Sandrine Rousseau, députée EELV
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 55 %Attaque 30 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:11OuverteRéponse directe
Quelle est votre vision des outre-mer ?
- 2:16OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'une écologie décoloniale pour vous ?
- 5:03OuverteRéponse directe
Le terme "décolonial" est-il toujours d'actualité ?
- 5:46OuverteRéponse directe
Comment qualifieriez-vous le bilan d'Emmanuel Macron vis-à-vis des outre-mer ?
- 7:54OuverteRéponse directe
Pourquoi rompre avec 12 ans sans avion pour les outre-mer ?
- 9:52OuverteRéponse directe
Réparations : excuses individuelles suffisent-elles ?
Temps de parole
- ?100 %
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[musique]
Bienvenue face aux outreem. 25 minutes d'entretien avec une personnalité politique nationale pour l'amener à développer sa vision des outremères au rythme de l'actualité ultramarine et loin de la carte postale ensoleillée. En tout cas, c'est l'objectif de cette émission. Bonjour Sandrine Rousseau. Bonjour. Vous êtes député écologiste de Paris. Pour la carte postale, il ne faudra peut-être pas compter sur vous puisque vous refusez de prendre l'avion. Cohérence écologiste oblige quand les ultramarins s'inquiètent de la flambe et du prix des carburants et donc de la hausse des prix des billets d'avion indispensable pour aller voir la famille ou pour étudier dans l'hexagone.
Sandrine Rosso, vous avez été membre de la délégation aux outre de l'Assemblée nationale, c'était entre 2022 et 2024. Et dans le dossier calédonien, vous avez dénoncé l'impasse dans laquelle est plongé le gouvernement et la responsabilité d'Emmanuel Macron. Un chemin exigeant, patiemment construit, mais aujourd'hui profondément compromis par la détermination d'Emmanuel Macron à imposer sa vision néocoloniale du dossier. Sandrine Rousseau, vous êtes féministe, anticapitaliste, antiraciste, favorable à des réparations, on en parlera et porteuse d'une écologie décoloniale dans la lignée du chercheur Martinique et Malcom Ferdinand qui bouscule votre propre parti, les écologistes.
Un parti qui manque selon lui de diversité et qui est parfois vu comme donneur de leçons pour des territoires ultramarins qui cherchent d'abord à se développer par leur propre moyens. Un objectif compliqué quand les sols sont contaminés par le clore déconne aux Antilles ou quand les côtes sont [musique] envahies par les algues sargas qui empêchent les pêcheurs guyanais de ramener du poisson. Témoignage c'est sur le filet puis le filet arrive pas de du poisson. On narrive pas à travailler. Il y a personne faire d'argent que on perde. C'est difficile. C'est difficile quand cette période arrive. Ces algues sargas. On en parlera avec notre spécialiste Sébastien Gill de Guadeloupe la première.
Bref, tout au long de cet entretien, nous allons vous confronter aux diverses réalités ultra marine. Sandrine [musique] Rousseau, vous voilà face aux outreemers. Alors, prenons le temps pour commencer de développer votre vision des outremères. Sandrine Rousseau, c'est quoi pour vous une écologie décolonial ?
Une écologie décoloniale, c'est une écologie qui arrête de prendre, utiliser et jeter et de considérer les territoires ultramarins comme des des territoires de ressources ou des territoires stratégiques en cas de conflit et qui sont délaissés au moment où on pense les les budgets et particulièrement les budgets sur les infrastructures, les budgets sur l'école, les budgets sur la culture, les budgets sur l'ensemble des politiques publiques et en fait l'écologie des coloniales, c'est une manière aussi de de ne pas se penser depuis un centre et une périphérie.
Le centre, la France, l'Europe, l'Hexagone, même Paris et puis une périphérie et de se de se décaler dans le point de vue et de penser depuis les territoires. Alors là, on parle des territoires ultramarins mais des territoires ultramarins. Et je je le dis mais moi j'ai j'ai toujours imaginé que si un jour [rires] je j'étais présidente de la République, je prendrai Malcom Ferdinand premier ministre. Malcom si tu nous entends même pas [rires] ministre des outremères premier ministre. Qu'est-ce que ça changerait d'abord un chercheur ultramarin Martiniqu en l'occurrence à Matignon ?
Bah ça permettrait de penser toutes les politiques publiques à partir de la Martinique ou du moins du vécu ultra marin et en fait ça changerait tout. Ça changerait tout. C'està dire qu'on penserait l'école depuis les territoires les plus isolés. On penserait euh la rénovation des infrastructures comme une condition de la dignité. Donc je pense par exemple au réseau d'eau, au réseau de route, au réseaux euh ferrés, euh au r mais aussi euh euh au au tri déchets, au aux charges, aux eaux usées, enfin en fait à l'ensemble des infrastructures qui font qu'un territoire est est vivable correctement.
Et donc ça permettrait de penser toutes les politiques publiques depuis les territoires les plus éloignés du centre. En fait, ça changerait radicalement toutes nos politiques publiques. C'estàd qu'on penserait pas depuis la dernière rencontre qu'on a faite dans un cabinet aux dorures éclatantes avec le MEDEF ou je sais pas qui.
Et mais par contre, on penserait les politiques publiques depuis les personnes dont on sait que une fois sur deux quand elles allument le robinet, elles sont pas sûres d'avoir de l'eau qui coule normalement ou alors elles ont des factures qui explosent ou alors elles ont des problèmes d'évacuation de leurs eaux usées en fait ou alors des problèmes de sargasque ou alors des problèmes d'empoisonnement des sols comme le chlore descnes ou alors des problèmes de mercure et et d'exploitation de mines sauvages.
Enfin voilà, en fait c'est c'est penser la France depuis les personnes qui en sont les plus euh qui en tous les cas sont en position les plus vulnérables parfois vis-à-vis des politiques publiques. Des coloniales, c'est un mot qui raisonne très 20e siècle. Est-ce que c'est toujours d'actualité pour vous ? Ah c'est absolument d'actualité. Ben, on le voit en en Nouvelle Calédonie Kanaki où là euh en Kan la question des coloniales, elle est absolument euh d'actu d'une actualité brûlante. À l'inverse, quand on n'est pas décolonial ou quand on n'est pas indépendantiste, est-ce qu'on est forcément un colon ?
Bah, en tous les cas, ça veut dire qu'on ne pense pas ça, qu'on ne se pense pas dans ce rapport là. Or, évidemment que les Canaques ne peuvent percevoir le territoire dans lequel ils vivent que comme un territoire dans lequel ils ont toujours vécu, leurs ancêtres ont vécu et comme un territoire qui a été pris d'assaut par d'autres sans leur accord.
En fait, nous mais il faut faire peuple commun avec Oui, mais nous on peut penser nous on peut se penser euh comme les bienvenu mais on ne peut pas on ne peut pas imaginer qu'en Kanaki on mette le rapport colonial sous le tapis ou alors on dans ces cas-là on on n'interroge pas les privilèges qui sont les nôtres dans cette relation et on on n'interroge pas non plus l'histoire d'une domination il y a un peuple premier et les autres Et et justement, comment est-ce que vous qualifieriez le la le le bilan de d'Emmanuel Macron vis-à-vis des des outres mères ? Vous parliez tout à l'heure de dans l'extrait qu'on a entendu de de vision néocoloniale du président de la République. Voilà.
Quel bilan vous tirez d'Ém Macron vis des outresem ? Bah c'est dramatique en déjà je pense je crois qu'il a fait une erreur en disant que la Guyane était une île au tout début. Il me semble qu'il avait fait une erreur comme ça dramatique. Oui. Et puis euh ben en Nouvelle Calédonic à qui on voit bien que en fait il a donné des gages aux personnes qui ne veulent pas entendre de le terme de décolonisation ni d'indépendance ou d'autonomie. Euh, on voit bien que par exemple sur les enjeux climatiques qui sont absolument terribles pour les territoires ultramarins, je pense aux événements climatiques extrêmes auxquels ils sont plus confrontés que l'hexagone.
Il y a rien qui est fait, a rien qui est anticipé d'aucune manière. Et puis on reste dans cette idée que parce que pour penser la résistance de ces territoires, il faut la penser dans le contexte dans lequel ils sont. Donc en fait, il faudrait qu'ils puissent faire commerce beaucoup plus facilement qu'ils ne le font actuellement avec les pays en proximité pour que il n'y ait pas 9 % d'importation de la nourriture depuis des contrées éloignés. Et donc ça veut dire que quand vous avez 90 % d'importation, vous dépendez du prix du pétrole.
Quand le pétrole flambe et bien on voit que le pouvoir d'achat s'effondre littéralement et la capacité tout changer dans la relation puisqu'on parle justement de ce lien de dépendance avec l'hexagone pour la grande distribution notamment. On parle de l'avion comme moyen de transport indispensable. Ça veut dire tout revisiter. Ça veut dire absolument tout revisiter mais tout revisiter depuis le point de vue de ces territoires. Donc c'est ça qui est intéressant. D'ailleurs dans votre introduction vous avez dit que je prenais plus l'avion.
Alors, c'est vrai que ça fait, je crois maintenant 12 ans ou 13 ans que j'ai pas pris l'avion, mais par contre, j'envisage de le prendre pour faire la tournée des territoires ultramarins, précisément pour pouvoir avoir une vision politique et un et et une prise de parole politique beaucoup plus forte là-dessus. Et donc voilà, je vais faire une exception, je l'annonce un peu ici pour les territoires ultramarins. Simplement, je veux comme je ne veux pas gaspiller parce que c'est très important et que moi je n'ai pas de famille là-bas, donc je n'ai pas besoin non plus. Donc là, je le ferai au titre d'un geste politique très fort.
Je romperai mes années de sans avion pour aller dans les territoires. Ce weekend à Nant a eu lieu un événement assez unique en France. Un descendant d'armateurs négrier a présenté ses excuses pour les actes de ses ancêtres. Je vous propose d'écouter un extrait d'un reportage signé Tessa Groman. Pour moi, c'est un soulagement descendant d'une famille d'armateurs négrier Nantais de pouvoir présenter mes excuses pour les actes de mes ancêtres. La frêle silhouette de Pierre Guillume de Princé, 86 ans, se dresse face à l'ambassadeur d'Haïti. Très ému, le descendant d'armateurs Nanté et propriétaire terrien sur l'île des Antilles s'excuse au nom de ses ancêtres.
Quelques minutes plus tard, l'ambassadeur d'Haïti monte sur scène pour lui répondre. Je prends note de votre déclaration, monsieur Guillaume de Princet. dont la torre sera transmise aux autorités haïtiennes. Alors Sandrine Nouru, je crois que vous êtes favorable à des réparations. Voilà une réparation très très symbolique, très forte. Votre réaction, c'est quelque chose qui va dans le sens de l'histoire que vous encouragez ?
Alors bien sûr, je pense que cette prise de parole comme d'autres est très très importante et aujourd'hui je rappelle que la salle de prestige de l'Assemblée nationale, la salle dans laquelle on fait les col les colloques pardon euh s'appelle la salle Colbert et que c'est lui qui a fait euh le code noir et que c'est absolument scandaleux qu'on ait euh comme salle de prestige parce que ça c'est un choix politique qui est fait à un moment d'avoir cette salle de prestige. C'est il y a aussi une grande statue devant l'Assemblée nationale. Absolument. C'est absolument scandaleux qu'on ait une salle qui s'appelle Colbert en au plein cœur du pouvoir politique français.
Mais cette salle, c'est cette statue, on l' on il faudrait l'enlever selon le vous. Bien sû bien sûr, ça n'est pas acceptable qu'on mette le nom d'une personne qui a fait le code noir et qui a renvoyé à une sous-citoyenneté et qui a d'une certaine manière légalisé l'esclavage par ça. Donc c'est pas possible. En fait, c'est la question c'est quel quel patrimoine on veut mettre en avant ? Qu'est-ce qu'on veut mettre en valeur des personnages qui ont fait l'histoire française. Pour moi, Colbert ne fait pas partie de cela et au nom de notre histoire de France.
C'estàd que il a sa place dans les livres parce qu'il a eu un rôle à un moment donné, mais qu'il ait une place, qu'il ait la la salle de prestige de l'Assemblée, c'est absolument pas admissible. Mais sur l'esclavage, c'est certes des excuses et et c'est très fort ce qu'il a fait, mais les excuses euh bon déjà, ce serait bien qu'on en fasse et qu'on en fasse de manière nationale, mais ça va. prendreà. Voilà, c'est qu'on devrait aller au-delà des excuses, surtout des excuses individuelles. Il faudrait qu'il y ait des une forme d'excuses nationales, mais aussi des réparations.
C'estàd qu'on ne peut pas juste se dire "Bah voilà, je me suis excusé puis c'est bon, on passe à autre chose." Qu'est-ce que c'est qu'est-ce que ce serait ? Quelle prend quelle forme pourrait prendre ces réparations ? Justement, qu'est-ce qu'on répare ? Bah, on répare des dommages qui ont été commis de génération en génération. Ça peut être des réparations financières, ça peut être des réparations euh euh culturelles. Alors, je là, c'est pas une question d'esclavage, mais par exemple, j'avais rencontré les Yapoto de Guyan parce que il y avait des restes humains dans les réserves des musées de l'Hexagone et qu'en fait ces restes humains sont enfin ça n'est pas muséal, ce sont des humains.
Et et donc la ministre de la culture Catherine Pégard a annoncé un projet de loi, je crois au mois de mai, qui doit discuter d'abord au Sénat justement pour la restitution de ces restes humains à la Guyane. Oui, mais ça prend trop de temps là. Moi, je les ai rencontré l'année dernière avec le député Guyané et et en fait, je comprends pas je comprends pas pourquoi ça prend autant de temps. Il faudrait déjà un décret pour commencer le processus.
On n pas besoin d'attendre et d'attendre et d'attendre encore comme on n pas besoin d'attendre et d'attendre encore pour aller sur les réparations en Polynésie française suite aux essais nucléaires à Mururoa et et la députée Redard de l'eau a fait un un travail absolument incroyable là-dessus. Ça ça son rapport de commission d'enquête est vraiment à lire. C'est c'est quelque chose de mon avis très important dans le processus de décolonisation qu'on connaît assez peu globalement dans en France hexagonale. Absolument. Quand on parle réparation, on pense d'abord au chlore desconces, pesticides utilisé dans les bananerai des antilles jusque dans les années 90.
Le problème, c'est que la justice a ordonné un non lieu dans cette affaire. C'est trop tard pour réparer. Non, parce que la justice, c'est la justice. Je regrette ce nom mais c'est une décision de justice. Par contre, l'État peut réparer sans avoir de décision de justice. Il n'est pas obligé de suivre une décision de justice. Là aujourd'hui, il y a il y a des plans clor des connes qui se succèdent. Il y a des plans clor des cônes qui se succèdent. Mais par exemple, on a le taux de cancer du sein le plus élevé au monde.
Et euh dans les populations femmes qui ont été exposé au chlore desconnes et je pense notamment aux ouvrières agricoles, et bien il y a des taux de cancer du sein qui sont absolument alarmants. Aujourd'hui, ça n'est pas reconnu systématiquement comme une des conséquences de l'empoisonnement au chlore décon. Moi, je vais faire une mission flash là-dessus où je vais essayer d'entendre des ouvrières de qui sont euh concernés par ces cancers du sein et qu'enfin on sorte de ce déni et et de cette vision des territoires comme des territoires d'exploitation financière et économique uniquement quoi.
On parle de réparation, d'écologie décoloniales, de décentrer le le regard, mais le Rassemblement national fait des scores importants désormais dans les outreem est arrivé en tête aux élections européennes à Mayotte, la Réunion, la en Guyane, en Guadeloupe. Comment est-ce que vous l'expliquez ?
[grognement] Je pense qu'il y a derrière une un discours d'une forme de relégation euh que le porte le Rassemblement national et d'ailleurs je pense pas tout le Rassemblement national mais une partie en tous les cas du Rassemblement national et que la question de la relégation c'est quelque chose qui raisonne très fort dans ces territoires là mais c'est une défaite pour moi c'est une défaite très importante de la gauche et je pense que c'est aussi parce que nous n'avons pas osé poser les mots sur ce qui se passer dans les territoires ultramarins.
Il n'est pas possible de laisser des taux de maladie aussi fortes, des taux de pollution aussi forts, des taux de de pauvreté, des taux de de non accès aux soins, de non accès à l'eau, de non accès à l'assainissement en fait des territoires abandonnés par le gouvernement par la gauche, vous le dites, et du coup qui se tournent vers le rassemblement national par des pistes parce que il y a le tampon aussi là qui a été gagné par une union de la gauche et bravo aux copains et copes aux copines qui là-bas ont mené la campagne.
Je pense que en fait ce qui se joue là-bas à la Réunion comme ailleurs, c'est une espèce de bascule entre un projet nationaliste d'extrême droite et le projet d'une émancipation par l'interrogation de la colonisation et de l'histoire esclavagiste et cetera de la France. Et en fait là, on est dans un moment de bascule, dans un moment de tension entre ces deux pôles là. Mais moi, je suis certaine que petit à petit euh ces territoires-là se tourneront vers la gauche parce qu'en fait il en tous les cas c'est notre devoir que de leur donner à la fois un déboucher politique mais aussi une parole des représentations et des positions fortes à l'intérieur des partis politiques.
On le dit, on le répète, les outremères sont aux avant-postes du dérèglement climatique mais pourtant les écologistes sont quasiment absents du paysage politique ultramarin mis à part Point à Pitre et son maire Harry Durma. Comment est-ce que vous l'expliquez ? Je l'explique mal et j'ai pas de réponse très simple à ça. Je pense que les écologistes n'arrivent pas à être complètement audibles sur euh les questions qui pourtant les concernent en premier au premier chef. Enfin, quand on regarde les sargasses, par exemple, en parler dans un instant, l'envahissement des sargasses.
Euh ben en fait, on se demande pourquoi les écologistes sont pas davantage pensés comme des solutions de même que les événements climatiques extrêmes comme les cyclones, les ouragans et cetera. Et en fait, je pense que on l'écologie a une forme d'ambiguïté aussi hein vis-à-vis de la question coloniale. Je le pose de manière très claire. Justement une question qui va peut-être nous donner un indice, une question directe de Thbo Leave. Il est élu à la collectivité territoriale de Guyan dans une majorité de gauche et il est chargé des relations avec l'Europe.
Madame la députée, vous défendez une lecture très critique des relations entre l'État et les territoires ultramarins en parlant notamment d'héritage post-colon et de nécessité d'écouter les populations locales. Mais concrètement dans les territoires comme la Guyane, les élus et les acteurs locaux demandent à pouvoir développer des filières économiques notamment autour de la valorisation des ressources. Cela nécessite des adaptations du cadre réglementaire notamment européen et qui sont permises par les dispositifs spécifiques aux régions ultrapériphérique.
Or, on constate que systématiquement votre famille politique s'oppose à ces évolutions, y compris et surtout au Parlement européen alors même que vous n'avez pas d'ancrage électoral local outreemè. Comment vous expliquez ce décalage entre ce discours d'émancipation des territoires et des positions qui sont imposées depuis l'extérieur, soit clairement du colonialisme 2.0 ? Voilà.
Bah le l'argument la critique de néocolonialisme qui vous revient en boomerang pour l'expliquer en quelques Thbao Leave qui parle de ressources propre, c'est notamment le pétrole qui est qui commence à être exploité par les pays voisins, not le Guyana, le Surinam qui estime qu'ils seront une super puissance très rapidement mais la Guyane ne peut pas n'a pas le droit de chercher du pétrole et vu de l'Europe, on se dit la forêt amazonienne, faut la protéger. C'est le poumon de de du monde simplement. Il y a des populations beaucoup en sous le seuil de pauvreté qui aimeraient bien vivre un peu mieux. Qu'est-ce que vous lui répondez ?
Mais est-ce que le pétrole est véritablement l'avenir de la Guyane ? Est-ce que véritablement il faut encore se tourner vers les énergies fossiles pour penser son avenir ou est-ce qu'on peut imaginer d'autres projets ? Alors, je suis d'accord avec votre projet pour la Guyan c'est dire non pas ne touchez pas à ça ne faites pas ça mais quoi ? Mais je suis euh d'accord avec lui sur le fait qu' il y a besoin de travailler avec les avec les populations euh qui sont sur place, mais euh euh la Guyane a un potentiel économique autour euh de d'autres euh secteurs économiques que juste les énergies fossiles. Ça peut être euh mais ça peut être tous les autres en fait presque.
C'estàd ça peut être l'informatique, ça peut être évidemment le tourisme mais ça ils le font déjà. Ça peut être aussi les infrastructures, ça peut être le commerce avec les zones et et d'ailleurs ça, il faudrait qu'on pense aussi une exception de ces territoires dans le commerce avec les zones frontalières. Mais ce qu'il ce qu'il disait, c'est les écolos d'Europe qui nous font la leçon et qui disent "Faites ça, ne faites pas ça." Non, mais les les écolos d'Europe, ils font la leçon sur le pétrole à tout le monde partout. En fait, la question c'est est-ce qu'on continue à foncer dans le mur avec le pétrole ou est-ce qu'on arrête ?
Et ça ça touche la Guyenne comme n'importe quelle autre partie du monde. Donc voilà, après j'entends que c'est difficile et sans doute il y a-t-il besoin de travailler avec les populations locales mais on peut pas non plus imaginer que l'avenir de la Guyane passe par une énergie qui nous met tous en danger. C'est pas possible. On doit aussi penser l'avenir de la Guyane tout à fait différemment. Je vous propose d'écouter ce qu'on pense le Martiniquet Malcom Ferdinand. C'est lui qui vous a inspiré cette pensée de l'écologie des coloniales. C'était il y a 2 ans, cet extrait durant une réunion publique lors de la campagne des élections législative.
Combien de fois vais-je arriver dans un meeting comme celui-là et me retrouver l'un des seuls noirs de la salle ou alors avec quelques-uns qui vous font de la musique, quelques-uns qui vous servent des bières ? Comment faire pour que la pratique écologiste ne ressemble pas à un meeting de l'extrême droite ? Voilà, une intervention directe Sandrine Rousouau, est-ce que votre parti a toujours autant de mal à faire de la place à la diversité ? Oui, il a du mal à faire la place à la diversité et je fais partie de celles qui se battent pour que les personnes non blanches puissent avoir des positions de pouvoir à l'intérieur du parti et à l'extérieur dans des mandats euh importants.
Et je pousse pour l'instant, je dois dire que j'ai même poussé pratiquement exclusivement des personnes qui sont non blanches pour qu'elles obtiennent des positions de pouvoir et ça a marché pour certains et pour d'autres moins bien. Mais je ne fais que ça pour essayer d'utiliser la force que je peux avoir et le pouvoir que je peux avoir pour faire en sorte que justement des personnes qui ont moins de facilité à accéder à ces postes en raison des discriminations systémiques qu'ils subissent ou qu'elles subissent et bien qu'elles puisse quand même y arriver.
Donc euh voilà difficile au sein du parti les écologistes, mais c'est pas difficile, c'est une faute politique, c'est une erreur politique. C'est pas juste, c'est difficile, on peut pas s'arrêter à ça. C'est comme pour les places des femmes. On a été des pionniers en matière de place laissée aux femmes dans la politique. Il est tout à fait inadmissible que nous ne soyons pas des pionniers sur le nombre de personnes racisées, que ce soit euh euh des territoires ultramarins ou ailleurs. Enfin, c'est pas possible qu'on en soit à compter en fait. et et c'est une pour moi c'est la défaite d'une d'un impensé politique et ça fait partie des critiques que j'adresse à mon parti bien entendu.
Message transmis à votre chef Marine Tondelier. Pas que direction la mère des Sargass pour parler justement des algues sargass bonjour Sébastien Gill. Bonjour Serge et bonjour à votre invité. En direct depuis le studio de Guateloupe la première. Ces sargass Sébastien, elles ont toujours existé mais elles cousent depuis quelques années de gros problèmes et le dérèglement climatique est passé par là.
C'est bien ça effectivement Serge, les algues brunes ont toujours été présentes dans l'environnement caribéen avec la mer des sargas à l'est de la Floride mais dans des proportions disons acceptables depuis 2011 et le premier bloom les efflorescences massives se succèdent ici essentiellement alimenté par les rejets des fleuves Amazon et Congo. C'est une conséquence directe de l'activité humaine. On estime cette année par exemple que la grande ceinture de Sargas documentée scientifiquement en 2011 abrite quelques 14 millions de tonnes d'algue brune en 2026. Et c'est donc une nouvelle saison de force échouement qui a débuté ici Serge.
Mais avec quelles conséquences concrètes pour la nature et pour les habitants Sébastien sanitaire d'abord Serge lorsque les algues brunes touchent terre et se décomposent elles émettent du sulfure d'hydrogène et de l'ammoniaque de gaz toxique et qui à forte dose s'avère particulièrement délétaire pour la santé publique. Conséquence les autorités locales ont missionné le réseau local de surveillance d'air pour mesurer et alerter. Guader vient de communiquer son bilan 2026 2025. Le constat est plutôt décourageant.
Malgré tous les efforts consentis depuis une décennie par les pouvoirs publics, le nombre et l'intensité des jours de dépassement augmentent et atteint même des niveaux jamais enregistrés. 500 jours de dépassement du seuil de préalerte et 24 de dépassement du seuil d'alerte qui impose lui l'évacuation des populations impactées. L'illustration la plus marquante de ces derniers jours, c'est bien sûr le déménagement des élèves du collège Robert I en Martinique forcé à l'exil par les émanations de gaz. information qui aurait certainement valu les gros titres de la presse nationale si par situation s'était présenté dans l'hexagone.
C'est Sandrou qui fait un air navré en vous écoutant et comment est-ce que les pouvoirs publics sont-ils organisés ou pas pour mener la lutte Sébastien ? L'État par l'intermédiaire de ces organes déconcentrés observe et émet des bulletins d'échouement. Les collectivités locales ont elles la charge de ramasser les algues au plus vite après échouement ou lorsque c'est possible les collecter en mer pour éviter les émanation toxique. C'est compliqué, ça coûte cher et il faut remettre quasiment quotidiennement l'ouvrage sur le métier. C'est le mythe de cisif qui est à l'œuvre ici Serge.
Une commune en Guadeloupe incarne particulièrement ce constat capestaire de Marégalante flanqué sur l'est de la grande galette et cumule à elle seule 40 % des échouements de l'archipel. 8 millions d'euros dépensés sur le poste ramassage et stockage entre 2019 et 2024. L'autre stratégie désormais privilégiée, ce sont les barrages déviants, dispositifs onéreux, fragiles et qui ne pourront être déployés partout. L'État central et ses plans s'argassent donnent parfois le sentiment de se délester du sujet. Certes, il injecte beaucoup de millions, une centaine depuis le début de la crise, mais semble vouloir beauté en touche lorsque la question du statut juridique des algues brunes est évoqué.
Les élus locaux militent pour une reconnaissance de catastrophe naturelle. La Cour des comptes indiqué dans un remport en 2025 que l'absence de statut juridique de la Sargas comme déchet rend complexe la lutte contre le phénomène fermé les guillemets. Alors madame Rousseau, une question. Pensez-vous effectivement que l'État doivent légiférer et intégrer par exemple dans ce régime d'indemnisation les algues sargas ? Merci beaucoup Sébastien Gill. en direct de BMA de Guadeloupe, la réponse de Sandrine Rousseau. Bien sûr, bien sûr.
De toute façon, le régime des catastrophes naturelles doit être absolument revu pour prendre en compte l'ensemble des catastrophes naturelles qui prennent une nature différente avec le réchauffement climatique. Et on sait que les sargas se développent d'autant plus que la température de l'eau augmente. Là, on est à la veille d'un nouveau phénomène Elnig qui est d'une ampleur probablement encore plus importante que ce que nous avons vécu les dernières années. Et donc, il il y a un risque très fort de sargasse. L'État ne fait pas assez. L'État ne fait pas assez.
surtout l'État se contente de mettre des millions et et d'ailleurs ça a été dit pour ramasser mais en fait il y a une indemnisation à prendre en compte et puis il y a aussi de la recherche à financer. Moi, j'avais fait passer des amendements là-dessus et qui ont été adoptés d'ailleurs pour que la recherche puisse trouver aussi d'autres manières que juste des des barrages flottants ou euh ou le fait de les ramasser et de les brûler à côté en fait de de faire en sorte qu'il y ait une véritable politique d'anticipation, de prévention et de gestion de ces sargards. Et ça nécessite des investissements de l'État qui ne sont pas présents pour l'instant.
J'ai encore plein de questions à vous poser, il nous reste quelques secondes. Une question d'actualité lors de la dernière présidentielle. Jean-Luc Mélenchon a dépassé les 50 % au premier tour en Martinique, en Guadeloupe, en Guyane. Et il y a quelques jours, Marine Tellelier, la chef des écologistes, a proposé un socle programmatique de Raphaël Gluxman au Parti communiste sans la France insoumise. Qu'est-ce que vous en pensez ? Je pense que c'est une erreur. [rires] Pardon parce que du coup je ris parce que je je critique beaucoup mon parti mais je pense que c'est une erreur.
Je pense que là on est dans un moment de chute véritable d'un modèle de croissance productiviste capitaliste et qu'en fait on est à des moments un peu de question existentielle, c'est-à-dire euh quelle est notre identité ? Qu'est-ce qu'on en fait ? Et c'est pas vrai que c'est juste trois couleurs bleu, blanc rouge. C'est bien plus que ça notre identité. C'est bien plus que ça la résistance des territoires, c'est bien plus que ça l'inclusion des personnes à l'intérieur d'une société. Et je pense que la rupture d'avec le modèle que nous vivons est absolument indispensable pour notre survie à long terme, mais aussi à très court terme.
Les gens aujourd'hui n'arrivent pas à manger et à avoir une vie suffisamment digne et respectueuse. Et donc en fait, c'est la priorité des priorités. Et pour ça, il faut avoir de la volonté, il faut taper du point sur la table. Il faut parfois avoir une grosse voix et savoir s'opposer au lobby et pour ça, il ne faut pas avoir la main qui tremble de la social-démocratie parfois. Ouais. Une dernière question, il nous reste quelques secondes. C'est c'est un thème qui vous est cher. Sandrine Rousseau, expliquez-nous c'est quoi la déconstruction et à quoi ça sert la déconstruction ? C'est une interrogation de nos privilèges. On en a tous à l'endroit où on est.
Moi estant né avec une peau blanche évidemment que je bénéficie d'un certain nombre de privilèges dans un dans une hiérarchie sociale mais en tant que femme je subis aussi des discriminations et en fait checker ces privilèges ça permet aussi de ne pas être aveugle à cela et du coup de d'être beaucoup plus en en pleine conscience des rapports sociaux et du coup de ce qu'il y a à changer dans la société. Déconstruisons-nous. Une toute dernière question qui va avec le dans tous les outresemes où j'ai pu me rendre, on m'a invité pour faire un barbecue sur la plage ou au bord de [rires] ou au bord d'une piscine. Vous ça a été votre grande caricature autour de cette question du barbecue.
Pourquoi pour selon vous le barbecue c'est problématique ? C'est la viande un plus sur le barbecue plus que le barbecue. C'est que moi je suis il y a pas de problème à faire du barbecue vég mais c'est la viande la viande les hommes on consomment 50 % de plus que les femmes et aujourd'hui c'est un des facteurs de la déforestation c'est un des facteurs de la pollution des sols c'est un des facteurs de de d'exploitation des animaux sans prendre en compte leur capacité à ressentir leurs émotions et cetera. C'est aussi des conditions de travail dans les élevages intensifs qui sont innommables et donc à un moment donné c'est une question éthique en fait de manger de la viande ou pas de la viande.
Alors oui au barbecue mais au barbecue vég. Merci Sandrine Rousseau d'être passé nous voir. Vous étiez face aux autres mères. À bientôt. Merci beaucoup.
[musique]