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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 5 février 2020 26 min

Municipales, congé après la perte d'un enfant, suspense autour du sort de la patronne d'Engie : le "8h30 franceinfo" de Yannick Jadot

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:06
Présentateur

Bonjour Yannick Jadot. La majorité macroniste est sous tension ces derniers jours depuis que les députés En Marche ont rejeté la semaine dernière une proposition de loi qui prévoyait d'allonger le congé accordé aux parents qui perdent un enfant. Hier le Premier ministre a tapé du poing sur la table. Est-ce que pour vous l'incident est clos ?

0:21
Yannick Jadot

J'espère que l'Assemblée nationale et le Sénat adopteront évidemment la proposition de loi initiale, voire faire mieux, et qu'on sorte totalement d'une polémique qui à la fois a révélé le manque d'humanité, puisque ce sont les mots même du Président de la République, de ce gouvernement, cette façon de penser la politique sans bienveillance, sans empathie, je pense que ça commence à faire beaucoup en fait.

C'est un drame terrible que vivent les parents, je connais des parents qui ont vécu ça, et c'est vrai que de toute façon il faut quasiment une vie pour se remettre d'un tel drame, mais il faut que ce soit inscrit dans la loi, il ne faut pas que ça dépende au fond de la générosité en don RTT de ses collègues ou en demande de congé.

1:13
Présentateur

Ce que dit la majorité Yannick Jadot c'est qu'elle a rejeté ce texte parce qu'elle avait prévu d'améliorer le dispositif actuel, tout ça c'est du pipeau.

1:21
Yannick Jadot

C'est ça c'est du pipeau, ce texte est passé en commission, ce texte est passé en interministériel, et pas un ministre à ce moment-là a considéré qu'il fallait plus de bienveillance, plus de générosité, mieux prendre en compte le drame de ses parents. Et on a eu au fond une gestion pathétique de DRH qui était de dire, moi le seul compte que je regarde c'est le compte de l'entreprise, et tout ça n'est pas sérieux.

1:47
Présentateur

Dans votre vie politique Yannick Jadot, il ne vous est jamais arrivé de voter, d'appuyer sur un bouton juste parce qu'on vous disait appuie sur ce bouton et que c'était la consigne du groupe ou du parti ?

1:55
Yannick Jadot

Ça arrive, ça arrive, mais il y a aussi des votes emblématiques qui sont discutés. En plus, c'était une proposition qui venait finalement du centre, donc quasiment de la majorité macroniste, et que, encore une fois, ce texte a été débattu en commission, ce texte a été débattu en interministériel. Donc tout le monde était au courant, mais je crois que ça correspond depuis le début de ce quinquennat. Vous vous souvenez de la polémique sur les 5 euros sur les APL ? Il y a un moment donné, on a l'impression que seule la comptabilité froide de Bercy compte, et que la vie des gens disparaît. Alors, ce n'est pas tout à fait ce que disent certains des députés de La République En Marche.

Par exemple, je vous propose d'écouter Jean-François Césarini, qui est l'un d'eux, et qui lui explique ce dysfonctionnement, cette faute du groupe, avec les arguments suivants.

2:47
Locuteur non identifié

Le gouvernement nous dit de voter contre cette proposition. Nous votons contre cette proposition. Et dans la foulée, le gouvernement dit « Ah, vous êtes des imbéciles et des cons ». Vous verrez que c'est un petit peu compliqué. C'est-à-dire, à la fois, oui, on a voté en notre âme et conscience sur le fait de dire qu'il y avait des arguments contre cette proposition-là, mais on aurait dû préparer en amont une alternative, et pas se retrouver simplement à dire non, sans avoir rien d'autre à proposer.

3:09
Yannick Jadot

Ce que point de ce député, ce n'est pas un défaut d'humanité, celui que vous évoquiez, mais un problème institutionnel, un problème qui vient d'en haut. Ça soulève la question du fonctionnement aujourd'hui des institutions et de ce régime. Vous avez parfaitement raison. Pourquoi les écologistes sont pour un régime parlementaire ? Pourquoi nous souhaitons changer les institutions ? Parce qu'on voit bien qu'on a une majorité qui, finalement, est aux ordres. À partir du moment où le gouvernement envoie un signal, la majorité reprend ce signal à l'identique.

Mais, encore une fois, ce qu'on peut constater, c'est que dossier après dossier, réforme après réforme, on a à la fois un manque d'humanité, un manque d'empathie, un manque de bienveillance. Notre société a tellement besoin de se reconstruire sur l'apaisement, la réconciliation et la bienveillance. Et en permanence, ce gouvernement fait absolument l'inverse. Et ce qui est terrible, c'est qu'à la fois, il agit, je l'ai dit, de manière froide et terriblement inhumaine, mais qu'on a l'impression que c'est simplement le buzz médiatique qui, à un moment, leur fait réaliser la dureté des réformes qu'ils mettent en œuvre.

Vous prenez les dossiers les uns après les autres, on a l'impression qu'à chaque fois, finalement, c'est le buzz médiatique qui les fait changer. On a les pompiers qui sont en difficulté, on les laisse manifester, manifester, puis à un second, on dit, ah bah finalement, vous aviez raison. On a les avocats qui manifestent, et on les laisse manifester, et puis à un moment, on dit, ah bah finalement, on va vous donner raison. Mais ça ne s'est pas toujours passé comme ça, en France ? Non mais est-ce qu'on veut réellement transformer ce pays en mieux ?

Il y a eu deux ans de concertation déjà sur cette réforme des retraites, et elle continue à travers la conférence de financement qui a lieu en ce moment. Vous avez compris ce qui s'est passé avec Delevoye pendant 18 mois ? Pour qu'à la fin, le gouvernement construise une réforme dans les dernières semaines, avec des grèves annoncées, et pour qu'à la fin de la fin, ce soit le Conseil d'État qui dise mal préparé, imprécise, insincère, en langage juridique insincère, ce n'est pas simplement une question de conviction. Ça veut dire que c'est potentiellement construit malhonnêtement. Donc on a un souci par rapport au fonctionnement de ce gouvernement.

5:23
Présentateur

Yannick Jadot, on est à moins de deux mois des élections municipales. Les sondages annoncent une percée de votre parti. Les écologistes à Rouen, à Lyon, à Montpellier, à Perpignan, à Bordeaux, je pourrais en citer d'autres. Est-ce que vous voyez venir une vague, vous aussi ? En tout cas, sur le terrain, ça marche.

5:37
Yannick Jadot

Dans les réunions publiques, il y a beaucoup de monde. Dans les portes à portes, il y a un très très bel accueil des candidats écologistes. Et on est dans ce moment politique qui est assez extraordinaire, puisque les municipales recomposent le paysage politique autour de l'écologie. Vous allez qu'on va attendre le 22 mars pour le savoir. Non, mais on verra. Mais dans le débat, même dans le débat, il y a trois ans, c'était Macron qui recomposait le paysage politique. Aujourd'hui, à l'échelle de ces municipales, c'est les enjeux que nous portons depuis tellement longtemps qui sont au cœur de ces questions municipales. Aujourd'hui, tout le monde est écologiste à vos yeux ?

Et tout le monde est sincère dans ces conversions à l'écologie ? Non, bien sûr que non. Si vous voulez, vous voyez bien que sinon, on n'aurait pas ce niveau de canicule dans les villes si on avait correctement préparé l'adaptation à la montée des températures. On n'aurait pas autant d'inondations si on avait protégé les terres agricoles. On n'aurait pas ces problèmes de santé, de pollution, si on avait agi correctement. Donc, on est dans ce moment politique passionnant, avec une immense responsabilité pour les écologistes.

C'est d'être à la hauteur de l'attente de nos concitoyens et d'indiquer combien nous sommes crédibles aujourd'hui, non pas pour écologiser les autres, mais pour transformer les politiques publiques à l'échelle de la vie quotidienne, à l'échelle de la vie locale. Quand vous agissez sur les déplacements, le logement, l'alimentation, les services publics, la culture, la santé, l'éducation, que vous arrivez à créer des emplois locaux durables, vous remettez de la démocratie. Les Françaises et les Français retrouvent la maîtrise de leur ville, la maîtrise de leur village, la maîtrise de leur vie. Et ça, c'est un défi absolument extraordinaire pour les écologistes.

7:26
Présentateur

Quelles alliances également aux élections municipales ? On va en parler dans quelques instants, si vous voulez bien. Yannick Jadot, on s'interrompt une minute à 8h40 pour le rappel de l'actualité avec Mélanie Delonnet.

7:35
Invité

Et c'est démission au sein du bureau exécutif de la Fédération des Sports de Glace. Quatre membres, l'âge Didier Gaillaguet, information de l'équipe. Parmi eux, l'ex-patineur Alban Préaubert, il explique qu'il faisait partie de ceux qui pensaient qu'il était nécessaire qu'il démissionne. Mais le patron de la Fédération, lui, refuse de se prononcer pour le moment. Sur un éventuel départ, il promet de révéler des documents cet après-midi. Les avocats espèrent que les propositions seront à la hauteur de la crise, prévient sur France Info la présidente du Conseil national des barreaux.

Edouard Philippe promet des réponses d'ici demain soir aux avocats mobilisés contre la fin de leur régime de retraite autonome. Un travail de fourmi dans les prochaines heures en Corse pour tenter de maîtriser l'incendie qui a ravagé plus d'un millier d'hectares de végétation, 350 pompiers engagés et des renforts qui arrivent aujourd'hui du continent. Le Paris Saint-Germain ne peut pas marquer 5 buts à chaque match, dit le défenseur Thomas Meunier. Fin de match difficile, mais victoire des footballeurs parisiens à Nantes 2-1. Lille-Barène 1-0, même score pour Monaco contre Angers.

8:40
Locuteur non identifié

France Info, et tout est plus clair.

8:44
Présentateur

Les villes que vous pourriez décrocher dans un mois et demi, Yannick Jadot, il y a Montpellier. Et pourtant, votre candidate qui était en tête de toutes les enquêtes d'opinion, vous l'avez débarqué il y a quelques jours. Vous lui avez retiré l'investiture Europe Écologie Les Verts. Pourquoi ?

8:58
Yannick Jadot

Parce que nous sommes un parti responsable qu'il y avait une dérive solitaire de notre tête de liste qui à la fois s'écartait du projet écologiste et prenait des décisions absolument toutes seules. Vous connaissez l'histoire de Montpellier, notamment avec Fraîche, toutes ces dérives solitaires. Et puis Montpellier est une des villes les plus polluées de France. Se battre sur la question de la pollution de l'air, notamment en ville, est un enjeu absolument essentiel.

9:25
Présentateur

C'est parce qu'il a eu des ex-insoumis sur sa liste qu'elle a été débarquée ou pas ?

9:28
Yannick Jadot

Oui, il y a eu aussi des dissidents insoumis qui ont fait la stratégie du coucou dans cette campagne. C'est-à-dire qu'à la fois, cette tête de liste, c'est-à-dire qu'en fait, ils sont arrivés, ils se sont mis là et ils ont viré tous les écolos. Donc vous lui reprochez d'avoir rassemblé, en fait, au-delà du rang sans commande des Verts. Non, non, non, non, c'est par assemblée. Quand vous êtes tête de liste, que votre candidature, ça conduit, un, à diviser les écologistes à Montpellier, deux, à les exclure de la campagne, ça s'appelle par assemblée. Ça s'appelle s'isoler. Et c'est une fuite en avant. Donc on a pris nos responsabilités. Je sais bien que... Ah oui, c'est surprenant.

C'est surprenant qu'un parti décarte une candidate qui est en tête, qui devient même la favori du scrutin. Le projet que je veux croire en tête à Montpellier, l'attente, c'est d'avoir... C'est pas simplement de gagner l'élection, c'est de gouverner avec sérieux cette ville, c'est de la gouverner dans un collectif. Alors je sais bien que la plupart des partis, aujourd'hui, laissent s'organiser la division, les dissidences au sein des villes. Nous, nous sommes aujourd'hui un parti responsable. Nous prenons des décisions difficiles quand nous constatons une dérive qui n'est pas compatible ni avec le fond, ni avec la méthode écologique.

10:36
Présentateur

Deuxième exemple, Yannick Jadot, à Marseille, la gauche part quasiment rassemblée derrière une candidate du printemps marseillais, qui est d'ailleurs une ancienne écologiste, qui s'appelle Michel Rubirola. Et pourtant, vous avez votre propre candidat, là encore. Vous préférez perdre plutôt que de vous aller avec celle de la gauche.

10:51
Yannick Jadot

Comme ça, vous avez deux tours, voire trois tours, dans les grandes villes en France. On rassemble les écologistes autour d'un projet nouveau. On le fait dans toutes les villes, dans la plupart des villes. Il y a une telle attente de transformer nos villes. Je l'ai dit, regardez, vous avez montré dans votre journal, les feux en Corse. Au mois de février, les feux en Corse. Vous connaissez les niveaux de pollution à Marseille, le bazar absolu sur les déchets, l'absence de transports collectifs. Est-ce qu'à un moment donné, les écologistes n'ont pas cette puissance, cette crédibilité, justement, de porter leur projet ?

Vous ne rassemblez donc, Yannick Jadot, que ceux qui s'alignent totalement sur votre projet ? Non, bien sûr que non. Ce qui est passionnant, il n'y a pas une dérive un peu sectaire de fonctionnement. C'est complètement l'inverse. Ce qu'aurait été sectaire, c'est de faire des listes ELV partout. Là, on n'est pas du tout dans ça. Par exemple, à Marseille, parce que vos partenaires de gauche ne s'alignent pas sur votre projet, vous préférez partir tout seul au combat. Mais parce qu'ils ont une autre idée d'un projet pour Marseille, où l'écologie n'est pas au cœur de ce projet-là. Nous voulons que l'écologie soit au cœur des projets des villes et des villes.

Vous savez ce qui est extraordinaire ? Non, mais attendez, parce que vous parlez des alliances. Il y a dix ans, quand on faisait des alliances, notamment sur les municipales, c'était souvent tactique. C'est-à-dire qu'en fait, on s'alliait avec des partis qui ne parlaient pas d'écologie. Aujourd'hui, ce qui est formidable dans ces élections municipales, c'est que tout se fait autour de l'écologie, mais selon des dynamiques qui sont propres au territoire. On n'est pas sur une élection nationale. C'est-à-dire que vous avez un rassemblement de personnalités, d'acteurs de la vie de la cité ou de forces politiques qui sont différentes selon les villes.

Il y a des fois, on fait ça avec d'autres formations politiques. C'est contradictoire. Non, ce n'est pas contradictoire. Le moment où tout le monde se convertit à un discours écologiste, que vous venez à l'instant, c'est plus difficile de faire le rassemblement sur des listes communes. Mais non, parce que regardez le nombre de listes qu'on mène dans la plupart des villes, des listes de rassemblement. Mais accepter que cette écologisation de la société très forte, cette écologisation des autres formations politiques qui est en cours, et bien elle ne se fait pas au même rythme à Strasbourg, à Villeurbanne, à Nantes, à Rennes, à Lille ou à Perpignan.

Et c'est ça la force de ce moment, c'est qu'il faut accepter que cette écologisation de la politique, elle se fait à des rythmes différents selon les villes. Mais ce que nous portons, c'est une cohérence, une bienveillance et une conviction. Parce que vous savez, vous connaissez la formule autour de l'original et la copie. Mais à un moment donné, quand la campagne sera terminée, et quand les uns et les autres seront en situation d'agir, et bien je peux vous dire que c'est l'original, ce sont les écologistes qui ne tremblent pas face au lobby. Ce sont les écologistes qui maintiennent la cohérence, qui font les réformes.

Trop souvent, on a vu de beaux discours pendant les campagnes électorales qui ne sont pas suivis d'effet sur la mise en œuvre. Et ça c'est terrible au moment où il y a une telle urgence.

14:12
Présentateur

Alors l'original et la copie. À Paris, par exemple, entre une Anne Hidalgo qui promet de planter son 70 000 arbres si elle est réélue, un Cédric Villani qui dit « Je serai le maire écolo de Paris » et votre candidat. Où est l'original, où est la copie ? Mais c'est nous l'original.

14:26
Yannick Jadot

Pourquoi il est plus vert que les autres ? Mais parce que le bilan écologique d'Anne Hidalgo, c'est le bilan des verts. C'est le bilan que nous avons négocié grâce au vote vert. C'est aussi le bilan d'Anne Hidalgo. Mais oui, mais tu l'as mis en place. C'est tellement le bilan des verts que votre tête de liste de 2014, justement, il soutient Anne Hidalgo. Il est avec elle, Christophe Najewski. C'est marrant que notre candidat, la dernière fois, qui, au fond, affirmait partout qu'il faut un vote vert pour que ça bouge, aujourd'hui ait perdu la perspective de la construction d'un rapport de force et de l'accélération. Il était notamment adjoint au transport.

La ville a fait à peine la moitié ou un peu plus de la moitié de ce qu'il fallait faire en matière de vélo. Moi, je veux bien que la mer découvre qu'il fallait végétaliser cette ville qui est une des villes, aujourd'hui, les plus chaudes d'Europe. Une des villes qui résiste le moins à la canicule. Alors, tant mieux qu'elles veulent faire ça. Moi, je vois les tracts qui sont distribués dans la ville. C'est que du vert. On a oublié qu'Anne Hidalgo était socialiste. Bon, tant mieux. Mais, encore une fois, nous, on veut rassembler.

15:37
Présentateur

On se rassemble au premier et on se rassemble au second tour. Est-ce que vous êtes prêts à couper le cordon aujourd'hui, par exemple, pardon, je vous fais soupirer, avec Anne Hidalgo, sachant qu'à chaque campagne à Paris, c'est la même chose. On fait semblant de se faire la guerre pendant la campagne. Et au final, les écologistes rallient le candidat socialiste ou la candidate socialiste.

15:56
Yannick Jadot

Est-ce que le cordon, aujourd'hui, est coupé ? Ce qui est certain, c'est que les écologistes ne sont plus des supplétifs. Y compris quand j'entends de la part de l'équipe dirigeante de la mairie de Paris cette arrogance qui est de dire « les écolos, ils finiront toujours avec nous », c'est qu'ils n'ont pas compris la dynamique politique du moment. Mais ce qui est fort avec la proposition de David Béliard, c'est qu'il ne dit pas « on va s'arranger entre le premier et le deuxième tour ». Ce qu'il dit, c'est qu'on va faire un grand projet, cette coalition climat, pour Paris. Qu'est-ce qu'on fait pour qu'on résiste à la canicule ? Avec Cédric Villani, donc une alliance avec Cédric Villani ?

Potentiellement ! Il a donné une perspective ! Il a donné une perspective ! Moi, je vois Cédric Villani, notre médaille Field, venir vers le projet écolo, et c'est tant mieux ! Et on va rassembler à Paris toutes celles et tous ceux qui veulent le faire. Et Cédric Villani, ça fait plus d'un mois que la proposition a été faite ! Paris n'est pas la France. J'étais il y a quelques jours à Perpignan. Les écologistes se battent pour que ce ne soit pas le Rassemblement National et que cette ville retrouve l'espoir. Cette ville socialement extrêmement abîmée retrouve l'espoir. Strasbourg, ville urbaine, la plus grande ville de banlieue, Nantes, je pourrais prendre des dizaines de villes.

17:13
Présentateur

Évidemment que Paris n'est pas la France. Y a-t-il, et ce sera le dernier mot là-dessus, des contacts aujourd'hui réguliers entre votre candidat à Paris, David Béliard, et Cédric Villani ? Est-ce qu'on discute ?

17:22
Yannick Jadot

Vous allez l'inviter et il vous répondra au quotidien.

17:24
Présentateur

On a posé la question à Cédric Villani, on n'a pas eu de réponse, on vous l'a posé à lui.

17:27
Yannick Jadot

Moi, je sais qu'il y a des contacts, je sais qu'il travaille à cette plateforme potentielle, mais on verra quel est le point d'arrivée. Là, aujourd'hui, David Béliard et Cédric Villani, notamment, ouvrent une perspective. Comment on transforme Paris en une ville où il fait bon vivre et on le fait avec bienveillance, sans engueuler les Parisiennes et les Parisiens matin, midi et soir ? Eh bien, on verra s'ils arrivent à semaine d'accord, s'ils ont ce projet pour les Parisiens. Mais aujourd'hui, le point d'arrivée, il n'est pas donné, ils travaillent.

Mais attention, encore une fois, Paris n'est pas la France, il y a 35 000 communes, il y a des aventures écologistes formidables de rassemblement, je l'ai dit selon des configurations politiques différentes, mais avec ce même souci. Avoir du courage, agir au quotidien pour les Françaises et les Français, améliorer leur vie quotidienne et les municipales, ça doit être ça et seulement ça, la vie quotidienne, la vie locale, retrouver la maîtrise de sa vie.

18:32
Présentateur

Dans un instant, l'affaire Mila, Yannick Jadot, vous nous direz si vous trouvez que la gauche a un peu abandonné la laïcité avec le sort de cette adolescente qui est harcelée pour avoir insulté l'islam. D'abord à 8h51, le rappel de l'actualité avec Mélanie Delaunay.

18:46
Invité

Et cette image des tensions politiques aux Etats-Unis, la chef de l'opposition démocrate qui déchire sa copie du texte de Donald Trump. A la fin du discours sur l'état de l'Union, le président américain lui a vanté ses promesses tenues. Le judoka Teddy Riner, la patineuse Nathalie Péchala, une cinquantaine d'athlètes de haut niveau, appellent à briser le silence face au scandale de violences sexuelles dans le patinage. Tribune à lire sur franceinfo.fr, le président de la fédération Didier Gaillaguet lui refuse de se prononcer sur son éventuel départ tant que l'inspection ordonnée par le ministère des Sports ne sera pas terminée.

Les ventes de vaccins contre la grippe en hausse, plus de 10 millions et demi entre octobre et fin décembre. C'est en partie dû à la possibilité pour les personnes fragiles de se faire vacciner en pharmacie. Pour cette première année, 80% d'entre elles ont joué le jeu, indique sur France Info le président de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine. La douceur de ces derniers jours le laissait présager. Les chiffres viennent le confirmer janvier 2020 et le mois de janvier le plus chaud jamais enregistré. Selon le service européen sur le changement climatique, il a fait 3 degrés de plus que la moyenne en Europe.

19:53
Locuteur non identifié

France Info, et tout est plus clair.

19:58
Présentateur

Depuis plusieurs semaines, une jeune fille de 16 ans de l'ISER est harcelée et menacée de mort sur les réseaux sociaux pour avoir insulté l'islam. Voici ce qu'on disait il y a quelques jours Ségolène Royal.

20:08
Locuteur non identifié

Si elle avait dit la même chose sur son enseignant, sur ses parents, sur sa voisine, sur sa copine, qu'est-ce qu'on aurait dit ? On aurait dit simplement un peu de respect. Critiquer une religion, ça n'empêche pas d'avoir du respect. Et certainement pas d'ériger une adolescente qui manque de respect, comme le parangon de la liberté d'expression.

20:28
Présentateur

N'en faisons pas un modèle, dit Ségolène Royal. Elle a raison.

20:30
Yannick Jadot

Non, elle se trompe totalement. On parle d'une gamine de 16 ans qui est menacée de viol, qui est menacée de mort, qui est insultée sur son homosexualité. La seule chose que nous devons faire aujourd'hui, c'est protéger cette jeune femme. Il y a un droit à la critique dans notre pays, heureusement. Ça s'appelle la démocratie. Elle a eu des propos qui étaient déplacés, incontestablement injurieux. Mais c'est la liberté d'expression aussi dans notre pays. Il faut arrêter, au fond, d'avoir une relation aussi contrainte aux religions. Vous trouvez qu'une partie de la gauche est un peu aux abonnés absents sur cette question ?

Moi, je ne suis pas comptable de la gauche là-dessus, mais à l'évidence, nous devons remettre la question de la laïcité de manière beaucoup plus ferme dans le débat politique pour éviter ces dérives et notamment contrôler les réseaux sociaux parce que ça devient aussi une abomination en termes de violence, et notamment pour les jeunes. La gauche avait trop négligé cette question de la laïcité. Au point qu'on voit aujourd'hui, toute la droite et puis même le Rassemblement National prétendent, en tout cas, s'arroger la défense de la laïcité ? Il faut défendre absolument la laïcité, y compris pour défendre les croyants.

Parce que quand l'extrême droite s'empare de ça, c'est évidemment pour dérouler son discours anti-musulman. Donc il faut absolument, pour protéger les croyants, mais pour protéger les principes républicains et la laïcité, se réemparer beaucoup plus fermement de ce sujet.

22:13
Présentateur

Yannick Jadot, vous avez pris la défense ces derniers jours de la patronne d'ENGIE, Isabelle Cocher, dont le mandat arrive à son terme au mois de mai, à la fin du printemps. On ne vous attendait pas forcément sur cette position. Pourquoi défendre aujourd'hui la patronne d'une entreprise qui est aussi l'une des plus polluantes de France ?

22:31
Yannick Jadot

C'est une entreprise qui n'est pas parfaite, loin de là, vous avez raison, qui a encore des actifs dans le charbon, évidemment dans le gaz. Mais c'est une entreprise qui, sous la direction d'Isabelle Cocher, est en train de faire sa révolution énergétique. On essaye, notre combat, c'est que l'économie change. L'économie respecte le climat dont on voit tous les dégâts. Et on a une entreprise, avec sa patronne, qui se met sur l'efficacité énergétique, la rénovation, les services aux familles, se met sur les énergies renouvelables, à la tête d'un groupe qui pèse 60 milliards, 160 000 salariés. Elle fait quelque chose d'assez extraordinaire. Elle est invitée aux Nations Unies pour le faire.

Et vous avez, depuis des semaines, des mois, un gouvernement et certains responsables à ENGIE qui mènent une campagne très insidieuse, très malsaine, de déstabilisation d'un grand groupe énergétique français qui évolue. Pourquoi ? Pourquoi ? Ils lui font payer cette conversion écologique ? Je pense que, vous savez combien Bruno Le Maire, à la tête de Bercy, sabote tous les efforts en matière de transition énergétique. Il a quand même baissé de moitié le budget sur l'isolation des logements, au moment où c'est une priorité absolue. Il essaye en permanence de torpiller les efforts sur les énergies renouvelables.

23:49
Présentateur

Bruno Le Maire qui a dit hier que la reconduction ou non d'Isabelle Cocher se ferait uniquement sur des critères économiques et pas écologiques.

23:57
Yannick Jadot

Ça montre bien son ambition écologique. C'est-à-dire qu'au fond, il n'y a que le business et l'argent qui comptent à un moment donné. Non, un grand groupe doit prendre ses responsabilités dans la transition énergétique. Mais chiche Bruno Le Maire, parce qu'en fait, tous les indices, quand vous discutez avec les experts, montrent que Engie va avoir probablement de très bons résultats. Donc que Bruno Le Maire arrête de vouloir précipiter les décisions pour débarquer Isabelle Cocher, qui est la seule femme dirigeante du CAC 40, qu'il arrête de déstabiliser ce groupe potentiellement pour le découper en tranches. On ne sait pas pourquoi.

Si le gouvernement agit ainsi, selon vous, c'est parce qu'il est sensible à l'influence de certains lobbies ? Bien sûr. Bien sûr. D'ailleurs, si vous voulez, ceux qui en interne attaquent Isabelle Cocher, ce sont ceux qui ont été nommés par Emmanuel Macron et Bruno Le Maire. Donc moi, je demande au président de la République, de manière extrêmement solennelle, de donner toutes ses chances à ce groupe pour qu'il fasse sa transition énergétique, de juger effectivement sur les résultats du groupe le maintien ou pas d'Isabelle Cocher, de respecter l'homogénéité et l'unité de ce groupe pour éviter qu'il soit découpé en petits morceaux au profit d'institutions bancaires et financières.

Ce n'est pas le sujet. On a besoin de grands groupes qui participent à la lutte contre le dérèglement climatique, qu'assurent des services aux personnes. Engie, ce n'est pas Enercop ou Valorem, ce n'est pas le groupe, mais c'est un groupe qui bouge. Isabelle Cocher est celle qui fait bouger ce groupe qu'Emmanuel Macron. Et au moins une fois dans ce quinquennat, un peu de cohérence entre ses discours sur la transition écologique, sur la protection du climat et sur notre modèle industriel.

25:46
Présentateur

Et ce sera le mot de la fin. Merci beaucoup, Yannick Jadot, d'être venu ce matin sur France Info. Et l'info politique, n'oubliez pas, c'est aussi un podcast original sur France Info. Paris, la bataille, le feuilleton des municipales. Un nouvel épisode tous les vendredis. Un podcast à écouter sur franceinfo.fr. Disponible aussi sur l'application Radio France. Sous-titrage Société Radio France.

Municipales, congé après la perte d'un enfant, suspense autour du sort de la patronne d'Engie : le "8h30 franceinfo" de Yannick Jadot — Yannick Jadot · Pourquijevote