La sécurité du Louvre "n'a pas été une priorité", pointe Alexis Corbière, rapporteur de la commission d'enquête
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Questions et réponses
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- 0:21OuverteRéponse directe
Comment renforcer leur sécurité ?
- 0:34FerméeRéponse directe
Avant tout, il y a une question d'argent ?
- 1:56RelanceRéponse directe
Mais tout n'est pas une question d'argent. Il y a aussi un problème de gouvernance.
- 4:20OuverteRéponse directe
Et sur les choix des directeurs de musées sur leur priorité, sur le fait de mettre le paquet ou pas sur la sécurité, il fait ce qu'il veut, il a tout pouvoir ?
- 6:24FerméeRéponse directe
Via vos 40 recommandations à la commission d'enquête parlementaire, un rapport qui a été voté à l'unanimité ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:48Invité politiqueChiffre
« il faudrait mettre 2,5 milliards pour la rénovation des bâtiments. »
- 0:57Invité politiqueChiffre
« qui a dit 30 millions sur 3 ans. »
- 1:25Invité politiqueChiffre
« 1400, 1600 euros. »
- 1:44Invité politiqueChiffre
« qui sert normalement à donner un audit sur la sécurité des 1218 musées de France ? Eh bien, vous savez que c'est 3 personnes, plus 2 récemment, 5 personnes pour 1200 établissements. »
- 2:49Invité politiqueFait
« qui s'appelait M. Martinez, qui était proposé dès 2021. »
- 2:54Invité politiqueFait
« Ça n'a pas été une priorité, j'affirme à ce micro, de la part de Mme Descartes. »
- 3:06Invité politiqueChiffre
« c'est un projet à 1,2 milliard qui va modifier les choses, qui veut faire passer la fréquentation du musée du Louvre de 9 millions à 12, peut-être 15 millions de visiteurs. »
- 5:07Invité politiqueFait
« dans la lettre qu'elle lui donne, ça n'est pas vraiment une priorité qui est donnée. »
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Il
est 6h21, le cambriolage spectaculaire du Louvre en octobre dernier. Il y
a
d'abord eu la stupeur, puis les moqueries qui ont fait le tour du monde. Reste aujourd'hui à trouver des solutions pour que ça n'arrive plus jamais, ni au Louvre, ni dans les autres musées. Comment renforcer leur sécurité ? Une commission d'enquête parlementaire rend ses conclusions aujourd'hui et je reçois son rapporteur. Bonjour Alexis Corbière. Bonjour. Député du groupe écologiste et social de Seine-Saint-Denis, vous formulez 40 recommandations. Avant tout, il y a une question d'argent ?
Il
y a une question d'argent, indiscutablement. Vous savez, vous aviez même, lors du débat sur le budget, le rapporteur sur la question de la culture, M. Patriel Etus, dont vous avez entendu parler, lui
disait
qu'il faudrait mettre 2,5 milliards pour la rénovation des bâtiments. Donc il faut des moyens, indiscutablement. Il y a un fonds d'urgence qui a été proposé par Mme Dati, qui était alors ministre de la Culture, qui a dit 30 millions sur 3 ans. Ce n
'est
pas très clair aujourd'hui comment ça fonctionnerait. Il y a des moyens.
Alors
ça, c'est une question pour aider les établissements, par exemple, à vérifier que leur système de vidéosurveillance soit performant, que toute une série de mesures...
A mieux
former les agents.
Changer les vitrines, tout simplement, parfois. Former les agents. Alors moi, j'insiste beaucoup là-dessus. Les agents, vous savez, on confie parfois ce qu'on a de plus précieux à des gens qui sont extrêmement précarisés. 1400, 1600 euros. C'est épuisant aussi. Il y a un problème de formation sur ces priorités. Donc tout ça, ce sont des éléments importants. Par exemple, savez-vous aussi qu'il y a ce qu'on appelle la MISA, la Mission d'Information sur la Sûreté, la Sécurité et l'Audit, qui sert normalement à donner un audit sur la sécurité des 1218 musées de France ? Eh bien, vous savez que c'est 3 personnes, plus 2 récemment, 5 personnes pour 1200 établissements. Vous voyez bien que là, il y
a
un problème pour tout simplement que les musées aient un avis, une audite sur leurs problèmes. Donc ça, c'est une question importante.
Mais tout n'est pas une question d'argent. Il y
a
aussi un problème de gouvernance.
Alors, en particulier sur le Louvre, parce que là, nous, on était grand-angle sur beaucoup de musées. Est-ce que je veux rappeler que quand le carmiolage du Louvre a lieu, il y a eu un carmiolage à Cognac-Gé, le musée Cognac-Gé, au musée Jacques Chirac à Saran. Enfin, il y a plusieurs établissements qui sont braqués. Et il y a une modification, quand je dis braquage, de la manière dont on vole dans les musées. On ne vole pas plus aujourd'hui dans les musées, mais c'est moins des coups Arsène Lupin, des tours de magie, comme on a l'habitude au cinéma, que des braqueurs qui arrivent, qui volent non pas des objets d'art, mais de la matière.
Et, par exemple, qui amènent à ce que c'est le cas de ce qui se passe au Louvre. C'est-à-dire, c'est moins l'objet incroyable d'une valeur inestimable
d'un
point de vue historique qui les intéresse, que, éventuellement, l'or et les diamants. Alors, qu'est
-ce
que je suis en train de dire ? C'est qu'au Louvre, ce que nous, on a constaté, c'est qu'il y
a
un problème d'ordre systémique qui vient... Alors, déjà, une des traces, c'est quoi ? C'est qu'il y avait un schéma directeur de sécurité qui avait été proposé par l'ancien directeur avant que Mme Descartes soit là, qui s'appelait M. Martinez, qui était proposé dès 2021. Et du temps a été perdu. Ça n'a pas été une priorité, j'affirme à ce micro, de la part de Mme Descartes. Pourquoi ? Parce que sans doute qu'elle était beaucoup plus intéressée de participer au grand geste présidentiel de la présidence Macron, notamment du projet Louvre aux Renaissance.
Si nos auditeurs connaissent ça, c'est un projet à 1,2 milliard qui va modifier les choses, qui veut faire passer la fréquentation du musée du Louvre de 9 millions à 12, peut-être 15 millions de visiteurs. Et moi, ce que je propose, c
'est
qu'on en finisse avec le système de nomination. Ça n'est plus, selon moi, au président de la République de nommer les directeurs de théâtre, de nommer les directeurs du musée. C'est absurde. Et le problème, c'est que ça crée un lien de dépendance, si je puis dire, entre la personne qui est nommée au musée du Louvre et le président de la République qui est plus intéressé, si je puis dire, à plaire aux gestes présidentiels, à l'agenda politico-présidentiel que vraiment
s'occuper du
musée. Alors, moi, on est allé visiter le British Museum. Ils font aussi comme ça en Espagne. Le conseil d'administration pourrait élire sur la base d'actes de candidature, de projets présentés dans le conseil d'administration. Je rappelle au passage qu'au sein du conseil d'administration, il y a des représentants des personnels qui sont là. Et ça fera du bien aussi que celui qui est le directeur ou la directrice ou le président soit élu aussi par des personnels. Je propose aussi qu'il y
ait
deux parlementaires qui siègent dans ces grands établissements. Il y a 1218
musées de France. Oui, là, vous faites la distinction entre les
très grands musées
et les
petits musées. nationaux. On les connaît, Versailles, Orsay, le Louvre. Et ça fera du bien qu'il y
ait
ça pour démocratiser, républicaniser, si je puis dire, la nomination de ces grands établissements plutôt que le système assez monarchique qu
'il
y a à l'heure actuelle.
Et sur les choix des directeurs de musées sur leur priorité, sur le fait de mettre le paquet ou pas sur la sécurité, il fait ce qu'il veut, il a tout pouvoir,
il a le temps à
rendre à personne
?
Eh bien
oui. Article 13 de la Constitution, il consulte, on ne sait pas. Là, bon, Madame Descartes a démissionné, Monsieur Léribot, compétent, on connaît, mais pourquoi ? Sur quel projet le parlementaire que je suis ? Je n'en sais rien. Alors, il y
a
des lettres de mission qui, parfois, accompagnent la nomination d'un président.
Parfois,
arrivent trois ans après,
ça vous l'avez constaté aussi. On
constate dans le rapport que, par exemple, au musée, au muséum d'histoire naturelle où il y
a
encore eu une pépite d'or de grande valeur qui a été cambriolée, etc. Il y
a
des gens compétents, mais lui, il n
'a
jamais reçu de lettres de mission. Et puis, après, il y a des jeux. J'ai vu Mme Bachelot récemment sur une émission du service public qui disait,
qui
affirmait que dans la lettre de mission, c'était la ministre à l'époque de Mme Descartes, il
y
avait la question de la sécurité. J'affirme que dans la lettre qu'elle lui donne, ça n'est pas vraiment une priorité qui est donnée. Voilà. Et ça aussi, il faut systématiser le fait que, moi, je parle sécurité et sûreté, garantir, non pas que les conservateurs conservent, ça c'est une banalité, mais qu'ils aient les moyens aussi de pouvoir assurer la sécurité de ces objets. Et ça, ça nécessite bien sûr des moyens.
Je raconte une anecdote à ce micro, mais trois jours après le camp de relâche du Louvre, nous sommes allés au Louvre avec d'autres parlementaires, on a visité la salle de visio-surveillance, il y avait une caméra qui était fixée sur le quai François Mitterrand où le désormais célèbre élévateur s'est égaré et l'écran était neigeux, on ne voyait pas bien et là, il y avait du matériel qui n'était pas à la hauteur de ce qu'on peut
attendre
du champion du monde, des musées, on peut être fier de ça. Une fois que j'ai fait tout ça, je tiens à dire que grande compétence de nos personnels, on peut être fier, il
y a
l'école du Louvre qui forme nos conservateurs, on est quand même très reconnus dans le monde, mais justement, c'est un événement mondial le cambriolage du Louvre, il ne faudrait pas que ça se reproduise et je répète qu'il y a une évolution aussi du type de cambriolage qui a lieu, il faut s'en inquiéter parce qu'en raison de l'évolution du prix de l'or, notamment aussi des porcelaines chinoises, il y a une nouvelle menace sur nos musées qui doit nous amener à nous reformater et à donner les moyens à nos établissants de faire leur mission.
Voilà, via vos 40 recommandations à les recommandations de la commission d'enquête parlementaire, un rapport qui a été voté à l'unanimité ?
En
effet.
De la commission,
pas d'abstention ? Ça
arrive, des commissions d'enquête parlementaire où on travaille et tout le monde dit que c'est du bon boulot.
Merci Alexis Corbière, député et rapporteur de cette commission d'enquête parlementaire sur le patrimoine national et les musées. Vous étiez l'invité du 5-7.
Alexis Corbière