Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewInstitute for small markets in law and economics· 8 décembre 2025 10 min

ISLE - SENAT - Audrey BÉLIM

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

coup. Merci pour ces propos flatteurs. Alors, je vous avoue, moi je je suis peut-être une experte pour la Réunion et pour et pour mes autres les autres territoires.

Je je me permet d'écouter les experts qui m'entourent très souvent, à savoir mes propres collègues puisque je pense que nous avons beaucoup insisté là-dessus. Nous sommes terriblement singuliers les uns par rapport aux autres. Effectivement, nous avons très souvent les les réalités complètement différentes, mais face à cela, nous ne pouvons pas tout le temps et et et indéfiniment mettre les mêmes mots et les mêmes solutions.

Euh je pense que on est là aussi euh quand on évoque la concurrence, lorsqu'on évoque régulation et compétivité, tout cela en même temps, on est en train de se demander finalement comment nos territoires pourront demain produire de la croissance. Je pense que ce sujet c'est aussi celui-ci et je préfère le voir comme ça parce que je suis quelqu'un d'extrêmement optimiste finalement. Mais il est vrai que nous avons un un cadre euh législatif qui est insuffisant, je dirais, mais surtout très contraignant.

Euh et en tout cas en ce qu'il ne vient pas pouvoir permettre la régulation économique, du moins à plusieurs dizaines de milliers de kilomètres de là chacun où nous sommes. On va le dire comme ça très sincèrement. depuis la Réunion à 10000 km.

Je je vois très mal la régulation économique se faire de manière très aisée et il est vrai que finalement nous aurions besoin qu'il y ait une réflexion globale qui se porte sur comment renforcer cette régulation dans nos territoires, comment relancer la concurrence dans nos territoires et surtout comment s'ouvrir. Et ça a été, si l'on regarde bien, l'essentiel des travaux de cette délégation porté par notre présidente Micheline Jacques. Les sujets ressemblent énormément au rapport que nous avons porté puisqu'ils sont forcément liés.

Et il est vrai que lorsqu'on parle du cadre législatif depuis la loi et Rome, il y a eu très peu de choses qui ont été faites d'un point de vue global. Il y a bien sûr des propositions de loi qui ont émergé de part et d'autre, mais malheureusement du fait de cette instabilité dont nous parlions tout à l'heure, euh on va dire que le système est un petit peu bloqué. Vous avez des des propositions de loi qui émanent de l'Assemblée, des propositions de loi qui émanent du Sénat et celles-ci parce qu'il y a pas de navette finalement sont bloqués et malheureusement quand bien même elles sont très intéressantes, elles sont elles sont insuffisantes du fait qu'elles viennent finalement se positionner à chaque fois soit sur du bout à bout, soit parce qu'il y a des urgences et malheureusement il n'y a pas de de réflexion globale.

Il serait très intéressant qu'on puisse avoir en tout cas sur cette thématique très forte par exemple de la régulation qu'il y ait une réflexion globale et qu'il y ait des propositions qui correspondent finalement à notre structuration depuis là où nous sommes. Donc il est vrai que nous avons porté des choses lors de la dernière initiative qu'il y a eu sur le projet de loi Vichè. projet qui est bloqué.

Actuellement, nous n'avons pas de malheureusement de d'agenda concernant l'Assemblée nationale, mais nous avons travaillé quand bien même nous estimions que il était un petit peu faible ce texte, mais euh il y a eu quelques apports notamment euh sur l'idée de la conditionnalité des aides aux entreprises. Et donc là, nous allons et nous travaillons et nous insistons sur la transparence. Il y a eu également cette cet amendement afin de demander à ce que il y ait au minimum deux bassins géographiques qui soi dans cette outrémérisation de l'autorité de la concurrence.

Mais encore une fois, ce n'est pas suffisant parce que où depuis où siègera-on ? Depuis où décidera-t-on ? Depuis Paris, on sera beaucoup trop éloigné de nos territoires donc et les comportements des territoires, encore une fois, nous sommes singulièrement différents, sont différent.

La la la concurrence, le le monde économique ne se manifeste pas de la même manière depuis l'océan Indien euh aux Antilles ou en Polynésie ou en Avel Calédonie. Et donc il y a cette tentative mais il faut aller encore une fois plus loin sur cette idée. Euh et puis euh je pense qu'il il nous faut améliorer également la compétitivité de nos entreprises et donner plus de force à nos très petites entreprises à nos et à nos petites entreprises.

On l'a dit, elles représentent 90 % de notre économie. Nous avons parlé tout à l'heure du Small Business Act. Nous à la Réunion, on parle en français, on dit stratégie du bon achat et encore une fois, c'est bloqué.

C'est un outil qui reste bloqué. Nous avions demandé à ce qu'on puisse augmenter ces taux en tout cas concernant les marchés publics parce que c'est intéressant, les marchés publics ne peuvent pas trouver de de de réponse ou en tout cas de candidats sur des territoires où il y a essentiellement des très petites entreprises et des petites entreprises. C'est très difficile pour eux de répondre à ces marchés.

Toujours très compliqué. Euh il nous faudrait adapter certaines normes, certaines normes européennes et lorsque nous avons euh cette année notamment euh et donc madame de Palmas, vous avez raison, j'en profite, euh fait une une loi d'expérimentation qu'on a voté ici au Sénat à l'unanimité, que l'on a voté à l'Assemblée nationale à l'unanimité dont les décrets sont en cours aujourd'hui lorsqu'on a voté ce texte qui parle donc de l'adaptation des normes de construction pour les territoires ultramarins, forcé de constater que les budgets ne sont pas inscrits. Alors que ces comités référentiels bâtis qui pourraient naître dans le bassin entiller, qui pourrait naître dans le bassin indoéanique qui coûte parce que ça a été évalué 143500 € chacun.

On n pas les budgets qui sont inscrits et c'est une expérimentation qui nous permettrait de nous ouvrir et d'avoir une réflexion globale sur la manière dont on construit de notre territoire parce qu'encore une fois on ne vit pas de la même façon. on ne peut pas avoir les mêmes normes euh qu'ici sur un un pays sur un continent. En tout cas, on n' pas c c'est cette on a on est on est diff on est différent encore une fois.

Euh et puis euh quand on on parle de relancer la compétitivité, je pense que au-delà de d'aller sur euh généraliser la stratégie du bon achat, au-delà de faire de l'adaptation normative, il nous faut aussi euh peut-être penser à créer des fonds pour la montée en gamme, créer des fonds pour aider à à aller vers de l'innovation, mais des fonds sérieux mais qui ne sont pas encore une fois conditionnés à des schémas sur le verdissement comme le disait Teva. C'est exactement cela qu'on soit que cette liberté soit permise aussi à nos chefs d'entreprise. Et enfin nous l'évoquions aussi tout à l'heure parce que je je crois qu'on est nombreux sur cette table ronde donc je vais pas mobiliser la parole mais le troisème axe ce serait la coopération dans nos bassins de vie chacun.

Encore une fois face à nous avons des pays moi depuis la Réunion face de moi, c'est Maurice, c'est Madagascar. Ce sont des pays avec une une initiative économique, une force économique qui est différente de la mienne. Certes, tantôt on peut la voir plus faible, tantôt on peut l'avir plus forte, mais toujours est-il que face à chez moi à la Réunion, face à Mayotte, ça reste des pays et donc nous n'avons pas la possibilité, la faculté de pouvoir finalement échanger avec eux, mettre en lien avec eux.

Et c'est extrêmement frustrant parce que ce sont nos bassins de vie et c'est encore plus frustrant parce que nous voyons ces petits pays autour de nous entrer eux sur notre territoire et se mettre en concurrence avec nos petites entreprises. Et donc oui, il nous faudrait certainement faire entrer ces nouveaux acteurs en lien avec nos bassins chacun respectivement de là où nous sommes, mais leur permettre de finalement entrer dans cette idée de de logistique, dans cette idée d'import, dans cette idée d'exportation afin de venir toucher à cette cette concurrence monopolistique oligopolistique qui qui qui nous freine depuis nos territoires. Donc il nous faut une vision globale qui soit sur une régulation qui soit déconcentrée depuis Paris.

J'ose le dire. Il faut vraiment qu'elle soit euh regardée, étudiée, analysée et combattu depuis nos territoires. Il nous faut réellement avoir un cadre législatif euh adapté à nos territoires, qu'il soit fort et qu'il y ait une réflexion globale et encore une fois qu'on ait ce culot de s'ouvrir chacun et chacune dans nos territoires, dans nos bassins économiques.

Je le disais, je me rappelle au tout début de mon mandat, auparavant à la Réunion, nous nous achetions nous mangeions de la viande qui venait de Madagascar ou du riz. du bœuf du Bosswana. Aujourd'hui, avec toute la normalisation qu'il y a, ce sont des produits qui ont disparu et malheureusement on nous donne des produits d'importation qui coûte très cher et le bœuf Pay par exemple, ça coûte très cher.

Et donc dans le choix pour le consommateur, il y a très peu de choix et donc encore une fois, on nous éloigne de nos bassins de vie et on veut nous coller finalement un système, un mode hexagonal qu'on adore et qu'on aime parce que on se sent français bien sûr, mais qui nous freine finalement dans cette idée de produire de la cassence depuis notre territoire. Donc oui, je pense qu'il faudrait qu'on ait une réelle la loi de 2017, ça fait loin. Les modes de vie, les mentalités, tout cela a changé.

Euh je pense qu'on a des collègues, qu'on a des acteurs qui sont extrêmement culottés. J'entendais euh euh monsieur Pierre Yve Chico, je crois qu'il s'appelait euh évoquer tout à l'heure. Oui, nous avons des des une jeunesse qui est beaucoup plus culotté, une ambition qui est très forte, des initiatives qui sont très fortes et nous devons avancer avec cela et ne et ne pas se contenter à se dire "C'est la loi, c'est le cadre et nous ne pouvons en sortir." En tout cas, nous ce que nous voulons, c'est qu'il y ait une différenciation singulière depuis nos territoires, mais bien sûr penser avec notre mère notre mère patrie la France.

No.