Sylvain Maillard - L'interview politique du 18/03/26
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Sylvain Maillard. Bonjour à tous. Député Renaissance de Paris, porte-parole de la campagne de Rachida Dati. Rachida Dati qui a subi un premier tour difficile. La candidate Les Républicains Modem est distancée d'assez loin par Emmanuel Grégoire. Mais la bonne nouvelle, la double bonne nouvelle pour vous, c'était hier. La liste de Rachida Dati a fusionné avec celle de Pierre-Yves Bournazel qui était arrivé quatrième et Sarah Knafo s'est désistée en faveur également de Rachida Dati. D'abord un mot sur Pierre-Yves Bournazel. Ni Grégoire ni Dati promettaient-ils.
Il a finalement cédé, semble-t-il, au patron de son parti, Édouard Philippe, qu'il a contraint à se retirer et accepté une fusion. Il se retire, lui, personnellement, ne figurera pas sur la liste. Et puis d'autres refusent d'y figurer aussi. C'est le cas de l'ancien ministre des Transports qui est issu de votre parti Renaissance, Clément Beaune. Il a fait savoir qu'il n'avait pas rejoint cette liste de fusion et qu'il n'accompagnait ni ne cautionnait un tel choix. Ce n'est pas un souci, ça, cette déperdition en route d'une partie de l'équipe de Pierre-Yves Bournazel ?
Dans l'équipe municipale et plus généralement dans une élection pour Paris, il y a un premier tour où les électeurs choisissent une sensibilité. Et un deuxième tour où on élimine. Et très clairement, vous savez très bien, j'ai toujours porté, y compris à cette entête, puisque je viens régulièrement, comme on l'a rappelé tout à l'heure, il y a deux choix. Il y a le choix de continuer Hidalgo Grégoire avec une équipe encore plus à gauche, ou bien le choix de Rachid Haddati et une équipe que j'accompagne, je suis très heureux d'accompagner, pour changer Paris en mieux. Voilà, tout simplement. Et il y a un choix très clair à faire. Pierre-Yves Bournazel, il veut être maire de Paris, il l'a dit.
Les électeurs n'ont pas voulu. Son équipe nous rejoint. Une partie de son équipe ? Écoutez, quand je vois 98% de son équipe, et vous avez évidemment cité 3-4 personnes qu'il ne souhaite pas rejoindre, mais c'est leur choix au fond, et eux voulaient accompagner Pierre-Yves Bournazel, il n'est plus là, on le comprend.
Alors, il a justifié Pierre-Yves Bournazel son revirement par un engagement qu'aurait pris Rachid Haddati sur les valeurs et la lutte contre l'extrémisme politique. Mais Sarah Knafo qui vous rejoint, c'est quand même l'extrême droite la plus radicale, c'est pas très raccord.
Écoutez-moi, j'en ai ras-le-bol, je vous le dis très clairement, j'en ai ras-le-bol d'entendre en permanence des fake news de la gauche qui expliquent que Rachid Haddati est de l'extrême droite terrible. Rachid Haddati, c'est une femme de droite. Elle est soutenue par des partis comme Horizon, Renaissance, L'ELR, Modem, des gens comme moi qui viennent du centre, et elle se bat pour faire en sorte que Paris s'améliore, parce que Paris a été complètement saccagée par l'équipe socialiste. Et l'équipe socialiste qu'ils proposent, c'est vraiment plus à gauche avec, y compris des gens de chez LFI ou ex-LFI, en tout cas qui ont été exclus des LFI, mais qui sont les mêmes.
Daniel Simonnet, elle était avec Jérémy Corbyn il y a deux ans encore. Bon, nous, ce qu'on dit tout simplement, c'est qu'il y a un choix politique à faire dimanche, un choix entre on continue, stop ou encore, on continue avec l'équipe Grégoire, ou bien on fait mieux, on fait en sorte que les familles restent à Paris. On a perdu, depuis qu'Emmanuel Grégoire et Anne Hidalgo sont au pouvoir à Paris, on a perdu 135 000 personnes. Alors, les familles sont parties. On a un scandale effroyable dans le périscolaire. On a un scandale effroyable, avec des enfants violés, des attouchements à la maternelle. Un périscolaire qui est complètement à l'abandon. On ne sait pas qui s'occupe de nos enfants.
Donc nous, la première chose qu'on va faire, dès dimanche prochain, de suite, on fait une élection et un conseil de Paris, pour faire en sorte d'arrêter ce saccage pour nos enfants dans le périscolaire.
Alors, vous le précisiez, Rachida Latine n'est pas d'extrême droite, mais elle est rejointe par Sarah Knafow et Jordan Bardella lui-même.
Elle s'est désignée en disant, je veux tout sauf la gauche.
Voilà, et c'est le même discours d'ailleurs chez Jordan Bardella, qui a dit qu'il faut faire partout barrage à la gauche. Avec des soutiens comme ça, c'est quand même pas un gage de centrisme et de non-radicalité.
On connaît le parcours de Rachida Latine. Rachida Latine, elle est connue de tous. Vous connaissez son parcours ? C'est une femme de droite. C'est une femme de droite. Et elle est rejointe par des gens, je vous le dis, comme moi, du centre. Elle est soutenue par Renaissance Horizon, le modem. Et elle se barre, tout simplement. Évidemment, on cherche à jeter l'opprobre sur elle. Mais au fond, les Parisiens, ce qu'ils veulent, c'est l'alternance. L'immense majorité des Parisiens. Et si vous faites un calcul arithmétique tout bête, ils veulent autre chose. Le calcul arithmétique, très intéressant. À nous de l'incarner.
Il n'y a pas d'accord ni de désistement de l'autre côté, à gauche, alors que vous faites le plein. Arrivée troisième du premier tour, Sophia Chikirou, la candidate de la France Insoumise, a été ignorée par Emmanuel Grégoire, qui est sorti largement en tête, je le rappelle. Arithmétiquement parlant, puisqu'on parle calcul, l'addition des voix des trois candidats, Dati, Bournazel et Knafo, permet de passer de 207 613 votants au premier tour à 384 870. C'est 75 000 de plus que ce qu'avait réuni Emmanuel Grégoire. C'est bon sur le plan arithmétique, mais on sait que la politique, c'est surtout de la dynamique. Qu'est-ce que ça vous inspire, ces chiffres ?
Ça veut dire qu'il y a une voie de passage pour gagner dimanche. Que si chacun d'entre nous, chaque Parisien, qui en a assez d'être gouverné depuis 25 ans par un trio socialo-écolo communiste à Paris, qui a envie de porter autre chose, qui a envie de plus de sécurité dans nos rues, de la propreté, une vraie mobilité organisée et puis la fin du logement social ou massivement comme propose Emmanuel Grégoire, c'est-à-dire 40% de logements sociaux.
Si vous avez eu envie, si vous avez envie de réenchanter Paris, refaire du beau à Paris, si vous en avez assez d'avoir une dette qui explose et que nous, on puisse contenir et de réformer les dépenses pour les associations, faire en sorte que l'argent qui est dépensé, l'argent qu'on a pu d'ailleurs à Paris, qui soit dépensé pour les Parisiens, qu'on arrête de financer des ruches au Togo. Mais oui, mais c'est le cas à l'heure actuelle. Parce qu'à chaque fois qu'Anne Hidalgo fait un voyage, elle en a fait un paquet de voyages avec des adjoints, dont parfois Emmanuel Grégoire. À chaque fois, c'est une subvention qui est donnée pour le pays dans lequel elle va. Donc, il y en a assez tout ça.
On veut une gestion rigoureuse et on veut s'occuper des Parisiens. On veut que les familles habitent à Paris. Elles restent à Paris, qu'on fasse notre vie à Paris. Ce ne soit plus une ville où les gens sont de passage. On veut les ancrer. Et donc, il faut apaiser Paris, redonner envie de Paris. J'appelais ça réenchanter Paris.
Et alors, votre première décision, vous l'évoquiez tout à l'heure, ce sera sur le périscolaire. Pierre-Yves Bonazel, lui, avait dit que sa première délibération, ce serait un plan en dix points, assez détaillé qu'il avait développé pour rétablir le périscolaire, la sécurité des enfants avec vérification du casier, des antécédents des animateurs, création d'une cellule d'écoute et d'enquête, etc.
Le plus important, tout de suite, ce sera tout de suite un conseil de Paris qui sera réuni et on va acter deux choses qui nous semblent essentielles. Il n'y aura plus un animateur du périscolaire seul face aux enfants. Ils seront toujours au minimum deux. Tout de suite. On va vérifier les casiers de tout le monde. On va arrêter d'avoir des animateurs volants, c'est-à-dire qu'ils passent d'une école à l'autre sans qu'on sache vraiment pourquoi ils passent d'une école à l'autre, un peu de faire du remplissage. Et puis surtout, dès septembre, on va changer les rythmes scolaires. Ce sera les rythmes scolaires de quatre jours comme dans 85% des villes en France.
Ça, c'était encore pour faire plaisir à Anne Hidalgo et à Emmanuel Grégoire de garder des rythmes scolaires inventés par Péion.
C'est Vincent Péion, ministre de l'Éducation nationale de François Hollande
qui l'avait mis en place. Malgré le fait du périscolaire, ils en avaient cure. Ce qu'ils voulaient absolument, c'est rester dans leur idéologie. Et donc, nous, on va passer à quatre jours. Et le cinquième jour, c'est-à-dire le mercredi, il y aura du périscolaire toute la journée. On va fidéliser du personnel de qualité qu'on va former. Et le temps restant, parce qu'en fait, qu'est-ce qui se passe dans le périscolaire ? Ils sont très mal payés. Et donc, vous avez des gens qui viennent sans être formés, qu'on ne connaît pas trop. Que les gens sachent, ils gagnent entre 420 euros et 780 euros par mois.
Et donc, nous, ce qu'on dit, on va faire en sorte qu'ils aient du 35 heures, on va les former. Et puis, le reste du temps, ils feront AESH s'ils le souhaitent pour nos enfants. AESH, c'est-à-dire ? Accompagnant des enfants en situation de handicap, on en manque terriblement à Paris. Et donc, nous, on va investir sur le périscolaire. On va le réformer, investir et faire en sorte que nos enfants soient plus en danger. Ça, pour nous, c'est la priorité absolue. Deuxième priorité, la propreté. Vous verrez avec nous, très rapidement, les rues vont être propres. On va mettre le paquet dessus.
On dépense beaucoup d'argent, mais on réorganise la propreté avec une collecte qui va être privatisée, comme dans la moitié déjà des arrondissements. On va tout privatiser la collecte pour mettre du personnel en régie qui nous permet de nettoyer les rues après la collecte, directement après la collecte, ce qui fait qu'après une collecte,
tout sera propre dans la rue. Alors, dernière ligne droite de la campagne, Money Time, comme on dit en basket. Ce soir, grand débat sur BFM TV, Rachida Dati versus Emmanuel Grégoire, mais sans Sofia Achikirou et son parti. Et furieux, Jean-Luc Mélenchon hurle à l'atteinte à la démocratie.
Écoutez, c'est très simple. On le sait tous. Qui sera maire de Paris ? Ce sera ou Rachida Dati ou Emmanuel Grégoire. Et donc, il faut un débat pour les Parisiens. On l'a toujours souhaité. Nous l'avons proposé depuis des mois d'affronter Emmanuel Grégoire. Ce sera ce soir. Ce sera projet contre projet. Les Parisiens, je pense, vont regarder massivement, écouter massivement, parce que ce sera aussi le moment de voir qu'il y a deux visions totalement différentes de Paris. Ce n'est pas deux visions à peu près pareilles. Elles sont complètement différentes. Sur la sécurité, nous, on veut des policiers et on veut des caméras, des policiers formés.
La police municipale, c'est moi qui ai voté l'amendement 2019 pour l'armement des policiers à Paris. C'est une décision du Conseil de Paris. On peut le faire directement. Faire en sorte que ceux qui sont formés soient armés. On va monter le nombre d'effectifs à 5 000. 8 000 caméras partout dans Paris qui nous permet de pouvoir surveiller et de faire en sorte d'apaiser cette ville. La propreté, je vous ai dit, on va changer. Le logement social, priorité pour le logement social à ceux qui bossent à Paris. C'est ça la priorité. Ceux qui bossent à Paris, qui s'occupent des Parisiens. Et puis, les mobilités, faire en sorte que chacun ait sa place. On va mettre un plan de circulation à Paris.
C'est la seule ville de France qui n'a pas de plan de circulation. Et priorité aux piétons. 100% des Parisiens sont piétons. Et donc, on veut faire en sorte d'aménager la ville pour les piétons. Et refaire du beau. Refaire en sorte qu'il y ait des bandes à view, des candélabres. Arrêtez d'avoir ces candélabres cassés. Cette ville qui n'est plus tenue. Nous, nous voulons refaire la plus belle ville du monde.
Alors, si on sort un peu de Paris au niveau national, à gauche, c'est la rechute pour le Parti Socialiste. Après les noms d'oiseaux, les ultimatums, les menaces, les socialistes et parfois les écologistes ont signé des alliances un peu partout en France avec LFI pour le deuxième tour. Toulouse, Limoges, Clermont-Ferrand, Brest, Nantes, Avignon, Strasbourg, Jean-Pas, c'est des meilleurs. Ça veut dire que ces villes pour l'EPS valent bien une messe ou du moins une compromission avec Jean-Luc Mélenchon. C'est ça la honte.
C'est ça la honte. C'est-à-dire que le matin, vous avez Olivier Faure qui vient au micro expliquer qu'il n'y aura aucun accord avec LFI. Regardez, vous avez vu la liste des villes ? Non mais, c'est des villes extrêmement importantes. Toulouse, Rennes, Nantes, Avignon, vous avez dit un nombre de villes pour sauver les pièces, pour sauver les places. Le retour, il nous faut aller rapidement à la gamelle. C'est ça que fait le Parti Socialiste. C'est ça que fait le Parti Socialiste en s'alliant avec LFI. C'est la honte. Ils passent leur temps à dire qu'il y en a marre. Ils se font humilier en permanence pour LFI et puis pour garder leur place, ils reviennent. C'est vraiment honte à eux.
Merci beaucoup, Sylvain Maillard. On va suivre bien sûr de très près la dernière ligne droite de cette campagne passionnante à Paris et merci d'avoir répondu. Merci à vous
et allez voter dimanche.
Merci d'avoir répondu aux questions de Radio-G. A très bientôt. Si beaucoup, David, on se retrouvera demain matin à 7h45. avec Marlène Schiappa qui figure également sur la liste de Madame Dati. A demain.
Sylvain Maillard