Yannick Jadot : Présidentielle 2017 sans filtre ?
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Yannick Jadot, bonjour. Bonjour. Nous vous recevons pour une chaîne YouTube qui s'appelle Sinkerview. On vous reçoit dans le cadre de la présidentielle de 2017. Pourquoi vous vous présentez ?
Parce que je pense qu'il n'y a pas de fatalité à ce que ce pays sombre dans la névrose, qu'il y a des forces, des énergies vitales incroyables dans la société, dans les associations, dans les entreprises, même dans les institutions, dans les centres de recherche, et qu'ils sont en train de construire aujourd'hui le monde de demain, mais que toutes ces personnes, toutes ces énergies, toutes ces initiatives, elles sont aujourd'hui en marge des politiques publiques. Moi, je veux les mettre au cœur des politiques publiques. Il y a encore deux jours, j'étais avec toute la société civile pour commémorer le dixième anniversaire de la mort de l'abbé Pierre.
Et que ce soit dans le champ social, dans le champ de la solidarité, dans le champ de l'environnement, c'est incroyable de voir à quel point on a les solutions pour une société qui irait bien. Et malheureusement, eh bien...
Quelles sont vos solutions pour réguler les banques d'affaires et les banques de détails ?
Alors un, il faut les séparer. Il ne vous a pas échappé que la séparation des banques d'affaires et des banques de dépôt n'avait pas été jusqu'au bout, parce que finalement, les banques dans nos pays, aujourd'hui, n'occupent plus de place qui est incroyablement plus importante que n'importe quel secteur d'activité. Les banques réunies, les principales banques, ont une activité financière, bancaire, qui est plus importante que notre produit intérieur brut. Donc il ne faut pas simplement... Quel est notre produit intérieur brut ? On est à 2300, 2400. Mais il ne faut pas simplement... — Millards. — Millards, bien sûr.
Il ne faut pas simplement séparer pour limiter l'engagement de l'État à sauver les banques quand elles font des affaires, qu'elles prennent énormément de risques, parce qu'on doit en même temps sauver les banques de dépôt et donc le dépôt des épargnants. Mais il faut agir pour réduire la taille des banques. Aujourd'hui, elles ont une taille qui est beaucoup trop importante. Et un des enjeux... Comme vous le savez, en France, on a mis en place une taxe bancaire. Cette taxe bancaire, qui est une sorte de taxe sur les transactions financières, finalement, qui joue sur le bilan des banques, notamment sur le ratio prudentiel. C'est important. Et elle doit disparaître en 2019.
Eh bien, il faut faire tout l'inverse. Il ne faut pas simplement qu'elle subsiste, mais il faut qu'elle soit accrue. Il faut absolument limiter la taille des banques.
Vous pouvez me dire du FESF et du MES ?
Alors, le mécanisme européen de solidarité, qui a été mis en place, notamment après la crise 1 des dettes privées, puis transformé en dettes publiques, est un mécanisme de solidarité européen. C'est privé, c'est public, c'est quoi ? C'est basé où ? Ah ben écoutez, le mécanisme, il est basé au niveau européen. Qu'est-ce qui fait l'appel à la cotisation ? C'est les États qui se retrouvent en difficulté font appel au mécanisme européen de solidarité. Le problème de ce mécanisme, qui, dans l'idée de la solidarité, est plutôt une bonne idée, ça a notamment permis quand même d'aérer, de donner un peu d'oxygène à des pays comme la Grèce ou à d'autres qui étaient en difficulté.
Non, rectification, ça n'a pas aéré la Grèce, ça a permis de sauver la Société Générale et la BNP.
Mais justement, laissez-moi y venir, l'idée d'un mécanisme de solidarité, elle est bonne. Le problème, c'est que toutes les premières tranches de solidarité ont effectivement sauvé les banques françaises et allemandes qui s'étaient engagées en toute connaissance de cause, en prenant des risques extraordinaires, en jouant de la falsification des comptes grecs, et elles ont été les premières à être sauvées.
C'est Goldman Sachs qui a fait ça, non ?
Pire que ça, Goldman Sachs était effectivement intervenant dans l'évaluation de la stabilité de l'économie grecque et de ses comptes. Mais le pire dans tout ça, c'est que pour déclencher des fonds, il faut que le gouvernement qui demande des fonds aille en négociation avec l'Eurogroupe et ça a donné le pire du sadisme qu'on peut faire en matière de gouvernance économique à l'échelle européenne. Ça a été les fameuses Troïkas.
C'est l'Eurogroupe qui, il n'y a pas encore longtemps, osait dire un truc aussi farfelu que la décision du gouvernement grec d'allouer une prime de Noël aux retraités les plus en difficulté était totalement incompatible avec l'Eurogroupe et que l'Eurogroupe reculait la révision ou l'allègement des dettes. Donc il faut absolument changer toute la gouvernance économique de l'Eurogroupe à la fois sur l'orientation politique, mais ça malheureusement, il faut gagner des élections, mais avec un parlement de la zone euro. Le pire de l'Eurogroupe, c'est qu'il n'est comptable devant aucune institution démocratique. Ils peuvent faire n'importe quoi, ils n'ont de compte à rendre à personne.
Un peu comme le FESF, c'est ça ? Qui est basé au Luxembourg. Il faut absolument qu'il y ait un parlement de la zone euro qui contrôle ce qui est fait et qui fasse surtout qu'on recrée de la solidarité en Europe et pas de l'humiliation politique qui conduit à des désastres sociaux et démocratiques. Et une de mes propositions, c'est qu'on ait un plan d'investissement de 600 milliards d'euros par an. Vous les trouvez où ? La Banque Centrale Européenne, aujourd'hui, elle sort 80 milliards d'euros par mois pour acheter sur le marché secondaire de la dette publique. On sait que ça alimente des bulles spéculatives, financières, bancaires, que ça ne permet pas d'investir sur l'économie réelle.
Moi, cet argent-là, plutôt moins, puisque je suis à 600 milliards d'euros par an, il doit aller pour garantir ou racheter des prêts de la Banque Européenne d'investissement. Qui aille sur la transition énergétique, économie d'énergie, énergie renouvelable. Ce n'est pas simplement des millions d'emplois à l'échelle européenne. C'est l'indépendance vis-à-vis des régimes dictatoriaux de Poutine, des pétro-monarchies du Golfe et d'ailleurs. Le régime de Poutine, c'est un régime dictatorial ?
Je crois que quand les journalistes qui enquêtent sont tués, quand les opposants qui osent s'opposer sont tués, quand on massacre et qu'on a détruit, y compris culturellement, la Tchétchénie, quand on annexe la Crimée, qu'on fait la guerre au Donbass, et quand on massacre les populations à Alep, je crois que ça s'appelle une dictature.
Est-ce que la France qui vend des armes à l'Arabie saoudite, qui l'Arabie saoudite bombarde au Yémen, est-ce que la France est une dictature ?
Ah non, la France est, dans ce cas-là, d'une abominable complaisance vis-à-vis des pétro-monarchies du Golfe que je dénonçais juste avant, qui non seulement, comme vous le dites, font une guerre abominable au Yémen, mais exportent une vision fascisante de la religion. Et tant qu'on n'aura pas réduit, supprimé notre addiction au pétrole et donc notre complaisance vis-à-vis de ces régimes-là, à la fois parce qu'on leur achète leur pétrole et qu'on leur vend nos armes, nous n'aurons jamais de diplomatie qui mette les droits humains, les droits sociaux, les droits environnementaux en privilège.
Quel est le budget militaire du ministère de la Défense saoudien ?
J'en sais absolument rien. 60 milliards. Ce que je crois, c'est que dans cette région du Moyen-Orient, sur les dix dernières années, il a été dépensé un trillion, c'est-à-dire mille milliards de dollars en achats d'armes. C'est 10% de l'ensemble des PIB de la région, alors que dans beaucoup de ces pays, les enfants n'ont pas forcément accès à l'éducation.
Et l'investissement dans l'armement de la Russie, c'est combien ?
Je n'en sais rien. Je n'aurais pas un chiffre comme ça. C'est 60 milliards. C'est beaucoup. De toute façon, c'est beaucoup, surtout que ça sert une vision expansionniste de la Russie. Est-ce que vous pensez que la Russie est un État expansionniste ? Quand vous commencez à annexer des pays, contrairement à toutes les lois internationales, comme la Crimée, ça s'appelle de l'expansionnisme. Quand vous êtes intervenu en Géorgie et que dans les régions où vous avez pris la main, il y a une forme d'épuration ethnique au sens où ceux qui refusent le passeport russe sont sortis de la région, ça s'appelle de l'expansionnisme.
Est-ce que Mayotte, c'était de l'expansionnisme français ?
Ce qui est certain, c'est qu'une bonne partie des territoires ultramarins ont toujours relevé d'une forme de colonialisme au-delà, évidemment, des frontières. Il y a eu un référendum. Il reste des parties, au fond.
Il y a eu un référendum à Mayotte, non ?
Il y a eu un référendum à Mayotte, mais c'est surtout de savoir que Mayotte a envie de rester, parce qu'il voit aussi la situation au Comores, qui est dramatique, la situation sociale au Comores. Ce qui est tout le problème, c'est comment on arrive à recréer de l'autonomie de nos territoires ultramarins pour qu'ils sortent parfois d'une relation qui est une relation de néocolonialisme, mais il faut de l'autonomie.
Est-ce que vous pensez que l'OTAN a des visions expansionnistes ?
Aujourd'hui, l'OTAN, ça n'existe plus. Regardez avec l'arrivée de Trump. L'OTAN, voilà, Trump veut presque se désengager de l'OTAN. La situation avec Erdogan, qui est un pays normalement, enfin, la Turquie est un pays important de l'OTAN. Aujourd'hui, l'OTAN, au fond, est largement une coquille vide. Ce qu'il faut, en revanche, et moi j'en suis partisan, c'est une politique européenne de défense, parce que sans politique européenne de défense, nous n'aurons pas de politique étrangère sérieuse, que la plupart des régions autour de l'Europe aujourd'hui sont profondément déstabilisées. Pour partie, c'est notre responsabilité. Pour partie, ce sont d'autres responsabilités.
Et donc, maintenant qu'avec Trump, on a acté que le parapluie américain s'était refermé, il n'y aurait plus de parapluie américain sur l'Europe, il faut qu'on sache se prendre en main.
Les bataillons de chars de l'OTAN qu'on a vus passer jusqu'en Pologne, les chars anglais qui passent sous le tunnel dans la Manche en ce moment, qu'est-ce que vous en pensez ?
Je pense que, de toute façon, encore une fois, il faut... Moi, je suis pour une politique européenne de défense, y compris pour réduire les budgets. On a à peu près 2 millions de soldats à l'échelle européenne. On n'en a pas autour de 70 000 qui sont capables de se projeter sur des terrains d'intervention. Donc on a à la fois à gagner beaucoup d'argent en économie, probablement à commencer à créer des vrais corps d'intervention de paix, mais on a, de toute façon, intérêt à avoir une armée européenne.
Obama, il méritait son prix Nobel de la paix ? J'ai pas entendu, pardon. Est-ce qu'Obama méritait son prix Nobel de la paix ?
Le problème du prix Nobel de la paix d'Obama, c'est qu'il a été donné en anticipation des actes qu'il pourrait poser et non pas en récompense des actes qu'il a posés. Il a reçu le prix Nobel singulièrement pour deux choses. Un, lutter contre le dérèglement climatique. Il a finalement peu fait, y compris parce qu'au bout d'un moment, il n'avait plus le congrès avec lui, ça a été difficile. Mais au départ, il avait clairement arbitré l'Obamacare plutôt que la lutte contre le dérèglement climatique. Et puis, il devait aussi être un des vecteurs de la paix, notamment entre Israël et Palestine. Et que ça, c'est quand même un terrain qu'il a délaissé jusqu'à il y a un mois.
Et c'est évidemment aujourd'hui trop tard, malheureusement, pour que les États-Unis soient un acteur de paix dans la région et contraignent Israël à arrêter notamment les phases de colonisation.
L'ANSA, c'était un acte de paix ? C'était quoi ? Les écoutes de l'ANSA ?
C'est un scandale absolu. Mais c'est un scandale qui, malheureusement, s'est fait le plus souvent avec la complicité de services de renseignement européens. On l'a vu, l'ANSA s'est révélée en avril-mai-juin 2013, notamment avec Snowden. On est en même temps avec l'ouverture de négociations d'un grand partenariat transatlantique, prétendument grand partenariat transatlantique, Europe-États-Unis, le TAFTA.
Et même à ce moment-là, alors qu'il était avéré que l'ANSA, non seulement espionnait des millions de citoyens européens, espionnait nos institutions européennes, espionnait nos gouvernements, il n'y a même pas eu de mesure de rétorsion pour dire « Nous ne pouvons pas, en confiance, négocier un traité de libre-échange alors que nous sommes espionnés ». Ce qui est abominable dans l'histoire, c'est qu'on a vu que et les services de renseignement britanniques ont toujours été, au fond, des complices de cet espionnage de l'ANSA. On a vu les services de renseignement allemands participer à l'espionnage de la France.
Et on se dit qu'au moment, notamment dans un moment incroyable de tensions et de risques terroristes, au moment où ils devraient accroître profondément leur coopération pour lutter contre le terrorisme, et bien finalement, ils nous espionnent pour des intérêts commerciaux ou politiques qui sont nauséabonds.
Est-ce que les États-Unis sont une dictature de basse intensité ?
Non, je ne dirais pas que les États-Unis sont une dictature. De basse intensité ? Oui, je ne sais pas ce que ça veut dire. La démocratie, il n'y a pas une seule démocratie qui soit complète et satisfaisante. Ça, c'est une évidence. Que quand les États-Unis envahissent l'Irak et déstabilisent profondément, et encore pour probablement des décennies, toute la région, parce qu'au fond, c'est l'accès au pétrole, c'est abominable. C'est un exercice profond de déstabilisation. Mais quand je suis américain et que je veux manifester contre l'arrivée de Trump au pouvoir, je peux aller dans la rue sans me faire arrêter parce que je manifeste contre Trump. Il y a aussi la liberté de la presse.
Il y a aussi des contre-pouvoirs. Il y a Guantanamo. Il y a la NSA. Il y a le Patriot Act. Il y a des guerres impérialistes. De dire que les États-Unis sont une dictature même de basse intensité, je ne suis pas d'accord.
C'est-à-dire que si vous êtes fiché parce que vous allez rester plus d'une heure avec des hackers, que votre téléphone portable est avec nous pendant une heure, ça ne vous dérange pas d'être écouté ?
J'ai été espionné par EDF. On a retrouvé la copie de mon ordinateur dans les locaux d'EDF. Qui c'est qui les a retrouvés ? La justice. Donc la justice a fait son travail. Il n'empêche que j'ai été espionné et j'étais le responsable des campagnes de Greenpeace. Qui est en prison maintenant ? Ah mais personne n'était en prison. Les barbouzes ont été sanctionnées pour des raisons totalement hallucinantes. Alors qu'EDF avait pris le maximum en première instance, EDF a été relaxé en appel à la Cour de Versailles qui adore visiblement énormément ce type d'entreprise.
Parce qu'à un moment donné, je pense que, alors que l'argumentation juridique était imbattable, je veux dire les types, ils ont la copie de mon ordinateur dans les bureaux d'EDF, ça n'est pas pour leur intérêt personnel, donc c'était pour l'intérêt d'EDF. Donc le lien juridique était évident. Mais à un moment donné, des juges ont considéré que Greenpeace, parce que Greenpeace fait aussi des actions de désobéissance civile, était illégitime à continuer à exister dans la société. Ça, ce n'est pas non plus une preuve de démocratie. Je ne dis pas que la France est une dictature de basse intensité.
Et je dis pourtant que le cœur de la démocratie, le cœur de la démocratie, ce sont les citoyens qui contrôlent l'État. Ce n'est jamais l'État qui contrôle les citoyens. Ça, ça ne s'appelle pas la démocratie. Mais ce n'est pas non plus la dictature.
On est en démocratie en France ? Est-ce que vous avez l'impression que le citoyen contrôle son État ?
On est dans ce que certains appellent la post-démocratie. C'est-à-dire qu'à la fois, on a des institutions qui fonctionnent. On élit des représentants. Ils siègent à l'Assemblée, au Sénat. On a élu un président de la République qui va finir son quinquennat. Donc au fond, les institutions existent et fonctionnent. Mais on est ce qu'on appelle dans la post-démocratie. parce qu'en fait, toutes les institutions, il n'y a plus aucune énergie vitale dedans et que les citoyens considèrent qu'on se fout d'eux et que quoi qu'ils votent, de toute façon, ça ne change rien, que c'est des exercices de combat presque d'agences de communication plus que de modèles de société.
Donc de ce point de vue-là, on est dans une démocratie qui fonctionne terriblement mal. Et moi, quand je dis que je veux changer de constitution, qu'à la fois, on passe un régime parlementaire, qu'il soit élu à la proportionnelle, que l'Assemblée ressemble à la France. Donc à la fois dans ses âges comme dans sa diversité. Quand je dis qu'il faut multiplier les votations citoyennes, les conférences de consensus, les assemblées tirées au sort justement pour qu'entre les élections, les citoyens puissent s'emparer des décisions.
Quand je veux redistribuer, voire financer les contre-pouvoirs, l'expertise, je dis 5% de tous les financements de la politique représentative, donc financement des partis politiques, financement des campagnes électorales, les réserves parlementaires, 5% de tous ces montants-là doivent aller vers des associations qui puissent travailler en contre-expertise ou en expertise sur les projets de loi ou qui puissent proposer des projets de loi. Donc moi, je veux en permanence repartager le pouvoir, que les citoyens et les citoyens se réemparent du pouvoir.
Quand je suis sur la transition énergétique, c'est plutôt que le pétrole et le gaz et le nucléaire dont on a parlé tout à l'heure, des citoyens qui s'organisent ensemble. On n'a pas parlé du nucléaire ? Non, ça c'était l'autre plateau télé ça. Ah bon ? Bon. En tout cas, on a parlé du pétrole et du gaz. Donc, si, on a parlé de la dépendance à la Russie et au pétro-monarchie du Golfe. Notre dépendance, elle est aussi très largement liée à notre addiction au pétrole. Quand je dis que les citoyens se réemparent à l'échelle locale des enjeux énergétiques qui consomment un peu moins,
qui produisent en changement, qui partagent, eh bien ça aussi c'est la responsabilité. La responsabilité des politiques. C'est-à-dire qu'on trouve, nous, que les politiques... C'est qui, nous ? La société civile. D'accord. Il n'y a pas assez de répercussions. Alors, on ne va pas tomber dans la Corée du Nord, parce que sinon on va encore prendre de la dictature. Mais en Corée du Nord, quand vous ne respectez pas vos promesses, vous prenez une balle que vous êtes obligés de payer. En France, on fait comment pour rendre les politiques comptables de leurs promesses ?
Mais il y a des élections. Moi, je suis pour que les électeurs, ils ne fassent pas en permanence tous pourris et qu'ils soient prêts à revoter pour ceux qui sont réellement pourris. C'est pas... Ça s'appelle de la subordination. Non, mais attendez, il y a des lois. Il y a des lois sur la corruption. Il y a des médias qui font particulièrement leur boulot pour dénoncer les conflits d'intérêts, pour dénoncer la corruption. Et quels médias ? Par exemple, Mediapart. Mediapart fait son travail. Et qui d'autre ? Ils font déjà un gros travail. Mais de temps en temps, ça se rend aussi dans d'autres journaux.
Non, mais ce que je veux dire, c'est qu'il y a aussi une information qui existe sur un certain nombre de responsables politiques qui sont pris en train de fauter. Et la loi, parfois, les sanctionne ou ne les sanctionne pas. Ce que je trouve dramatique aussi, c'est que les citoyens sont prêts, parfois, à aller re-voter pour eux. Moi, j'en rencontre beaucoup. On me dit souvent, les politiques, vous êtes tous pourris. Je dis, pourquoi vous me dites ça, moi ? Moi, j'ai pas fait de la politique toute ma vie. Vous avez un casier judiciaire ?
J'ai eu un casier judiciaire parce que je suis rentré en Zodiac, un Zodiac Greenpeace, dans la base de sous-marins nucléaires de l'île Longue pour dénoncer l'illégalité de notre programme de dissuasion nucléaire au regard du traité de non-prolifération. Mais c'était il y a plus de dix ans. Mais ce que je veux dire, c'est qu'il faut aussi que les citoyens se prennent en main et disent « un politique qui triche, plus jamais ». Est-ce que c'est pas trop tard ? Je crois pas. Je sais pas ce que ça veut dire « trop tard ». Ce que je vois, c'est que notre société, elle glisse. Elle est sur un toboggan. Toboggan du repli identitaire. Toboggan des communautarismes.
Toboggan de la certitude du déclin collectif. Et de la peur du déclassement individuel. Ça, on le voit. Mais c'est aussi parce que des gouvernements sont là qui ont renoncé à combattre pour la justice sociale, contre les discriminations, contre la dégradation environnementale. Et j'aimerais tellement que les électeurs, à un moment donné, et je dis pas que c'est pas aussi ma responsabilité, ils disent « mais pourquoi ?
» Je suis toujours surpris qu'ils votent pour les mêmes qui sont là depuis 40 ans, qui ont des recettes qui sont usées jusqu'à la corde, qui n'ont pas répondu à la question du chômage, qui ne répondent pas à la question démocratique, qui ne répondent pas à la question environnementale. Et pourtant, ils vont toujours majoritairement vers les mêmes candidats. Donc ils acceptent, soit ils votent plus, mais ils acceptent au fond parfois aussi un vote de renoncement ou font un vote de colère.
Moi, dans cette campagne, ce que j'aimerais, c'est que les électeurs aillent vers des votes d'adhésion, qu'ils aillent vers des votes de conviction, qu'ils se disent « ces solutions-là, elles sont positives, et pourquoi pas aller voter vers des solutions positives
plutôt que toujours les mêmes ? » Oui. Vous êtes dans l'écologie. Oui. Est-ce que vous êtes d'accord pour appliquer les mêmes protocoles de sécurité du nucléaire à la finance et à la politique ?
Quand on voit l'état du parc nucléaire français, quand on lit les rapports de l'autorité de sûreté nucléaire qui met en garde énormément EDF et les autorités pour dire « on a un gros problème de sécurité », je me dis qu'effectivement, le nucléaire est aussi mal sécurisé, aussi mal protégé que les citoyens de la finance.
Est-ce que vous pensez que les gens travaillant dans la finance maniant des milliards à chaque transaction devraient être soumis à un contrôle de stupéfiants ?
Je n'en sais rien.
Est-ce que vous êtes d'accord pour qu'un trader qui est gavé de coke joue 4 milliards par jour ?
Non, ce n'est pas sur ce terrain-là que j'irai. D'accord, je vous pose juste la question.
Est-ce que pour vous, un trader ne doit pas avoir... Non, mais il y a des lois pour ça.
Il y a des lois pour ça. Donc, ce n'est pas le sujet. Vous savez, il y avait un excellent article du Wall Street Journal qui disait « En fait, la finance connaît deux États, l'euphorie et la panique. » Et l'euphorie et la panique sont deux symptômes de la dépression, de la maniaco-dépression. Vous avez malu le papier parce qu'entre ces deux États, il y a le déni. Ce qui domine le monde est une maladie psychique. Et c'est dramatique. C'est-à-dire qu'en fait, on a... On le disait tout à l'heure sur les banques.
Si on n'arrive pas à redimensionner la finance pour qu'elle serve l'économie et qu'elle ne soit pas en surplomb de l'économie et aujourd'hui en surplomb de la politique, on n'en sortira pas. Donc c'est la taxe sur les transactions financières. C'est la lutte contre les paradis fiscaux. Et je suis très heureux qu'y compris John Pallet, que j'avais soutenu à DAX et qui avait volé les chaises à la BNP pour dénoncer l'évasion fiscale, ait été relaxé pour le coup. Évidemment, je l'ai dit, séparation. Il faut que tout ça revienne dans une petite boîte.
Moi, je vous parle d'analyser ceux qui gèrent votre argent, leur faire passer comme à un pilote d'avion un test de stupéfiants, pour ou contre ?
— Je n'en sais rien. Enfin là, je ne comprends pas. Je comprends pas. Parce que moi, le système, si vous voulez, pourquoi ces gens-là prennent potentiellement des stupéfiants ? Moi, je ne suis pas dans la finance. Pourquoi ces gens-là prennent profondément des stupéfiants ? C'est parce qu'au fond, on leur a donné un permis de jouer avec notre argent, avec notre économie, avec nos vies. Et ce permis-là, c'est des gens extrêmement sérieux, peut-être qui ne prennent pas de la cocaïne, mais qui apparaissent tous les jours à la télé, qui détiennent des médias, et qui, au fond, apparaissent toujours très propres sur eux. Moi, c'est à la source que je veux aller. Moi, Kyrviel, je m'en fous.
Ce type ne m'intéresse pas. Ce qui m'intéresse, c'est le comportement de la société générale, qui, quand ils sont en conseil d'administration, prennent des décisions qui vont à l'encontre du bien-être de la société. — Et faire passer des contrôles de stupéfiants aux politiques. — Mais vous voulez faire passer des contrôles de stupéfiants à tout le monde. Ça va être drôle de l'idée, ça.
— Surtout quand on a le feu nucléaire sous le doigt.
— J'en sais rien. Moi, je suis pour qu'il y ait un... Quand on est président de la République, je suis pour qu'il y ait un comité de médecins indépendants, dont l'indépendance est fondée sur la loi, qui examine régulièrement la santé du président de la République ou de la présidente de la République, et qui émette un bulletin de santé. Pas pour dire qu'il a un sale bouton sous le genou gauche, mais pour dire qu'il est en capacité mentale, physique, psychique d'exercer ses responsabilités. Parce qu'on sait que, jusqu'à maintenant, les contrôles médicaux des présidents de la République ont toujours été totalement faussés. — Ou interceptés par la CIA.
Vous connaissez l'histoire avec Pompidou ?
— Écoutez, il était vraiment malade, de toute façon. Il paraît que la CIA, ça avait même des états de santé de Staline à travers ce qu'ils faisaient aux toilettes.
— Si je vous dis, je vais vous faire passer un contrôle de stupéfiants de cinq drogues, est-ce que vous acceptez ? — Ah, sans problème. — Sans problème ? — Sans problème. — Toutes les drogues ?
— Ah, toutes les drogues, oui. — Il n'y a pas de problème ? — Ah non, je n'ai aucun problème. Vous savez, j'assume parfaitement d'avoir fumé quand j'étais plus jeune. — Pour savoir si vous n'êtes pas au sous-cox ou speed ? — Non, non, non, mais j'assume parfaitement d'avoir fumé quand j'étais plus jeune. Aujourd'hui, je reconnais que je suis plutôt pour un bon verre de vin. Voilà. C'est aussi peut-être l'âge. Avec l'âge, on change un peu de plaisir. — D'accord.
Les migrants, qu'est-ce qu'on fait ? Alors, on va dissocier réfugiés et migrants économiques ou on les met tous dans le même sac ? Ce sont des réfugiés économiques et des réfugiés de guerre ?
— Surtout, un, on commence par ne pas les mettre dans un sac. Si on peut commencer à ne pas les mettre dans des sacs, ce qu'on met dans des sacs, c'est ceux qui sont en Méditerranée. — C'est pas ce qui se passe en ce moment ? — Ceux qui sont dans des sacs, c'est ceux qui sont en Méditerranée.
— Non, mais il n'y en a pas qu'en Méditerranée. Il y en a à Mayotte aussi, non ?
— Oui, il y en a aussi, effectivement, à Mayotte.
— Quelle est la première porte d'entrée des flux migratoires en Europe ?
— Alors, aujourd'hui, ça reste quand même Grèce, Italie. Mayotte, c'est beaucoup, mais c'est pas au niveau de la Grèce et de l'Italie, notamment depuis la crise syrienne. — On est à quel niveau, là, en Grèce et en Italie ? — Avec l'accord avec Erdogan, qui a quand même un peu verrouillé, pour le coup, la frontière. De manière, d'ailleurs, on a délégué à Erdogan notre humanité, nos obligations au regard du droit international. On fait des choses, on met les réfugiés dans des camps, où y compris il y a des marques de vêtements qui sont en train de s'installer à côté pour les faire travailler pour rien. Et ces camps-là, à peine les Nations unies peuvent les visiter.
Donc on est sur quelque chose de totalement inhumain et totalement irresponsable du point de vue des valeurs de l'UE. Mais pour le coup, on est maintenant sur quelques centaines, alors qu'avant, on était sur des milliers par semaine. Donc on a un peu bloqué le flux. On voit que ceux qui arrivent de Méditerranée, malheureusement, se noient beaucoup plus qu'avant, parce qu'à force de prétendre vouloir contrôler les passeurs, en fait, on met les gens dans des situations de plus en plus difficiles, de plus en plus risquées.
Et l'enjeu, c'est évidemment, si on parle des réfugiés, que l'Europe assume sa responsabilité, ses obligations et son devoir humanitaire, qui est d'accueillir des réfugiés à partir du moment où, évidemment, ce sont des survivants.
Vous estimez le flux à combien pour les trois prochaines années ?
J'en sais rien, j'en sais rien. Vous voyez bien qu'on s'est mis, en faisant l'accord avec Erdogan, on s'est mis sous une... En fait, on s'est laissé prendre en otage par Erdogan. C'est-à-dire qu'on accepte qu'il monte en dictature la Turquie, qu'il devienne de plus en plus autocratique, qu'il revienne de plus en plus sur les droits, parce qu'il contrôle 2,5 millions de réfugiés. Si Erdogan lâche toutes les vannes des réfugiés syriens, on peut imaginer que c'est des millions qui, de nouveau, arrivent sur le territoire européen.
Ce qu'il faut, c'est espérer qu'à un moment donné, on va imposer et la fin de la guerre en Syrie, et qu'une partie des Syriens vont pouvoir retourner chez eux, et puis celle qui veut continuer à s'installer en Europe, puisse s'y intégrer. Les migrants économiques. Quelle est la question ?
Là, vous m'avez parlé des 30% de migrants de guerre, Afghans, Syriens, Soudanais, Irakiens. Maintenant, on va parler...
Afghans, Érythréens. Les autres. Eh bien, les autres. On a un devoir, y compris là, c'est notre intérêt de société, que l'Europe reste une terre d'immigration. C'est une belle partie de notre richesse collective que d'avoir des migrants. À la fois, ça booste l'économie, ça permet à la fois une diversité, un enrichissement mutuel de l'ensemble. Qu'est-ce que vous entendez par booster l'économie ?
Dans la bouche d'un écologiste, c'est sympa à entendre. Vous êtes pour une société de croissance ou de décroissance ?
Moi, je suis pour une société qui vit bien. Donc, c'est la décroissance des maladies liées aux pollutions. C'est la décroissance des énergies carbonées et du nucléaire pour éviter et le dérèglement climatique et le risque nucléaire. C'est la décroissance de nos prédations sur la biodiversité qui génère l'extinction des espèces. C'est la réduction de notre prédation sur les ressources qui construisent des dictatures et du mal-développement partout dans le monde. Donc ça, c'est de la décroissance. Maintenant, je suis pour la croissance de notre santé, qu'elle soit mieux protégée. Je suis pour la croissance des énergies renouvelables. Pour booster notre économie dans quel sens ?
Je ne comprends pas bien. Parce que quand vous êtes les migrants qui arrivent le plus souvent, ils arrivent avec une telle énergie qu'ils participent de l'activité économique. Ils participent à la dynamiser. Parce qu'ils en ont envie. Ils ne viennent pas pour toucher les allocations. Vous imaginez passer des mois pour migrer, se retrouver dans des conditions incroyables et venir là pour toucher des allocations. C'est idiot à dire. Et c'est des gens qui apportent de l'intelligence, qui apportent une culture différente, une vision différente et qui permettent des métissages et la dynamisation de la société. Et dans la société, il y a aussi l'économie.
Donc je veux toujours dire que dans l'histoire de l'humanité, les migrations n'ont jamais été un fardeau. On en fait quoi ? On les naturalise ? On leur donne un permis ? On fait quoi ? Mais la loi est claire. C'est-à-dire qu'à partir du moment où ils ont travaillé un certain nombre d'années dans notre pays, ils ont le droit à être naturalisés. Ils ne vont pas les naturaliser dès qu'ils arrivent.
Et avant ?
On leur donne un permis ? On leur fait quoi ? Ah, moi, je suis pour qu'ils aient un... Quand ils sont sur notre territoire, qu'ils aient... Moi, j'ai toujours été pour le visa multi-entrée. C'est-à-dire qu'ils viennent, ils ont un boulot, ils n'ont pas de boulot, ils peuvent retourner chez eux. Parce que toute la difficulté aussi, c'est qu'à force de rendre les conditions d'entrée en Europe totalement restrictives, en fait, les gens s'enquistent sur les territoires parce qu'ils n'ont plus cette capacité à se mouvoir. Et un des visas qu'il faut absolument développer, c'est le visa notamment pour les étudiants.
Vous savez que les statistiques françaises sont totalement dingues puisqu'on met les étudiants dans les chiffres des migrants. Donc c'est quasiment 40% des migrants. Il faut favoriser justement ces visas d'aller-retour pour faire en sorte que ceux qui viennent étudier, à la fois, ils s'enrichissent, mais qu'ils puissent retourner dans leur pays pour que leur pays profite de la formation qu'ils ont eue, mais qu'on puisse continuer, nous aussi, à en profiter, qu'ils puissent en permanence aller d'un pays à l'autre pour justement bénéficier et qu'on bénéficie tous de cet enrichissement mutuel.
On fait un petit, on passe du coq à l'âne. Le nucléaire, on a combien de réacteurs sur le territoire ? On a 58 réacteurs. Combien ça coûte de les décommissionner ? De les décommissionner, c'est quoi ?
Les démanteler ? Les démanteler, oui. Ah, les démanteler. Aujourd'hui, le chiffre de la France est totalement tordu, puisqu'on estime entre 3 et 400 millions le démantèlement d'un réacteur. Quant à l'expérience en Grande-Bretagne et les chiffres de la Commission européenne, on est plutôt entre 1,2 et 1,5 milliard. Et c'est pour ça, par exemple, que EDF, qui a osé dire que, comme ils ne sont pas capables de financer le démantèlement, la France engagerait le démantèlement de ses réacteurs nucléaires au siècle prochain.
Une entreprise qui a 60 ans, qui a développé une technologie qui va nous laisser pendant des centaines de milliers d'années des déchets radioactifs partout sur notre territoire, ose dire nous reportons d'un siècle le démantèlement de nos réacteurs nucléaires. Donc, c'est un des coûts cachés du nucléaire et ça va nous coûter bonbon, mais ça, il faudra le faire. Alors, à quelle échéance ? Les écologistes sont pour une sortie du nucléaire en 20 ans. En 20 ans ? Quel coût ? Le coût ? Mais c'est que du bénéfice.
Aujourd'hui, ne serait-ce que mettre à niveau nos centrales nucléaires par rapport au risque dit Fukushima, donc séisme, inondation, c'est, selon la Cour des comptes, 100 milliards d'euros. On a EDF qui a déjà endetté à un peu moins de 40 milliards d'euros. EDF va investir sur les EPR en Grande-Bretagne, les deux EPR d'Inkley Point, on est à 22, 23, 24 milliards d'euros. Tout ça est financé soit par le contribuable, soit par le consommateur. C'est devenu un gouffre financier extraordinaire, le nucléaire. En sortir et choisir des énergies renouvelables qui sont aujourd'hui plus compétitives, moins chères au prix du kilowattheure, c'est gagner beaucoup d'argent et c'est réduire le risque.
Et en plus, ça crée 4 à 5 fois plus d'emplois que le nucléaire. C'est tout bénef.
Les conditions d'élevage, les choses comme ça, la L214, pour vous, c'est des terroristes ? C'est quoi ?
J'étais encore la semaine dernière avec eux. Certainement pas des terroristes, des amis. Moi, j'étais dans les campagnes de Greenpeace. On avait déjà des actions sur les espèces en voie de disparition. J'ai toujours été copain avec Bougrain Dubourg, le travail qu'il fait à la LPO, notamment sur la question de la chasse et de la protection des animaux. L214 apporte quelque chose de nouveau qui est un éclairage violent sur les conditions d'abattage. Mais pas violent parce qu'ils ont envie de faire de la violence, parce que les conditions d'abattage sont devenues extrêmement violentes.
Violentes pour tout le monde parce que les abattoirs sont tellement concentrés que même pour les gens qui travaillent là-dedans, c'est absolument abominable. Mais l'étape qui manque un peu dans le débat et que je veux mettre en lumière dans la campagne, c'est les conditions d'élevage. Parce que la mort, c'est toujours traumatique. Ça peut être absolument dégueulasse, c'est ce que montre L214, mais de toute façon, c'est traumatique, la mort. Vous mangez de la viande ? Je mange de la viande et je pense que je suis en train de faire un chemin sur ma consommation de viande. Parce que la réalité, c'est qu'on n'est pas au Burkina Faso, on n'est pas au Bananas.
J'aime bien les politiques qui commencent leur phrase par la réalité.
Non, parce que
je vais vous expliquer où il faut que vous compreniez quelque chose.
J'ai vécu au Burkina Faso, j'ai vécu au Bangladesh, je sais la nécessité des protéines animales. Quand on est en France aujourd'hui, on peut vivre sans protéines animales, on sait faire. Donc, ça signifie que la mort et la souffrance des animaux pour qu'on ait de la viande est uniquement liée à notre plaisir gustatif. On pourrait s'en passer. Et donc, moi, ça m'amène à faire un chemin qui est un chemin de réduction très forte de ma consommation de viande rouge, y compris parce que ce n'est pas bon du tout pour le climat, de manger moins de viande, de manger plus de viande blanche bio parce que c'est meilleur pour le climat et que les conditions d'élevage sont moins dramatiques.
Mais c'est un chemin qu'on doit tous faire sans culpabiliser. Qu'est-ce que vous pensez de Sea Shepard ? Paul Watson. C'est très bien. C'est très bien. Vous savez, moi, j'étais à Greenpeace, donc Sea Shepard, il y a toujours une petite concurrence entre Greenpeace et Sea Shepard sur les campagnes contre la chasse à la baleine.
Eux, ils n'investissent pas 30% de leur budget en communication.
Ouais, enfin bon, faites attention à ça parce que à la fois, ce n'est pas des bons chiffres et deuxièmement, je ne sais pas. Moi, je ne sais plus. Ça fait longtemps que j'ai quitté Greenpeace. On doit être sur un coût du fonctionnement administratif qui doit être autour normalement des 10-15%. Après, quand vous faites de la communication, Sea Shepard aussi fait de la communication. Ils sont sur les festivals. Ils ont des goodies. Ils font des t-shirts. Tout ça fait partie de la communication. Quand vous voulez convaincre une société qu'elle doit changer, quand vous faites des actions, c'est très bien, surtout s'il y a des médias qui les reprennent.
Quand vous faites, vous allez voir les responsables politiques, tout ça. Mais à un moment, quand vous voulez que la société vous soutienne, eh bien oui, il faut faire de la communication. Quand vous faites une émission, ici, moi, qu'est-ce que je fais à part de la communication ? C'est pour convaincre les personnes qui vont regarder l'émission. Donc, c'est aussi de la communication. Combien vous gagnez ? Un député européen a des indemnités de 6 400, maintenant, euros par mois. Net ? Net, parce que je paye l'impôt européen. D'accord. Vous ne payez pas votre impôt en France ?
Le système pour les députés européens, c'est que vous payez l'impôt européen et vous faites votre déclaration en France. L'administration fiscale recalcule ce que serait votre impôt en France et notamment si vous payez moins d'impôt européen que vous payez en France, vous payez aussi en plus l'impôt français.
est-ce que vous faites comme certains députés européens à faire semblant de pointer pour toucher votre indemnisation journalière ?
Si vous regardez tous les chiffres qui sont sortis, il y a eu un reportage il n'y a pas longtemps à la télé, notamment sur tous les candidats à l'élection présidentielle qui sont députés européens, vous verrez que je suis à 70% de présence au Parlement européen donc à Bruxelles et à Strasbourg quand la plupart de mes concurrents sont entre 10 et 20%.
Donc je fais mon boulot avant d'être ici, j'étais à Bruxelles en commission du commerce international pour voter contre le traité de libre-échange avec le Canada dans cette même commission siège Marine Le Pen comme d'habitude elle n'était pas là pour voter mais ça ne l'empêchera pas de dire qu'elle est contre le CETA mais elle ne fait pas le boulot pour empêcher le CETA d'arriver.
On s'en fout de Marine Le Pen on lui a proposé de venir elle ne vient pas.
Oui mais elle est candidate et aujourd'hui elle est souvent en tête des intentions de vote. Donc on en parlait la faute à qui ? Mais la faute à plein de gens la faute à plein de gens je l'ai dit tout à l'heure je l'ai dit tout à l'heure à partir du moment où les gouvernements renoncent à se battre contre les inégalités à se battre pour que tout le monde accède à un logement à se battre pour qu'il y ait des services publics sur tous les territoires à se battre pour qu'il y ait de l'emploi sur tous les territoires à se battre contre les discriminations qu'est-ce qu'on va faire de la dette française ?
Alors la dette française moi j'ai toujours considéré qu'il y avait une partie de la dette française qui était assez largement illégitime on l'aurait pu dire attendez j'essaye d'expliquer notamment toute la dette qui est issue du sauvetage des banques après la crise financière de 2008 j'ai toujours dit c'est vraiment la dette qu'il faut mutualiser à l'échelle européenne on retire ces 20 à 30% de notre dette 30% de oui qui doit être mutualisé à l'échelle européenne et qu'on rééchelonne indéfiniment je veux dire l'histoire des sociétés ça a été aussi régulièrement de supprimer la dette ou de trouver des moyens de ne pas rembourser la dette et aujourd'hui d'avoir sauvé les banques ça a permis à ces acteurs-là de survivre et aujourd'hui c'est eux qui participent à l'évasion fiscale 1000 milliards d'euros d'évasion fiscale en Europe 60 à 80 milliards d'évasion fiscale à l'échelle française et notamment du fait des banques c'est profondément scandaleux
raison de plus
pour ne pas rembourser les dettes
on fait quoi alors pour les serrer l'optimisation fiscale on fait quoi pour serrer un petit peu ça
1 la lutte contre les paradis fiscaux on lutte comment c'est toute la transparence déjà sur les activités bancaires financières dans les paradis fiscaux donc qu'on sache y compris que le public puisse savoir quelles sont les activités que la BNP par exemple a aux îles Caïman combien d'activités en volume combien de personnel comment ils payent les impôts tout ça qu'il y ait au moins la transparence moi je suis pour que tous les acteurs bancaires financiers ou les grandes entreprises qui vont dans les paradis fiscaux soient exclus de tous les marchés publics est-ce que la France c'est un paradis fiscal pour les étrangers c'est un point important parce qu'on parlait de la démocratie tout à l'heure aujourd'hui un juge qui veut enquêter sur une entreprise le parquet financier qui veut enquêter sur une entreprise qui fait de l'évasion fiscale doit demander l'autorisation à Bercy et bien moi je veux faire sauter ce verrou de Bercy y compris quand des groupes quand des associations veulent faire attaquer des entreprises pour évasion fiscale
alors les class actions les groupes d'action qu'est-ce que vous pensez des civic tech qu'est-ce que vous pensez qu'est-ce que vous proposez pour que la population se sente plus impliquée
dans ce processus démocratique et bien j'ai une proposition ça tombe bien c'est que 1% du budget d'investissement de l'Etat soit en budget participatif à travers les plateformes civic tech c'est-à-dire que comme on a les budgets participatifs dans les municipalités c'est-à-dire qu'en fait les citoyens ont des projets ils les construisent ou les co-construisent à travers des plateformes ils hiérarchisent les projets qui doivent être retenus et c'est financé par le budget de la ville et bien je veux faire ça à l'échelle nationale donc c'est 1% du budget d'investissement de l'Etat combien ?
on est autour c'est toujours très compliqué le budget d'investissement de l'Etat mais on est autour de 600 millions d'euros et donc ça passe à travers des plateformes civic tech la taxe carbone pour ? comment on gère et on régule ça ?
on gère à la fois déjà on purge complètement le marché européen du carbone qui aujourd'hui la tonne de carbone elle a 4-5 euros ça n'envoie aucun signal à l'économie pour sortir du carbone donc il faut purger tous les quotas excessifs pour que le prix du carbone remonte et puis c'est une taxe carbone à l'échelle de notre pays il faut aller vers les 100 euros on considère que le prix qui commence à inciter sérieusement à changer les stratégies d'investissement c'est autour de 100 euros mais surtout de montrer qu'on a une détermination à y aller donc c'est vers ça qu'il faut aller les lobbies
au Parlement européen vous en voyez souvent comment ça se fait que les lobbyistes ils aient le droit de circuler comme ça ? ils ont le droit
de circuler partout à partir du moment où ils sont enregistrés moi mon sujet c'est pas c'est un fantasme l'interdiction des lobbies parce qu'il y a toujours des intérêts économiques qui sont représentés moi ce que je veux c'est que soit organisée et assainie la relation entre les lobbies et les responsables politiques les lobbies il y en a partout ils sont à Bercy ils sont à Matignon ils sont à l'Elysée tous les jours ils font le siège de toutes les administrations à l'échelle locale à l'échelle nationale à l'échelle européenne le seul sujet c'est que un à chaque fois que vous rencontrez un lobby c'est noté c'est transparent et c'est sanctionné si vous ne l'indiquez pas deuxièmement supprimer évidemment combattre durement la corruption et supprimer tous les conflits d'intérêt dans toutes les agences qui à la fois dans les administrations mais dans les agences pseudo-indépendantes et publiques qui conseillent les gouvernements Barozo Goldman Sachs c'est à profondément scandaleux mais quand tous les conseillers économiques des présidents que ce soit Hollande et Sarkozy finissent par pantoufler dans des banques une fois qu'ils sont sortis du cabinet du président de la république c'est aussi préjudiciable à l'intérêt général qu'un Barozo parce que c'est eux qui font les notes c'est eux qui font les politiques et c'est eux qui expliquent en permanence qu'on ne peut pas s'en prendre aux banques qu'on ne peut pas réguler la finance qu'il faut faire toujours moins en matière de contrôle et bien c'est eux qui après touchent le jackpot quand ils vont quand ils retournent dans la banque bon en 2017 vous avez voté qui au deuxième tour j'en sais rien je ne sais pas qui sera au deuxième tour vous le savez vous comment vous savez qui sera au deuxième tour
je sais que vous ne serez pas au deuxième tour et bien vous verrez on verra pas une petite piste ben non pourquoi on est obligé d'avoir un parti
écologiste en France parce qu'il n'y a pas d'écologie sans écologiste regardez ce gouvernement il a promis de faire mont et merveille en matière de protection de l'environnement d'écologie il a eu une opportunité extraordinaire avec la COP21 et l'accord de Paris sur le climat d'engager enfin la transition énergétique qui en plus créatrice d'emplois et encore aujourd'hui on apprend que ce gouvernement a priori ne fermera même pas Fessenheim qui est vraiment le petit bout du petit bout du petit bout de la transition énergétique qui c'est qui était au gouvernement
en tant qu'écologiste avec qui il y avait Cécile Duflo Jean-Rinçon Placet
Jean-Rinçon Placet il n'est pas membre d'Europe Écologie Les Verts il n'est pas membre du mouvement écologiste d'accord Cécile Duflo elle y était Pascal Canfin parce qu'on avait un contrat que ce contrat prévoyait justement de réduire sérieusement le nucléaire de réduire les pesticides et comme ce gouvernement n'a rien fait et bien on en est sorti et s'il n'y a pas d'écologiste à l'échelle locale que ce soit un militant associatif ou un militant politique si on a encore à peu près une eau potable si on n'a pas de gaz de schiste dans notre pays si on n'a pas d'OGM s'il y a des choses positives qui se font c'est parce qu'il y a des écologistes
Qu'est-ce qu'on fait avec les terroristes et l'état d'urgence ?
L'état d'urgence je suis contre je veux dire l'état d'urgence
Qu'est-ce que ça fait en tant que militant
d'être fiché ? Est-ce que vous devez être fiché ou non ?
D'une certaine façon ça me fait rire ça montre toute la bêtise de ces systèmes et ça montre qu'on ne concentre pas les moyens sur les vraies personnes dangereuses l'état d'urgence c'est une diversion politique vous n'avez pas un expert en terrorisme pas un expert en sécurité qui considère qu'aujourd'hui l'état d'urgence c'est utile simplement parce que au fond il y a une telle surenchère dans la politique autour de ça qu'il n'y a pas un président qui est capable de dire ça ne sert à rien revenons au régime normal donnons et soyons efficaces dans la lutte contre le terrorisme à l'échelle française et en coopération à l'échelle européenne
pour être efficace pour le terrorisme et on met quoi comme politique de contre-radicalisation
alors qu'est-ce qu'on fait pour être efficace en matière de terrorisme c'est qu'on réinstalle la police de proximité la police qui connaît tous les coins on a une police de proximité qui est guidée par du renseignement qui est aussi décentralisée à l'échelle des territoires pour identifier suivre les suspects ça veut dire une coopération européenne en matière de terrorisme je l'ai dit moi je suis pour un FBI européen je suis pour un parquet européen je suis pour une coopération des agences de renseignement européennes pour être efficace et puis c'est plus de moyens pour la justice qui est aujourd'hui en voie de clochardisation
Les politiques de contre-radicalisation en amont vous m'avez dit ?
Les politiques de contre-radicalisation il y a des associations des expérimentations des expériences qui sont faites contre la radicalisation et qui doivent nous enseigner sur la façon de le faire c'est évidemment éviter de mettre n'importe qui n'importe comment en prison parce qu'on voit un certain nombre de jeunes qui tombent dans la radicalisation mais qui n'est pas une radicalisation religieuse ça c'est du baratin la plupart le parcours c'est délinquant prison radicalisation voyage terrorisme il n'y a pas de spiritualité là-dedans c'est simplement des losers absolus qui se retrouvent dans la société sans aucune capacité d'identification sinon au pire et c'est déjà une façon de lutter contre la radicalisation c'est de faire en sorte que nos quartiers nos écoles et tous les services publics qu'ils méritent
pas d'autres mots à rajouter sur le terrorisme
pour dire quoi
qu'est-ce que
la France a fait j'ai parlé de la complaisance vis-à-vis des pétro-monarchies du Golfe et de leur vision fascisante de la religion
quand Fabius dit Jabal Nostra fait du bon boulot
on est ce qui est terrible en Syrie c'est que le début ce sont des manifestations pacifiques de citoyens qui veulent plus de démocratie qui veulent plus de liberté à partir du moment où on soutient des pétro-monarchies je l'ai dit qui ont une vision fascisante de la religion qu'on laisse ou qu'on finalement à la fin ce sont des dictatures qui gagnent vous avez toujours le pire c'est toujours le pire quand on quand on réduit à rien la démocratie vous avez les dictatures et le terrorisme et le djihadisme c'est ça qui est en train d'arriver dans la région
je trouve que vous avez une vision un peu c'est un peu nébuleux pour moi votre perception vous avez déjà été dans le coin
j'ai été par exemple en Libye y compris pendant le conflit la guerre n'était pas terminée vous avez rencontré qui là-bas j'ai rencontré les groupes qui se battaient notamment contre les troupes de Kadhafi
et en Syrie vous avez été aussi non
comment vous avez rencontré les troupes libyennes j'étais à ce moment-là
vous aviez un fixeur
au sein d'une délégation européenne de parlementaires européens écolos qui se sont rendus notamment sur toute la partie berbère mais aussi à à Tripoli et puis on est descendu jusqu'à Misrata on va passer sur la Chine très bien qu'est-ce qu'on fait avec la Chine et bien la Chine c'est comme la Russie il faut montrer qu'il faut installer un rapport de force qui nous permet de peser
vous avez fait un rapport de force avec les Chinois
bien sûr comment vous avez organisé par exemple moi je me suis battu au Parlement européen contre le dumping chinois sur toute l'industrie photovoltaïque qui a tué toute notre industrie à coup de subvention publique en Chine il suffisait que l'Europe soit forte et comme les Etats-Unis imposent des droits de douane de 250% on aurait maintenu les emplois ici donc c'est aussi par ce rapport de force là qu'on intervient le problème de l'Union européenne c'est qu'aujourd'hui elle a une politique commerciale commune mais qu'elle n'a pas de diplomatie commune c'est qu'on voit les Chinois ne parlent jamais à l'Union européenne ils viennent dans les différents pays ils promettent des milliards de projets des achats des investissements et ça permet d'obtenir au fond que l'Europe soit un ventre mou diplomatique mais ça ça n'est que de la responsabilité de nos chefs d'Etat et de gouvernement de se mettre ensemble pour imposer plus d'équilibre dans les relations commerciales avec la Chine et une des mesures que je propose également c'est que n'entre plus sur le marché européen des produits issus de pays qui ne respectent pas la liberté syndicale parce que c'est pas du protectionnisme d'une certaine façon c'est protéger les salariés là-bas et c'est protéger les salariés ici Qu'est-ce qu'on fait avec Donald Trump ?
Donald Trump compliqué ça va être extrêmement compliqué si Donald Trump veut absolument s'exonérer de la lutte contre le dérèglement climatique il faudra mettre une taxe aux frontières de l'Union Européenne on ne peut pas nous imposer à nos entreprises et c'est légitime d'investir pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et accepter que les firmes américaines soient exonérées d'une telle discipline donc il va falloir aussi pas montrer les dents au sens on n'est pas en guerre mais établir un rapport de force pour faire en sorte que les Etats-Unis ne soient pas récompensés de leur isolationnisme ou du fait qu'ils tournent le dos à leurs responsabilités planétaires en matière de lutte contre le dérèglement climatique notamment
Est-ce que vous arrivez à modéliser la dislocation géopolitique mondiale ? Est-ce que déjà première question et deuxième question la dislocation européenne ? Est-ce que pour vous c'est modélisable ou vous l'avez anticipé pas anticipé calculé pas calculé
c'est dans le domaine On la voit arriver depuis des années vous savez moi j'ai toujours travaillé sur ces enjeux de mondialisation donc depuis j'ai travaillé vécu en Afrique au début tous les débuts des années 90 en Asie j'ai participé à la construction du mouvement du mouvement intermondialiste en bloquant l'organisation mondiale du commerce à Seattle ou en participant à la fondation du forum social mondial et puis que ce soit à Greenpeace évidemment mais sur les enjeux internationaux et au Parlement européen je continue à suivre ces questions-là j'ai toujours dit qu'à partir du moment où on laisserait se mettre en place une mondialisation des intérêts économiques uniquement une mondialisation où ce sont des acteurs économiques gigantesques qui prennent la main sur l'ensemble de la régulation de la gouvernance internationale nous irions vers tous les replis identitaires parce que les gens sont totalement paumés et ils sont prêts à écouter n'importe qui qui leur dit le monde c'était tellement mieux avant tellement mieux avec les frontières tellement mieux avec machin moi si je me bats pour l'Europe aujourd'hui c'est pour que l'Europe soit un vecteur de régulation publique de la mondialisation que les souverainetés démocratiques que les droits humains les droits sociaux et les droits environnementaux priment sur les intérêts du commerce et des investisseurs donc pas de sortie de l'Europe avec avec Jadot non pas de sortie non parce que comme le dit Bruno Latour l'Europe aujourd'hui est seule mais seule l'Europe peut nous sauver lutter contre les paradis fiscaux lutter contre la colonisation Google faire de l'harmonisation fiscale la souveraineté numérique on fait quoi ?
et bien il faut favoriser l'émergence d'acteurs européens du numérique puissants qui nous permettent aussi d'avoir pour ces acteurs numériques les valeurs européennes c'est par exemple toute la protection des données personnelles où les verts ont porté à l'échelle européenne et ont réussi à avoir le système le plus protecteur en matière de données personnelles
Quelles sont les entreprises pour vous qui protègent les données personnelles en Europe et en France ?
Justement le problème c'est qu'il faut en permanence avoir une régulation extrêmement forte pour être sûr qu'il n'y a pas une commercialisation de nos données personnelles Là maintenant quelles sont les boîtes qui protègent les données personnelles ? J'en connais pas qui se soient fait une réputation extraordinaire sur le fait qu'ils sont exemplaires en matière de protection des données personnelles Qu'est-ce que vous utilisez comme navigateur ?
Moi j'utilise comme tout le monde Je googlise pas mal donc c'est vrai que je suis dans ce système-là et c'est aussi pour ça que je veux absolument que Google soit soumis aux protections aux droits européens en matière de données personnelles et qu'il ne puisse et donc ce qu'on a obtenu est extrêmement fort c'est-à-dire que Google même basé aux Etats-Unis ne peut pas utiliser des données personnelles de citoyens européens ne peut pas les vendre sans leur consentement ça c'est important Firefox ça vous parle ?
Bien sûr j'ai eu Firefox notamment Internet Explorer Oui mais tout ça mais après c'est vrai que je suis plutôt Mac que Microsoft ou que les autres systèmes donc avant d'être sur Mac j'étais sur Firefox Linux ça vous parle ? Bien sûr mais vous savez on défend le logiciel libre on défend tout ça mais si vous me dites dans mon utilisation quotidienne à travers les outils que j'utilise c'est vrai que c'est pas ce que j'utilise ça veut pas dire que je me bats pas pour que ça existe et que ça prenne le pas Comment vous pouvez vous battre pour quelque chose alors que vous l'utilisez pas vous ?
C'est vrai mais ça m'empêche pas de faire en sorte que tous ces systèmes-là soient encore une fois soumis à des réglementations extrêmement strictes en matière de protection des données personnelles Faites ce que je dis mais pas ce que je fais Non parce que j'ai jamais empêché quiconque mais c'est pour ça que je veux aussi qu'il y ait des opérateurs numériques européens pour que justement on ait le choix Vous avez des pistes dans ce sens-là ?
Moi je suis pas pour que l'État construise des entreprises du numérique comme construisent des entreprises en permanence Je veux dire le plan informatique de la France a englouti des milliards en prétendant définir des technologies et des méthodes d'utilisation d'Internet Il y a une telle vitalité dans le numérique aujourd'hui que je crois que la question c'est d'encadrer du point de vue des libertés individuelles le développement du numérique mais surtout de faire en sorte que le numérique puisse prendre toute la place à partir du moment où c'est un outil pour rendre plus horizontale la société plus participative la société plus inclusive la société que les start-up et tout ça nous inventent le monde de demain C'est pas mon boulot à moi
Il nous reste 7 minutes J'ai cru entendre votre spin doctor rentrer dans la salle D'ailleurs on tient à vous préciser qu'on ne donne jamais le plan ni les questions de nos interviews On vous remercie
De toute façon On vous remercie
de nous avoir appelé pour les avoir quand même Bah oui C'est normal
qu'on sache sur quoi on va être interrogé Vous savez moi je ne prétends pas avoir la science infuse sur absolument tous les sujets Mais en même temps remarquez que je réponds de bonne volonté à toutes vos questions y compris quand on passe de la Chine à l'agriculture biologique et après
C'est fait exprès D'habitude on fait mettre les mains sous les cuisses
Pourquoi ?
Vous avez vu la vie des autres ?
Euh oui
Bah ça s'appelle un interrogatoire
Ah oui Oui mais moi je suis un grand démocrate je suis prêt à me prêter à toutes vos questions Mais Alors on va vous demander Les gens qui me disent dans la société en général comment je dois me comporter ça me saoule terriblement Qu'est-ce que vous pensez des référendums ? Alors tout à l'heure je l'ai dit je préfère le terme votation citoyenne Comment suis-ce ?
Oui parce que le problème dans notre pays le référendum le référendum est toujours plébiscitaire c'est on fait voter les Français pour qu'ils donnent le pouvoir à Napoléon de manière éternelle pour Napoléon et ses descendants donc moi j'aimerais que les Françaises et les Français puissent participer s'exprimer sur des questions de leur quotidien les questions de leur région ou des questions plus importantes en répondant à la question je veux pas qu'à chaque fois on soit sur est-ce que les je sais pas quoi les cours d'école doivent être vertes ou bleues et qu'à chaque fois on vote en sachant si on veut on veut buter ou pas le président de la République ça je trouve ça ridicule donc des votations citoyennes mais aussi un grand référendum européen sur une nouvelle constitution mais tous les Européens votent en même temps le même jour référendum d'initiative populaire qu'est-ce que vous en pensez on se bat pour ça on se bat notamment à l'échelle européenne pour que ça existe énormément cette idée que les citoyens et je l'ai dit tout à l'heure puissent s'emparer aussi du processus d'initiative législative ça me paraît extrêmement important mais ça veut pas dire que les citoyens doivent en permanence faire le boulot de la démocratie
vous avez trois minutes pour répondre à notre dernière question laissez un conseil pour les jeunes générations une bouteille à la mer sur internet c'est la question qu'on pose à chacun de nos invités
c'est à vous et bien que les jeunes se prennent en main personne ne leur donnera jamais le pouvoir moi je suis responsable politique et s'il y a un discours que souvent je n'aime pas c'est le discours classique qui est fait à la jeunesse parce que généralement quand il y a un discours à la jeunesse c'est pour leur dénier le droit d'être des adultes responsables à chaque fois qu'il y a un discours à la jeunesse c'est de dire on va organiser votre passage à l'âge adulte mais l'âge adulte ça sera vers 30 ans quand vous aurez peut-être un CDI quand vous aurez peut-être votre logement et que vous serez capable de vous payer un loyer quand peut-être vous aurez une vraie mutuelle moi je dis qu'à 16 ans un jeune est un adulte et qu'il a le droit de participer pleinement à la société en votant en ayant une garantie universelle des loyers en pouvant toucher comme tout le monde le RSA s'il en a besoin en pouvant se former que un million de jeunes européens puissent circuler en Europe et vous savez quand un million de jeunes européens circulent en Europe et bien quand vous passez un an à l'étranger dans 25% des cas vous tombez amoureux et bien c'est ça aussi la société que je veux c'est une société du métissage c'est une société de l'ouverture c'est une société où les jeunes sont notre avenir mais les jeunes sont des adultes comme les autres avec les mêmes droits les mêmes possibilités d'émancipation
bon bah écoutez merci on n'a pas eu le temps de vous poser des questions concernant le revenu universel le cannabis c'est tout un tas de choses mais bon chez les écolos le cannabis en général ça se passe bien
on est pour la légalisation c'est un enjeu de santé de sécurité et puis de prévention quand c'est récréatif il n'y a pas de problème vous avez des questions à nous poser ? non tout va bien j'imagine que vous avez posé à peu près toutes les questions que vous vouliez quand même
non je vous aurais gardé un petit peu une heure de plus parce qu'on commençait à se mettre en jambes mais je vois que votre spin doctor nous presse
on a d'autres rendez-vous
c'est comme ça bon Yannick Jadot merci merci de votre invitation
merci
Yannick Jadot