objectif, évaluer les conditions et les dispositifs de sécurité. Laurent Laffont, le président de la commission, a estimé que de nombreuses améliorations sont encore à faire. Quelques heures plus tard, c'était Rachida Dati qui était auditionnée par les sénateurs. Écoutez.

7:34
Présentateur

– Il n'y a pas eu de défaillance interne sur les dispositifs de sécurité tels qu'ils étaient installés à cette date et tels que les dispositifs installés de sécurité devaient fonctionner. Mais je le redis parce que c'est aussi important de le redire et de l'affirmer, si ce vol spectaculaire a eu lieu, c'est donc un échec. C'est un échec pour tout le monde, c'est un échec aussi pour le musée du Louvre. Des failles sécuritaires ont bien existé. Elles ont bien existé et donc il faudra y remédier.

8:05
Max Brisson

– Vous avez été convaincu par Rachida Dati ?

8:07
Invité

– Non, parce qu'elle dit qu'il n'y a pas eu de défaillance interne et puis elle indique qu'il y a eu des failles. Donc il y a eu quelque peu de contradictions dans les propos de la ministre. La quête administrative devrait rendre ses conclusions. La seule chose qui m'importe, c'est qu'on établisse la chaîne des responsabilités. C'est-à-dire en démocratie, on fait confiance, on donne de la liberté, on est en responsabilité et si on est défaillant vis-à-vis de ses responsabilités, on est en train de sanctionner. Il ne faudrait pas qu'on soit le champion du monde de la défausse dans la haute fonction publique parce que cela, l'opinion publique ne le supporte pas.

– On comprenne bien, vous demandez le départ de Rachida Dati aujourd'hui ? – Je ne demande pas le départ de Rachida Dati. Rachida Dati est ministre de la Culture depuis un an, elle a lancé le plan Renaissance du Louvre et la plupart des défaillances dont elle parle sont accumulées au cours des années. Mais il y a toute une hiérarchie. Il y a un personnel dans ce grand palais de la République, dans ce grand musée, qui a fait des choix. Il doit rendre compte de ses choix. Les sénatrices et les sénateurs qui sont rendus avec le président de la commission Laurent Laffont hier matin au Louvre sont revenus effarés. Les conditions de travail des personnels de sécurité sont indignes.

Donc ce sont des choix pris par des autorités qui gèrent le palais. qui ont fait ces choix. Ils devront rendre compte. Moi, le président Laffont m'a dit… Vous savez, le pouvoir politique doit assumer ses responsabilités. La haute fonction publique aussi. Et dans ce pays, on exonère systématiquement la haute fonction publique. Et en faisant cela, on crée une déconnexion avec les Français. Moi, j'ai dit à Mme Laurence Descartes que l'honneur aurait commandé qu'elle démissionne. On m'a répondu que ce n'était pas…

9:44
Max Brisson

– Elle a remis sa démission. – Elle a remis sa démission.

9:46
Invité

– Elle a été refusée. Excusez-moi, personne n'est contraint de rester président de l'établissement public qui gère le Louvre. Il y a une hiérarchie dans cet établissement public. Cette hiérarchie a fait des choix. Ces choix ont évidemment minoré toutes les questions de sécurité. Pas de caméras dans des ailes entières. Peu de caméras dans d'autres. Des choix de vitrines tout à fait contestables. et surtout des conditions de travail pour le personnel de sécurité qu'on ne trouverait dans aucune ville de France. Tout à l'heure, on va évoquer avec un élu les questions de sécurité dans nos musées.

Moi, ce que mes collègues ont vu hier matin, leur a dit que c'était indigne ces conditions de travail des personnels de sécurité. La sécurité était le dernier cadet des soucis de ceux qui gèrent le Louvre.

10:31
Max Brisson

Max Brisson, effectivement, certaines collectivités mettent le paquet sur la sécurité de leurs musées. C'est le cas notamment en Bourgogne, où on retrouve Jérémy Brigand. Bonjour, vous êtes président de la communauté de communes du pays châtillonné. Vous avez fait le choix, vous, d'investir massivement dans la sécurité des musées.

10:49
Invité

Oui, bonjour, tout à fait. C'est vrai qu'on n'a pas attendu de voir un petit peu tout ce qui a pu se passer au Louvre pour entrer en l'action. Et dès l'année dernière, on a investi 100 000 euros pour sécuriser notre musée. et installer un système de protection qui soit ultra performant.

11:07
Max Brisson

Oui, vous aviez eu des problèmes par le passé ou c'est vraiment dans l'idée d'anticiper un peu ce qui pourrait éventuellement se passer ?

11:16
Invité

Non, tout simplement, on sait que les musées sont des sites qui sont sensibles par rapport à tout ce qui peut être vol d'objets d'art. Et on a vraiment souhaité anticiper. Ça veut dire que dès l'année dernière, on a investi, je l'ai dit, 100 000 euros. En installant une quarantaine de caméras pour une surface d'exposition d'environ 2 000 mètres carrés. On a installé des systèmes anti-intrusion, notamment sur les fenêtres et à l'ensemble des vitrines de nos œuvres. On a également mis en place des détecteurs de mouvements.

Ça veut dire qu'à partir du moment où l'alarme se met en place, à partir du moment où elle s'enclenche, on a des détecteurs qui nous signalent, nous téléphonent, nous contactent dès qu'il y a des mouvements qui peuvent être suspects à l'intérieur du musée. Max Brisson, vous voulez réagir à ça ?

D'abord, de saluer le travail de la communauté de communes du pays châtillonné, puis de dire qu'on est là, la belle illustration de ce qui peut être la réactivité des élus locaux et du mal français au niveau parisien, qui est d'une part l'irresponsabilité dont je parlais tout à l'heure, c'est la faute de personne, tout le monde se défausse, et également une inertie dans la prise de décision qui est au cœur du mal français.

Et au Louvre, je pense qu'on a la conjonction à la fois de cette absence de responsabilité dans ces grandes structures de l'État, et aussi, je crois, de choix qui n'étaient pas les bons, tout simplement parce qu'il n'y a pas la réactivité que l'on peut trouver dans nos collectivités.

12:41
Max Brisson

Merci beaucoup, Jérémy Brigand, merci beaucoup pour votre témoignage, c'était très intéressant. On va tout de suite faire un point, Max Brisson, sur le budget de la culture pour l'année prochaine. C'était l'objet, Rémi, de l'audition de Rachida Dati, un budget impacté par de nombreuses restrictions, c'est ça ?

12:56
Invité

En effet, Steve, même si la moitié des collectivités territoriales ont dû baisser leur budget culturel entre 2024 et 2025, il faudra apparemment continuer de se serrer la ceinture. Avec un budget annoncé de 4,2 milliards d'euros, la culture paiera ce jour 216 millions par rapport à 2025, soit près de 7%.

13:15
Max Brisson

Une allocation du budget qui diffère, je crois, en fonction des secteurs, c'est ça ?

13:18
Invité

Oui, tout d'abord, sur les créations artistiques, le ministère annonce une baisse de 34 millions d'euros. Et puis ensuite, concernant le patrimoine, donc le budget alloué à sa restauration, à son entretien, à son développement et à sa conservation, la baisse annoncée est de 58 millions d'euros, alors que 20% des 45 000 monuments historiques en France sont considérés en mauvais état et 5% en péril, selon les chiffres du ministère. Malgré ces événements, l'allocation du Louvre devrait baisser de 5 millions d'euros dans l'état actuel du projet.

13:48
Max Brisson

Et un pass culture qui va encore un peu plus être raboté.

13:51
Invité

Oui, vous savez, ce pass culture qui permet aux plus jeunes d'avoir un meilleur accès aux activités culturelles. Eh bien, en 2026, le montant offert aux jeunes de 18 ans a été divisé par deux, passant de 300 à 150 euros. Le soutien attribué aux jeunes de 15 et 16 ans disparaît. Au global, le pass culture est en recul de 37 millions par rapport à cette année et de 100 millions d'euros par rapport à il y a 2024.

14:12
Max Brisson

L'audiovisuel public est également impacté.

14:14
Invité

Oui, tout à fait, car le budget de France Télévisions devrait baisser de 65,4 millions d'euros. Le groupe semble être dans le viseur du gouvernement qui souhaite faire baisser son coût de fonctionnement. Monsieur le sénateur, voici donc ma question. Est-ce que dans une époque où la désinformation sévit, où la pluralité médiatique est en plein recul, l'audiovisuel ne fait-il pas partie de nos remparts démocratiques ? Oui, mais à condition qu'il se réforme. Et vous voyez, notre débat budgétaire hier en commission avec la ministre de la Culture est évocateur des difficultés de notre pays. J'ai parlé il y a un instant de la nécessité de faire des économies, de réduire le train de vie de l'État.

L'État est au bord de la faillite. Il faut quand même que cela énerve tout le monde, y compris le monde de la culture. Donc il faut changer de manière de faire. Le problème, c'est que l'on rabote sans réforme de structure. La question de l'audiovisuel public, c'est la question du périmètre. Est-ce qu'un certain nombre de jeux qu'on voit sur France Télévisions n'auraient pas leur place dans le privé ? Est-ce qu'un certain nombre d'émissions sont la spécificité du service public ? Pendant ce temps, en région, l'audiovisuel public crie famine. Les journalistes d'audiovisuel public dans les stations régionales sont les parents pauvres. Là aussi, des choix, comme au Louvre.

Choix pour ce qui brille et jamais choix pour ce qui est profond. Donc que l'audiovisuel d'abord s'interroge sur son périmètre, sur ses émissions et qu'à partir de ses émissions et de ce périmètre, on définisse les sommes nécessaires que la collectivité nationale contribue à l'audiovisuel public. On fait le contraire. L'audiovisuel public a multiplié les chaînes, multiplié les actions, ne se spécialise pas, abandonne même ses missions fondamentales autour des régions et réclame toujours plus de moyens. Le temps où on réclame des moyens, c'est terminé. De toute façon, des moyens, il n'y en a plus.

15:55
Max Brisson

Donc réforme de l'audiovisuel public, toujours d'actualité ?

15:58
Invité

Elle est d'actualité, sauf qu'on met la chargure en les bœufs. On rabote. La ministre annonce un projet de loi sur les conclusions des états généraux de l'information. Elle dit qu'elle va reprendre à son compte à l'Assemblée nationale ce que nous avons voté au Sénat et ce qu'on appelle la proposition de loi à la fond du nom de son auteur, c'est-à-dire le président de la commission de la culture. Mais le vrai sujet, c'est une réforme fondamentale. C'est le grand échec du président Macron. Cela fait des années que l'on attend une grande réforme audiovisuelle. Plusieurs ministres, de nombreux ministres, toutes ces réformes ont échoué.

Et après, on se trouve en effet devant une situation où on est obligé de raboter parce que les moyens manquent, mais on n'a pas réorganisé. Et ça vaut pour tous les pans de la culture. Il faut que partout, les opérateurs culturels se disent « Les temps ont changé, on nous va faire avec moins. » Et donc, différemment, on a connu des périodes de vache classe. Nous avons changé d'époque. Rémi ? Oui, du côté de France Télévisions, il y a quand même déjà pas mal de plans de restrictions. Avec 65 millions d'euros, ça fait beaucoup. Quand on voit, par exemple, par rapport à France Inter, à RFI, il y a des baisses beaucoup moins significatives.

Des plans de restrictions, on ne s'est jamais interrogé sur la nécessité de passer des marchés avec des sociétés de production qui fournissent des produits qui auraient tout à fait leur place sur les chaînes privées. Est-ce là le rôle de la télévision publique ? On ne s'interroge pas sur les cachets qui peuvent être aujourd'hui assurés. Est-ce que le rôle de la télévision publique, c'est de faire le mimétisme des télévisions privées ? Est-ce que le rôle de l'audiovisuel public, c'est de ne pas chercher l'originalité là où l'audiovisuel public est nécessaire ? On ne s'interroge pas sur ces sujets parce qu'on est largement dans le strass et paillettes, à France Télévisions en particulier.

Et moi, j'ai dit que Mme Ernotte, oui, certaines émissions, on peut se demander pourquoi elles sont sur la télévision publique. Mais est-ce que c'est vraiment politique ? Aller visiter une station de France 3 ou d'ici, je ne sais plus comment on dit, tellement le marketing a été faible et tellement ça en dit long sur l'absence de considération de là où l'audiovisuel public devrait être présent, c'est-à-dire la France des régions. Mais ça, vous voyez, à l'intérieur du périphérique et dans le 16e arrondissement ou le 7e arrondissement, ça ne compte pas beaucoup. Et c'est ce mal français qui aujourd'hui explique le balèze des Français vis-à-vis de la vie publique.

18:08
Max Brisson

On va aller justement du côté de chez vous, Max Brisson. On est en duplex depuis Biarritz avec Pierre Sabatier. Bonjour Pierre, vous êtes chef d'agence départementale à Sud-Ouest. On va faire un point sur la situation politique à Biarritz à cinq mois d'un scrutin municipal qui s'annonce très chaud.

18:22
Invité

Oui, parce qu'il n'y a pas qu'au Parlement que les débats sont âpres. Au conseil municipal de Biarritz aussi, depuis quelques temps maintenant, la dernière séance du 15 septembre, beaucoup d'opposants étaient devant la porte pour assister au conseil municipal. Ça a été un peu houleux. La maire Maïdera Rostegui a dû faire évacuer la salle. Le conseil municipal s'est passé à huis clos, ce qui a été dénoncé par l'opposition. Le conseil municipal a dû se refaire la semaine dernière. Bref, c'est déjà bien chargé, d'autant qu'il se murmure de plus en plus que Serge Blanco, le célèbre rugbyman international de Biarritz, serait candidat et ne va pas tarder à l'annoncer.

Donc voilà, le débat est âpre. Je voulais savoir, Max Brisson, vous qui êtes évidemment un élu biarro, qui a été candidat en 2014, quel regard vous portez sur cette campagne qui se lance très tôt ici à Biarritz ? Bonjour Pierre, merci de réveiller une vieille cicatrice, qui est celle de ma défaite aux élections municipales de 2014. Preuve que la vie politique biarrote a toujours été très particulière. C'est une ville où il y a un débat passionné, il y a toujours eu six ou sept listes, c'est pas nouveau.

Simplement, moi, ce qui me choque un peu dans le débat actuel, c'est l'absence de mémoire des opposants, qui ont tous, à un moment donné, dans l'histoire municipale de Biarritz, soutenu un projet sur le stade d'Aguilera et sur les aventures du stade d'Aguilera, de construction de logements pour financer la rénovation du stade. Donc c'est un vieux serpent de mer de la vie politique biarrote. Serge Blanco a soutenu des projets où il y avait quelques 500 logements qui devaient être construits.

Tous les opposants, dans leurs multiples divisions et leurs multiples facettes, parce qu'il n'y a aucune unité de l'opposition municipale à Maïder Rostegui, ont défendu des projets autrement plus ambitieux et qui consommaient beaucoup plus d'espace que celui que soutient aujourd'hui la maire de Biarritz. Moi, je pense que devant cette cacophonie, les biarrots seront de bon sens. En tout cas, moi, je n'apporte mon soutien à Maïder Rostegui et surtout, je dis qu'Aguilera mérite une rénovation, que cette rénovation nécessite des financements et que par ailleurs, cette ville a besoin de logement et que le logement, il ne faut pas dire, c'est chez les autres.

Le logement, ça doit être aussi chez nous, parce qu'au Pays Basque, en particulier sur la Côte Basque et à Biarritz, la question du logement est la question cruciale. On ne peut pas être égoïste, comme le sont aujourd'hui certains opposants à Maïder Rostegui.

20:53
Max Brisson

Merci beaucoup, Pierre. La Une de Sud-Ouest, ce matin, un ami pour les jeunes victimes, reportage à l'unité médico-judiciaire de Bayonne où un chien change la vie des patients. Merci beaucoup d'avoir posé des questions au sénateur Max Brisson. Max Brisson, il nous reste très, très, très peu de temps. Quelques questions un peu plus politiques. Est-ce que vous avez des nouvelles de Bruno Rotaillot ? Il était là, je crois, hier, devant le groupe LR. Comment il va ? Il a un esprit de revanche ?

21:16
Invité

Bruno Rotaillot était là. Moi, je l'ai retrouvé en forme. Il a connu une séquence un peu difficile. Ça arrive à tout le monde en politique. La séquence a été difficile d'abord pour le pays, avant de dire qu'elle a été difficile pour tel ou tel. Moi, je lui ai proposé, je lui ai dit, et je sais qu'il va le faire, d'aller voir la France des territoires, la France des régions, la France des provinces, comme on dit autrefois. C'est la France qui lui ressemble. Je pense qu'à partir de cette semaine, il va se consacrer, bien sûr, à la refondation de la droite républicaine, à la refondation d'autres partis. Il va y mettre toute son énergie et tout son temps.

Il sera ici au Sénat à partir du 12 novembre. Et Savoie va compter, en effet. Il va retrouver son siège de sénateur. Et puis ensuite, je pense qu'en fin de semaine, il va parcourir le pays pour dire qu'il y a un espace politique pour une droite républicaine. Pour lancer la campagne de 2027. L'ordre dans les comptes, l'ordre dans la rue et l'ordre dans les repères, c'est ce qui nous sépare et nous divise par rapport aux macronistes, par rapport à la gauche, mais aussi par rapport au Rassemblement national. Parce qu'on peut être d'accord sur l'ordre dans la rue, parfois dans l'ordre des repères, mais sur l'ordre dans les comptes, certainement pas.

Donc, oui, moi je crois qu'il y a un chemin pour Bruno Rotaio. Il n'est pas grillé ? Il n'est pas grillé pour le présidentiel ? En politique, j'ai tellement entendu dire à coup d'éditoriaux définitifs que les Républicains étaient morts. Ça fait dix ans qu'on le dit et ça ne s'est pas produit. Je vous donne rendez-vous pour la suite. Ces éditoriaux seront aussi dépassés obsolètes que les précédents.

22:40
Max Brisson

Max Brisson, il y a quand même quelques questions qui interrogent sur votre parti. Six ministres ont été suspendus du parti pour leur participation au gouvernement Le Cornu. Comment vous expliquez que les LR sanctionnent des ministres qui siègent au gouvernement Le Cornu 2 alors que votre parti a soutenu la participation au gouvernement jusqu'à Le Cornu 1 ?

22:57
Invité

Parce qu'un parti, ce n'est pas une auberge espagnole. On fait ce qu'on veut, qu'on veut, comme on veut. Le bureau politique a une très large majorité. Les militants a une très large majorité. Ils avaient fait le choix démocratique de ne pas participer au gouvernement et d'examiner les textes les uns après les autres. Six de nos anciens amis ont décidé de s'affranchir. Six de nos anciens amis, vous allez voir. Six de nos anciens amis qui ne peuvent plus se référer de leur qualité d'adhérents aux Républicains. On fait le choix inverse de la décision du bureau politique et des militants.

On est dans un parti, il y a quelques avantages, parce qu'on peut être à un certain moment poussé, amené à de très hautes responsabilités. On respecte les décisions du parti. Je regrette, en effet, que les six qui ont été les Républicains dans le passé et qui, aujourd'hui, ne représentent qu'eux-mêmes au gouvernement…

23:45
Max Brisson

Ils sont suspendus, ils ne sont pas encore exclus.

23:46
Invité

Ils sont suspendus. Ils ont suspendu de leur qualité d'adhérent. Suspendu de leur qualité d'adhérent. Rachida Dati ? Et donc, à ce titre… Rachida Dati…

23:54
Max Brisson

Suspendu, toujours votre candidate à la mairie de Paris ?

23:57
Invité

Oui, et puis je pense qu'aujourd'hui, Rachida Dati a des difficultés aussi avec Renaissance, etc. Donc, moi, je ne vais pas mêler des élections municipales de Paris. Je m'intéresse aux élections municipales de Biarritz, si vous permettez. Chacun dans ses compétences. En revanche, ce qui est sûr, c'est que nous ne participons pas à ce gouvernement, ce qui va partir qu'on s'opposera à tous les textes. On va travailler le budget. Et comme toujours au Sénat, on va le travailler avec sérieux.

24:20
Max Brisson

Merci beaucoup, Max Brisson. Merci d'avoir répondu à mes questions.

24:29
Présentateur

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