Marc Fesneau, président du groupe MoDem à l'Assemblée nationale et député du Loir-et-Cher | LCP, Lundi C'est Politique 17/11/2025
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 44 %Attaque 34 %Défensif 22 %
Questions et réponses
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- 2:39OuverteRéponse directe
Marc Fénaud, c'est une étape de plus dans le soutien de la France à l'Ukraine ?
- 3:47RelanceRéponse partielle
Est-ce que la France ne met pas un doigt dans un engrenage en livrant des drones à l'Ukraine ?
- 4:44RelanceRéponse partielle
Mais vous n'y voyez pas un risque d'engrenage, parce que la réaction de la Russie, vous la voyez venir ?
- 5:47OuverteRéponse directe
Est-ce que ces affaires de corruption dans l'entourage de Zelensky risquent de rendre Zelensky moins fréquentable ?
- 7:28OuverteRéponse directe
Marc Fénoux, est-ce que vous partagez ce point de vue de Michel Barnier ?
- 8:17OuverteRéponse directe
Au-delà de ça, comment vous expliquez cette sortie de Michel Barnier ce matin ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:45Invité politiqueFait
« D'abord pour des motifs qui sont ceux du respect du droit international. »
- 2:55Invité politiqueFait
« Le principe d'intangibilité des frontières est un principe qui est quand même inscrit depuis 1945 dans les tables, y compris de l'organisation de l'ONU. »
- 3:17Invité politiqueFait
« Le président de la République s'est engagé dès 2022, dès l'agression russe, auprès des Ukrainiens. »
- 4:34Invité politiqueFait
« Doter l'Ukraine de moyens pour se défendre d'une guerre d'agression, on a encore vu ces derniers jours, 400 drones, des dizaines de missiles. »
- 7:31Invité politiqueFait
« Tout à fait. »
- 8:21Invité politiqueFait
« C'est un rappel à l'ordre ? »
- 8:30Invité politiqueChiffre
« L'an dernier, quand il a été Premier ministre, il avait procédé, il y avait une dizaine ou une douzaine de milliards d'euros de hausse d'impôts. »
- 8:44Invité politiqueFait
« Augmentation d'impôts, là où c'est nécessaire, notamment pour des questions d'optimisation fiscale ou de justice fiscale, et surtout baisse des dépenses. »
- 9:06Invité politiqueChiffre
« Et tout le monde sait qu'il y en a 30 à 35 qui sont non opérants, non conventionnels, non constitutionnels, et qu'ils ne passeront aucune barre, ni politique. »
- 10:45Invité politiqueFait
« Oui, c'est plutôt l'interprétation du texte de la Constitution. »
- 14:46Invité politiqueFait
« Je signale quand même une chose au passage. Donc, pas forcément 4,7%. »
- 15:04Invité politiquePromesse
« Nous allons tenir cet objectif. »
- 24:51Invité politiqueFait
« Reconnaissez au Modem que depuis 2017 nous disons la même chose. »
- 27:13Invité politiqueFait
« qu'on puisse non revaloriser les retraites d'autant qu'elles ont été un peu revalorisées ces dernières années. »
- 27:32Invité politiqueChiffre
« Un tiers à peu près. Un tiers des Français sont exonérés. »
- 29:29Invité politiqueChiffre
« Sur les 1000 milliards à peu près de dettes qui s'est accumulée sous les deux quinquennats du président Macron, il y en a 600 qui sont liés au système de retraite. »
- 29:45Invité politiqueFait
« faire une réforme à ce point détestée par les Français c'est quand même très ennuyeux quand dans la plupart des pays on arrive à trouver des consensus. »
- 34:50Invité politiqueFait
« la chute de démographie elle vient au moment où un certain nombre de mesures ont été faites, c'était sous le quinquennat de François Hollande. »
- 35:36Invité politiquePromesse
« nous on dit on a fait cette proposition de dire dès le premier enfant on verse des allocations. »
- 36:44Invité politiqueChiffre
« dans la coalition qu'on a constituée 212. »
- 38:55Invité politiqueFait
« le monde nous regarde et donc si vous faites une dissolution comme on l'a fait en 2024 mais je ne dis pas que c'est une bonne solution. »
- 40:02Invité politiqueFait
« la dissolution n'est pas à 18 mois d'une présidentielle la solution pour le pays. »
- 43:50Invité politiqueFait
« il ne considère pas que c'est acquis d'ailleurs il le sait lui plus que d'autres il est en danger. »
- 45:05Invité politiqueFait
« je vais m'astreindre à un silence parce que d'abord un je ne veux pas interférer et gêner ce que sera la politique de Sébastien Lecornu. »
- 47:47Invité politiqueFait
« c'est un processus d'abêtissement. »
- 48:56Invité politiqueFait
« quand même quelque chose d'une blessure et d'une fracture française qui s'est révélée. »
- 48:22Invité politiqueFait
« l'opération Fillon c'est à dire que vous allez très à droite »
- 49:23Invité politiqueFait
« les 80 km heure, la taxe carbone, les APL qui ont été vécues ça rejoint ce que je disais tout à l'heure comme une offense »
- 50:15Locuteur 3Chiffre
« 10 millions de personnes en situation de précarité et de l'autre 10 millions de tonnes de nourriture gâchées chaque année en France »
- 52:27Invité politiqueFait
« confinement crise Covid plus guerre en Ukraine c'est l'inflation qui a augmenté »
- 52:45Invité politiqueFait
« nous n'arrivons pas dans ce pays à produire assez de logements à des coûts raisonnables »
- 56:02Locuteur 4Chiffre
« 2016 on jette 10 millions de tonnes 10 millions de tonnes ça correspond à peu près à 10 millions de personnes en précarité en France »
- 56:14Locuteur 4Chiffre
« l'ADEME 9,4 millions de tonnes »
- 58:32Invité politiqueChiffre
« c'est entre 15 et 30% des légumes qu'on produit qui sont jetés pour des défauts de calibrage ou pour des tâches »
- 1:01:11Invité politiqueFait
« ce sont des jeunes filles qui étaient dans deux établissements privés l'un catholique l'autre musulman et dans lesquels on a le droit d'être voilé »
Temps de parole
- Marc Fesneau67 %
- Présentateur14 %
- Locuteur 47 %
- Locuteur 55 %
- Locuteur 83 %
- Locuteur 62 %
- Locuteur 32 %
≈ 2,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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La suspension de la retraite à 64 ans à peine votée par les députés, elle est déjà mise à terre par les sénateurs. A l'Assemblée, le bloc central dont fait partie le groupe Modem, présidé par Marc Fénaud, se retrouve pris entre deux feux. Rester fidèle à Sébastien Lecornu et accepter de laisser courir un peu les déficits ou maintenir la ligne de François Bayrou et rétablir avant tout les équilibres financiers avant toute autre réforme. En tout cas, l'heure de vérité approche. Il reste quelques semaines seulement pour faire passer le budget 2026, à moins d'un coup de théâtre.
Marc Fénaud, président du groupe Modem à l'Assemblée Nationale, député du Loir-et-Cher et l'invité de LCP, l'indicé politique. Bonsoir Marc Fénaud, merci d'être sur notre plateau ce soir. Pour vous interroger ce soir, ils sont plusieurs. Hervé Gaténaud de Radio Classique, bonsoir Hervé, bonsoir Gaël Mac de Challenges, bonsoir Clément Méric de LCP, bonsoir Hugo Couturier, Hugo Opetard sur Twitch LCP Assemblée Nationale, la chaîne sur laquelle vous pouvez interagir pour poser des questions à notre invité ou des réactions que vous nous remontrez. C'est évidemment Hugo.
Dans ce climat d'incertitude politique et budgétaire, les chefs d'entreprise se font de plus en plus entendre en disant « Attention, on va droit dans le mur parce qu'il y a beaucoup d'incertitudes ». Ça, on va en parler. On va revenir évidemment, je le disais tout à l'heure, sur la retraite à 64 ans qui sera au cœur, dit-on, de la prochaine présidentielle. Mais certains ont déjà avancé des idées, comme Gabriel Attal pour Renaissance, qui veut tout remettre à plat. Un système à points, la capitalisation, on vous demandera votre avis là-dessus. Nous parlerons aussi des municipales parce que c'est dans quatre mois, jour pour jour. C'est un enjeu important pour votre parti. Quelles alliances ?
Ça, ce sera une des questions. Et puis en fin d'émission, vous échangerez avec notre invité sur ce qu'il décrit comme une bombe sociale, la précarité des étudiants. Certains risquent quand même de plonger dans la pauvreté. C'est un vrai sujet de société. Mais d'abord, l'actualité du jour avec Volodymyr Zelensky, qui était aujourd'hui à Paris, au moment où la Russie dit avancer en territoire ukrainien. Il vient chercher du soutien. C'est la neuvième fois que Zelensky vient en France depuis le début de la guerre, il y a trois ans et demi. Le président ukrainien a signé ce matin un contrat pour renforcer son armée.
Une lettre d'intention pour une commande d'une centaine de rafales étalées sur dix ans. Une avance technologique majeure pour l'Ukraine. Lors d'une conférence de presse à la mi-journée aux côtés d'Emmanuel Macron, Volodymyr Zelensky a parlé d'un accord historique.
C'est un accord historique. Il est très précieux que la France prenne une telle mesure pour garantir une véritable sécurité en Europe.
Marc Fénaud, c'est une étape de plus dans le soutien de la France à l'Ukraine ?
Oui, le soutien continu du président de la République. D'abord pour des motifs qui sont ceux du respect du droit international. La Russie enfreint le droit international et décide de conquérir des territoires par la force. Le principe d'intangibilité des frontières est un principe qui est quand même inscrit depuis 1945 dans les tables, y compris de l'organisation de l'ONU. Et puis deuxième élément, parce que le combat de Zelensky est un combat au-delà de ces principes-là, un combat pour la paix, la paix sur le continent européen. C'est la première fois depuis très longtemps que nous avons un conflit armé de cette intensité sur le territoire européen.
Le président de la République s'est engagé dès 2022, dès l'agression russe, auprès des Ukrainiens. Et nous avions besoin sans doute de renforcer encore le partenariat. Alors vous avez parlé, on a parlé des Rafales. Il y a aussi un partenariat qui se renforce sur la question des drones, où pour le coup là les Ukrainiens produisent à grande vitesse un certain nombre de drones. On verra, l'important c'est que la Russie ne gagne pas cette guerre. Mais la question de la guerre telle qu'elle est posée là aujourd'hui dans ce conflit, c'est quand même l'apparition et l'émergence de nouvelles formes de conflictualité, en particulier avec les drones.
Parce qu'il se passe quelque chose de totalement nouveau.
Justement, est-ce que la France ne met pas un doigt dans un engrenage, là, en disant on va livrer, si on veut dire, des drones à l'Ukraine ?
Dans un engrenage, nous avons choisi le camp de ceux qui respectent le droit international. Si on ne dit rien, en fait, on acquiesce...
Ce n'est pas seulement dire, là on participe d'une certaine façon.
Il ne suffit pas de dire, il faut montrer ce qu'on veut. Ce qu'on veut, c'est que l'Ukraine soit maintenue dans ses frontières et que la force ne soit pas la loi. Et que la loi reste à la loi. Oui, d'accord. Et donc, si jamais on dit simplement, et ce n'est pas bien ce que fait M. Poutine et qu'on ne fait rien...
Non, mais vendre des rafales et des drones, ce n'est pas anodin.
On entre dans quelque chose de plus. Mais pardon, nous avons livré un certain nombre d'armes à l'Ukraine, et nous ne sommes pas d'ailleurs les seuls, les Allemands, les Anglais. Enfin, je veux dire, la stratégie européenne, au-delà de l'Union Européenne, parce que les Anglais sont sur, si je peux dire, le continent, mais pas membres de l'Union Européenne, doter l'Ukraine de moyens pour se défendre d'une guerre d'agression, on a encore vu ces derniers jours, 400 drones, des dizaines de missiles. Si on dit simplement, c'est très bien, défendez-vous et débrouillez-vous...
Mais vous n'y voyez pas un risque d'engrenage, parce que la réaction de la Russie, vous la voyez venir.
C'est pardon, la rhétorique, pas la vôtre, que certains essaient de nous dire, c'est ne vous en mêlez pas, baissez les yeux, parce que de toute façon...
C'est la Russie, déjà dans un premier temps, qui va dire, vous avez vu, la France vend des armes à l'Ukraine. Mais pardon, qui est l'agresseur ?
Non, mais d'accord. Qui défendons-nous ? Nous ne livrons pas des armes aux Ukrainiens pour qu'ils envahissent la Russie. Nous livrons des armes aux Ukrainiens pour qu'ils défendent leur territoire et leur population civile. Qui peut s'opposer à ça ? Qui peut dire que c'est une agression ? Mais Vladimir Poutine va dire, la France aujourd'hui est du côté des belligérants. Oui, oui, bien sûr. Mais que M. Poutine joue ce jeu-là et essaie de nous ranger du camp des belligérants, qui a attaqué ? Qui agresse ? Qui franchit la frontière ? Qui occupe les territoires ? Et qui a annexé certains territoires, d'ailleurs, il y a un certain nombre d'années ? C'est M. Poutine.
Donc, ne confondons pas l'agresseur et l'agressé. Et il est normal que nous donnions à l'agresseur les moyens de se défendre.
Vladimir Zelensky a dû faire le ménage récemment encore dans son entourage, dont plusieurs membres ont été accusés d'avoir détourné, par exemple, plusieurs centaines de millions de dollars dans le secteur énergétique. Ce n'est pas la première fois qu'il y a des problèmes de corruption dans son entourage. Est-ce que ces affaires risquent de rendre Zelensky moins fréquentable ?
Ce n'est pas moins fréquentable, mais je pense que c'est d'ailleurs un point de vigilance qu'il y a toujours eu, avant la guerre d'ailleurs, c'était de faire en sorte que ce pays qui est un peu un pays émergent, d'une certaine façon, avec des potentialités agricoles, énergétiques et autres assez grandes, qu'il y a toujours dans ces cas-là un certain nombre de gens dans les entourages politiques et globalement qui essaient d'en profiter. Donc, ce qu'on a intérêt à faire, c'est à mettre en garde Vladimir Zelensky sur l'idée qu'on ne peut pas travailler avec des gens, pas lui, mais qui dans ses entourages se livreraient à des manœuvres comme ça.
Donc, il faut qu'il fasse le ménage dans son entourage ? Oui, oui, c'est normal qu'il fasse le ménage dans son entourage.
Je disais qu'il avait été élu là-dessus avec sa série Serviteurs du Peuple où il critiquait justement les élus corrompus, etc.
Voilà d'autres faits. Les débats sur le budget 2026 sont repris ce matin à l'Assemblée nationale. Il reste normalement une semaine pour le voter, mais ça grince des dents du côté des Républicains en particulier. Vous les connaissez bien, les Républicains, c'est notamment normalement vos alliés. L'ancien Premier ministre Michel Barnier, député LR de Paris désormais, ce matin a mis les pieds dans le plat. Il dénonce un chantage des socialistes sur le budget et il estime que ça part dans tous les sens.
On a le sentiment qu'il n'y a pas de négociation actuellement, qu'il y a une sorte de chantage du Parti socialiste qui a obtenu dès le début qu'on supprime, et j'ai voté contre cette réforme des retraites qui était insuffisante, imparfaite, mais nécessaire pour les générations futures. Et puis maintenant, ce sont les impôts dans tous les sens. La folie, l'improvisation fiscale est absolument insensée.
40 milliards de hausses d'impôts, et puis des économies qui étaient prévues par le gouvernement qui se sont volatilisées.
Donc d'un côté comme de l'autre, on aggrave la situation que moi j'ai trouvée, qui était déjà très grave, et qui s'est aggravée depuis avec un déficit insupportable.
Marc Fénoux, est-ce que vous partagez ce point de vue de Michel Barnier ?
Tout à fait. D'abord, si on veut un compromis, il faut regarder ce qu'on peut faire les pas les uns vers les autres. Si chacun reste dans sa position, il n'y a pas de compromis possible, on l'acte et il n'y a pas de budget. Or, je considère, moi, non pas pour des raisons seulement de stabilité à l'Assemblée nationale, ce qu'on nous dit après, vous avez peur de la dissolution, ce n'est pas seul le seul sujet, c'est qu'on ne peut pas, dans ce pays, se permettre tous les 3 ou 4 mois d'infléchir... Attendez, je vais... D'infléchir la politique émanée.
Deuxième élément, on est dans un schéma un peu particulier, parce qu'en France, quand on fait les projets de loi de finances, on commence toujours par les recettes. Donc, on ne parle que des recettes. Première partie du projet de loi de finances qui est en train de se dérouler encore, ça fait 3 semaines, quasiment 3 semaines, qu'on parle des impôts, des impôts ci, des impôts là. Et donc, c'est normal que dans l'atmosphère publique, il y ait le sentiment qu'on procède à des augmentations d'impôts partout.
Au-delà de ça, comment vous expliquez cette sortie de Michel Barnier ce matin ?
C'est un rappel à l'ordre ? C'est un rappel à l'ordre, mais reconnaissons aussi que Michel Barnier, l'an dernier, quand il a été Premier ministre, il avait procédé, il y avait une dizaine ou une douzaine de milliards d'euros de hausse d'impôts. Là où il a raison, c'est qu'il faut remettre un peu de l'ordre dans les idées. Ce que vous voulez dire, c'est qu'il n'a pas de leçon à donner. Je ne dis pas ça comme ça, mais chacun a fait sa part. Et dans l'équilibre qu'il essayait de donner, il y avait des augmentations d'impôts et des baisses de dépenses. Nous, nous sommes favorables à ce que nous puissions être sur ces deux pieds-là.
Augmentation d'impôts, là où c'est nécessaire, notamment pour des questions d'optimisation fiscale ou de justice fiscale, et surtout baisse des dépenses. Le problème, c'est qu'on n'arrive jamais à parler de la baisse des dépenses. Et que les socialistes, pour le coup, c'est vrai, ils veulent bien parler des impôts et des recettes, ils ne veulent jamais parler des dépenses. Et nous, on veut parler des dépenses. Donc ça, c'est un élément important.
Après, ne faisons pas semblant, alors j'entends parfois les membres du patronat s'inquiéter, dans les 40 milliards d'impôts qui ont été votés, et tout le monde sait qu'il y en a 30 à 35 qui sont non opérants, non conventionnels, non constitutionnels, et qu'ils ne passeront aucune barre, ni politique. – Donc les députés n'ont travaillé pour rien ? – Oui, ils ont voté pour rien, ceux qui l'ont voté, mais nous ne l'avons pas voté. D'ailleurs, une partie des socialistes ne l'ont pas voté, et c'est parfois la collusion de la France insoumise et du Rassemblement national qui a fait que des amendements comme ceux-là.
La taxe sur les multinationales, c'est une aberration, ça ne tient pas la route 15 secondes. Bon, voilà ce à quoi on aboutit, c'est ça qui est un peu désespérant, parce que dans la séquence dans laquelle on est, on pourrait s'attendre, et j'ai toujours fait appel à ça, comme parlementaire, mais aussi comme ancien ministre des Relations avec le Parlement, quand on dit on vous fait confiance pour être responsable, c'est quand même dommage que sur une ribambelle d'impôts qui ont été votés, la plupart, on sache par avance…
– En fait, le gouvernement a laissé passer, ils ne l'ont pas dit jusqu'à maintenant.
– Non mais il l'a pu dire pendant le débat. – Non mais il l'a dit, enfin pardon, Amélie Mouchalin a dit, l'attaque sur les multinationales, c'est inopérant, c'est incroyable. – Oui, il y a deux jours qu'elle l'a dit. – Non, non, pas du tout. – Elle l'a dit pendant le débat. – Elle l'a dit au banc, j'étais présent en séance, je peux vous dire qu'elle l'a dit. Après, on n'est pas écoutés par des gens qui sont totalement irresponsables. Cet après-midi, ont été votées des choses complètement incohérentes sur les biocarburants, et après, le Rassemblement national nous explique que ce n'est pas grave, c'est dans la navette qu'on va rectifier.
Le mieux, c'est de ne pas voter n'importe comment, ça évite après que le gouvernement ou le Sénat soit obligé de corriger la copie. – Hervé.
– Alors, parlons un peu de calendrier, de procédure. À l'origine, le vote de la partie recette du projet de loi de finances, il devait avoir lieu aujourd'hui. On a pris beaucoup de retard, ça a été reporté. Finalement, le gouvernement a fixé ce vote au 24 novembre, c'est-à-dire 24 heures après la date limite théoriquement fixée par la Constitution. Pour commencer, est-ce que cette procédure est régulière ?
– Oui, c'est plutôt l'interprétation du texte de la Constitution. On pense que c'est régulier, en tout cas le gouvernement pense… – On s'arrange avec la Constitution. – Oui, 24 heures ou quelques heures n'est pas déterminant. La question, ce que vous dites à juste raison, c'est d'aller au bout de ce texte. Manifestement, nous ne pourrons pas aborder vraiment la question de la partie 2, c'est-à-dire la baisse des dépenses.
– Mais là, en l'occurrence, pour finir sur la partie 1, est-ce que cette façon de faire ne signifie pas, au fond, que Sébastien Lecornu ne croit pas qu'une majorité était susceptible
d'être réunie pour voter le texte dans l'État où il est ? – Pour le coup, il y a deux sujets dans votre sujet. Le premier, c'est que le projet de loi de finances et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, il est arrivé sur la taffe du Conseil des ministres, et donc dans les deux assemblées, quasiment avec 15 jours de retard, pour les raisons qu'on connaît. Chute du gouvernement Bayrou, nomination d'un nouveau gouvernement, etc. Bon, donc par nature, on savait que, excusez l'expression, dans le tube, on avait du retard. Il n'est pas anormal que, justement, on ait des délais qui soient très contraints.
Sébastien Lecornu, il fait face aussi, et c'est comme ça, avec un Parlement qui a procédé à de très, très nombreux amendements. Nous avions près de 3 000 amendements au démarrage de la partie 1. Nous en sommes encore à 1 500. C'est aussi ça dont dépend la capacité du gouvernement à le faire dans les temps, le débat parlementaire. Mais moi, je souhaite qu'on puisse aller jusqu'à la fin de la partie 1, au moins, comme on a pu le faire sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Sinon, on se prive une nouvelle fois de la capacité à délibérer. Et puis après, chacun, on va y revenir, j'imagine, prend ses responsabilités sur le texte.
Mais est-ce que, depuis le départ, la stratégie du gouvernement n'est pas, comme le dénoncent certains opposants, et comme on l'entend même parfois à l'intérieur du camp macroniste, est-ce que cette stratégie ne consiste pas à appuyer sur les freins le plus longtemps possible pour pousser la procédure jusqu'à son terme et permettre d'adopter le budget par ordonnance ? Ce n'est pas le scénario auquel vous croyez ?
J'entends cet argument, mais il suffisait d'avoir 600 amendements et tout allait bien. Et ça, le dépôt d'amendements, il ne dépend pas du gouvernement. Le gouvernement ne nous a pas appelés pour nous dire qu'il faut déposer plein d'amendements. Pardon de le dire ainsi. Mais il avait anticipé qu'il y en aurait beaucoup. Oui, mais c'est à nous aussi, parlementaires, de nous discipliner. Ça fait des années que, dans ce Parlement, on a des centaines ou des milliers d'amendements dont on sait qu'ils sont inopérants et qui sont, pardon de l'expression, parfois un peu occupationnels. C'est-à-dire qu'on a besoin de porter des drapeaux.
Si on veut ne pas prêter le flanc à cette critique ou ne pas pouvoir accuser le gouvernement de cette critique, il faut que nous-mêmes, on fasse le ménage dans nos débats parlementaires et qu'on ne passe pas des heures sur des amendements dont on sait.
Mais on est parti pour une adoption par ordonnance ? Alors après, il y a plein de sujets.
D'abord, je pense qu'on ira jusqu'au bout de la partie 1 de la partie recette. La question, c'est qui veut prendre la responsabilité de voter cette partie recette telle qu'elle est aujourd'hui ? Bon. Deuxième élément.
Vous pensez qu'elle ne passera pas, en fait ?
Manifestement, ce texte, il finit par être un enfant sans parent.
Donc, il n'y aura pas de majorité.
C'est un texte un peu orphelin de responsabilité parce que tout le monde y a mis un peu de tout et personne n'a regardé ce que pensaient les autres. Et donc, on a 40 milliards d'impôts, des niches fiscales qu'on a augmentées. Donc, il n'y aura pas de majorité pour le voter. Je ne vois pas aujourd'hui qui a envie. Alors, il peut y avoir d'ici dimanche, je le dis très simplement, il peut y avoir des deuxièmes délibérations. Par exemple, la taxe multinationale, peut-être qu'on peut se poser la question tout de suite
de la supprimer, comme on l'a fait d'ailleurs sur le projet de loi. Alors qu'il est, Marc Fénault, il n'y a pas de majorité pour le voter.
Mais bien sûr que je ne vois pas une majorité se dégager pour ce texte. Pourquoi ? Parce que ce n'est pas la somme du compromis, c'est la somme de toutes nos envies. Et ça, ça ne fait pas un compromis. Et donc, je répète, c'est un texte qui n'a plus de parents. Et on a beau l'appeler à l'accueil, personne ne répond. Parce que personne ne veut prendre la responsabilité. Or, si on veut un compromis, il faut prendre ses responsabilités. C'est-à-dire, ça n'est pas mon texte initial, mais c'est le texte que je peux accepter quand même.
Clément, si on s'entendait au décompte de la ministre du Budget, on en est à l'heure qu'il est à peu près à 5% de déficit, avec le budget en l'État, quand l'objectif est de 4,7%. Il faut le tenir à tout prix, cet objectif des 4,7%.
En tout cas, il faut tenir à tout prix l'objectif de 5 ou moins de 5. Je signale quand même une chose au passage. Donc, pas forcément 4,7%. Je pense que c'est important, c'est quand la France dit une parole et donne une parole, elle soit tenue. Par exemple, en dernier, il avait été prévu que ce soit 5,4% sous le gouvernement de François Bayrou. Et reconnaissons, c'est l'occasion quand même de rendre hommage au travail qui a été fait par Bayrou et les enseignes du gouvernement. Nous allons tenir cet objectif. Le drame français, c'est qu'on dit à la Commission européenne ou à nos partenaires européens. Ne vous inquiétez pas, on va passer à 5,4%. Puis finalement, on est à 5,8%.
Déjà, si on arrive à tenir les trajectoires, c'est-à-dire que si on passe de plus de 6... La trajectoire, elle a été soucée à 4,7%. Non, non, ça, ce n'est pas voté, la trajectoire. Ce qui est la trajectoire, c'est ce qu'on vote. Donc, quand on dit 5,4%, on fait 5,4%. Et quand on dit 4,7%, 4,8% ou 4,9%, il faut le tenir. C'est ça qui est le plus important pour moi, parce que le crédit, évidemment, c'est d'être sous 5%, mais le crédit, ce n'est pas de dire 4,2% pour faire plaisir, pour finir à 5,4%. Vous voyez ce que je veux dire ?
Et donc, je pense que le sujet pour la France et pour les parlementaires et le gouvernement, c'est d'arriver à obtenir quelque chose de crédible et une trajectoire qui se tienne. C'est-à-dire qu'il est inconcevable de ne pas continuer une pente de régression du déficit public.
Est-ce que vous comptez sur le Sénat pour remettre un peu d'ordre dans tout cela et pour attaquer aussi les dépenses publiques ?
Alors, il y a deux sujets. Est-ce que le Sénat... D'abord, est-ce qu'ils ont une majorité ? Vous dire les choses... Même si elle est d'ailleurs relative parce que les LR ne sont pas majoritaires à eux tous seuls. Ils ont besoin du groupe présidé par mon ami Hervé Marseille. Mais il y a des choses assez stables et donc le Sénat est plus rigoureux dans son approche budgétaire. Donc, que le Sénat puisse remettre un peu de l'ordre, en particulier sur les objets non conventionnels, non constitutionnels, non opérants, ce qui relève parfois du gadget, ça, je suis certain.
Après, la question qui va se poser dans notre dialogue avec le Sénat, c'est est-ce que le Sénat fait une mouture qui est totalement éloignée de ce que pourrait être un accord avec l'Assemblée nationale ? Auquel cas, ce serait un problème politique. Et ça, c'est un problème politique parce que dans les années précédentes, il faut rendre hommage au travail qui avait été fait au Sénat, c'était un Sénat qui cherchait le compromis tout en cherchant une forme de rigueur budgétaire. Mais là, si c'est juste pour être plus-plus et en fait créer les conditions d'un non-vote de l'Assemblée nationale, là, nous aurions un problème. Vous voulez dire que c'est un Sénat
qui est dans l'opposition au gouvernement ?
Oui, et je pense que... Moi, je connais bien le Sénat et je sais la responsabilité qu'elle a l'heure. On voit bien qu'il y a un moment un peu de tension avec le gouvernement. Ils sont dans une démarche politique. Oui, mais on peut avoir une démarche politique et une démarche responsable. D'opposition ? Oui, mais... Oui, d'opposition. Oui, ils étaient d'opposition, mais le sujet n'est pas d'être d'opposition, c'est est-ce qu'on essaie dans l'opposition de construire un compromis ou pas ? Et donc, en parallélisme des formes de ce qui se passe à l'Assemblée nationale, est-ce que le Sénat est dans une forme d'opposition sans compromis possible ou d'opposition avec un compromis possible ?
Et quelle est votre réponse ? La question... On va voir ce qui sortira des débats. Je ne peux pas préempter le débat.
Il y a deux questions très rapides. Il y a Stéphane qui vous demande si le Modem ne vote pas le budget. Est-ce que ça veut dire que vous devenez parti d'opposition ? Et René qui vous demande une question pour Marc Fénaud. Est-ce que vous ne vous sentez pas un peu seul dans cette Assemblée à défendre les compromis ?
Alors, je vais répondre à la deuxième question d'abord. Oui, parfois on se sent un peu seul, mais en tout cas, s'il n'y en a pas quelques-uns... Alors, on y arrive parfois à regarder le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, on a réussi à faire voter la partie recette dans un schéma qui est tout à fait atypique puisque un groupe d'opposition a voté pour, d'autres se sont abstenus et dans le SOC, certains ont voté pour et d'autres se sont abstenus. Donc, c'était quand même assez atypique.
Oui, mais je pense que je ne prêche pas simplement pour le plaisir de prêcher et d'être seul à le faire, c'est parce que je pense que c'est l'intérêt du pays et que c'est une nouvelle pratique qu'on essaie d'organiser qui n'était absolument pas celle du pays et c'est ça qui est une difficulté. Deuxième élément sur la partie budgétaire, c'était de savoir... Si vous êtes d'opposition, si vous votez pour. Oui, alors est-ce que le Parti socialiste
le paie, par nature,
le compromis exige qu'on sorte de ses postures parce que si dans ce pays on passe son temps à dire... L'idéal aurait été qu'on ait une coalition. Bon, nous ne sommes pas un pays qui construit les coalitions a priori, on les construit a posteriori. Donc, les gens sont dans l'opposition puis après, ils essayent de trouver un compromis. Donc, avant de passer la logique... Il faudrait mieux qu'on ait une coalition et qu'on dise ça, ça appartient à l'accord de coalition.
Vous dites aux socialistes si vous votez oui, si vous votez le budget, ça ne veut pas dire que vous entrez dans la majorité. Pas du tout. Mais eux, ils le disent comme ça, Panteau. Les socialistes ?
Non, ils ne disent pas qu'ils rentrent dans la majorité.
Non, Jérôme Ghiad a déjà dit qu'on ne votera pas le budget
parce que ça veut dire rentrer dans la majorité. Ils ont voté le parti recette du PLFSS. Ils considèrent qu'ils sont de gauche dans l'opposition et que nous ne sommes pas d'accord sur tout. Ça n'annule pas les différences. Mais, je répète, si on veut un compromis, à la fin, quand vous signez un compromis de vente ou un compromis de paie, à la fin, vous signez en bas et vous dites je suis d'accord avec le compromis. Et comment se manifeste l'accord avec un compromis ? Par le oui. Par le oui. Si vous rentrez dans une négociation en disant de toute façon, je ne voterai pas votre compromis, vous avez un petit sujet de la conception du compromis. Donc, vous dites aux socialistes n'ayez pas peur.
Si vous voulez, n'ayez pas peur, c'est une phrase ancienne qui ne déplaît pas aux démocrates chrétiens. Et deuxième élément, si je peux me permettre, ce d'autant que les socialistes ont réclamé qu'il n'y ait pas de 49-3, je suis à peu près le seul, alors je vois que ça prospère un peu maintenant dans les esprits à avoir dit, c'est quand même curieux de ne pas utiliser cet outil d'une autre façon que celui de la coercition. Le 49-3, c'est fait pour faire une coercition sur la majorité. Là, il n'y a aucune majorité. Ni relative, ni je ne sais pas quoi. Donc, il faudrait finalement recourir au 49-3 peut-être dans la dernière ligne droite ?
Qu'il puisse acter le compromis et qu'il puisse délester tout le monde de ce que je vois, c'est-à-dire de l'absence de volonté de prendre ses responsabilités. Je vois que personne ne veut prendre ses responsabilités. J'en prends hâte, je le regrette, y compris sur la question d'un compromis. Comment on fait si ce n'est pas par cet outil-là ? Que quelqu'un m'explique comment on acte le compromis. Donc, vous appelez
le Premier ministre, finalement,
à ne pas renoncer à cet outil ? Alors, ce n'est plus dans les mains du Premier ministre. C'était une demande du groupe socialiste. On ne peut pas reprocher au Premier ministre d'avoir pris acte d'une demande du Parti socialiste et après revenir dessus. Parce que s'il fait ça, on vous dira, vous êtes revenu sur votre parole. Dis autrement, est-ce que vous dites au Premier ministre, si ça bloque, il faut sortir le 49-3 ? Non, ce n'est pas ce que je dis. Vous vous adressez au Parti socialiste ?
Non, je m'adresse à tout le monde parce qu'aujourd'hui, est-ce que vous connaissez quelqu'un dans les groupes du socle ou de gauche qui disent je vais voter le projet de loi de financement de la Sécurité sociale au final ou le PLF ? Personne. Donc, et tous disent qu'il faut un budget. Mais par contre, le 49-3, vous ne revenez pas là-dessus. Comment on fait quand personne ne veut voter un budget et quand tout le monde veut un budget ? Vous avez parlé
avec le premier fort ou pas ?
Mais j'en ai parlé publiquement, donc oui, j'en parle avec ceux que je croise et tout le monde est un peu non pas... Je ne parle pas d'Olivier Faure en tant que tel puis d'abord, je ne révèle jamais mes conversations personnelles mais tout le monde est un peu gêné parce que maintenant, on s'est privé au fond d'un outil qui est très galvaudé, qui est très détesté par les Français pour les raisons qu'on peut comprendre mais qu'on m'explique comment on vote un budget quand personne ne veut le voter et quand tout le monde le veut.
Donc très clairement, avant de passer la parole à Gaël et de parler de votre groupe justement, vous dites quoi aux socialistes ce soir ?
Je dis qu'il faut prendre ses responsabilités, il y a deux façons de le faire, c'est soit de dire voilà les conditions pour que je vote le texte, moi j'entends tout, je comprends qu'ils veuillent marquer le fait qu'ils sont dans l'opposition au final en ne votant pas le texte. J'entends par ailleurs qu'ils disent je ne veux pas le chaos et je pense que c'est à leur honneur de ne pas vouloir le chaos quand bien même il soit en grande différence avec un certain nombre de sujets. Je leur dis, dites-nous ce que vous voulez faire pour faire un budget à la fin et qu'il ne soit pas simplement une loi spéciale. C'est à eux d'y répondre.
Voilà, et même ce n'est pas seulement une question des votes par partie et à l'intérieur des parties on a vu se dessiner des fractures et même au Modem ça a été le cas. Je pense à certains sujets comme l'extension de la contribution des hauts revenus, il y a eu des pours, des contres, des abstentions, le rabotage du pacte du trait, le doublement de la taxe sur les géants du numérique et même sur la suspension de la réforme des retraites il y a eu quand même 18 abstentions et 11 pours. Alors vous ne tenez pas vos troupes ?
Alors, deux éléments. D'abord sur les premiers sujets du trait, etc. Après c'est plutôt des démarches très individuelles et très majoritairement quand vous regardez les votes, les groupes, oui, mais ça c'est la vie des groupes. Moi je ne suis pas sergent-chef d'un régiment. Je pense que chacun doit prendre ses responsabilités. Je reviendrai sur les retraites en revanche.
Enfin globalement, sur l'impôt sur la fortune improductive, globalement sur la contribution sur les hauts revenus, à quelques unités, vraiment des unités près, ça a voté les choses et pour le coup nous étions assez alignés puisqu'en plus c'est des amendements, pardon de le dire, qui étaient co-signés par l'ensemble du groupe. Oui, oui, c'est ça qui était un peu étonnant. C'est curieux parfois quand on est co-signateur d'un amendement de ne pas voter pour son propre amendement. Exactement, je suis d'accord. Donc entre, bon, et après le rythme fait qu'on l'a encore vu cet après-midi sur des tas de sujets on se dit comment on vote.
Donc c'est une question en plus c'est débat un peu avec des sujets qui sont des choux et des carottes toutes les cinq minutes. C'est un peu complexe à suivre. Mais là-dessus, il n'y a pas de sujets. Sur les retraites, il y avait une ligne qui était une ligne de différence. Certains dans le groupe pensaient qu'il fallait envoyer un signal plus fort que l'abstention. Moi j'étais sur la ligne avec l'immense majorité du groupe de dire on fait l'abstention pour dire on laisse passer la suspension des réformes des retraites mais nous ne sommes pas d'accord et notamment parce qu'on ne voit pas comment c'est financé.
J'étais dans le bloc central. Et d'autres étaient pour un certain nombre d'entre eux
à dire, c'est très transparent le débat que je vous donne, c'est de dire il faut qu'on montre qu'on est pour le compromis donc on fait un geste plus loin, encore plus loin avec le parti socialiste. Ce à quoi je réponds, très bien, mais quel geste fait le parti socialiste sur la réduction des finances ? Mais il n'y a pas de drame dans les groupes avec ça. On a une ligne de différence sur la façon dont on aborde le compromis. Le compromis, si on veut qu'il soit sérieux, ce n'est pas de dire oui tout le temps. Le compromis, c'est de dire voilà ce que je suis capable d'accepter, dis-moi toi ce que tu es capable d'accepter et voilà le point de convergence.
Ce n'est pas juste je te dis oui, je te dis oui, je te dis oui parce qu'après ce moment-là c'est un faux compromis parce qu'à ce moment-là on ment au bout parce qu'au bout on sait qu'on ne le votera pas.
Alors sur ce sujet très sensible qui était la taxation des riches donc le modem vous avez voté contre la taxe Zuckman-Light contre la taxation des holding
Light ou pas Light c'est Zuckman et c'est un principe de taxe sur le patrimoine qui ne va pas.
En fait finalement le seul impôt que vous avez voté c'est cet impôt sur la fortune improductive donc une sorte de remplacement de l'IFI et en fait au bout du compte elle est censée rapporter plus ou moins les mêmes sommes que ce que rapporte l'IFI aujourd'hui. Donc en fait ça veut dire que vous n'êtes pas pour une taxation accrue des riches ?
Alors ce n'est pas du tout l'analyse qu'on en fait parce qu'on considère que tel qu'elle est votée...
Là dans l'étude d'impact c'était dans les 2,5 milliards c'était plus ou moins la même chose.
Non on est sur 1 milliard environ de plus en tout cas dans les éléments qu'on a d'analyse ce qui est d'ailleurs curieux parce que ceux qui nous reprochent de l'avoir voté disent à la fois ça ne produit pas d'argent et en même temps disent il ne fallait pas la voter. Reconnaissez au Modem que depuis 2017 nous disons la même chose. Nous avions à peu près un amendement de même nature en 2017. Il est heureux que 8 ans plus tard... Pourquoi ? Parce qu'on ne taxait pas un certain nombre de biens qui manifestement ne contribuent pas à la richesse du pays et à la production dans le pays. Non je comprends
mais par contre en termes de rendement c'est vrai que ça ne... On n'avait pas l'impression...
L'impôt c'est pas... Non mais l'impôt c'est pas la punition. La question n'est pas de punir les riches. La question c'est de regarder des mécanismes d'impôt. On a essayé...
D'améliorer leur contribution
que vous ne soyez pas imposé c'est pour donner un exemple qui est un peu grossier et que vous ne soyez pas imposé quand vous avez un yacht dont je ne vois pas en quoi il contribue à la richesse nationale en dehors de ceux qui fabriquent le yacht en question...
A condition de la question qui soit fabriquée en France.
Mais que vous ne soyez pas taxé là-dessus et que par ailleurs vous disiez aux Français il faut faire un effort la justice fiscale c'est aussi une affaire de symboles. Par ailleurs nous étions pour regarder dans le pacte du Treil ce qui était l'optimisation. Par ailleurs dans les sociétés Murphy on a voulu travailler là-dessus. Malheureusement le texte du gouvernement a été un peu dévitalisé par une partie du groupe du socle. Donc il y avait là de quoi collecter non pas pour faire peser sur la production ou la croissance mais pour faire peser sur ceux qui optimisent optimisent optimisent et qui au fond ont dévoyé les dispositifs fiscaux.
Alors voilà pour ça mais pendant ce temps le Sénat lui s'attaque sans tour au budget de la sécurité sociale. Je le disais tout à l'heure le verbe n'est pas anodin s'attaquer puisque les sénateurs en majorité les républicains sont en train de casser tout ce qui a été voté à l'Assemblée nationale à commencer par la suspension de la retraite à 64 ans. Clément ?
Oui alors si on s'en tient à la version qui a été votée par l'Assemblée le déficit de la sécurité sociale il est de 24 milliards à peu près quand la ministre de la Santé se fixe un objectif de moins de 20 milliards. Il faut donc trouver de l'argent. Il y a plusieurs leviers qui sont possibles. On peut doubler les franchises médicales. On peut geler la revalorisation des retraites. On peut aussi supprimer cet abattement de 10% dont bénéficient les retraités et qui est destiné normalement aux salariés. Comment est-ce que le modem se positionne sur ces trois points-là ?
Alors nous étions pour une revalorisation différenciée des retraites c'est-à-dire de dire jusqu'à 2000 euros on revalorise et après on ne revalorise pas. Nous étions ? Vous restez ? Nous étions ? Enfin nous sommes je ne sais pas comment vous le dire.
Le gouvernement dit 1700 ils ont descendu là-bas.
Oui mais ça nous allait d'ailleurs c'est un moment que nous avions à 1700. On avait 2000 et 1700. Ah oui. Je suis assez à l'aise avec le fait qu'on puisse non revaloriser les retraites d'autant qu'elles ont été un peu revalorisées ces dernières années.
On ne part pas de rien. Voilà pour les retraites. Les autres points.
Deuxième élément. Les franchises médicales on a un sujet d'opérabilité et de lisibilité. Alors on étendait plutôt à d'autres praticiens la franchise mais je reconnais que c'est un élément qui n'est pas compris par les Français qui est vécu comme même si beaucoup de gens sont exonérés des franchises. Un tiers à peu près. Un tiers des Français sont exonérés. Pour le coup on était plutôt favorable à suspendre la mesure. En revanche on était plutôt favorable au fait que la revalorisation des minimas sociaux se fassent de manière différenciée. On les a beaucoup revalorisées.
C'est quand même curieux y compris à gauche qu'on vient de nous reprocher de ne pas les revaloriser quand on est ceux qui les avons le plus revalorisés depuis 2017. Quand vous dites vous étiez vous êtes toujours. Oui quand je dis nous étions parce que pardon je vais vous dire pourquoi j'y étais parce que je ne suis plus
au Sénat. J'ai compris. C'est parce que c'est pas vous qui en parlez. Je suis séquentiel.
Nous avons été et nous sommes et par ailleurs pour l'abattement de 10% nous sommes tout à fait favorables au maintien de cette mesure. Favorables au maintien de la suspension. Non au maintien de la suspension. Pardon. A la suspension de l'abattement de 10%. Voilà. Oui c'est compliqué parce que dans les votes d'ailleurs on vous dit vous votez pour le maintien ou pour la suspension du maintien.
Moi par moi ça fait plus mais des fois mais nous sommes pour la suppression de l'abattement de 10% qui avait été fait il faut quand même raconter l'histoire il y a 50 ans parce qu'il y avait une telle différence entre les retraités et les salariés que c'était une manière de revaloriser les retraités par l'impôt. On n'est plus tout à fait dans la même situation C'est l'époque où le travail payait plus que la retraite. C'était comment ? C'est l'époque où le travail payait plus que la retraite. Le travail payait plus que la retraite et c'est plus tout à fait le sujet. C'est pour ça d'ailleurs que nous estimons que cette balance est importante.
Alors revenons à la question des retraites justement. Si comme tout l'indique les sénateurs reviennent en arrière sur la suspension de la réforme des retraites est-ce que vous souhaitez que le gouvernement remette cette suspension de la réforme des retraites dans le projet de loi de vie ?
Moi je pars du réel. Le gouvernement est entré dans le dialogue avec les socialistes en posant tout de suite sur la table l'idée de la suspension des retraites. Est-ce que ça me satisfait ? La réponse est non. Mais dans un compromis je suis obligé d'accepter des choses qui ne me plaisent pas. Pourquoi ça ne me plaît pas ? Parce que je pense qu'on repousse devant nous un problème qui est non pas pour dans 10 ans mais qui est déjà existant. Celui d'un déséquilibre du système de retraite. Sur les 1000 milliards à peu près de dettes qui s'est accumulée sous les deux quinquennats du président Macron il y en a 600 qui sont liés au système de retraite.
Donc faire semblant qu'il n'y a pas de problème c'est je trouve globalement suicidaire. Mais reconnaissons un, Bayrou l'a souvent dit d'ailleurs que faire une réforme à ce point détestée par les Français c'est quand même très ennuyeux quand dans la plupart des pays on arrive à trouver des consensus. L'Espagne à gauche a fait ça l'Allemagne a fait ça et donc comme c'est là-bas pour répondre à votre question Est-ce que vous souhaitez que le gouvernement le rétablisse ? On ne va pas avoir fait trois mois de débat partant du postulat qu'on ouvrait le débat parce que le gouvernement demandait accepter la suspension pour dire à la fin en fait je referme la boîte.
Là les socialistes seraient légitimes à nous dire quelle est la farce à laquelle on a assisté.
Donc vous souhaiteriez que le gouvernement réintroduise
si le Sénat le supplie ? Je répète ça ne me plaît pas mais en même temps c'est la base du compromis et du dialogue qui s'est donné avec les socialistes. C'est un compromis ce n'est pas satisfaisant pour nous mais la parole a été donnée. C'est la raison pour laquelle
vous nous l'avez expliqué tout à l'heure si je vous ai bien compris c'est la raison pour laquelle vous êtes globalement abstenu sur cette suspension plutôt que de voter pour. Absolument. Vous aviez un problème de cohérence avec ça. Si j'avais été convaincu
par la suspension j'aurais voté pour. Mais il me semble que j'ai posé la question d'ailleurs à Sébastien Necornu quand elle a été nommée quel est le mécanisme de substitution. En fait personne n'a de mécanisme les socialistes les premiers ils disent juste on en reparlera on fait un peu comme ça on dit on en reparlera en 2027. Bon mais la parole donnée par un premier ministre pour essayer d'engager le dialogue on ne peut pas la remettre en cause deux mois après et dire en fait tout ça c'était une blague. D'accord. Ça ne me plaît pas je répète mais c'est la parole qu'on a donnée aux socialistes j'aimerais pas qu'on me fasse ça à l'inverse.
Et on est tous rentrés d'ailleurs y compris au gouvernement
en 2027 vous pour clarifier les choses quelle est la position du modem sur la nécessaire réforme des retraites est-ce qu'il faut repousser l'âge de départ au-delà de 64 ans ?
Déjà il faut réacter 64 ans j'ai l'impression. Ça j'ai compris
que vous y étiez
et pour la présidentielle il faut qu'on arrive quand même alors moi j'ai le sentiment quand même que sur le terrain comme on dit les gens qu'on croise ont la conscience qu'on était 4 actifs pour un retraité maintenant on est 1 7 Votre programme pour le modem en 2027 ce sera au-delà de 64 ans Attendez attendez donc je pense que la question de l'âge elle est absolument prégnante je trouvais que la question qui avait été et qui a échoué de la retraite par points était une question intéressante elle a échoué quand on a introduit l'âge pivot mais moi je pense que le système par points alors le système par points il ne faut pas se tromper ça ne permet pas de partir à 35 ans avec le peu de points qu'on a Donc il ne faut plus d'âge pivot ?
Il faut quand même donner des bornes à tout ça parce que je trouve C'est quoi la borne pour vous ?
Vous êtes en fait sur la position de Gabriel Attal qui vient de dire qu'il fallait remettre à plat et qu'il fallait re-réfléchir au système par points
Ça ne nous permet pas seulement d'enjamber la question du moment la question du moment c'est suspension ou pas et il a raison de dire par ailleurs parce que c'est le sujet c'est en 2027 comment aborder la question donc moi le système par points me convenait plutôt Mais Gabriel Attal il y a d'autres propositions Sans âge pivot ? Oui il faut juste vérifier quand même dans le sans âge pivot si les systèmes s'équilibrent parce qu'à la fin l'objectif c'est pas de... Aucun d'entre nous ne vous dira qu'on a le sentiment que c'est une réforme agréable Est-ce que tout le monde a envie de travailler jusqu'à 70 ans ou 65 ans ou 67 ans ou 64 ans ?
Non Bon Nous avons un sujet de pénibilité qu'il faut traiter me semble-t-il
Mais l'idée des points c'est justement d'éviter de fixer un âge
Oui mais si vous dites j'ai 40 ans je veux partir à la retraite et qu'on vous verse 250 euros de retraite nous sommes dans un pays où c'est les minimas sociaux qui viendront se substituer Qui les paie les minimas sociaux ? Les mêmes Donc
Donc on peut donner la réponse à la question que vous posez Si l'âge de 64 ans a été imposé par Édouard Philippe au moment de la réforme c'était précisément pour cette raison d'équilibre Donc les mêmes causes produisant les mêmes effets vous êtes favorable à un âge pivot si je vous entends bien
Il faut dire pourquoi on fait ça qui était un sujet d'équilibre de pouvoir verser Et par ailleurs nous sommes un pays exceptionnel ça je le crois mais parfois nous nous croyons un peu insulaire C'est-à-dire que dans tous les pays du monde la réponse c'est durée de cotisation et ou âge Gaël
Autre possibilité est-ce qu'on introduit une dose de capitalisation ?
Oui pourquoi pas Mais là aussi nous ne croyons pas au mirage on nous donne le sentiment qu'il suffit de faire de la capitalisation et que le système va s'équilibrer Oui il va falloir un gros rendement quand même pour que ça s'équilibre Alors troisième sujet quand même la ministre des Comptes Publics Amélie Monchalin il faut rendre hommage au travail qu'elle fait de pédagogie depuis des semaines sur tous ces sujets-là le meilleur moyen aussi c'est d'arriver à produire plus de richesses ce qui fait que le système tient encore un peu en France c'est qu'on est quand même très productif et qu'on produit plus de richesses et qu'on est plus productif que beaucoup d'autres pays Donc c'est plusieurs éléments capitalisation retraite par points produire plus de richesses
Il y avait aussi quelque chose d'autre qui faisait tenir le système c'est que jusque-là nous avions une bonne natalité or cette natalité est en baisse alors est-ce qu'il faudrait revenir à une politique de soutien de la natalité une politique nataliste plus proactive ou est-ce qu'il faut accepter de recourir à de l'immigration de travail Je pense que
il faut quand même qu'on revoie on voit bien la chute de démographie elle vient au moment où un certain nombre de mesures ont été faites c'était sous le quinquennat de François Hollande on me souvient et par fiscal il y a un certain nombre d'avantages qui étaient faits pour les familles
Le fondement d'allocations familiales
Le fondement des allocations
C'est pas facile de revenir à plus de natalité avec des politiques natalistes
Attendez c'est ce que j'allais vous dire mais je finis faut quand même envoyer des signaux nous sommes un pays qui pour le coup avait une natalité plutôt forte d'ailleurs paradoxalement dans un pays qui est profondément très pessimiste et qui avait plutôt beaucoup d'enfants mais aussi on a une scolarisation très précoce qui fait que dans les carrières parce que malheureusement en termes d'égalité c'est plutôt les femmes qui portent l'éducation des enfants mais tout ça avait permis de concourir à un équilibre ça n'empêche pas qu'il faille se poser une question de la natalité par exemple nous on dit on a fait cette proposition de dire dès le premier enfant on verse des allocations parce que le coup quand on a eu des enfants quand on achète un berceau on l'achète pas au deuxième en fait généralement on en achète un pour le premier puis après on s'en sert pour le deuxième et donc quand le gouvernement
évoque une revalorisation pour le deuxième enfant seulement à partir de 10 ans au lieu de 14 ans vous vous opposez à ça je trouve que ce serait plus opérant
de faire sur le premier voilà dernier élément oui rapidement la question de la démographie est une question centrale Hugo on va pas la régler ce soir
oui monsieur Fénaud il y a une question de gauchisse pro max dans le chat qui vous dit ça commence bien vous savez qui parle qui dit quand votre courant politique a été rejeté par la majorité des français tout comme la réforme des retraites que vous semblez défendre à nouveau ne pensez-vous pas qu'il serait sage de faire preuve d'humilité et d'essayer et de laisser les autres essayer de gouverner
oui enfin j'ai pas l'impression d'être très arrogant après je voudrais bien savoir quelle est l'alternative de majorité à l'Assemblée nationale
tout à l'heure vous aviez dit qu'on n'était pas un pays qui fait des coalitions mais des coalitions à partériori pourtant c'est une coalition qui a été faite avant les élections qui est arrivée en tête et on a eu une coalition combien de sièges 195 et combien de sièges
dans la coalition qu'on a constituée 212 voilà oui mais elle a échoué c'est bête les mathématiques oui mais elle a échoué oui mais pardon les mathématiques sont un peu implacables c'est pas parce que regardez dans un certain nombre de pays européens parfois il y a un parti qui est arrivé en tête et à la fin il ne gouverne pas la coalition parce qu'il est seul comme quoi les coalitions ne sont pas la solution on leur a laissé sa chance enfin on n'est pas enfin on n'est pas l'auto c'est pas chaque joueur enfin je veux dire c'est pas un truc où on joue on essaye on tire et puis après on dit ça n'a pas marché on essaye les suivants en tout cas ça crée une fracture dans le pays qu'on n'ait pas laissé la chance non non je pense qu'est-ce qui crée une fracture dans le pays ça c'est vrai ça n'a rien à voir avec ce qu'on dit là c'est le sentiment qu'on gouverne sans voire contre les gens c'est pour ça que je dis sur les retraites le geste de suspension n'est pas un geste ça correspond à la question de votre auditeur et téléspectateur il faut faire attention à dire on ne fait pas le bonheur des gens en leur expliquant que nous savons sans eux et nous savons contre eux
en tout cas il y a une question qui se pose aujourd'hui c'est est-ce que Sébastien Lecornu peut réussir ce que François Bayrou n'a pas réussi à faire quand il était lui-même à Matignon Gaëlle
ben oui à combien de temps évaluez-vous le moment où il va y avoir une censure on entend déjà que bon Eric Coquerel par exemple de la France Insoumise dit mi-décembre il va y avoir une censure
il dit ça toutes les semaines Coquerel non mais Coquerel c'est toutes les semaines la censure non mais il y aura une motion de censure en décembre
et la France Insoumise dit clairement nous notre objectif à la fin est censuré quand même donc est-ce que vous évaluez est-ce que vous pensez qu'il y a une grande chance une grande probabilité que le gouvernement Lecornu soit censuré dans les deux mois à venir
mais je pense que la question je la pose pas comme ça non mais c'est la question qui est posée comme ça alors c'est oui ou c'est non c'est oui ou c'est non comme disait Jean-Marc c'est votre question et c'est ma réponse non mais est-ce que vous pensez que le gouvernement Lecornu puisse censurer je réponds quand vous le savez généralement aux questions la question c'est pas de savoir seulement si Lecornu reste ou ne reste pas
la question c'est
quand on veut faire une censure c'est qu'est-ce qu'on propose comme alternative parce qu'en fait ce que j'entends d'LFIRN c'est nous on veut faire suiter Lecornu
et clairement mais eux ils ont une solution ils veulent une dissolution constitutive pendant ce temps-là il y a des entreprises qui attendent
pendant ce temps-là le monde nous regarde et donc si vous faites une dissolution comme on l'a fait en 2024 mais je ne dis pas que c'est une bonne solution
je dis que c'est ça qu'ils proposent oui mais moi je suis
contre cette proposition parce que c'est on va faire on va gâcher encore une campagne c'est-à-dire qu'on va faire 4 semaines de campagne
ce que je vous dis c'est est-ce que vous pensez que c'est probable
moi je pense que c'est de moins en moins probable parce que d'abord je pense qu'il y a un appel dans l'opinion plutôt même si c'est chaotique même si ça ne plaît pas aux gens même s'ils nous regardent un peu de loin à entendez-vous et parfois c'est dit de façon un peu plus grossière c'est vous nous embêtez et maintenant en fait entendez-vous on ne veut plus vous entendre
les électeurs RN ils veulent
pardon les électeurs RN c'est pas toute la France je ne suis pas le porte-voix des électeurs RN je ne suis pas le porte-voix des électeurs RN il est normal que Mme Le Pen et son groupe défendent ce qu'elle croit être la pensée des électeurs RN je ne pense pas que les gens ont envie de se retrouver dans le chaos budgétaire et vous non plus
il n'y aurait une dissolution vous seriez prêt à partir vous et quelles alliances vous pourriez faire
moi je ne me mets pas dans cette perspective-là
donc vous dites que vous n'y réfléchissez pas pour le moment vous ne vous préparez pas à cette événement politique
je pense que la dissolution alors là je réponds différemment à la question pardon la dissolution n'est pas à 18 mois d'une présidentielle la solution pour le pays en plus on va arriver au moment des municipales si vous faites une dissolution là il faut voter pendant Noël ou il faut voter après les fêtes ça veut dire que pendant ce temps-là vous n'avez pas de budget pas de budget mais vous pensez que c'est un scénario totalement exclu est-ce que ça ça sert la France qu'on soit RN, LFI ou Modem
vous ne souhaitez pas de dissolution mais vous ne la préparez pas
je ne souhaitais pas non plus celle de 2024
voilà vous ne la préparez pas cependant parce qu'elles peuvent arriver de temps en temps
mais ça ne veut pas dire qu'on ne réfléchit pas à ce que seraient les conditions mais de toute façon
vous réfléchissez non mais
et alors avec qui non mais moi je vais vous dire quotidiennement ce qui me préoccupe c'est d'essayer de trouver un compromis et de faire un compromis qui soit stable crédible et qui serve le pays le reste les gens seront très sévères avec nous si on s'est préoccupé des élections soit anticipées soit celles d'après avant de s'être occupé du moment dans lequel entre deux il va y avoir les municipales
malgré tout il faut bien parler des municipales on a souvent du mal je ne vous le cache pas à comprendre quelle est la stratégie du Modem au moment des municipales vous avez des alliances à géométrie variable vous êtes allié ici avec la droite ici avec les macronistes parfois même avec les socialistes est-ce que cette fois vous allez privilégier clairement une alliance par exemple avec les macronistes comme à Paris
d'abord les macronistes à Paris le tête de liste n'est pas macroniste il est plutôt philippiste si j'ai bien noté de ce qu'on appelle encore le bloc je vais répondre à votre question le Modem il est derrière pour Nazel ou derrière on prendra la décision et vous l'aurez le jour où elle sera venue et nous aurons une décision du bureau exécutif c'est pas tranché dans les semaines qui viennent donc ça je ne rentre pas dans le détail mais moi j'assume le fait alors je sais que c'est d'ailleurs la preuve c'est très incompris j'assume le fait que la question municipale est un sujet local et que pardon si un maire socialiste est un bon maire au nom de quoi au-delà de la espèce de bipolarisation de la vie politique on dirait comme il est socialiste jamais on parlera avec lui et comme il est de droite jamais on parlera avec lui donc la nature des choses c'est de travailler avec le bloc central ce que vous appelez macroniste c'est-à-dire nous EPR Horizon qui dans la plupart des cas sont en alliance avec les LR deuxième élément c'est jamais avec une victoire LFI ni une victoire RN parce que je vois les tentations des uns et des autres ou les ambiguïtés parfois j'ai entendu Bruno Retailleau Michel Barnier en parlait ce matin il ne peut pas y avoir de ambiguïtés je n'ai pas envie qu'on vienne mettre en local des forces politiques qui sont des forces politiques qui viennent mettre du dissensu je ne sais pas si c'est un front républicain j'aime pas le concept de front républicain oui mais je n'aime pas ce concept là parce que ça vient rejeter les autres en disant on a raison contre tous les autres
en autre terme s'il y a un risque par exemple à vos yeux de conquête d'une ville par le Rassemblement National vous appelez à faire barrage
et réciproquement si c'est LFI d'accord donc dans ce cas là vous appelez à voter pour tous les autres il me semble que dans ce pays il y a des forces qui sont plutôt des forces qui essaient de construire des choses que de les démolir et on a assez de démolition à l'Assemblée Nationale pour ne pas en rajouter au local et donc cette ligne là mais moi j'assume qu'à l'époque avec François Rèves s'amène et vous voyez les chemins se sont retrouvés d'ailleurs à Dijon nous ayons fait le choix d'être avec lui parce que nous étions plus proches de lui alors je sais que c'est parfois compliqué à comprendre il vous a rejoint
finalement il a rejoint le socle macroniste mais à Lille par exemple chez Martine Aubry
on ne peut pas simplement dire on est d'accord sur un projet sans être en reddition
c'est pas la reddition Hervé vous suivrez particulièrement les élections municipales à Pau j'imagine oui
on dit il y a Marche Noire aussi dans mon village on dit François Bayrou
assez marqué par l'affaire Betaram on le dit inquiet à la perspective de cette élection municipale est-ce que vous confirmez cette inquiétude
vous en pensez je ne peux pas dire je ne sens pas qu'il soit inquiet mais je pense qu'il ne la ne la bypasse pas si vous me permettez l'expression il ne considère pas que c'est acquis d'ailleurs il le sait lui plus que d'autres il est en danger non je ne dis pas ça mais il ne considère pas que c'est acquis tout le monde dit d'ailleurs localement que son bilan depuis deux mandats est très bon mais quand vous avez exercé le pouvoir au niveau national forcément ça crée une image un peu justement droite-gauche opposition-majorité mais moi je pense qu'il a tous les éléments pour gagner mais ça n'empêche pas que c'est la vigilance il n'y a rien de pire dans une élection municipale ou toute élection de croire que c'est acquis donc ce n'est pas gagné pour François Bayrou mais c'est je ne sais pas ce que vous voulez comme toute une élection si vous connaissez une élection donc vous pouvez me dire
dites-moi une élection
aujourd'hui vous avez raison dites-moi une élection qui est gagnée donc chez Bayrou comme chez Fénault comme chez n'importe qui c'est jamais gagné et vous êtes candidat à Marche Noir ou pas ? je serai candidat sur la liste de mon village mais pas tête de liste bah non non puis à un moment il y a une question de discipline une fois que des gens ont pris votre place volontairement je veux dire ils ne voulaient pas voler venir dire j'ai changé d'avis pousse-toi de là que je m'y mette ça manque un peu d'élégance
à propos de François Bayrou on ne le voit plus on ne l'entend plus sur la politique nationale depuis qu'il a quitté Matignon comment va-t-il et pourquoi ce silence ?
écoutez il va bien j'ai dîné avec lui la semaine dernière donc tout va bien si c'est ça votre question je pense qu'il m'avait dit le jour même de son départ je vais m'astreindre à un silence parce que d'abord un je ne veux pas interférer et gêner ce que sera la politique de Sébastien Lecornu et vous reconnaîtrez parce que pour le coup il s'est astreint à cette discipline là
mais il pourrait la soutenir
cette politique rien n'empêche quand vous êtes l'immédiat sortant si vous soutenez il y a de la suspicion et si vous faites un peu de bémol on vous dit non je trouve normal parce qu'il part quand même sur une défiance du Parlement je crois qu'il n'avait pas envie de donner le sentiment qu'il voulait à tout prix être sur le devant de la scène quand il aura des choses à dire à un moment ou à un autre il le dira il me semble bien et plutôt ça je vous ai souvent entendu les uns et les autres dire il parle trop maintenant qu'il ne parle pas assez vous dites qu'il est trop silencieux
un mot de la méthode de Sébastien Lecornu que ce soit d'ailleurs sur la méthode ou sur le fond il a un peu pris le contre-pied de François Bayrou c'est à dire qu'il a noué un dialogue avec le PS il a lâché du lest là où François Bayrou refusait de le faire est-ce que vous êtes d'accord pour dire que à l'heure qu'il est ça produit plus de résultats
c'est à la fin qu'on verra moi je salue ce qu'il essaye de faire parce que c'est pas très facile comme pilotage avec des gens qui vous disent je veux un compromis mais je ne le voterai pas bon ça nécessite y compris pour nous un peu d'abnégation on est sympathique mais il y a un moment ce que j'ai dit d'ailleurs souvent au Parti Socialiste il y a un moment il faut mettre des limites à tout ça oui mais vous l'avez déjà dit mais en tout cas il y a quelque chose qui s'est passé mais qui est lié à la fois à ce que fait Sébastien Lecornu et qu'il faut saluer et ce que nous avons essayé de faire vous disiez tout à l'heure est-ce que vous n'êtes pas un peu malheureux d'être tout seul à essayer de faire le compromis je pense que c'est créer une ambiance qui est beaucoup moins quand vous regardez les débats sont très longs très pagaille pour ne pas dire autre chose mais en même temps les débats sont beaucoup moins virulents que les années précédentes mais est-ce que ça ne veut pas dire que François Bayrou s'y est mal pris mais on verra à la fin du processus je pense que c'était bien que quelqu'un dise un moment imaginez qu'on soit rentré sans que Bayrou ait sonné l'alerte sur le déficit
quand vous dites oui mais quand vous dites on verra à la fin du processus donc si Sébastien Lecornu arrive à faire voter un budget il aura gagné
là où François Bayrou c'est l'avis politique est-ce que je vais simplement parce que je suis le premier défenseur de Bayrou et que je suis un compagnon de route depuis 25 ans je vais dire ah oui mais il n'a pas tout à fait réussi s'il a réussi tant mieux de même que j'avais essayé d'aider Michel Barnier au début ou alors il faut sauter du navire mais je ne fais pas le passager clandestin une fois que je suis dans un bateau je ne suis pas un passager clandestin je l'avais dit à Barnier Bayrou évidemment et Lecornu c'est pareil je suis dedans j'essaie de faire en sorte que le bateau arrive quelque part et tant mieux s'il arrive quelque part
un mot de cette présidentielle qui va arriver très vite dans le débat après les municipales plusieurs voix
elle est un peu déjà dans le débat
plusieurs voix aujourd'hui dans la droite et dans le centre réclament une primaire pour désigner un candidat unique oui contre les primaires
mais voilà
alors vous êtes contre ? vous voulez une réponse simple oui vous êtes vous personnellement contre ?
c'est un processus d'abêtissement donc le modem n'y participera pas c'est pas ça je vous donne mon avis mais ne demandez pas des décisions vous êtes vice-président du modem le modem ne participera pas ou pas ?
mais j'essaie de vous expliquer une pensée et ne demandez pas c'est blanc ou blanc je vous dis je ne suis pas favorable à ce qu'on participe voilà je décide pas tout seul je ne suis pas un autocrate vous demandez votre avis c'est tout c'est ce que je vous dis Hugo d'abord on est loin deuxième élément je trouve que la primaire est un objet où en fait vous êtes obligé de radicaliser alors soit vous faites centre et droite et alors là ça va ressembler à chou et carotte quand même soit vous faites que droite et alors vous avez l'opération Fillon c'est à dire que vous allez très à droite et après vous avez du mal à aller chercher la question c'est la présidentielle c'est pas de gagner dans son cas non non non
on ne relance plus on ne relance plus ne répondez pas il n'y a plus le temps Hugo
je ne vois pas bien
ne répondez pas
avant l'invité il y a sept ans débuté l'une des plus fortes colères populaires qu'on a eues en France ces dernières années qui sont effectivement les gilets jaunes avec une forte défiance qui s'est créée contre l'Etat avec des violences policières et une défiance vis-à-vis de vous les macronistes qu'est-ce qu'il reste des gilets jaunes sept ans après au sein de la macronie ? Ah moi je pense qu'il reste
quand même quelque chose d'une blessure et d'une fracture française qui s'est révélée la vérité m'oblige à dire alors c'est pas pour défendre seulement parce que j'aime pas le moment où on vient toujours critiquer le président de la République c'est la facilité du moment cette colère elle était sourde depuis très longtemps des gens qui travaillaient qui étaient des travailleurs pauvres des gens qui étaient des oubliés c'est pas par hasard qu'ils ont mis un gilet jaune c'était pour être visible il reste quelque chose pour moi d'une incompréhension à avoir saisi cette colère et de d'avoir sédimenté un certain nombre de mesures les 80 km heure la taxe carbone les APL qui ont été vécues ça rejoint ce que je disais tout à l'heure comme une offense une espèce de mépris de classe mépris de classe et mépris de classe territoriale parce que c'est gilet jaune c'est une affaire de province de chez moi c'est pas une affaire de grande métropole et donc c'est ça qui reste qui est toujours pas résolu mais qui appartient à tout le monde
Merci Merci Hugo on va accueillir dans 2 minutes l'auteur de fin d'études fin comme la fin F A I M parce que de plus en plus des étudiants sont confrontés à la précarité dans un instant il va venir débattre avec vous cet invité dont le portrait est signé par Marco Pommier
Face à vous Marc Fénaud un acteur de terrain engagé et solidaire docteur en sciences politiques ancien chef de cabinet de Christiane Taubira et fondateur de Linke en 2016 cette association de lutte contre le gaspillage alimentaire avec un constat alarmant d'un côté 10 millions de personnes en situation de précarité et de l'autre 10 millions de tonnes de nourriture gâchées chaque année en France
Donc l'idée c'est de trouver une solution logistique sur le terrain qui permette de récupérer tous les invendus il n'y a pas que les supermarchés il y a chez les artisans les grossistes la restauration collective etc. et de faire en sorte que ces invendus aillent à des gens qui ont faim
Et notamment les étudiants plus d'un tiers vivent en insécurité alimentaire sautant régulièrement des repas faute de moyens beaucoup se retrouvent dans ces longues files d'attente pour recevoir des colis alimentaires Dans son dernier livre Fin d'études notre invité propose des solutions concrètes pour en finir avec cette précarité développer massivement le logement pour les étudiants et leur donner un véritable revenu ou encore garantir un accès à des colis alimentaires de qualité Autrement dit repenser en profondeur les politiques publiques pour que réussir ses études ne dépendent plus de ses moyens Face à vous Julien Mémont
Et Julien Mémont arrive sur ce plateau Bonsoir Merci d'être avec nous Je vous laisse saluer Marc Fénaud Bonsoir Vous allez pouvoir prendre place ici et commencer par dialoguer avec Marc Fénaud D'abord un constat
Le constat c'est il est terrible mais le constat c'est le constat d'une partie de la jeunesse qui est tellement précarisée qu'elle ne peut pas poursuivre ses études et donc derrière ce constat il y a l'avenir du pays qui se joue c'est-à-dire tous les cadres de demain dans le public dans le privé tous ces jeunes qui sont privés des moyens essentiels pour pouvoir étudier c'est des jeunes dont le pays se prive in fine et je me demandais quel était votre regard sur cette situation puisque c'est une situation qui n'est pas complètement nouvelle mais disons qu'elle a elle nous a explosé au visage pendant le confinement et depuis il n'y a pas grand chose qui a été fait
Alors elle est devenue effectivement enfin je partage globalement le diagnostic après c'est les causes et c'est ce dont il faut qu'on parle mais je pense qu'elle a explosé au visage pendant le confinement l'isolement des jeunes et d'une certaine façon le confinement des lieux dans lesquels ils vivent très peu mais dans lesquels ils dorment c'est-à-dire les logements et deux confinement crise Covid plus guerre en Ukraine c'est l'inflation qui a augmenté je pense que le sujet central d'ailleurs vous le dites dans vos propositions au-delà du sujet alimentaire et des initiatives que vous avez pu prendre c'est le sujet du logement qui n'est pas qu'un sujet des étudiants le sujet du prix du logement est un sujet absolument central et nous n'arrivons pas dans ce pays à produire assez de logements à des coûts raisonnables ça a été le débat qu'on a eu à la veille du week-end dernier parce que nous avons une crise du logement pour le coup s'il y avait quelque chose sur lequel nous n'avons pas réussi depuis 2017 moi je le dis très franchement c'est la question du logement
oui mais sur le sujet des étudiants parce que le logement je suis d'accord avec vous mais ça touche tout le monde parce que oui mais effectivement c'est ce qui grève le plus le budget des étudiants mais il y a quand même une situation en France qui est problématique c'est-à-dire qu'au-delà des filles d'attente on a des chiffres qui permettent de penser qu'on a une fraction de la jeunesse qui ne peut pas poursuivre ses études et là-dessus c'est le gouvernement qui est responsable c'est les gens qui ont gouverné c'est les gens qui gouvernent et c'est les gens qui vont gouverner et donc la question c'est les politiques publiques qui peuvent être mises en oeuvre aujourd'hui pour se confronter à ce problème le toucher du doigt c'est-à-dire le quantifier et puis ensuite éventuellement pouvoir le régler et vous qui avez été au pouvoir qui avez eu la possibilité de gouverner et de changer les choses je me demandais quelle était votre vision du sujet parce que je ne suis pas sûr que ce soit vu j'ai l'impression que ça reste un angle mort et qu'il y a peu de gens qui ont envie de se dire du sujet je ne partage pas
le point de vue sans faire deux jeux de mots que ce soit je crois que c'est vu après moi je suis on est tous en situation de responsabilité ce n'est pas parce qu'on est député qu'on est plus responsable que les autres vous votez le budget oui bien sûr mais ce pays où à chaque fois qu'on a un problème non mais ce pays dans lequel à chaque fois qu'on a un problème on dit il faut 1 milliard 10 milliards 100 milliards de plus sans avoir le moindre rond devant soi à la vérité dans un pays pardon de le dire comme ça c'est un peu fort dans un pays qui est déjà celui qui a le plus de prélèvements obligatoires et qui a et c'est très bien parce que je pense que c'est le modèle français
mais personne n'a parlé de prélèvements pardon
non mais à un moment si vous voulez des recettes en plus soit vous faites de la dette et des déficits soit il faut prendre plus d'argent à des gens soit vous dépensez autrement oui mais alors il faut qu'on se dise où est-ce qu'on met l'argent où est-ce qu'on met moins d'argent
et donc les choix budgétaires c'est quand même des choix
mais les choix budgétaires sont par nature moi j'ai un petit désaccord avec vous parce que quand des parents parce que vous avez raison la première inégalité c'est pas seulement ceux qui sont précaires en situation étudiante c'est ceux qui renoncent à la situation étudiante parce qu'ils sont trop précaires et souvent ils sont trop précaires parce que leurs propres parents on en croise tous disent je ne pourrais pas te payer des études dans telle ou telle ville ou dans tel ou tel pôle urbain et donc c'est pour ça que je le lis à globalement le sujet le sujet du logement alors pour le coup je partage le sentiment est-ce que c'est forcément des moyens supplémentaires ou peut-être une allocation différente ça on peut partager le point de vue qui permettrait de construire beaucoup plus de résidences étudiantes oui sans doute mais après je cherche quand même la solution de où est-ce qu'on prend pour mettre sur cette priorité là parce que la question si on ne prend que sur la partie logement c'est une question qui touche les étudiants mais qui touche tous les salariés qui aujourd'hui jeune sans fortune sans héritage et sans un salaire mirobolant peut se loger à Paris ou en proche région parisienne ou même dans les grandes villes dans les grandes villes ça s'étend aux grandes villes donc c'est un sujet qui touche les étudiants parce que ça touche leurs parents c'est ça que je veux dire
et vous voyez on parlait des solutions on parlait de l'allocation différente des ressources vous avez été ministre de l'agriculture donc ministre en charge de la lutte contre le gaspillage alimentaire en France le gaspillage alimentaire tout le monde est contre il n'y a pas de sujet là-dessus ça c'est un consensus c'est un consensus 2016 on jette 10 millions de tonnes 10 millions de tonnes ça correspond à peu près à 10 millions de personnes en précarité en France ça c'est 2016 2022 2023 les mêmes chiffres la même agence l'ADEME 9,4 millions de tonnes on ne bouge pas ça ne change pas vous avez été ministre de ce sujet c'est peut-être une allocation nouvelle des recettes qu'on pourrait faire c'est-à-dire comment utiliser les surplus alimentaires qui sont en parfait état qui sont disponibles qui ne sont pas périmés qui sont des bons produits et comment on peut transformer ces surplus alimentaires en aide alimentaire et donc pas seulement en compost et évidemment pas à la poubelle
alors c'est vrai que les chiffres sont trop faibles et la progression est trop faible on ne peut pas dire qu'on n'est pas avancé je le dis d'autant plus que ce n'est pas nos gouvernements c'est Guillaume Garraud qui avait porté ça à l'époque député PS député PS qui est sous le quinquennat Hollande qui a porté une politique y compris d'obligation des grandes surfaces à ne pas jeter et à s'orienter vers les associés
pas ne pas jeter c'est une obligation de passer une convention de dons c'est une façon de moins jeter deuxième élément c'est une question
vous le disiez c'était dit dans le reportage c'est une question de logistique et d'organisation deuxième élément les délais de péremption et même culturellement c'est à dire que désormais tout le monde se dit quand il a un yaourt pour prendre que cet exemple au 15 décembre qu'il peut le garder jusqu'au 31 décembre au lieu de le jeter et je pense que dans l'opinion publique il a raison d'ailleurs mais reconnaissons qu'il y a 10 ans ça n'existait pas c'est à dire que ce chemin là est un chemin très long par ailleurs pardon de le dire le gaspillage alimentaire il n'est pas que chez le client final c'est à dire grande distrib ou chez le consommateur il est aussi dans les champs tout ce qu'on jette parce qu'il n'y a pas de prix et je pense qu'une grande partie du gaspillage alimentaire il est à aller chercher
nous on a des agriculteurs qui nous contactent et qui nous disent voilà j'ai des poireaux mais qui n'ont pas le même calibre est-ce que vous êtes capable de les prendre non pas de problème on les prend et on les distribue peu importe c'est une très bonne idée
mais la question je partage tout on est vraiment d'accord après vous me dites vous ne l'avez pas fait ce qui est juste la question c'est la massification en fait de ça à chaque fois on but mais vous le savez mieux que moi sur vous avez un champ ici de poireaux un champ là de navets un champ là et en fait ce que pourrait faire la grande distrib parce que pour le coup je ne suis pas un grand fan de la grande distribution elle pourrait massifier y compris ce qu'on appelle les légumes moches c'est comme ça que disent certains or la culture collective c'est que le poireau il doit être calibré comme ça et la question qu'on a à se poser c'est le calibrage parce que beaucoup de choses sont jetées c'est entre 15 et 30% des légumes qu'on produit qui sont jetés pour des défauts de calibrage ou pour des tâches
ils ne vont jamais dans les étals c'est complètement absurde quand il y a autant de gens qui sont en précarité alimentaire et qu'ils ne mangent pas de fruits et légumes parce qu'ils ont pris 20% d'augmentation ne me dites pas
que c'est absurde je partage votre sentiment la question c'est comment logistiquement on le fait parce que quand vous allez chercher un hectare de poireaux il faut de la logistique il faut du frais il faut du conditionnement pas forcément il faut un endroit où les gens puissent le récupérer et c'est là que je dis à un moment quand vous avez 75% si je ne dis pas de bêtises plus de 70% de la consommation de fruits et légumes qui est faite dans la grande distrib si on n'arrive pas à l'imposer à la grande distrib on a un problème
vous ne vouliez pas évoquer
les derniers points avec Marc Frédot je croyais
il y a plein de solutions logistiques qui existent il y a plein de structures qui proposent une logistique moi je connais une association qui est fantastique qui s'appelle Linky et qui propose une logistique à tous les professionnels qui ne veulent plus jeter toujours à destination des jeunes ou des étudiants c'est ça ?
pour transformer tous les surplus alimentaires en aide alimentaire et qui ne fait que ça il y a eu l'honneur de présider cette association peut-être qu'on peut prendre appui sur cette initiative et d'autres initiatives qui existent en France et qui fonctionnent bien pour développer un système à l'échelle nationale qui permette de récupérer ces surplus alimentaires c'est quand même absurde mais c'est totalement absurde qu'en 10 ans
on n'ait pas réussi à évoluer oui mais parce qu'on a on a toujours buté sur le même problème qui est le problème d'une logistique c'est comme la question des circuits courts des produits locaux j'étais maire d'une commune je voulais avoir que des approches chez moi on m'a dit je ne me déplace pas pour 4 poulets moi dans ta cantine
mais nous on se déplace pour 4 poulets après il faut trouver
c'est là qu'il y a besoin d'aide à un public il faut trouver un modèle économique pour vous
mais on l'a
mais on est d'accord je dis juste que le vote il ne faudrait que des initiatives qui fonctionnent et qui massifient notre problème c'est la massification pour arriver à partir ce que vous dites c'est à dire qu'on réduise vraiment le gaspillage il faut qu'on arrive à massifier des initiatives comme les vôtres
merci en tout cas vous avez pu échanger vous allez pouvoir échanger vos adresses si ça peut faciliter les choses une dernière question qui me revient parce qu'on parlait des jeunes vous avez été au centre d'une polémique sur ces fillettes voilées qui ont été photographiées dans les tribunes de l'Assemblée nationale qui avez été invitées par vous d'une école de votre département deux écoles deux écoles je voudrais revenir sur ce sujet parce qu'elles ont été prises en photo par le média d'extrême droite frontière et relayées par des députés RN sur les réseaux sociaux des fois à peine floutés est-ce que ça ça vous choque cette récupération ?
d'abord rien d'illégal dans tout ça ce sont des jeunes filles qui étaient dans deux établissements privés l'un catholique l'autre musulman et dans lesquels on a le droit d'être voilé y compris dans l'espace public je parle de l'utilisation le fait qu'on prenne en photo des jeunes filles deuxième élément je trouve que c'est une façon je l'ai dit d'ailleurs dans une publication c'est une façon de jeter à la vindicte populaire des jeunes filles qui étaient venues à l'Assemblée pour découvrir ce que c'était que la démocratie et la république quel message on leur a envoyé ? est-ce qu'il faut revoir la créditation ?
on leur envoie comme message reste chez toi et donc moi ça me choque merci on protège les enfants c'est pas la peine de faire des grands discours sur la protection des enfants et la récupération politique vous choque c'est ce que je suis en train de vous dire
merci Marc Fénaud d'avoir été sur le plateau de LCP lundi C'est Politique revient lundi prochain bonne soirée merci
Marc Fesneau