Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewEurope 1· 28 août 2025 11 min

MEDEF : Applaudi lors de son discours, Bruno Retailleau ne se tient «pas du tout comptable» du sur

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Europe 1 Soir, 19h21, Pierre de Villeneuve. Avec Jules Thores du GZD et Sébastien Ligné des Valeurs Actuelles, je voudrais qu'on écoute un extrait de ce débat qui a eu lieu entre les chefs de parti. C'est un peu la réunion des chefs de parti avant l'heure, puisqu'on rappelle que le Premier ministre les recevra à Matignon lundi. Mais ils étaient là, il y avait Jordan Bardella, il y avait Gabriel Attal, Bruno Retailleau, il y avait Marine Tondelier, il y avait M. Roussel, Fabien Roussel du Parti Communiste, Emmanuel Bompard, écoutez la prise de parole de Bruno Retailleau. Pourquoi est-ce que je diffuse Bruno Retailleau plutôt qu'un autre ?

Parce que ça a été le premier à être applaudi par le MEDEF.

0:41
Invité

Moi je pense qu'on est arrivé au bout d'un système. La question qui sera posée le 8 septembre, c'est pas de voter pour ou contre M. Bérou, ça n'est pas un référendum, c'est de partager un diagnostic. On ne peut plus vivre dans un système, et ce sera la rupture, qui est un système social-étatiste. Je me souviens de la phrase de Ronald Reagan que vous avez en mémoire, qui décrivait assez bien la situation française, il y a plus de 20 ans. Voilà, tout ce qui bouge, on le taxe, ce qui bouge encore, on le réglemente, et ce qui ne bouge plus du tout, on le subventionne. On en est là ! Donc il faudra impérativement... Il a le droit aux applaudissements.

...dire la vérité aux Français, sortir des boniments qu'on nous a racontés, et notamment la gauche, depuis des années. 1. Travaillez moins, vous vivrez mieux. 2. La dépense publique, c'est ce qui fait la qualité des services publics. Si c'était le cas, on serait à l'avant-garde du bonheur universel. Et 3. La dette, c'est pas un problème.

1:34
Bruno Retailleau

Bon, il a raison Bruno Retailleau. Bien sûr. Mais qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Le problème, c'est qu'il y a la réalité et il y a la capacité. C'est tout le problème que se pose François Bayrou, depuis qu'il a annoncé ce vote de confiance. D'abord, il y a la première des choses. Oui, le dérapage des comptes publics et des finances publiques est extrêmement dangereux. Oui, notre dette s'est beaucoup trop creusée, et il faut désormais la résorber. Oui, en 2029, on paiera 109 milliards d'intérêts seuls sur la dette, si les taux d'emprunt de la France n'augmentent pas considérablement.

Non, ça, c'est la réalité crue, personne ne peut le contester, à part les pires économistes d'extrême-gauche. Du reste, il y a ensuite la capacité. Est-ce que, oui ou non, on a la capacité à l'Assemblée nationale pour voter une telle réalité ? Bon, la réponse est non. On a en effet, Bruno Retailleau a raison, je ne souscris pas forcément à l'expression qu'il donne quand il dit le cartel du déni, en parlant des socio-étatistes, qu'ils soient de gauche, en parlant de la France insoumise, des écolos, et des communistes, et ceux de droite, en parlant du Rassemblement national.

Le problème étant qu'aujourd'hui, il y a plus de socio-étatistes, de personnes qui considèrent que la question de la dette n'est pas prioritaire à l'Assemblée nationale, que de personnes qui sont, à mon sens, beaucoup plus réalistes, qui veulent baisser drastiquement les finances publiques. C'est ça le problème. Et le problème étant qu'on a 577 députés, il ne vous a pas échappé que c'est les Français qui les élisent, et si les Français ont décidé de placer plus de socio-étatistes à l'Assemblée, eh bien, grand bien leur face, c'est leur problème.

3:00
Présentateur

Mais qui vous dit qu'on va passer à plus de socio-étatistes si jamais il y a des législatives anticipées après une dissolution ? Rien. Moi, je ne suis absolument pas Madame Soleil, donc je ne peux pas vous le dire. Je ne sais pas. Est-ce que François Bayrou, on va demander à l'écouter d'ailleurs, parce qu'effectivement, il a affirmé que tout pourrait basculer le 8 septembre, c'est-à-dire que la musique de François Bayrou, depuis qu'il fait son tour de France, c'est de dire, vous savez ce qu'il a dit il y a deux jours, il a dit je suis partisan de ceux qui disent non tout de suite et qui finissent par dire oui. C'est ce que moi j'appelle le non-Auvergne.

En Auvergne, quand vous posez quelqu'un à un Auvergne, n'importe quelle question, est-ce qu'il fait beau aujourd'hui ? Il vous répond non, et puis après il réfléchit. Et après on peut s'attendre à d'autres... Bon, en l'occurrence c'était un Bernet, mais voilà ce qu'il disait tout à l'heure. François Bayrou, on écoute. Il me semble que jour après jour, j'allais dire heure après heure, je plaide non pas pour sortir, mais pour qu'il y ait un accord du pays nécessaire, pour que le gouvernement puisse enfin continuer sa tâche et enfin entraîner le pays vers le redressement qu'il faut.

Et je suis persuadé que ces questions, elles commencent à travailler dans l'esprit de beaucoup de compatriotes, en tout cas qui m'écrivent et qui me le disent, en disant pour la première fois on dit la vérité, pour la première fois on va jusqu'à prendre des risques pour relever ce défi-là. Et je suis certain que tout peut bouger dans les 11 jours qui viennent. Voilà, tout peut bouger dans les 11 jours qui viennent, Sébastien Ligné, et puis en gros François Bayrou il dit mais laissez-moi continuer mon travail, qui est sur la bonne voie ? Oui, oui, bien sûr. Je l'imagine déjà, je trouve ça hallucinant, en plus que ça fonctionne.

Vous devriez dire oui, oui, bien sûr, c'est la marmotte qui met le chocolat dans le papier alu. Vous sentez ça dans votre esprit ? C'est un petit peu l'idée. Mais vous n'avez pas la ref, est-ce que vous êtes trop jeune ? Je suis trop jeune, trop jeune Pierre.

4:47
Invité

C'est-à-dire que plus c'est gros, plus ça passe. Non plus, vous ne savez pas.

4:50
Bruno Retailleau

Moi aussi j'adore le chocolat. Vous n'avez pas la ref de la pub, c'était la pub pour 1000K. Oui, c'est ça, 1000K, oui. Oui, c'est ça. Oui, c'est facile. Excusez-moi, vous devriez faire de la politique. Je fais des plateaux avec vous depuis un petit moment Pierre. Je l'ai déjà entendu. Vous voulez dire que le côté boomer a des teint sur vous ? Absolument pas. D'accord, c'est bien.

5:08
Présentateur

Alors, Sébastien Ligné, votre analyse politique, plus ça passe.

5:11
Invité

C'est-à-dire que se présenter, comme François Bayrou le fait maintenant depuis 4 jours, comme le chevalier blanc, le prophète, l'homme qui prêche dans le désert sur la dette, qui aurait eu la vérité avant tout le monde, qui aurait finalement été le seul à prévenir avant tout le monde du mur de la dette, c'est tellement ahurissant politiquement. Mais personne ne l'écoutait.

5:29
Présentateur

On peut avoir l'opinion qu'on veut sur François Bayrou, le fait qu'il travaille sur la problématique de la dette, ça c'est vrai.

5:34
Invité

Depuis 2007. D'accord, sauf que quand Nicolas Sarkozy propose un budget qui enlève 150 000 fonctionnaires, il vote contre, en l'occurrence, en 2007. Donc il n'a pas toujours suivi sa parole. Et puis pardon, il a quand même accompagné Emmanuel Macron depuis 2017. Certains diront même qu'il a fait élire Emmanuel Macron en 2017. Le même Emmanuel Macron qui a présenté des budgets successifs qui ont entraîné un budget déficitaire de l'ordre de plus d'un milliard d'euros en 8 ans. François Bayrou a adhéré. 1 000 milliards. 1 000 milliards, pardon. C'est vrai qu'un milliard, c'est vrai.

1 000 milliards en 8 ans, il a adhéré à chacun de ces budgets qui a été proposé par les gouvernements d'Emmanuel Macron. Donc c'est la dernière personne qui peut se présenter comme le chevalier blanc. C'est trop facile.

6:15
Présentateur

Alors sur la dette, qu'est-ce que vous répondez à Emmanuel Macron qui, dans l'excellent JD News, rappelle que, par exemple, 1 000 milliards, c'est 1,7 point de PIB. C'est ça, c'est ce qu'il dit. Il dit qu'aux d'autres, alors, il cite Mitterrand, Chirac, etc. Il cite Sarkozy, plus 5,3% de points de PIB. Qu'est-ce qu'on fait là ? C'est-à-dire qu'il y a eu la crise de 2008. Elle était quand même considérable. La France a réussi à la contenir. Sans doute, il a fallu mettre beaucoup d'argent. Mais voilà, ça veut dire quoi ? Il est malade de comparer les...

6:47
Invité

Non, mais il falsifie un petit peu. Il prend simplement les chiffres qu'il arrange. C'est-à-dire qu'évidemment que si on prend la séquence 2017 jusqu'au Covid, le budget est assez tenu. Et ensuite, il y a un dérapage total au moment du Covid, qui est un dérapage qu'on a vu dans tous les pays d'Europe. La grande différence entre nous et le reste des pays d'Europe, c'est qu'après le Covid, il y a eu une reprise en main totale de la plupart des budgets européens. Les seuls ou presque qui ont suivi une trajectoire haussière, dépensière depuis le Covid, c'est la France.

Donc si vous prenez depuis le Covid à aujourd'hui, vous verrez qu'en termes de points de pipe, ce n'est pas du tout la même histoire. Donc en fait, le dérapage excessif... On le juge sur 8 années, on ne va pas le juger que sur les 5 dernières années. Mais si après le Covid, on avait fait comme l'Italie, on avait fait comme l'Allemagne, on avait fait comme l'Espagne, on avait fait comme le Portugal, on s'était repris en main sans l'intervention du FMI, la discussion aujourd'hui ne serait pas la même.

Le problème, c'est qu'on a continué, parfois même en allant jusqu'à falsifier des chiffres, et en mentant, parce que c'est aussi ça le problème, c'est qu'on nous a menti sur les projections économiques et budgétaires de la France. C'est quand même une affaire de l'État qui est un petit peu passée...

7:48
Présentateur

On se souvient du OX de Bercy, c'était quoi ?

7:50
Bruno Retailleau

C'était l'été 2024, c'est ça ?

Mais moi j'ai quand même l'impression, et je suis plutôt partisan de ce qu'a dit François-Olivier Gézbert hier, il n'y a personne dans la classe politique, sur Europe Parisier News, il n'y a personne dans la classe politique aujourd'hui qui peut donner des leçons sur la dette, parce que, parlons-en du quoi qu'il en coûte, tous les partis politiques, il était favorable de Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen, personne n'a demandé à ce qu'on arrête le quoi qu'il en coûte, personne n'était opposé sur les batailles de télévision, c'est aussi ce que dit Emmanuel Macron, le problème c'est qu'il le dit tout en essayant évidemment de se justifier, parce que sur les 1200 milliards de dettes qui ont été creusées, il n'y en a que 300 qui sont allouables, tout le monde vous dit 700, alors qu'en réalité c'est 300, et c'est ensuite la prolongation...

8:35
Présentateur

Vous êtes témoin, quand il y en a un qui dit 700, on lui referme le claquette.

8:41
Bruno Retailleau

Je vous les redonne. On est à 300 maximum. Donc à un moment donné, personne ne peut donner des leçons de dettes, et là je suis d'accord avec Sébastien sur la question de François Bayrou, il est certes prophète sur cette question-là, il en parle non pas dès 2007 mais dès 2002, le problème c'est qu'ensuite il a un bilan sous Nicolas Sarkozy, en appelant à voter M. Hollande, et ensuite en validant et en votant même tous les budgets d'Emmanuel Macron.

Donc voilà, le débat est vicié depuis le début, on sait très bien que de toute manière ce budget n'était pas un bon budget, qu'il y avait mieux à faire, qu'en effet il est réaliste, mais quand vous proposez un budget soi-disant révolutionnaire, et que la principale mesure c'est la question des jours fériés,

9:18
Présentateur

ça ne fait pas avancer le chemin de blic. Je voudrais qu'on écoute Manuel Valls, le ministre des Outre-mer numéro 3 du gouvernement. Le 8 septembre prochain se joue l'avenir du gouvernement Bayrou. Que pense Manuel Valls de cette échéance ? Il était ce matin l'invité de Sonia Mabrouk sur ces news et sur RAP.

9:35
Invité

Nous ne soyons pas hypocrites. Ce qui peut se jouer le 8 septembre prochain allait se jouer de toute façon à l'occasion du débat budgétaire à travers un 49-3, une motion de censure, et donc tout le monde se prépare à une nouvelle crise. Mais je crois que l'essentiel n'est pas là. L'essentiel c'est comment nous réussissons à stabiliser le pays qui fait face, comme beaucoup de démocratie d'ailleurs, à une véritable crise démocratique qui peut chez nous se transformer en crise de régime.

Et nous faisons face à une crise des finances publiques avec un niveau de dette et un niveau de déficit public, ce que dit le Premier ministre avec beaucoup de courage depuis plusieurs mois et n'est pas entendu. Comment faisons-nous face à cela ?

10:17
Présentateur

Sébastien Ligné et Jules Thorez, vous commenterez cette phrase de Manuel Valls juste après la pause publicitaire. Et l'occasion pour moi de vous dire que c'est le retour de la grande famille d'Europe 1 pour cette grande rentrée. Ça bouge le matin, la semaine, vous retrouvez désormais Pascal Praud de 16h à 18h. Elliot Deval vous attend le vendredi de 11h30 à 13h. Le week-end, samedi et dimanche, dès 11h. Elliot Deval vous invite à débattre en direct avec ses chroniqueurs, ses invités sur tous les sujets d'actualité. Elliot Deval et vous, 11h30 à 13h le vendredi et de 11h à 13h le week-end sur Europe 1, la radio libre. A tout de suite avec Jules Thorez, Sébastien Ligné dans Repassoir.

MEDEF : Applaudi lors de son discours, Bruno Retailleau ne se tient «pas du tout comptable» du sur — Bruno Retailleau · Pourquijevote