BACKSEAT S03E09 à la Belleviloise ! Avec Roland Lescure
Audio original de l'émission.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 58 %Attaque 26 %Défensif 16 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:48OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que c'est que ce truc France Digital ?
- 2:48OuverteRéponse directe
Pourquoi digital et pas numérique ?
- 3:13OuverteRéponse directe
C'est quoi Back Market ?
- 3:37FerméeRéponse directe
Ça fait quelle taille, Back Market ?
- 3:57FerméeRéponse directe
Ça a été créé quand ?
- 4:15OuverteRéponse directe
Donc, du coup, c'est back-market, on peut aller acheter des produits reconditionnés ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:20InvitéFait
« Doctolibre, oui. »
- 2:28InvitéFait
« Et ça, c'est des startups qui changent radicalement notre façon de vivre, tout simplement. »
- 3:40InvitéChiffre
« Alors, aujourd'hui, on est presque 700. »
- 3:43InvitéChiffre
« On a environ 10 millions de clients. »
- 3:57InvitéFait
« 2014, on va avoir 10 ans l'année prochaine. »
- 6:19InvitéChiffre
« l'impact du digital sur l'impact carbone global, c'est 4%. »
- 6:30InvitéChiffre
« d'ici à 2040, on estime que cet impact, il va atteindre 14% »
- 6:40InvitéChiffre
« la fabrication des appareils, juste la fabrication des appareils, c'est 75% de cette empreinte. »
- 8:13PrésentateurFait
« R&D, ça veut dire quoi ? »
- 10:01InvitéFait
« 95% des produits laitiers qu'on achète proviennent d'un système de l'industrie laitière qui est, en fait, le fermier, un collecteur, un transformateur, un grossiste, un supermarché et le consommateur final. »
- 10:35InvitéFait
« la marge qu'on récupère, ça nous permet de racheter le lait en direct du fermier jusqu'à deux fois le prix conventionnel. »
- 12:42InvitéChiffre
« nous, en fait, on représente toutes les startups françaises. Donc, on représente plus de 13 000 entreprises, plus de 13 000 startups. »
- 12:45InvitéChiffre
« On a 2 000 membres adhérents à l'association, qui nous financent et qui contribuent et qui participent à nos événements. »
- 22:25InvitéFait
« il y a de plus en plus de modèles qui existent de boîtes comme ça. »
- 31:18InvitéFait
« la création de cette marque commune qui est une marque d'État tout de même »
- 31:58PrésentateurFait
« l'atelier de transformation autonome qui permet à la ferme de faire des produits sans surcharge de travail pour l'éleveur »
- 34:21InvitéFait
« les constructeurs mettent des prix très très élevés sur les pièces détachées quand elles sont disponibles »
- 35:08InvitéChiffre
« fabriquer un téléphone ça utilise énormément d'eau, on avait calculé pour s'amuser c'était la consommation journalière d'un être humain pendant son deux ans »
- 37:03InvitéFait
« la France effectivement est devenue un pays où il est possible d'entreprendre et surtout d'être ambitieux »
- 41:28InvitéChiffre
« à 60% les profils qui sont en start-up ils sont diplômés bac plus 5 »
- 42:45InvitéChiffre
« on a la moitié de nos équipes qui sont à Bordeaux aujourd'hui »
- 43:31InvitéFait
« FranceDigital.org »
- 43:35InvitéFait
« Backmarket.fr »
- 43:41PrésentateurFait
« Fermi.io »
- 54:52PrésentateurFait
« l'absence de référendum sur l'immigration »
- 55:05PrésentateurFait
« c'est une invention d'Emmanuel Macron »
- 56:58InvitéFait
« il y avait l'idée en fait de dépasser les corps intermédiaires de dépasser les médiations et d'avoir une forme de gouvernement de gouvernance beaucoup plus directe »
- 1:00:09InvitéFait
« et de discuter avec les partis alors que c'est pas son rôle selon en tout cas l'interprétation de la constitution »
- 1:00:23InvitéFait
« il n'y est pas allé donc pour la deuxième année consécutive »
- 1:00:34InvitéFait
« bah non viens discuter même avec ceux qui n'ont pas envie de grignoter avec toi et te taper la bise »
- 1:03:19PrésentateurFait
« Emmanuel Macron n'est pas allé au congrès des maires de France parce qu'il a voulu s'éviter des images terribles de huées reçues de la part de maires »
- 1:03:30PrésentateurFait
« le gouvernement est accusé de laisser les maires se démerder avec leurs taxes locales pour financer leurs projets en leur filant moins de dotations »
- 1:05:15PrésentateurChiffre
« 2265 plaintes et signalements d'élus locaux victimes d'agressions en 2022 c'est une augmentation de 32% d'agressions en plus »
- 1:12:21InvitéFait
« il y a un certain cadre du débat qui a été posé très rapidement et du coup il y a une vraie difficulté à essayer d'avoir une parole critique et une pensée là-dessus qui sort de ce cadre »
- 1:22:24InvitéFait
« on l'a déjà constaté notamment en 2020 quand il y a eu toutes les marches et les manifestations organisées en lien en tout cas avec la mort de George Floyd »
- 1:27:07PrésentateurFait
« Emmanuel Macron s'est mis à appeler à une trêve à un cessez-le-feu c'est félicité d'ailleurs de l'accord qui a été trouvé pour la libération des otages »
- 1:30:32InvitéChiffre
« On est sur une trajectoire de plus de 2,5 à plus de 2,8% si les États respectent les engagements qu'ils ont affichés. »
- 1:33:29InvitéFait
« Vous avez tous entendu parler de l'IRA, l'Inflation Reduction Act des États-Unis. »
- 1:33:35InvitéFait
« Au niveau européen, on a le Green New Deal avec des paquets d'investissements massifs. »
- 1:51:20Invité politiqueChiffre
« On a à peu près 700 déclarations par an de ces pannes. »
- 1:52:29InvitéFait
« Quelles mesures comptent-ils prendre pour rattraper son retard législatif sur les USA ? »
- 1:56:03Invité politiqueFait
« le Brexit il y a l'élection de Donald Trump et il y avait une élection française qui se préfigurait avec un trio infernal Sarkozy et Hollande-Lopin à l'époque c'était les candidats qu'on avait en tête avant les primaires. »
- 1:56:22Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron il avait moins de 40 ans à l'époque ce qui pour moi évidemment était très jeune il mettait des drapeaux européens partout derrière lui dans les meetings et moi je suis un pro-européen convaincu. »
- 1:56:31Invité politiqueFait
« il prenait le dépassement il était un fervent partisan de la place des femmes en politique de la place de la société civile. »
- 2:01:02Invité politiqueFait
« dans la première génération de députés macronistes il n'y avait pas que des cadres supérieurs. »
- 2:01:16Invité politiqueFait
« il y avait un député qui était chômeur jusqu'à être investi et qui a été élu député. »
- 2:01:39Invité politiqueChiffre
« 50% de femmes dans notre groupe dans notre groupe majoritaire il n'y avait jamais eu autant de femmes à l'Assemblée en 2017. »
- 2:06:05Invité politiqueFait
« il y a 7% de chômage en France on n'a jamais connu ça depuis 30 ans mais il y a encore des quartiers dans lesquels il y a 15 20 25% et bien moi je pense que le rôle de ministre de l'industrie c'est d'essayer de donner envie aux jeunes de rejoindre l'industrie. »
- 2:07:55Invité politiqueChiffre
« en France il y a 50 usines qui représentent 60% des émissions de gaz à effet de serre de l'industrie à elle toute seule. »
- 2:08:25Invité politiqueFait
« les accords de la COP c'est moins 40% d'émissions d'ici 2030 par rapport à là où on est aujourd'hui et moins 100% c'est-à-dire carbone neutralité en 2050. »
- 2:12:00Invité politiqueFait
« une tonne de carbone évité c'est comme ça qu'on mesure le coût de la décarbonation donc si vous supprimez une tonne de carbone dans l'industrie ça coûte entre 50 et 100 euros la tonne. »
- 2:12:13Invité politiqueFait
« si on passe tous nos véhicules du diesel à l'électrique c'est entre 200 et 300 euros la tonne et les logements qui sont les plus compliqués à décarboner c'est entre 300 et 500 euros la tonne. »
- 2:15:33Invité politiqueChiffre
« le président était en Ardèche en juin il a annoncé 10 nouveaux médicaments dès 2024 qui seront relocalisés en France on en a 25 qu'on a identifié qui doivent être relocalisés. »
- 2:16:59Invité politiqueFait
« il n'y a pas 3700 médicaments en pénurie »
- 2:17:50Invité politiqueFait
« ils allaient couper l'entreprise en deux »
- 2:18:10Invité politiqueFait
« Sanofi touche beaucoup d'argent public »
- 2:20:44Invité politiqueChiffre
« l'économie de textile c'est 90% de la fast fashion »
- 2:24:07Invité politiqueChiffre
« il y a 1 300 000 jobs qu'il va falloir trouver dans l'industrie »
- 2:24:12Invité politiqueChiffre
« il y a 800 000 personnes qui vont partir à la retraite »
- 2:24:55Invité politiqueFait
« s'il y a bien un truc sur lequel je suis convaincu que l'immigration a péché en France c'est pas du fait de l'immigration c'est du fait de l'intégration »
Temps de parole
- Présentateur35 %
- Roland Lescure17 %
- Invité17 %
- Invité 29 %
- Invité 38 %
- Invité 47 %
- Invité 56 %
≈ 4,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Cette émission a été rendue possible par nos partenaires du jour, le CNC, France Digital et Backmarket. Un grand merci à eux. De très grande qualité, on commence avec toi Maya. Salut Maya, Maya Noël.
Salut Jean.
Enchantée, merci d'être avec nous sur le plateau. Maya, tu es la directrice générale de France Digital, une association que tu vas nous présenter dans quelques minutes. Avant ça, on va présenter Camille Richard. Salut Camille. Bonsoir. Ça va ? Oui. Camille, tu es en charge de la soutenabilité chez Backmarket. Exactement. Pareil, tu nous expliqueras ces deux choses-là. Avec plaisir. Et on est enfin rejoint par Loïc Lecère. Salut Loïc. Salut. Merci d'être avec nous. Merci. Loïc, toi tu as créé une entreprise qui s'appelle Fermi, une entreprise basée en Isère. C'est ça ? Merci à tous les trois. Merci à tous les trois d'être avec moi.
Donc je le dis depuis tout à l'heure, cette émission est en partenariat avec France Digital. Maya, je me tourne vers toi. Qu'est-ce que c'est que ce truc France Digital ?
J'adore cette question.
Raconte-nous, c'est quoi ?
France Digital, c'est quoi ? France Digital, c'est l'association française des startups.
Ok, d'accord.
Première question, qu'est-ce qu'une startup ?
Vas-y.
Une startup, c'est une entreprise qui, en développant une technologie, un usage, va répondre à des problématiques du quotidien et clairement transformer notre société. Un exemple tout bête, alors je vais peut-être pas être pour une boomer, mais moi, quand j'étais plus jeune et que je voulais prendre rendez-vous chez un médecin, je me tapais les pages jaunes et plein de coups de fil à passer. Aujourd'hui, on a quoi ? On a Doctolibre. Doctolibre, oui. Je sais aussi, je fais partie de l'époque où j'enregistrais mes chansons préférées avec une cassette audio pour pouvoir écouter mon son à la demande. Maintenant, qu'est-ce qu'on a ? On a 10 heures.
Et ça, c'est des startups qui changent radicalement notre façon de vivre, tout simplement. Et nous, notre but chez France Digital, c'est de rassembler toutes ces startups françaises et faire en sorte qu'elles soient, au final, aussi puissantes que celles qui gèrent notre quotidien, qui sont souvent américaines.
C'est une logique de fédération, on en reparlera. Avant ça, une question qui me brûle les lèvres. Je veux absolument savoir pourquoi digital et pas numérique. Les gens dans le chat veulent savoir, ça, je le sais.
Je sais, c'est important. Alors, c'est un nom qui a été choisi il y a 11 ans aujourd'hui, parce que l'association a 11 ans. Et c'était un jeu de mots en plus, parce que digital avec un E en plus.
Oui, c'est vrai, France Digital.
Digitale.
Donc, c'est encore plus le rapport au quidot.
On trouvait ce terme plus impact numérique à l'époque, plus parlant. Mais bon, je suis d'accord que ça ne s'abolise pas vraiment ce qu'on est.
Bon, ben voilà. Au moins, on aurait eu la réponse parce qu'on se posait cette question. Camille, c'est quoi Back Market ? Explique-nous, Back Market.
Alors, Back Market, c'est une marketplace dédiée à la tech reconditionnée. Donc, c'est des produits qui ont été réparés par des spécialistes, donc téléphone, tablette, etc. Donc, l'idée, c'est de donner accès à tous à cette tech circulaire qui a été vue par un spécialiste. Et aussi, on peut vendre les appareils dont on ne se sert plus pour leur donner une seconde vie et une nouvelle famille.
Ça fait quelle taille, Back Market ? Ça représente combien de salariés ?
Alors, aujourd'hui, on est presque 700. On a environ 10 millions de clients.
Ok.
Et la plateforme, elle est ouverte dans 18 pays aujourd'hui.
Oui, j'allais demander dans combien de pays vous êtes, 18 ?
18, donc la majorité en Europe et aux Etats-Unis aussi, au Japon aussi et en Australie depuis cette année.
Ça a été créé quand ?
2014, on va avoir 10 ans l'année prochaine.
Ah oui, c'est assez jeune en plus comme boîte.
C'est jeune.
Enfin, j'en sais rien, je dis ça. Oui, non, c'est vrai qu'il y a des boîtes qui crèvent en deux ans.
C'est jeune sur l'histoire de l'humanité. Pour une start-up, on commence à faire notre âge.
Ça commence à être pas mal. Donc, du coup, c'est back-market, on peut aller acheter des produits reconditionnés, c'est ça ? Voilà. Donc, moins cher.
C'est beaucoup moins cher. C'est environ 70% moins cher qu'un appareil neuf et tout a été checké par des spécialistes de ça. Donc, on a les garanties derrière comme quand on achète un smartphone neuf.
On voit de plus en plus de pubs back-market sur Internet. Ça marche particulièrement bien, back-market, ça cartonne ?
Alors, ça marche bien, on est content, on fait beaucoup de pubs aussi parce qu'on a envie que les gens connaissent la tech circulaire, connaissent le reconditionné et puis préfèrent ça à l'acheter du neuf.
Alors, toi, en te présentant tout à l'heure, je disais que tu t'occupais de la soutenabilité. Ça veut dire quoi, la soutenabilité dans une entreprise ?
Alors, la soutenabilité dans une entreprise, ça veut dire mesurer et améliorer l'impact environnemental et social d'une entreprise, particulièrement chez back-market. Back-market, ça veut dire faire en sorte qu'on ait le meilleur impact possible puisque comme on est, on promeut des produits qui sont reconditionnés, on a un impact positif puisqu'on évite la production d'appareils neufs et du coup, moi, je fais aussi de la sensibilisation justement à cet impact de la tech.
Alors, parle-nous un petit peu justement de ça, de cette volonté qu'a back-market de faire de l'impact, c'est-à-dire que ça encourage, c'est des circuits courts, non, quand même pas ?
Alors, il y a des circuits courts et des circuits longs.
Ça reste fabriqué en Asie, la haute technologie.
Alors, les appareils neufs sont fabriqués en Asie, c'est sûr. Après, bon, ils ont une vie, ils sont reconditionnés, donc ils sont reconditionnés en Europe, en France, aux Etats-Unis, en Chine aussi. Il y a des reconditionnés partout dans le monde parce que la réparation, c'est quand même une solution qui existe depuis toujours.
Oui, c'est vrai, c'est vrai.
Et nous, ce qu'on rajoute, c'est un peu la couche confiance garantie. C'est-à-dire qu'en fait, acheter un appareil reconditionné, on peut avoir un peu peur, on ne peut pas savoir si vraiment il va bien marcher.
Peut-être la différence avec l'occasion. Si tu achètes un téléphone d'occasion, tu ne sais pas exactement ce qu'il a. Alors, pour reconditionner, tu as un tampon qui dit « t'inquiète, il marche ».
Exactement, et c'est le moins de problèmes, il est pris en charge, etc. Et donc, grâce à ça, on permet d'éviter l'achat de téléphones, de tablettes, d'ordinateurs neufs. Parce que produire des appareils tech aujourd'hui, c'est extrêmement polluant sur plein d'aspects. Et ça ne se sait pas encore très bien, c'est pour ça qu'une partie de mon job aussi, c'est de parler de ça. Et par exemple, pour vous donner un peu une idée aujourd'hui, l'impact du digital sur l'impact carbone global, c'est 4%. Ça ne paraît pas beaucoup, mais c'est plus que l'aviation.
Et c'est en croissance, en plus, je crois.
C'est ça, d'ici à 2040, on estime que cet impact, il va atteindre 14%, ce qui est quand même énorme.
Donc, on parle de l'ensemble de l'usage d'outils technologiques, numériques, donc internet, téléphonie.
Oui, là, c'est tous les usages du digital et la fabrication des appareils, juste la fabrication des appareils, c'est 75% de cette empreinte. Donc, il y a un vrai enjeu et c'est quelque chose qu'on peut un peu décider de changer collectivement grâce à la circularité et l'économie circulaire dans les appareils de tech.
Loïc Lecère, toi, je le disais, tu es le créateur de Fermi. Raconte-nous, qu'est-ce que c'est Fermi ? Alors, Fermi, c'est une start-up, c'est ma troisième start-up, donc j'ai un parcours d'entrepreneur. Ah oui ? Et après avoir fait une première dans le web, une deuxième... Il faut que tu parles vraiment en face du micro, par contre. Et une deuxième dans la vision, et c'est mieux comme ça, la vision pour les voitures autonomes. J'ai voulu lancer un autre projet avec plus d'ambition et puis plus d'impact.
Et donc, l'idée, c'était d'arriver à solutionner un problème qui est que chacun de nous achète des produits dans un supermarché et des produits qui viennent de 500 km d'ici, alors qu'il y a des fermes à côté qui fabriquent des produits et essayer de trouver des produits alimentaires, des produits frais. Et l'idée, c'était de trouver une solution technologique pour qu'on puisse passer directement de la ferme au consommateur. Donc, c'est du circuit court ? C'est du circuit ultra court, et c'est plus que ça. Donc, c'est vraiment un atelier de transformation laitière qui est autonome.
Donc, il est placé à la ferme et il transforme le lait, dès qu'il sort de la traite, en plus ou moins tous les produits laitiers. Et chacun de nous, avec notre smartphone, on peut dire « Ah ben tiens, demain, je veux des yaourts, du fromage, de la raclette. » Et la machine va transformer pour nous les produits dont on a besoin et on peut se faire livrer un circuit ultra court. Ça existe depuis combien de temps ? Alors, ça fait trois ans qu'on est sur la R&D, parce que c'est un vrai challenge technologique. R&D, ça veut dire quoi ?
C'est trois ans qu'on est sur la partie recherche, donc avec une équipe d'une vingtaine d'experts en intelligence artificielle, robotique, vision, IoT, électronique. On a vraiment essayé de lever tous les verrous technologiques, donc tout ce qui empêchait jusqu'à maintenant d'arriver à une solution comme ça. Et on a réussi à mettre au point, du coup, le premier atelier de transformation autonome à la ferme, qui est dans le verre corps pour desservir Grenoble en produits locaux. C'est intéressant parce que tu représentes bien les startups qui ne sont pas parisiennes. C'est un peu un cliché qu'on a spontanément dans les startups.
C'est jeune connard en costa cravate qui vient lever des fonds dans des soirées pince-fesse. En vrai, on est d'accord ou pas ?
Il y en a un peu comme ça.
Ça existe, on les embrasse, mais c'est pas le sujet. Mais c'est un peu le cliché. Toi, non, c'est en Isère, c'est du circuit court. La réalité, c'est que l'Isère, c'est un endroit assez cool pour les startups. Il y a une vraie dynamique. Ah ouais ? Explique-moi pourquoi. Déjà depuis les années 50, il y a eu beaucoup d'investissements au niveau de la recherche. Il y a eu le CEA, l'INRIA, le CNRS. Donc, il y a une vraie dynamique. Il y a des vrais talents. C'est la cinquième ville mondiale en termes de brevets par habitant. Donc, c'est vraiment énormément de personnes, que ce soit de la recherche ou de l'ingénierie, qui sont vraiment talentueux. Et puis, c'est un cadre de vie.
C'est-à-dire qu'on a les Alpes. Si on est passionné d'escalade, de ski, en fait, on vient habiter à Grenoble parce que c'est cool et parce qu'on peut aller faire du ski entre milliers d'eux. Il y a quelqu'un dans le chat qui faisait remarquer que, c'est bien sympa, mais le problème au bout du bout pour le pouvoir d'achat, c'est la vente, c'est le prix de vente en fait. Est-ce que vous arrivez à être compétitif par rapport à des géants de la grande distribution qui jurent la vie de leur mère qu'ils se battent contre l'inflation ? Alors, justement, en fait, on est sur un système.
95% des produits laitiers qu'on achète proviennent d'un système de l'industrie laitière qui est, en fait, le fermier, un collecteur, un transformateur, un grossiste, un supermarché et le consommateur final. Ça, c'est le circuit classique. Ça, c'est le circuit classique. C'est un circuit qui est très long. Et chacun prend du pognon en masse. Beaucoup de kilomètres. Donc, gros impact environnemental. Et chacun récupère de la valeur. Et donc, nous, on fait fermier consommateur. Et du coup, la marge qu'on récupère, ça nous permet de racheter le lait en direct du fermier jusqu'à deux fois le prix conventionnel. Donc, c'est intéressant pour le fermier. Ça reste des produits qualitatifs.
Mais c'est aussi, en fait, ça permet de rendre accessibles les produits fermiers de qualité à n'importe qui. Plus accessibles. Donc, il y a quelqu'un dans le chat qui demandait quel est l'intérêt pour le fermier. Tu viens de l'expliquer. Du coup, je me retourne vers toi, Maya. France Digitale, est-ce que vous vous considérez comme un lobby ?
Oui, on peut dire ça. Explique-moi. Dans le sens où un lobby, ça sert à quoi ? Ça sert à défendre des intérêts.
Ouais.
Maintenant, moi, je n'aime pas tellement le terme de lobby parce qu'il y a un côté un peu péjoratif, je pense. Je twisterais en disant qu'on est plutôt à un lobby d'éducation. C'est-à-dire que nous...
J'allais te proposer syndicat, sinon.
En fait, je pense que les deux sont corrects. C'est-à-dire, qu'est-ce qu'on fait, in fine ? On a un groupe d'entreprises qu'on va défendre. On va porter leurs idées. On va faire comprendre quels sont leurs enjeux. Mais je pense que la différence avec des lobbies peut-être plus classiques qu'on connaît, type le Medef, qui va défendre des grandes entreprises établies, nous, on est sur les entreprises en création qui cassent un peu les codes. Et quelque part, elles n'ont pas tellement d'intérêt à défendre puisque ce n'est pas un groupement de personnes avec beaucoup d'argent, par exemple. C'est plutôt des personnes qui cherchent à faire des choses, qui cherchent à innover.
Et notre plus grand enjeu, ce n'est pas de...
Qui cherchent même à perturber des trucs déjà établis, des mastodontes du système.
C'est vraiment notre ADN.
C'est les casse-bouilles du...
Et notre principal enjeu, si tu veux, ce n'est pas de protéger l'argent de ces personnes, de protéger leur précaré. C'est plutôt de dire, comment est-ce qu'on ouvre les chakras ? Comment est-ce qu'on ouvre le champ des possibles ? Justement, en éduquant sur les nouvelles technologies, sur les nouvelles manières d'entreprendre.
C'est quoi la différence entre France Digitale et la French Tech ? Qui est peut-être un truc que les gens ont déjà entendu sur Internet.
Oui, bien sûr. Alors, la French Tech, c'est une marque. C'est une marque d'État. C'est une marque française qui sert à désigner tous ceux qui constituent effectivement cet écosystème d'entrepreneurs, d'investisseurs. Nous-mêmes, on est membres de la French Tech. On est la French Tech au global. C'est une marque. Nous, France Digitale, on a un acteur privé, indépendant, qui agit. Et qui organise, par exemple, comme aujourd'hui, un événement. On a organisé l'Impact Day. C'était aujourd'hui à la Belleville Oise. Exactement. Merci d'être là avec nous aussi ce soir.
On est très contents de clôturer cette journée avec vous. Combien d'entreprises vous accompagnez, vous, France Digitale ?
Alors, nous, en fait, on représente toutes les startups françaises. Donc, on représente plus de 13 000 entreprises, plus de 13 000 startups. Et sur l'accompagnement, on a 2 000 membres adhérents à l'association, qui nous financent et qui contribuent et qui participent à nos événements. On a, dans ces membres-là, à la fois des entreprises, mais aussi des fonds d'investissement. Parce que ça fait partie des particularités des startups, c'est que pour pouvoir se lancer et prendre des risques, elles ont besoin de financement.
Tu peux nous expliquer ce que c'est, ça, un fonds d'investissement, pour ceux qui ne connaissent pas ?
Loïc, par exemple, disait, ça fait 3 ans qu'il travaille sur de la recherche. Pendant cette période de temps, il va développer quelque chose qui va avoir beaucoup de valeur, mais il faut pouvoir financer cette période-là. Et tu ne vas pas le financer en allant chercher des clients, puisque tu n'as encore rien à leur vendre. Donc, les banques ne prennent pas le relais, parce que c'est beaucoup de risques, et ça ne fait pas partie du modèle des banques. Donc, tu as des financeurs intermédiaires, qu'on appelle des investisseurs en capital risque, pour prendre le risque d'aller, justement, financer la recherche de Loïc, pour qu'il puisse, derrière, lancer son entreprise et avoir un impact.
À quoi ça sert de se fédérer quand on est une entreprise ? Quand on est un individu, je le comprends tout à fait. Moi, j'ai toujours défendu le modèle associatif, le modèle syndical, les partis politiques. Ça, c'est les corps intermédiaires, d'ailleurs, dont on parle beaucoup en ce moment. Bien sûr. Enfin, dont le président ne parle pas beaucoup. Mais vous, c'est quoi l'intérêt pour une jeune boîte, une start-up, de se fédérer avec d'autres dans France Digitale ?
Déjà, quand tu lances ton entreprise, tu es souvent seul. Au mieux, tu as des associés, mais c'est une aventure assez solitaire. Et le fait de se fédérer, déjà, c'est de pouvoir partager tes problématiques avec d'autres, avec des pairs. C'est aussi la possibilité, et c'est vrai que nous, on a un réseau assez hétérogène, parce qu'on a à la fois des toutes petites entreprises qui viennent de lancer, des back markets qui sont membres de France Digitale, qui sont déjà dans 18 pays. Et donc, c'est la possibilité d'apprendre de ce qu'ont fait les autres. Donc, c'est ce partage d'expériences. Et puis aussi, on vit dans un monde où tout est un peu pensé par les grands groupes.
Et quand on est une petite entreprise jeune qui se développe et qui a un modèle qui change et qui casse les codes, c'est un peu jouer à David contre Goliath.
D'ailleurs, le côté David contre Goliath, Camille, est-ce que ce n'est pas un truc que vous faites, vous, chez Back Market ? Parce que j'imagine que votre modèle de business, il fait chier des grands distributeurs de la tech qui préféraient qu'on l'achète neuf, notre iPhone, plutôt que reconditionné.
C'est sûr qu'on n'est pas leur préféré. On ne va pas se dire le contraire. Nous, en fait, ce qu'on dit, c'est qu'aujourd'hui, produire, surconsommer, surproduire la tech, ça n'a plus aucun sens. Donc, ce qu'on essaie de faire, c'est de pousser les gens déjà à garder plus longtemps leur téléphone ou leur ordinateur, quand ils ont besoin de changer, d'acheter du reconditionné et de prendre soin de leurs appareils. Et c'est sûr que pour des boîtes de constructeurs dont le modèle se demande le plus possible, ça ne les arrange pas du tout. Donc, aujourd'hui, il y a plein de freins qui sont mis en place par ces boîtes-là pour empêcher la réparation.
Sur la réparabilité, par exemple, des iPhones, c'est l'exemple d'Apple qui est assez connu. Ils ne font pas tout pour nous aider à réparer nos téléphones.
Bien sûr que non. Et aujourd'hui, il y a plein de petites barrières qui sont mises en place. Donc, on entend beaucoup parler de l'obsolescence programmée. Donc, c'est le fait que les logiciels, au bout d'un moment, ils ne marchent plus sur les appareils parce que l'appareil est soi-disant trop vieux, alors qu'ils marchent encore. Et ça marche parce qu'aujourd'hui, on estime qu'il y a environ 80% des gens qui vont changer leur téléphone alors qu'ils marchent encore, justement parce qu'on est poussé. Parce qu'il y a aussi l'obsolescence marketing, on nous donnait envie tous les ans de changer.
Oui, sortir un appareil tous les ans, c'est vrai, c'est un exemple.
Et après, ils vont aussi rendre très difficile l'accès aux pièces détachées. Quand vous voulez réparer un appareil, il faut avoir accès à des bonnes pièces détachées pour que vraiment, on arrive à faire durer l'appareil. Et ça, en fait, soit elles ne sont pas disponibles, soit elles sont trop chères, soit il y a des logiciels dans les appareils qui, quand vous changez une pièce qui n'a pas été ultra homologuée par un gros constructeur, dont on taira le nom aussi, en fait, vous avez un message qui dit attention, attention, alors qu'en fait, l'appareil marche complètement.
On a l'impression que vous essayez d'apporter des solutions pour le fameux monde plus durable, dont notamment la génération climat, qui est réclamée par la génération climat, un modèle plus durable où on arrête de changer de téléphone tous les deux ans, où on achète effectivement, on se nourrit en circuit court, où on s'habille différemment. On a l'impression que vous essayez de faire émerger ce monde-là, mais que ça galère parce qu'en face, vous avez des mastodontes qui ont tellement plus de puissance. Ou alors, je me trompe, ça marche très bien ?
Alors, mais bien sûr, on a plein de difficultés. Et aujourd'hui, nous, notre grand enjeu, c'est vraiment de faire en sorte qu'on atteigne un peu le même modèle que sur la voiture d'occasion. Aujourd'hui, les gens, quand ils achètent une voiture, il n'y en a plus de la moitié qui trouvent ça hyper normal d'acheter de l'occasion. Ils ne vont même pas aller se dire, on va aller chez un concessionnaire, acheter un truc flambant neuf. Et en fait, on veut que les gens commencent à avoir cet état d'esprit sur la tech, parce qu'il n'y a pas de raison. En fait, il y a des gens très, très professionnels qui savent réparer ces appareils-là. Allons-y. Et en fait, on se rend compte que ça marche.
Backmarket, depuis qu'on existe, on a, grâce aux gens qui achètent sur Backmarket, il y a un million de tonnes de CO2 qui a été évitée. C'est environ un million d'allées Paris-New York. Donc, c'est en avion.
D'accord. Vous avez calculé les tonnes de CO2 qui ont été évitées ?
Grâce à la vente d'appareils reconditionnés sur la Marketplace. Donc, c'est tangible. Ça veut dire qu'en fait, n'importe qui, en tant que consommateur, citoyen, on peut faire ce choix-là. Et ça a un impact concret sur la planète. Donc, évidemment, c'est un combat qui est long. Ça passe beaucoup par l'éducation. Ça passe beaucoup aussi, tu parlais de la pub, etc. Et c'est aussi un sujet que nous, on aime bien, parce qu'en fait, c'est un peu le bras armé de ces constructeurs de tech. C'est de faire des campagnes incroyables, avec des photos géniales de leurs appareils qui donnent envie. Et nous, on se dit, OK, on va aller se battre sur ce terrain-là aussi.
On va prendre un petit peu d'espace public et on va faire des blagues, puisqu'en fait, il n'y a pas de raison que ce soit trop sérieux, pour essayer de rendre un peu ringard le fait d'acheter du neuf. Il y a un moment, en fait, il faut qu'on, collectivement, se dise, il y a des solutions qui existent. Tout n'est pas une fatalité. Et ce qui est vraiment cool avec le reconditionné, et évidemment, je prêche pour ma paroisse, mais c'est ce que je vois tous les jours, c'est qu'il y a la qualité, puisqu'on a des systèmes de vérification et tout. Ce n'est pas cher, il faut le dire aussi, et c'est durable. Donc, pourquoi se priver, en fait ?
Loïc, toi aussi, il y a une espèce de bataille culturelle que vous essayez de mener sur le fait de ne plus aller faire ces courses chez un géant de la consommation, et plutôt essayer d'aller faire du circuit course. Il y a une notion de bataille culturelle que vous essayez de mener dans la société ? Moi, je pense que la société, elle a envie, en particulier depuis le Covid, on a envie de manger des produits locaux, etc. Le problème, c'est qu'il n'y a pas de solution. Il n'y a pas de solution viable, solution technique. Et nous, c'est ce qu'on apporte. C'est une vraie réponse technologique qui permet de choisir ces produits dans la ferme d'à côté et de les lancer en fabrication. D'accord, ok.
Une question, on parle d'entreprise depuis tout à l'heure. Est-ce que pour vous, l'entreprise, c'est le bon échelon, le bon endroit pour s'engager ?
Je pense que clairement, les entreprises privées ont un rôle à jouer dans la société. C'est ce que je disais au départ. C'est que moi, si je me suis engagée en tant qu'entrepreneur moi-même et si aujourd'hui, je suis chez France Digital, c'est parce que j'ai véritablement cette croyance qu'à travers des acteurs privés, on peut radicalement changer des usages. Et on peut changer les usages pour le bien. C'est exactement le cas d'un back market. Ça peut être aussi le cas d'un blabla car qui a complètement démocratisé le fait de faire de l'autostop et du coup, à éviter aussi des émissions de gaz à effet de serre parce qu'on prend la voiture à plusieurs.
Et ça, c'est grâce à une action privée et pas une action d'association. Mais ça peut être la même chose au final. Mais je pense que c'est effectivement contributeur à des gros changements de société. Le fait est que ces grands changements, ils sont quand même vachement générés par beaucoup d'entreprises américaines. Tu disais tout à l'heure, Camille, il y a un vrai combat de marketing, de publicité sur comment est-ce qu'on consomme, comment est-ce qu'on vit au quotidien. Et ces grands géants, ils ont tellement de moyens que c'est super écrasant.
Et donc, la logique même de dire on va créer un France Digital et on va se fédérer, c'est d'essayer de, nous aussi, avec nos moyens, de se regrouper et de faire changer les mentalités et donner envie aux entrepreneurs d'utiliser leur entreprise comme étant en véritablement un moteur de changement de société pour le bien, un moteur un peu européen et pas trop américain.
Oui, d'ailleurs, vous avez une dimension européenne. Je te donne la parole tout de suite. Mais vous avez une dimension européenne aussi. Tu peux nous en parler un petit peu, Maïa ?
Je pense que la dimension européenne, elle est importante. Comme je dis, nous, on veut créer des champions. Et le marché français par rapport à un marché chinois ou à un marché américain est dérisoire. Si on veut créer des vraies entreprises qui ont un poids, il faut s'attaquer à un marché plus conséquent. Le fait est que l'Europe, c'est plus de 400 millions d'habitants. Enfin, l'Union européenne, c'est plus de 400 millions d'habitants. Et que, voilà, c'est ouvert à nous. Et ce qui est un peu dommage, d'ailleurs, moi, je me rappelle de mes années étudiantes Erasmus où il y avait un véritable sentiment d'appartenance européenne. On est capable de construire une Europe à ce niveau-là.
Quand on arrive dans le monde de l'entreprise, on se rend compte, en fait, qu'on est vraiment dans un continent ultra-fragmenté. Et donc, c'est pour ça que nous, on a envie de jouer ce rôle de se dire, en fait, il faut réussir à construire des entreprises européennes parce qu'il n'y a que comme ça qu'on arrivera à véritablement faire changer les mentalités et les usages. Camille ? Je voulais juste rebondir sur ce que tu dis sur l'engagement et sur ta question. Je suis tout à fait d'accord avec toi. Je pense que les entreprises, elles ont un rôle majeur à jouer sur les sujets de lutte contre le réchauffement climatique, etc.
Et donc, c'est un bon endroit pour s'engager parce que ces entreprises, elles ont aussi besoin d'avoir des gens, des employés qui poussent pour ce changement-là et qui les poussent à s'engager elles-mêmes. Donc, ça reste... Les entreprises font partie de la société et elles ont un rôle à jouer et les gens qui travaillent pour ces entreprises peuvent aussi être moteurs de changement à l'intérieur de l'entreprise.
Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui vous disent que les entreprises ont déjà trop de place dans la société ? On est dans une société trop capitaliste où il y a trop d'entreprises et on n'a pas besoin d'entreprises en plus pour venir régler les problèmes posés par d'autres entreprises ?
Je pense que ce qu'il faut... C'est un peu toute la question de lutter contre le système ou lutter à l'intérieur du système. Je n'ai pas la réponse absolue. Je pense qu'il faut les deux. Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, il y a plein d'entreprises qui font des choses et qui s'engagent et qui développent comme pas mal d'entreprises qui sont à la France digitale qui développent des solutions pour réduire cet impact-là. Donc, ça, c'est déjà super chouette et il y a de plus en plus de modèles qui existent de boîtes comme ça. Et puis après, il y a des entreprises qui ont des modèles plus traditionnels. Peut-être plus polluants et en fait, elles existent. Elles prennent beaucoup de place.
Donc, en fait, on ne va pas les éradiquer du jour au lendemain. Ce n'est pas comme ça que ça marche, même si ça serait plus simple parfois. Donc, il faut qu'on se dise quels sont les moyens et essayer de générer du changement d'intérêt aussi. Ça peut être une solution. Et pour rebondir, je pense qu'en plus, la startup en particulier, elle a un peu cette espèce de laboratoire d'expérimentation où tu vas tester des choses. Tu vas effectivement développer des nouveaux produits autour de l'intelligence artificielle, par exemple, mais aussi même, tu vas créer des nouvelles expériences collaborateurs. Et il y a un peu les nouveaux métiers qui apparaissent en startup.
Tu as aussi les nouvelles façons de travailler, les semaines de 4 jours, le télétravail. Tout ça, c'est grâce au numérique, c'est grâce aux startups. Et je pense que, voilà, en prenant le risque de tester des choses, on arrivera à changer le système. Et donc, ce n'est pas des entreprises simplement qui s'ajoutent à d'autres. C'est des nouvelles formes d'entreprise. Et c'est ça qu'il faut mettre en avant.
Loïc, toi aussi, c'est un peu ce pour quoi tu prêches, une nouvelle forme d'entreprise pour damer le pion à la grande distribution ? Oui, mais de manière générale, je trouve que ce que j'aime bien dans la startup, c'est que face à un problème, que ce soit l'impact ou l'injustice sociale, on peut aller faire des manifs, on peut se plaindre, mais on peut aussi avoir des idées, réfléchir à des solutions et les apporter. Et la startup, par rapport au modèle d'entreprise plus traditionnel, c'est n'importe qui qui peut avoir une idée, la poser sur la table, essayer de ramener des investisseurs et essayer de la développer. Chacun de nous peut trouver des solutions et résoudre des problèmes.
Oui, vas-y, excusez-moi. Non, je croyais que tu voulais rajouter. Juste pour continuer, c'est-à-dire que dans les années 50, l'État, il a investi massivement sur des projets, le TGV, le nucléaire, Airbus, etc. Et c'est vraiment des solutions qui ont été mises en place par l'État pour développer des solutions pour chacun. Et là, maintenant, au XXIe siècle, on est, c'est presque un acte citoyen, c'est-à-dire chaque citoyen peut lui-même lancer, on peut dire, Elon Musk a lancé une agence spatiale. Pas tous les moyens d'Elon Musk, on ne peut pas tous lancer une agence spatiale. Mais Elon Musk, il est parti de rien et tout le monde ne peut partir de rien.
Il avait un peu de fric quand même, le bonhomme. Il en a eu, mais quand il a démarré, il a fait un premier logiciel qu'il a vendu 1000 euros. Après, il a créé une première startup et puis, il ne peut pas aller.
Non, mais pour compléter quand même ce que dit Loïc et quand même l'affût, c'est vrai que ce qu'on voit en France, c'est qu'on a un 440 qui est composé d'entreprises du XIXe siècle. Là où ce que tu vois aux Etats-Unis, les plus grosses capitalisations boursières au monde, les plus gros succès, c'est d'entreprises qui ont moins de 20 ans. Donc en fait, aujourd'hui, avec les nouveaux outils, notamment la technologie, on a les moyens d'aller encore plus vite, d'accélérer et de complètement changer l'usage.
Est-ce que vous croyez à la startup nation ? Est-ce que ça a du sens pour vous, ça ? C'était le slogan qu'avait lancé Emmanuel Macron quand il était candidat en 2016, l'idée d'avoir une nation startup, que la France soit un des grands pays de startups en Europe, etc. Est-ce que vous y croyez ? Je pense que de manière générale, la startup, c'est un nouveau modèle économique dans lequel chaque citoyen peut prendre sa place et qu'il faut valoriser. C'est une nouvelle dynamique aussi et si on ne la saisit pas, on va prendre du retard sur pas mal de sujets.
Oui, moi, je suis pour cette histoire de dynamique, d'envie de prendre des risques pour changer, innover et accélérer parfois. Après, est-ce que c'est une nation ? Je ne sais pas. En tout cas, l'esprit qu'il y a derrière, je pense que c'est positif parce que c'est un esprit de progrès et de changement.
Est-ce que tu bases le succès d'une entreprise uniquement sur sa capitalisation boursière ?
Non, je ne pense pas. D'ailleurs, c'est tout l'enjeu de la journée qu'on a fait aujourd'hui. La journée d'aujourd'hui, c'est quoi ? C'est comment ? Il y a des entreprises qui, by design, impact. Maintenant, tu as les entreprises, si tu as décidé de développer un outil de gestion comptable, c'est déjà très bien d'ailleurs de vouloir développer un outil de gestion comptable, de se lancer. J'ai envie de dire, il y a des startups qui ne sont pas à impact mais qui sont quand même de la valeur parce qu'aujourd'hui, des startups, c'est quoi en France ? C'est plus d'un million d'emplois. Déjà, rien qu'avec ça, déjà, tu apportes de la valeur, tu crées des emplois.
Mais la journée d'aujourd'hui, ce qu'on a vu, c'est que n'importe quelle entreprise, en tout cas les salaires et les entreprises ont envie de plus de responsabilité et vont vraiment travailler ce qu'on appelle l'ESG, l'ARSE, c'est la responsabilité sociale et environnementale des entreprises et comment, à travers chaque métier, on peut avoir un impact positif. Comment est-ce qu'on peut mieux gérer ces ressources humaines pour en fait... Alors, c'est ce que j'allais
vous demander parce qu'avoir un impact positif sur le monde, ça peut venir de la technologie qu'on développe et des produits qu'on propose mais ça peut aussi valoir, ça peut sortir de comment est-ce qu'on gère son entreprise. Est-ce qu'une startup, c'est une entreprise ? Des méthodes de gestion des ressources humaines différentes des grandes entreprises ?
J'aurais envie de dire oui mais, alors c'est pas tout à fait vrai, en fait, quand on fait le bilan, on a fait une étude là au mois de juin pour justement voir qui travaille en startup, le fait est, c'est qu'on reproduit quand même beaucoup de biais qu'on voit déjà dans l'économie. Au final, il n'y a quand même pas assez de femmes à des postes de direction, il y a un manque de diversité et ça, je pense qu'il y a un enjeu à continuer à se mesurer.
La force d'une startup, tout de même, c'est cette capacité à changer très rapidement et donc à partir du moment où tu vois qu'il y a un problème, tu trouves une solution, c'est vraiment la mentalité dont tu parlais Loïc et je pense que c'est un super, encore une fois, échantillon laboratoire où on sait qu'il y a un problème, comment est-ce qu'on fait en fait pour attirer des profils plus divers et ce qu'on voit en tout cas et c'était vraiment tout l'enjeu de la journée aujourd'hui, c'est que c'est une vraie préoccupation de tous les salariés.
Camille, comment est-ce que France Digital vous accompagne ? Ça ressemble à quoi ?
Alors nous, Mayan parlait un petit peu tout à l'heure mais en fait, nous on travaille beaucoup avec France Digital, déjà on profite du réseau, il y a quand même un gros échange de bonnes pratiques mais sur tous les sujets, par exemple, moi je me sers de France Digital dans mon job sur l'impact pour discuter avec les autres personnes qui s'occupent de ça et donc on s'entraide, on regarde les bonnes pratiques. Après, ils ont créé aussi une commission affaires publiques donc en gros, ça veut dire qu'on va se fixer des objectifs ensemble pour faire évoluer les politiques publiques sur certains sujets et on va y aller en groupe. Tu parlais de ça sert à quoi de se fédérer ?
Ça sert à ça, de aussi montrer que des changements de loi ça peut aider plein de gens, ça peut créer des emplois, ça peut permettre de l'impact et nous c'est comme ça qu'on bosse avec France Digital et on va travailler ensemble sur les élections européennes qui arrivent d'ailleurs sur plein de sujets.
Tout à l'heure, on recevra notre invité politique, ce sera le ministre de l'Industrie on a des questions à lui poser notamment sur la décarbonation de l'économie. C'est quoi les... Est-ce que vous avez déjà eu des échanges avec des responsables politiques ?
Alors oui, nous aussi on a en interne des gens qui gèrent ça.
Les lobbyistes ?
Oui, ça s'appelle les lobbyistes. Alors je n'utilise pas le mot parce que les gens ça les fait un peu flipper en général quand on parle des lobbyistes.
C'est flippant, oui.
Mais il faut savoir que le lobby... C'est positif le lobby, il faut arrêter. Parfois c'est intéressant de faire ce travail d'éducation qu'on va préparer à la porte et on est un peu chiant en disant regardez ce qu'on fait et regardez ce qu'il faut faire. Oui, et puis pour vous donner un exemple très concret nous, nos lobbyistes chez Back Market ils vont à Bruxelles ils vont expliquer en fait qu'il faut favoriser l'économie circulaire parce qu'en fait ça ne sert à rien de continuer à produire comme si on avait des ressources illimitées et créons des lois qui vont permettre déjà de mieux informer les consommateurs. On entend beaucoup parler de greenwashing, etc.
Comment on empêche les boîtes de faire ça ? En fait, en englomontant aussi parce qu'elles ne feront pas forcément de même si ça leur sert. il y a aussi la question parce qu'on entend vachement parler de la TVA verte.
Oui, la TVA verte, oui.
Comment en fait on ne pénalise pas les produits qui vont avoir un impact positif sur la planète versus des produits qui sont plutôt dans la destruction de ressources ? Donc par exemple ce que font les fermiers qui bossent avec vous pourquoi en fait il y aurait le même niveau de taxation que des choses qui sortent de gros groupes agroalimentaires qui vont se faire énormément de profits sur des petits producteurs.
Oui, récemment d'ailleurs dans le budget 2024 il y a eu une réduction de la TVA pour les événements e-sport qui vont du coup avoir le même. C'est un exemple de lobbyistes qui ont réussi à obtenir ça de la part du gouvernement même s'ils sont passés par 49-3 ils ont quand même gardé cet amendement-là. Toi Maya, c'est quelque chose que... Qu'est-ce que tu dis aux politiques quand tu les rencontres ?
Alors, on peut les rencontrer justement parce qu'on est fédérés et c'est vrai qu'on rencontre régulièrement des députés français les différents ministres les équipes des ministres aussi les députés on a tellement de combats en parallèle parce qu'on représente tellement d'entreprises ce serait compliqué de tout dire de tout décrire mais s'il y a un seul combat je pense qu'il faut arriver à mener c'est ayez confiance dans les startups parce que c'est vrai qu'on prend des risques mais il faut nous permettre de pouvoir prendre ces risques et de quoi on a besoin ? On a besoin d'argent mais on a surtout besoin de clients en fait en tant qu'entreprise et c'est vrai que...
C'est pas à l'État de vous les apporter ici ? Pardon ? C'est pas à l'État c'est pas aux gouvernants de vous les apporter les clients ?
Je pense qu'en fait l'État peut faire effet de levier pour justement nous aider à... La création de la marque French Tech c'est un parfait exemple de comment est-ce qu'on a réussi à collaborer avec l'État c'est de dire en fait on existe il faut que vous nous aidiez à exister sur l'échiquier international et montrer qu'en fait on a une valeur ajoutée en tant qu'entreprise française et la création de cette marque commune qui est une marque d'État tout de même ça c'était un super travail collectif qui nous a permis d'exister ça peut être... Ne serait-ce que ça c'est donner confiance en disant acheter du Made in France et acheter de la tech française
Loïc, toi tu es docteur tu es docteur en intelligence artificielle en quoi est-ce que l'intelligence artificielle ça t'aide dans l'entreprise Fermi ?
Alors du coup j'ai fait un doctorat en intelligence artificielle ma start-up d'avant c'était sur la vision pour les voitures autonomes donc juste pour bien comprendre ce que c'est que l'intelligence artificielle c'est pouvoir voir le piéton avant de l'écraser ou détecter que la personne est en train de s'endormir au volant c'est des choses très concrètes là à Fermi c'est ce qu'on a pu mettre au point l'atelier de transformation autonome qui permet à la ferme de faire des produits sans surcharge de travail pour l'éleveur c'est rendu possible grâce à l'intelligence artificielle c'est un ensemble de robotiques qui sont contrôlées par de la vision mais c'est aussi un problème assez complexe c'est-à-dire arriver à faire matcher à faire correspondre l'offre et la demande c'est-à-dire que s'il y a dans une journée 100 personnes qui commandent en même temps à la ferme un qui veut des yaourts du fromage blanc de la crème etc comment faire pour lancer la production nous concrètement à la ferme il y a 20 litres qui arrivent toutes les demi-heures et à chaque instant on doit décider qu'est-ce qu'on lance maintenant pour pouvoir correspondre parfaitement à la demande et ça c'est des problématiques complexes qui sont résolues par l'intelligence artificielle en particulier et ça évite le gaspillage alimentaire du coup j'imagine exactement c'est vraiment l'enjeu c'est-à-dire qu'un fermier qui ne fait que des yaourts et bien si demain il n'a pas de vente il se retrouve avec un gros tas de yaourts qui ne sait pas quoi en faire ici avec cette solution on fabrique vraiment la demande et du coup on fabrique que ce dont on a besoin Camille vous vous essayez de faire de la pédagogie aussi sur la réparabilité on en a rapidement parlé tout à l'heure qu'est-ce que vous entendez par là
alors justement ça se joue beaucoup au niveau réglementaire aussi c'est ce que j'évoquais un petit peu tout à l'heure c'est qu'en fait il n'y a pas forcément accès aux bonnes pièces c'est difficile il n'y a pas d'éco-conception aussi c'est-à-dire que même si certains appareils sont plus réparables aujourd'hui qu'il était avant c'est encore très très très compliqué donc nous en fait on essaie de promouvoir cette réparabilité là de faire en sorte que ça soit plus facile pour les réparateurs les reconditionneurs de faire leur métier en fait et puis ça se traduit par plein de choses nous on a par exemple un laboratoire de recherche chez Backmarket pour vous donner un exemple quand il y a un nouveau smartphone qui sort on le commande on le démonte on regarde comment on peut le remonter comment on peut le réparer et puis on transmet les informations aux réparateurs pour qu'ils puissent justement mieux réparer mais il y a un immense change aujourd'hui sur ces sujets là parce qu'il faut que en fait il faut qu'on garde nos appareils le plus longtemps possible surtout que parfois réparer coûte beaucoup plus cher que d'acheter quelque chose de neuf et donc en fait il y a ce côté un peu contre-intuitif où tu te dis pourquoi j'ai l'embêté ?
mais ça fait justement partie de ces sujets sur lesquels nous on essaie d'agir comme je disais tout à l'heure le sujet sur les pièces détachées il est énorme parce que en fait les constructeurs mettent des prix très très élevés sur les pièces détachées quand elles sont disponibles parce que souvent en fait l'obsolescence ça passe aussi par ça par arrêter la production mais quand elles sont disponibles elles sont très chères donc pour un réparateur ça devient très compliqué d'acheter ces pièces d'origine parce que ça n'a plus d'intérêt en fait et en plus il y a des études qui disent que si le prix de la réparation est supérieur à un tiers du prix de l'appareil neuf la personne va renoncer donc il y a un gros sujet là-dessus à faire et ça passe aussi sur comment on raconte et on explique et on montre les preuves de cet impact de la production c'est-à-dire ce que ça veut dire sur l'extraction des matières premières par exemple on entend parler des terres rares etc ça ça veut dire plein d'écosystèmes qui sont détruits sur la consommation en eau on ne sait pas par exemple mais fabriquer un téléphone ça utilise énormément d'eau on avait calculé pour s'amuser c'était la consommation journalière d'un être humain pendant son deux ans il va fabriquer un téléphone c'est quand même des impacts qui sont assez concrets
tu parles des terres rares est-ce que vous croyez vraiment sincèrement que l'entreprise peut jouer un rôle dans la lutte contre le réchauffement climatique ou est-ce que c'est un obstacle pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans un pays comme le autre
je pense qu'à la fois tu as une forme de motivation des entrepreneurs à leur trouver des solutions à aller dans ce sens-là et en fait on va de toute façon être contraints et les entreprises vont s'adapter à ça et aujourd'hui tu ne peux pas avoir un modèle sur le long terme si effectivement ton modèle repose sur la consommation d'eau et qu'en fait on n'a plus d'eau à la fin ton modèle ne marche plus donc de base l'entreprise doit s'adapter
on a reçu pas mal de politiques sur le plateau de Baxit nous expliquer que la France c'était un pays dans lequel on ne peut pas entreprendre il y a trop de normes il y a trop de charges etc vous avez l'air de démontrer que c'est l'inverse en fait que la France c'est un paradis entrepreneurial c'est vrai qu'on a vrai ou faux Loïc c'est vrai qu'on a une vraie chance c'est à dire que depuis une vingtaine d'années il y a une vraie démarche c'est à dire que aux Etats-Unis dans la Silicon Valley il y a eu des très belles entreprises qui ont gagné beaucoup d'argent et il y a un système qui fait que les anciens entrepreneurs investissent massivement dans les nouveaux projets nous en France on avait un gros retard et du coup on a mis en place moi je n'ai rien mis en place mais l'Etat a mis en place un système où on met de l'argent dans toutes les bonnes idées qui arrivent et c'est hyper confortable pour démarrer un projet ça permet de faire émerger toutes les start-up qu'on a actuellement mais il y a encore du boulot à faire parce qu'effectivement on a du mal encore à faire des géants il y a le back market qui a bien réussi mais voilà il en faudrait beaucoup plus et voilà il y a quelqu'un dans le chat qui nous fait remarquer que Xavier Niel disait sur France Inter que la France était un paradis fiscal pour les entrepreneurs Xavier Niel avait dit ça qu'est-ce que t'en penses toi ?
Non moi je pense que la France effectivement est devenue un pays où il est possible d'entreprendre et surtout d'être ambitieux et de rêver grand clairement et en tout cas plus qu'il y a 20 ans et moi ça fait un peu plus de 10 ans que je suis dans cet écosystème de start-up et je vois vraiment la différence d'ambition et de capacité à passer à l'échelle de nos entreprises maintenant il y a encore effectivement plein de freins et il n'est pas du tout rare moi quand je fais des voyages à l'étranger ou quand je rencontre des étrangers qui me disent ah ouais la France mais c'est trop compliqué parce que ça reste encore hyper compliqué même si ça a progressé
Qu'est-ce que t'as comme exemple de complexité administrative ?
Déjà juste faire un contrat avec différents types de contrats de travail il y a aussi
Si c'est protecteur pour les salariés c'est pas très grave qu'il y en ait différents
Je suis complètement d'accord C'est juste que imagine t'as une entreprise typiquement back market et là c'est le côté européen qui parle tu souhaites ouvrir des bureaux dans différents pays tu dois faire des contrats avec des personnes de différents pays en Europe c'est à chaque fois une nouvelle administration c'est hyper complexe il n'y a aucune passerelle et donc c'est un véritable casse-tête pour n'importe quel DRH
Est-ce que vous bossez avec d'autres structures comme par exemple des associations des coopératives des choses comme ça ou est-ce que les start-up restent entre elles ? Vous êtes dans un maillage fin de partenariat ?
Ah ben non oui parce qu'en fait on essaie de se créer un changement culturel sur la consommation de la tech donc il faut qu'on parle avec tout le monde on bosse avec des associations aussi notamment sur la fracture numérique donc les gens qui n'ont justement pas accès à la tech en France on bosse avec Emmaüs Connect par exemple qui est une association qui est spécialisée là-dedans on bosse aussi sur la lutte contre le déchet électronique qui est le flux de déchets qui augmente le plus vite aujourd'hui c'est des dizaines de millions de tonnes de déchets tous les ans et on travaille aussi avec l'écosystème qui permet de faire de la réinsertion par le travail par le travail de reconditionnement donc on travaille à Paris on travaille avec le CFA du Crété qui va former des gens qui vont aller bosser chez Aéro Conditionneur qui vont permettre justement d'alimenter ce secteur qui crée des emplois et qui permet aussi d'avoir un impact positif sur la planète
Je regarde un petit peu le chat il y a beaucoup de réactions il y a beaucoup de scepticisme quand même dans le chat le public est assez sceptique sur les startups sur leur environnement sur leur jargon etc qu'est-ce que vous pourriez dire pour essayer de recoller les morceaux avec peut-être une génération qui n'y croit pas un quart de seconde à tout ce que vous dites
J'ai des preuves
Vas-y
Alors nous sur la question mon boulot chez Back Market c'est de mesurer l'impact et justement montrer qu'on a des preuves et que ça a vraiment un impact positif donc on a fait des études scientifiques qui ont permis de montrer ces impacts-là après sur la startup en général c'est un peu difficile aussi pour moi d'en parler moi je suis postier Back Market qui est une startup qui a un impact positif par son ADN mais je pense qu'il y a plein d'idées super bonnes pour lutter enfin pour améliorer les impacts pour lutter contre le réchauffement climatique etc et qu'il faut aussi choisir et soutenir ces boîtes-là alors pour le reconditionner je ne parle pas particulièrement de Back Market mais globalement aller plutôt réfléchir à sa façon de consommer etc c'est aussi une façon de soutenir ces boîtes-là et ça permet d'avoir un impact qui est concret malgré le fait qu'on soit tous des suppos du grand capital tout simplement je dis vous allez sur le site de France Digital on a sorti aujourd'hui une cartographie d'un peu plus de 1000 entreprises en impact donc déjà allez voir la liste de ces entreprises vous allez voir qu'elles apportent des solutions ultra concrètes pour la société primo et puis après je comprends le scepticisme il y a un truc et puis moi ça fait longtemps que je suis dans ce secteur-là où à un moment il a fallu exister et l'image qu'on peut avoir d'une start-up le start-up c'est ce que je te disais le start-up qui sort de grande école ou alors un geekos avec son suite à capuche qui est sur son ordinateur en train de coder en fait il y a des clichés qui sont apparus mais les clichés parfois sont nécessaires c'est un peu un outil marketing de dire on existe voici à quoi on ressemble mais après quand on regarde un peu plus près dans les chiffres
c'est ce que j'ai demandé
c'est pas tout à fait le cas la moitié des start-up aujourd'hui elle se crée en dehors d'Ile-de-France alors oui ça a mis du temps pour se créer en région mais la tendance est plutôt à l'accélération en fait c'est juste le temps que ça se démocratise et que ça sorte de cette espèce effectivement de ce petit cercle d'origine mais c'est plus du tout la même chose qu'il y a à 10 ans
c'est justement ce que j'allais te demander sur la représentativité dans ce monde là est-ce que c'est pas un peu beaucoup des blancs sortis d'école de commerce des hommes la plupart du temps est-ce que ce cliché là il est vrai ou pas
je te cache pas qu'à 60% les profils qui sont en start-up ils sont diplômés bac plus 5 donc on est quand même déjà on est sur une forme d'élitisme clairement maintenant il y a une je pense aussi du fait que c'est un environnement qui est assez peu connu je pense qu'aujourd'hui c'est devenu un réflexe pour effectivement les personnes qui sortent de grandes écoles de se dire tiens pourquoi pas aller travailler en start-up je pense que ça allait beaucoup moins pour d'autres formations alors qu'en fait le besoin de ces entreprises là il est multiple il manque cruellement de talents et pas forcément des talents ultra diplômés et pas forcément des talents qui habitent en Ile-de-France
est-ce que c'est vrai de dire que si on est noir et qu'on vient en banlieue on aura beaucoup moins de chances de percer dans le monde des start-up Loïc pour moi c'est pareil que dans le reste des entreprises et effectivement même si on n'est pas forcément en bac plus 5 qui est un génie en informatique soit on voit bien des anciennes start-up comme Amazon qui recrutent énormément des start-up dans des vrais ou toutes ces start-up qui font que les start-up matures au bout d'un moment embauchent autre chose que juste des bac plus 5 ou des bac plus 8 spécialisés en informatique ou en produit marketing et voilà c'est juste une question d'étape Camille
alors nous on a la moitié de nos équipes qui sont à Bordeaux aujourd'hui où il y a un gros écosystème tech à Bordeaux depuis longtemps en fait il y a un incubateur qui s'appelle Darwin qui est là depuis très longtemps et Backmarket a été en partie incubée à Bordeaux donc on n'est pas que parisien notre CEO habite à Bordeaux d'ailleurs aussi donc c'est aussi cool que ça soit pas que centralisé à Paris après oui c'est sûr qu'il y a un gros écosystème à Paris qui existe qui est lié aussi au fait qu'il y a une concentration d'expertise aussi mine de rien à Paris
Merci beaucoup à tous les trois une dernière question où est-ce qu'on peut vous retrouver pour celles et ceux qui vous ont écouté c'est quoi vos sites internet vos réseaux sociaux tout ça France Digital
France Digital avec un E FranceDigital.org
FranceDigital.org
Backmarket.fr
Backmarket.fr et Fermi F-I-R-M-E I-O Fermi.io Merci beaucoup à tous les trois je vais vous laisser quitter le plateau on va rebalancer un petit générique et c'est la suite au Back6 qui reprend tout de suite après une émission Back6 en partenariat avec France Digital on est ici à la Bellevilloise à Paris une salle de concert mythique qui nous accueille pour cette émission exceptionnelle on va parler de l'actualité de la semaine avec mes chroniqueurs et dans la deuxième partie de l'émission on recevra notre invité politique il s'agira de Roland Lescure le ministre de l'Industrie à qui on a beaucoup de questions à poser notamment sur la décarbonation de l'économie aujourd'hui avec moi sur ce très très beau plateau on a le plaisir de retrouver Claire salut Claire ça va ?
oui très bien
très contente de te retrouver Claire tu es militante écolo ancienne candidate aux élections législatives et doctorante en sciences politiques exactement ça fait plaisir de te retrouver Claire on va reparler de toi dans quelques instants bouge pas Lorraine comment ça va Lorraine ?
ça va très très bien contente de te voir du monde
bah ouais contente de te voir aussi Lorraine tu es journaliste pour la fondation pour la mémoire de l'esclavage tu es élue au conseil municipal de Fosse et tu es cofondatrice de la cité des chances
ouais une association qui a vocation à faire en sorte que les jeunes de banlieue s'intéressent à la politique
les jeunes de banlieue s'intéressent à la politique et on est aussi avec Malek salut Malek salut Jean Malek t'es communiquant politique et chroniqueur par ailleurs notamment sur Backseat et tu es aussi le fondateur du podcast Autour de moi exactement depuis trois mois maintenant exactement et bah ça fait super plaisir quelques petits trucs que je voulais vous dire rappelez-vous les amis pour financer cette émission Backseat on a mis en place cette année un financement participatif avec des paliers des donation goals pour essayer de vous inciter à participer au financement de cette belle émission vous êtes nombreuses et nombreux chaque semaine à rejoindre le financement participatif et je tenais à vous remercier et dans les paliers on avait proposé à Claire enfin Claire avait proposé plutôt de faire une reprise du générique de Backseat au piano on va se réécouter le générique de Backseat avant de discuter de sa version piano écoutez ça voilà on a tous reconnu le générique de notre émission préférée Claire t'as voulu t'attaquer à ça au piano comment ça s'est passé
oui en fait je l'ai proposé tout le monde a dit oui c'est bon l'idée a été validée et j'ai réécouté le générique après et je sais pas s'il y en a qui sont pianistes dans la salle mais en fait c'est très peu pianistiquement adaptable ce truc il y a énormément de boum boum de rythmique qu'en fait on peut pas du tout ou très peu ou difficilement reproduire au piano donc je me suis dit dans quelle galère je me suis mise donc en fait c'est une adaptation très libre vous devez chercher par vous même les notes qui sont à l'origine dans le générique mais voilà
tu nous proposes donc une création au piano à partir du générique oui voilà et bien je vous propose qu'on écoute le résultat ça a été tourné ce matin même ici autour du piano raconte raconte ça t'a pris combien de temps
alors en fait j'ai été j'étais un peu malade la semaine dernière donc alors que j'avais prévu de vraiment le travailler à ce moment là donc ça a pris le temps que j'ai pu y accorder voilà non non mais ça va ça fait juste ça faisait très très longtemps que je jouais plus voilà il y a eu des années où j'ai beaucoup joué puis il y a eu la classe préparatoire voilà on abandonne absolument tout et on se met à travailler jour et nuit donc voilà et c'était donc un plaisir de me retrouver parce que tu fais des pianos
depuis longtemps
ouais j'ai commencé à 5-6 ans ouais d'accord donc t'as vraiment fait
beaucoup de pianos mais ça a dû être un challenge quand même de te remettre pour faire une création
ouais ouais mais c'était un plaisir mais je vous en voudrais pas si vous gardez le générique initial oh non je pense qu'on va
on va garder ta version aussi un teneur d'applaudissements à nouveau pour Claire s'il vous plaît merci beaucoup Claire et bravo à toi toujours pour parler des donation goals Malek mon cher Malek ouais toi toi tu t'étais engagé à lire le temps des combats de Nicolas Sarkozy au coin du feu je sais pas pourquoi j'ai fait ça pourquoi je l'ai dit en fait écoute tu l'as fait c'était la semaine dernière et je vous propose qu'on regarde un petit magnéto qu'on a fait des meilleurs moments de Malek qui lit Nicolas Sarkozy monsieur Massier
je viens de hacker votre chaîne d'accord c'est une prise d'otage d'accord je vais lire mon bouquin sur votre chaîne d'accord monsieur Massier bon ok c'est bon je vous l'ai fait l'imitation Nicolas Sarkozy il s'agirait de ne plus la réclamer moi j'ai adhéré
à un parti en 2010 en plein quinquennat Sarkozy moi je suis originaire d'Argenteuil Argenteuil ville où Nicolas Sarkozy a parlé de racailles j'ai entendu ça j'étais avec ma mère une associative cœur sur ma maman ça fait que des cœurs sur ma maman s'il vous plaît et ensuite j'ai mon engagement politique en fait est né aussi avec le quinquennat Nicolas Sarkozy bon et ben maintenant y'a Malek délégué qui est Valère Mamboka ne pas faire le choix de notre candidate fut un déchirement personnel Valérie Pécresse pour la première fois en 40 années de vie publique je n'ai pas fait le choix de la candidate de mon parti apparemment nous fûmes nombreux à nous retrouver dans cette situation puisque Valérie Pécresse descendit en dessous de la barre des 5% il eût été possible et même facile de faire autrement cependant il ne sert à rien de pleurer sur le lait renversé je ne connaissais pas cette expression non plus le titulaire de la fonction de premier ministre oublie toujours qu'il a été nommé par celui qui a été élu la rivalité au sommet du pouvoir ne peut se terminer que par la victoire du président élu qui lui-même le payera au prix fort de la désunion de son propre camp dans ce drame il n'y a pas de vainqueur possible c'est pourquoi j'ai conservé ma confiance à François Fillon durant les 5 années du mandat sans jamais le regret il nous dit qu'il ne regrette pas d'avoir nommé François Fillon en même temps c'est un gros boulet ça il me sait plus j'adresse la lecture la lecture des compass c'est quelque chose de compliqué d'accord pour la gloire de Backseat franchement je l'ai fait pour Backseat je l'ai fait pour vous faites des dons donnez abonnez vous il reste encore moins de 500 euros et vous allez avoir le prochain donation goal avec la traversée de l'Atlantique sur Flight Simulator par Jean à très vite
on l'a fait ce donation goal on l'a fait est-ce que c'est bon pour vous serait-ce possible alors merci beaucoup Malek énorme donation goal
Malek mais attends est-ce que t'as regretté d'avoir proposé ça je m'entends chanter encore peut-être qu'on a coupé la vidéo je sais pas ce qu'il m'a pris j'ai fait tous les coups les refrains de Carla Bruni alors remettons les choses dans leur contexte oui oui vas-y vous nous avez demandé de réfléchir à des petits donation goal moi je suis prêt à tout faire pour Backseat d'accord ouais et je voulais quelque chose quand même d'assez fun je me réveille un matin et vraiment c'est venu si c'est l'idée au réveil je vais faire ça je vous l'écris dans le groupe et je me dis bon il y a peut-être quelqu'un qui va me rattraper au vol et qui va me dire non Malek et personne m'a arrêté ah bah non certainement pas non non et puis et puis surtout la commu a donné des sous ouais et il faut en donner encore mais mais donc je n'ai qu'une parole et donc je l'ai fait est-ce que ça a plu aux gens qui étaient dans le chat avec toi alors bah de ce que j'ai lu oui après c'est à eux de dire je ne vais pas parler en leur nom bon et du coup puisque tu t'es coltuné ce bouquin que moi j'ai pas lu je te l'avoue il y a écrit quoi du coup qu'est-ce qu'il raconte Nicolas Sarkozy Nicolas Sarkozy t'explique que sur tout son quinquennat c'est lui le plus beau c'est lui le plus fort un peu je te résume ça il n'a pas été aidé il te donne une petite analyse de en transversale comme ça il te donne une petite analyse des quinquennats Macron en te disant que bon quand même lui il n'aurait pas fait comme ça parce qu'il est meilleur encore une fois et il te dit aussi que Gérald Darmanin et bah il l'aime bien et quasi la double quoi voilà donc autant vous dire que c'était pas forcément fun de lire ce bouquin mais voilà mais on l'a fait et bah merci beaucoup merci beaucoup Malek donc je vous rappelle évidemment que Backseat c'est financé grâce à vous ce sont vos dons qui financent Backseat c'est aussi des partenariats comme celui d'aujourd'hui avec France Digital une émission Backseat je vous rappelle que ça coûte 13 000 euros à produire à fabriquer c'est surtout des salaires ça représente 55% du budget le salaire des personnes qui fabriquent cette émission les viewers c'est vous qui rendez possible cette émission en donnant sur KissKissBankBank il y a plein de contreparties allez sur KissKissBankBank déjà 2500 abonnés qui nous suivent sur KissKiss c'est colossal donc vraiment merci beaucoup à nos abonnés qui nous soutiennent on est à 67% de notre objectif de 30 000 euros par mois et pareil pour les marques les partenaires potentiels qui regardent et qui passeraient par là n'hésitez pas à nous contacter si vous voulez faire un partenariat pour vous aussi participer aux finançants de Backseat nous ça nous intéresse les amis est-ce que ça vous dit qu'on parle de politique je suis un peu là pour ça et bah let's go moi je vous dis c'est parti pour l'actu de la semaine alors l'actualité politique cette semaine on voulait en parler évidemment la méthode Macron les nouvelles rencontres de Saint-Denis qui ont eu lieu donc c'était vendredi 17 décembre dernier en l'absence notable de la France insoumise du PS et même des républicains le président de la république s'est retrouvé entouré par 11 chefs de partis ou présidents de chambre du parlement une discussion à huit clous avec une principale conclusion qui est sortie de ces échanges à Saint-Denis l'absence de référendum sur l'immigration on va revenir un peu dans le détail sur ce référendum sur l'immigration mais avant ça sur la méthode c'est quand même une invention de Nicolas de oula j'allais dire Nicolas Sarkozy c'est une invention d'Emmanuel Macron il avait tenté d'inventer une présidence à l'américaine avec des comptes rendus presse quotidien à l'Elysée il avait essayé de faire ça en 2007 il s'était arrêté assez rapidement Emmanuel Macron il a gouverné assez tranquillement sur son premier quinquennat parce qu'il avait une majorité absolue et là deuxième quinquennat pas de majorité absolue il se retrouve à gouverner de manière un peu chelou et à essayer d'inventer une nouvelle strata de discussion que sont les rencontres de Saint-Nimalek t'en penses quoi toi c'est original non ?
C'est original oui ou non Nicolas Sarkozy décidément Emmanuel Macron nous avait parlé je répète souvent cette phrase mais parce qu'elle m'a marqué il nous a parlé à l'entre-deux tours de la dernière élection présidentielle de faire politique autrement donc on attend toujours le faire autrement il nous a balancé ces petites rencontres de Saint-Denis encore une fois un petit process très monarchique du roi qui discute avec une petite cour et puis au final il a fini par se perdre à son propre jeu puisqu'il a voulu corneriser en fait tout le monde et se rapprocher un peu des LR avec les rencontres de Saint-Denis et au final dans l'os c'est lui qui se retrouve cornerisé parce qu'Éric Ciotti ne veut pas participer à son jeu c'est un peu le paradoxe effectivement de ces rencontres de Saint-Denis c'est qu'à vouloir créer un cadre de discussion d'ailleurs quand il a ouvert les rencontres de Saint-Denis vendredi il a commencé par dire je vous remercie toutes et tous d'avoir accepté de dépasser les clivages pour venir échanger le fameux dépassement des clivages dont il parle mais tu vois ce qui est drôle c'est qu'on sait comment il a ouvert les rencontres de Saint-Denis par des propos rapportés parce que ce truc de conclave de je m'enferme sans téléphone etc mais c'est tellement has been encore une fois il veut nous vendre une modernité etc s'il veut discuter avec les partis politiques il y a un truc qui s'appelle le parlement je ne sais pas si vous connaissez et c'est très bien aussi même au parlement il n'y arrive pas c'est symptomatique d'un Emmanuel Macron cette logique de Saint-Denis pour toi Claire
oui en fait je pense que c'était inscrit en fait dans l'ADN explicite du macronisme de vouloir en fait effectivement faire politique autrement et dans ça il y avait l'idée en fait de dépasser les corps intermédiaires de dépasser les médiations et d'avoir une forme de gouvernement de gouvernance beaucoup plus directe et du coup beaucoup plus fluide aussi c'était ça l'idée c'est on va fluidifier débloquer etc les corps intermédiaires syndicats etc c'est des facteurs de blocage de la société c'est ça la philosophie et en fait ça a effectivement joué des tours au gouvernement notamment lors des gilets jaunes par exemple où là on se dit bon bah là il n'y a pas vraiment d'intermédiaire mais c'est un problème et là on a effectivement les rencontres de Saint-Denis à un moment où on en est au 16ème 17ème 49-3 je crois que le dernier en fait sur le loi budgétaire Elisabeth Borne s'est même pas déplacée à l'assemblée pour l'annoncer donc c'est un peu on a un peu une dissonance entre cette espèce de manière de mépriser de piétiner ce qui fait en fait le quotidien de nos démocraties ce qui fait la vie démocratique de notre pays et du coup de créer comme ça des espèces de gadgets démocratiques mais en lesquels c'est de plus en plus difficile pour les parties prenantes de croire parce qu'on a eu le grand débat qui n'a pas donné grand chose c'est dans les archives quelque part ce serait d'ailleurs très intéressant et très utile de les ressortir
tu parles des cahiers d'oléances
oui les cahiers d'oléances mais ça n'a pas été utilisé politiquement on a eu la convention citoyenne pour le climat où c'est pareil on a fait travailler des citoyens et des citoyennes pendant longtemps ça n'a rien donné donc en fait il y a un truc de confiance en fait dans le pacte démocratique qui là se brise et là les parties ils n'ont plus envie d'être un peu les guignols de ce jeu là que Macron joue de plus en plus seul
il y a Mr Yougis dans le chat qui fait remarquer qu'un président de la république c'est censé être au dessus des partis politiques et Macron est totalement en contradiction avec son aspect jupitérien je suis assez d'accord avec cette analyse là c'est vrai qu'on n'imagine pas le général de Gaulle réunir les chefs de partis pour discuter avec eux il avait un tel mépris pour les partis de général de Gaulle il y a de ça et c'est très intéressant que tu parles du général de Gaulle parce que dans la préparation des premières rencontres de Saint-Denis on a eu la petite indiscrétion je ne sais pas si c'était Emmanuel Macron ou quelqu'un à l'Elysée qui avait appelé Jordan Bardella président du rassemblement national pour préparer ces rencontres de Saint-Denis on ne sait pas si tous les autres chefs de partis ont été appelés et là encore ça veut dire beaucoup je vais faire mon mec de droite de 2017 mais est-ce que le général de Gaulle aurait appelé Jordan Bardella pour préparer les rencontres de Saint-Denis non sûrement pas Lorraine toi tu fais le parallèle avec le congrès des maires de France on parlait de dépasser les corps intermédiaires
bah oui non mais déjà en fait moi ce qui m'interpelle c'est qu'il dépasse même le rôle de la première ministre en fait et moi je m'interroge déjà sur le fait que est-ce que si c'était un homme ou est-ce que si c'était Édouard Philippe ou peu importe est-ce qu'il se serait permis comme ça via le rapport de force notamment via le parti Horizon que Édouard Philippe a monté etc et tout le mouvement qu'il avait derrière lui est-ce qu'il se serait permis d'outrepasser ce rôle là et de discuter avec les partis alors que c'est pas son rôle selon en tout cas l'interprétation de la constitution moi je suis pas sûre mais en fait j'y vois aussi un parallèle avec le congrès des maires parce que effectivement il n'y est pas allé donc pour la deuxième année consécutive et en fait non seulement il n'y va pas mais en plus il fait un petit cocktail donc c'était hier soir avec un millier de maires dont il y a pas mal de maires qui ont été invités qui ont boycotté le truc parce qu'ils se sont dit bah non viens discuter même avec ceux qui n'ont pas envie de grignoter avec toi et te taper la bise bah en fait non il a fait son truc dans son coin et en gros il en est ressorti qu'en fait il a dit plein de trucs c'était cool c'était sympa mais bah en fait maintenant on attend les actes surtout parce que c'est pas la première fois qu'il faisait des annonces aux collectivités territoriales et notamment aux maires et qu'en fait c'est pas suivi d'action
c'était effectivement du 20 au 23 novembre donc jusqu'à aujourd'hui le congrès des maires auquel Emmanuel Macron n'a pas pris part s'est perçu comme un symptôme d'une rupture entre l'état et les territoires entre Emmanuel Macron en tout cas et les territoires David Lysnard le président de l'association des maires de France parle d'une défiance carrément entre les collectivités locales et le pouvoir une défiance qui se nourrit de l'inconstance je cite c'est assez intéressant on rappelle qu'Emmanuel Macron aura fait deux quinquennats successifs de 2017 à 2027 sans jamais réussir à s'implanter localement concrètement c'est intéressant ça de se planter à toutes les élections alors se planter aux élections intermédiaires quand on est au pouvoir c'est pas aberrant c'est même plutôt habituel mais de là à ne même pas réussir à créer vraiment un ancrage territorial affirmé appuyé de beaucoup beaucoup de maires on a même l'impression que le seul qui en tire un petit peu les marrons du feu c'est Edouard Philippe Claire
oui en fait ce que disait Lorraine c'est très emblématique de cette manière de passer outre les corps intermédiaires établis organisés tel quel le congrès de l'AMF normalement il y a une attente qu'il y ait une présence et une écoute de l'exécutif à ce moment là et là effectivement il choisit de faire un truc un peu un peu à côté et c'est effectivement tout à fait cohérent avec la construction du macronisme qui philosophiquement c'est aussi construit au dessus et et par-delà l'ancrage territorial qu'on connaît au parti traditionnel parce que justement il s'est construit par-delà gauche et droite théoriquement du moins et du coup il s'est construit aussi par-delà les échelons territoriaux et les rapports de pouvoir qui pouvaient s'y inscrire après on peut se dire bon il prend le pouvoir et après il construit une espèce de base lors des élections suivantes c'est pas tout à fait le cas du coup ça complique les relations effectivement avec les différents niveaux de collectivité territoriale et là on atteint un peu le bout de l'exercice avec beaucoup beaucoup d'agacement je pense du côté des maires des responsables de collectivité locale et une attente aussi de moyens supplémentaires face à des contraintes qui sont de plus en plus grandes et on a des dotations de financement qui sont plutôt à la baisse donc tout ça nourrit un peu un sentiment de bon
moi je pense qu'Emmanuel Macron n'est pas allé au congrès des maires de France parce qu'il a voulu s'éviter des images terribles de huées reçues de la part de maires les relations avec les mairies ne sont pas au beau fixe puisque le gouvernement est accusé de laisser les maires se démerder avec leurs taxes locales pour financer leurs projets en leur filant moins de dotations et donc forcément ce côté de renvoi de la balle chaude aux collectivités locales c'est sûr que ça ne pouvait pas beaucoup plaire toi Malek t'as bossé avec des maires ils en disent quoi eux j'ai bossé avec des maires je continue de penser et de dire que c'est le plus beau mandat qui soit parce que c'est celui du quotidien de la proximité avec les français il y a des maires fatiguées il y a des jeunes maires en plus je pense à toute une génération de maires qui est montée en 2020 et des nanas des gars qui se tuent à la tâche qui ont fait des sacrifices aussi dans leur vie perso et qui en plus de la difficulté de la tâche avec la baisse des dotations on se retrouve confronté en plus avec cette montée de la violence à des violences dont ils sont les victimes malheureusement et même face à ça même face à ça l'état les abandonne on avait entendu parler à l'époque c'était Nicole Belloubet qui était ancienne ministre de la justice qui avait fait une circulaire pas vraiment d'action concrète Dupond-Moretti son successeur même chose pas véritable pas de véritable action concrète on voit beaucoup de démissions de maires aussi il faut en parler jusqu'à quand ?
jusqu'à quand ?
encore une fois il y a une belle génération de maires je pense parce que c'est des personnes avec qui j'ai parlé ces derniers jours Karim Bouhamran à Saint-Ouen qui fait partie du comité directeur de l'AMF de l'association des maires de France il y a Benoît Payan à Marseille il y a Nadej Azaz à Chatillon il y a Nesrine Menawara à Beson tout ça c'est des jeunes élus qui ont décidé de s'engager pour le commun mais s'ils continuent d'être abandonnés par l'état peut-être qu'un jour ils finiront par rendre le tablier et on s'en mordra les doigts quelques chiffres effectivement pour parler de ces agressions d'élus locaux 2265 plaintes et signalements d'élus locaux victimes d'agressions en 2022 c'est une augmentation de 32% d'agressions en plus principalement dirigées contre les maires Lorraine toi tu es élu local c'est quelque chose que tu constates parfois la montée de la violence contre les élus locaux
bah oui et en fait ce qui était symptomatique c'était cet été ce qui a eu les mouvements sociaux qui a eu suite à la mort de Naël en fait on a eu même dans ma ville en fait des parties de la mairie cassées heureusement des élus se sont déplacés pour protéger en fait finalement les bâtiments publics que ce soit la mairie la médiathèque etc mais oui effectivement et en fait le truc c'est que bah en fait nous on est en première ligne il y a beaucoup de gens qui savent très bien où habite leur mère on peut pas aller toquer à l'Elysée et dire écoute j'ai un problème avec toi ni aller casser l'Elysée donc clairement oui on est en première ligne et le truc c'est que souvent on nous accuse de choses qui sont pas de notre ressort en fait que ce soit au niveau de la ville donc je sais pas par exemple des choses qui dépendent des départements des régions etc même si on peut évidemment discuter avec ces collectivités là mais en fait on est le premier rempart en fait politique face au niveau national dans l'oeil des gens donc en fait on est vraiment en première ligne et ça pose problème et il y a pas mal de maires qui ont démissionné par rapport à ça parce que totalement découragés et dégoûtés de ce mandat alors que comme disait Malek c'est un des plus beaux mandats en fait
il y a eu pas mal on se souvient notamment de l'affaire très médiatique de Yannick Moraise qui était le maire de Saint-Brévin-les-Pins dont la maison a été brûlée par des militants d'extrême droite Claire comment est-ce que l'Etat pourrait mieux aider les élus locaux ?
Ouais sur ce cas-là en fait donc c'est un élu qui voulait en fait autoriser l'installation d'un lieu d'accueil pour les demandeurs d'asile il me semble et il a reçu des énormes oui enfin voilà il y a des lieux d'accueil et d'hébergement qui sont installés et du coup c'est effectivement les élus locaux des territoires concernés qui prennent en charge parfois volontairement parfois moins et là donc le maire de Saint-Brévin s'était déjà pris une première salve de menaces y compris de menaces de mort venant de l'extrême droite très clairement ça a été signalé ça a été remonté il y a des alertes qui ont été passées il n'y a pas eu d'action de prévention ou de protection de ce maire de la part du gouvernement ou de la police et effectivement son logement a été brûlé et il y a eu à ce moment-là un déplacement d'Elisabeth Borne pour dire en gros la montée des extrêmes etc sans caractériser sans poser le mot en fait c'est l'extrême droite qui est ici responsable de l'intimidation et de clairement de l'agression et de ce crime envers ce maire donc je pense que oui il y a une montée de la violence etc mais je pense qu'il y a aussi une responsabilité politique de la nommer en fait quand elle a une source très claire de dire ici c'est un crime raciste venant de l'extrême droite et cette difficulté parfois à poser les bons mots sur les formes de violence qui s'expriment en fait ça donne un truc un peu avec bon bah il y a la montée des extrêmes et la montée de la violence mais ça nous donne pas une idée claire de la manière dont le débat public et politique est en train de graduellement se déplacer vers l'extrême droite et comment on va faire face à ça et les conséquences qu'il y a au quotidien
il y a aussi parfois des violences entre les élus Lorraine est-ce que tu pourrais nous parler un petit peu de cette affaire d'une élue qui accuse un autre élu de l'avoir drogué
oui effectivement bah en fait il y a le sénateur horizon Joël Guériot en fait qui est mis en examen en fait parce que suite en fait il a invité une députée donc une députée moderne Sandrine Jossot chez lui en fait lui aurait il y aurait en fait passé une coupe de champagne avec de l'extasie dedans pour la droguer en vue d'une agression sexuelle donc celle-ci en fait s'est fait analyser ensuite à l'hôpital et a déposé plainte donc pour l'instant il est suspendu par son parti apparemment on va y avoir une procédure disciplinaire par rapport à lui mais effectivement il y a aussi des violences entre élus en plus avec l'arrivée de Macron et ça on peut pas lui enlever c'est qu'effectivement il y a eu plus de femmes dans notamment à l'Assemblée nationale mais ces femmes en fait subissent des violences sexistes et sexuelles parfois même dans le cadre de leurs fonctions mais on en parlait
la dernière fois toi et moi c'est vrai que la vie politique ça peut être âpre parfois au niveau local y compris totalement alors de là à aller à droguer qui que ce soit je sais pas il n'y a rien qui est acceptable là-dedans mais indépendamment de ce fait-là qui est particulièrement sordide il y a aussi de l'âpreté au fait de faire de la politique
totalement totalement totalement mais en fait il y a eu pas mal d'affaires comme ça il y a eu l'affaire des chantages à la sex tape je me souviens plus
à Saint-Etienne
à Saint-Etienne et en fait c'est des choses qui arrivent malheureusement en politique et moi en plus j'avais participé au livre de Léa Léa Chandoncel sur plus de femmes en politique mais je disais en fait que c'est bien de nous dire plus de femmes on a envie de s'engager on a envie de faire entendre la voix des femmes mais en fait à quel prix parce qu'en termes de santé mentale ça peut être très très très très violent et en fait je suis très sincère avec vous il y en a qui vivent pour les embrouilles en politique il y en a qui dans leur tête c'est as of card en fait je place mes pions là etc et l'intérêt général ça passe après et en fait moi quand on me disait ça on me disait non mais n'y va pas c'est violent etc moi j'étais là en mode oh mais t'inquiète j'ai le cuir solide etc après tu te retrouves à faire des crises d'angoisse dans ta chambre et tu te dis mais qui m'a envoyé pourquoi donc ouais franchement c'est vraiment un univers violent et ouais il faut avoir bah des gens heureusement on a des très bons conseillers parfois des gens qui ont de l'expérience en politique qui nous conseillent qui nous protègent aussi même parfois mais ouais tout le monde n'est pas n'est pas bienveillant
autre sujet qu'on voulait aborder ensemble pendant ces sujets d'actu la question des démobilisations sur le conflit israélo-palestinien on a l'impression de vivre en France avec une espèce de chape de plomb autour du débat sur le conflit israélo-palestinien on a l'impression que c'est difficile de s'exprimer sur ce sujet on a l'impression que tous les mots sont minés on en a fait l'expérience sur Baxit je ne sais pas si on a toujours réussi à faire ce qu'on a essayé de faire mais donner la parole essayer de faire circuler cette parole Claire est-ce qu'on peut parler d'une chape de plomb ?
Oui je pense que c'est plutôt qu'il y a un certain cadre du débat qui a été posé très rapidement et du coup il y a une vraie difficulté à essayer d'avoir une parole critique et une pensée là-dessus qui sort de ce cadre qui a été posé très rapidement je m'explique en fait la question palestinienne elle n'est pas neuve elle existe depuis des décennies et des décennies et des décennies sauf qu'elle a été relativement en fait négligée par une majorité de la classe politique c'était prise en charge par une partie de la gauche qui en fait suivait de près ce qui se passait en termes de colonisation de territoire supplémentaire etc.
Déjà Amnesty International parlait déjà d'une forme d'apartheid donc en fait la dimension conflictuelle de ce qui se passe dans cette zone n'est pas neuve et ce qui a fait que en fait les réactions ont été aussi aussi aussi vives lors du 7 octobre c'est qu'on avait très peu travaillé on avait un peu enfoui et invisibilisé cette question ce qui fait que beaucoup des analyses en fait elles ont commencé avec la prise en compte de ce qui s'est passé le 7 octobre et que en fait toutes paroles qui venaient essayer de replacer dans l'histoire longue étaient très rapidement balayées et assez rapidement il y a eu une parole gouvernementale aussi pour dire qu'il y aurait un soutien conditionnel à Israël et en fait ça ça a créé une situation où toutes les paroles qui venaient dire bon bah là il y a quand même une situation où le droit international est clairement bafoué l'ONU le dit toutes les agences internationales tous les spécialistes du droit international le disent ces paroles là du moins dans le contexte français ont été s'expriment difficilement il y a eu pas mal d'interdictions de manifestations au début autour de ces questions là même pour des appels à la paix à la déescalade au cessez-le-feu donc oui il y a clairement une crispation mais aussi parce que c'est un conflit qui clive mais selon des logiques dont on n'a pas forcément l'habitude d'appréhender ça clive au sein des familles politiques mais au sein des familles tout court on sent que c'est quelque chose qui est aussi très vif en nous parce que ce qui se passe c'est extrêmement c'est d'une violence inouïe c'est des formes de barbarie et de déshumanisation très claire donc c'est aussi des choses qui sont difficiles à appréhender depuis notre position de commentateur ici très loin de ce qui se passe là-bas
je me demande si on est en train de voir émerger une nouvelle génération pro-palestinienne de la même manière que par le passé il y a eu une génération contre la guerre au Vietnam par exemple qui a été structurante dans la vie politique aux Etats-Unis qui a suivi le mouvement des droits civiques j'ai l'impression qu'on est tous pro-palestiniens quand je dis nous c'est le peuple d'internet les gens qui regardent Backseat il y a une espèce de on est tous d'accord pour reconnaître aussi que dans le paysage médiatique on est mal représenté et ça c'est un truc que je trouve assez structurant et assez important Malek qu'est-ce que t'en penses je vais pas te rejoindre sur le fait qu'aujourd'hui la génération internet est aujourd'hui en soutenant à la cause palestinienne parce que malheureusement c'est pas le cas j'ai très peu parlé sur le sujet et je vais le faire de manière très apaisée comme je le fais toujours moi ce qui me dérange c'est cette petite diabolisation qui a pour condamner aujourd'hui le discours des soutiens à la cause palestinienne un soutien qui est en fait tout naturel on parle juste de vie humaine et cette diabolisation tout le monde sait en réalité qu'aujourd'hui les soutiens à la cause palestinienne ne sont pas antisémites dans leur extrême majorité ne sont pas partisans du Hamas dans leur extrême majorité ne soutiennent pas les actes du 7 octobre dans leur grande majorité par contre c'est les propos de ceux qui souhaitent diaboliser les propos de ceux qui soutiennent la cause palestinienne c'est quoi c'est une minorité de propos qui sont condamnés et qui sont montés en exergue mais bien sûr c'est très difficile en réalité de comptabiliser et d'apporter une preuve mais il suffit juste de regarder autour de soi moi je suis profondément c'est ancré en moi et depuis longtemps on soutient la cause palestinienne mais il n'y a pas une once d'antisémitisme en moi parce qu'en fait ça va aussi à l'encontre de mes valeurs je suis contre toute forme de racisme donc je lutte contre l'antisémitisme de la même manière que je lutte contre toute forme de racisme et ce qui se passe aujourd'hui à Gaza dans cette prison à ciel ouvert me terrifie on passe tous des journées très compliquées depuis plus d'un mois et d'avoir cette diabolisation de ceux qui soutiennent cette politique coloniale du gouvernement Netanyahou ça me pose soucis Lorraine il y a eu aussi l'affaire Guillaume Meurice récemment il y a aussi eu un journaliste qui s'est fait reprendre par sa direction à TV5Monde
bah oui en fait on remarque qu'il y a une espèce de forme de censure en fait quasiment dans les médias où effectivement il y a déjà cette présomption d'être pro Hamas à partir du moment où ne serait-ce que tu lui poses des questions parce que en fait le journaliste de TV5Monde Mohamed Kassi il interrogeait le porte-parole de l'armée d'occupation israélienne et en fait il lui posait des questions tout simplement et il s'est fait rappeler par sa direction et désavouer par sa direction et pareil pour Guillaume Meurice qui est du coup chroniqueur sur France Inter humoriste pas trop comment le qualifier qui suite à une blague en fait sur Netanyahou pareil s'est fait convoquer par la police carrément pour provocation à la haine et injure publique aggravée suite au dépôt d'une plainte le 6 novembre de l'organisation juive européenne donc ils sont les suivis en plus des menaces de mort une campagne de harcèlement absolument horrible envers lui et ça c'est quelque chose que pas mal de journalistes constate et dénonce au sein de leur rédaction qu'il y a vraiment une espèce de et en plus il y a aussi l'aspect racial en fait finalement quand on a un certain nom de famille quand on s'appelle Mohamed par exemple on est plus sujet à être présumé pro-amas ou que sais-je ou antisémite etc et en plus c'est pas aidé par les propos du gouvernement notamment d'Armanan dont je parlais dans l'émission précédente avec son je sais même plus comment il avait dit ça mais son l'islamisme d'asmosphère quelque chose comme ça bref je me souviens plus ce qu'il avait dit mais en gros il avait fait un lien entre les événements et en gros que les musulmans sont antisémites pour être très clair et oui du coup ça n'aide pas et on en est là
mais est-ce que parce qu'on voit se constituer un nouveau mouvement pro-palestinien je dis nouveau mouvement par opposition à un mouvement plus ancien qui remontait aux années 2000 avec l'alter mondialisme etc et j'ai l'impression qu'il est relativement jeune est-ce que est-ce qu'il y a un effet de génération Claire ?
sûrement je pense qu'il y a aussi un effet alors là c'est un peu psychologique mais je pense qu'il y a une parole jeune effectivement qui en fait contrevient de manière beaucoup plus volontaire au cadre de ce qui est établi comme ce qu'il faut penser donc en fait très tôt elle a osé dire en fait ce qui se passe dans la riposte d'Israël c'est du l'ordre du crime de guerre il y a relayé la parole des spécialistes qui disent en fait ce qu'on est en train de voir c'est peut-être une forme de nettoyage ethnique c'est peut-être un génocide avec toutes les enquêtes après qui vont devoir consolider ça mais donc cette jeunesse là elle s'est très vite en fait je pense emparée de ça sur des fondements voilà qui sont portés depuis déjà pas mal de temps par une bonne partie de la gauche je pense qu'il y a aussi quelque chose d'assez simple quelque part de voir assez clairement que dans le débat public il y a un espèce de il y a des valeurs inégales qui sont accordées aux vies et ça c'est frappant ça a été frappant dans plein de prises de parole que en fait la vie d'un enfant palestinien ne valait pas autant c'était pas la même chose que la vie d'un enfant israélien ou autre donc je pense qu'en fait le sous-jacent raciste en fait de ce genre de constat qui était posé dans pas mal de débats médiatico-politiques est ressenti de manière très vive par aussi une génération qui combat de manière pleine et universelle toutes les formes de racisme et c'est aussi pour ça que je pense que c'est une jeunesse qui ne pouvait pas se retrouver dans les mots d'ordre et dans l'appel qui avait été effectué pour la marche contre l'antisémitisme qui justement n'avait pas cette manière universelle pleine et donc républicaine de poser le débat sur la lutte contre le racisme en fait et je pense qu'il y a une fraction de notre génération parce que c'est difficile il y a une grosse partie de la jeunesse qui vire à l'extrême droite etc donc encore une fois les généralisations en termes de génération sont compliquées mais il y a une jeunesse qui est viscéralement antiraciste et qui perçoit le débat tel qu'il est posé sur ce conflit avec le cadrage qui est celui d'un d'une scène médiatico-politique qui est en train justement d'être très très orientée de plus en plus par des mots d'ordre et des interventions d'extrême droite donc je pense que c'est dans ce cas là qu'il faut un peu comprendre la jeunesse de la mobilisation autour des droits du peuple palestinien
Toi Lorraine tu travailles pour la fondation pour la mémoire de l'esclavage c'est quelque chose que tu constates aussi autour de toi c'est l'émergence d'une génération antiraciste universellement antiraciste
Oui en fait déjà on l'a déjà constaté notamment en 2020 quand il y a eu toutes les marches et les manifestations organisées en lien en tout cas avec la mort de George Floyd donc pour le contexte français c'était en lien avec notamment la mort d'Adama Traoré et d'autres victimes de crimes policiers et en fait c'est une jeunesse qui se soulève comme disait Claire en fait face au racisme et du coup qui fait le lien je trouve avec notre histoire en fait finalement donc l'esclavage la colonisation et d'où viennent en fait ces inégalités ou en tout cas comment elles se sont traduites dans notre histoire et il y a en fait une vulgarisation aussi qui tourne sur les réseaux sociaux de partage de paroles d'experts des comptes Instagram etc qui se forment pour expliquer tout ça et oui en fait simplement on en prend conscience et je pense qu'il y a aussi le rôle des images aussi qui jouent beaucoup parce qu'il y a énormément d'images qui sont d'ailleurs très difficiles à regarder et personnellement je n'encourage pas du tout le fait de partager des corps en fait littéralement inanimés mais en fait tout ça a tourné sur les réseaux sociaux et je pense que ça soulève aussi enfin ça joue en fait sur l'émotionnel en fait tout simplement
toi Malek quand on préparait l'émission tu nous racontais que tu avais rencontré des viewers de backseat mardi qui justement te racontaient leurs sentiments il se passait quelque chose sans qu'on en parle vraiment dans les médias oui parce que la diabolisation dont je parlais elle intervient dans ceux qui vont attaquer ceux qui soutiennent la cause palestinienne mais elle intervient aussi dans le traitement médiatique du conflit on ne parle en fait que des manifestations que des manifestations pro-palestiniennes pardon qui se déroulent très mal au niveau médiatique alors qu'en réalité il y en a beaucoup d'autres à République qui se déroulent très très bien avec énormément de jeunes je parlais à des journalistes qui s'étaient étonnés de voir le nombre de jeunes justement dans ces manifestations des personnes dont c'est la première manifestation mais là bizarrement aucun traitement médiatique je ne peux pas m'empêcher d'y voir une certaine forme de stratégie parce qu'il y a aussi une petite guerre de lutte et d'informations dans tout ça et que voulais-je dire sur le sur le sur les sur les viewers que j'ai vu que j'ai vu mardi c'était un vrai sujet on a aussi beaucoup parlé de backseat on a parlé de l'émission que l'on a faite avec des réactions tout aussi passionnées d'un côté comme de l'autre mais il y a un véritable besoin d'avoir une parole claire en face et sans faire de mauvais jeu de mots et malheureusement et malheureusement on ne la voit pas et c'est vrai que c'est assez compliqué c'est vrai que c'est assez compliqué mais nous on va continuer à documenter ça cette génération qui a un rapport très particulier à l'antiracisme et qui à mon avis commence à sortir de plus en plus là-dessus Claire
ouais en fait ce que moi j'ai trouvé aussi intéressant c'est que on a aussi la voix de Dominique de Villepin qui est arrivée et qui en fait a été pour moi personnellement un soulagement immense parce que enfin quelqu'un qui est enfin voilà qui est de droite moi c'est pas forcément c'est l'ancien premier ministre globalement mais enfin il posait des mots qui donnaient une espèce de de de vision de ok c'est ça qu'il faut dire pour commencer à construire l'espoir que ça cesse en fait cette barbarie là donc à poser pas la question de la faute à etc mais de poser en fait le contexte avec ces données factuelles et puis en fait qu'est-ce qui va nous permettre de construire une voie de paix pour les peuples concernés et en fait c'est marrant parce que oui il y a cette question d'une génération palestine mais il y a aussi cette voie qui a une longue histoire dans la politique française qui est la voie qui a fait ce discours à l'ONU pour exprimer la position française sur le refus d'aller faire la guerre en Irak et qui là sortait un petit peu de nulle part et qui apportait enfin une forme de clarté et de position sur laquelle je pense que personne ne peut refuser d'aller je ne sais pas
si c'est Dominique de Villepin qui a réussi à faire ça mais il y a eu une inflexion de la position de la France au fur et à mesure du temps au début ils étaient beaucoup plus raides au début c'était droit d'Israël à se défendre on a même entendu une défense inconditionnelle donc sans condition de ce que va faire et ce que fera Israël ils ont le droit de tout faire vu qu'ils ont été terriblement agressés par des attentats finalement la France a mis de l'eau dans son vin Emmanuel Macron s'est mis à appeler à une trêve à un cessez-le-feu c'est félicité d'ailleurs de l'accord qui a été trouvé pour la libération des otages donc il y a eu un gauchissement de la position de la France ou plutôt un retour tout droit dans la ligne traditionnelle qu'était la France la France a toujours appelé à un cessez-le-feu et a toujours appelé à la paix et Emmanuel Macron a décidé de sortir de cette position là et ça a choqué énormément de personnes au sein même de la Macronie on commence toujours à avoir des papiers dans la presse qui commencent à sortir on apprend que même au sein des conseillers à l'Elysée ça en a bousculé plus d'un ce soutien inconditionnel en a surpris beaucoup même dans les rangs de la Macronie et aujourd'hui on ne va pas s'étonner du juste retour de la position de la France et sur la génération palestine en fait je ne pense pas que ce soit vraiment une question générationnelle moi je suis chaud pour qu'on l'appelle comme ça il n'y a pas de soucis mais par exemple ma grand-mère de 86 ans qui est loin d'être de ma génération et qu'on salue ma grand-mère aujourd'hui en fait avant elle regardait les images dans les années 2000 elle devait regarder Antenne 2 France 2 pour voir ce qui se passait en fait là-bas sauf que maintenant elle les reçoit en direct sur son téléphone en quelques minutes et en fait le basculement il est là c'est que maintenant on est confronté à ce qui se passe réellement sans qu'il y ait de choix éditorial derrière avec la réalité des faits alors évidemment il y a à boire et à manger parce que et c'est aussi un choix délibéré on pense notamment à cette vidéo diffusée par les services israéliens absolument extrêmement gore etc c'est aussi une volonté de marquer les esprits sauf qu'en fait ce n'est que pour servir une certaine thèse j'ai envie de dire une certaine version de l'histoire donc autre sujet qu'on voulait aborder ensemble l'ouverture de la COP28 à Dubaï c'est dans une semaine exactement le 30 novembre vous avez vu ça change non mais juste le dire on va en parler mais justement COP28 à Dubaï Dubaï déjà rien que ça il y a et encore
t'as pas nommé le président tu continues et c'est encore plus
non mais je l'ai plus je vois pas pourquoi t'es choqué par content c'est qui le président
le président c'est mené par le président d'une major pétrolière cette COP ah le président de la COP ah on adore donc la blague continue un petit peu
alors voilà tiens d'abord Claire est-ce que Claire tu peux nous expliquer s'il te plaît ce que c'est qu'une COP à quoi ça sert qu'est-ce que c'est après on va rentrer dans le détail
oui donc en fait une COP c'est une Conference of Parties donc c'est une réunion qui a lieu pour les COP climat tous les ans depuis 1994 et c'est des espaces où l'ensemble des états donc il y en a 194 qui sont parties prenantes viennent délibérer de comment on va agir comment on va s'engager pour faire face à ce problème du dérèglement climatique donc normalement ils se réunissent ils prennent des engagements pour changer leur mode de production etc.
pour avoir une action dans la lutte contre le dérèglement climatique un moment très important de ce processus là ça a été la COP de Paris où les parties prenantes se sont mis d'accord pour rester sous la barre des 1,5 degrés de réchauffement grand maximum 2 degrés le petit souci avec ce processus c'est que les engagements sont majoritairement non contraignants et qu'aujourd'hui en allant vers cette COP 28 qui a donc lieu à Dubaï organisée par le président d'une majeure pétrolière on est sur une trajectoire de plus de 2,5 à plus de 2,8% si les états respectent les engagements qu'ils ont affichés
ce qu'ils ne font pas
alors qu'ils n'ont pas une énorme tradition de respecter leurs engagements donc le scénario le plus probable c'est qu'on soit sur une trajectoire de plus 3 degrés et c'est un petit chiffre mais derrière il y a une avalanche de catastrophes et en premier lieu pour les pays du sud global qui sont historiquement les moins responsables en fait de ce dérèglement climatique donc les COP aujourd'hui on a un peu effectivement cette sensation qu'il y a un essoufflement que ça ne sert plus à grand chose que ça devient même absurde en fait à tel point les intérêts des majors pétrolières des multinationales privées ont réussi à prendre le dessus sur l'objectif de baisser les gaz à effet de serre et d'aller vers une vraie transition mais ça reste un espace où l'ensemble des états ont leur mot à dire donc les petits pays les îles par exemple qui vont disparaître tout simplement à cause de la montée des eaux peuvent venir pointer la responsabilité des pays qui le sont le plus historiquement et notamment à la COP en Égypte à Sharm el-Sheikh il y avait eu quelques avancées sur la question des pertes et dommages donc la question des fonds constitués pour aider justement les pays du sud global à faire face aux conséquences du dérèglement climatique
donc effectivement j'ai l'information et le président s'appellera c'est le sultan Ahmed Al-Jaber qui est très probablement une belle personne mais qui est également le PDG du groupe pétrolier Abu Dhabi National Oil Company voilà en France il faut savoir qu'il y a un collectif qui s'appelle Scientifiques en Rébellion qui organise une contre-COP une COP alternative à Bordeaux pour sensibiliser les français aux problématiques climatiques ça pose une question cette COP à Dubaï quel est le bon fonctionnement international pour régler la question climatique est-ce que la COP reste le bon cadre pour discuter entre les états
en fait ce qu'il y avait d'intéressant dans le processus des COP c'est que c'était posé sous la forme de la coopération parce que le climat c'est d'emblée une question globale tout le monde a des degrés extrêmement inégaux mais tout le monde va se est concerné et va ressentir ces effets-là à part Elon Musk qui va partir sur Mars à un moment donc il y avait cette espèce d'universel dans la manière dont c'était porté et l'échec de cette stratégie-là qui est aussi lié au fait que en fait années 90 c'est aussi après ce qu'on appelle globalement le tournant néolibéral donc les états se sont graduellement départis de leur capacité d'agir vraiment sur l'économie et ça explique aussi pourquoi ils ont eu du mal ou ils n'ont pas souhaité c'est aussi ils se sont départis volontairement de ces capacités d'action ils n'ont pas pu reprendre la main sur ce dérèglement climatique mais aujourd'hui ce qui est en train de se passer vous avez tous entendu parler de l'IRA l'Inflation Reduction Act des Etats-Unis du fait qu'au niveau européen on a le Green New Deal avec des paquets d'investissements massifs etc donc en fait c'est en fait la question climatique elle est en train d'être remodelée par la géopolitique parce que ce qui se joue c'est là c'est plus trop la coopération ça va être la course aux minerais critiques ça va être la course aux approvisionnements sur les nouveaux marchés verts donc on est sur une logique de gestion de la question climatique qui est beaucoup plus basée sur des logiques de compétitivité entre les espaces et le risque on peut se dire bon bah tant mieux en fait finalement tout le monde prend en main le truc chacun construit ses filières etc et fait la compétition sur les marchés verts mais le problème c'est qu'on risque d'avoir une espèce de transition à deux vitesses entre des économies du nord global donc les économies occidentales qui elles vont faire leur marché de véhicules électriques etc etc en puisant dans les mines des pays du sud global notamment les pays d'Amérique latine pour tout ce qui est cobalt c'est une économie climatique
c'est la naissance d'une économie climatique
voilà en fait mais qui n'est pas moins inégale qui n'est pas moins source de conflits entre les pays qui n'est pas plus stable et sûr que l'économie capitaliste fossile en fait et l'économie capitaliste fossile n'est pas non plus en train de disparaître donc on est en train de voir une espèce de bifurcation dans la manière dont le climat la question climatique est gérée et je ne suis pas sûre qu'on y gagne franchement
pas certain Malek je vais faire un petit parallèle avec le sujet d'avant mais faire une COP à Dubaï présidée par un pétrolier c'est comme faire une marche contre l'antimisme avec l'extrême droite c'est vraiment débile mais tout le monde veut le faire et en fait ma génération notre génération va commencer vraiment à se poser des questions parce que on a vraiment l'impression que en fait plus on avance de COP en COP et on recule en réalité plus qu'on avance concrètement ou alors on fait des petits pas et quel intérêt des petits pas alors qu'il faut une véritable révolution ça c'est un et deux est-ce qu'à l'avenir il ne faudra pas que nos responsables politiques répondent même pénalement en fait de leur inaction ça c'est un vrai sujet ça c'est un vrai vrai sujet et surtout que fait la France que fait la France on a Agnès Pannier-Runacher je rappelle qui est ministre de la transition écologique ouais j'avais oublié moi aussi on fout quoi qu'est-ce qui se passe qu'est-ce qu'on dit à part laisser les trains passer de COP en COP on recevra tout à l'heure d'ailleurs sur le plateau de Baxit le ministre de l'Industrie ça fait partie des sujets sur lesquels on voulait discuter effectivement avec lui sur la décarbonation on a pas mal de questions à lui poser tu en parlais sur le retour de l'état stratège alors c'est vrai qu'on a en France alors je ne sais pas si c'est la fin de la période néolibérale qu'on a connue à partir des années 80 70-80 mais en tout cas on a le retour d'un état stratège avec la volonté de faire des investissements très lourds avec une politique de réindustrialisation avec des objectifs à carbone qui sont affichés avec une quantité d'argent qui est mise avec un accompagnement des ménages pour les aider à faire leur transition que ce soit par l'achat de véhicules moins polluants ou pour la rénovation thermique des logements on a l'impression que l'état fait quand même beaucoup
oui et non parce qu'on a effectivement des paquets d'investissements qui sont mis sur des secteurs qui sont jugés stratégiques etc mais qu'en fait on ne considère pas la question de la transition écologique comme la transition d'un modèle de société vers un autre modèle de société dire il faut décarboner ça ne nous dit rien sur le type de société qu'on veut est-ce qu'elle est plus ou moins démocratique que celle d'avant est-ce qu'elle est plus ou moins inégalitaire que celle d'avant et le problème prenons juste l'exemple des voitures électriques en fait la décarbonation des transports qui est le secteur donc le plus important en termes d'émissions celui sur lequel il faut vraiment mener la bataille de manière ferme on a d'autres options en fait pour baisser le niveau d'émissions de gaz à effet de serre on a la démobilité si on repense l'aménagement de notre territoire qu'on raccourcit la distance entre le travail et le foyer on a la question des transports en commun qui a été très très peu travaillé et sous-investissement
il y a les RER métropolitains qui sont
avec un financement qui est vraiment ridicule par rapport à ce que coûte juste un RER donc c'est un petit peu un problème donc en fait imposer cette solution de tout le monde va vers la voiture électrique c'est un problème social parce qu'en fait aujourd'hui l'aide maximale qu'on peut avoir de la part de l'Etat c'est dans les 8000 euros et aujourd'hui une voiture électrique les modèles qui sont construits qui sont pas non plus des véhicules très légers qui sont et qui sont là ce qu'il y a en ce moment c'est des SUV électriques beaucoup donc il y a un coût il y a un coût qui est beaucoup trop grand en fait pour les classes populaires qui ont le plus besoin parce qu'elles habitent plutôt en banlieue et qu'elles ont besoin d'aller au coeur de ville donc c'est excluant socialement c'est aussi un problème écologique parce qu'on sait pas encore comment tout à fait recycler les minerais qui sont utilisés pour ces véhicules électriques et qu'en fait on a aussi un risque de ok là ils nous sortent la première salle de véhicules électriques mais qui nous dit que en fait les industriels ils ont tout intérêt à nous sortir un véhicule encore plus vert dans 10 ans alors à Robolot on va tous changer nos voitures donc en fait il y a un problème de modèle de production de modèle de société et en fait j'ai l'impression qu'on se pose pas les questions qui viennent en amont des questions très techniques et technologiques
je suis pas sûr que tout ça sera abordé au cours de cette COP28 à Dubaï chers amis avant de marquer une petite pause avant de recevoir notre invité politique donc le ministre de l'industrie Roland Lescure je voulais remercier Léon Jean-François Charlène Julie et Esther qui ont pris leur abonnement pendant cette émission merci beaucoup à vous d'avoir rejoint les abonnés de Backseat objectif 30 000 euros par mois d'ici Noël ce qui nous permettra de garantir une émission par semaine jusqu'à la fin de l'année vous êtes déjà 2500 à soutenir Backseat tous les mois sur KissKissBankBank un grand merci à vous je vous fais des gros bisous on se retrouve juste après la pause avec notre invité politique merci le public alors pendant cette petite pause je voulais vous parler du partenaire de cette émission Backseat vous avez remarqué que Backseat n'est pas dans son studio habituel on est à la Bellevilloise qui est une grande et belle salle de concert à Paris dans le 20ème et notre partenaire du jour c'est France Digital France Digital c'est une association qui fédère beaucoup d'entreprises notamment des start-up mais pas seulement des entreprises du numérique et qui les aident à se parler à se fédérer à s'organiser il y a un exemple très concret de à quoi ça sert de fédérer des petites entreprises comme ça qui si elles n'étaient pas organisées et bien seraient trop éparpillées récemment il y a eu une condamnation en justice c'est la CNIL la commission nationale informatique et liberté c'est le gardien de la vie privée la CNIL a porté plainte et a obtenu une condamnation en justice d'Apple Apple le géant américain en fait il cachait des micro-logiciels espions dans leurs applications et ça on a obtenu en France la condamnation grâce à la CNIL de Apple et qui est-ce qu'il y a derrière la CNIL et bien en fait c'était France Digital France Digital ils ont poussé la CNIL à porter plainte ils ont monté le dossier ils ont travaillé avec la CNIL pour rendre possible cette victoire du droit et cette victoire de la vie privée sur un géant américain ça montre bien comment c'est important que des petites entreprises se fédèrent et s'organisent entre elles et c'est grâce à notre partenaire du jour donc France Digital qu'on a pu faire triompher le droit sur un géant américain à toutes et à tous bienvenue sur Backseat bonsoir bonsoir le public merci merci d'être là vous êtes super nombreux bonsoir ouais merci le public vous êtes extraordinaire merci à vous d'être avec nous ce soir dans cette émission exceptionnelle en partenariat avec France Digital ici à la Belleviloise à Paris une salle mythique très heureux de faire cette émission Backseat ici ce soir avec vous vous êtes très nombreux et très nombreux à nous regarder actuellement en direct sur Twitch bonjour si vous nous regardez en replay sur Youtube et bonjour aussi si vous nous écoutez en podcast chers amis on va recevoir notre invité politique cette semaine il s'agira du ministre de l'Industrie Roland Lescure mais avant la chronique que vous attendez toutes et tous c'est parti pour la vie d'Adèle salut Adèle
salut salut oh là là ils sont beaux encore une fois c'est dingue bon hello les copains hello la belleviloise hello France Digital bah ouais il y en a quelques-uns quand même le numérique les start-up et l'innovation à la française c'est beau c'est beau et c'est bien de lutter contre l'hégémonie américaine même si pour ça il faut scaler et faire gaffe à pas overlaper le scope quand tu revampes le deck pour pas créer un gap avant de closer le deal une après-midi chez vous les mecs enfin moi je pensais qu'on était prêt on s'appelle backseat tu vois je pensais qu'on était bon sur les anglicismes mais alors que dalle ils sont next level alors après qu'on s'inspire de la langue américaine c'est une bonne chose mais il faut qu'on fasse gaffe quand même niveau culture de pas tout piquer aux américains je pense notamment à aujourd'hui c'est Thanksgiving la fête de fin d'année aux Etats-Unis et la tradition c'est de manger de la dinde en famille donc 46 millions de dindes vont être boulottées aujourd'hui aux Etats-Unis sauf deux sauf deux qui ont été graciés par le président si si et cette année elle s'appelle Liberty and Bell et ce sont les deux seules survivantes de leur élevage du Minnesota et que gagnent ces winners du squeak game de la volaille et bien on va le savoir tout de suite vous pouvez voir tout simplement un voyage à Washington tout frais payé hôtel de luxe elles sont vraiment hébergées dans un hôtel les gars
ah ouais vraiment
c'est terrible et ensuite une rencontre avec Joe Biden ça a de la gueule
ah c'est fou pourquoi on n'a pas ça nous ?
pourquoi on fait pas ça ?
ouais je sais pas
je sais pas parce que nous on est mieux en tout cas c'est une belle avancée belle avancée pour le droit des animaux au pays de la peine de mort des humains voilà parfois n'est pas le dindon de la farce qu'il en croit après le moment dinde aux Etats-Unis vient le moment solde c'est le lendemain de Thanksgiving c'est demain c'est le fameux Black Friday c'est là d'où ça vient et ils nous ont contaminés ça y est ça s'est installé en France mais cette année je voudrais quand même saluer l'initiative de l'ADEME l'agence gouvernementale de la transition écologique qui alerte sur la surconsommation vous prendriez lequel vous ? honnêtement ? ouais
aucun des deux mais c'est un moins 70% franchement pour un vendeur vous êtes pas ah non pas du tout moi je suis dévendeur et je vous conseille le moins 100% il y a un moins 100% ? bah oui le vôtre il est très bien je peux ? n'hésitez pas si vous avez besoin que je vous déconseille d'autres achats ça soulagera les ressources de la planète et le nouveau placard ?
parce que les dévendeurs n'existent pas posons-nous les bonnes questions avant d'acheter rendez-vous sur épargnant nos ressources.gouv.fr
ouais c'est pas mal
elle est bien cette pub non mais j'en parle sans me moquer vraiment je trouve ça vraiment cool et parfois il faut dire aussi ce qu'on fait de bien dévendre non mais c'est une idée de génie je trouve ça hyper cool après c'est super d'inciter à moins consommer évidemment par la pub mais il y a une autre technique très efficace et qui est déjà en place qui s'appelle deux ans d'inflation
très efficace
ouais bah tu désachètes sans problème c'est efficace c'est efficace et parfois tu vas même au point où tu te dénourris tu te déloges et tu décèdes voilà donc speaking of décès je vous emmène au Sénat pas mal
pas mal pas mal j'applaudis ouais si ouais
merci
on les embrasse quand même
ouais on les embrasse on les embrasse parce que vous avez tous évidemment suivi l'histoire du sénateur on en a parlé tout à l'heure le sénateur maladroit qui sent le vouloir à droguer une députée avec une poudre blanche que lui avait donné un collègue et qui savait pas que c'était de la drogue parce que son chat était malade tout est vrai Joël Guerriot sénateur indépendant et horizon de Loire-Atlantique est un garçon très étourdi parce que déjà en 2016 il avait malencontreusement publié sur Twitter une photo de son zizi pour accompagner un tweet qui s'adressait à Bruno Retailleau ouais
sérieux ? il n'y a pas de blague
c'est la vérité
mais il a dit qu'il s'était fait pirater
après il a dit qu'il s'était fait pirater par quelqu'un
c'est qui ce bonhomme ?
ben je sais pas en tout cas il a la tête en l'air ce Jojo et cette fois il aurait donc mis de l'ecstasie dans le verre d'une amie sans savoir que c'était pas bien de faire ça et c'est possible c'est possible attends il est sénateur il a 66 ans il connait peut-être pas les dangers de la drogue
la situation des drogues a causé la mort de 585 000 personnes en 2017 d'après un rapport fait en 2019 par les Nations Unies ah
ah ouais non il savait il a fait un rapport dessus donc oui mais attendez ça veut quand même dire qu'il s'est intéressé à son sujet parce qu'on reproche tout le temps à nos politiques de pas savoir de quoi il parle il l'a possé il l'a peut-être même dit tu sais ouais tout le monde en a contre Gabriel Attal ministre de l'éducation alors qu'il connait pas l'école publique et ben moi avant de parler de drogue je vais toutes les essayer je veux donner une belle image du Sénat
la France lutte pas assez contre les violences sexistes c'est sexuel du coup je vais faire de la soumission chimique sur une députée voilà pour en faire parler
évidemment
c'est fort
il est tellement dégoûté c'est beau c'est vrai que Jojo il a beaucoup fait pour la notoriété du Sénat on sait maintenant qu'on peut s'y fournir de l'AMD facilement mais les sénatants ne semblent pas lui en être reconnaissants bizarrement de cette nouvelle réputation Gérard Larcher président du Sénat l'a mis en retrait enfin il lui a demandé de se mettre en retrait mais comme on le sait tous désormais la méthode du retrait ça ne marche pas à tous les coups c'est une blague pour les vieux ça s'appelle le senatus interruptus et pour le moment Jojo ça ne marche pas parce qu'il refuse de quitter le Sénat et quelque part on peut le comprendre parce que quitter le meilleur milieu des dealers de la France la veille du Black Friday c'est complètement con je veux dire bon on a ricané mais tu l'as dit c'est quand même sérieux il y a une accusation de soumission chimique une femme victime Lorraine en parlait tout à l'heure mais je voudrais qu'on salue aussi le travail de l'observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique cœur sur vous Fiona Texier vous avez du taf voilà c'était pas de van mais de temps en temps il faut dire aussi allez on se change les idées je vous emmène sur un petit moment gossip gossip attention petit 4 pages sur Brigitte Macron attention j'ai un propre dans Paris Match pipouse sans raison 4 pages 4 pages l'angle c'est c'est pas toujours facile d'être une première dame mais bon je vais pas me plaindre parce que je suis première dame voilà super merci Brigitte pour cette contribution c'était vraiment c'était vraiment très utile c'est vraiment innovant après on apprend des trucs passionnants quand même sur la vie perso du couple présidentiel je vous livre ces informations ne lisez pas ils dînent tard mais léger Manu adore les oeufs à la coque et du coup Brigitte trouve des recettes sur marmiton d'accord ça m'a interpellé parce que si Brigitte a besoin des conseils de marmiton pour mettre des oeufs dans de l'eau bouillante mais peut-être que ça explique pourquoi Manu a un si gros budget consulting chez McKinsey elle a peut-être plus d'influence qu'on ne croit
on lui rappelle que c'est 10 minutes
pour les oeufs durs c'est 10 minutes mais il aime les oeufs à la coque c'est 3 minutes je pense que c'est important
si le président me regarde parce que le président me regarde sûrement sachez-le c'est 3 minutes
allez chose promise chose due on reparle de l'app Agora que dis-je de l'exploit numérique d'Olivier Véran ministre du Renouveau Démocratique que dis-je le Périclès de l'ISER le principe c'est que des français comme vous et moi posent des questions au gouvernement et les questions qui récoltent le plus de likes reçoivent une réponse des ministres en vidéo voilà ça c'est le concept donc sans plus attendre je vous propose de partager quelques réponses déjà il y a eu Dupond-Moretti Eric Dupond-Moretti qui a été très honnête bonjour à toutes bonjour à tous et bonjour en particulier à Brigitte qui me pose une question sur le délit de non-représentation d'enfants alors pardon j'ai pas répondu tout de suite parce que j'ai pas répondu tout de suite parce que je devais préparer ma propre défense devant la Cour de justice de la République voilà on peut pas être au four et au moulin tout ça tout ça ensuite à Agora ça nous permet aussi de nous familiariser avec des ministres qu'on connaissait moins et je pense par exemple à Aurélien Rousseau ministre de la santé on fait mal bonjour et bonjour Marie et merci pour cette question parce qu'elle est essentielle oui aujourd'hui on a dans la société un sujet global de santé mentale on a pas l'impression qu'Aurélien Rousseau c'est une victime d'un mauvais média training le mec il a dû lui dire non faut que vous preniez une posture présidentielle je sais pas pensez à un président qui vous inspire ouais Sarkozy très bien mais après il faut être détendu proche des gens comment il s'appelle le jeune là que tout le monde adore Jamel Jamel faites Jamel
petite main dans la poche vous trouvez pas
que ça fait ça
si si carrément alors si on parle juste du fond en plus c'est une vidéo où il n'a pas répondu à la question je kiffe ce concept vraiment sur Agora c'est exceptionnel on répond à une question mais finalement on n'y répond pas c'est exceptionnel
tu vas pouvoir bientôt en parler avec quelqu'un qui a peut-être répondu à une question sur Agora et qui se trouverait dans la salle on sait pas on sait pas on sait pas donc last but not least ça permet à certaines équipes comme aussi de se faire un petit kiff oula bonjour Léon
et bonjour et merci aux 2500 agoranauts
ah ouais carrément les agoranauts quelle entrée Roland Lescure la mise en scène catwalk la scorsese un peu sur le toit sur les lits et d'ailleurs sur le H il faut faire gaffe quand tu es sur le H c'est le H de hélicoptère il ne faut pas rester dessus il est censé atterrir mais bon Roland il était détendu il était sur le H
on n'a pas vu de H dans Roland Lescure donc il faut partir un moment
et en tout cas je tiens à dire merci Roland Lescure de répondre à cette question cruciale pour le quotidien des français qui était la première question posée sur Agora
je vous réponds aujourd'hui à la question que vous nous avez posée sur les pannes on a à peu près 700 déclarations par an de ces pannes ça peut être entre nous quelqu'un qui a bu un coup de trop et qui a déclaré quelque chose qui n'existait pas
les pannes
les pannes
les pannes 700 pannes déclarées à cause de l'alcool mais qui c'est non mais faut qui déclare on déclare quoi non mais oui on parle de quoi il faut peut-être consulter parce que c'est vrai que c'est un sujet important qui concerne beaucoup
d'hommes français
mais c'est plus un truc médical je veux dire c'est plus pour son collègue Nicolas Debouze non
Aurélien Rousseau ah pardon
oui excuse-moi non mais c'est
de quelle pardon mais de quelle pannes parle-t-on il faut les déclarer au ministre de l'industrie les pannes
les pannes ce sont les phénomènes aérospatiaux non identifiés ah d'accord
t'as eu peur on était à ça de ma mère j'étais pas bien oh là là donc les pannes les phénomènes aérospatiaux non identifiés à ne pas confondre avec les ovnis et autre chose beaucoup plus intime la question la question c'était quelle est la position du gouvernement français sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés et quelles mesures comptent-ils prendre pour rattraper son retard législatif sur les USA c'est très précis
comme question ça doit être quelqu'un de chez moi ça
mais est-ce que c'est vraiment la première préoccupation des français ou est-ce que je sais pas ça serait une question qui serait soufflée par les équipes du ministre de l'industrie et des soucoupes volantes je sais pas je pose la question
c'est les extraterrestres directs qui posent la question
c'est vrai
c'est vrai
d'ailleurs j'ai noté j'ai noté quand même que depuis sa dernière visite sur Baxit l'équipe com de Roland Lescure a continué de nous régaler sur les réseaux sociaux tu sens que leur mojo leur tagline comme on dit à France Digitale c'est une image vaut mille mots il a mis des casques il a mis des casques bloqués sur un tuyau il a joué à Top Gun il a fêté l'anniversaire de la Cocotte Minute il a fait du vélo en intérieur et en costard il a aussi fait du running and jogging et il a posé avec un clitoris grosse actu Roland quand même alors je sais pas si vous avez vu il a couru donc à Bercy avec son ministre Bruno Le Maire et Tony Estanguet le patron des JO mais j'ai trouvé un truc un petit peu chelou la régie est-ce que vous pouvez renvoyer les deux dernières images s'il vous plaît oui c'est ça donc je trouve qu'il y a un petit problème c'est que sur l'image de gauche tu vois qu'ils ont couru tous les trois ensemble mais sur l'image de droite après Roland c'est le seul andiogos et les autres ils ont tous remis le costard
les autres sont tous en costard
donc je me suis demandé deux options ou il est en petite forme tu vois il s'est fait distancer par les autres ou personne ne l'a prévenu qu'il y avait une photo officielle après il s'est retrouvé comme le mec déguisé à la soirée pas déguisé je sais pas bon bref entre ça et ces histoires de panne je sais pas je m'inquiète un petit peu pour Roland est-ce que vous pouvez checker qu'il va bien quand il vient sur le plateau il y a un truc on sait qu'il va bien quand il dit bonjour les jeunes c'est comme ça qu'on sait que ça va
exactement merci beaucoup Adèle pour cet avis d'Adèle mesdames et messieurs merci beaucoup Adèle pour cet avis d'Adèle merci à vous le public et je vous propose que sans tarder nous accueillons sur ce plateau notre invité politique cette semaine le ministre de l'industrie Roland Lescure bonsoir Roland Lescure
bonjour les jeunes
j'étais obligé c'était obligatoire c'était obligatoire Roland Lescure vous êtes le ministre de l'industrie on est content de vous accueillir sur ce plateau déjà parce qu'on vous l'avez déjà fait vous étiez déjà venu sur le plateau de Baxit la saison dernière vous nous aviez fait un certain nombre d'annonces à l'époque en ce qui concerne l'industrie et sa décarbonation on voudrait revenir dessus et puis on voulait vous demander aussi comment ça se fait que vous acceptez de venir sur le plateau de Baxit à deux reprises tous les membres du gouvernement c'est quoi c'est Adèle qui vous fait revenir bien sûr merci en tout cas d'être venu répondre à nos questions on voudrait aussi un petit peu parler de vous Roland Lescure on l'avait peu fait la dernière fois faire un petit peu votre portrait parler de votre engagement il faut revenir à 2017 pour ça vous étiez alors le vice-président de la Caisse des dépôts et placements du Québec et vous avez démissionné pour vous engager auprès d'Emmanuel Macron qu'est-ce qui vous a fait dire qu'est-ce qui en 2016-2017 faisait d'une personne de la société civile comme vous en plus au Québec de se dire allez j'y vais je le rejoins pourquoi ?
bon d'abord j'ai eu 50 ans à cette époque-là donc je pense que j'ai fait ma crise de 50 ans à moi donc il y en a qui font d'autres choses Adèle l'y a mentionné tout à l'heure moi j'ai décidé de m'engager en politique et de lâcher effectivement un job et une vie que j'adorais à Montréal il y a en 2016 le Brexit il y a l'élection de Donald Trump et il y avait une élection française qui se préfigurait avec un trio infernal Sarkozy et Hollande-Lopin à l'époque c'était les candidats qu'on avait en tête avant les primaires et tout le tralala Hollande plus trop dans la course mais peu importe admettons allons-y non mais au printemps 2016 au moment où le Brexit est voté etc et c'est vrai qu'Emmanuel Macron il avait moins de 40 ans à l'époque ce qui pour moi évidemment était très jeune il mettait des drapeaux européens partout derrière lui dans les meetings et moi je suis un pro-européen convaincu il prenait le dépassement il était un fervent partisan de la place des femmes en politique de la place de la société civile vous l'avez dit et j'ai vraiment eu envie de rejoindre ce mouvement qui était un mouvement de renouveau qui était un mouvement de dépassant des clivages qui pour moi était un peu dépassé on y reviendra peut-être et clairement un mouvement qui selon moi pouvait renouveler la vie politique et renouveler aussi le personnel politique pourtant vous aviez déjà fait un passage rapide par le parti socialiste en 2005 ah non ouais
qu'est-ce qui était différent du coup ?
alors c'était pas la Bellevillois je suis arrivé à une réunion de section dans le 12ème arrondissement et j'ai vu des gens qui se disputaient littéralement sur la scène avec un petit jeune qui débarquait à l'époque auquel on ne s'intéressait pas du tout c'est-à-dire qu'on avait un parti socialiste qui déjà à l'époque était très retourné vers lui-même avec l'émotion les débats les groupes les familles qui se haïssaient depuis des années et là d'un seul coup moi je suis allé à la première réunion d'en marche à Montréal c'est comme ça que j'ai commencé mon engagement on était 12 dans un salon que des jeunes et un moins jeune moi on a bu du très mauvais vin portugais et on a refait le monde et vraiment on a je pense à l'époque même si ça n'a peut-être pas duré tout le temps réinventé l'engagement politique on avait des débats sur la place des femmes en politique sur l'Europe sur le fédéralisme sur le populisme
loin de moi l'envie de défendre le parti socialiste mais si les militants socialistes passent leur temps à s'engueuler etc à se regarder eux-mêmes c'est aussi parce qu'il y a une démocratie interne il se trouve que le mouvement que vous avez rejoint en marche c'est un parti à leader charismatique
et ça vous convient ? moi je ne suis pas sûr que j'ai rejoint un parti j'ai vraiment rejoint un mouvement à l'époque c'est-à-dire j'ai rejoint une volonté de renouvellement
non non mais
d'ailleurs en marche c'est d'ailleurs son défaut ça n'a jamais vraiment c'est jamais vraiment devenu un parti on a des militants on n'a pas des structures très structurées on n'a pas d'élus locaux on a 6 ans d'ancienneté là où le parti socialiste en avait près d'un siècle et c'est vrai que moi j'ai trouvé que le parti socialiste que j'ai rejoint n'était pas ce à quoi moi j'aspirais moi j'ai grandi dans une famille communiste donc mon père et ma mère étaient très militants mon père était journaliste à l'humain le militantisme dans les années 60-70 ça voulait dire quelque chose c'est-à-dire que le dimanche ils allaient sur les marchés vendre l'humain dimanche moi j'allais acheter pif gadget les gens se retrouvaient en réunion et littéralement ils refaisaient le monde à la maison moi je m'endormais sur le canapé en attendant des gens refaire le monde débattre et je pense que et ça vous le retrouvez aujourd'hui ce débat en tout cas moi je l'ai trouvé à l'époque au moment où je me suis engagé ensuite j'ai été élu député donc c'est vrai quand on devient député c'est plus tout à fait la même chose les débats ont lieu à l'Assemblée nationale c'est beaucoup plus structuré c'est formalisé alors je n'explique pas quand tu deviens ministre là clairement on se retrouve dans une position très institutionnelle dans laquelle les codes c'est peut-être pour ça que j'aime venir chez Baptiste sont souvent assez formels donc moi je dois avouer que j'ai perdu un peu ça
il y a quelque chose aussi d'intéressant c'est qu'on entend beaucoup c'est vrai chez des gens assez détachés de la politique qui la critiquent se dire que les politiques s'en foutent plein les poches vous en l'occurrence quand vous étiez à la tête de la caisse des dépôts au Québec vous gagnez beaucoup plus d'argent que ce que vous gagnez aujourd'hui non ? oui mais bon ça c'est pas très important pourquoi choisir l'engagement politique quand on peut se faire parce que j'ai d'abord
et tant mieux pour moi gagner plus d'argent que j'aurais jamais rêvé d'en gagner moi j'ai grandi dans une famille modeste à Montreux j'étais au lycée pas très loin d'ici dans le 20ème j'ai pas fait carrière pour gagner de l'argent j'ai eu de la chance j'ai eu effectivement un job fantastique à Montréal qui m'a permis de bien gagner ma vie et du coup maintenant j'ai une vraie liberté maintenant je peux m'engager en politique sans devoir rien à personne et franchement si un jour je considère que ce qu'on fait au gouvernement ou ce que moi je fais n'est plus en cohérence avec ce pour quoi je me suis engagé je passerai à autre chose Claire
oui vous avez dit vous êtes engagé en politique avec cette promesse cet horizon du dépassement des clivages néanmoins ce qu'on a pu percevoir avec l'arrivée du macronisme en 2017 c'est que cette société civile qui est arrivée était quand même assez marquée sociologiquement c'était beaucoup de personnes issues de postes à responsabilité dans le privé de profession libérale etc on a un récent ouvrage aussi de Thomas Piketty et Julia Cagé qui montre que le vote macroniste est le vote le plus bourgeois de l'histoire de notre pays donc est-ce que finalement vous n'avez pas emblématisé cristallisé un clivage très clair qui est un clivage de classe par votre arrivée au pouvoir
moi je ne crois pas alors clairement au moment où je me suis engagé et d'ailleurs dans la première génération de députés macronistes il n'y avait pas que des cadres supérieurs c'est vrai que c'est difficile de s'engager en politique quand on est sans emploi quand on a un emploi d'ouvrier ou d'employé mais il y en avait dans la première génération il y avait un député qui était chômeur jusqu'à être investi et qui a été élu député il y avait des ouvriers il n'y en avait pas beaucoup c'est vrai et à l'Assemblée nationale toujours il y en a relativement peu et ça c'est un des vrais défis d'engager des gens qui ressemblent à la France telle qu'elle est et pas seulement telle qu'une partie de la France est en politique et pour les amener jusqu'à la députation maintenant on a eu par exemple 50% de femmes dans notre groupe dans notre groupe majoritaire il n'y avait jamais eu autant de femmes à l'Assemblée en 2017 ça je pense qu'on l'a réussi c'est vrai que la popularisation de l'engagement politique c'est plus compliqué le parti communiste en son temps il y avait réussi c'était même quasiment une philosophie et en fait c'était difficile d'être élu député communiste quand vous n'étiez pas ouvrier aujourd'hui c'est plus compliqué d'engager des gens qui ne sont pas effectivement dans des conditions sociales pas forcément d'ailleurs financières mais des instituts des profs des médecins qui ont du coup un capital social assez élevé et c'est vrai que c'est plus compliqué d'attirer des gens vers ça et il faut le faire moi j'ai grandi en banlieue j'espère et en tout cas je passe beaucoup de temps quand je suis ministre de l'industrie à me balader en France dans les territoires dans les quartiers et dans les campagnes parce que je souhaite montrer qu'en tout cas le politique il doit être auprès des gens il est là en tout cas pour les représenter donc même si sociologiquement aujourd'hui je ne représente pas la France moyenne c'est sûr d'abord je sais et j'essaye de ne pas oublier d'où je viens et puis j'essaye surtout d'être en contact avec les françaises et les français quels qu'ils soient ou qu'ils soient
mais du coup est-ce qu'il n'y a pas une forme de cohérence dans la composition sociologique qu'on voit des représentants et représentants du macronisme et les votes en fait c'est aussi ça qu'il y a une question de logique
non mais je ne suis pas tout à fait d'accord Thomas Cagé et Julia Piketty
ouais c'est ça Thomas Piketty et Julia Cagé disaient que jamais le vote n'a été aussi bourgeois
pour un candidat de l'histoire c'était Emmanuel Macron et sans doute jamais l'abstention n'a été aussi importante dans les classes populaires le vrai sujet il est là c'est qu'aujourd'hui les classes populaires au sens le plus large du terme les agriculteurs les jeunes beaucoup ne votent plus donc le vrai défi il est là c'est qu'aujourd'hui ceux qui votent sont plus bourgeois que la moyenne des français et le vrai défi c'est de réengager tout le monde à aller voter les jeunes les moins jeunes les chômeurs ceux qui n'ont pas forcément foi en la politique il y en a de plus en plus malheureusement qui ne l'ont plus donc c'est vrai pour moi c'est ça le défi moi je enfin en tout cas quand je me lève le matin je peux vous dire je ne cherche pas à enrichir le bourgeois alors peut-être que certains pensent que c'est ce qu'on fait moi ce que je cherche à faire quand je me lève le matin c'est relancer des usines faire en sorte que les jeunes aient envie de rejoindre l'industrie et des jobs et qu'en passant on en profite pour décarboner la France on y reviendra parce que pour moi l'industrie c'est la manière de réconcilier économie et écologie mais vraiment là-dessus il ne faut pas trop caricaturer l'engagement politique parce que je ne suis pas un exemple unique les politiques d'où qu'ils viennent quand ils s'engagent en politique et je pense aujourd'hui plus qu'il y a 20 ans il y a 30 ans on en prend un peu plein la gueule alors je ne veux pas me faire plaindre mais quand on s'engage en politique il faut quand même en avoir envie et envie plutôt je pense de servir à l'intérêt général et à l'intérêt particulier
M. le ministre on a des points communs on a beaucoup au-delà d'être banlieusards à la base tous les deux on a rejoint le parti socialiste tous les deux on l'a quitté aussi tous les deux est-ce que vous l'avez quitté pour les idées ? Non vous l'avez quitté parce que c'était le fonctionnement
qui ne vous plaisait pas ? C'était en 2005 j'y ai passé même pas un an on va dire que vous vous êtes rapproché
d'un parti de gauche pendant un an on a un point commun on défend tous les deux la légalisation du cannabis non non mais je le dis haut et fort et je salue Gérald Darmanin en le disant on soutient tous les deux les statistiques ethniques que vous dites indispensables et je suis d'accord avec vous ma question elle est simple qu'est-ce que vous foutez encore dans un gouvernement de droite ?
Bon d'abord
je ne pense pas que ce gouvernement soit de droite même si certaines figures emblématiques dont une que vous venez de citer en sont issues
Je vais me permettre monsieur le ministre juste de compléter peut-être la question parce que c'est vrai qu'elle était peut-être un petit peu facile vous parliez tout à l'heure de ces classes populaires qui ne vont plus aux urnes et je fais le constat et l'analyse et peut-être que c'est propre à moi que l'action des gouvernements successifs d'Emmanuel Macron continue d'éloigner ces classes populaires des urnes donc qu'est-ce que vous foutez encore une fois dans ce gouvernement ?
Parce que tant que je pense que je peux changer les choses dans le bon sens je continuerai à le faire Aujourd'hui un de mes gros sujets par exemple c'est la lutte contre les discriminations et j'avais écrit qu'effectivement une des manières de le faire c'était de reconnaître ce qui est encore un tabou en France c'est qu'il y a du racisme il y a des discriminations et qu'une bonne manière de le reconnaître c'est de le mesurer et notamment dans l'entreprise dans l'industrie parce qu'aujourd'hui il y a 7% de chômage en France on n'a jamais connu ça depuis 30 ans mais il y a encore des quartiers dans lesquels il y a 15, 20, 25% et bien moi je pense que le rôle de ministre de l'industrie c'est d'essayer de donner envie aux jeunes de rejoindre l'industrie de leur fournir des formations de les accompagner pour qu'ils trouvent un job qu'ils aient une carrière et que ce job et cette carrière ne soient pas liés ni là d'où ils viennent ni de leur origine personnelle sociale ethnique ou religieuse et moi tant que je pourrais porter cette voix au sein d'un gouvernement dont je continue à penser que c'est un gouvernement progressiste républicain anti-extrême je continuerai à le faire moi je n'ai à rougir d'aucune mesure qui a été prise depuis 6 ans et demi j'ai été député pendant 5 ans et ministre depuis un an et demi est-ce que ça veut dire que je suis 100% d'accord avec tout ce qui a été fait ?
Non est-ce que ça veut dire que demain je voterai tous les articles du projet de loi immigration tel qu'il est sorti du Sénat 3 fois non mais est-ce que pour autant ça veut dire que entre ce que j'ai fait quand je suis rentré au PS c'est-à-dire que je rentre un an je me dis ils s'en foutent je m'en vais ou maintenant que j'y suis je vais essayer de continuer à travailler pour améliorer les choses pour moi c'est l'option 2 et je ne le ferai pas toute ma vie j'ai eu une vie avant j'aurai eu une vie après mais tant que j'y suis j'essaye modestement de contribuer à la cause
On va parler de décarbonation de l'industrie on en parlait avant que vous arriviez sur ce plateau quand on parlait des sujets d'actualité on parlait du fait que les états qui vont se réunir à Dubaï pour la COP28 ne sont pas au rendez-vous de leurs engagements climatiques on se dirige vers une planète invivable au cours du salon des maires là vous avez signé des contrats de transition des 50 sites industriels les plus polluants français on en avait déjà parlé quand vous étiez venu sur le plateau de Baxit mais expliquez-nous c'est quoi cette histoire de contrat comment est-ce qu'on contractualise la baisse
des émissions de gaz à effet de serre donc en France il y a 50 usines qui représentent 60% des émissions de gaz à effet de serre de l'industrie à elle toute seule à elle toute seule donc c'est des aciéries des alumineries des cimenteries des raffineries donc c'est des grosses usines qui en général emploient beaucoup de gens et qui polluent beaucoup donc elles émettent beaucoup de gaz à effet de serre et il y a un an le président de la république les a réunis à l'Elysée il leur a dit moi je suis prêt à vous aider à condition que vous vous engagiez formellement à respecter les accords de la COP donc les accords de la COP c'est moins 40% d'émissions d'ici 2030 par rapport à là où on est aujourd'hui et moins 100% c'est-à-dire carbone neutralité en 2050 donc depuis un an avec mes équipes on a travaillé 50 contrats de décarbonation avec chacun de ces sites et donc on les a signés hier effectivement avec la première ministre au salon des maires parce qu'on pense que les maires sont très impliqués là-dedans je pense qu'il y a quelqu'un qui est de fosse autour de la table non ?
de fosse sur mer voilà donc il y avait le maire de fosse sur mer par exemple hier qui était là
ah mais c'est pas la même fosse
c'est un autre fosse c'est lui qui m'a dit fosse alors fosse où ? c'est fosse dans le Val d'Oise ah non c'est pas le même c'est pas la même il n'y a pas la mer là désolé non mais donc fosse sur mer c'est un bon exemple grosse entreprise il y a une aciérie il y a une raffinerie il y a de la chimie fausse ça pollue c'est plus de 20% des émissions des 60 dont je parlais tout à l'heure donc c'est énorme donc on a signé des contrats de décarbonation avec chacune de ces usines le contrat c'est quoi ?
c'est que l'usine s'engage à décarboner en remplaçant des fours à gaz par des fours électriques en remplaçant du charbon par de l'hydrogène ça fait 150 ans qu'on fait de l'acier avec du charbon on va pouvoir en faire avec de l'hydrogène à capter du carbone en échange de ça nous on donne des subventions et donc des subventions qui vont permettre d'accompagner les investissements c'est beaucoup d'argent pour vous donner un ordre de grandeur Arcelor à Dunkerque ils vont devoir dépenser 2 milliards pour décarboner d'euros et nous on est prêt sur ces 2 milliards à en subventionner 800 millions donc c'est beaucoup d'argent et donc pour s'engager sur cette voie là on est vraiment dans le donneur-donnant ça veut dire que s'ils ne font pas ce à quoi ils sont engagés l'argent ils ne l'auront pas on le reprendra mais à l'inverse s'ils font ce à quoi ils sont engagés et donc si 2030 moins 40% 2050 0 on aura gagné au change parce qu'on aura réussi à décarboner l'industrie Claire ?
oui il y a des analyses très intéressantes notamment d'une économiste qui s'appelle Anne-Laure Delatt dans un livre qui s'appelle l'état droit dans le mur qui décrit la manière dont l'état en fait n'est pas inactif dans l'économie il subventionne massivement même de plus en plus massivement des entreprises mais que la spécificité c'est que justement il n'y a pas de contrepartie on ne dirige pas finalement l'investissement public là avec ce que vous décrivez les contrats on a quand même plus cette idée qu'on va orienter diriger et donc contraindre un minimum les entreprises à aller dans une certaine direction néanmoins ces contrats est-ce qu'ils ont une valeur contraignante réelle c'est-à-dire qu'en fait il y a une entreprise elle ne respecte pas ses engagements qu'est-ce qui se passe ?
c'est quand même énormément d'argent public qui est mis sur la table
exactement et autant moi je ne suis pas pour la conditionnalité de toutes les aides publiques et ça c'est un débat qu'on pourrait avoir les allégements de charges qui sont souvent décriés pour moi ils permettent à toutes les entreprises d'être compétitives mais là on est vraiment dans un engagement contractuel contraignant donc si Arcelor ne fait pas ce à quoi ils se sont engagés d'abord on ne versera pas l'argent qui reste à verser et on reprendra l'argent qu'on a versé donc c'est vraiment un contrat formel qu'on signe avec le dirigeant du site et le ministre et qui est un engagement formel l'industrie l'avantage qu'on a à l'industrie c'est que moi je signe 50 contrats je décarbone 60% de l'industrie quand il s'agit de décarboner des millions de logements ou des millions de voitures c'est plus compliqué on ne va pas signer un contrat avec chacun des français mais là on a la chance vraiment de pouvoir certes dépenser beaucoup d'argent mais au fond ce n'est pas si cher que ça parce que l'industrie c'est moins cher à décarboner que les logements les voitures pour vous donner un ordre de grandeur une tonne de carbone évité c'est comme ça qu'on mesure le coût de la décarbonation donc si vous supprimez une tonne de carbone dans l'industrie ça coûte entre 50 et 100 euros la tonne pour les voitures donc si on passe tous nos véhicules du diesel à l'électrique c'est entre 200 et 300 euros la tonne et les logements qui sont les plus compliqués à décarboner c'est entre 300 et 500 euros la tonne donc il va falloir faire tout ça et évidemment il va falloir que l'état accompagne mais ce n'est pas l'état qui va tout payer mais l'industrie c'est plus facile à décarboner parce qu'on connait les technologies parce qu'il y a moins d'acteurs et en plus aujourd'hui ce qui est nouveau c'est que les chefs d'entreprise ils sont prêts à s'engager pas forcément par amour de la planète certains l'ont mais parce qu'aujourd'hui pour recruter des jeunes il faut leur raconter une histoire sur la décarbonation les investisseurs les clients est-ce que l'on peut
vraiment concilier le respect des objectifs de bas carbone et une croissance
industrielle oui mais ce serait une croissance différente Adèle a parlé tout à l'heure de la fameuse pub de l'ADEME bon évidemment la sobriété la surconsommation la fast fashion il faut agir là-dessus mais si on arrête de produire des voitures électriques par exemple elles sont produites ailleurs sauf à ce qu'on interdise les voitures électriques en France donc elles sont produites par exemple en Chine où on pollue beaucoup plus qu'en France et en plus on n'aura pas les emplois qui vont avec donc nous ce qu'on fait c'est qu'on dit on réconcilie l'économie écologie en faisant de la production verte donc on va remplacer des chaudières à fioul par des pompes à chaleur moi je préfère qu'elles soient produites en France là encore qu'au bout du monde donc on est vraiment je pense au contraire en train de réconcilier fin du monde fin du mois on n'aura peut-être pas la croissance qu'on a eu dans les 30 glorieuses mais au moins on aura une croissance verte qui sera neutre en carbone qui permettra quand même de créer de l'emploi et de créer du revenu
donc croyez en fait au mythe de la croissance en fait finalement la décroissance ça vous parle pas du tout
non c'est pas c'est que pour moi c'est pas la bonne manière d'aborder le truc c'est pas soit on croit soit on décroît parce que je pense que si on décroît j'allais dire de manière bête et méchante on va appauvrir le pays et si on continue à croître de manière bête et méchante on va faire exploser la planète donc il faut croître différemment mais si on installe des usines de batterie électrique dans le nord à Dunkerque Dunkerque on a perdu 10 000 emplois industriels en 20 ans grâce à ce qu'on est en train de faire à Dunkerque donc la décarbonation de l'industrie et batterie électrique on va créer 20 000 emplois industriels donc oui à Dunkerque dans 10 ans si tout va bien on aura 20 000 emplois de plus et on aura zéro carbone moi je préfère ça à dire tant pis les jobs ils seront ailleurs on va décroître et tout va bien se passer parce que ça ne se passera pas bien si on décroît de manière bête et méchante est-ce que ça veut dire qu'il faut mieux consommer est-ce que ça veut dire qu'il faut mieux réguler la fast fashion évidemment mais ça ne suffira pas on en parlait
au moment du Covid c'était le grand thème de la réindustrialisation au moment du Covid le jour où la France s'est retrouvée à se rendre compte qu'on était en foutu de fabriquer nous-mêmes des masques en papier pour se protéger les uns les autres où est-ce qu'on en est de la réindustrialisation du côté des produits de santé
alors on avance on sait que vous avez enfin on a eu des tensions sur le paracétamol sur la moxiciline l'année dernière de moins en moins en fait parce qu'on a reconstitué des stocks on a rapatrié de la production mais on est en train de relocaliser ce qu'on appelle des médicaments essentiels donc le président était en Ardèche en juin il a annoncé 10 nouveaux médicaments dès 2024 qui seront relocalisés en France on en a 25 qu'on a identifié qui doivent être relocalisés tout à l'heure j'étais à Chartres avec le président de la République Novo Nordisk oui c'est ça c'est une entreprise Novo Nordisk une énorme entreprise danoise qui est déjà installée à Chartres depuis 60 ans et qui a annoncé aujourd'hui 500 emplois 2 milliards d'investissements pour accroître leur production donc quand on dit Choose France la France est attractive et tout c'est aussi pour ça parce que moi je préfère que le Danois ils produisent donc c'est des produits contre le diabète qu'ils produisent en masse en France je préfère qu'ils les produisent en France qu'ailleurs Malek
alors il y a une liste de médicaments qui est beaucoup plus longue encore que ça on manque de cortisone aussi qui est l'anti-inflammatoire qui est le plus prescrit on manque d'énormément de médicaments la pénurie des médicaments en 2018 ça concerne environ 700 médicaments selon l'agence nationale de la sécurité du médicament aujourd'hui on en décompte 3700 sur les chiffres de l'année dernière je le conçois la députée Rabot a parlé cette semaine lors des questions au gouvernement de cette vente de l'usine annoncée par Sanofi qui produit à 70% donc c'est pour ça que vous allez nous éclairer qui produit à 70% dans notre pays du paracétamol donc un est-ce que Sanofi souhaite se barrer ça c'est un et deux c'est quoi les actions concrètes parce que pour le coup les pharmaciens et les organisations qui les représentent
souffrent tout autant que les médecins alors je ne voudrais pas affoler la bellevilloise il n'y a pas 3700 médicaments en pénurie les 3700 c'est des médicaments non non non il n'y a pas de tension sur 3700 médicaments qu'est-ce que nous dit alors l'agence nationale c'est la liste de médicaments surveillés sur lesquels il ne faut pas qu'il y ait de pénurie parce que c'est des médicaments dits essentiels la cortisone le paracétamol la moxiciline et parmi ceux-là il y en a sur lesquels il y a des risques de tension et c'est ceux-là qu'on relocalise donc on en a identifié 25 il y en a sans doute plus on va continuer à faire le travail mais un médicament qui n'est pas produit en France mais qui est produit en Allemagne on ne va pas en manquer le risque c'est quand il est produit au bout du monde dans un seul pays et qu'on l'a vu pendant la Covid ce pays en gros ferme les frontières pour des raisons sanitaires alors après sur Sanofi Sanofi n'a pas non plus annoncé et heureusement parce qu'il m'aurait entendu qu'ils allaient fermer l'usine ce qu'ils ont annoncé en revanche c'est important parce que moi je les attends en tournant là-dessus c'est qu'ils allaient couper l'entreprise en deux en gros les médicaments innovants ceux d'avenir les médicaments traditionnels comme le secteur grand public c'est ce qu'ils ont annoncé le paracétamol etc et donc ils ont dit là-dessus on va créer une entreprise on va investir etc et pour l'autre on va la maintenir moi ce que je veux on va la maintenir monsieur le ministre c'est ce qu'ils nous ont dit je peux vous dire que Sanofi touche beaucoup d'argent public et que évidemment et pas qu'un peu non mais oui mais attendez qu'on finance de l'innovation en France et qu'on finance de la relocalisation de médicaments en France moi ça me semble normal mais là encore on est dans le donnant donnant c'est ça nous revient Claire
donc cette question en fait de la relocalisation et du renforcement des secteurs stratégiques pour notre économie elle est apparue de manière très très forte avec la pandémie elle continue avec la crise climatique et la crise énergétique aussi liée au conflit en Ukraine mais est-ce que tout ça ça ne nous interroge pas finalement sur ce prisme globalisé de la compétitivité où en fait on a créé des chaînes de production immenses mais qui du coup rendent les économies extrêmement vulnérables aux crises aux chocs et on sait que les crises et les chocs vont se multiplier donc tout à l'heure aussi quand on parlait de la croissance verte du coup et du fait qu'il faut rester compétitif mais est-ce que finalement c'est tout ce cadre de pensée là qu'il ne va pas falloir revoir est-ce que c'est pas un peu plus profond que ça la question de la transition écologique que juste une question technique de décarbonation et de relocalisation de quelques secteurs non mais d'abord
c'est pas que technique pour moi c'est une révolution industrielle et ça doit être un projet national c'est-à-dire la décarbonation la lutte contre le réchauffement climatique c'est pas qu'une histoire d'ingénieur c'est une histoire de politique et moi je suis convaincu que la colère est montée dans les territoires et notamment le FN parce qu'on a désindustrialisé et que quand on crée une usine on recrée de l'espoir dans les territoires qui n'en ont plus et c'est en partie pour ça maintenant sur global versus local c'est vrai que la globalisation galopante qui disait le monde est plat il suffit de produire quelque chose quelque part et tout va bien se passer elle a pris un sacré coup dans la figure avec le Covid avec la résurgence des conflits et donc le monde est plus plat est-ce que ça veut dire pour autant qu'il faut tout rapatrier chez nous moi je ne crois pas moi je crois que le commerce d'abord ça peut permettre quand même des échanges entre les nations aujourd'hui au sein de l'Union Européenne c'est quand même une de celles zones du monde où on n'est pas en guerre depuis 70 ans et c'est en partie grâce au marché unique qu'on l'a fait donc moi je crois aux vertus du commerce il ne faut pas que ce soit le commerce à tout prix et notamment il faut qu'on intègre les enjeux environnementaux et les enjeux sociaux dans la production de médicaments dans la production de textiles aujourd'hui on fait des sweatshirts petits bateaux des maillots de l'équipe de France de rugby du coq sportif ou des maillots au puma ou des jeans 1803
en France c'est pas ça qui domine l'économie du textile exactement
non mais non l'économie de textile c'est 90% de la fast fashion mais ça c'est quand même en train de changer un peu pour rebondir sur ce que vous dites on a appris
il y a quelques jours quelques semaines que sur les produits dérivés de Paris 2024 les Jeux Olympiques que nous accueillerons l'année prochaine une grande partie de ces produits n'étaient pas fabriqués en France mais en Chine ça rejoint un petit peu donc c'est cool les suites petits bateaux j'ai envie d'acheter
mais ça c'est important c'est l'histoire de la commande publique est-ce que la commande publique peut acheter juste parce que c'est pas cher ou est-ce qu'on peut intégrer des critères environnementaux des critères sociaux des critères souveraineté donc ça on l'a fait dans une loi qu'on a votée récemment qui s'appelle la loi Industrie verte pour autoriser les acheteurs publics à intégrer des critères pas seulement de prix environnement, sociaux souveraineté maintenant la mascotte je pense que ce à quoi vous faites référence c'est la mascotte c'est vrai que quand on a réalisé que le COJO avait passé un marché le comité d'organisation des JO avec des boîtes françaises des boîtes françaises mais dont 80% étaient produits en Chine nous on a échangé avec eux et avec les boîtes et une de ces entreprises qui fait des doudous en Bretagne a accepté de doubler et donc de dire moi je vais pas faire 10% en France et les restes en Chine je vais doubler et en faire 20% est-ce que c'est suffisant ?
Peut-être pas du tout mais on a non mais attendez on a déjà là deux fois plus de mascottes qui seront faites en France elles sont à 45 euros de mémoire alors que celles faites en Chine sont à 35 donc ça va créer le défi qu'on se dit là mais au moins on prend quelques pas dans la bonne direction et ça il faut pas l'oublier Lorraine
tout à l'heure vous avez parlé justement du FN enfin du RN maintenant d'ailleurs et des gens qui justement parce que leurs territoires sont désindustrialisés en fait sont tentés de voter FN mais en fait il y a aussi ce double discours où justement vous dites que vous êtes un pro-européen mais en fait ces gens là se tournent notamment vers le RN parce qu'en fait ils associent le départ de leurs entreprises à l'Union Européenne ça c'est pour la première des choses mais aussi ces personnes se tournent en partie vers le RN parce que il y a ce côté les immigrés vont voler nos emplois donc en fait qu'est-ce que vous en pensez en fait comment vous luttez contre l'extrême droite à votre échelle parce que vous dites que vous êtes engagés notamment pour lutter contre les extrêmes
d'abord sur l'Europe moi je ne suis pas d'accord avec eux donc il va y avoir des élections européennes on va en débattre pendant huit mois moi je considère que l'Europe fait plutôt partie des solutions que des problèmes l'Europe n'est pas parfaite mais aujourd'hui on a l'euro dans nos poches moi il y a 35 ans je ne l'avais pas et ça crée une Union Européenne beaucoup plus fluide il y a des gens qui peuvent aller étudier à l'étranger Erasmus etc moi je considère que l'Europe est plus forte ensemble que séparée et effectivement je préfère Emmanuel Macron à Viktor Orban ou au monsieur qui a été peut-être pas élu Premier ministre mais en tout cas qui a gagné les élections hier aux Pays-Bas sur le FN désolé je ne m'y fais pas donc le RN un je pense que l'industrie fait partie des solutions deux je considère que leur rapport à l'immigration est délétère et je ne suis pas un no border je ne pense pas que le monde est plat et que tout va bien se passer mais je considère et je l'ai dit d'ailleurs que la réindustrialisation ne se fera pas sans immigration dans les 10 ans qui viennent il y a 1 300 000 jobs qu'il va falloir trouver dans l'industrie parce qu'il y a 800 000 personnes qui vont partir à la retraite donc la loi immigration elle est contre l'industrie du coup non parce que l'article 3, 4 ou comme tu l'appelles comme tu veux lui il prévoit par exemple la régularisation d'un certain nombre de travailleurs l'article dont ne veulent pas les députés dont ne veut pas Gérald Darmanin c'est un article non alors Gérald Darmanin il n'a pas dit ça mais je peux vous dire que les députés de la majorité ils en veulent ce texte arrive à l'assemblée et que je fais partie des gens et je pense que je ne suis pas le seul qui considère que cette disposition elle est importante et pas seulement pour des raisons politiques pour des raisons très concrètes humaines et personnelles vous connaissez sans doute en tout cas moi je connais des gens qui sont aujourd'hui qui bossent qui sont intégrés en France et qui n'ont pas de papier et qui entre guillemets les méritent et moi s'il y a bien un truc sur lequel je suis convaincu que l'immigration a péché en France c'est pas du fait de l'immigration c'est du fait de l'intégration on a insuffisamment intégré notamment économiquement les gens qui sont venus et donc ça ça fait clairement partie des critères pour lesquels à mon avis on doit au contraire les accueillir on vous entend
et vous nous dites que la plupart des personnes autour dans ce gouvernement ou au sein de la majorité sont d'accord le problème c'est qu'on est un des rares à vous avoir entendu en réaction à la tribune des députés non c'est pas vrai je suis désolé mais il y a eu et si on textait Gérald Darman ensemble parce que j'ai pas l'impression en fait entre ce que vous nous dites de sa supposée position et de ce qu'il nous dit ou de ce qu'il fait fuiter d'ailleurs j'ai l'impression qu'il y a un vrai gap j'ai envie de vous reposer la question du début qu'est-ce que vous foutez dans ce gouvernement de droite
d'abord peut-être qu'en donnant mon opinion j'équilibre un peu des prises de parole parfois différentes mais sur ce point là franchement Gérald Darman il a pas varié la première interview qu'il donne je sais plus c'est au Monde au Figaro sur le projet de loi avec Olivier Dussopt il dit il y aura deux jambes à ce projet de loi il dit il faut être méchant bon avec les bons et lui il incarnait une jambe et Olivier Dussopt incarnait une autre jambe et oui la réalité c'est qu'aujourd'hui il porte ce projet et je pense que dans les interviews récentes on peut retrouver des prises de parole de Gérald Darman sur lequel là-dessus il considère je pense qu'il a même dit après le vote du Sénat en disant on a gardé un article sur les métiers en tension et donc notre capacité à leur donner un permis et qu'il espère que en tout cas je peux vous dire que les députés de la majorité avec lesquels je parle ils sont nombreux que cet article va être rétabli à l'Assemblée nationale Lorraine elle va voter encore la loi
Lorraine puis Claire
mais là finalement comme vous dites en fait on parle d'intégration donc des personnes qui sont déjà sur le territoire mais tout à l'heure on parle des enjeux climatiques qui font qu'en fait des gens vont continuer de venir notamment parce que c'est pas les seuls enjeux qui font que les personnes viennent mais du coup en fait vous assumez en fait de faire une immigration choisie selon vos besoins et les besoins de la France et les autres alors
oui et non j'ai rien contre ça et je pense qu'effectivement aujourd'hui on cherche des soudeurs des métalliers des ingénieurs et effectivement s'il y a des gens qui sont prêts à rejoindre la France sur ce genre de métier pourquoi pas deux il y a quand même l'essentiel de l'immigration aujourd'hui en France qui est une immigration de devoirs c'est-à-dire c'est des réfugiés qui demandent l'asile et ça c'est pas une histoire de besoin c'est une histoire d'humanité et ça continue et c'est du regroupement familial donc ça aussi c'est une histoire de la France qui fait que quand quelqu'un a rejoint la France et s'y est intégré il peut faire venir sa famille et ça c'est pas une immigration économique mais je pense effectivement qu'on va avoir besoin d'une immigration économique l'Allemagne le fait le Canada où j'ai vécu pendant longtemps le fait et c'est pas un gros mot c'est pas ni l'esclavage moderne au contraire c'est une capacité à faire un match entre des gens qui veulent venir et des besoins qu'on a moi je trouve ça plutôt louable que les gens viennent sur des jobs qu'ils vont avoir Claire
moi j'ai l'impression que le réel et le vécu concret des politiques d'immigration et y compris de gestion des demandes d'asile en France il est un peu plus brutal et violent qu'on a l'impression que ce qui transparaît dans votre parole si on regarde ce qui se passe dans les camps que ce soit à Calais ou à Paris donc des personnes qui sont là en train de demander l'asile et qui sont même pas en CADA donc en hébergement parce qu'il n'y a pas assez de CADA parce que l'Etat ne met pas assez d'argent et là c'est des violences extrêmement fortes de la part de la police des délogements etc.
même quand vous parliez d'intégration en fait même dans l'article 3 la durée du titre de séjour qui est associée à cette régularisation elle est trop courte en fait pour permettre de se projeter dans un pays de manière pleine et entière et pas strictement par le seul travail donc encore une fois en fait est-ce qu'on a à la hauteur de l'humanisme qui est censé être l'histoire de la France en ce moment ?
Roland Lescure non mais je veux donc il y a l'immigration économique je pense que j'en ai parlé non mais sur les réfugiés il y a aujourd'hui beaucoup beaucoup de demandes d'asile en France plus qu'il y en a eu dans le passé en partie provenance de pays où évidemment ces gens là ont vocation à l'avoir et en partie en provenance de pays où ils n'ont sans doute pas vocation à l'avoir ce statut de réfugié je n'ai pas l'examen
des titres de demandes d'asile se fait sur la base individuelle et pas sur la base
de la provenance
d'un pays
bien sûr mais il y a des pays qui sont réputés comme étant beaucoup plus discriminants vis-à-vis des populations LGBT vis-à-vis des militants politiques que d'autres et c'est vrai qu'aujourd'hui parce qu'on a un afflux important on a des procédures qui ne sont pas assez efficaces et donc ça dure trop longtemps et donc les gens se retrouvent dans la mouise longtemps amenant certains même dans des situations de détresse dans ce projet de loi il y a effectivement des mesures dures qui est ceux qui n'ont pas vocation à avoir l'asile on les reconduit chez eux il y en a aussi pour rendre les procédures plus efficaces et notamment leur donner la possibilité de travailler par exemple à ces gens-là donc je ne veux pas caricaturer ce projet de loi ce n'est pas un projet de loi Benny Winnie venez tout va bien se passer en France mais ce n'est pas non plus un projet de loi comme je l'ai entendu fascisant qui interdit toute immigration en France on essaie d'être plus efficace c'est un mot qui peut paraître inhumain quand on parle des situations personnelles mais si on était plus efficace à dire oui et si on était plus efficace à dire non il y a des pays qui le sont aujourd'hui on ne fait ni l'un ni l'autre je pense qu'on aurait une immigration plus apaisée merci beaucoup Roland Lescure
d'avoir accepté notre invitation sur le plateau de Vaxit on peut vous laisser merci beaucoup vous pouvez quitter le plateau merci beaucoup Roland Lescure d'avoir accepté de venir sur ce plateau de Vaxit on vous laisse quitter le plateau et on va conclure cette émission avant de rendre l'antenne merci beaucoup les amis c'était très très chouette de vous avoir avec moi ce soir pour cette émission spéciale en partenariat avec France Digital Claire ça t'a plu oui c'était cool on a eu du temps pour parler de transition écologique tout à l'heure c'était chouette
oui oui oui en fait on a discuté un petit peu pendant la pause le sujet climatique en fait à part quand on est en plein milieu d'une canicule et qu'on ressent les choses physiquement en fait c'est un espèce de problème constamment urgent mais qui du coup en fait peut-être passe un peu à la trappe d'une émission et donc là en fait les événements comme les COP ça garde c'est aussi l'utilité de rappeler l'urgence de la situation quand les événements ne nous les rappellent pas
si au moins ça sert à ça tant mieux si c'est la dernière utilité des COP au moins gardons ça Lorraine c'était chouette de t'avoir comment ça va toi
ça va ça va toujours je voulais lui demander pour le budget 2024 et l'armement mais bon c'est pas grave il lui demanderait en off
c'est pas grave ça fait partie des questions qui sont passées
mais non franchement c'est cool et c'est cool d'avoir plein de têtes en face de soi mais oui ils sont beaux le public
vous êtes magnifiques le public merci beaucoup d'être venus ce soir merci non vraiment vous êtes vraiment super il y en a combien qui sont du club backseat à main levée là le club backseat ouais bah tout le monde ça fait super plaisir merci à vous le club backseat Malek Montbro très content ça t'a plu ouais c'était cool je suis un peu crevé on va pas se mentir on est tous un peu crevés ouais ouais c'est novembre mais c'était cool de se retrouver c'est cool de vous voir c'était trop trop cool et bah merci à toi merci à toute l'équipe notamment l'équipe de Gozu qui a fait le montage et qui va tout de suite faire le démontage de ce plateau chers amis c'est la fin de cette émission backseat à très bientôt merci à tous salut tout le monde
Roland Lescure