Yannick Jadot : "On a tous dans nos familles une Greta Thunberg qui nous rappelle nos responsabilités"
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Invité du Grand Entretien ce matin, il siège dans le groupe Vert au Parlement de Strasbourg, député européen. Il conduisait la liste d'Europe Ecologie Les Verts aux dernières élections européennes. Vos questions, vos interventions, chers auditeurs, dans une dizaine de minutes au 01 45 24 7000 ou sur l'application mobile France Inter. Bonjour Yannick Jadot. Bonjour. Et merci d'être avec nous ce matin. Beaucoup de questions à vous poser. Partons d'abord de ce constat, un nouveau signe de l'accélération du réchauffement climatique. C'était cette semaine et l'on apprenait que l'année 2019 avait été la deuxième année la plus chaude depuis le début des mesures en 1850.
C'est ce qu'annonçait mercredi l'organisation météorologique mondiale qui redoute une multiplication des épisodes extrêmes comme ces incendies, ces méga-feux qui ravagent l'Australie. Qu'est-ce que ça vous inspire ? Tout simplement ce constat-là, 2019, deuxième année la plus chaude de l'histoire et un scénario qui se répète, des nouvelles qui reviennent, qui reviennent, qui reviennent.
Nous sommes à un degré de réchauffement climatique par rapport à l'ère pré-industrielle. C'est comme ça qu'on compte le réchauffement. Et on voit déjà avec ces un degré de réchauffement climatique les catastrophes. Les catastrophes, on est effaré. On est effaré. Le dérèglement climatique, c'est évidemment de la science, mais c'est tous les jours à la télé. Tous les jours, les feux. Tous les jours, les inondations. sur l'année dernière, on est sur 7 millions de déplacés climatiques. 7 millions de déplacés climatiques. Donc, la catastrophe potentielle est là. Mais le sujet, ça n'est pas de pleurer seulement. C'est de faire comme les pompiers d'Australie. C'est d'être au combat.
C'est d'être au front. Et l'extraordinaire bonne nouvelle autour de ce monde percuté par le dérèglement climatique, la bonne nouvelle, c'est qu'on peut gagner la bataille du climat.
C'est ce que vous retenez, par exemple, de ce méga-feu en Australie, Yannick Jadot. Ce n'est pas au contraire l'impuissance des hommes face à ce dérèglement climatique, malgré le courage inouï des pompiers australiens qui ont tout fait pour essayer d'éteindre les feux.
Il est évident que quand on a des méga-feux de cette ampleur, quand on a des vagues submersions, quand on a les inondations, quand ça nous tombe dessus, à ce moment-là, on subit. On se défend et on subit. Mais en Australie même, depuis des années et des années, les scientifiques, les experts de la protection, alertaient sur le fait que l'Australie n'était pas préparée à ces méga-feux. Nous alertons tous depuis des années sur le fait que le choix australien de faire du charbon l'alpha et l'oméga de sa politique énergétique était une absolue catastrophe. Nous alertons tous les jours sur le fait que des entreprises européennes continuent à investir sur le charbon en Australie.
Donc on connaît la cause. On sait qu'il va falloir s'adapter. Mais je veux le dire aux auditrices, aux auditeurs, il n'y a pas de fatalité. Nous ne sommes pas condamnés à aller de 1, aujourd'hui où on voit les impacts terribles, 1 degré, à vers 3, 4 ou 5, où l'avenir ne serait plus bienveillant pour personne. Nous ne sommes pas condamnés. Nous sommes au contraire.
Vous ne croyez pas à l'idée de collapsologie, à l'idée d'effondrement, l'idée que la catastrophe a déjà commencé, que nous sommes entrés dans le temps de la fin et qu'il faut s'y préparer ?
Non, surtout pas. Je ne veux pas d'un discours politique qui nous paralyse.
Ah, ce n'est pas la même chose ? C'est une question de conviction personnelle ou est-ce que c'est une question de stratégie politique ? Il ne faut pas utiliser le catastrophisme comme arme
pour convaincre les électeurs ? Je sais toute la puissance, y compris de réflexion, de pensée, autour de la collapsologie, autour de l'effondrement. Je vois aussi beaucoup de jeunes, même dans cette génération climat qui se mobilise, de dire, nous, au jour d'aujourd'hui, on ne veut pas faire d'enfants. On ne veut pas faire d'enfants. C'est-à-dire qu'on est dans une telle crise de l'avenir que, finalement, la seule fin qu'on se raconte, c'est celle de l'effondrement et c'est celle de la fin de l'humanité. Mais qu'est-ce que vous leur dites à ces jeunes ?
Que, justement, la lutte contre le dérèglement climatique est une formidable occasion de nous réconcilier avec notre avenir, de s'offrir un avenir bienveillant. Quand on se bat pour un autre modèle agricole qui, au lieu de participer au dérèglement climatique, refroidit, c'est nos campagnes vivantes, c'est une meilleure alimentation, c'est la biodiversité protégée. Quand on se bat pour les énergies renouvelables, on a vu la chronique de Pierre Haski sur l'Iran, c'est se détacher du gaz et du pétrole de Poutine, de l'Iran, de l'Irak. Quand on se bat pour l'isolation des logements, et j'espère qu'on reviendra sur...
Je suis effaré que ce gouvernement recule sur l'isolation des logements, et bien c'est du pouvoir d'achat, c'est des artisans partout. Donc, le combat écolo, ce n'est pas simplement se réconcilier avec l'avenir, c'est avoir une société apaisée, une société de l'emploi et une société du partage.
N'appartient qu'aux écolo, Yannick Jadot, vous êtes député au Parlement européen, vous avez vu le projet de la présidente de la commission, Ursula von der Leyen, qui avait promis un Green Deal vert pour l'Union européenne, dès les premiers jours de son mandat, une nouvelle stratégie de croissance, avec une baisse des émissions de gaz à effet de serre, créer des emplois, comme vous le disiez à l'instant. Et Pascal Canfin, qui est lui élu au Parlement européen, mais sur la liste Renaissance, celle de La République En Marche, s'en félicite de ce Green New Deal.
Il disait que nous venons, je le cite, d'adopter au Parlement européen nos objectifs pour protéger la nature, 30% d'air protégé en Europe, un objectif européen contraignant de réduction des pesticides, une loi pour mettre fin à la déforestation importée via l'huile de palme, par exemple, hashtag biodiversité. Ça bouge, mais ça bouge grâce aux écolos
ou grâce aussi aux autres ? Mais ça bouge parce que les scientifiques alertent, ça bouge parce que les jeunes, on a tous dans notre famille une Greta Thunberg qui nous rappelle notre responsabilité. Et ça bouge parce que les écolos portent ces combats, portent les solutions, ont fait des bons résultats aux élections européennes et ça oblige tout le monde. Et c'est tant mieux. C'est ça, le cœur de notre combat. C'est de convaincre une majorité d'Européennes et d'Européens qu'un autre modèle est possible et qu'il est meilleur que l'actuel. La difficulté que nous avons avec la proposition européenne, c'est qu'effectivement, il y a un certain nombre d'objectifs.
Vous rappeliez la question de l'huile de palme, mais le gouvernement français est en train, en catimini, de redonner tous les avantages à Total pour pouvoir importer de l'huile de palme. On se bat sur les pesticides. Vous savez qu'on arrive dans six mois, au terme de l'engagement du président de la République, de sortir du glyphosate. On a fait plus de 25% l'année dernière. On n'est pas à deux doigts d'en sortir,
on continue à augmenter. Mais est-ce que c'est le président de la République qui est responsable de la hausse de la consommation de produits phytosanitaires par les agriculteurs ?
À partir du moment où vous promouvez en permanence un modèle agricole qui concentre, industrialise, fait de plus en plus de pesticides, à partir du moment où vous refusez de légiférer sur la réduction des pesticides, vous organisez. Vous savez, moi j'ai fait le grenelle de l'environnement en 2008. Avec Jean-Louis Borleau.
Et avec Jean-Louis Borleau qui était ministre de l'écologie.
On devait réduire de 50% l'usage des pesticides. On est à plus de 25%. Et il faut dire aux Français... Mais comment est-ce que c'est possible ? Parce que personne dans les gouvernements qui se sont succédés n'a voulu légiférer, n'a voulu imposer des contraintes. Vous avez des milliers de paysans qui tous les ans sortent des pesticides. Mais l'État ne récompense pas ces paysans qui veulent mieux faire. Mais pour revenir sur le Green Deal européen, j'ai produit avec Daniel Cohen, Laurence Tubiana, Dominique Méda et Guillaume Duval une proposition. Parce qu'il faut des moyens de dire 1% du PIB européen en investissement public.
On a 54 millions d'Européens qui vivent dans la précarité énergétique. isoler les logements. C'est créer en France 130 000 emplois. J'ai discuté avec la Fédération française du bâtiment. Ils sont prêts. Et ce gouvernement, de manière incompréhensible, incompréhensible, a réduit par deux le budget de l'isolation du logement. On emprunte à 30 ans, à 0% ou à des taux négatifs. C'est de l'investissement rentable. Vous avez vu Jean-Louis Borloo, on le citait, qui hurle parce que les gouvernements successifs ont tué les programmes de rénovation urbaine.
On a les moyens, ça crée de l'emploi et on a des gouvernements qui, par idéologie, ne veulent pas aider les Français, ne veulent pas réduire notre consommation d'énergie.
Et pourtant, c'était il y a quelques jours, Yannick Jadot, le Premier ministre Edouard Philippe avait détaillé le calendrier des mesures écologiques pour les six prochains mois, à la mise en œuvre du plan climat. Pour vous, ce sont des mots ? Parole, parole, parole ?
Mais le Haut Conseil installé par ce gouvernement, par le Président de la République, sur le climat, dit lui-même que la France ne respecte pas l'accord de Paris, qu'il faudrait faire trois à cinq fois plus. Moi, ce qui me... Là encore, où je suis d'une frustration extraordinaire, c'est que les entreprises sont prêtes. On a parmi les meilleurs ingénieurs du monde. La société est prête. Moi, je suis étonné... Vous en êtes sûr ? Mais oui, je suis étonné tous les jours de voir à quel point les Français sont prêts ou font déjà des efforts. Et je suis fier d'eux.
Là où j'ai un problème, c'est que finalement, ce gouvernement préfère soutenir Monsanto et la direction de la FNSEA contre les paysans, préfère soutenir... On continue à donner deux fois plus d'argent public pour les énergies fossiles que pour les énergies renouvelables. On ne se donne pas les moyens pour que chaque Français vive dans un logement qui soit plus sobre en énergie et donc qui coûte moins cher, qu'il y ait des artisans sur tous nos territoires, y compris dans les territoires où il manque tellement d'emplois.
Mais ça, ce sont des propositions consensuelles. Est-ce que vous seriez prêt, par exemple, aujourd'hui, à dire aux Français, Yannick Jadot, essayer de réduire votre consommation d'Internet ? Ne regardez plus de séries en streaming, n'utilisez plus autant le cloud.
Moi, je n'ai jamais été pour une écologie qui dit vous prenez une douche froide par semaine dans le noir.
Non, mais là, on ne parle pas de douche froide, on parle de réduire sa consommation d'Internet. Personne n'en parle de ce sujet-là dans la classe politique.
Mais moi, je veux qu'on contraigne tous les acteurs du numérique à passer sur le 100% renouvelable. C'est essentiel. Mais comprenez bien que moi, je ne veux pas culpabiliser les Français. Chacun fait des efforts. Mais quand c'est le gouvernement qui refuse d'investir pour réduire nos consommations d'énergie, je dis que c'est une faute grave, que c'est coupable quand le logement, c'est 40% de nos consommations d'énergie, 25% de nos émissions de gaz à effet de serre. Je ne me satisfais pas, je ne me résigne pas à ce qu'il y ait dans notre pays de plus en plus de précaires énergétiques. C'est encore ce qu'a dit l'ADEME il y a quelques semaines.
Avant de donner la parole aux auditeurs de France Inter, Yannick Jadot, quel regard portez-vous sur la Convention sur le climat, cette expérience démocratique assez inédite avec ces 150 citoyens tirés au sort et qui sont censés représenter la société française pour dessiner l'avenir climatique, essayer de prendre les bonnes décisions, celles qui permettront de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de limiter également les émissions de ce qui produit le... Je vais y arriver, ce n'est pas évident à dire. Ils veulent plus d'écologie. Ils veulent plus d'écologie. Mais comment on lutte contre le réchauffement climatique ?
Est-ce que ça passe par là, par la démocratie et cette expérience-là ?
Écoutez, si le président de la République, après presque trois ans d'exercice, voit enfin la lumière verte avec ses citoyens, je ne peux que m'en réjouir. C'est extraordinaire la façon dont ils s'emparent des sujets. Mais il y a une chose. Un, ça fait trois ans qu'on n'agit pas ou qu'on recule. On pourrait parler, je l'ai dit, des pesticides, on peut parler de l'huile de palme, on peut parler des accords de libre-échange, on peut parler de la transition énergétique, de tous ces sujets-là. Et il va falloir agir.
Donc si le président de la République est sincère, et je n'imagine pas qu'il ne soit pas sincère vis-à-vis de ses citoyens, qu'il reprend leur proposition, et qu'il commence à agir, tant mieux, parce qu'on a déjà perdu trois ans et qu'on ne peut plus perdre de temps.
Il y a une échéance qui arrive évidemment, celle des municipales. On va en parler, on va parler de la situation politique et de votre stratégie, celle d'Europe Écologie Les Verts. Yannick Jadot, au standard, Mathieu souhaite vous poser une question. Bonjour Mathieu et bienvenue sur France Inter.
Oui, bonjour M. Jadot. Bonjour. Oui, alors à Marseille, pour les municipales, il y a un formidable mouvement d'union de la gauche qui se met en place. Ça s'appelle le Printemps Marseillais et réunit Europe Écologie Les Verts et tous les autres partis de gauche ainsi que les citoyens en parité. Et donc malheureusement, il y a une autre branche de l'Europe Écologie Les Verts avec M. Sébastien Barle qui décide de partir tout seul et qui met en péril donc ces chances de la gauche de voir enfin la victoire de l'écologie et du social. Alors pourquoi Europe Écologie Les Verts ?
Voilà, au lieu de s'unir, d'oublier un peu ses intérêts personnels et de contribuer enfin au changement à Marseille suite à 20 ans de gestion calamiteuse de Jean-Claude Godin. Donc pourquoi Europe Écologie Les Verts risque que ce bel élan ne fonctionne pas ?
Yannick Jadot, vous répond Mathieu. Il y a beaucoup de questions sur Marseille.
Parce qu'à Marseille comme ailleurs, nous avons choisi de mettre l'écologie au cœur de notre projet politique. Vous savez, je l'ai dit, comme tout le monde, je suis extrêmement inquiet des tensions, de la brutalité, de la violence, de la division qu'il y a dans notre société. Le projet de l'écologie autour duquel nous rassemblons à Marseille comme ailleurs, c'est un projet d'apaisement. Ce sont les déplacements, le logement, toutes les pollutions qui n'ont jamais été traitées, particulièrement à Marseille, y compris par ceux qui ont déjà gouverné. Et donc, Europe Écologie Les Verts est au cœur d'un rassemblement citoyen à Marseille. Il y a cette liste d'union de la gauche.
Le mouvement est séparé en deux.
Non, non, non, attendez. C'est ce que disait Mathieu ? Oui, mais enfin, d'accord, mais Mathieu, il défend sa liste, je le comprends parfaitement, mais Europe Écologie Les Verts, les écologistes, avec toutes les associations de protection de l'environnement, notamment, sont rassemblées à Marseille pour porter l'écologie. Et puis, il y a un premier tour et il y a un second tour dans une élection municipale. Mais vous savez, ce qui est extraordinaire... Il y en a même parfois un troisième comme à Paris. Absolument. Ce qui est extraordinaire dans cette élection municipale à Libadou, c'est que le paysage politique est en train de se recomposer.
C'est en train de se recomposer autour de l'écologie. Et c'est ça qui est intéressant. Oui, vous n'avez plus
le monopole du vert. Vous n'avez plus le monopole de l'écologie.
Ça veut dire que c'est partout. Oui, c'est partout. Mais après, moi j'entends bien parfois les promesses qui sont faites par des candidats ou des candidates sortantes qui disent Ah ben ça, oups, on l'a raté pendant les précédents mandats. On vous promet, on va le faire. Mais ce que je trouve extraordinaire, c'est qu'à l'échelle des municipales, nous sommes en train de créer une nouvelle espérance. Et je l'ai dit, c'est la capacité pour chacune, chacun à maîtriser sa vie, à maîtriser son village, à maîtriser sa ville. Et nous sommes au cœur de cette recomposition. Pas E.L.V. L'écologie est au cœur de cette recomposition.
Et c'est formidable. Malgré tout, vous appartenez à un parti, à une formation politique qui pense aujourd'hui que le clivage droite-gauche n'est pas forcément dépassé. C'est une formation qui se revendique encore de gauche. On l'a vu à Paris. C'est très difficile de convaincre vos camarades d'Europe Écologie Les Verts qu'il faut être pragmatique. On vous accuse même d'être opportuniste face aux élections municipales.
Mais c'est quand même extraordinaire. Avec qui ne ferez-vous jamais alliance Yannick Jadot ? On ne peut pas en même temps regarder l'Australie et être tous abasourdis. On ne peut pas lire les rapports sur l'Arctique. On ne peut pas voir nos inondations, toutes nos villes qui ont subi les canicules l'été dernier et se dire ah ben finalement ce qui est opérant c'est le schéma politique du XXe siècle. Et bien moi je le dis. toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent aujourd'hui dans les propositions écologistes. Toutes celles qui veulent mettre ces enjeux essentiels de justice sociale.
Mais répondez à ma question avec qui ne ferez-vous jamais alliance ?
Ah ben là vous savez je pense que le 31 janvier prochain je serai à Perpignan pour un grand meeting autour du projet écologiste face au meeting de M. Alliot du Rassemblement National. Le grand combat aujourd'hui. Donc vous êtes prêt à vous allier
avec tout le monde sauf le RN.
Non ce que je veux dire c'est que le grand combat aujourd'hui on voit bien c'est le vote de haine le vote de repli ou le vote de solution le vote de coeur et moi je ne veux pas le vote de résignation qu'incarne aujourd'hui malheureusement les républicains et En Marche qui gouvernent ce pays.
Bonjour Sébastien bienvenue sur France Culte Inter votre question à Yannick Jadot.
Bonjour M. Jadot bonjour France Inter voilà moi je suis électeur socialiste j'ai 47 ans j'habite Caen j'ai voté Europe Écologie des Verts pour la première fois aux européennes puisque la situation politique pour la gauche est complètement à Tône j'ai pas envie d'avoir un duel à la présidentielle de 2022 entre M. Macron et Mme Le Pen et de revoter pour M. Macron par dépit ma question elle est simple M. Jadot est-ce que vous êtes prêt à vous présenter à la présidentielle de 2022 pour représenter la gauche question simple
réponse simple je serai à quand jeudi prochain justement c'est pas la question que vous pose Sébastien non mais c'est intéressant de dire que on est très actifs dans cette campagne où vous vous déplacez sur le terrain vous savez les écologistes respectent les électeurs ils respectent les échéances électorales l'échéance que nous avons devant nous elle est absolument essentielle c'est la vie locale c'est la vie quotidienne et beaucoup de françaises et de français ont des difficultés dans cette vie quotidienne dans cette vie locale donc nous devons faire de cette élection municipale une élection municipale
mais l'élection reine c'est la présidentielle
mais évidemment et je l'ai toujours dit moi je veux contribuer à ce qu'il y ait une alternative une alternance d'espoir donc vous serez candidat à la présidentielle qui réconcilie les français qui rassemblent non j'y participerai à cette dynamique là on n'est pas encore comme Marine Le Pen qui ne pense qu'à ça comme d'autres qui ne pensent qu'à ça Ségolène Royal est quasi candidate et ben elles font ce qu'elles veulent elles font ce qu'elles veulent mais Ségolène Royal elle est écologiste ?
moi moi mon sujet c'est que il y ait beaucoup d'élus écologistes et tous ceux qui se reconnaissent aujourd'hui dans l'écologie aux élections municipales est-ce qu'on peut à un moment s'intéresser une personne je sais mais est-ce qu'on peut à un moment s'intéresser
au quotidien et aux difficultés des françaises et des français c'est ce qu'on fait depuis le début de l'entretien mais en l'occurrence est-ce que Ségolène Royal qui est quasi candidate est écologiste ?
écoutez Ségolène Royal a une cohérence que parfois je pense qu'elle est la seule à comprendre dans le schéma politique moi vous savez j'ai vu les rapports scientifiques sur l'Arctique c'est des enjeux géopolitiques c'est des enjeux extrêmes en matière de climat si les glaciers du cercle polaire fondent c'est des mètres d'élévation du niveau de la mer des mètres d'élévation du niveau de la mer donc l'Arctique est un sujet trop important pour être instrumentalisé puisqu'elle était
ambassadeuriste des pôles pardon ? est-ce qu'elle n'est pas donc qualifiée puisqu'elle était ambassadeuriste des pôles
moi je n'ai pas vu la France ni Ségolène Royal ni le gouvernement français parce que le sujet c'est pas simplement Ségolène Royal le gouvernement français faire de l'Arctique un sujet international faire de l'Arctique un sujet européen quand les écosystèmes seront massacrés en Arctique nous en subirons des conséquences extraordinaires et je trouve que la façon dont cette fonction dont ce combat est aujourd'hui détourné par son ambassadrice comme par le pouvoir en place je trouve ça franchement scandaleux
un mot encore sur les stratégies et la recomposition politique lorsqu'on regarde en Europe lorsqu'on regarde l'Autriche par exemple où les Verts s'allient aux conservateurs lorsqu'on regarde l'Allemagne où les Verts pourraient s'allier eux aussi avec les conservateurs est-ce que vous vous dites c'est pas impensable aussi en France l'essentiel c'est d'y aller et c'est d'agir ?
j'ai beaucoup discuté avec mes collègues autrichiens de leur alliance avec les conservateurs qui est une alliance extrêmement difficile très dure pour eux parce que ce gouvernement veut continuer à avoir des positions inacceptables sur les migrants notamment et sur les réfugiés mais l'alternative à cette coalition avec les Verts c'était une coalition de nouveau avec l'extrême droite et potentiellement l'Autriche qui continue à glisser vers l'extrême droite et je dis que c'est pas simple depuis Paris de savoir s'il faut rester au fond dans son camp sur de ses valeurs de son programme ou s'affronter à la réalité qui est le glissement de la société vers l'extrême droite et je dis qu'ils ont du courage de le faire et vous savez nous le Front Républicain en France c'est le jour du vote après on laisse à d'autres et bien le Front Républicain dans un système parlementaire à la proportionnelle c'est de gérer et je trouve qu'ils ont du courage de le faire de prendre de leurs responsabilités et c'est pas moi qui vais les critiquer pour ça
D'un mot donc vous êtes candidat à la présidentielle si on a compris
je le dis en plaisantant
merci en tout cas Yannick Jadot
je suis candidat à ce que l'écologie gagne le maximum de villes pour améliorer la vie des français pour protéger notre environnement et qu'on ait une société un peu plus apaisée
merci Yannick Jadot d'avoir été l'invité de France Inter
Yannick Jadot