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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous !· 23 février 2026 22 min

Marion Maréchal : « Le seul qui appelle sans ambiguïté à la violence, c’est Mélenchon »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Marion Maréchal. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes députée européenne, ECR, présidente de Identité et Liberté. Votre dernier livre, Si tu te sens le peine, c'est chez Fayah. On va bien évidemment en parler. On est ensemble pendant 20 minutes pour un entretien en partenariat avec la presse régionale représentée par Stéphane Vernet de Ouest France. Bonjour Stéphane.

0:29
Marion Maréchal

Bonjour Rianne, Marion Maréchal, bonjour.

0:31
Présentateur

On va commencer, Marion Maréchal, avec ce qui s'est passé samedi à Lyon et cette marche après le meurtre de Quentin. Manuel Bompard, le leader de la France Insoumise, l'a qualifié hier sur notre antenne de parade fasciste.

0:44
Invité

Il a raison ? Écoutez, moi je suis assez étonnée, pour ne pas dire indignée, du narratif qui s'installe depuis maintenant près d'une semaine puisqu'il y a une semaine de cela. Rappelons-le quand même, il y a un jeune homme de 23 ans qui est mort avec le crâne fracassé par terre à coups de pieds et de poings par une milice d'extrême gauche liée à LFI. Je pense que tout le monde en conviendra. Et une semaine après, à part la France Insoumise évidemment parce qu'elle est directement mouillée.

Mais ce qui est vrai, c'est qu'une semaine après, on a le sentiment que ça n'est plus le sujet central, que la mort de Quentin finalement est secondaire et qu'il faudrait instiller dans l'esprit des Français le fait qu'il y aurait aujourd'hui une grande menace, une menace principale existentielle pour la France qui c'est celle du retour du fascisme et du nazisme. Je trouve ça à la fois grotesque et ridicule et j'en veux pour preuve d'ailleurs le fait que depuis maintenant quelques jours, on a un certain nombre d'experts ou de journalistes qui ont été dans une logique de diabolisation systématique. Je vous donne quelques exemples qui m'ont frappée.

J'ai entendu dire par exemple que le chant de la Ligue Noire qui avait été entamé notamment par les manifestants était un chant nationaliste, alors que je ne vais pas vous l'apprendre, la Ligue Noire c'est le chant des Lyonnais qui ont été massacrés par la terreur de 93. J'ai entendu dire qu'il y avait un signe fasciste sur la banderole, c'était un signe chrétien, en l'occurrence un chrisme. J'ai entendu dire que le slogan lancé en avant, en avant, Lyon le met l'or, était là encore un cri de ralliement de l'extrême droite. C'est juste la devise de Lyon qui est sur le fronton de la mairie.

Pour vous donner un peu la tonalité, si vous voulez, qui consistait en fait à, par principe, diaboliser tous ces gens qui ont voulu rendre hommage légitimement.

2:06
Présentateur

Mais il y a aussi des chants homophobes qui ont été entendus par des journalistes. La préfecture du Rhône saisit la justice pour des saluts nazis. Est-ce que vous les condamnez ?

2:14
Invité

Non mais évidemment, mais ce que je veux quand même relever, c'est qu'il y avait plus de 3000 personnes présentes et que la préfète, en effet, a signalé 3 personnes. Voilà, donc ça ne veut pas dire que ce n'est pas condamnable, mais c'est résiduel et on ne peut pas diaboliser l'ensemble d'une manifestation qui s'est tenue dans le calme. Je rappelle que l'hommage à Naël, ça a été plus de 3000 interpellations, plus de 2000 condamnations, plus de 1000 blessés. Là, c'est zéro casse, zéro violence, zéro agression.

Donc oui, c'est quand même, disons-le, une manifestation qui s'est tenue dans la dignité et c'est insupportable évidemment à la gauche parce qu'ils espéraient là avoir le levier pour pouvoir justement alimenter leur narratif du grand retour du fascisme pour ne pas avoir évidemment à se justifier sur leur complicité morale et peut-être même pénale. On y reviendra peut-être dans cette affaire. Pourquoi pénale ?

Ah ben pénale parce que si l'enquête s'étend à un sujet d'association de malfaiteurs et qu'il est avéré par l'enquête que, ce qu'ont déjà d'ailleurs révélé vos confrères du Canard Enchaîné il y a un an de cela, en fait la jeune garde est utilisée comme service d'ordre informel par la France Insoumise, alors en effet, Rima Hassan et les dirigeants de la France Insoumise devront répondre de ce qui s'est passé à Lyon.

3:17
Présentateur

Sauf que le LFI, la France Insoumise dit que la jeune garde a été dissoute et Rima Hassan dit que son service d'ordre n'était pas celui de la jeune garde.

3:25
Invité

Il y a manifestement une association de fait puisqu'on dit qu'elle a été dissoute. Je rappelle d'ailleurs qu'ils se sont tous très largement opposés à cette dissolution. Pas que d'ailleurs la France Insoumise, rappelons-le quand même, puisque les écologistes, les communistes et même certains socialistes d'ailleurs se sont opposés. De fait, cette association continuait d'être active. On le voit bien, ils avaient encore des stands, ils avaient encore des comptes et puis ils avaient encore manifestement des opérations.

Donc oui, en effet, s'il y a eu des donneurs d'ordre, s'il y a eu des consignes qui ont été passées d'heures, de lieux pour que la jeune garde soit présente à l'occasion de cet événement, il y aura alors potentiellement une responsabilité pénale.

3:57
Marion Maréchal

Le meurtre de Quentin de Ranck a légitimement choqué la France, qui est un pays qui rejette la violence politique, les violences politiques, quelles qu'elles soient en fait. On voit bien qu'il y a une tolérance zéro par rapport à la violence dans la société. C'est aussi ce que nous dit tous les débats autour de ce drame. Vous avez déclaré sur BFM que la violence d'extrême droite est dérisoire par rapport à celle d'extrême gauche. Statistiquement, la violence d'extrême droite est dérisoire par rapport à la violence d'extrême gauche. Est-ce que vous regrettez ce commentaire ?

4:23
Invité

Ah non, je ne regrette pas du tout. Et je vous suis d'ailleurs sur le fait qu'évidemment, la violence politique, d'où qu'elle vienne, est absolument culpable. Qu'elle vienne de l'extrême droite contre l'extrême gauche, c'est pareil.

4:30
Marion Maréchal

Il n'y a absolument aucun débat là-dessus. Il y a un rejet total.

4:32
Invité

Maintenant, ce que j'essaye, une fois que ceci est dit, et je pense qu'il est très largement partagé, sauf peut-être par l'extrême gauche dans ce pays, il faut quand même dire une vérité. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, la violence qui est systématique, massive, dans notre pays, c'est d'abord et avant tout celle de l'extrême gauche.

4:47
Marion Maréchal

Sauf que si on regarde le nombre de personnes qui ont été tuées par des militants d'extrême droite et des militants d'extrême gauche sur les 40 dernières années, le décompte, c'est 10 fois plus en fait.

4:56
Invité

Sauf que les chiffres que vous prenez sont ceux qui sont inventés par la France Insoumise depuis maintenant une dizaine de jours, qui tiennent sur deux études qui sont d'ailleurs, disons-le, des universitaires qui sont proches de la gauche et que je conteste absolument pour une raison simple. C'est l'historien de Nicolas Lebrun

5:10
Présentateur

qui dit qu'il y a eu 59 morts liées à l'ultra droite et 6 à l'ultra gauche.

5:14
Invité

Il a été un militant d'extrême gauche auprès de Ralfron dans sa jeunesse. Donc ce ne sont pas des universitaires qui sortent pas. Et donc ces chiffres ne sont pas objectifs ? Ce n'est pas factuel ? Ah, c'est son bidon. Je vais aller plus loin que ça, son bidon. Quand vous regardez d'ailleurs en détail souvent les affaires qui sont citées, on se rend compte que ce sont des affaires qui ne sont pas liées à des groupuscules d'extrême droite dont les motivations ne sont pas nécessairement politiques. C'est souvent d'ailleurs ou des bagarres, on va dire, de barres ou des règlements de comptes individuels ou des gens qui sont considérés comme irresponsables sur le plan pénal.

Et je note d'ailleurs, pour vous démontrer la malhonnêteté de ces chiffres, qu'ils commencent en 86. Est-ce que vous vous êtes posé la question de savoir pourquoi 86 ? Parce que 86, c'est la fin des opérations d'action directe. Action directe, c'est, vous savez, cette milice d'extrême gauche qui a commis un certain nombre d'attentats.

5:56
Marion Maréchal

– Non, non, dans les 6 morts attribués à l'ultra-gauche, il en compte 4 d'action directe et il commence à compter en 82.

6:04
Invité

– Et pas 12, et pas 12. Parce qu'en l'occurrence, il y en a 12 et il y a beaucoup d'affaires. D'ailleurs, on pourrait parler également de ce militant écologique, je ne sais pas si vous vous souvenez, il y a quelques années, qui avait tué un certain nombre de personnes du conseil municipal, pas moins de 8, qui n'est pas comptabilisé par exemple. Je ne vais pas rentrer dans une bataille de chiffres parce qu'en fait, j'ai envie de vous dire, un mort est un mort. Moi, je ne suis pas là pour relativiser les morts.

Mais quand même, regardons en face la réalité aujourd'hui de cette violence et si je devais, comment dire, même attester sur des chiffres qui m'apparaissent plus neutres, prenons les chiffres d'Europol. On ne pourra pas soupçonner évidemment qu'ils viennent de tel ou tel parti. Les chiffres d'Europol, ils sont très clairs. Entre 2022 et 2024, il y a eu 44 attentats djihadistes, il y en a eu 71 de l'extrême-gauche, il y en a eu 7 de l'extrême-droite.

Et j'ai envie de vous dire, il suffit de regarder aujourd'hui la presse régionale et locale dont vous faites partie pour constater que très régulièrement, il y a de la part de l'extrême-gauche jusque dans nos facultés, des agressions, des lynchages qui prospèrent, disons-le, sur une forme de complaisance malgré tout médiatique et judiciaire.

7:00
Marion Maréchal

Moi, j'avais une autre question. Je vous laisserai voir qu'est-ce qui se passe à Lyon de votre point de vue ? C'est une ville que vous connaissez sur le bout des doigts. Vous y avez créé l'Institut des sciences sociales, économiques et politiques, l'ICEP. Vous avez démontré que vous connaissez par cœur cette ville. Pourquoi ? Est-ce qu'il y a autant de tensions, des violences entre extrême-gauche et extrême-droite ? Pourquoi est-ce que dans cette ville-là, elles sont plus fréquentes qu'ailleurs et plus dures qu'ailleurs ?

7:23
Invité

Écoutez, la violence, en l'occurrence l'ultime et la dernière, c'est quand même le meurtre par l'extrême-gauche. Nous n'avons pas d'équivalent de la part d'autres groupuscules. Vous savez bien

7:31
Marion Maréchal

qu'il y a un fond de violence à Lyon entre les groupes politiques qui est exacerbé et qu'on ne trouve pas dans d'autres villes à ce même niveau.

7:38
Invité

Moi, j'en ai été moi-même victime puisque mon école à de nombreuses reprises a été attaquée, dégradée, même incendiée par des militants d'extrême-gauche sans que jamais, malgré nos plaintes, il n'y ait eu d'interpellation ou de condamnation. Je note qu'il y a en effet des viviers de développement de ces milices d'ultra-gauche jusque dans les facultés. Lyon 2, la direction de Lyon 2, de l'université Lyon 2 est complice. Elle laisse ces groupes, y compris la Jeune Garde d'ailleurs, avoir des stands, de prospérer, faire du militantisme. Donc il y a, oui, une forme de complaisance.

On apprend, je ne sais pas si vous l'avez vu d'ailleurs, que le responsable chargé de la sécurité à Lyon, je crois que c'est Mohamed Chih, de son prénom, qui a dit publiquement qu'il s'appuyait sur la Jeune Garde pour lutter contre le fascisme à Lyon. Donc on apprend qu'il y a une mairie écologiste qui officiellement travaille avec ces groupuscules violents. Et on apprend même, ça ce sera donc, il y a une enquête qui va s'ouvrir de ce point de vue-là, qui leur ait mis à disposition la vidéosurveillance de la ville pour permettre à ces groupuscules d'aller chasser ce qu'ils appellent les fascistes de Lyon pour pouvoir aller les lyncher dans la rue.

Donc si vous voulez, il y a quand même, oui, disons-le, une ambiance extrêmement lourde et qui pèse très durement sur les militants, on va dire, y compris les plus inoffensifs, puisque jusqu'aux militants de la cocarde et de l'Uni dans ces facultés lyonnaises sont très régulièrement agressifs. – Mais il y a aussi

8:59
Marion Maréchal

des groupes d'extrême droite qui sont constitués à Lyon et qui sont très actifs et qui sont violents eux aussi.

9:05
Invité

– Sauf que ce que je note une fois de plus, c'est que nous parlons là d'un meurtre qui a été commis par l'extrême gauche et que la plupart de temps, je suis désolée de vous le dire, les agressions qui remontent de l'actualité lyonnaise viennent bien souvent et bien plus souvent de l'extrême gauche.

9:19
Présentateur

– Emmanuel Macron a annoncé la tenue d'une réunion pour faire le point complet sur l'ensemble des groupes d'action violente qui sévissent et qui ont des liens avec les partis politiques, quels qu'ils soient. Qu'est-ce que vous en attendez de la part d'Emmanuel Macron du gouvernement ?

9:29
Invité

– Écoutez, moi, je n'attends plus grand-chose à vrai dire d'Emmanuel Macron, mais j'ai envie de vous dire que la dialectique déjà me dérange parce qu'il y a aujourd'hui un seul camp politique qui a des liens structurels avec des milices violentes, c'est l'extrême gauche. Il n'y a pas d'équivalent. – Pas l'extrême droite. – Non, il n'y a pas d'équivalent du côté du camp national. À quel moment peut-on aujourd'hui reprocher des liens structurels entre, par exemple, le Rassemblement national et des groupuscules violents ? Il n'y en a pas. Les seuls aujourd'hui, le seul plus exactement qui a dit nous sommes liés et alliés à la jeune garde, il l'a dit dans un meeting, c'est Jean-Luc Mélenchon.

Le seul qui aujourd'hui, sans ambiguïté, appelle à la violence dans ces meetings, Jean-Luc Mélenchon, là encore à Marseille, en parlant de méthode impactante, je cite, c'est Jean-Luc Mélenchon. Les seuls qui aujourd'hui acceptent qu'il y ait dans leur groupe le chef fondateur de la jeune garde, Raphaël Arnault, qui lui-même a été condamné pour violence en amont de son investiture, c'est aujourd'hui la France insoumise et qui n'en démore pas puisque à l'heure où je vous parle, Mathilde Panot et tout l'État-major continuent de défendre cette jeune garde.

Mais j'ai envie de vous dire, excusez-moi, je tire un peu le fil, je ne voudrais pas non plus laisser entendre que la défense de la violence d'escrème gauche ne vient que de la France insoumise parce que je rappelle que l'EPS, dans son accord électoral en 2024, lui aussi a été soutenu par la jeune garde et que je n'oublie pas, moi, que durant les années de plomb, 70-80, dont nous parlions tout à l'heure, la doctrine bitéran a permis que nous accueillions en France, protégions en France un certain nombre de terroristes d'extrême gauche, notamment des brigades rouges, tout à fait.

11:00
Marion Maréchal

– Ce qu'a reproché Georgia Meloni à Emmanuel Macron.

11:03
Invité

– Exactement, que la France a refusé d'extrader et je n'oublie pas non plus qu'un certain François Hollande était allé en prison et bien visiter Cesare Battisti qui, là encore, était un terroriste d'extrême gauche qui avait tué 4 personnes.

11:15
Présentateur

– Puisqu'on parle de Georgia Meloni, votre alliée, elle a qualifié ce meurtre de blessure pour toute l'Europe. Est-ce qu'Emmanuel Macron a eu raison de lui répondre que chacun reste chez soi, les moutons seront bien gardés ?

11:23
Invité

– D'ailleurs, les moutons, c'est nous, du coup, parce que, excusez-moi, je trouve l'expression quand même très malheureuse. – Okilaita ? – Il a eu totalement tort pour une raison simple, c'est que Georgia Meloni, elle a fait un mot de compassion, voilà, et je trouve que c'était un mot de compassion bienvenu, d'apaisement. – Mais il n'a pas raison de dire que chacun s'occupe de ses gens-là ?

– Je trouve qu'Emmanuel Macron est assez mal placé, on va dire, en plus pour faire ce genre de leçons, lui qui est quand même toujours si enclin à donner des leçons à la Terre entière et en premier lieu à Georgia Meloni puisqu'à peine avait-elle été élue, souvenez-vous, qu'il avait déclaré qu'il veillerait à ce que l'état de droit soit bien respecté en Italie, je pense en termes d'ingérence, voilà.

Maintenant, une fois de plus, j'y reviens, ça résonne de manière particulière en Italie puisque, je viens de vous le citer, ils ont connu de très graves périodes avec plusieurs centaines de morts, d'affrontements justement entre l'extrême-gauche et justement l'extrême-droite et que de ce point de vue-là, quand elle sait la mensuétude que la France a eue vis-à-vis de ses terroristes d'extrême-gauche, pour elle, bien sûr, ça résonne de manière particulière.

12:20
Présentateur

– Donc là-dessus, vous donnez tort à Emmanuel Macron ?

12:22
Invité

– Évidemment, je donne tort à Emmanuel Macron quand je vois même qu'aujourd'hui, il convoque l'ambassadeur américain qui, lui aussi, a fait un mot de compassion alors qu'il est à genoux devant le gouvernement algérien qui nous insulte matin, midi et soir qui a encore un otage français en détention sur ses terres. Je n'ai pas vu la même intransigeance de la part de notre gouvernement. – Donc la France a tort de convoquer l'ambassadeur américain ? – Je pense que c'est totalement excessif et je pense qu'aujourd'hui, Emmanuel Macron, en fait, instrumentalise la mort de Quentin pour pouvoir régler des comptes sur le plan international.

Il parle d'international réactionnaire et donc j'imagine qu'à travers cela, il essaye de se positionner en chef du camp progressiste. Je note d'ailleurs qu'il ouvre une crise diplomatique puisque sachez qu'il ne s'était pas rendu, c'était l'un des rares chefs d'État à ne pas s'être rendu à l'ouverture des JO d'hiver. Monsieur Lecornu, Premier ministre, a annulé sa présence à la cérémonie de fermeture, de clôture des JO d'hiver et on apprend que le sommet franco-italien initialement prévu en avril a été décalé. Fallait-il vraiment, objectivement, ouvrir cette crise alors qu'on sait qu'aujourd'hui, l'Italie se rapproche de l'Allemagne au détriment d'une alliance avec la France ?

C'est très regrettable pour l'influence française en Europe.

13:25
Présentateur

– On va parler de votre livre, vous le publiez, « Si tu te sens Le Pen », c'est aux éditions Fallard, « Si tu te sens Le Pen », ce sont les mots de Jean-Marie Le Pen pour vous convaincre d'aller aux législatives en 2012. C'est un livre où s'entremêle votre histoire personnelle, familiale, politique. Est-ce qu'aujourd'hui, vous regrettez la rupture politique avec le Rassemblement national ? Vous la qualifiez de douloureuse ?

13:44
Invité

– Alors, moi, j'ai arrêté la politique en 2017, je le raconte dans le livre, donc j'arrête totalement la politique et à ce moment-là, en effet, je m'éloigne du Rassemblement national, j'ai des désaccords stratégiques, idéologiques sur lesquels je reviens, ce qui ne m'empêche pas aujourd'hui d'ailleurs d'être leur allié, mais c'est vrai que je n'ai pas de regrets en ce sens que ma position aujourd'hui me permet de défendre pleinement la ligne à laquelle je crois, qui est une ligne que certains qualifieront de peut-être plus libérale, par exemple sur les questions économiques, et que moi, je trouve au contraire utile que nous avancions vers 2027 dans une logique d'équipe, avec différents alliés, différentes sensibilités, qui chacun apporte une forme de complémentarité et qui permettent de rassembler un maximum de Français, puisqu'aucun parti politique, l'histoire nous le démonte, ne peut gagner seul.

14:27
Présentateur

Mais ce n'est pas anodin si vous reparlez du nom Le Pen et vous parlez beaucoup dans ce livre de votre nom, des conséquences que ça a eues sur votre vie, c'est toujours un Le Pen qui a été candidat à la présidentielle, il peut vraiment en être ottoman en 2027 ?

14:40
Invité

Écoutez, je ne sais pas ce qu'il adviendra de la décision judiciaire, j'espère évidemment, je continue d'espérer que Marine Le Pen pourra se présenter, mais si par malheur la décision confirmait l'inégibilité, le candidat naturel, on va dire, du camp national serait évidemment Jordan Bardella. Et pas vous ?

Non, parce que de fait, aujourd'hui, le RN est la force motrice et principale du camp national, les Français en ont décidé ainsi, donc il faut évidemment, de ce point de vue-là, respecter, on va dire, ce rapport de force, et le tout étant que Jordan Bardella, évidemment, construise l'équipe la plus large possible, et j'espère que nous trouverons même un chemin pour travailler avec une partie des Républicains, parce que je crois que, justement, on parlait de Georgia Meloni, l'exemple du succès italien, c'est d'abord l'exemple d'une méthode de gouvernement qui est celui d'un rassemblement des droits le plus large possible. Dans ce livre, juste pour faire le lien

15:28
Présentateur

peut-être avec Jordan Bardella, vous allez nous dire, vous parlez du fait qu'au moment où vous vous engagez en politique, vous étiez très jeune, que le jeunisme, c'est pas votre truc, qu'il faut avoir été au contact de la vie, j'avais été si peu expérimentée qu'il me semblait ne rien avoir vécu du tout, et vous dites qu'il faut réserver l'accès à certaines fonctions aux personnes ayant un âge raisonnable. Pardon, mais c'est quand même l'une des principales critiques qui est faite à Jordan Bardella. On peut être président de la République quand on a 30 ans ?

15:55
Invité

Oui, je le crois, si on se donne justement les moyens d'être entouré des personnes expérimentées qui viennent compléter peut-être les lacunes que nous pouvons avoir et que nous avons tous. Cette remarque, d'ailleurs, que je fais, ne s'adresse pas du tout à Jordan Bardella, elle s'adresse aussi à moi.

C'était une remarque plus générale sur le rajeunissement de la vie politique et qui d'ailleurs était surtout une mode au moment où Emmanuel Macron est arrivé aux affaires et dont on a vu les limites, pas tant d'ailleurs parce qu'Emmanuel Macron était jeune, mais parce qu'Emmanuel Macron a eu une pratique du pouvoir qui était une pratique très solitaire et très narcissique, disons-le, et qu'il n'a pas justement su s'entourer d'une équipe capable, complétante et complémentaire.

Je pense que Jordan Bardella a parfaitement conscience justement de la responsabilité qu'il a sur les épaules et le fait qu'aujourd'hui, je travaille avec lui, aux côtés d'Éric Ciotti et aux côtés d'autres personnalités, est la démonstration qu'il est dans cet état d'esprit de rassemblement.

16:42
Présentateur

Et vous n'avez pas, vous remettez le nom Le Pen, vous l'avez abandonné, là dans ce livre, vous le remettez, il n'y a aucun signal politique ?

16:52
Invité

Non, écoutez, en fait, comme vous l'avez dit, ce titre, c'est simplement la dernière phrase de la lettre que m'adresse mon grand-père en 2012. Bon, moi, de toute façon, mon nom civil, vous le savez, est Marion Maréchal, mais je n'ai jamais eu de problème à ce qu'on puisse m'appeler Marion Maréchal Le Pen. Enfin, je veux dire, ça fait partie de moi, je reviens sur l'histoire d'ailleurs de ce nom. Et c'est même comme ça que vous avez commencé la politique ? Et c'est comme ça que je commence la politique, je reviens sur l'histoire singulière de ce nom.

17:10
Présentateur

Ce nom, il est plus qu'un patronyme, il est aussi un signal de votre histoire politique et de votre trajectoire politique.

17:14
Invité

Mais de toute façon, de fait, je veux dire ça, les Français le savent bien et c'est ce que je raconte aussi dans le livre. Moi, je m'inscris quand même dans une histoire qui est une histoire à la fois familiale et politique. Ce serait ridicule de le nier, avec toute d'ailleurs sa complexité, parfois c'est rupture, parfois j'y reviens d'ailleurs. Et en même temps, disons-le, son fil directeur, parce que le fil directeur, finalement, ce que je veux dire à travers Situ de Saint-Le Pen, et c'est ce que vous l'avez dit d'ailleurs à mon grand-père, c'était une forme d'attitude.

Et cette attitude qui continue personnellement moi de m'animer, qui était l'idée, évidemment, de refuser les modes et les conventions du moment, de toujours regarder loin dans l'histoire, de ne pas être terrifié par le politiquement correct et puis surtout de toujours avoir à cœur la défense des intérêts de la France et des Français.

17:52
Présentateur

– Et on sent aussi dans ce livre, et vous le racontez, que vous avez beaucoup d'affection pour votre tante et que c'est la politique, finalement, qui vous a éloignée. Marine et moi, qui étions si proches avant la politique, avons vu notre relation se figer dans la distance et l'incompréhension.

18:08
Invité

– Oui, je reviens à ce moment-là sur l'épisode, on va dire, pré-2017, où j'ai un certain nombre de différents, en effet, politiques qui deviennent des différents humains, puisque c'est vrai que notre famille est une famille publique.

Donc dès que tout devient public, tout s'embrase de manière plus rapide et je raconte d'ailleurs y compris la réconciliation que j'ai eue avec Marine Le Pen et aujourd'hui d'ailleurs une relation qui est apaisée, qui est complémentaire, qui est constructive et avec d'ailleurs le fait d'assumer totalement que nous ne soyons pas d'accord sur toutes les propositions mais finalement que nous sommes d'accord sur l'essentiel, l'essentiel étant bien sûr d'abord et avant tout la défense de la souveraineté et de l'identité française et c'est pour ça que moi j'essaye, en tout cas je me donne pour mission, c'est ce que j'explique dans ce livre, d'essayer aussi d'être le trait d'union avec toute cette droite qui pour l'instant n'a pas encore choisi les alliances avec le camp national mais dont je ne désespère pas que d'ici 2027, je pense notamment évidemment aux Républicains, eh bien ils revoient leurs alliances pour ne plus se fondre dans la Macronie mais se tourner vers des partis qui sont plus proches de l'éducation.

– Ça n'a pas commencé au municipal ? – On verra au second tour, peut-être aurons-nous des surprises au second tour sur les configurations. – Vous pourriez être

19:08
Marion Maréchal

la candidate qui incarne cette union des droites en 2027, dès 2027 ?

19:13
Invité

– Non, écoutez, comme je vous l'ai dit, ce n'est pas un livre de candidature et là-dessus il n'y a pas d'ambiguïté puisque…

19:17
Marion Maréchal

– Non mais ça ne vous travaille pas un peu quand même ?

19:19
Invité

– Non, ça ne me travaille pas pour une raison simple, c'est que tout ça je ne le fais pas par ambition personnelle ou par recherche d'impôt. Ce que j'explique dans ce livre c'est que je défends une vision qui est globalement la même depuis 15 ans et que tout mon objectif c'est que cette vision pèse, compte, influe dans la grande coalition qui demain, je l'espère, arrivera au pouvoir pour changer les choses parce que c'est ça en fait l'enjeu principal après pas moins de deux mandats d'Emmanuel Macron.

19:41
Marion Maréchal

– Et sur les municipales donc l'identité, liberté, votre parti, est-ce qu'il présente des candidats municipaux ? Est-ce que vous avez des listes complètes dans certaines villes ? – Alors, nous sommes

19:49
Invité

systématiquement dans des listes de rassemblement

19:51
Marion Maréchal

précisément avec

19:52
Invité

le Rassemblement national et l'UDR partout où ça a été possible donc soit des colistiers soit des têtes de liste et donc nous sommes toujours dans une logique de rassemblement avec bon espoir d'ailleurs dans un certain nombre d'endroits de pouvoir l'emporter ou en tout cas un minima d'avoir des conseillers municipaux et peut-être de futurs adjoints.

20:10
Marion Maréchal

– Et vous soutenez des candidats du RN ou des listes RN dans différentes villes ? C'est le cas à Ajaccio par exemple où vous soutenez la liste de François Filoni ?

20:17
Invité

– Exactement.

20:18
Marion Maréchal

– C'est les soutiens à un sens unique ou il y a une équivalence ? Est-ce que le RN soutient vos candidats aussi et soutient votre parti ?

20:25
Invité

– Bien sûr, bien sûr. C'est le cas si je devais vous donner un exemple à Cambrai par exemple. À Cambrai, nous avons un candidat qui est identité-liberté qui est soutenu par le Rassemblement national. Nous avons une liste par exemple commune IDL RN à Vannes et nous avons beaucoup de nos candidats qui sont placés sur des listes RN et qui donc seront élus aux côtés du RN. – Donc il y a un vrai

20:45
Marion Maréchal

rapprochement aujourd'hui.

20:46
Présentateur

– Tout à fait. Un dernier mot Mario Maréchal puisqu'on va retourner au Salon de l'agriculture qui s'est ouvert samedi. Le Mercosur a été signé par l'Union européenne malgré l'opposition de la France. Le Parlement européen dont vous faites partie a voté pour saisir la justice européenne. Est-ce que comme la ministre de l'agriculture vous craignez que ce Mercosur entre en vigueur malgré ce vote du Parlement ?

21:04
Invité

– Je fais plus que le craindre puisque la déclaration du commissaire européen au commerce extérieur est sans ambiguïté puisqu'il a l'air de dire que de toute façon il n'attendrait pas la décision de la Cour de justice de l'Union européenne pour appliquer de manière provisoire. Donc c'est un véritable passage en force. Ça dit beaucoup d'ailleurs du recul de l'influence française quand on sait qu'on est la première puissance agricole d'Europe.

Le fait qu'on puisse ainsi outrepasser la voie de la France doit nous interpeller dans les années à venir sur la capacité justement à reprendre du pouvoir et à reconstituer des alliances et c'est pour ça que j'appelle de mes voeux et j'espère qu'on sera en capacité de le faire demain un couple franco-italien qui permettra, je l'espère, là précisément de défendre nos intérêts agricoles notamment. – Qui doit être le nouveau couple franco-allemand ? – Je pense, oui. Je pense que ce sera un moteur plus cohérent, plus efficace et plus respectueux des intérêts français.

21:50
Présentateur

– Merci Marion Maréchal. Merci beaucoup d'avoir été notre invitée. Je rappelle le titre de votre livre « Si tu te sens le peine » c'est aux éditions Fayard. – Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat. – Sous-titrage Société Radio-Canada

Marion Maréchal : « Le seul qui appelle sans ambiguïté à la violence, c’est Mélenchon » — Marion Maréchal · Pourquijevote