49-3, budget, Trump... Mathieu Lefèvre est l'invité de la matinale
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Mathieu Lefèvre. Bonjour. Après des semaines de suspense, Sébastien Lecornu a fini par troncher.
Il compte passer le budget par le biais de l'article 493, c'est-à-dire sans le vote des députés. Lui qui avait promis de ne pas l'utiliser le 3 octobre dernier. Finalement, les promesses n'engagent que ceux qui y croient.
Mais d'abord, c'est un choix utile pour le pays parce que la France a besoin de se doter d'un budget. On voit le contexte international dans lequel nous sommes sans budget. On est fragilisé chaque jour un petit peu plus.
Regarder pour nos armées à quel point nous avons besoin d'investir. Moi, je le vois dans le domaine de la transition écologique. Chaque jour qui passe a des conséquences pour la vie concrète de nos concitoyens.
Et donc, il fallait avancer. Et c'est disons-le aussi, ce n'est pas un choix de confort, mais c'est un choix qui a été dicté par la situation politique de ces dernières semaines à l'Assemblée nationale. Mais c'est quand même un un un échec enf c'est ravageur pour la crédibilité de la parole publique.
Il s'était engagé sur le péron de Matignon le 3 octobre dernier à ne pas l'utiliser le 493. Ce qui est ravageur pour la crédibilité de la parole publique, c'est d'avoir des parlementaires qui ne jouent pas leur rôle à l'Assemblée nationale, qui se sont échinés semaine après semaine à rendre la copie invotable. Regardez, la semaine dernière euh les députés du Rassemblement national et de la France insoumise ont supprimé les dotations de l'État aux mairies, aux municipalités.
Ça veut dire que demain dans votre commune, vous allez avoir 20 % de recettes en moins à cause de ces députés-là. C'était évidemment invotable et donc il faut utiliser les outils que nous offrent la Constitution. Vous dites chaque jour qui passait était un jour qui compliquait l'affaire.
Pourquoi pas ne pas avoir finalement 10493 sur la table avant Noël comme le souhaitait Emmanuel Macron ? Parce que depuis le premier ministre, il a quand même dû faire des concessions socialistes. J'en cite quelques-unes.
L'augmentation de 2 milliards de la prime d'activité, le dégel de l'impôt sur le revenu, c'est c'est 2 milliards hein, comme l'augmentation de la prime d'activité, le repas en euro pour tous les étudiants. Bref, ça fait au moins 6 milliards de dépenses en plus. Est-ce que c'est bien raisonnable ?
D'abord ces mesures, elles été demandées par l'ensemble des formations politiques ou en tout cas par leur majorité sur le dégel du barême de l'impôt sur le revenu sur la prime d'activité pour augmenter le pouvoir d'achat des français sans augmenter le coût du travail. En matière de transition écologique, le fond vert est augmenté 200 millions d'euros. seront autant de projets en plus pour accélérer la transition de nos collectivités et forcé de constater que depuis Noël, les choses se sont déréglées.
On a vu qu'on n pas été capable d'avoir une commission mixe paritaire qui a duré plus de 40 minutes entre les députés et les sénateurs. Les votes sont accélérés dans le mauvais sens en janvier et donc il fallait en tirer toutes les conséquences. Mais ça râ y compris au sein du bloc central pour le Laurent Marcangli qui est un ex-ministre et qui est proche d'Édouard Philippe, il dit que ses concessions sont des compromission.
Marc Fenot, le patron du modèle, lui est aussi très cache. Il dit "On aurait dû sans doute dire aux socialistes à un moment ça suffit." Mais vous savez, un compromis ça plaît à personne parce que par définition c'est pas le budget d'un parti politique mais c'est le budget d'un équilibre politique qui est fragmenté depuis maintenant 2 ans.
Et donc dans ce projet de budget, il y a des mesures qui ont été sollicitées par plusieurs partis politiques mais par des partis politiques différents. Et l'addition fait que à la fin oui, ça n'est le budget de personne mais c'est courageux de la part du premier ministre que d'endosser cette responsabilité. il aurait pu rester dans sa zone de confort, il aurait pu laisser les débats euh pourrir aller jusqu'à leur terme.
Est-ce que pour que ce soit invotable ? Il fait le choix euh de faire le 493 parce que le pays en a besoin. Il a aussi fait le choix d'ouvrir le porte-monnaie hein pour séduire le Sénat.
Le premier ministre a aussi reculé sur les économies demandées aux collectivités locales. C'était aux alentours de 5 milliards. Finalement ça n'encera que qu'autour de 2 milliards.
Il a quand même tout lâché. Non, il a pas tout lâché parce que le déficit public sera inférieur à 5 % de PIB l'an prochain. C'est un engagement qui sera tenu qui sera vérifié dans la partie dépense du projet de loi de finance et un engagement essentiel.
Je rappelle qu'on était à 5,8 % de déficit il y a 2 ans. C'est donc absolument indispensable que nous tiennons que nous tenions cet équilibre. Mais on peut pas dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale ou du Sénat vouloir des dispositions et les critiquer une fois qu'elles arrivent par voie de 493.
C'est ça le compromis. Encore une fois, personne n'est d'accord mais tout le monde est d'accord avec des mesures en particulier. Et comment le premier ministre entend financer toutes ces mesures ?
Hier soir, c'est vrai qu'il a laissé Améli s'exprimer qui a pas été tout à fait précise parce qu'il reste encore 3 milliards à trouver. Est-ce que ça va être des hausses d'impôts ou est-ce que ça va être un coup de rabot général sur le budget de l'État ? Non, mais sur les impôts, le ministre le Premier ministre a été très clair.
Il y aura pas de hausse d'impôts sur les particuliers et euh sur les entreprises. 99,9 % des entreprises seront épargnées par la hausse d'impôt, la contribution sur la surtaxe d'impôts sur les sociétés. On est très loin, pardon, mais de ce qu'avait voulu les saboteurs du débat public à l'Assemblée nationale.
Lfi, c'était des dizaines de milliards d'euros d'impôts en plus pour les Français, des taxes de l'instabilité fiscale et réglementaire. Le Rassemblement national en 2 jours avait voté 35 milliards d'euros d'impôts en plus à l'Assemblée nationale. On est très loin de cette déraison fiscale et euh l'effort est partagé à moitié entre les recettes et à moitié entre les dépenses.
Vous parlez des entreprises, on voit bien que le plus gros des efforts sera supporté par ces ces entreprises euh notamment avec la cette surtaxe de l'impôt sur les sociétés. On a quand même le sentiment que euh la politique de l'offre du premier mandat d'Emmanuel Macron, c'est fini et que de ce deuxème quinquena, on est plutôt dans une forme de déconstruction. Non mais encore une fois, il y a pas eu de déraison fiscale.
On ne touche pas à l'outil de production. On n' pas créé de nouvelles taxes qui ne pénaliserait strictement et uniquement nos entreprises françaises. On n' pas déréglé le code général des impôts, on l'a pas rendu illisible.
Il y a une surtaxe qui est temporaire. C'est pas le projet de budget que on aurait formulé, mais c'est le projet de budget qui correspond au compromis politique du moment et c'est, me semble-t-il, l'essentiel pour faire avancer le pays encore une fois compte tenu des urgences et notamment des urgences internationales. Un tout dernier mot sur ce budget, pourquoi ne pas avoir opté pour les ordonnances ?
C'est vrai que le gouvernement aurait pu tomber, mais il y aurait eu un budget. Là, on va avoir encore 2 semaines de suspense euh 3493, plusieurs motions de censure. Euh et si le premier ministre tombe, ben c'est c'est c'est le budget qui tombe avec.
Est-ce que finalement le Sébastien Lecnu veut faire comme tous les premier ministres, c'est-à-dire il veut durer ? Non, mais je pense que les ordonnances n'auraient pas permis de prendre en compte les 350 heures de débat qu'il y a eu à l'Assemblée nationale et au Sénat. n'aurait pas permis d'intégrer les mesures demandées par la droite républicaine sur l'absence d'augmentation d'impôts.
N'aurait pas permis de de favoriser l'absence de hausse du coût du travail demandé par les députés Renaissance. N'aurait pas permis d'intégrer des mesures qui ont été adoptées notamment sur la prime d'activité. Et donc le choix qui a été fait, c'est un choix d'engager la responsabilité sur la base de mesures demandées par les parlementaires.
Je pense que c'est de bonnes factures politiques. Euh un mot aussi sur Donald Trump, un Donald Trump euh qui qui hausse le ton euh et notamment euh envers Emmanuel Macron, une taxe de 200 % sur les Champagnes et les vins français. euh une forme de euh comment dire d'amende parce que euh Emmanuel Macron a refusé de rejoindre le conseil de Petgaza et il publie aussi, ça s'est passé ce matin sur son réseau social, le président américain euh ce qui est présenté comme un message d'Emmanuel Macron euh qui lui propose de dîner avec lui jeudi soir.
Euh comment comment vous qualifiez ce ce comportement de président américain ? une façon de faire de la politique qui est éloignée de notre culture politique. Pour autant, je pense qu'il faut y répondre avec raison, sans s'écarter du multilatéralisme, du cadre onusien qui est critiqué et dont on s'éloigne et en faisant valoir l'ensemble des initiatives de paix qui ont été prises par le président de la République et qui ont permis d'obtenir des résultats concrets au proch d'Orient.
On parlait du du conseil de paix à Gaza. Emmanuel Macron. Alors le ticket d'entrée, il est un peu cher, il est à 1 milliard d'après ce que j'ai compris.
Emmanuel Macron a a raison de refuser de s'asseoir à ce conseil de paix créé par euh euh Donald Trump. Car le président de la République a raison de défendre le multilatéralisme et la voix d'une Europe forte et souveraine qui s'appuie sur des choses stables et importantes. Ce qui s'appelle le droit international et le respect de la souveraineté des peuples et surtout le cadre onusien qui privilégie la diplomatie plutôt que la brutalité les conflits.
Oui. Donald Trump qui veut aussi imposer de nouveaux droits de douanes aux européens pour forcer l'achat du Groenland. Euh Emmanuel Macron va demander l'activation de l'instrument antioer hein, c'est une arme capable euh de frappes économiques dans dans la profondeur.
Il a raison d'utiliser cette arme euh qui jusqu'à présent n'a jamais été utilisée. D'abord, le président de la République avait pardon mais raison avant tout le monde de parler de souveraineté européenne dès 2017 et les événements, les développements ultérieurs montrent à quel point on a besoin d'avoir une Europe forte dans un monde qui est un monde de plus en plus dangereux. Et oui, il a raison de montrer les dents, de montrer que l'Europe peut réagir et que nous ne sommes pas un continent qui est un continent en déclin, mais un continent puissant et qui a les moyens de se défendre.
Est-ce que Donald Trump peut être une chance pour l'Europe justement pour accélérer peut-être euh les choses au sein des 27 ? L'Europe s'est toujours révélée dans les crises. Je pense que il faut poursuivre ce travail européen.
Mais il faut aussi que au plan national, on se donne les moyens d'être fort sur la scène européenne et on retrouve là l'enjeu budgétaire parce que une France sans budget, c'est une France moins forte à l'international. En un mot, c'est les 1 an aujourd'hui du mandat de Donald Trump. Comment vous le qualifiez ce cette première année ?
Comment vous la qualifiez cette première année de mandat ? Je pense qu'elle a été euh brutale pour euh le monde. Je pense qu'elle a aussi permis euh des avancées euh au plan euh géopolitique.
Mathieu Lefèvre