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interviewFrance 2 — Les 4 Vérités· 18 avril 2024 9 min

Élections européennes : l'argument du vote utile - Marion Maréchal est l'invitée des 4V du 18 avril 2024

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour, je suis Thomas Soto et vous écoutez les 4V, un podcast de France Télévisions. Bonne écoute. Bonjour Marion Maréchal. Merci d'être avec nous dans les 4V ce matin, 52 jours avant les élections européennes. Et comme à chaque scrutin, se rapproche la question du vote utile qui évidemment va être déterminant pour chaque électeur de chaque camp. Et pour ce qui vous concerne, Jordan Bardella a insisté hier sur le fait, je cite, que les voix qui se porteront sur les listes de Marion Maréchal seront des voix perdues. Donc comment vous pouvez le convaincre qu'il a tort quand on voit les sondages où vous êtes à 6-7% ?

0:35
Marion Maréchal

Alors déjà, je m'étonne depuis une dizaine de jours de voir l'agressivité, voir le mépris qu'exprime Jordan Bardella à l'égard de la liste de reconquête et à l'égard de moi-même. Je pense que dans cette élection, il se trompe d'adversaire. Il ferait mieux de concentrer son énergie, ses attaques face aux adversaires communs, que sont notamment la gauche et les macronistes. Il dit qu'il y a des votes perdus aux élections européennes, mais il ment parce que les élections européennes, ce sont des élections proportionnelles à un tour. Donc toutes les listes qui passent la barre des 5% ont des élus.

Or, tous les sondages, à l'heure où on parle, qui nous donnent entre 6 et 9%, nous donnent des élus. Et il n'est évidemment pas inutile d'avoir demain des élus reconquêtes le plus nombreux possible au Parlement européen pour siéger dans le groupe qui s'appelle le groupe ECR, qui sera, selon tous les sondages, le groupe le plus influent à droite, qui peut faire basculer la majorité au Parlement européen, qui peut sortir von der Leyen et qui peut, et ce serait bien que Jordan Bardella s'en rende compte, sortir de l'isolement le groupe actuel du Rassemblement national au Parlement européen, qui n'a pas de levier pour peser aujourd'hui sur la politique européenne.

1:30
Présentateur

Vous dites à la tête de l'ISTERN que vous pourriez plutôt être des alliés de circonstances, en tout cas sur certains textes, plutôt que des élus.

1:35
Marion Maréchal

Je n'ai jamais varié, et même lui d'ailleurs l'a concédé au moment de ses voeux, où il a dit qu'en effet, il faudrait que son groupe demain travaille à une coalition, ou une collaboration en tout cas avec le groupe de reconquête au Parlement européen. Donc une fois de plus, le vote utile, c'est d'abord le vote qui consiste à envoyer le maximum d'élus pour défendre les intérêts de la France et des Français. Je le dis, aujourd'hui, Jordan Bardella n'a pas l'air de vouloir l'entendre, mais la vie politique, notamment à droite en France, ne s'arrête pas entre le choix Rassemblement national ou rien.

Aujourd'hui, il y a des électeurs, et moi j'en fais partie, qui n'ont pas envie de soutenir le Rassemblement national sur, par exemple, leur position économique, sur leur demande de création de nouveaux impôts, sur leur défense du RSA en l'état actuel, sur leur défense de la constitution de l'IVG, sur leur refus d'admettre un choc de civilisation, notamment avec la civilisation islamique en France, bref, sur tous ces sujets.

2:26
Présentateur

— Ça, ce sont vos différences.

2:27
Marion Maréchal

— Notamment, il y en a encore d'autres, il y a des points de convergence, mais il y a des différences. Et je pense qu'il faudrait que le Rassemblement national accepte qu'il y ait aujourd'hui des partis qui ne soient pas alignés avec eux, surtout, et qui ont le droit d'exister à côté d'eux.

2:37
Présentateur

— C'est vrai que beaucoup d'électeurs ont parfois du mal à voir, justement, les différences qui vous séparent, en disant « bon, ben, on n'a qu'à voter pour celui qui est le plus haut dans les sondages ». C'est quoi, votre différence principale ?

2:45
Marion Maréchal

— En tout cas, ce dont je suis convaincue, c'est qu'aujourd'hui, il y a, pour les électeurs du Rassemblement national, leur objectif dans ces élections n'est pas d'empêcher Marion Maréchal d'arriver au Parlement européen. Je crois que leur objectif principal, comme ceux d'ailleurs de Reconquête, c'est de battre Emmanuel Macron au Parlement européen. Et là, j'y reviens. Le seul groupe aujourd'hui qui peut battre Emmanuel Macron au Parlement européen et donc imposer une nouvelle majorité et mettre fin à l'actuelle majorité qui est celle des socialistes, des macronistes et du groupe LR, qui gouvernent ensemble au Parlement européen, c'est le groupe auquel nous appartenons.

3:15
Présentateur

— Vous ne siègez pas dans le même groupe au Parlement européen. Vous ne siègez pas dans le même groupe.

3:18
Marion Maréchal

— Exactement. Et donc, une fois de plus, ne nous laissons pas avoir par cette rhétorique du vote utile. Le Rassemblement national, je le rappelle, est arrivé premier aux dernières élections européennes. Il est arrivé premier aux élections européennes précédentes. Cela n'a pas influé, si vous voulez, sur la présidentielle. Donc ce sont deux élections différentes, deux enjeux différents. Et une fois de plus, le 9 juin prochain, l'objectif, c'est que Reconquête aient des élus. Et nous en aurons, selon les sondages à l'heure actuelle.

3:41
Présentateur

— Pour l'instant, donné à plus de 5 %. Parfois, on est un peu perdu quand on entend certains de vos anciens ou nouveaux alliés. Je ne sais pas comment l'appeler. Gilbert Collard, par exemple, qui dit hier dans une vidéo qu'il va voter utile le 9 juin, qu'il se sent libre. C'est pourtant quelqu'un qui avait quitté Marine Le Pen pour rejoindre Éric Zemmour à la dernière présidentielle. Quand il dit « je vais voter utile », c'est qu'il va voter Jordan Bardella.

4:01
Marion Maréchal

— Oui, Gilbert a toujours eu... J'ai une affection particulière pour lui, parce que j'ai siégé pendant quelques années avec lui au Parlement. Mais il a toujours eu un caractère assez fluctuant. On va dire... Voilà. Bon, ça date déjà d'il y a un petit moment. Il y a eu une mésentente post-présidentielle. Bon, c'est son choix. Mais je pense qu'une fois de plus, il se trompe sur l'enjeu de ces élections européennes, puisque, une fois de plus, il n'y a pas de vote utile aux élections européennes. Toutes les listes qui feront plus de 5 % auront des élus.

Donc moi, je crois qu'il est nécessaire aujourd'hui qu'il y ait un parti de droite authentique tel que nous, qui soit très engagé sur la défense de l'identité, mais qui soit aussi dans une logique de défense d'un programme économique à droite. Nous sommes les seuls de ce point de vue-là. Et c'est une grande différence avec le Rassemblement national, plus conservateur sur les sujets de société, qui puisse exister, qui puisse porter la voix des Français au Parlement européen comme au niveau national.

4:46
Présentateur

Pendant ce temps à gauche, Marion Maréchal, les choses ne sont pas simples également. La question palestinienne est un point de crispation entre les partis de gauche. Jean-Luc Mélenchon et la militante franco-palestinienne Rima Hassan devaient organiser aujourd'hui une conférence dans l'université de Lille. Elle a finalement été annulée par l'université qui, je cite, dit que les conditions ne sont pas réunies pour garantir la sérénité des débats. LFI parle de censure. Est-ce que vous comprenez cette décision de la fac de Lille ?

5:08
Marion Maréchal

Moi, je vous donne une position de principe. Ma position de principe, c'est que de toute façon, je suis toujours pour la liberté d'expression et de débat. Donc je n'aime pas quand il y a des annulations. Maintenant, permettez-moi de dire que c'est quand même l'arroseur arrosé. Parce que s'il y a bien un parti aujourd'hui politique en France qui passe son temps à demander la censure, l'interdiction, à faire des menaces, à empêcher les meetings politiques de se tenir, voire à soutenir des attaques contre des meetings, c'est la France insoumise. Je ne peux vous donner que deux exemples, notamment, qu'on a vécu nous directement.

Notre responsable des jeunes, Stanislas Rigaud, qui a été empêché de tenir une conférence à l'université d'Aix-Marseille du fait de l'opposition de toutes les forces de gauche dont la LFI il y a quelques mois de cela. Moi, ne serait-ce qu'il y a dix jours en Isère, un meeting dont LFI a demandé l'interdiction et qui a même proféré les menaces en disant que si le préfet n'interdisait pas cette manifestation, ils l'interdiraient eux-mêmes, avec comme chef de file quand même le collaborateur parlementaire du gendre de M. Mélenchon qui est également député.

Donc, excusez-moi de vous dire que le sujet central, au-delà du fait qu'on peut éprouver un certain plaisir à ce qu'ils prennent dans la tête ce qu'ils font subir en permanence aux autres, le sujet central, c'est surtout celui de la présence sur leur liste de cette activiste palestinienne avec le sentiment quand même de la part de LFI de vouloir importer sur le sol français à travers sa présence un conflit étranger sur le sol français, de vouloir cristalliser des oppositions communautaires, d'instrumentaliser le sujet de Gaza pour essayer de bénéficier d'une forme de clientisme électoral à l'égard de l'électorat musulman, ce que je trouve moi particulièrement détestable vu la gravité du sujet et les conséquences évidemment sur le plan humain.

6:44
Présentateur

Votre thème Gabriel Attal est à Véry-Châtillon pour parler autorité ce matin. On rappelle que c'est là dans cette ville de l'Essonne qu'est mort le jeune Shem Shedin, 15 ans, passé à Tabac près de son collège et donc un déplacement sur l'autorité pour le Premier ministre. Ça devrait vous réjouir de voir le chef du gouvernement reprendre en main le dossier de la sécurité ?

7:01
Marion Maréchal

Oui, il n'y a qu'un sujet, c'est qu'aujourd'hui on est aux 100 jours, 100 jours de ce nouveau Premier ministre, rappelez-vous, qui a été présenté comme l'enfant prodige. On a eu trois jours de communication, tout allait changer, le soleil allait de nouveau se lever sur notre pays et puis 100 jours après, la vie d'un Français n'a pas changé, à part peut-être la sienne. On est à deux doigts d'ailleurs de faire une alerte enlèvement, tellement on n'en entend plus parler et Emmanuel Macron l'a fait disparaître.

Et moi ce que je déplore, c'est que c'est surtout 100 jours sur lesquels on n'a pas eu de réponse véritable, déjà pas de feuille de route sur la fin du quinquennat, pas d'annonce de grande réforme. 100 jours sans réponse justement face aux conséquences de l'islamisation du pays, face aux conséquences de l'immigration, face aux conséquences de l'augmentation de la dette,

7:44
Présentateur

de l'augmentation du déficit commercial et de l'insécurité.

7:49
Marion Maréchal

Moi je pense, si vous voulez, qu'à un moment donné, il faut se poser la question de la réponse pénale et des moyens accordés à la justice dans notre pays. Ce gouvernement a tendance depuis le début à considérer qu'il suffit de mettre un policier, malgré leur travail exemplaire d'ailleurs, dans chaque rue, pour apporter une réponse. Non, la question de l'insécurité, elle se traitera en amont avec la politique d'immigration, qui est évidemment en lien avec l'augmentation de la criminalité, même le ministre de l'Intérieur ne le conteste plus, et en aval sur la question de la justice et de la réponse pénale.

Et là, évidemment, il faudrait apporter un ensemble de réformes, à la fois matérielles et de procédures et de fonds dans la réponse pénale, pour enfin qu'on sorte de ce laxisme d'État, de ce sentiment d'impunité, et que le criminel qui commet un crime en France sache que l'État frappera et frappera vite et fortement s'il le fait.

8:34
Présentateur

Marion Maréchal, tête de l'IS, reconquête aux élections européennes, était l'invité des 4V. Merci beaucoup. Merci à vous. Bonne journée. C'était les 4V, un podcast de France Télévisions. S'il vous a plu, n'hésitez surtout pas à vous abonner. Vous pouvez également retrouver tous les replays en vidéo sur france.tv. Sous-titrage Société Radio-Canada

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