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interviewBFMTV· 3 juillet 2023 18 min

L'interview en intégralité de Marion Maréchal sur les émeutes

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonsoir. D'accord avec les propos du ministre de l'Intérieur ? Fermeté ?

0:04
Marion Maréchal

Fermeté, bien évidemment. Le problème, c'est qu'il y a, j'ai envie de dire, une dissonante en ce que se déclare le ministre de l'Intérieur et ce qu'on a pu voir sur le terrain. C'est-à-dire qu'on a manifestement un certain nombre de consignes qui ont été passées et qui ont été révélées par des notes de service incitant un certain nombre de forces de l'ordre à ne pas intervenir, à ne pas aller au contact dans un certain nombre de quartiers.

Ce qui remonte de la part des gendarmes et des policiers partout en France, c'est qu'il y a un sentiment de, pas qu'un sentiment d'ailleurs, un état de fait de submersion, de dépassement et un manque d'un certain nombre de munitions, notamment des munitions intermédiaires pour pouvoir réussir à intervenir efficacement. Donc la conclusion, ce qui est regrettable, c'est qu'on n'ait pas tout de suite mis en place l'état d'urgence qui aurait permis de multiplier les moyens d'action de nos forces de l'ordre pour notamment limiter les capacités de rassemblement, de manifestation.

0:56
Présentateur

On a été jusqu'à 50 000 policiers et gendarmes.

0:58
Marion Maréchal

En termes d'effectifs, vous avez raison. Et d'ailleurs, avec beaucoup plus d'effectifs qu'en 2005, il faut quand même le noter, on a trois fois plus de blessés. On avait 10 à 12 000 policiers et gendarmes mobilisés en 2005. Et en quatre jours, on a eu trois fois plus de blessés qu'en 12 jours de mémoire. Il y a eu des couvres-feux aussi dans le certaine mairie. Oui, mais ce qui est regrettable, si vous voulez, c'est qu'avec l'état d'urgence, on aurait pu élargir le champ notamment des perquisitions, des contrôles. Et donc ça aurait facilité sur le terrain l'organisation de nos forces de l'ordre et la répression évidemment des émettiers.

1:26
Présentateur

Mais on peut comprendre la consigne donnée aux forces de l'ordre de ne pas aller au contact direct, surtout ce sont des très jeunes, alors quitte à laisser un feu de poubelle, mais ne pas créer une situation qui pourrait être beaucoup plus grave.

1:38
Marion Maréchal

Je ne suis pas du tout d'accord avec cette doctrine. Et je pense que c'est cette doctrine qui maintenant nous conduit à la situation à laquelle nous sommes. Donc ça veut dire qu'aujourd'hui, il n'y a plus de peur du policier aujourd'hui dans notre pays. Il n'y a plus ou pas de peur de l'État parce qu'il y a un sentiment d'impunité générale, notamment sur le plan judiciaire. Et de ce fait-là, on en arrive au drame que nous connaissons aujourd'hui. La mort évidemment tout à fait regrettable et triste de Naël en est l'une des conséquences.

Ça veut dire que quand vous avez un jeune homme de 17 ans qui se retrouve avec un policier en face de lui, qui lui enjoint de s'arrêter et qui braque sur lui une arme, et qui n'a pas peur au point de redémarrer et donc de prendre le risque qu'on lui tire dessus, c'est bien qu'il y a quand même à la base, si vous voulez, un manque terrible et qui est lié au fait que depuis des années, on désarme moralement, psychologiquement, matériellement et judiciairement nos policiers et que donc ces jeunes ont un sentiment de liberté totale.

2:30
Présentateur

Selon la version d'un des passagers qui a parlé aujourd'hui, il aurait redémarré parce qu'il a reçu un coup de crosse et il a lâché la pédale et sa voiture automatique a redémarré.

2:40
Marion Maréchal

L'enquête nous dira la fin de l'histoire, mais enfin ce qu'on constate, c'est que l'IGPN, donc la fameuse police des polices, dès aujourd'hui nous explique que manifestement les propos qui ont été reprochés n'ont pas été tenus. Donc on verra pour la suite. On a condamné les produits de policiers ? Moi je considère qu'il y a eu une atteinte à la présomption d'innocence qui est tout à fait inacceptable. Il n'a rien à faire en prison ? L'enquête nous dira exactement s'il a respecté le cadre ou pas dans l'emploi de son arme.

Mais ce que je veux dire quand même, et je veux dire que le montant de la cagnotte aujourd'hui dont il bénéficie révèle quelque chose, c'est que nous avons là un homme qui est un ancien militaire, qui est un policier, qui a des états de service jusqu'ici irréprochables. Il a même été décoré et félicité à plusieurs reprises. Donc moi je ne communie pas du tout, je ne crois pas du tout à l'idée aujourd'hui propagée par l'extrême gauche et un certain nombre de responsables politiques qui consiste à dire que ce policier aurait commis volontairement un acte ou un crime raciste qui aurait eu une intention de donner la mort.

Je crois que ce policier a pensé agir légalement, qu'il a eu peur pour sa vie, qu'il a eu peur pour la vie de son collègue. Maintenant on verra à l'issue de l'enquête si vraiment les conditions étaient réunies. Mais je ne crois pas que nous étions face à un criminel qui a pris plaisir à donner la mort.

3:52
Présentateur

Vous parlez de cette cagnotte qui est éminemment politique puisqu'elle a été lancée par Jean Messia, ancien porte-parole de la campagne d'Éric Zemmour, qui se félicite d'ailleurs que sa cagnotte remporte plus de succès que celle lancée pour la famille de Naël. On a dépassé le million d'euros. Est-ce que ce n'est pas finalement assez indécent cette bataille des cagnottes ?

4:10
Marion Maréchal

Non, je ne crois pas que ce soit indécent. Je pense que ça révèle quelque chose. Ça veut dire qu'aujourd'hui il y a de très nombreux Français qui veulent à travers cette cagnotte non seulement soutenir la présomption d'innocence qui a été bafouée à l'égard de ce policier, mais aussi soutenir plus largement la police en général, l'indépendance de la justice, et que beaucoup n'ont pas apprécié de voir le président de la République si rapidement se précipiter pour remettre en cause l'indépendance de la justice. Ce que je veux dire, c'est qu'il y a aujourd'hui un présupposé qui part du principe, et porté une fois de plus par l'extrême gauche, que la police tue.

Non, la police n'est pas faite de criminels en puissance, de gens qui prennent de plaisir à utiliser leurs appels.

4:48
Présentateur

Non mais c'est important de le rappeler, pardon, parce qu'on a le sentiment qu'on vit... Rappeler la présomption d'innocence et alimenter une cagnotte, et on ne sait pas d'ailleurs cet argent à quoi il va servir, est-ce qu'il n'y a pas une forme d'innocence ?

4:58
Marion Maréchal

D'accord, mais il n'y a rien d'illégal.

5:02
Présentateur

Certains élus de gauche voudraient la suppression de cette cagnotte.

5:05
Marion Maréchal

Pardon, excusez-moi de vous dire, mais à l'heure où on parle, ce policier n'est pas condamné. Voilà, il a d'ailleurs été immédiatement écroué, parce que j'imagine qu'il y avait la volonté, pardon, de chercher à apaiser les banlieues et les cités. Non mais vous me dites oui, mais pardon, excusez-moi, bafouer la présomption d'innocence pour apaiser les cités et les banlieues comme le Fonds de politique, c'est insupportable.

5:27
Présentateur

Cet argent, pardon, mais Mario Marchal, cet argent, c'est pour faire quoi en fait ?

5:30
Marion Maréchal

Ce n'est pas à moi de le dire, je pense que je vous dis une fois de plus, derrière ce... Vous avez donné vous pour la cagnotte ? Non, je n'ai pas donné à la cagnotte, mais ce que je dis, c'est que derrière... Je vous dis, je ne suis pas choqué par le fait que des gens aient envie de le soutenir. Si je ne suis pas choqué, c'est que je pourrais le faire, mais je veux dire, je ne suis pas choqué par cela, parce qu'une fois de plus, je considère, je sais que c'est très politiquement incorrect de le dire, je ne considère pas que cet homme soit un criminel qui ait pris plaisir à tuer.

Une fois de plus, peut-être a-t-il mal interprété le cadre dans lequel il était, mais il dit avoir eu peur pour sa vie, je veux bien le croire, et je ne veux pas alimenter cette idée générale voulue par l'extrême-gauche que la police tue dans notre pays, et qu'il y aurait un racisme d'État dont la police serait le bras armé.

C'est insupportable, et c'est ce qui fait aujourd'hui que nous avons des cités qui s'embrasent, parce qu'on est dans cette espèce de ressentiment, pardon, mais post-colonial, qui consiste à dire que finalement, cet État post-colon aurait une espèce de racisme systémique, et donc il serait légitime d'aller au contact avec lui et d'attaquer tout ce qui représente l'État, c'est-à-dire l'uniforme, les commissariats,

6:29
Présentateur

les policiers, les gendarmes, il y en a beaucoup.

6:33
Marion Maréchal

Pardonnez-moi de vous dire, mais aujourd'hui, derrière les émeutes, j'ai envie de dire, même au-delà de ça, au-delà des émeutes, même de l'insurrection, je pense que le terme n'est pas exagéré, que nous vivons, il y a le croisement de plein de conflictualités.

6:46
Présentateur

Non, mais c'est-à-dire que vous êtes en train de raciser ces émeutes ?

6:47
Marion Maréchal

Non, non, je suis en train de vous répondre. Il y a plein de conflictualités. Il y a une dimension ethnique importante, il y a une dimension religieuse aussi, notamment islamique, il y a une dimension relative à l'opposition dans des guerres de territoire entre délinquants et policiers, il y a, j'ai envie de dire, la convergence de tout ça. Et derrière toutes ces conflictualités, il y a un point commun, ça c'est certain, et c'est la dominante, c'est la question de l'immigration.

Pardon de vous dire que si nous avons aujourd'hui des sécessions de territoire, des morts aux juifs, des alawakbars, des drapeaux algériens dans le cortège de justice pour Naël, si nous avons même l'État algérien qui s'en mêle de façon absolument scandaleuse en donnant des leçons d'État de droit à la France, c'est que ça dit quand même quelque chose de la teneur et des problèmes derrière ces émeutes.

7:33
Présentateur

Laurent Neumann, est-ce que ce sont des émeutes racisées ?

7:37
Invité

En fait, ce que vous dites était déjà inclus dans la tribune que vous avez publiée il y a quelques jours. Vous parlez même d'offensive islamiste, de submersion, d'immigration de match. Je ne sais pas du tout d'ailleurs sur quoi vous vous basez. Sur l'offensive islamiste ?

7:51
Marion Maréchal

Je ne sais pas, peut-être sur les 280 personnes minimum qui sont mortes des attentats islamistes dans notre pays.

7:57
Invité

Vous avez expliqué à propos des émeutes que les Français assistaient en direct aux conséquences cumulées de...

8:04
Marion Maréchal

Je suis en train de dire dans cette tribune... Est-ce que vous avez des informations qu'on ignorait ? Oui, je suis en train de vous dire. Si vous lisez ma tribune en détail, qu'est-ce que je dis ? Je dis, et je ne renie rien de ce que j'ai écrit, que nous sommes, selon moi, à travers ces émeutes, dans un pas supplémentaire vers le drame potentiel d'une guerre civile. Une guerre civile, c'est quoi ? Reprenons les mots. C'est l'opposition au sein d'une même nation, d'un même peuple, d'un même territoire, de groupes armés. Nous nous avançons quand même très largement vers cela. Et je dis cela pourquoi ?

Parce que je considère que nous avons face à nous aujourd'hui ce qu'on appelle les territoires perdus de la République, de manière pudique, c'est-à-dire des zones de non-droit, où la loi de la République ne s'applique plus, et que ces zones ont pour terreau une immigration massive qui ne s'assimile plus, qui se désassimile même, dans lequel on a la convergence, dont je vous parlais à l'instant, de plein de choses, c'est-à-dire d'une part du laxisme judiciaire, d'autre part de l'offensive islamiste, de criminalité en bande organisée liée au trafic de drogue, et que tout cela cumulé participe des sécessions territoriaires. Mais c'est la plainte chose en même temps.

9:10
Présentateur

C'est une minorité, c'est une minorité. Il y a quoi, entre 3 et 4 millions de personnes qui vivent dans ces quartiers ? Mais surtout, ils sont très peu nombreux dans la rue.

9:18
Marion Maréchal

Il est évident que la majorité des immigrés dans notre pays ne sont pas des criminels et des délinquants en puissance. Néanmoins, aujourd'hui, de nous expliquer qu'il n'y a pas un problème structurel dans notre pays, excusez-moi, mais c'est quand même vouloir détourner l'attention. Quand je vous le disais tout à l'heure, qu'entre 2005 et aujourd'hui, nous avons, avec 3 fois plus ou 4 fois plus de policiers, de forces de l'ordre mobilisés, 3 fois plus de blessés, c'est que nous voyons bien que l'augmentation massive de la présence sur notre sol de personnes immigrées, de descendants d'immigrés, aggrave par là même la question de la délinquance.

9:55
Présentateur

Pardon Marion Maréchal, ce que je veux dire, ce sont des mineurs. C'est-à-dire que c'est des jeunes qui sont nés en France, qui sont nés en France, qui sont à l'école, donc ils ne viennent pas d'arriver. Donc ça pose plus la question de leur place dans ces quartiers. Très bien, et ça pose... Alors une fois que les émeutes se seront calmées, que le calme reviendra un peu partout, qu'est-ce qu'on fait ? On fait un plan banlieue ? Qu'est-ce qu'on fait ? Quelle est la solution ?

10:20
Marion Maréchal

Eh bien déjà, posons-nous la question de l'adaptation de notre droit prénal et de la loi à ce nouveau type de délinquance. Parce que vous nous parlez de mineurs, vous avez raison. Sauf qu'aujourd'hui, la loi n'est plus adaptée au rajeunissement des formes de délinquance et de criminalité qui sont de plus en plus violentes, en particulier dans ces territoires. Donc ce qui est sûr, c'est qu'il faut, me semble-t-il, changer la loi. Il faut des prisons pour les mineurs ? Il faut, comment dire, abaisser l'âge de la majorité à 16 ans et non plus à 18, comme c'est le cas aujourd'hui.

Il faut mettre en place le fait de pouvoir faire sauter l'excuse de minorité entre 14 et 16 ans, qui s'applique de manière automatique, vous savez, jusqu'à un certain âge, pour que la loi puisse passer de manière plus rapide et plus efficace sur ces jeunes. On a beaucoup de jeunes, vous l'avez dit, 30% des interpellations qui sont des mineurs, très souvent entre 16 et 18 ans, donc ils sont quand même des jeunes hommes, voire des jeunes femmes. Donc on supprime les juste pas enfants ? Quand on nous efface à des personnes qui ont plus de 16 ans, oui, c'est-à-dire que la loi doit s'appliquer pleinement et plus à moitié, comme on le voit aujourd'hui, sur les peines.

Donc ça, ça m'apparaît être une première réponse. Ensuite, pardon, j'ai une deuxième chose qui m'apparaît importante, c'est qu'on a quand même passé un cap dans ces émeutes, c'est-à-dire qu'au-delà du pillage, au-delà de la dégradation des biens publics, au-delà des véhicules, des entreprises brûlées...

11:37
Présentateur

Directement à des maires, à la famille du maire.

11:39
Marion Maréchal

Aujourd'hui, on a parlé de ce maire, il y en a d'autres qui ont été également attaqués, plutôt dans leur mairie pour le coup, et on a, j'ai vu ça tout à l'heure, un témoignage également d'agents pénitentiaires qui ont été attaqués à Nanterre dans leur résidence, à leur domicile, par des dizaines d'émeutiers avec des enfants présents dans la maison. Et donc, il me semble que, vu la situation que nous vivons, il faut également adapter le droit et permettre aux citoyens de se protéger. C'est-à-dire qu'il me semble qu'aujourd'hui, il serait opportun de mettre en place une présomption irréfragable de légitime défense au domicile.

C'est une loi qui existe notamment aux États-Unis, qui s'appelle la doctrine du château, qui fait que si un individu s'introduit dans votre domicile, vous êtes en droit de pouvoir vous défendre. Donc vous êtes pour le port d'armes ? La présomption irréfragable de légitime défense au domicile.

Ça veut dire que vous êtes en droit de pouvoir vous défendre, même si cela entraîne la mort, parce que vous sortez du cadre actuel extrêmement contraignant et restrictif de la légitime défense, qui vous impose, vous savez, une stricte proportionnalité, une adéquation, on va dire, dans la réponse par rapport au temps que vous mettez pour répondre, autant de situations qui ne me semblent pas adaptées quand vous êtes attaqué à votre domicile, que vous ne savez pas quelles sont les intentions du criminel qui rentre chez vous, est-ce qu'il va violer votre femme, attaquer vos enfants, brûler votre maison, vous volez.

Et donc je pense que vu ce cap qui est passé, vu la, j'ai envie de dire même la barbarie d'un certain nombre d'émetiers qui se permettent d'aller jusque dans les domiciles alors qu'il y a des enfants en présence, il faut aussi donner le moyen au sentiment.

13:12
Invité

Aux Etats-Unis, la doctrine du château va de pair avec le port d'armes qui est autorisé. Est-ce que vous voulez le port d'armes en France ? Oui, alors pourquoi je vous dis ça ?

13:18
Marion Maréchal

Je ne suis pas pour le port d'armes en France. En revanche, c'est très simple, pardonnez-moi, mais quelles sont les cibles prioritaires aujourd'hui qui sont visées ? C'est en particulier les agents pénitentiaires, les représentants des forces de l'ordre, ça veut dire des gens qui ont le port d'armes chez eux, qui sont entraînés à cela. Des élus, des commerçants, des gens à leur domicile. Oui, absolument, mais déjà, pardonnez-moi, mais si on permettait à ces policiers de pouvoir se protéger dans des circonstances plus, comment dire, protectrices pour eux, il me semble que ça ne me paraît pas... Donc l'autodéfense, c'est une solution ?

Non, mais excusez-moi, mais je ne sais pas si vous avez suivi ça, mais parmi la multiplication des témoignages que nous avons de terrain. On a notamment cette policière qui était en voiture avec ses deux enfants, qui a été poursuivie, qui a été bloquée exactement par des émeutiers et qui était en place de subir une agression parce qu'elle était policière. Ça veut dire qu'aujourd'hui, ces gens sont identifiés du fait de leur uniforme et menacés en raison de leur uniforme.

14:09
Présentateur

L'autodéfense, c'est une solution pour aider les Français à se protéger ?

14:14
Marion Maréchal

L'autodéfense, légaliser, oui ? Je vais vous dire, je suis pour le fait que la violence légitime revienne à l'État, que les choses soient claires. C'est ce qui permet notre cohabitation pacifique. Mais quand l'État n'est pas là ? Maintenant, quand l'État, comme c'est le cas aujourd'hui, est en état de dépassement, de submersion, c'est ce que nous disent, mais ce n'est pas un reproche que je fais du tout aux forces de l'ordre, c'est une constatation.

Il me semble logique de donner les moyens, évidemment encadrés par la loi, aux citoyens de se défendre, en particulier quand la partie, j'ai envie de dire, la plus intime de votre environnement, à savoir votre domicile avec votre famille, est violée avec violence, c'est le cas de le dire. Donc, ça ne me semble pas inopportun. Et je vais vous dire pourquoi. Parce que je vous parlais de guerre civile. Les mots sont très durs et sont très forts. Que les choses soient claires, si j'en parle, c'est justement parce que j'espère pouvoir contribuer, moi et d'autres, à éviter cette tragédie qui est la guerre la plus horrible qui soit. Pourquoi ? Parce que, qu'est-ce qui va se passer ?

C'est-à-dire que, si nous poursuivons sur cette voie, si nous continuons d'avoir toutes les conflictualités dont je vous parlais tout à l'heure, qui s'accumulent et s'aggravent, un jour, nous subirons de nouveau des émeutes telles que nous connaissons aujourd'hui, des émeutes probablement beaucoup plus violentes, et il se peut qu'à un moment donné, le citoyen, ne se sentant plus protégé parce que les forces de l'ordre sont dépassées, finisse, lui, par vouloir se défendre. Et c'est là où on a un risque de voir les populations s'affronter. Et une fois que nous aurons basculé là-dedans, il sera trop tard, et nous n'arriverons plus à revenir en arrière.

15:36
Présentateur

Raphaël Grabli est avec nous, notre spécialiste tech. Bonsoir, je vous ai fait venir parce que, pour revenir sur cette cagnotte, on entend beaucoup d'élus dire qu'il faut la supprimer. Alors, peut-on supprimer une cagnotte qui a été lancée par une personne privée ? Est-ce qu'il y a des précédents ? Que dit la loi dans ce domaine ? Alors, que dit la loi ? Oui, il y a des précédents. La cagnotte pour Christophe Détanger, des Gilets jaunes, qui avait été supprimée, qui était une cagnotte Litchi, et qui avait été supprimée. Christophe Détanger avait attaqué Litchi.

Il avait été débouté, notamment parce que la justice estimait, d'une part, que cette cagnotte, elle risquait d'être utilisée pour payer de potentielles amendes ou des amendes, et d'autre part, parce qu'il y avait un trouble à l'ordre public, puisqu'il s'agissait finalement de défendre indirectement des violences qui visaient des forces de l'ordre. Donc là, le cas, il est très différent. Déjà, la plateforme, qui s'appelle GoFundMe, refuse de la supprimer. Ils expliquent que ça respecte les conditions d'utilisation. Par exemple, Litchi l'a supprimée, c'est-à-dire que Jean Messia l'avait mis sur Litchi, elle a été supprimée, il l'a mise sur GoFundMe.

Et donc, en fait, la question qui va se poser, c'est un, est-ce que la justice pourrait demain estimer qu'une partie de cet argent pourrait servir à payer potentiellement une amende des dommages et intérêts ? Là, elle deviendrait illégale. Et deux, est-ce qu'elle entretiendrait un trouble ou est-ce qu'elle inciterait à commettre un trouble à l'ordre public ? Et là encore, l'issue du procès du policier sera très importante parce qu'évidemment, il est présumé innocent. Si évidemment, il est condamné, dans un second temps, la cagnotte pourrait devenir illégale. Donc, ce qui est probable, c'est que l'argent soit versé à court terme.

On imagine mal que cette cagnotte soit fermée, à moins que la plateforme décide de la fermer. Ce qu'elle peut faire, unilatéralement, elle peut décider de demain la fermer face à la pression. Mais dans un second temps, voilà, l'argent sera probablement versé et éventuellement, la justice pourra demander de réunir.

17:27
Marion Maréchal

Mais permettez-moi de vous dire, juste, je rebondis là-dessus, qu'en fait, on a presque dépassé ce sujet-là. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, les émeutes sont devenues un prétexte. Je veux dire, vous l'avez vous-même relevé sur votre plateau juste avant, manifestement, ceux qui aujourd'hui sont déférés devant la justice n'invoquent même pas le cas de Naël. Quand on a des pillages d'Apple Store, de boutiques, de Lidl, qu'on a des domiciles, en tout cas des immeubles privés qui sont incendiés, quand on a des commissariats qui sont attaqués, ça va bien au-delà de la question de Naël. C'est vraiment une défiance vis-à-vis de l'État et de son autorité. C'est une guerre de territoire.