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interviewLCP - Assemblée nationale· 18 mai 2026 63 min

[DIRECT] Mathilde Panot, présidente du groupe LFI | LCP, Lundi C'est Politique - 18/05/26

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

L'économie française en berne. Les prix à la consommation augmentent, le chômage repart à la hausse, la situation au Moyen-Orient n'y est pas étrangère. Du carburant pour les oppositions à un an de la présidentielle. Du côté de la France insoumise, l'idée de bloquer les prix de l'essence et du gazole reste à l'ordre du jour. Mais sur l'emploi, quelles sont les propositions nouvelles éventuellement du parti de Jean-Luc Mélenchon ? Faut-il aller plus loin que l'augmentation du SMIC ? Le pouvoir d'achat, le travail vont être plus que jamais au cœur des débats dans les mois qui viennent.

Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale, députée du Val-de-Marne et l'invité de LCP, l'Indice et Politique. Bonsoir et merci d'être fidèle au rendez-vous de l'Indice et Politique sur LCP. Bonsoir Mathilde Panot. Bonsoir. On est avec nous sur ce plateau, face à vous pour vous interroger ce soir. Bonsoir. Hervé Gatignot pour Radio Classique. Bonsoir Hervé. Bonsoir Stéphanie. Stéphanie Despierres pour LCP. Bonsoir. Et bonsoir Rémi. Rémi Clément pour Challenge, sans oublier Hugo Couturier. Bonsoir. Hugo Auperchoir, la chaîne Twitch LCP Assemblée nationale, sur laquelle les gens qui nous regardent en direct peuvent agir pour vous interpeller, vous poser des questions.

Puis en fin d'émission, nous recevrons face à vous Alain Fontaine, je ne sais pas si vous le connaissez, il est président de l'Association française des maîtres restaurateurs. Et l'arrivée en masse de nouveaux types de restaurants, les Crousties par exemple, je donne ça par exemple, en Seine-Saint-Denis, fait débat. Et ce n'est pas seulement une question de goût, on le verra. Gérald Darmanin est en Algérie, troisième ministre à faire le déplacement depuis le début de l'année, après des mois de tensions entre la France et l'Algérie, notamment le bras de fer autour des ressortissants sous OQTF que l'Algérie refusait de retrouver sur son territoire.

Il y a aussi eu la question du Sahara occidental. La France soutient le Maroc dans sa volonté d'administrer ce territoire. C'est ajouté l'incarcération de Christophe Gleiz en mai 2024. Le journaliste sportif a été condamné à sept temps de prison pour apologie du terrorisme. Qu'est-ce que vous attendez, vous Mathilde Panot, de ce voyage de Gérald Darmanin en Algérie ?

2:21
Mathilde Panot

Alors monsieur Letellier, si vous me permettez, je veux juste dire un petit mot d'hommage à Offer Braunstein, dont on vient d'apprendre la disparition, qui était une voix très importante franco-israélienne, notamment contre le génocide du peuple palestien. Et donc je veux commencer par lui rendre hommage, si vous me le permettez, dans un moment où il va y avoir une pensée pour le peuple palestinien très forte, et pour sa voix qui était une voix qui va beaucoup nous manquer. Alors sur la question...

2:47
Présentateur

Je reviens à ma question, ça va vous aider. Qu'est-ce que vous attendez du voyage de Gérald Darmanin en Algérie ?

2:52
Mathilde Panot

D'abord, ce que j'attends de ce voyage dans l'Algérie, c'est qu'on tourne définitivement la page du désastre de la gestion calamiteuse et dangereuse qu'avait Bruno Rotaillot d'avoir une relation de plus en plus tendue avec l'Algérie.

3:06
Présentateur

Les maboules, comme avait dit Emmanuel Macron. Comment ? Les maboules, comme a dit Emmanuel Macron.

3:09
Mathilde Panot

Oui, vous avez eu une manière de gérer la relation avec l'Algérie, qui je le rappelle est un pays indépendant, qui a eu une longue histoire, y compris douloureuse, avec la France, et qui est un pays avec lequel nous devrons construire une relation respectueuse, une relation apaisée. Et j'espère que dans ce voyage aussi, l'Algérie comprendra que c'est une priorité diplomatique pour la France que d'obtenir la libération de Christophe Gleize, ce journaliste qui est emprisonné, dont vous parliez à l'instant.

3:37
Présentateur

Alors, Gérald Darmanin, c'est le ministre de la Justice. Lui, il va aussi en Algérie pour espérer une collaboration de l'Algérie dans la lutte contre les trafiquants de drogue, en particulier ceux des aides-mafias qui sévissent à Marseille et dans la région. Vous le soutenez sur ce point ?

3:48
Mathilde Panot

Je crois que, oui, on peut avoir des coopérations avec les pays de la Méditerranée tant qu'elles sont, encore une fois, respectueuses et qu'elles sortent d'une forme de colonialisme qu'on a vu beaucoup avec beaucoup de pays africains. Je pense à Emmanuel Macron, lorsqu'il se déplaçait au Burkina Faso, qui disait du président burkinabé qu'il était sans doute parti réparer la clim. Et je pense à la scène que nous avons vue récemment au Kenya, où vous avez Emmanuel Macron qui sermonne toute une salle dans un style qui, je crois, nous met mal à l'aise dans les relations respectueuses.

4:19
Présentateur

Je reviens à l'Algérie et la lutte contre les trafics de drogue. Il faut que l'Algérie collabore avec la France sur la lutte contre les narcotrafics ?

4:27
Mathilde Panot

Je vais le dire différemment. Il faut qu'on construise des coopérations dans à la fois la lutte contre les trafics de drogue, d'êtres humains, d'herbes, d'armes, mais aussi pour les grands défis dont on parle beaucoup moins, M. Le Tellier, et qui pourtant sont des défis qui nous intéressent particulièrement, nous qui sommes dans le bassin méditerranéen, notamment sur les grands défis écologiques, puisque je rappelle que la mer Méditerranée est une des mers qui se réchauffent le plus vite dans le monde, et que nous avons là aussi des coopérations à construire avec les pays du bassin méditerranéen.

4:58
Présentateur

En tout cas, ce voyage n'est pas du goût de tout le monde, notamment de votre collègue député et reine Laurent Jacobili.

5:03
Intervenant

Ça fait des années que le président de la République fait l'appel à ventrisme, met un genou à terre, que nos ministres vont battre leurs coulpes à Alger. Qu'est-ce qui se passe ? Eh bien, à chaque fois, le président Théboum a des propos encore plus durs pour la France. Arrêtons la diplomatie de la courbette, essayons la diplomatie de la fermeté. En général, ça marche.

5:27
Présentateur

Alors, Laurent Jacobili vise notamment des moments de l'histoire. Il se trouve que la semaine dernière, la France a appelé à regarder l'histoire en face en commémorant le massacre de Sétif du 8 mai 1945, qui avait fait 45 000 morts selon Alger, moins selon la France. Est-ce qu'il faut aller plus loin ? Est-ce que vous attendez d'autres gestes symboliques ?

5:45
Mathilde Panot

Oui, je pense que la France doit reconnaître comme un massacre d'État ce qui s'est passé le 17 octobre 1961 dans notre pays, où des Algériens ont été noyés dans la Seine. Donc, il est effectivement important qu'on se rappelle de l'autre 8 mai 1945. Et je ne suis pas étonnée d'entendre l'extrême droite parler ainsi, car je rappelle qu'en octobre, il s'est passé quelque chose d'extrêmement grave dans notre Assemblée, où pour la première fois dans une niche parlementaire, le Rassemblement national a eu une victoire, c'était la première fois, et cette victoire a eu lieu justement sur les accords de 1968. Pour les dénoncer.

Pour les dénoncer, avec du coup une partie de la droite et une partie même de la Macronie, c'est-à-dire Horizon, qui ont voté en faveur de ce texte et qui ont permis à ce texte d'être adopté. Alors, c'est un texte qui est symbolique, c'est une résolution, mais je crois que le signal qui est envoyé est extrêmement mauvais.

6:35
Présentateur

Alors justement, il faut maintenir ces accords, il ne faut pas les toucher, parce qu'ils datent quand même d'un bout de temps.

6:40
Mathilde Panot

Oui, ils ont été renégociés trois fois, je tiens à dire quand même qu'ils ont été largement vidés de leur substance, mais oui, bien sûr qu'il faut les garder. En l'état. Là où je disais que je ne suis pas étonnée, non, on peut même les améliorer, enfin bon. Mais là où je ne suis pas étonnée de ce que fait l'extrême droite, c'est peut-être, vous en rappelez-vous, mais en 2022, celui qui était le doyen de notre Assemblée, et lorsque nous nous installons, c'est le doyen de notre Assemblée qui préside l'Assemblée nationale. Et il avait fait un hommage à l'OAS. Donc ces gens-là sont nostalgiques de l'Algérie française. Ces gens-là vivent dans l'idée qu'il faudrait refaire la guerre à l'Algérie.

Eh bien nous ne serons jamais d'accord avec cela, et ils nous trouveront toujours sur leur chemin.

7:15
Présentateur

En même temps, si vous considérez qu'aujourd'hui l'Algérie est un pays comme un autre, pourquoi garder des accords spécifiques, 60 ans après ?

7:20
Mathilde Panot

Eh bien parce que peut-être nous avons 4 millions de binationaux, parce que nous avons des familles qui sont intriquées, parce que nous avons une histoire commune, et aussi douloureuse soit-elle, nous avons une histoire commune, et que donc cela justifie d'avoir des accords qui peuvent péter...

7:33
Présentateur

Un traitement à part pour l'Algérie, en fait, ça veut dire ?

7:35
Mathilde Panot

Oui, enfin, ça vous frappe ? Non, je vous pose la question, c'est un traitement à part pour l'Algérie. Ça ne me frappe pas, c'est issu d'une longue histoire, et je crois que, vu ce qui reste dans les accords aujourd'hui, contrairement à ce qui est expliqué partout, ça ne permet pas d'aller et venir comme on veut, mais ça permet d'être le fruit de l'histoire, et je crois que, vu l'intrication des familles qu'il y a, et des liens qu'il y a entre l'Algérie et la France, eh bien, je crois que c'est une bonne chose que de garder ces liens et de continuer à construire des liens entre le peuple français et le peuple algérien.

8:07
Présentateur

Et ces accords, en l'occurrence, donc ? Exactement. Les ministres des Finances du G7 sont réunis à Paris, aujourd'hui et demain, à l'ordre du jour, bien sûr, les répercussions du conflit au Moyen-Orient, et les conséquences économiques de la guerre, en premier lieu, le blocage du détroit d'Hormuz, lieu de transit pour les hydrocarbures et les engrais. Le ministre de l'Économie, force invitante, Roland Escur, espère une coopération plus grande entre pays les plus riches.

8:29
Intervenant

Je pense qu'aujourd'hui, on va montrer que le multilatéralisme, c'est utile et que ça fonctionne. On fait face à des défis majeurs, la guerre au Proche-Orient, évidemment, les déséquilibres multilatéraux qui sont aujourd'hui insoutenables, les enjeux de terres rares, de matériaux critiques, les enjeux d'aide au développement.

8:48
Présentateur

Mathilde Panot, vous entendez ce qu'a dit Laurent Escur, ça fait quand même trois mois bientôt que la guerre contre l'Iran a été déclenchée, avec les conséquences économiques, je le disais, que l'on connaît, on va y revenir très largement. Et ça, ça va peser dans la prochaine campagne présidentielle ?

9:00
Mathilde Panot

Bien sûr, bien sûr, mais moi je veux quand même commencer par dire que ça ne tombe pas du ciel tout ça. Parce qu'on a l'air de dire, parfois, lors des déclarations guerrières, il faudrait libérer le détroit d'Hormuz. Mais pourquoi le détroit d'Hormuz est-il bloqué ? D'abord parce que Trump et Netanyahou ont déclenché une guerre illégale contre l'Iran, aujourd'hui contre le Liban, contre le peuple palestinien, ce qui continue. Donc la première des choses à faire pour libérer le détroit d'Hormuz, c'est la paix. Mais les conséquences économiques... C'est d'imposer la fin de cette guerre illégale.

9:30
Présentateur

Les conséquences économiques, elles sont au long cours. Donc ça va être la toile de fond de la prochaine présidentielle ?

9:34
Mathilde Panot

Je pense que oui, que ça va avoir des conséquences au long terme. D'ailleurs, j'ai entendu qu'il y avait même des gens qui pensaient à construire un nouveau canal. C'est vous dire combien de temps ils pensent que cela pourrait durer. Donc moi, je le dis, la première des choses à faire, c'est que la France dise haut et fort qu'elle refuse cette guerre illégale et face par exemple comme l'Espagne, par exemple le fait que la France permette que l'armée états-unienne utilise les bases françaises, et je crois en contradiction totale avec le fait de dire non à cette guerre. Et donc nous demandons à ce que les actes soient alignés sur les mots.

10:05
Présentateur

Alors on en vient maintenant aux conséquences économiques en France, Hervé.

10:07
Intervenant

– Dans l'immédiat, Mathilde Panot, le Premier ministre va annoncer jeudi des aides supplémentaires pour aider, je le cite, les Français qui travaillent et les secteurs économiques les plus touchés par l'augmentation des prix du pétrole. Ça annonce des aides relativement importantes. Est-ce que vous partagez ce point de vue ? Est-ce qu'il a raison ?

10:27
Mathilde Panot

– Je souris un peu quand vous dites ça parce que les conséquences sont évidemment dramatiques pour les gens. Je pense aux gens qui hésitent même à aller travailler tellement ça leur coûte cher d'aller travailler, qui renoncent à aller voir leur famille parce qu'ils ne peuvent plus faire le déplacement, notamment en mai on a la chance d'avoir parfois des plus longs week-ends et qui du coup ne vont plus voir ceux et celles qu'ils aiment parce qu'ils ne peuvent plus le faire, qui se retrouvent complètement étranglés. Donc les conséquences sont dramatiques. Mais là où je souris un peu, c'est que j'ai l'impression d'être dans un running gag. Ça fait maintenant trois mois.

Trois mois que nous demandons le blocage des prix, qui est quelque chose qui ne coûte rien à l'État, qui ne prend pas dans les poches des Français et des Françaises qui n'ont pas à payer pour la guerre illégale de Trump et de Netanyahou. et qui permettrait de faire payer ceux qui s'engraissent véritablement sur la guerre, les profiteurs de guerre, et notamment Total, qui vient d'annoncer qu'il avait augmenté son chiffre d'affaires de 50% et qui a versé 100 milliards d'euros d'argent à ses actionnaires en seulement 10 ans.

11:25
Intervenant

Mais le gouvernement vous a répondu là-dessus, donc sur les aides. Est-ce que pour autant vous y êtes favorable ou pas ?

11:29
Mathilde Panot

J'aimerais bien, toutes les semaines, M. Lecornu dit qu'il va annoncer de nouvelles aides. J'aimerais bien d'un genre qu'on fasse un suivi de ce qu'il a annoncé. Est-ce vraiment fait ? Par exemple, j'entendais qu'il y avait normalement des aides pour les chauffeurs de taxi. Lorsque je parle avec des chauffeurs de taxi, ils disent qu'ils n'ont pas accès à ces aides.

11:44
Présentateur

Parce que peut-être que les plateformes ne sont pas encore ouvertes. Il y a des choses qui nous souviennent à la fin du mois, par exemple.

11:48
Mathilde Panot

Des annonces toutes les semaines, il faut que ça soit suivi d'effet. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, c'est qu'ils continuent de dire qu'il n'y aura pas d'annonce générale, etc. Le problème, c'est que ça ne suffira jamais. Et qu'à la fin, on est en train de prendre de l'argent public, votre argent, tout l'argent qu'à chaque fois on met lorsque l'on paye des impôts, qu'on cotise, etc. Donc, l'argent public pour gaver directement les actionnaires de Total. Et je ne suis pas d'accord avec cela. Donc, il existe une solution, ça s'appelle le blocage des prix. Il y a un pays qui le fait déjà, savez-vous lequel ? Il s'appelle la France.

La France a d'ores et déjà, dans son histoire, fait un blocage des prix. Et le fait en Outre-mer, notamment.

12:23
Intervenant

Donc, sur le principe des aides, je n'ai pas bien compris votre position.

12:26
Mathilde Panot

Eh bien, moi, je ne suis pas d'accord pour qu'on distribue de l'argent public qui aille directement dans les poches des actionnaires de Total. Je veux un blocage des prix qui permettrait à tout le monde de payer son carburant à 1,70€, comme c'était avant-guerre.

12:37
Intervenant

Ça vaut aussi pour les petites entreprises de transport, par exemple ?

12:40
Mathilde Panot

Ça vaut pour tout le monde, on mettrait 1,70€. On revient à l'état d'avant-guerre, donc à l'état d'avant-spéculation. Parce que quand même, ce qu'il faut dire, c'est que l'essence, alors là, je ne sais pas exactement où on en est, il faudrait vérifier, mais pendant les trois mois, l'essence qui était à la pompe, que les Français et les Françaises payaient 2,20€, 2,40€, n'était pas de l'essence qui avait été achetée après la guerre, mais avant la guerre. Donc, avec un phénomène qui est purement un phénomène de spéculation de la part de multinationales de l'énergie, notamment de Total. Donc, la spéculation sur le dos de gens qui souffrent, ça suffit.

13:14
Intervenant

Si on bloque les prix comme vous le demandez, est-ce que, d'une certaine façon, ce n'est pas subventionner la circulation automobile, alors que votre parti propose...

13:25
Mathilde Panot

Pourquoi subventionner ? Quel argent public il y aurait dedans ?

13:26
Intervenant

Non, mais d'une certaine façon, c'est encourager les citoyens, les automobilistes à prendre davantage leurs voitures pour aller circuler, y compris pour travailler, comme vous le disiez. Donc, est-ce que ça ne contredit pas votre position sur l'arrêt Total le plus rapide possible des énergies carbonées ?

13:45
Mathilde Panot

Pourquoi ? Pas du tout. Pas du tout parce que, d'abord, pour un point. D'abord, il n'y aura pas d'argent public. Ça ne coûte pas d'argent public de faire le blocage des prix. On demande justement à ceux qui font des marges de coûter. Mais c'est une politique qui incite les gens à prendre leur voiture. Mais du coup, c'est juste pour répondre à votre subventionné, comme vous disiez subventionné, je préfère répondre là-dessus. Oui, mais Hervé a précisé, oui. La deuxième chose, vous avez raison. Nous, nous voulons faire en sorte de développer les transports en commun, le transport ferroviaire, le fret ferroviaire, le plus possible.

Bon, mais nous faire croire qu'on va le faire là, en deux minutes, ça n'existe pas. Par contre, depuis dix ans, qu'il n'y ait pas eu les investissements nécessaires, qu'on ait fermé les petites gares, qu'on ait mis de plus en plus de marchandises sur des camions, qu'on ait éloigné les services publics qui nécessitent que les gens prennent de plus en plus les voitures, ça ne se réglera pas en deux minutes. Et donc, il faut une planification écologique. C'est ce que nous, nous défendons à la France Insoumise.

14:34
Intervenant

Dans vos autres propositions, il y a aussi la nationalisation totale. Alors, selon les chiffres, Total vaudrait 174 milliards d'euros, voire 250. Est-ce que ce n'est pas hors de portée pour les finances publiques, même si Manuel Bompard, le coordinateur de la France Insoumise, a dit que 70 milliards suffiraient ? Est-ce qu'on a les moyens ?

14:50
Mathilde Panot

Alors, nous, si vous regardez exactement la proposition de loi qu'on a déposée, c'était uniquement la question des raffineries et de la logistique distribution. Donc, du coup, on était à 8 à 10 milliards. Mais même si on prend la moitié de la valeur boursière, si on prend la valeur boursière dont vous parliez juste avant, il se trouve que je disais qu'en 10 ans, Total a donné 100 milliards à ses actionnaires. En 10 ans. Donc, vous comprenez que si Total était resté public, comme ça l'a été jusqu'en 1993, de 1924 à 1993, c'est une partie de l'argent que nous aurions eu directement dans les caisses. Et que donc, nous, pourquoi est-ce qu'on a agité cette menace-là ?

C'est parce que la seule réponse qu'on nous a donnée...

15:33
Présentateur

Est-ce qu'il y a les moyens ? Est-ce que l'État a les moyens d'acheter Total ?

15:35
Mathilde Panot

Oui, parce que c'est rentable assez rapidement, M. Le Tellier. Je vais vous dire.

15:38
Présentateur

Vous déboursez quand même 70 milliards.

15:39
Mathilde Panot

Parce qu'il faut aussi débourser de l'argent après pour investir. Non, parce que nous, c'est 8 à 10 milliards dans la proposition que nous avons faite immédiatement. Mais même, même, même, même, même. Mais il y compris, c'est rentable assez rapidement. Mais moi, je vais vous dire, pourquoi est-ce qu'on a dégainé cette proposition-là ? C'est parce qu'on nous a dit vous allez avoir tout de suite un effet de pénurie. Je n'y crois pas. Ce n'est pas ce qui se passe en Outre-mer. Ce n'est pas ce qui s'est passé au moment de la guerre du Golfe.

15:58
Intervenant

C'est ce qui s'est passé quand Total lui-même a bloqué ses prix. Ces stations d'essence ont été un peu en rupture d'approvisionnement.

16:03
Mathilde Panot

Oui, pourquoi ? Parce que les blocages des prix n'étaient qu'uniquement dans les stations de Total qui étaient en plus de la concurrence déloyale par rapport notamment à des stations d'essence indépendantes qui, elles, n'avaient pas la possibilité de le faire. Oui, mais par exemple, Shell et Sceau qui sont des étrangers, ils n'ont pas bougé. Partout, c'est 1,70€ partout. Bon, bref. Donc, attendez, juste, je termine là-dessus. Donc, le fait est que si, donc, ils agitaient la menace de la pénurie. Nous avons dit, il y a toujours des possibilités. Si vraiment nous allions vers une pénurie, ce que je ne crois pas, il y a la possibilité pour le préfet de réquisitionner des moyens de production.

Et il y a y compris la possibilité de nationaliser une partie des activités totales qui seraient, je le dis, très rapidement rentables pour le pays. Nous disions ça pour expliquer pourquoi le blocage des prix est la solution la plus immédiate, qui ne coûte pas d'argent à l'État, qui ne prend pas dans les poches des Français, mais va chercher dans ceux et celles qui sont en train de s'engraisser.

16:52
Présentateur

En tout cas, ça coûte de plus en plus cher aux Français, si bien que l'inflation augmente et le gouvernement a décidé d'augmenter le SMIC à partir de juin, Stéphanie.

16:58
Intervenant

Le SMIC va augmenter, c'est la logique qui est calée sur l'inflation. Mais le gouvernement ne veut pas indexer des allégements de charges de cotisations patronales sur l'augmentation du SMIC. Normalement, ça se fait, c'est mathématique, ça met en colère le MEDEF. C'est donc une exception. Est-ce que là, vous donnez raison à Sébastien Lecornu ?

17:14
Mathilde Panot

Oui, moi je suis toujours d'accord lorsqu'on me propose de ne pas exonérer à tout va. J'explique pourquoi. Ce n'est pas parce qu'on ne veut pas d'exonération en soi. C'est parce que derrière, c'est directement les cotisations de la sécurité sociale dont on nous explique derrière qu'elle est déficitaire et dont on nous explique derrière qu'il faut couper tant de milliards, comme on l'a fait cette année, 4 milliards à la santé publique alors que les hôpitaux publics ne t'aiment pas.

17:35
Présentateur

Donc là, vous prenez acte, très clairement, du tournant du gouvernement parce que c'est bien une première fois que ça ne s'aligne pas comme ça.

17:41
Mathilde Panot

C'est vrai, c'est bien une première fois mais là où je ne donne pas du tout foi au gouvernement, c'est que moi je ne demande pas 2,2%. Moi je demande qu'il y ait une véritable augmentation du SMIC. Vous savez que pendant longtemps, on a dit que nous voulions 1 600 euros net. Alors on verra dans le programme que nous sommes en train de réactualiser à combien nous serions. Le PF est déjà à 1 690. Qui permettrait ensuite...

18:01
Présentateur

Comment ? Le PF est déjà à 1 690.

18:03
Mathilde Panot

Tout à fait, mais vous voyez, comme quoi il y a des choses qui font de l'émulation. C'est plutôt pas mal s'ils le faisaient vraiment. Mais comme c'est nous qui gagnerons, ça n'arrivera pas. On verra, on va en parler tout à l'heure. Donc je disais dans le programme de 2022, en tout cas c'était à 1 600 euros net et du coup, avec ensuite une conférence sur les salaires qui permettrait d'augmenter l'ensemble des salaires du pays. C'est ça qu'il faut faire.

18:25
Présentateur

Mais je reviens à cette histoire quand même parce que c'est quand même un tournant. Le gouvernement, qui est quand même pro-entreprise, qui dit qu'on ne va pas céder aux revendications du MEDEF, on ne va pas alléger tout de suite, peut-être même jamais, mais pas tout de suite en tout cas, les cotisations patronales parce que le SPIC augmente.

18:42
Mathilde Panot

C'est bien après leur avoir donné 200 milliards d'euros d'aide publique par an. Non mais c'est un vrai tournant quand même, politiquement. Oui, peut-être qu'à force d'avoir donné 200 euros d'aide publique par an à des grandes entreprises sans aucune conditionnalité, peut-être qu'ils se disent que le trou dans la caisse est un peu trop grand. Je ne sais pas, peut-être qu'ils se disent qu'il y a des élections présidentielles qui arrivent et que du coup, il faut peut-être essayer de donner le change face à un bilan où il y a 1000 milliards de dettes qui ont été créées par le génie et le Mozart de la finance, comme il le disait à l'époque en parlant d'Emmanuel Macron.

19:08
Intervenant

Conséquence de cette augmentation du SMIC, de plus en plus de personnes vont être au SMIC et d'autres sont toujours calés en dessous. Selon la CFDT, il y a 47 branches où les salariés ont des salaires inférieurs au salaire minimum. Dans quelles entreprises faut-il augmenter les salaires ? Toutes ? Toutes. Est-ce qu'il n'y a pas un risque de fragiliser les plus petites qui ne pourront pas supporter une hausse de salaire ?

19:29
Mathilde Panot

Alors justement, ça c'est une excellente question parce que c'est souvent une des choses qui nous est opposées sur l'augmentation du SMIC et donc l'augmentation après avec la conférence des salaires derrière. C'est souvent une des choses qui nous est opposées en nous disant que les toutes petites entreprises n'arriveront pas à augmenter le salaire de leurs salariés.

Il se trouve que nous ce qu'on propose dans le programme c'est une caisse de péréquation inter-entreprise avec des cotisations qui sont faites par chacune des entreprises au-delà de 750 millions de chiffres d'affaires qui cotisent et qui permettent ensuite de redistribuer à l'ensemble des entreprises pour faire en sorte qu'elles puissent justement augmenter le SMIC à la hauteur de ce qu'on voudrait faire. Il se trouve que ça existe déjà. Savez-vous que ça existe dans le bâtiment par exemple depuis 150 ans sur à la fois la gestion des intempéries mais aussi sur la question des congés. Donc en fait on sait déjà faire ça.

20:18
Présentateur

Donc vous voulez dire que ce seraient les grosses entreprises qui paieraient l'augmentation du salaire des petites entreprises ?

20:23
Mathilde Panot

Et je vais vous dire que ça aura un effet très positif parce que qu'est-ce qui est en train de se passer ? Qu'est-ce qu'on reproche au budget qui fait des milliards et des milliards de coupes ? Ce qu'on reproche c'est l'effet récessif possible. C'est-à-dire que lorsque votre salaire réel baisse qu'en plus tout le coût de la vie est en train d'exploser. Donc vous avez une vie chère qui est en train d'étrangler des millions de gens. Que vous avez 1,2 million de personnes qui sont tombées sous le seuil de pauvreté depuis 9 ans de Macronie. Derrière qu'est-ce que ça fait ?

Ce sont des gens qui ne vont plus aller chez le fleuriste, chez le restaurateur dont on parlera probablement tout à l'heure, qui ne vont plus aller se payer des petits plaisirs ici et là. Et donc en fait c'est toute une économie qui derrière, puisque l'économie de la France est beaucoup basée sur la consommation populaire. C'est toute une économie qui s'effondre et qui fait peser un risque de récession. Donc ça aurait un effet en plus de relance de l'activité par la consommation populaire.

21:16
Intervenant

Dans son programme dévoilé il y a quelques semaines, le Parti Socialiste prône le retour de la taxe Zuckman et justement une hausse du SMIC. Est-ce que ça veut dire que c'est un programme de gauche auquel vous souscrivez ?

21:26
Mathilde Panot

On va dire que la taxe Zuckman, oui, on l'a défendue et d'ailleurs on l'avait gagnée ensemble dans l'hémicycle. L'augmentation du SMIC, nous le portons. Après nous ne portons pas que cela. Et peut-être que la différence que nous avons avec le Parti Socialiste c'est que nous, nous sommes restés fidèles justement aux différents programmes que nous avons présentés devant les électeurs et les électrices alors qu'eux leur ont tourné le dos, notamment lorsqu'ils ont refusé de voter la censure contre Sébastien Lecornu. Mais pire que ça, non seulement ils ont laissé la politique macroniste continuer, mais ils ont laissé les budgets passer. Et ces budgets-là sont désastreux pour le pays.

21:58
Présentateur

Là c'est un programme s'ils étaient au pouvoir, donc il faut peut-être leur laisser crédit de ça.

22:02
Mathilde Panot

Oui, enfin oui, avec bientôt plus de candidats que d'adhérents au Parti Socialiste, mais ça c'est autre chose.

22:08
Intervenant

Vous pensez qu'ils n'appliqueront pas ce programme s'ils arrivent au pouvoir ?

22:10
Mathilde Panot

C'est-à-dire que par exemple, nous avons fait une promesse commune, c'était juste après le passage en force de la retraite à 64 ans, je le rappelle, contre tout un peuple, contre l'ensemble des syndicats, et y compris même contre l'Assemblée Nationale, qui était passée par le centième 49.3 de l'histoire de la Ve République, tout un symbole, pour passer en force ces deux ans de vie volée. Eh bien nous avions fait à l'époque, avec la NUPES, une promesse, l'ensemble des composantes, notamment le Parti Socialiste, de tout faire pour revenir à la retraite à 60 ans. Et je remarque que le Parti Socialiste ne porte absolument plus cela.

Donc quand vous n'êtes même pas au pouvoir et que déjà vous renoncez, c'est un mauvais signe. Et puis nous nous rappelons, nous, du quinquennat François Hollande, avec la déchéance de nationalité, avec les lois El Khomri, et le cadeau qu'ils nous ont fait d'Emmanuel Macron pendant dix ans.

22:56
Intervenant

Et surtout le temps de travail, la question du temps de travail aussi. Autre point commun avec le Parti Socialiste, vous défendez la semaine de travail à 32 heures. Est-ce que vous êtes certain que ça créerait de nouveaux emplois ?

23:04
Mathilde Panot

Quand vous regardez les créations d'emplois du XXe siècle, la plus forte création d'emplois du XXIe siècle, c'est au moment où elles ont été mises en place les 35 heures, avec 350 000 emplois nets qui ont été créés à ce moment-là. Et non seulement je pense que ça créerait de l'emploi, mais en plus de cela, cela correspond à ce que nous, nous portons sur la civilisation du temps libéré, d'avoir du temps pour les associations, du temps pour les gens qu'on aime, du temps pour soi. Et c'est pourquoi nous portons à la fois la diminution du temps de travail dans la semaine, 32 heures, mais aussi dans l'année, sixième semaine de congés payés, et dans la vie, évidemment, avec la retraite à 60 ans.

23:40
Intervenant

Justement, si c'est aussi bénéfique, pourquoi d'autres pays européens, avec une croissance parfois supérieure à celle de la France, ne le font pas ? Je pense à l'Espagne, par exemple, qui ne l'a pas fait, finalement.

23:47
Mathilde Panot

Parce que les Espagnols font bien comme ils veulent, mais vous savez, nous, on a fait des choses dans notre histoire qu'aucun autre pays n'avait fait avant nous. On a fait, par exemple, un système de sécurité sociale qui était envié dans le monde entier et qui, j'espère, continuera de l'être si nous ne le détruisons pas entièrement. Donc, nous pouvons aussi inventer d'autres choses. Et par ailleurs, ça existe déjà, y compris en France, dans certaines entreprises qui, d'ores et déjà, pratiquent les 32 heures et trouvent nombreuses...

24:12
Présentateur

Oui, alors c'est la semaine de 4 jours, des fois payée sur la base de 4 jours aussi.

24:16
Mathilde Panot

Eh bien, nous, nous paierons sur... Non, c'est ça que je veux dire. Vous avez raison, mais non, mais vous avez raison. C'est un enjeu sur la question des salaires qui doivent continuer d'augmenter.

24:24
Intervenant

Hugo ? Oui, madame Pannot, il y a une question pour vous de Drapeau qui vous demande que pensez-vous de la proposition de Louis Sarkozy qui consiste à vouloir la suppression pure et somme du SMIC ? Je le cite, notre SMIC est un crime social, un salarié sur 10 est coincé, il faut le remplacer par un crédit d'impôt sur les bas salaires.

24:40
Mathilde Panot

Il n'est plus à une provocation près. Ça me fait même plaisir qu'on me dise ça parce que je n'avais pas entendu cette nouvelle absurdité qui a été faite. Bon, il est très clair que Louis Sarkozy, en plus de manier à la fois l'islamophobie et la haine dans notre pays, veut détruire absolument tout ce qui ont été les conquêtes sociales de notre pays. Et on le voit, on a des attaques très fortes. Alors, lui parle d'enlever le SMIC, d'autres parlent de détruire le temps de travail, donc de sortir des 35 heures dont nous sommes déjà largement, malheureusement, sortis. Certains parlent de s'attaquer au 1er mai.

Enfin, je trouve ça incroyable, je le dis quand même, que personne n'est remarqué qu'on a un pouvoir qui d'ores et déjà ne respecte plus le résultat des urnes, c'est ce qui s'est passé en 2024 avec les élections législatives, ne nous fait plus voter de budget depuis 3 ans, il se passe en force par 49.3, désormais décide tout seul qu'ils vont couper 6 milliards au soir, sans aucun débat ou vote démocratique.

Et vous avez quand même un Premier ministre qui non seulement a appelé un boulanger qui avait été sanctionné par l'inspection du travail pour le féliciter d'avoir ouvert avec son salarié alors que c'est illégal et que c'est contre la loi d'aujourd'hui, nous l'avions fait échouer, mais en plus de ça, lui assurer personnellement qu'il n'aurait pas de suite à cela.

Donc, nous sommes dans un moment où il y a une attaque très forte contre les conquêtes sociales et moi, ce que je veux dire dans l'élection présidentielle qui arrive, c'est que non seulement nous ne sommes pas condamnés à vivre toujours plus mal, mais même nous pouvons vivre mieux et c'est ce que nous allons démontrer dans cette campagne présidentielle.

26:04
Présentateur

Vous parliez d'argent. Dans ce contexte international, le budget de la défense doit-il être prioritaire, voire même sacralisé ? Stéphanie ?

26:10
Intervenant

La loi de programmation militaire va être votée demain à l'Assemblée nationale. Elle prévoyait beaucoup de l'argent en plus pour l'armée et cette fois, c'est une nouvelle rallonge, 36 milliards de plus. Est-ce que vous la voterez ?

26:21
Mathilde Panot

Alors non, nous voterons contre. D'abord parce que ces 36 milliards, elles ne correspondent à aucun nouveau besoin. Donc, il faut comprendre, c'est une loi d'actualisation de la loi de programmation militaire qui nous avait été présentée, je crois, il y a deux ans. Donc, ça ne correspond à aucun nouveau besoin supplémentaire. Ce qui montre d'abord une première chose, c'est que la loi de programmation militaire qui nous avait d'abord été présentée était une loi de programmation militaire qui était insincère. Ce qui devrait quand même poser problème aux gens qui veulent respecter l'Assemblée nationale, la démocratie, etc. Donc, nous ne la voterons pas. Ça, c'est la première chose.

Parce qu'il n'y a pas ces besoins. Est-ce qu'il n'y a pas de besoins ? Vous vous estimez que dans le contexte Vous avez dit qu'il n'y a pas de besoins supplémentaires. Il ne faut pas renforcer la défense ? Non. Ça ne répond pas à de nouveaux besoins. L'argent n'est pas au bon endroit. C'est ça que vous dites ? Non, mais comprenez. Regardez. Si on nous disait, par exemple, il y a des nouveaux besoins, on va répondre à ces nouveaux besoins qui sont de temps en temps. Là, on nous dit, il y a besoin de 36 milliards supplémentaires sur 4 ans. Il y a de l'argent fléché vers les drones, par exemple. Oui, mais d'accord.

Mais vous comprenez que ça veut dire que la loi de programmation militaire qu'on nous a présentée au départ était une loi de programmation qui était insincère. Qui était en dessous des besoins, c'est ça que vous voulez dire. Exactement. Sinon, on ne viendrait pas nous chercher.

27:29
Présentateur

C'est un rattrapage.

27:29
Mathilde Panot

Non, ça veut dire que ce qu'on nous a présenté comme étant la loi de programmation militaire ne correspondait pas à la sincérité. Mais si elle était insincère. D'accord. Donc ça, c'est la première chose. Admettons, elle est insincère. La deuxième chose.

27:37
Présentateur

C'est-à-dire qu'il manquait de l'argent, donc il faut peut-être en remettre, justement.

27:40
Mathilde Panot

Oui, mais d'accord. Mais la deuxième chose, c'est justement, pour répondre à quels besoins, si je reprends la question des besoins, vous comprenez que les guerres actuelles ne sont plus les guerres traditionnelles comme nous avions auparavant. Et il faut pouvoir répondre à des nouveaux enjeux. Par exemple, nous avons entendu le président de la République dire que, par exemple, un hôpital français a été cyberattaqué. Bon, les cyberattaques vont être une nouvelle forme des guerres non traditionnelles. Est-ce qu'on va répondre à ça ? Non, on n'y répond pas dans cette loi de programmation militaire.

Et pire que ça, nous avons un gouvernement qui décide de mettre en opposition les services publics et la défense nationale en décidant, du coup, qu'il faut encore rogner sur la santé et autres, ce qu'ils sont en train de faire avec les 6 milliards qu'ils annulent, pour pouvoir continuer une loi de programmation militaire qui, pour nous, est complètement anachronique. Donc, nous ne sommes pas d'accord avec cela. S'il y a besoin d'argent pour répondre à des besoins, alors il faut aller chercher cet argent dans les poches de ceux qui se sont enrichis, réaliser... Je vais juste vous donner un chiffre pour que vous réalisiez ce dont je suis en train de parler.

En 1996, les 500 plus grandes fortunes de notre pays détenaient 6% du PIB. Aujourd'hui, ces mêmes 500 grandes fortunes détiennent 42% du PIB. Donc, maintenant, ça suffit d'avoir des très riches qui pillent notre pays. S'il y a des besoins, il faut y répondre, mais pas de la manière dont le fait le gouvernement actuellement.

28:57
Intervenant

Si on n'y répond pas en termes de moyens, ça revient à rester sous le parapluie américain dont on a vu ces derniers mois qu'il n'était pas toujours très prédisposé à venir aider l'Europe.

29:07
Mathilde Panot

Justement, là, par exemple, on reste toujours avec Microsoft, on reste toujours avec Palantir, donc en fait, on reste toujours dans des dépendances états-uniennes. Nous restons toujours dans l'OTAN, nous restons toujours dans la promesse qui a été faite sous menace à Donald Trump de donner 5% de notre économie aux dépenses militaires. Nous ne sommes pas d'accord avec cela. Vous savez que quand vous achetez différentes armes, avions, etc., ce sont les États-Unis qui restent maîtres sur ce que vous achetez, même lorsque vous l'avez acheté.

Donc, nous, évidemment, ça va coûter de l'argent d'être ce que nous nous proposons, c'est-à-dire d'être non alignés au service de la paix, de pouvoir être indépendants et donc souverains sur notre propre défense, mais pas de la manière dont ils sont en train de le faire qui reste justement dans la domination états-unienne.

29:48
Présentateur

Il y a un autre texte à l'ordre du jour, cette semaine à l'Assemblée nationale, Stéphanie, c'est la loi d'urgence agricole.

29:53
Intervenant

Elle veut, par exemple, faciliter la création de réserves d'eau, assouplir les démarches pour agrandir les élevages. Annie Genevard, la ministre, espère ainsi réconcilier agriculteurs et écologistes. Là aussi, vous allez voter contre ?

30:04
Mathilde Panot

Bien sûr. D'abord parce que ce texte contient des régressions extrêmement graves. Vous avez parlé de la question de l'eau, de la question de fermes usines qui pourraient être facilitées par ce texte, comme si on n'avait absolument rien appris du fait que nous étions entrés dans l'ère des zoonoses, c'est-à-dire des maladies qui se transmettent des animaux vers les êtres humains. Ça, c'est la deuxième chose. Et puis surtout, ne soyons pas dupes de ce qui est en train de se passer. Nous, nous savons qu'au Sénat, un certain sénateur Duplomb a prévu de réintroduire l'acétamipride dans ce texte.

30:36
Intervenant

Le gouvernement a dit qu'il n'accepterait pas, que ce n'était pas le sujet de ce texte-là.

30:39
Mathilde Panot

Moi, je ne crois absolument pas à ça. Ce qui est en train de se passer, c'est qu'ils essayent de passer par la fenêtre pour réintroduire, donc pour que tout le monde comprenne, ce néonicotinoïde qui est l'acétamipride et qui avait provoqué notamment la signature de plus de 2 millions de nos concitoyens et concitoyennes en plein été, notamment parce que la Ligue contre le cancer, nombre de scientifiques... Donc vous dites que si la loi d'urgence agricole

30:59
Présentateur

est votée, c'est le retour de l'acétamipride ?

31:01
Mathilde Panot

Ce n'est pas dans le texte. Les sénateurs républicains

31:05
Intervenant

ont dit qu'ils allaient essayer de les réintroduire. Oui, mais ce n'est pas dans le texte. Ce n'est pas dans le texte. Et a priori, l'Assemblée aura le dernier mot.

31:10
Mathilde Panot

Oui, et qu'est-ce qui s'est passé la dernière fois lors de la loi Duplomb ?

31:14
Intervenant

Qui a voté contre ?

31:15
Mathilde Panot

En commission.

31:15
Intervenant

Vous étiez un minoritaire à voter contre. Là, en commission, le bloc central s'est opposé à la réintroduction.

31:19
Mathilde Panot

Oui, et bien je vais vous dire, nous verrons ce qui sera en train de se passer, mais moi je veux lancer une alerte sur ce sujet. Parce que les citoyens et les citoyennes avaient raison de dire que c'est un système qui nous rend malade et que le fait d'avoir un cancer, par exemple, n'est pas le fait de pas de faute, pas de responsabilité, pas de chance. C'est d'abord un système qui directement rend malade les gens dans ce pays. Et donc nous, nous ne sommes pas d'accord avec le fait qu'on abaisse les normes environnementales et autres.

Et si on veut vraiment aider les agriculteurs, le vrai scandale, c'est ce qui s'est passé le 1er mai dernier avec le fait d'avoir mis en application provisoire le traité avec le Mercosur sans aucun vote à l'Assemblée nationale, sans aucun vote au Parlement européen et qui va, pour le coup, amener dans notre territoire des centaines de pesticides interdits en France et en Europe.

32:04
Présentateur

L'ordre du jour à l'Assemblée nationale est très varié. Il y a un sujet qui va revenir, c'est celui sur la fin de vie, Hervé.

32:09
Intervenant

Oui, les sénateurs ont repoussé pour la deuxième fois la semaine dernière le texte sur l'aide à mourir. Le texte va revenir fin juin à l'Assemblée nationale. On voit mal dans les conditions du débat comment on pourrait déboucher sur un accord entre les différents groupes parlementaires. Bruno Retailleau propose un référendum sur la question de la fin de vie. Je voudrais savoir si vous trouvez que c'est une bonne idée.

32:31
Mathilde Panot

S'il y avait un référendum, nous le gagnerons.

32:33
Présentateur

Oui, mais est-ce que c'est une bonne idée de faire un référendum ?

32:35
Mathilde Panot

Non, mais je le dis quand même pour commencer parce que si on avait un référendum, on le gagnerait largement. Donc vous dites qu'il faut un référendum ? Non, je vais vous expliquer pourquoi. C'est une idée qui s'est largement répandue dans la société et qui aujourd'hui est une attente très forte de millions et de millions de gens qui ont compris qu'il n'était pas possible de laisser souffrir des gens pendant des mois et des mois sans leur offrir la possibilité, lorsqu'ils le souhaitent dans des critères très stricts, la possibilité de choisir eux-mêmes d'éteindre la lumière.

33:05
Présentateur

Pour que les gens choisissent aussi leur destin ?

33:07
Mathilde Panot

Oui, ça pourrait, mais il se trouve que nous avons une procédure parlementaire et que cette procédure parlementaire est quasiment arrivée à son terme. Donc vous croyez encore

33:16
Intervenant

que ça puisse déboucher ? C'est ça que vous voulez dire ? Oui, bien sûr. Mais vous n'êtes pas

33:19
Mathilde Panot

pourrez-vous retrouver

33:20
Présentateur

une majorité ?

33:21
Mathilde Panot

C'est une possibilité.

33:23
Présentateur

Mais ce n'est pas votre possibilité première ?

33:24
Mathilde Panot

On va dire que c'est un peu le même choix qu'on avait lorsqu'on m'avait posé la question de savoir si je voulais un référendum sur le fait d'inscrire dans la Constitution le droit à l'avortement qui était une des possibilités. Soit on passe par le Congrès, soit on passe par le référendum. Et vous savez...

33:38
Présentateur

Vous dites, vous, c'est les parlementaires qui doivent prendre leurs responsabilités ?

33:41
Mathilde Panot

C'est-à-dire que nous avons tellement travaillé ce texte. Arriver à des formes de compromis aussi sur les critères que nous voulons mettre, travailler avec les uns et les autres qui sont à chaque fois... C'est un texte qui renvoie quand même à des choses très intimes chez chacun et chacune. C'est peut-être aux Français

33:57
Présentateur

de décider, justement.

33:58
Mathilde Panot

Oui, mais... Écoutez, si la question c'est est-ce que j'ai peur du référendum, la réponse est non.

34:03
Intervenant

Est-ce que vous voulez arrêter pas ma question ? Oui. Non, mais du coup, ajoutons à ce que vous dites, si finalement, malgré votre pronostic, vous n'arrivez pas à trouver une majorité sur ce texte, alors à ce moment-là, est-ce qu'un référendum peut être une bonne idée ?

34:17
Mathilde Panot

Oui, pourquoi pas. Après, il y a une élection présidentielle en 2027 qui pourra aussi jouer le rôle du référendum puisque depuis des années, nous nous proposons d'inscrire ce droit dans la Constitution, dans la norme suprême. Mais encore une fois, moi j'espère qu'on puisse arriver au terme des travaux législatifs, notamment parce que c'est tellement attendu. Enfin, il faut quand même se rendre compte que la dernière fois... Oui, mais justement, justement, monsieur Le Tellier, la dernière fois, on avait déjà eu une première discussion sur ce texte. Il se trouve qu'après, je rappelle qu'il y a eu la dissolution.

Je rappelle qu'à un moment, ce texte a été reporté parce qu'il y avait une visite du pape, etc. Donc, ça fait très longtemps qu'on attend ce texte. Nous sommes à deux doigts d'aboutir.

34:58
Intervenant

Vous soupçonnez, Bruno Retailleau, au fond, de faire une manœuvre de retardement ?

35:03
Mathilde Panot

C'est-à-dire que je n'ai jamais vu la droite républicaine, certains d'entre eux y sont favorables, mais je ne l'ai jamais vu être très enthousiaste sur le fait d'avoir ce nouveau droit qui serait offert au peuple de France. Donc, oui, je soupçonne que ça puisse être aussi une manière de dire qu'on gagne du temps ou je ne sais quoi. Pour vous, ça doit aller jusqu'au bout du travail parlementaire ? Oui, moi, je pense qu'on est à deux doigts d'aboutir et qu'il faut aboutir sur ce texte qui est encore une fois un texte très attendu.

35:30
Présentateur

À propos de référendum, vous avez noté quelque chose dans le programme de la France Insoumise, Hervé.

35:33
Intervenant

Dans le programme de votre parti, il est convenu qu'en cas d'élection de votre candidat à la présidentielle, sa première décision serait de créer une assemblée constituante qui, j'ai lu votre texte, serait chargée de préparer de nouvelles institutions qui travailleraient pendant deux ans et au bout de deux ans, le texte qu'elle aurait produit, cette constituante, serait soumis à un référendum. Je voudrais simplement savoir, parce que je n'ai pas trouvé cette réponse dans votre projet, qu'est-ce qu'on fait pendant les deux ans ? Comment le pays est-il gouverné en attendant cette proposition de référendum ?

36:06
Mathilde Panot

Alors, vous en serez plus dans le projet programmatique que nous avons pour 2027 puisque nous sommes en train à la fois d'avoir des contributions individuelles sur le programme mais aussi en train de faire des auditions de syndicats, d'associations. Donc pendant deux ans,

36:18
Présentateur

c'est la Ve République qui continue ?

36:19
Mathilde Panot

Là, c'est pour le programme de 2027 que vous pourrez trouver sur mélenchon2027.fr sur lequel on peut continuer de signer pour finir cette candidature. Alors, la deuxième chose, c'est qu'est-ce qui se passerait le temps du travail de la constituante ? On a dit deux ans mais c'est une sorte d'idée généralement, on s'est calé sur des pays qu'on avait vu faire des constituantes sur combien de temps il fallait de discussions, de travail. Nous, comment on imagine les choses ? D'abord, il y a évidemment un gouvernement qui agit normalement, c'est-à-dire prend toutes les mesures d'urgence que nous voulons faire, fait des lois en lien avec l'Assemblée nationale.

36:52
Présentateur

Il y a les votes du budget comme tous les ans.

36:54
Mathilde Panot

Exactement. Je veux dire, ça, ça continue. Mais dans le même temps, vous avez du coup un processus constituant qui est travaillé. Donc, nous, on avait proposé qu'il y ait une élection pour la constituante avec, par exemple, nous, on proposerait dans la constituante le fait d'avoir un référendum d'initiative citoyenne avec notamment le référendum révocatoire. On proposerait de mettre des droits dans la constitution, etc. D'autres proposeraient, je ne sais pas, une 5e République bis, chacun voteraient.

Et puis, on avait proposé de mettre un dernier bulletin qui est un bulletin tirage au sort où si, par exemple, 10% des gens prennent le bulletin tirage au sort, alors 10% de la constituante serait tirée au sort. Si c'est 20%, 20%. Bon. Et donc, dans ce temps de travail, vous avez à la fois le temps de travail où, j'imagine que, par exemple, la constituante pourrait auditionner des experts, des juristes qui se mettraient à disposition de la constituante sur un certain nombre de points.

Et puis, on imagine aussi qu'il y aurait une émulation un peu partout dans le pays avec des assemblées qui se réuniraient un peu partout et qui auraient un droit d'interpellation de la constituante et donc, ils travailleraient un peu partout.

37:53
Présentateur

Mais ce que veut dire, c'est que pendant ces deux ans, imaginons, le pays continue à tourner quand même. C'est les institutions de la 5e République qui s'appliquent toujours.

37:58
Mathilde Panot

Bien sûr. Tant que le peuple n'a pas décidé de changer de constitution et donc de changer les règles du jeu, c'est évidemment la 5e République qui s'appliquera.

38:05
Intervenant

Mélanchon démissionne ?

38:07
Mathilde Panot

Pourquoi ?

38:08
Intervenant

Une nouvelle institution. Quand il y aura

38:10
Mathilde Panot

des nouvelles institutions, oui, de toute façon, on changera. Donc, il n'y aura pas

38:13
Intervenant

jusqu'au bout des 5 ans ou 2 ans.

38:15
Mathilde Panot

On verra en termes de calendrier, mais en tout cas, l'idée, c'est d'avoir des nouvelles institutions qui sont décidées par le peuple lui-même et qui permettent au peuple surtout de garder le pouvoir et de ne pas juste voter une fois tous les 5 ans et ensuite de n'avoir plus rien à dire.

38:28
Intervenant

Autre date importante, c'est mercredi à l'Assemblée, Rémi. Oui, les députés vont devoir se prononcer sur la proposition de nommer Emmanuel Moulin à la tête de la Banque de France. Donc, c'est l'ancien secrétaire général de l'Élysée sous Emmanuel Macron. Vous, vous êtes contre. Pourquoi ? Vous pensez qu'il n'a pas le niveau, qu'il n'a pas les bonnes compétences ?

38:42
Mathilde Panot

Ce n'est même pas ça. C'est que nous, on est révoltés de voir la République des Copains qui est en train d'installer Emmanuel Macron. Je veux dire, c'est la première fois, c'est inédit dans notre histoire que vous avez quelqu'un qui vient de l'exécutif de l'Élysée, le secrétaire général de l'Élysée, qui arrive directement à un poste comme celui de la Banque de France dont il est pourtant dit dedans qu'il doit être indépendant de l'État et qui est contraire à la déontologie. C'est un peu comme pour Amélie de Manchalin qui est aujourd'hui à la tête de la Cour des Comptes et qui peut rester jusqu'en 2053. D'accord ?

Et qui est à la Cour des Comptes pour contrôler des budgets qu'elle a elle-même fait comme ministre. Ça, ça ne s'est jamais vu dans la fin de la République. Il aurait fallu au moins

39:21
Présentateur

un sens de décompression de quelques années ?

39:24
Mathilde Panot

Oui, bien sûr. Il est inscrit dedans qu'ils doivent être indépendants. Je veux dire que généralement, vous ayez des gens qui nomment, des gens qui sont plutôt proches d'eux. Ça, c'est une chose.

39:33
Intervenant

C'est vieux comme la cinquième République.

39:35
Mathilde Panot

C'est pas nouveau. C'est une chose qu'on peut critiquer, mais c'est une chose. Mais d'avoir des gens qui passent de l'exécutif directement à des fonctions dont il est écrit qu'elles doivent être indépendantes, ça, c'est inédit. Et ça, on n'est pas d'accord avec cela.

39:48
Intervenant

D'accord. Sur le cas d'Emmanuel Moulin, est-ce que vous appelez toutes les oppositions à se mettre ensemble pour bloquer cette...

39:53
Mathilde Panot

Oui, enfin, sauf que je rappelle que par exemple, Richard Ferrand, vous savez, quand il a été élu à la présidence du Conseil constitutionnel, il est passé grâce aux voix du RN et de l'UDR, vous vous en rappelez ? Et il se trouve que là, par exemple, pour que tout le monde comprenne, pour que là, il ne soit pas nommé à ce postre-là, il faut qu'il y ait trois cinquièmes des parlementaires qui s'y opposent. Trois cinquièmes, ça veut dire par exemple que LR ne doit pas voter pour. Or, nous savons, nous entendons des bruits de couloir qu'il y aurait un petit deal entre Moulin à la Banque de France et de l'autre côté, il y aurait M.

Buffet comme défenseur des droits qui est celui qui a par exemple voté contre l'inscription du droit à l'avortement dans la Constitution qui était opposé au mariage pour tous et donc si ce genre de deal se reproduit, bon, vous voyez ce que ça crée. Donc moi, j'appelle sans aucun espoir de rien à juste respecter les formes républicaines.

40:42
Présentateur

C'est-à-dire ?

40:43
Mathilde Panot

À voter contre.

40:44
Présentateur

À voter contre, oui. Mais vous appelez tous les groupes à le faire, enfin tous les groupes d'opposition à le faire.

40:47
Mathilde Panot

Mais tout le monde, après, ils ont dit, ils ont dit, qu'est-ce que vous voulez

40:49
Présentateur

que vous disez ? Chez Macroniste, il y a peu de chance quand même.

40:52
Mathilde Panot

Ah, vous savez, en ce moment, il y a tellement une ambiance de pourrissement et de délitement du pouvoir. Vous n'avez qu'à voir comme ils se détestent tous entre eux, comme ils sont en train de créer des parties par là et des parties par ci.

41:03
Présentateur

Vous n'excluez pas un coup de théâtre de ce côté-là ?

41:05
Mathilde Panot

Ah, tout est possible. Vous savez qu'il y a trois semaines, 1er mai, même si derrière, ils ont essayé de passer ensuite. Et puis, quand même, M. Le Tellier, ils étaient tellement démobilisés à la fin, tellement dépités de ce qu'on avait fait, que nous, la France insoumise, avec quelque chose comme 55 députés, on devait être à ce moment-là dans l'hémicycle. Nous étions majoritaires dans tout l'hémicycle et donc, on leur a même cassé leur énième réforme de l'assurance chômage. Autant vous dire que la Macronie n'est pas au mieux de sa forme. Il peut manquer des voix de ce côté-là. Il est plus que temps que cette fin de règne se termine.

41:39
Présentateur

Et il peut manquer des voix pour Emmanuel Moulin de ce côté-là, vous pensez ?

41:42
Mathilde Panot

Je ne sais pas, je verrai.

41:44
Présentateur

En tout cas, après la saison des déclarations de candidature pour la présidentielle, voici celle des meetings qui arrivent. Jean-Luc Mélenchon le 7 juin à Saint-Denis et la gauche en ordre

41:51
Intervenant

dispersée, Rémi. Oui, justement, en 2022, après sa défaite à l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon avait dit « faites mieux ». Aujourd'hui, on voit qu'il est à nouveau candidat à l'élection présidentielle. Il y a eu un échec dans le renouvellement à la tête de la France Insoumise. Vous n'y êtes pas arrivée ?

42:05
Mathilde Panot

Je ne crois pas, au contraire. Dites-moi, combien de personnes vous connaissez au groupe de la France Insoumise ? Nous avons, pour le coup, Jean-Luc Mélenchon a été remplacé à la tête du groupe parlementaire. Je le sais très bien puisque c'est moi qui ai pris la présidence. Là, on parle de l'Élysée. Non, non, attendez, on va continuer. Il a été remplacé à la tête du mouvement. C'est Emmanuel Bompard qui est à la tête du mouvement. À l'Élysée, il est remplacé. À la tête de la Boétie, c'est Clémence Guettet qui est à la tête de la Boétie, etc.

42:29
Intervenant

C'est le co-président.

42:29
Mathilde Panot

Donc, je vais vous dire, on fait mieux collectivement et, par exemple, si je vous demande qui est-ce que vous connaissez autour de M. Ruffin comme équipe, qui est-ce que vous connaissez autour de M. Glucksmann ? Sophie Telge-Paul. Oui, d'accord, vous m'avez cité un nom, c'est bien. C'est bien c'est jumelle. Mais ce que je veux dire, c'est que Jean-Luc Mélenchon est le seul homme politique qui a fait émerger non seulement une équipe capable de gouverner, mais en plus de cela, un programme, et nous, nous avons un programme, nous le faisons sérieusement, et nous, nous avons un seul candidat.

42:59
Intervenant

Et tout de même, pour votre génération, les cadras de la France insoumise, il n'y a pas une frustration quand même ? Ça aurait dû être quelqu'un de votre génération qui serait candidat à cette...

43:07
Mathilde Panot

Il n'y a aucune frustration, juste une grande fierté de la force populaire que nous sommes en train de construire. Et je vais vous dire... Vous voyez autour de vous,

43:13
Présentateur

Gabriel Attal, Jordan Bardella, c'est une nouvelle génération, ça.

43:16
Mathilde Panot

Oui, oui, enfin, c'est un peu... Ce n'est pas tout à fait les mêmes niveaux, vous voyez ? Jean-Luc Mélenchon... Juste de génération. Non, pas personne n'a le niveau, je ne dis pas ça, mais nous, on est un collectif. Nous, on fait, y compris de la politique, contrairement à d'autres qui veulent simplement avoir à un moment leur place de ministre, de Premier ministre, de Président de la République. Nous, nous n'aspirons pas à juste gouverner le pays comme des gestionnaires pendant cinq années. Nous, nous nous plaçons dans une histoire longue de ce que nous portons. Et nous, nous voulons changer la vie des gens, changer ce pays. Donc, c'est ça que nous sommes en train de faire.

Et je vais vous dire, Jean-Luc Mélenchon est quelqu'un qui a non seulement une profondeur politique, historique, et qui a, contrairement à beaucoup d'autres, la reconnaissance de chefs d'État internationaux parce que nous, nous nous sommes toujours intéressés à l'international. Et donc, je crois que qui peut faire mieux que Jean-Luc Mélenchon ? Je viens Jean-Luc Mélenchon avec nous.

44:06
Intervenant

En cas de second tour, Jean-Luc Mélenchon, il peut rassembler face au RN ? Aujourd'hui, on voit qu'il est largement battu dans les sondages.

44:11
Mathilde Panot

Vous savez, les sondages, à chaque fois, on nous annonce le pire. La dernière fois, en 2024, 27 sondages sur 27 dans l'extrême droite en tête. Et c'est nous qui l'avons emporté. Et je vais vous dire, dans votre sondage, le sondage dont vous parlez, il se trouve qu'il y a 25% des socialistes qui voteraient pour l'extrême droite et qui ne voteraient pas pour Jean-Luc Mélenchon. Je trouve que ce sondage est très loin de ce qui pourrait se passer. Et je vais vous dire, là, pourquoi est-ce qu'on commence la campagne présidentielle différemment ?

D'abord, parce que tout le monde explique qu'on pourrait être au second tour, que nous avons eu les 150 000 parrainages citoyens sur mélenchon2027.fr en seulement moins de 24 heures, en 23 heures exactement, donc de manière extrêmement rapide. Et que je crois qu'il continuera d'avoir un rassemblement autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Et qu'au moment où, vraiment, on a déjà des vers populaires, vous allez voir dans la suite de la campagne. Vous verrez.

45:01
Intervenant

Des départs.

45:02
Mathilde Panot

Mais, des départs ?

45:03
Intervenant

C'est ce que vous dites, chez les écologistes.

45:06
Mathilde Panot

Ah, il y a déjà eu des départs. Je pensais que vous voulais parler des départs chez nous.

45:09
Présentateur

Vous pensez diviser les communistes, les écologistes, les socialistes ?

45:13
Mathilde Panot

Non, on ne pense pas les diviser. On leur a même proposé une alliance qui a incuré les sénatoriales, les présidentielles et les législatives, qui est le bloc de la censure et donc de la rupture. Mais, je vais vous dire, au moment où, si c'est vraiment nous au second tour contre l'extrême droite, chacun devra choisir son camp. Chacun devra choisir son camp. Et j'ose espérer dans ce pays qu'un pays qui, en 2024, s'est mobilisé en masse pour battre l'extrême droite, je ne crois pas que deux ou trois ans après, d'un coup, ce soit l'extrême droite qui arrive au pouvoir.

Je n'y crois pas une seule seconde et nous, nous mettrons toute notre énergie à faire en sorte que les gens reviennent aux urnes.

45:46
Intervenant

Hugo ? Oui, Madame Panot, j'avais une question en termes de cybersécurité. LFI a été victime d'un hack qui concernerait 120 000 adresses mail, 20 000 numéros de téléphone et des données personnelles couvrant de 2017 à 2026. Est-ce que vous confirmez ces chiffres-là ? Il y a eu un signalement à la CNIL qui a eu lieu. Est-ce que vous confirmez ces chiffres-là et comment vous allez tenter de sécuriser les données de vos militants dans cette campagne ?

46:09
Mathilde Panot

Là, je vais m'avouer incompétente. Il faut demander à Emmanuel Montpard, je n'ai pas les détails. Je sais qu'il y a eu un signalement qui a été fait à la CNIL, je sais qu'il y a eu un hack informatique, je ne sais pas du tout et qui était avant le lancement de candidature de Jean-Luc Mélenchon pour 2027. Je ne sais pas combien de personnes... Par contre, je sais que ça a eu lieu avant mais je ne sais pas exactement combien de personnes ça concerne et j'imagine évidemment qu'on a mis toutes les mesures en place pour protéger le plus possible les données mais ça, il faudra demander directement à Emmanuel Montpard parce que moi, je n'ai pas les informations directement dessus.

46:45
Intervenant

Hervé. Alors, je reviens à votre programme dont vous nous avez dit qu'il n'est pas encore définitif mais...

46:50
Mathilde Panot

On y travaille, mais c'est bien.

46:52
Intervenant

On y trouve beaucoup de choses et notamment, j'ai lu que la France Insoumise promet de mettre fin à ce que vous appelez la monarchie présidentielle parce que, dites-vous, elle permet l'avènement d'un pouvoir solitaire. Alors, quand on voit les conditions de désignation de votre candidat Jean-Luc Mélenchon, est-ce que vous avez vraiment l'impression de donner le bon exemple en matière de lutte contre le pouvoir solitaire ? Je rappelle pour ceux qui nous suivent, une désignation accélérée un peu par surprise un dimanche matin en quelques heures par acclamation. Est-ce que c'est vraiment la panacée à l'intérieur d'un parti démocratique ?

47:27
Mathilde Panot

Alors, ce n'est pas du tout comme ça que ça s'est passé.

47:29
Intervenant

Mais vous n'avez pas tout nous expliqué parce que le temps passe vite.

47:31
Mathilde Panot

Non, alors nous avons fait d'abord proposition de la coordination qui a voté, proposition de l'intergroupe dans lequel il y a les députés, les députés européens mais aussi les maires de la France Insoumise qui ont eu aussi voté et ensuite, nous avons proposé une procédure qui est une procédure que nous voudrions proposer à l'ensemble du pays qui est de dire soit les parrainages de 500 maires, ce que les maires ne demandent pas qui est compliqué pour eux, soit les parrainages de 150 000 citoyens et citoyennes et c'est ce que nous avons fait. Il se trouve qu'aujourd'hui, il y a 275 000 personnes qui soutiennent la candidature de Jean-Luc Mélenchon ce qui n'est pas exactement rien.

48:06
Intervenant

Ça, c'est la première chose. Vous manquiez tout à l'heure les partis où il y a beaucoup de candidats. Vous, dans votre parti, il y en a un seul. C'est plus simple.

48:11
Mathilde Panot

Ah ben, c'est comme dit Jean-Luc Mélenchon, nous, c'est carré. Nous, au moins, ce n'est pas le bordel de partout. Mais il n'y a pas de vote. Excusez-nous, si on a voté, je vous l'ai dit à deux reprises. On a voté, on a demandé s'il y avait d'autres candidatures. Donc, si, si, on a voté. Un carré, il y a quatre côtés

48:25
Intervenant

chez vous, il n'y en a qu'un seul.

48:26
Mathilde Panot

Ah non, vous savez que nous avons une équipe pour le coup. Et je pense que les gens la connaissent.

48:32
Intervenant

Je vous asticote un peu, mais quand même, votre parti est le parti en France qui propose un seul candidat à l'élection présidentielle en son sein. Nous proposons un seul programme et nous dirons exactement la même chose. Et donc le vote de ratification est plus facile.

48:47
Mathilde Panot

Non, comme nous le faisons comme députés, comme nous avons à chaque fois respecté notre parole devant les électeurs et les électrices, nous ferons la même chose au pouvoir. Je vais vous dire, je trouve que cela offre un spectacle qui n'est pas le spectacle lamentable que nous voyons dans toutes les autres formations politiques où tout le monde critique son camarade ou sa camarade pour expliquer qu'il serait plus beau avec telle cravate, tel cheveu ou je ne sais quoi. C'est le jeu démocratique. Non, non, nous, nous savons ce que nous voulons proposer au pays.

Nous savons pourquoi nous nous battons et je crois que ça offre justement l'image d'un mouvement politique qui est en ordre de bataille pour gagner ce pays, pour faire en sorte qu'on invente un autre avenir collectivement et sur la monarchie présidentielle, oui, nous voulons en finir avec le fait qu'un homme puisse décider seul contre tout le monde, ce qu'a fait Emmanuel Macron et donc qu'on redonne le pouvoir au peuple.

49:31
Intervenant

Pour en revenir à la désignation des candidats, avec les dissensions au PS, la primaire à gauche semble bien mal partie, voire en mort clinique. Est-ce que vous, vous en félicitez comme François Hollande ?

49:40
Mathilde Panot

Non, je ne m'en félicite pas. C'est leur problème, c'est qu'ils se débrouillent Je le dis juste, je dis juste que puisqu'on appelle cette gauche la gauche non-mélenchoniste, Où il y a des votes ?

49:51
Présentateur

Où il y a des votes ?

49:52
Mathilde Panot

Jean-Luc Mélenchon Il y a plein de votes chez eux. Vous savez, nous aussi, moi je suis président d'un groupe où on vote toutes les semaines. Mais détester Jean-Luc Mélenchon et détester la France insoumise n'est pas un programme à offrir au pays. Et si je pouvais me permettre un petit conseil, peut-être qu'il devrait arrêter de parler de nous et enfin proposer des choses au pays.

50:09
Intervenant

Vous l'avez évoqué tout à l'heure pour les législatives après la présidentielle, donc Jean-Luc Mélenchon pour faire un accord avec toute la gauche, même le PS. Est-ce que cela veut dire en creux que les filles ne peuvent pas gouverner toutes seules ?

50:22
Mathilde Panot

Où est-ce que vous avez vu cette phrase exactement ?

50:24
Intervenant

Il dit dans une interview que les écologistes ont proposé un accord global, honorable et lui répond en disant que si c'est le cas, nous sommes prêts à aller vers cet accord. C'est pas vrai ?

50:37
Mathilde Panot

Nous avons donc fait une proposition effectivement aux écologistes et aux communistes pour être précis.

50:43
Présentateur

Ah oui, il n'y avait pas les socialistes dedans.

50:44
Mathilde Panot

Je le dis parce que, vous comprenez que les socialistes, non seulement ils ont trahi le programme sur lequel ils ont été élus, mais qu'en plus de ça, ils changent d'alliance. Quand vous commencez à aller être un soutien sans participation du gouvernement, sans les socialistes, et même expliquer que Jean-Luc Mélenchon serait le pire candidat du second tour pour des gens qui ne seraient pas capables d'arriver au second tour, ça pose des questions quand même de savoir où est-ce qu'ils sont en termes d'alliance. Donc oui, nous nous proposons une forme d'alliance, mais je vais vous dire, on l'a fait à chaque instant, il ne faut pas être surpris.

S'il y a des groupes parlementaires, par exemple, écologistes, communistes et même socialistes aujourd'hui, c'est parce que Jean-Luc Mélenchon, après la présidentielle de 2022, a dit nous jetons la rancune à la rivière en ayant fait 22% et qu'ensuite derrière, il a fait la NUPES puis le NFP. Donc nous, nous continuerons à dire que toutes celles et ceux qui sont d'accord sur notre programme sont les bienvenus.

51:30
Présentateur

Donc y compris les socialistes quasi échéants ?

51:32
Mathilde Panot

Mais les socialistes, écoutez, ça devient quasi impossible. Puisqu'ils changent d'alliance, ça devient quasi impossible. Oui, mais ils étaient avec vous dans la NUPES et la NUPES. Écoutez, le Parti Socialiste est en train de renouer avec l'époque d'Hollande où ils ne pouvaient même plus aller en manifestation sans derrière avoir des gens qui les apostrophaient, qui leur demandaient des comptes, etc. Donc ils reviennent à une époque où effectivement, ils sont rejetés, y compris des luttes sociales. Voilà, je crois que...

51:57
Présentateur

Donc l'accord législatif ne s'adresse pas à eux ?

52:00
Mathilde Panot

Ben non, il s'adresse aux gens qui sont d'accord avec un programme de rupture et qui nous remontrent avec la politique macroniste. Et je crains que ça ne soit pas la voie que prenne le Parti Socialiste.

52:08
Présentateur

Alors, dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es. Vous connaissez ça. Depuis quelques mois, on voit des croustilles ouvrir un peu partout. La recette est simple. Un plat composé de riz, de poulet, d'une sauce aigre douce et surtout à prix abordable. Certains dénoncent la malbouffe, d'autres en font un enjeu culturel pour défendre la cuisine et la culture française. Dans un instant, vous allez débattre avec face à vous Alain Fontaine, président de l'Association des Françaises des Maîtres et Restaurateurs dont Marco Pommier nous dresse le portrait.

52:34
Intervenant

Face à vous, Mathilde Panot, un défenseur du bien mangé, le gardien des bistrots français. Restaurateur, chef et propriétaire du Mesturé à Paris, il est à la tête de l'Association française des Maîtres Restaurateurs. Depuis des années, notre invité défend le fait maison et la restauration traditionnelle, mais aujourd'hui, il tire la sonnette d'alarme. Nous, les bistrots, les cafés, on représente aujourd'hui la majorité de la restauration traditionnelle. On est en train de disparaître. 170 000 établissements de ce type ont disparu depuis les années 60. Face à eux, les enseignes de fast-food à bas prix, McDo, Burger King ou encore Master Poulet au cœur d'une polémique ces dernières semaines.

À Saint-Ouen, le maire socialiste Karim Bouamran s'est opposé à l'installation de cette enseigne dans sa ville. Notre invité redoute la prolifération de la malbouffe dictée par les contraintes de pouvoir d'achat. Aujourd'hui, il n'y a qu'une question. J'en ai pour combien ? Selon notre invité, la restauration traditionnelle est désavantagée face aux géants du fast-food. Charge, inflation, coût des produits. Alors, ils portent un combat. Faire reconnaître les bistrots et cafés français au patrimoine immatériel de l'UNESCO. Cette reconnaissance peut-elle changer la donne ? Comment protéger nos bistrots face à la restauration rapide ? Face à vous, Alain Fontaine.

53:59
Présentateur

Nous accueillons Alain Fontaine sur le plateau de l'Indicé politique. Je vous laisse saluer Mathilde Panot en tenue d'apparat, j'allais dire. Bonsoir, merci, ça nous honore. Merci beaucoup. Asseyez-vous, je vous en prie. Et je vous laisse évoquer avec Mathilde Panot notamment les bistrots traditionnels parce que c'est votre angle d'attaque et c'est votre profession. Il faut les défendre, ces bistrots traditionnels ?

54:23
Intervenant

Il faut les défendre, oui, parce qu'il se passe dans ces bistrots, il y a beaucoup de sociabilité, c'est des catalyseurs de sociabilité depuis maintenant presque 200 ans. C'est là où le monde ouvrier s'est monté, le syndicalisme, mais aussi les artistes se sont inspirés, c'est des lieux inspirants, c'est là où on se réunit, c'est des concepts économiques plutôt bas. On était 508 000 en 1900, aujourd'hui, on est moins de 40 000. Alors un bistrot, c'est ouvert toute la journée parce que des fois, vous avez l'impression d'un bistrot et puis vous apercevez que c'est un restaurant un peu maquillé.

Le bistrot s'est ouvert toute la journée avec une amplitude d'horreur qui va de 7h, 8h du matin jusqu'à 20h, 22h. On peut manger et boire au comptoir et on peut aussi s'asseoir en salle. C'est des lieux de vie, c'est des lieux de partage et quand j'entends les gens qui parlent du vivre ensemble, ça se passe là. Et c'est vrai qu'on est en train de disparaître. Il y a 23 000 communes en France qui n'ont plus de commerce donc de facto plus de bistrot, plus de café. Ça veut dire qu'on parle de déserts médicaux, on pourrait parler de déserts de sociabilité. Et comment on y répond, c'est ça ? On y répond en les inscrivant à l'UNESCO.

55:33
Présentateur

Alors ça, on y reviendra tout à l'heure. Mais ce que vous voulez dire, pardon, c'est que les autres formes de restauration ont pris dessus, c'est ça ?

55:40
Intervenant

Oui, depuis... Pardon, je m'étouffe. Depuis un an, on a la bascule effectivement où la restauration rapide, c'est 52% de la restauration. Donc ça a basculé, c'est un modèle économique qui disparaît. Donc Mathilde Panot, en fait,

55:58
Présentateur

c'est est-ce qu'il faut défendre les bistrots et cette gastronomie ou est-ce qu'il faut favoriser l'ouverture de nouvelles enseignes populaires ?

56:06
Mathilde Panot

Non, moi, ça me parle de ce que vous dites sur à la fois la sociabilité, le vivre ensemble, ce que vous disiez sur des villages ou des petites villes qui n'ont plus de lieu où les gens peuvent se rencontrer. Y compris, d'ailleurs, il y avait des travaux sociologiques très intéressants qui avaient été faits sur, par exemple, le fait que l'extrême droite montait dans des endroits où les gens n'avaient plus de lieu pour se rencontrer, plus d'associations, plus de cafés, plus de bistrots. Donc non, ça, c'est des choses qui me parlent beaucoup. Après, et d'ailleurs, ça a été dit dans le portrait, moi, je pense qu'il faut pointer la principale responsabilité de ça.

Alors, il y a beaucoup de choses, il y a le coût de l'énergie qui est subi par les restaurateurs, mais le principal problème pour lequel les gens ne viennent plus au bistrot, je regardais ce que vous aviez fait et vous disiez souvent que c'était le lieu des ouvriers. Vous en avez parlé juste avant, le lieu des artistes, vous disiez aussi.

56:53
Présentateur

– Mais ça ne l'est plus.

56:54
Mathilde Panot

– Le problème, c'est que les ouvriers, aujourd'hui, ne peuvent plus aller régulièrement au bistrot. Pourquoi ?

56:58
Présentateur

– D'un cause de quoi ? Des salaires ou des prix trop chers ?

57:00
Mathilde Panot

– Parce que, alors, il y a les deux qui se nourrissent entre eux, mais notamment parce qu'il faut augmenter les salaires dans notre pays, faire en sorte, par exemple, je voyais qu'un quart des étudiants, parce que ce n'est pas forcément les mêmes personnes qui vont à Masterpouler, Croustipouler, je ne sais quoi, c'est, par exemple, souvent des jeunes, 15, 25 ans, qui vont y aller. Je voyais que là, un quart des étudiants avait moins de 100 euros pour vivre lorsqu'ils ont payé leur loyer. Donc, enfin, il faut comprendre que quand vous avez 100 euros de reste à vivre, vous n'avez pas derrière la possibilité de vous faire un plaisir dans un bistrot.

Donc, du coup, par exemple, il faut défendre avec nous la garantie d'autonomie des jeunes.

57:39
Présentateur

– Mais au-delà de ça, aujourd'hui, est-ce qu'il y a un problème, justement, c'est trop cher peut-être, non ? – Alors, c'est pas que c'est trop cher, c'est que les gens n'ont plus d'argent.

57:46
Intervenant

– Je pose à quel prix, si vous voulez, c'est un juste prix. C'est un juste prix par rapport à nos charges, parce que c'est cela dont on ne parle pas. On a des charges importantes puisqu'on a des compétences dans nos cuisines, on a la pertinence du geste. Et puis, on a également des coûts sur la matière. Quand on achète de la matière première, on l'achète cher parce qu'on fait travailler l'agriculture. – Donc, les fast-foods, à côté de ça, ils vous cassent le métier ? – Moi, je ne veux pas m'opposer au fast-food. – OK.

– Mais je veux dire simplement que c'est dangereux que les Français prennent conscience que cette malbouffe qui est en place, puisque les fast-foods, c'est quand même ça, c'est, je vous le rappelle, c'est une augmentation en 30 ans de 25% d'obésité en 30 ans et c'est 70% de ces 26%, ce sont des jeunes. C'est ceux des jeunes. – Ça, c'est une réalité, ça aussi, Mathilde Panot.

58:36
Mathilde Panot

– Oui, mais…

58:37
Présentateur

– OK, c'est moins cher, mais c'est de la malbouffe. Est-ce qu'il faut promouvoir ça ?

58:40
Mathilde Panot

– En fait, le problème, M. Dutellier, c'est qu'il faut quand même, si on reprend dans l'histoire, les McDo se sont installés en France en 1972.

58:49
Présentateur

– Alors, on parle des nouvelles formes, là, vous savez.

58:50
Mathilde Panot

– Oui, mais en fait, du coup, pourquoi est-ce qu'on parle que des nouvelles formes ? Enfin, je le dis parce que… – Dis-moi, dis-moi. – Oui, mais ça pose un peu question, en fait, de savoir pourquoi est-ce que maintenant on parle… – Parce qu'il y a une crise au conscience, peut-être. – Une des raisons pour lesquelles on s'est opposé, par exemple, à ce qui s'est passé à Saint-Ouen, c'est parce qu'il y avait un deux poids, deux mesures. En face du Master Poulet, il y a un Burger King. Enfin, je veux dire, en termes de malbouffe, on est exactement sur la même chose. Il y a un deux poids, deux mesures qui est révoltant.

Et la raison pour laquelle, lorsqu'on interroge les jeunes, par exemple, qui vont au Master Poulet, pour donner un exemple, qu'est-ce qu'ils disent ? Ils disent, ça cale, c'est pas cher, et du coup, ça nous permet de remplir le ventre. Donc, la question qui est posée, c'est pas qu'ils sont trop chers, les bistrots, c'est pas ça la question. Déjà, il faudrait qu'on sorte du marché européen de l'énergie pour faire en sorte un blocage des prix de première nécessité et qu'il y ait plus de locales, qu'on arrête avec les accords de libre-échange, etc., pour pouvoir faire en sorte d'avoir des bons produits. Bon, OK.

Mais du coup, la question, c'est pas qu'ils sont trop chers, c'est qu'on a appauvri massivement les gens. Et c'est ça. Quand moi je parle à des restaurateurs, ils m'expliquent qu'ils n'ont jamais vu ça. Par exemple, il y a un couple qui vient et qui va, par exemple, manger à deux, une seule viande ou qui renonce au dessert.

59:59
Présentateur

Mais ce que disait Alain Fontaine aussi, c'était intéressant, je vous ai coupé à ce moment-là, je vous ai dit, on va y revenir, c'est que pour reconnaître la gastronomie française, il faut une démarche de reconnaissance officielle. Vous pensez à l'UNESCO ?

1:00:09
Intervenant

Oui, parce qu'on se bat depuis maintenant 8 ans pour que les pratiques sociales et culturelles, vous voyez, on n'est pas dans la nourriture, dans les pratiques sociales et culturelles, soient reconnues, les pratiques sociales et culturelles dans les bistrots et cafés en France, soient reconnues à l'UNESCO. On a le soutien du président de la République depuis maintenant 8 ans, on a le soutien de beaucoup et c'est maintenant qu'il faut prendre la décision.

Je ne vois pas, ça serait impossible qu'il y ait un autre, une autre fiche d'inventaire, on appelle ça des fiches d'inventaire, sorte, c'est le président de la République qui doit prendre la décision dans les jours qui viennent et on ne voudrait pas voir une fiche d'inventaire plus élitiste qui sorte. La nôtre est légitime parce qu'elle défend une façon de vivre ensemble. C'est ce qui nous manque aujourd'hui, vous savez, ce vivre ensemble. Est-ce que ça passe

1:00:53
Présentateur

par cette reconnaissance symbolique ?

1:00:54
Mathilde Panot

Je pense que, enfin, ça en fait partie. Moi, je suis tout à fait favorable à ce qui était dit à l'instant. Mais la question,

1:01:00
Présentateur

c'est qu'est-ce qu'on met dans la gastronomie française ? Ça peut, comme le disait Anna Fontaine, être extensible.

1:01:04
Mathilde Panot

Oui, mais enfin, ce qui était dit, encore une fois, ce qui était dit sur les bistrots comme lieu de discussion, de rencontre, de sociabilité, de lutte contre la solitude qui grandit dans notre pays, ça, c'est des choses qui, moi, me parlent. Mais je continue de dire que cette mesure, si elle est importante, soutenue par les professionnels qui permettraient une reconnaissance forte, ne suffira pas tant qu'on continuera à appauvrir les gens. Et donc, nous, on augmentera les salaires dans ce pays pour qu'ils puissent s'offrir des petits prix. Alors, là, maintenant,

1:01:31
Présentateur

je vous renvoie la question. Est-ce qu'il faut augmenter les salaires en France ? Parce que vous êtes aussi employeur. Je suis employeur.

1:01:36
Mathilde Panot

Mais parlez-lui de la caisse de péréquation, ça va l'aider.

1:01:38
Intervenant

On a fait en sorte, dans mon entreprise, mais beaucoup d'autres entreprises, on a mis la semaine de 4 jours et la semaine de 3 jours. Tous nos salaires ont été augmentés. On fait en sorte que les gens tournent autour de 2 000 euros nets. On fait très attention à ça. On fait que l'environnement contractuel soit satisfaisant.

1:01:59
Présentateur

C'est clair, c'est un exemple précis. Merci, Alain Fontaine, d'être venu sur le plateau de l'indicier politique. Merci, Mathilde Panot, d'être venu sur...

1:02:05
Mathilde Panot

Et rendez-vous le 7 juin à Saint-Denis pour notre premier meeting de campagne.

1:02:08
Présentateur

Ok, il y aura du cruci-poule à côté. On ne s'en sait rien, peut-être. Il y aura surtout la basilique. Merci beaucoup. Merci à vous pour votre fidélité. A bientôt dans l'indicier politique.