EDWIGE DIAZ : « Il faut arrêter de s'en prendre à la liberté d'expression ! » (France Info)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:47OuverteRéponse directe
Vous soutenez cette mobilisation des pompiers ?
- 2:04OuverteRéponse directe
Ça veut dire quoi ? Qu'on va voir des députés RN à la manifestation des pompiers ?
- 2:55RelanceRéponse partielle
Est-ce que vous soutenez la démarche du gouvernement sur les moyens financiers et humains pour les pompiers ?
- 4:12FerméeÉludée
Est-ce que vous soutenez cette démarche-là ?
- 9:38RelanceRéponse directe
Vous considérez que le dérèglement climatique est bien effectif en France ?
- 10:21OuverteRéponse directe
Est-ce que ça peut passer par cette proposition de Roland Lescure sur une année blanche pour les retraités aisés ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:32Invité politiqueFait
« En 2024, M. Darmanin promet l'ouverture d'une base aérienne à Mont-de-Marsan pour y accueillir les Canadaires. »
- 4:39Invité politiqueFait
« Cette base ne verra jamais le jour. »
- 8:07Invité politiqueFait
« Ce qui fait que les incendies se propagent avec une grande rapidité, c'est cette herbe qui est sèche. »
- 23:28Invité politiqueFait
« Il faut fermer une chaîne de télé, il faut fermer Twitter, il faut interdire les personnes de prendre la parole. »
Temps de parole
- Edwige Diaz66 %
- Présentateur15 %
- Présentateur 210 %
- ?4 %
- Invité4 %
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Bonjour Edwige Diaz.
Bonjour, merci pour votre invitation.
On va parler avec vous dans un instant de la campagne présidentielle du RN au ralenti cet été des ingérences étrangères dans cette campagne. Sujet qui fait débat ces derniers jours. Mais la une ce matin, c'est cet appel à la mobilisation lancée par les pompiers pour fin septembre. Des pompiers déçus après leur rencontre avec le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez. Hier, ils étaient venus réclamer plus de moyens pour lutter contre les incendies. On les écoute.
Les
discours politiques sont plus audibles par les femmes et les hommes dans les casernes et sur le terrain.
Le
blabla politique,
c
'est fini. Il nous a dit oui, on allait agir. Il va y avoir des actions. Nous,
on
n'a rien eu encore aujourd'hui. On représente les pompiers professionnels et les personnes administratives, techniques spécialisées. On ne peut leur dire que notre déception aujourd'hui.
C
'est du blabla politique.
Voilà les pompiers qui appellent donc à une journée de manifestation le 29 septembre prochain. Vous soutenez cette mobilisation ?
Oui, absolument. Je voudrais adresser un message de reconnaissance à l'égard des pompiers professionnels et volontaires qui ont fait preuve d'héroïsme ces dernières semaines. Vous savez, je suis élue en Gironde, un département qui a été meurtri par les incendies, que ce soit cette année en 2026, mais déjà en 2022. C'est la raison pour laquelle je comprends l'exaspération de ces pompiers à qui on avait déjà fait des promesses en 2022. Je me souviens qu'Emmanuel Macron avait parlé d'une nouvelle stratégie. Je me souviens que l'ancien ministre de
l
'Intérieur avait réuni un beau veau de la sécurité civile. Or, il n'en est rien sorti. Les
conclusions sont
attendues dans quelques semaines ?
Oui, mais en fait, vous voyez, c'est de la précipitation alors que ça fait déjà deux ans et que cela fait des années que les rapports s'enchaînent pour alerter sur le réchauffement climatique. Sauf qu'une fois de plus, comme d'habitude, le gouvernement fait preuve d'impréparation. J'ai même envie de vous dire de procrastination et c'est pour ça qu'aujourd'hui, nous en sommes à déplorer la disparition en Gironde de 40 000 hectares de forêt, 220 000 personnes qui ont été évacuées, 15 000 entreprises qui ont été pénalisées et 240 maisons qui ont été détruites. Donc, moi, je pense que c'est un drame qui a été évitable.
Donc, vous nous dites ce matin que vous soutenez le mouvement des sapeurs-pompiers professionnels. Donc, ça veut dire quoi ? Qu'on va voir des députés de votre parti de Rassemblement National qui vont se rendre place de la République, justement, où vont se mobiliser les pompiers. Ils ont appelé à se rassembler pendant plusieurs jours place de la République. Et après, vous allez aussi aller manifester avec eux le 29 septembre dans la rue ?
Oui, très probablement parce que nous considérons que notre place est légitime. Et d'ailleurs, je vais vous dire, chaque année, les députés du Rassemblement National participent au Sainte-Barbe. L'année dernière, Marine s'est rendue au congrès des pompiers. Elle a reçu un accueil formidable.
Enfin, là, c'est
des
manifestations, ça n'a rien à voir. Là,
c'est des manifestations avec des revendications. Non, mais ça veut dire qu
'au regard des propositions que nous formulons à chaque projet de loi de finances, à chaque fois que nous déposons une proposition de loi, eh bien oui, je le dis, nos propositions sont attendues par les pompiers.
C
'est la raison pour laquelle nous nous sentons légitimes à aller les soutenir.
Edwige Diaz, je
vous pose cette question-là parce que ce n
'est
pas dans l'ADN du Rassemblement National d'aller manifester, de battre le pavé, de se rendre dans la rue pour soutenir des causes. Là, vous allez le faire.
Oh, si, si, c'est très fréquent que les députés du Rassemblement National aillent témoigner leur soutien lorsque des filières professionnelles témoignent leur exaspération. Donc, il n
'y
a pas de raison pour...
Vous n
'avez
pas vu sur la réforme des retraites, par exemple, quand il y avait ces manifestations-là ?
Si, absolument. Nous avons toujours soutenu les salariés. Quand les policiers vont manifester, nous y allons. Mais en fait, si vous voulez, nous, on est légitimes à participer à ces manifestations parce que nous associons nos actes et nos paroles. On ne
va
pas juste montrer sur une manifestation. Vous voyez, tous les votes à l'Assemblée Nationale font la démonstration que nous sommes en soutien des pompiers. Et d'ailleurs, vous voyez, les Français ne s'y trompent pas. Un sondage du 31 juillet estime que le Rassemblement National est le meilleur soutien à l'égard des pompiers.
On l'a dit, Laurent Nunez a annoncé qu'un projet de loi de modernisation des services départementaux d'incendie et de secours sera présenté aux organisations syndicales des sapeurs-pompiers début septembre. Sur la demande des moyens financiers et humains, il a assuré que les projets d'évolution des ressources d'ESDIS, de ces fameux centres, seront présentés dans le cadre du budget 2027 qui va être débattu à l'automne. Est-ce que vous soutenez cette démarche-là
?
Écoutez, tant mieux. Et j'ai envie de vous dire que de temps perdu. Parce que sur tous les projets de loi de finances...
Mais vous demandez des garanties
? Oui, mais le problème, c'est que vous savez, la parole de ce gouvernement est quand même assez discréditée. Je vous disais, en 2022, Suisse aux incendies, Emmanuel Macron dit qu'on va se diriger vers une nouvelle stratégie. En 2024, M. Darmanin promet l'ouverture d'une base aérienne à Mont-de-Marsan pour y accueillir les Canadaires. Malheureusement, cette base ne verra jamais le jour. Récemment, Emmanuel Macron revient en Gironde suite aux incendies et il découvre que les Canadaires ne volent pas la nuit.
Donc si vous voulez, tout ça
porte atteinte à la crédibilité
des difficultés gouvernementaux.
Vous savez que l'argent n'est pas magique. On a un
pays qui est
endetté, que le gouvernement cherche à
faire
35 milliards d'euros d'économie. Donc il va falloir faire des choix budgétaires. Vous l'avez fait tous. Si vous donnez davantage aux pompiers et
à
la sécurité civile, on enlève des moyens à la défense. Alors qu'on a une menace qui pèse sur la France, on avait des moyens à
l
'éducation nationale. Qu
'est
-ce qu'on fait
?
Vous savez, le Rassemblement National est un parti politique très sérieux qui aspire à arriver aux responsabilités. C'est la raison pour laquelle chaque année, au moment du budget, nous présentons avec Jean-Philippe Tanguy un contre-budget. Donc des économies sont nécessaires. Et d'ailleurs, en fait, sur les mauvais postes de dépense, nous l'avons déjà dit, sur l'immigration, sur notre contribution au budget de l'Union Européenne, sur le millefeuille administratif, sur les agences d'État. Donc en fait, de l'argent,
il
y en a. Et d'ailleurs, les Français se posent une question. C'est où passe notre argent ? Et toutes les mesures que nous avons proposées pour soutenir la sécurité civile et pour soutenir les pompiers, eh bien, elles étaient finançables.
Donc là, on
fait comment ? Alors justement, dites-nous.
Oui,
je vais vous donner quelques exemples. Nous avons proposé des amendements pour soutenir l'achat des kits A400M. Nous souhaitions revaloriser. Vous savez, c'est ce sur quoi le Cornu a fait de la communication. En gros, c'est rattaché de l'eau, si vous voulez, à un avion militaire. Mais en fait, c'était du dépannage. Parce que nous, ce que nous voulions avant tout, c'était investir dans l'achat de Canadair. En réalité, que la promesse d'Emmanuel Macron de 2022 soit honorée. Malheureusement, il ne l'a pas faite. Donc en fait, d'un côté, on a Gabriel Attal qui nous dit qu'on va enlever 50 millions d'euros sur le budget de la sécurité civile.
Concomitamment, il donne 50 millions d'euros pour la sécurité civile tunisienne. Donc en fait, ce sont des questions de
choix du dépère,
de choix
politiciens. C'était
un prêt, oui.
Enfin,
d'accord, mais en fait, on ne les a pas. Voyez, on ne les a pas pour nous, mais on les donne
ailleurs. Mais ça n'a pas de lien
directement. Ça n
'a
pas de
l'argent qui a été puisé dans l'argent français.
Bah si, parce qu'en fait, pour le faire un prêt, il faut quand même que vous l'ayez pour pouvoir le prêter à
quelqu'un d'autre. Et
puis, vraiment, ce que je veux vous dire, nous avons déposé une proposition de loi le 13 février 2025. C'était pour améliorer le financement des SDIS, donc des services départementaux de secours et d'incendie. Parce qu'aujourd'hui, comment sont financés les SDIS, en fait ? Vous avez les assurés, donc le contribuable, qui paye une taxe, notamment sur les véhicules. Donc c'est la TSCA, la taxe sur les contrats d'assurance. Et en fait, cette taxe, elle est répartie à plusieurs échelons.
Et nous, nous souhaitions que la part de cette taxe qui est initialement attribuée à la Caisse nationale des allocations familiales, qui est en fait excédentaire, nous souhaitions que cette taxe, que cette part de la taxe, revienne directement aux SDIS, ce qui aurait permis de les financer à hauteur d'un milliard supplémentaire.
C
'est exactement ce dont
ils ont besoin pour faire face aux
besoins matériels et humains.
Vous vouliez aussi instaurer une taxe additionnelle à la discrétion des départements, à la taxe de séjour, ou à la taxe de séjour forfaitaire. Donc là,
ce
serait
les
Français qui paieraient directement.
En fait, c'est dans le cadre du tourisme, et ça peut être aussi les touristes étrangers. Et c'est précisément ce que demandent les pompiers, ça fait partie de leurs revendications. Donc c'est pour ça que je vous disais que
nous sommes
absolument en phase avec les revendications des sapeurs-pompiers. Et puis je voudrais quand même pointer du doigt la responsabilité de la gauche, parce que vous voyez, nous avons déposé aussi un certain nombre d'amendements. Nous souhaitions proposer un crédit d'impôt pour encourager le débroussaillement, parce qu'aussi ce qui fait que les incendies se propagent avec une grande rapidité, c'est cette herbe qui est sèche. Cet amendement a été refusé par la gauche. Nous avons aussi, nous sommes indignés quand la gauche dépose des recours, par exemple, pour détruire les réserves d'eau, comme ça a été le cas récemment en Charente-Maritime. Alors qu'on a besoin de ces réserves d
'eau
à proximité qui peuvent être utilisées par les agriculteurs. Et nous nous indignons aussi de ce fanatisme écologique qui fait, par exemple, que les camions de pompiers doivent faire le plein d'Adéblou. En fait, cette espèce de carburant additionnel qui, aujourd'hui, fait que les camions de pompiers doivent s'arrêter, faire des pauses pour aller faire le plein d'Adéblou au lieu de lutter
contre les feux. Vous dites fanatisme écologique
? Oui, fanatisme écologique ?
Oui, parce qu'en fait, vous voyez, ce sont des gens qui disent qu
'ils
défendent l'écologie, alors qu'en fait, ils sont responsables de l'embrasement, de l'inflammation de nos forêts. Donc, je veux dénoncer leur double discours, si vous voulez. Ils ont voté contre, récemment, la loi qui permettait l'augmentation des moyens de la sécurité civile.
C'était quand même 800 millions d'euros. C'est une proposition
pour sauver le climat, ou en tout cas, essayer de préserver la planète. Mais
moi, je n'ai pas l'impression. A ce qu'elle, vous
vous opposez aussi ?
Non, c'est faux. Enfin, pardon, à quel moment les écologistes, on peut dire qu'ils sauvent le climat ? Je veux
dire
qu'ils sont contre le nucléaire,
ils
sont contre nos amendements sur le débroussaillement, ils sont
contre les réserves de substitution. Mais quand vous votez contre les zones à faible émission, ce n'est
pas favorable au climat ?
Enfin, pardon, les zones à faible émission,
ce
sont surtout, donc là, on parle des automobilistes,
ce
sont surtout des zones à forte exclusion qui
vont pénaliser les
automobilistes.
Edwige Diaz, justement, là, vous attaquez la gauche, vous dites qu'ils sont responsables de l'embrasement du pays, les mots sont forts. Vous considérez que le dérèglement climatique est bien effectif en France, qu
'il existe ?
Parce que ce n'était pas vos propos en 2019, on les a retrouvés, vous parliez d'une hypothèse par rapport au dérèglement climatique. Aujourd'hui, qu'est-ce que vous dites au Rassemblement National ? Il existe ce réchauffement climatique,
ce dérèglement climatique ? Marine
Le Pen a été très claire sur le sujet, et c'est d'ailleurs pourquoi je vous ai dit tout à l'heure que moi, en fait, je m'étonnais que le gouvernement n'ait rien anticipé, alors que ça fait des années que des rapports nous expliquent qu'il y
a
un réchauffement climatique et en fait une sécheresse. Donc voilà,
en
fait, ceux qui disent qu
'il y a
un réchauffement climatique n'ont rien fait pour le contrer, et ils nous accusent à nous de le nier. Donc je trouve ça assez surprenant. Mais bon, écoutez, ça ce sont les arguments politiques de nos adversaires qui sont très gênés par rapport à cette situation.
Edwige Diaz, on parlait des moyens, des financements, il va falloir faire des économies pour aider les pompiers. Est-ce que ça peut passer par cette proposition que fait ce matin chez nos confrères de Libération, le ministre de l'Économie, Roland Lescure, qui envisage, en tout cas réfléchit, à fixer une année blanche dans le prochain budget 2027 pour les retraités les plus aisés, c'est-à-dire les faire contribuer davantage à l'effort national.
Est
-ce que, au Rassemblement National, vous défendez cette mesure ?
Non, on ne la défend pas, parce que le problème, c'est ce que je vous disais tout à l'heure,
en
fait, c'est que de l'argent,
il
y en a. Tous les Français savent qu'ils payent suffisamment d'impôts. Malheureusement, cet argent est très mal utilisé. Et donc, vous voyez, la philosophie de la gauche et de ces macronistes, c'est toujours la même chose, en fait, c'est qu'on crée des taxes, on impose davantage les Français, sans remettre en cause, en fait, leur paradigme économique. Et ça, vous voyez, je le regrette. Donc, avant de faire contribuer davantage les Français, faisons en sorte de faire des économies,
de limiter les mauvaises
dépenses. Oui, mais à partir de combien les retraités...
Enfin,
vous voyez,
c'est tout le même schéma. Ça, le gouvernement le
dira, le fixera.
Alors, qui nous fixe cela ? Mais, en fait, moi, si vous voyez, ce que je conteste, en fait, c'est le raisonnement de cette gauche et de ces macronismes qui visent toujours à faire la même chose. C'est pénaliser ceux qui ont travaillé, ceux qui voudraient travailler ou ceux qui travaillent, alors que, je vous dis, de l'argent, il
y
en a, c'est juste qu'il est très mal réparti.
Edwige Diaz, député RN de Gironde, et vice-président du Rassemblement National. Vous restez avec nous pour la suite de ce 8h30. On se retrouve après le rappel de l'info à 8h46 avec Antoine Joffin.
L
'incendie a progressé dans la nuit entre Mimisan et Mont-de-Marsan. 1100 hectares parcourus, dit la préfecture. Sur France Info, le préfet assure que le feu est freiné, notamment par l'arrivée de renforts. 500 pompiers mobilisés, plus de 500 personnes évacuées hier soir. Pas de maisons touchées. Un mineur de 15 ans mis en examen hier soir est placé en centre éducatif fermé, soupçonné d'être à l'origine de ce feu. Il y a un peu plus de 3 semaines, près de l'aéroport de Bordeaux-Mérignac, incendie qui a coûté la vie à deux sapeurs-pompiers. La terre a tremblé hier soir dans les Vosges. Un séisme de magnitude 3,7 sur l'échelle de Richter, ressenti jusqu'en Haute-Saône.
Il n'y a pas de dégâts, d'après ici Besançon. Entrée en liste en individuel de Léon Marchand, aujourd'hui au championnat d'Europe de natation. Le quadruple champion olympique dispute ce matin les séries du 200 mètres papillon. Deux nouvelles médailles hier pour la France, en argent pour Maxime Grousset sur le 100 mètres papillon et en argent également pour Marie-Ambre Mollu sur le 50 mètres dos.
France
Info
Le
8.30 France Info, Antoine Comte, Benjamin Fontaine.
Toujours
avec Edwige Diaz, vice-président du Rassemblement national et député de Gironde. Le premier ministre Sébastien Lecornu se déplace chez vous en Gironde ce lundi avec plusieurs de ses ministres pour lancer, nous dit-on du côté de Matignon, la mission reconstruction d'une région qui a été totalement dévastée par les flammes. C'était le mois dernier, on s'en souvient tous bien évidemment. Qu'est-ce que vous attendez de cette visite ministérielle ? Que doit annoncer le premier ministre sur place
?
Déjà je m'étonne que, comme la venue d'Emmanuel Macron le 27 juillet dernier en Gironde, à cet instant, les parlementaires n'ont pas été invités. Je trouve cela assez surprenant. Tous ? Ben écoutez, moi en tout cas je n
'ai
pas été invitée, je n
'ai
pas l'impression que mes collègues aussi, mais ils font partie d'autres familles politiques, donc peut-être qu'ils auront le privilège d'être invités un peu plus tard. Moi j'aurais beaucoup aimé interroger le premier ministre, parce que figurez-vous que récemment, j'ai interrogé la ministre de la Transition écologique sur l'avenir de la filière bois. J'ai aussi interrogé le ministre du Travail sur la dérogation au durée du temps de travail des sapeurs-pompiers.
J'ai aussi interrogé le ministre du Tourisme pour voir avec lui comment il allait faire en sorte que la saison touristique ne soit pas terminée en Gironde, parce que vous voyez, moi j'ai travaillé avec des hôteliers, avec ceux qui ont des campings, avec les autres rédiculteurs, avec les restaurateurs, et en fait, moi j'ai envie de dire aux Français, voilà, la situation sanitaire aujourd'hui vous permet de venir en Gironde, et donc venez passer votre mois d'août en Gironde, et donc j'aurais aimé savoir ce que le premier ministre pense de tous les courriers que j'ai envoyés, étant donné que pour l'instant, aucun ministre ne m
'a
répondu.
Est
-ce
qu'il faut des compensations pour le secteur
touristique ? Oui,
oui, je pense, en tout cas c'est ce qui est demandé, et puis aussi pour les filières, vous voyez par exemple la filière des sylviculteurs, ils se posent des questions, comment on va évacuer les bois ? Est-ce qu'il y aura des compensations ? Comment on va les soutenir dans la diversification agricole ? Comment aussi ils vont pouvoir avoir un accès facilité à l'eau ? Et puis aussi il y
a
des questions qui se posent, vous voyez, moi j'ai été interpellé par des lanceurs d'alerte qui m'ont indiqué que les protections des pompiers en matière respiratoire n'étaient pas suffisantes. Certains d'entre eux ont alerté leurs instances depuis 2022 et ils n'ont eu aucune réponse. Et aujourd'hui tout le monde sait que la cagoule qui permet aux sapeurs-pompiers d'être protégés n'est pas suffisante. Et en matière de masques FFP2, et bien vraisemblablement il y avait des manquements. Donc j'aurais aimé...
Vous savez que ça dépend
ce financement-là de la cagoule que demandent les pompiers, des SDIS et des départements justement. Donc l'État n'y peut pas grand-chose finalement.
Ça
dépend du financement départemental
de chaque SDIS. Oui, mais je suis tout à fait d
'accord avec vous. Mais en fait, le financement départemental, les SDIS ont l'argent parce que l'État leur donne. Et voyez, nous en Gironde, on a une problématique supplémentaire, c'est que le département qui est géré par la gauche est dans une situation budgétaire catastrophique avec des impayés, des dettes, etc. Ils sont quasiment sous tutelle. Donc forcément, c'est pas ce qui va améliorer la situation des pompiers de la Gironde, je le regrette.
Donc vous attendez plusieurs réponses avec ce déplacement de Sébastien Lecornu lundi en Gironde, Edwige Diaz. On sait depuis le début du mois de juillet que Marine Le Pen sera la candidate de votre parti pour la présidentielle l'an prochain, malgré sa condamnation en appel pour détournement de fonds publics dans l'affaire des assistants parlementaires européens. Je rappelle qu'elle se pourvoie en cassation. Mais alors depuis,
c
'est silence radio ou presque, quand va-t-elle démarrer sa campagne
?
Écoutez, Marine Le Pen travaille. Elle travaille à la constitution du programme. Par ailleurs, toutes les équipes sont mobilisées. Vous savez que nous avons lancé une grande plateforme sur Internet qui s'appelle marinelepen.com sur laquelle nous recueillons les motivations des patriotes, en fait ceux qui ont envie de nous aider. Je vous rappelle que toutes nos fédérations avec nos délégués départementaux, nos militants, sont sur le terrain tout l'été. D'ailleurs, je me félicite que nous ayons dépassé la barre des 150 000 adhérents au Rassemblement national.
Mais vous nous dites qu'elle travaille, mais on ne l'a pas entendu sur les sujets
de l'été, par exemple.
Elle n'a pas de proposition
pour les pompiers en ce moment. Elle devrait avoir des choses à
dire là-dessus.
Absolument. D'ailleurs, elle a fait plusieurs publications sur les réseaux sociaux, mais je vais vous dire, nous, nous n'avons pas
besoin de nous agiter. J'ai rien vu, pas de proposition sur le sujet.
Et Jordan Bardella en a fait. Nous n'avons pas besoin de nous agiter, comme je vous l'ai dit tout à l'heure. Nous avons déposé des amendements, des propositions de loi depuis des années. Et en fait, c'est ça qui fait le sérieux de notre travail. Vous voyez, nous, on n
'a
pas besoin de faire comme les uns et les autres, de l'agitation estivale pour tenter de faire oublier leurs sondages difficiles.
Advish Diaz, vous parlez de Marine Le Pen qui travaille, qui est au travail.
Ce
sont vos termes. On sait qu'elle passe ses vacances en Bretagne. On a vu aussi qu'elle avait été prise à partie par des opposants lors d'une sortie en bateau. Est-ce que vous attendez une campagne agitée, chahutée sur le terrain concernant votre candidate Marine Le Pen ?
Oui, moi, je regrette la violence dans le Rassemblement National et les victimes systématiquement. Pas que pendant les élections présidentielles, malheureusement.
Il n'y a pas que vous. Il y a des élus de tous les camps qui sont pris à partie.
Alors moi, que les choses soient très claires, je condamne tous les actes de violence à l'encontre de qui que ce soit, y compris quand il s'agit d'adversaires politiques. Mais ce que je veux quand même dire, c'est que oui, les élus du Rassemblement National, les militants du Rassemblement National sont très souvent pris à partie. Il nous est souvent réclamé d'annuler nos événements. Nos militants sont malheureusement souvent agressés. J'ai moi-même fait l'objet d'une agression il y a quelque temps dans le tramway de Bordeaux.
Donc voilà, je regrette ce climat d'ensauvagement mais qui est rendu possible aussi parce que d'un côté, vous avez la gauche qui est totalement galvanisée, qui ne condamne jamais les attaques dont nous faisons l'objet. Et nous avons un bloc central qui est complètement impuissant face à l'ensauvagement de la société.
Donc la faute, c'est les autres ? Ce que vous nous dites un peu.
En tout cas, moi, ce que je dis, c'est qu'à chaque fois que quelqu'un est agressé, quel que soit son bord politique, je lui témoigne mon soutien. Voyez, je le fais sur votre antenne. Récemment, il
y a
la tête de liste au sénatorial de la France Insoumise en Gironde qui a fait l'objet d'une agression raciste. Et oui, je vous le dis, je condamne son agression et je lui apporte mon soutien.
Edwidge Diaz, Marine Le Pen, on l'a dit, est en vacances. Le chef de l'État, lui aussi, Emmanuel Macron, du côté du fort de Brégançon dans le Var, où il prend la pose sur un jet ski pour l'hebdomadaire Paris Match. Une photo qui fait beaucoup réagir la classe politique. C'est indécent, la France mérite mieux. Voilà les quelques réactions qu'on a notées. Ça vous choque, vous aussi, cette une de Paris Match du chef de l'État, sachant qu'en effet, oui, il
y
a les incendies, la France qui brûle, la canicule, les Français qui souffrent
?
C'est vrai qu'on attend qu'un président de la République soit au travail toute l'année. Maintenant, on ne
va
pas lui reprocher de prendre quelques jours de vacances. Après, je pense qu'en effet, cette photo sur le jet ski était plutôt maladroite. Je comprends qu'elle est plus choquée. Mais franchement, voilà, il y a des sujets plus importants que ça. C'est vrai que ça a fait la une de Paris Match. Mais bon, moi, je voudrais en fait surtout qu'Emmanuel Macron soit efficace tout au long de l'année et qu'on parle de lui pour son bilan, pour ce qu'il a fait de bien, pour ce qu'il a fait pour relever le pays. Malheureusement, ce n
'est
pas le cas. Et on est quand même obligés de parler de sa photo sur le jet ski. Je trouve quand même qu'un président de
la
République mériterait de passer dans la presse pour son bilan et pas pour ses photos.
Comme
on a parlé de la photo de Jordan Bardella et qui s'accompagne aussi dans Paris
Match il y a quelques mois. Oui, qui n'est pas
président de la République.
Un mot sur Jordan Bardella. D'ailleurs, il a dû renoncer, on le sait, à se présenter à la présidentielle au profit de Marine Le Pen. Il devient quoi, Jordan Bardella ? On l'entend très peu, lui aussi. Est-ce que vous savez quel rôle il va jouer pendant cette campagne ?
Oui, Jordan Bardella l'a dit. Il sera le premier soutien de Marine Le Pen. Et là, une fois
de
plus...
Mais ça, ce n'est pas un
rôle d'être le premier soutien ?
Si, c'est quand même un rôle parce qu'il sera très probablement invité sur vos médias. Il se prépare à devenir Premier ministre. Moi, c'est ce que je souhaite. Mais vous savez, il ne suffit pas d'entendre des responsables politiques pour faire de l'agitation. Là, c'est vrai, on entend beaucoup Gabriel Attal en ce moment sur le terrain. Pourquoi ? Parce qu'en fait, il essaye d'éviter que l'on parle de son bilan. Il essaye sans doute d'éviter que l'on pointe du doigt les carences de son programme. Donc, en fait, il essaye d'occuper l'espace médiatique parce qu'il veut faire concurrence à Édouard Philippe. Et
en même temps, il
essaye de diaboliser le Rassemblement national.
Justement, il a porté plainte Gabriel Attal ces derniers jours après les soupçons d'ingérence russe dans le cadre de la campagne. Il assure qu'il faut probablement s'attendre à une ingérence du Kremlin pour certains candidats comme Marine Le Pen. Vous démentez, vous condamnez ça ?
Oui. Alors, moi, comment dire ? Je m'oppose bien évidemment à toutes les tentatives d'ingérence étrangère. Je condamne tout ce qui pourrait tenter de déstabiliser une élection présidentielle. Et donc, Gabriel Attal a eu raison de déposer plainte. Pour autant, ce que je regrette, c'est qu'il en fasse une instrumentalisation politique. Parce que là, en fait, il est en train de dire que le Rassemblement national serait à la manœuvre. Nous, nous n'avons rien à voir avec tout cela. Et j'ai beaucoup moins
entendu...
Il y a
eu
un
double frais pour
votre parti pour vous aider financièrement
? Non,
non, non,
c'est pas vrai. Alors, c'est pas le Kremlin qui nous a aidés. Vous savez très bien, c'est une banque privée parce que tchéco-russe et parce que nous n'avions pas trouvé de financement français. C'est pas parce qu'un étranger fait un prêt à la Société Générale qu'il subit une ingérence étrangère française, vous voyez. La Société Générale ou ça peut être la Banque Populaire, enfin n'importe quelle banque. Voilà, donc vraiment, il faut arrêter
de dire... C'est difficile de critiquer un
pays qui nous donne de l'argent. Mais
non,
mais
c'est faux,
mais
c'est pas... Monsieur, pardon, mais vous êtes client d'une banque, vous n'êtes pas dépendant de cette banque. C'est juste que nous n'avons pas eu d'autre choix que d'aller nous faire financer par une banque étrangère parce qu'aucune banque française nous a prêté parce qu'Emmanuel Macron avait promis la Banque de la démocratie que ça n
'est
pas arrivé. Donc je le dis, nous sommes nous totalement libres, indépendants, nous ne dépendons d'aucun pays et je vous dis que j'aurais aimé entendre une réaction de Gabriel Attal quand le recteur de la Grande Mosquée de
Paris
qui est proche du président algérien Téboune a appelé à faire barrage au Rassemblement National. J'aimerais aussi entendre M. Gabriel Attal sur, vous voyez, quand vous avez la moitié de la dette française qui est possédée par des puissances étrangères, oui, là du coup, ça m'inquiète sur notre souveraineté.
Si
vous n'avez pas le soutien russe, vous avez le soutien de l'homme le plus
riche du monde. On n'a pas le
soutien russe.
Non, mais c'est ce que je viens de dire. Si vous dites que vous n'avez pas le soutien russe, vous avez en tout cas le soutien d'Elon Musk, l'homme le plus riche du monde qui a dit que Marine Le Pen était le dernier espoir pour la France. C'est un soutien gênant ou pas pour vous ?
En fait, on n'y peut rien si vous voulez. On n'a pas commandité ce tweet. D'ailleurs, nous n'avons pas réagi à ce tweet.
On n'a pas non plus commandé les
tweets des uns et des autres.
Ce n'est pas un peu
gênant quand même ce soutien
?
Non, franchement, vous savez, il y a le ministère des Affaires étrangères qui a indiqué que les fausses informations n'avaient aucun impact dans la population. Donc moi, je voudrais qu'on s'en tienne à ça. Et vraiment, ce qu'il faut retenir,
c
'est un parti libre, indépendant. Nous ne demandons le soutien d'aucune puissance étrangère. Nous demandons seulement le soutien des Français et nous les remercions de
nous placer en tête des sondages. Et je le
dis, nous serons dignes de leur confiance s'ils placent Marine Le Pen président de la République l'année prochaine.
Très rapidement, Edwige Az, est-ce qu'il faut fermer X comme le demande Marine Tondelier, la chef
de file des
écologistes
?
Non, mais qu'on arrête de s'en prendre à la liberté d'expression. Il faut fermer une chaîne de télé,
il
faut fermer Twitter, il faut interdire les personnes de prendre la parole. Non, ça suffit. Enfin,
je
veux
dire,
on est quand même le pays des droits de l'homme, le pays des lumières. Oui, nous sommes un pays de liberté. Et d'ailleurs, je vous rappelle qu'il y
a
une affiche de Marine Le Pen il y a quelques années qui disait « liberté, liberté ». Vraiment, voilà, nous, au Rassemblement National, nous sommes le parti de la liberté et c'est vraiment ce dont les Français ont besoin.
Merci,
Edwige Az,
vice-présidente du Rassemblement National et députée de Gironde d'avoir été avec nous. Merci Antoine, très bonne journée. Cette interview est à retrouver en intégralité sur notre page YouTube. L'info continue sur France Info.
Edwige Diaz