Aller au contenu
Tous les transcripts
Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 20 octobre 2026 23 minContradictoireActualité / polémiqueÉducation & rechercheSécuritéÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Violences du 17 octobre, couvre feu, pouvoir d'achat... Le "8h30 franceinfo" de Manuel Bompard

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 50 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 84 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:04OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous aussi Manuel Bompard vous avez eu honte en voyant ces images ?

  • 2:05OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous demandez ?

  • 2:21RelanceRéponse partielle

    Avez-vous des preuves de ce que vous avancez ?

  • 3:38OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est une décision que vous soutenez ?

  • 5:17OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous proposez si vous étiez au pouvoir ?

  • 5:41OuverteRéponse partielle

    Est-ce que vous partagez ce constat d'une culture de l'émeute ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:07Invité politiqueFait
    « On nous demande d'écrire que LFI est derrière le mouvement, la fabrique d'un bouc émissaire. »
  • 1:38Invité politiqueFait
    « Il y a des choses indicibles, mais quand on nous demande texto d'écrire que c'est LFI qui est derrière le mouvement, alors que c'est objectivement faux de l'avis général des renseignements territoriaux. »
  • 2:13Invité politiquePromesse
    « Je vais saisir la Cour de justice de la République contre le ministre Nunez, parce que fabriquer des faux documents, faire ce qu'on appelle de l'abus d'autorité. »
  • 3:42Invité politiqueFait
    « Non, parce que je trouve que d'abord, c'est une forme de punition collective. »
  • 8:43Invité politiqueChiffre
    « Alors maintenant, M. Nunez, qui raconte n'importe quoi avec les chiffres, comme depuis le début, maintenant nous dit que c'était 60 000. »
  • 8:55Invité politiqueChiffre
    « Est-ce que vous savez que l'année dernière, quand il y a eu un mouvement qui s'appelait Bloquons tous, c'était 80 000 effectifs de police qui étaient déployés ? »
  • 10:00Invité politiquePromesse
    « Abroger par cours sup. »
  • 10:08Invité politiqueChiffre
    « Débloquer les 10 milliards d'euros nécessaires et demandés par les organisations syndicales, lycéennes et étudiantes pour rénover le bâti scolaire et pour refonder notre service public d'éducation. »
  • 10:19Invité politiqueFait
    « Bloquer les prix des carburants, c'est invivable. »
  • 10:24Invité politiquePromesse
    « Augmenter le SMIC, ça le gouvernement peut le faire immédiatement. »
  • 11:20Invité politiqueChiffre
    « Vous réintroduisez un impôt de solidarité sur la fortune renforcée, c'est 10 milliards d'euros. »
  • 22:26Invité politiqueFait
    « Il faut interdire une formation politique qui est annoncée à 20% dans les sondages pour l'élection présidentielle. »

Temps de parole

  • Manuel Bompard70 %
  • Locuteur non identifié12 %
  • ?11 %
  • Présentateur8 %

≈ 32,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Manuel Bompard,

0:01
Locuteur

et

0:01
Présentateur

bienvenue sur France Info, bonjour Agathe,

0:03
Locuteur non identifié

l

0:04
Présentateur

'exécutif cherche donc une issue après un week-end noir, le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez a présenté sa démission à Emmanuel Macron dimanche soir, le président l'a refusé, le chef de l'État qui a donc pris la parole et qui a parlé de colère, de honte après les images de chaos du week-end, est-ce que vous aussi Manuel Bompard vous avez eu honte en voyant ces images

0:25
Locuteur

?

0:26
Manuel Bompard

D'abord j'ai eu beaucoup d'émotions, évidemment, parce qu'à la colère des lycéens, des étudiants qui se mobilisent depuis maintenant plusieurs semaines, s'ajoutent maintenant la colère et la souffrance, notamment de commerçants qui ont vu leur boutique vandalisée. Mais ce que je veux vous dire, c'est que ce à quoi on a assisté samedi, c'était évidemment un fiasco,

0:48
Locuteur

et

0:48
Manuel Bompard

ce à quoi on assiste depuis samedi,

0:50
Locuteur

c

0:51
Manuel Bompard

'est un formidable, incroyable exercice de manipulation qui, de mon point de vue, s'apparente à un scandale d'État, quand le gouvernement cherche à se défausser de ce fiasco, en ciblant la France insoumise, en ciblant la formation politique que je représente. Et je suis venu ce matin avec un article, qui a été publié par Mediapart hier, et dont le titre est

1:13
Locuteur

«

1:13
Manuel Bompard

On nous demande d'écrire que LFI est derrière le mouvement, la fabrique d'un bouc émissaire ». Alors, on ne

1:17
Locuteur

va

1:17
Manuel Bompard

pas faire toute la matinée sur ce sujet.

1:19
Locuteur

Oui, parce que là, on vous intéresse sur ce qui s'était passé

1:22
Locuteur non identifié

ce week-end, mais vous, vous voulez mettre en

1:23
Locuteur

avant le scandale d'État, la manipulation. Je veux le mettre en

1:26
Manuel Bompard

avant,

1:28
Locuteur

parce

1:28
Manuel Bompard

que je trouve que c'est absolument scandaleux. Quand on lit dans ce papier un commissaire du renseignement territorial qui dit « Il y a des choses indicibles, mais quand on nous demande texto d'écrire que c'est LFI qui est derrière le mouvement, alors que c'est objectivement faux de l'avis général des renseignements territoriaux, forcément, on a des décisions politiques ». Alors, moi, je vous dis, qu'il y ait de la polémique politique, c'est la vie politique française.

Mais qu'on en vienne à manipuler le travail des renseignements territoriaux pour essayer de cibler la France insoumise et de lui imputer une responsabilité dans des actes sur lesquels elle n'a aucune responsabilité, c'est absolument inacceptable.

2:01
Locuteur

Alors, il

2:01
Locuteur non identifié

n

2:01
Locuteur

'y a

2:01
Locuteur non identifié

pas que le gouvernement qui vous met en cause, Manuel Bonpère,

2:03
Locuteur

et on en parlera tout à l'heure, mais qu'est-ce que vous demandez ? Je vais vous

2:06
Manuel Bompard

dire ce que je vais faire. Moi, ce que je vais faire, c'est que je vais saisir la Cour de justice de la République contre le ministre Nunez, parce que fabriquer des faux documents, faire ce qu'on appelle de l'abus d'autorité,

2:18
Locuteur

c

2:18
Manuel Bompard

'est-à-dire donner des consignes qui vont au-delà de ces prérogatives, ce sont des délits.

2:21
Locuteur

Avez-vous des preuves de ce que

2:22
Présentateur

vous avancez

2:23
Manuel Bompard

? Écoutez, j'ai l'article de Mediapart, donc peut-être qu

2:26
Locuteur

'il

2:26
Manuel Bompard

va y avoir une enquête qui est faite, sauf si dorénavant vous contestez, comme M. Bardella, les articles de Mediapart.

2:31
Locuteur

L'article de

2:31
Locuteur non identifié

Mediapart ne cite pas explicitement des consignes du

2:34
Locuteur

gouvernement. Il dit qu'il y a

2:35
Locuteur non identifié

des consignes

2:36
Locuteur

politiques

2:36
Manuel Bompard

à

2:37
Locuteur non identifié

un chef du renseignement qui

2:38
Locuteur

n'est pas cité. Il

2:39
Manuel Bompard

faut donc qu'il y

2:39
Locuteur

ait

2:39
Manuel Bompard

des enquêtes

2:40
Locuteur

qui sont menées. De quels faux

2:40
Locuteur non identifié

documents vous parlez, Manuel

2:42
Locuteur

Bardella ?

2:42
Manuel Bompard

Si les renseignements territoriaux produisent des rapports

2:45
Locuteur

de

2:46
Manuel Bompard

ces renseignements qui sont des rapports mensongers, si on leur demande d'écrire à l'intérieur de ces rapports des choses qui sont fausses et qui ne correspondent pas au travail qui est fait par les renseignements territoriaux, est-ce que vous vous rendez compte que dans n'importe quel pays du monde, ça s'appelle un scandale d'État

2:59
Locuteur

? Et

2:59
Manuel Bompard

ça nécessite des réactions qui sont des réactions politiques immédiates, en vérité. Donc voilà pourquoi je voulais commencer sur ce sujet. Maintenant, vous m'avez interrogé sur l'intervention du président de la République. Je vais vous dire les choses franchement. Le président de la République, il a parlé pour ne rien dire. Et on ne trouvera pas une issue à une crise politique autrement que par des réponses politiques. Il

3:19
Présentateur

y a quand même eu une crise sécuritaire aussi durant ce

3:23
Locuteur

week-end,

3:24
Présentateur

en tout cas. On va parler évidemment aussi des réponses politiques. En attendant, les premières réponses aussi sur le plan sécuritaire, ce sont ces couvre-feux mises en place dans un certain nombre de villes de France, en tout cas dans un certain nombre de centres-villes et de quartiers. Est-ce que c'est une décision que vous soutenez

3:40
Locuteur

? Non.

3:42
Manuel Bompard

Non, parce que je trouve que d'abord, c'est une forme de punition collective. C'est-à-dire que dans certains quartiers, parce que des personnes ont commis des violences ou des dégradations, vous avez l'ensemble du quartier qui est concerné par cette punition.

3:57
Locuteur non identifié

Alors, c

3:58
Locuteur

'est pour

3:58
Locuteur non identifié

protéger les commerces. Vous savez, Manuel Bompard, que dimanche soir, dans plusieurs villes de France, des pillages ont continué dimanche soir.

4:04
Locuteur

Bien sûr, il faut les empêcher.

4:05
Locuteur non identifié

Excusez

4:05
Locuteur

-moi,

4:05
Locuteur non identifié

le gouvernement vise à empêcher de nouveaux pillages plusieurs soirs dessus. Donc, c'est aussi

4:09
Locuteur

pour

4:09
Locuteur non identifié

protéger certaines

4:10
Locuteur

personnes. Je crois

4:11
Manuel Bompard

qu'on peut empêcher ces dégradations de commerce, autrement qu'en faisant une punition collective

4:22
Locuteur

et en empêchant

4:23
Manuel Bompard

à des gens de sortir de chez eux le soir de 22h à 8h. Comment on fait alors ? On met des policiers partout ? Non, pas partout. Mais je ne

4:30
Locuteur

sais

4:30
Manuel Bompard

pas, on est quand même censé, si on parle de plusieurs dizaines ou plusieurs centaines d'individus, on est peut-être quand même censé pouvoir les détecter, les identifier, leur empêcher. Oui,

4:40
Locuteur

mais c'est quand même un sujet. On a eu des difficultés à le faire. Oui, on a

4:42
Manuel Bompard

eu des difficultés à le faire. Et je parlais tout à l'heure de fiasco et de naufrage, mais c'était aussi un naufrage et un fiasco sécuritaire. Ça me dit, enfin, est-ce que vous entendez les témoignages ? Moi, mes collègues élus municipaux, par exemple, à Paris, on fait le tour sans aller voir les commerçants. Qu'est-ce qu'on leur dit ? On leur dit, mais nous, on ne comprend pas. Il y avait des effectifs de police qui, manifestement, étaient au contact des manifestations qui, elles-mêmes, étaient des manifestations pacifiques. Et par contre, quand il y avait des gens qui dégradaient des commerces, il n

5:08
Locuteur

'y

5:08
Manuel Bompard

avait personne. Comment on peut comprendre ça ? En

5:11
Locuteur

attendant,

5:11
Locuteur non identifié

ça a marché hier soir, Sébastien Lecornu s'est félicité du calme retrouvé dans plusieurs villes. Vous, pardon, mais qu'est-ce que vous proposez

5:17
Locuteur

? Si vous êtes au pouvoir

5:18
Locuteur non identifié

à court terme pour établir l'ordre ?

5:19
Manuel Bompard

Mais rien ne vous permet de dire que, d'ailleurs, c'est ça qui a fonctionné. C'est ce que dit M. Lecornu. Mais moi, Madame, je dis qu'on est face à une crise qui est une crise politique, d'accord ? Et que face à cette crise politique, il faut apporter une réponse politique.

5:34
Locuteur non identifié

C'est juste une crise politique parce que Jérôme Fourquet, le sondeur à l'IFOP, dit qu'il y

5:39
Locuteur

a

5:39
Locuteur non identifié

une culture de l'émeute qui s'est installée dans le pays. Est-ce que vous partagez

5:42
Locuteur

ce constat ? Quand,

5:44
Locuteur non identifié

après chaque événement festif, il y a des débordements,

5:46
Locuteur

il y a de la

5:47
Locuteur non identifié

casse, il y a des jeunes qui viennent uniquement pour s'en prendre au magasin ou aux manifestants pacifiques

5:52
Locuteur

?

5:52
Manuel Bompard

Mais je dois vous dire qu'il faut être capable, dans des moments qui sont des moments difficiles, comme celui qu'on vit aujourd'hui, de faire preuve d'un peu de sang-froid et d'avoir un petit peu de recul. Malheureusement, ce n

6:03
Locuteur

'est

6:03
Manuel Bompard

pas la première fois en France qu'il y a, en marge des manifestations, des événements qui sont des événements violents, des dégradations. Donc,

6:10
Locuteur

ce

6:10
Manuel Bompard

n

6:10
Locuteur

'est

6:10
Manuel Bompard

pas la première fois que ça arrive. Donc, oui, c'est d'abord une crise politique. C'est d'abord une crise politique parce que quand,

6:16
Locuteur

pendant

6:16
Manuel Bompard

des années et des années, vous avez détruit toutes les formes de médiation sociale, vous avez choisi une stratégie qui est une stratégie de pourrissement, de chaos, c'est-à-dire que plutôt que de répondre à des revendications qui sont des revendications légitimes, légitimes. Le président de la République lui-même a dit que les revendications du mouvement lycéen et étudiant sont des revendications légitimes. Alors, si vous dites ça dans votre intervention et que ces revendications sont légitimes, alors la suite logique, c'est de dire quelles réponses politiques

6:41
Locuteur

vous y apportez. Le gouvernement a donné un calendrier pour

6:43
Présentateur

répondre à ces mesures. Ce sera la fin du mois d'octobre,

6:46
Locuteur

Emmanuel Mopar. Mais justement,

6:47
Manuel Bompard

depuis le début, et y compris depuis le début de ce mouvement lycéen, ça a toujours été la même technique. C'est-à-dire, d'abord, on a nié la légitimité de ces revendications en disant écoutez, c

6:56
Locuteur

'est

6:56
Manuel Bompard

la France insoumise qui manipule ces jeunes. Aujourd'hui, tout le monde dit, mais non, évidemment que leurs revendications sont légitimes. Ensuite, il y

7:01
Locuteur

a

7:01
Manuel Bompard

des conseillers ministériels qui disaient, bon, la pluie va arrêter le mouvement, le mouvement va s'essouffler, on va reporter à fin octobre parce qu

7:07
Locuteur

'il

7:07
Manuel Bompard

va y avoir les vacances scolaires et que donc le mouvement va s'arrêter. Le gouvernement a joué une stratégie, une carte, la carte du pourrissement, la carte du chaos. Et ce qu'on a vu samedi, c'est la conséquence de cette

7:17
Locuteur

stratégie. Emmanuel

7:18
Locuteur non identifié

Mopar, quel rapport entre les lycéens qui ont des revendications légitimes, et d'ailleurs Emmanuel Macron l'a dit, et les jeunes qui viennent uniquement pour piller des vêtements, des choses dans des

7:26
Locuteur

magasins, et qui ensuite les

7:27
Locuteur non identifié

remettent en vente sur

7:28
Locuteur

Vintaine ? Je ne dis pas qu

7:29
Manuel Bompard

'il y

7:29
Locuteur

a

7:29
Manuel Bompard

des rapports

7:29
Locuteur

autres. Ça, c'est légitime pour vous ?

7:31
Manuel Bompard

Mais évidemment que non. Je ne dis pas qu'il y

7:33
Locuteur

a

7:33
Manuel Bompard

un rapport entre les deux. Je vous dis que ces événements-là se sont bien déroulés en marge d'une manifestation qui a été organisée samedi et qui portait, elle, des revendications légitimes. Et que si on avait répondu à ces revendications légitimes, alors il n'y aurait pas eu ces manifestations sans doute, et donc sans doute pas eu le théâtre, pour qu'ensuite d'autres personnes viennent produire

7:53
Locuteur

des dégradations. On aurait aussi pu y avoir des

7:54
Présentateur

manifestations qui se passent dans le calme et sans avoir,

7:57
Locuteur

y compris des casseurs et des pilleurs.

7:59
Manuel Bompard

Mais évidemment, et c'est mon souhait, mais entendez que ce n

8:02
Locuteur

'est

8:02
Manuel Bompard

pas aux manifestantes et aux manifestants d'organiser la sécurité dans les rues. Ce n

8:06
Locuteur

'est

8:06
Manuel Bompard

pas le travail des manifestants de faire ça. C'est le travail, pardon, mais la tranquillité publique,

8:12
Locuteur

c

8:12
Manuel Bompard

'est le travail des autorités. Ce n

8:14
Locuteur

'est

8:14
Manuel Bompard

pas le travail des manifestantes et des manifestants. Donc ce qu'il fallait,

8:17
Locuteur

c'était de ne pas jouer la carte. Il n'y avait pas assez de policiers

8:19
Manuel Bompard

dans les

8:19
Locuteur

manifestants. Mais ce n'est pas qu'une

8:20
Manuel Bompard

question de nombre de policiers, c'est une question de doctrine de maintien de l'ordre qui a été choisie. Le nombre de policiers y participe.

8:26
Locuteur

La difficulté, c'est qu'ils étaient bien souvent absents quand même dans certains endroits.

8:29
Manuel Bompard

Et vous avez raison, ils n'étaient pas au bon endroit.

8:31
Locuteur

Donc il n'y avait pas de maintien de l'ordre, en l'occurrence. Ils n'étaient pas au bon

8:33
Manuel Bompard

endroit. Ils n'étaient pas au bon endroit. Ils étaient positionnés à un endroit pour empêcher les gens de rentrer sur la place de la République qui était le lieu de départ d'une manifestation déclarée. Et initialement, les premiers chiffres dont on parlait, c'était 10 000 policiers. Alors maintenant, M. Nunez, qui raconte n'importe quoi avec les chiffres, comme depuis le début, maintenant nous dit que c'était 60 000.

8:53
Locuteur

Jusqu'à 60 000 mobilisés dans la journée. Est-ce que vous savez

8:55
Manuel Bompard

que l'année dernière, quand il y a eu un mouvement qui s'appelait Bloquons tous, c'était 80 000 effectifs de police qui étaient déployés. Donc oui, évidemment, il y

9:02
Locuteur

a

9:02
Manuel Bompard

un nombre.

9:03
Locuteur

Pour une fois, la France

9:03
Locuteur non identifié

Insoumise réclame davantage

9:05
Locuteur

de policiers. Non,

9:05
Manuel Bompard

ce n

9:05
Locuteur

'est

9:05
Manuel Bompard

pas pour une fois, madame. Moi, ce n

9:07
Locuteur

'est

9:07
Manuel Bompard

pas davantage

9:08
Locuteur

de police.

9:10
Manuel Bompard

Ce n

9:10
Locuteur

'est

9:10
Manuel Bompard

pas davantage de police, madame, que je réclame. C'est une autre doctrine de maintien de l'ordre. Une doctrine de maintien de l'ordre qui s'appuie sur la désescalade, qui ne

9:18
Locuteur

s

9:18
Manuel Bompard

'en prend pas à des manifestations pacifiques, qui ne mutile pas des jeunes qui manifestent pacifiquement.

9:23
Locuteur

Mais comment on fait la désescalade face à des

9:24
Manuel Bompard

personnes qui cassent et qui, pour certaines, ensuite, vont piller ?

9:26
Locuteur

Je parle

9:26
Manuel Bompard

de la manifestation, monsieur. Je parle de la manifestation. Je dis que le gouvernement s'est concentré sur la manifestation plutôt que de se concentrer sur des éléments qui pouvaient être ensuite des éléments qui allaient commettre des dégradations.

9:40
Locuteur

Je ne suis pas le seul à

9:41
Manuel Bompard

dire qu'il y

9:41
Locuteur

a

9:41
Manuel Bompard

eu un fiasco sécuritaire. Même

9:43
Locuteur

le ministre lui-même reconnaît

9:44
Manuel Bompard

qu'il a perdu le contrôle.

9:46
Locuteur non identifié

Effectivement, il a présenté sa démission. Quelles conclusions vous en tirez ? Déjà, à court terme, comment vous rétablissez l'ordre ? Et ensuite, politiquement, qu'est-ce que vous feriez

9:51
Locuteur

si vous étiez au

9:52
Locuteur non identifié

pouvoir ? Qu'est-ce que

9:53
Locuteur

vous donneriez

9:53
Locuteur non identifié

à ces manifestants

9:54
Locuteur

?

9:54
Manuel Bompard

Je vais vous dire. Il faut répondre aux revendications politiques. Répondre aux revendications politiques, ça veut dire quoi ? Abroger par cours sup. Mettre un terme à ce système absolument fou qui a été inventé par les macronistes et qui pourrit l'avenir de nos enfants. Deuxièmement, débloquer les 10 milliards d'euros nécessaires et demandés par les organisations syndicales, lycéennes et étudiantes pour rénover le bâti scolaire et pour refonder notre service public d'éducation. Troisièmement, des réponses en matière de pouvoir d'achat. Bloquer les prix des carburants, c'est invivable. Mais

10:21
Locuteur

Manuel Bompard, on entend vos propositions.

10:23
Manuel Bompard

Et des Français, augmenter le SMIC, ça le gouvernement peut le faire immédiatement. Il faut envoyer des signaux

10:27
Locuteur

de réponse politique.

10:28
Locuteur non identifié

Combien de milliards d'euros, Manuel Bompard ? Parce que là, vous vous adressez aux lycéens, mais il

10:32
Locuteur

y

10:32
Locuteur non identifié

a aussi des gilets jaunes qui manifestaient

10:33
Locuteur

et aussi d'autres professions qui manifestaient. Vous allez donner 10 milliards à chaque

10:37
Locuteur non identifié

catégorie.

10:37
Manuel Bompard

Abroger par cours sup,

10:38
Locuteur

ça

10:38
Manuel Bompard

ne coûte rien. Mais

10:39
Locuteur

il faut le remplacer.

10:40
Manuel Bompard

Attendez, bloquer les prix des carburants, ça ne coûte rien. Augmenter le SMIC, ça ne coûte rien.

10:43
Locuteur

Et

10:43
Manuel Bompard

ensuite,

10:44
Locuteur

le

10:44
Manuel Bompard

prix...

10:44
Locuteur

Si

10:44
Manuel Bompard

ça coûte d'augmenter le SMIC.

10:45
Locuteur non identifié

Oui, bloquer les

10:46
Locuteur

prix des carburants, ça coûte aux entreprises. D'accord,

10:48
Manuel Bompard

mais là, vous me parlez d'argent public.

10:49
Locuteur

Ah oui, mais bon, à la

10:50
Présentateur

fin, ça fait peut-être prendre

10:51
Locuteur

moins d'argent public

10:52
Manuel Bompard

dans les caisses.

10:52
Locuteur

Si

10:52
Manuel Bompard

vous voulez... Non, je crois que ça en fait rentrer plus. Mais si vous voulez, on parlera des conséquences économiques de l'augmentation du SMIC. Et on pourra parler de l'Espagne, qui a augmenté son SMIC très massivement ces derniers mois. Avec des salaires

11:01
Locuteur

qui ont...

11:02
Manuel Bompard

Et qui est sans doute aujourd'hui le seul pays d'Europe dans lequel le déficit est en train de baisser.

11:05
Locuteur

Et qui est le pays d'Europe dans lequel les salaires ont le moins

11:07
Manuel Bompard

augmenté ces 20 dernières années

11:08
Locuteur

aussi. Non,

11:08
Manuel Bompard

c'est eux qui ont le plus augmenté le SMIC ces dernières années. Et d'ailleurs, les conséquences économiques, on les a sous les yeux aujourd'hui. C'est un pays dans lequel la croissance est beaucoup plus importante qu'en France. Et c'est un pays qui est en train de réduire son déficit. Mais ensuite, vous m'avez demandé combien ça coûte. Combien ça coûte ? Je vous ai répondu que ça coûte 10 milliards d'euros. Alors vous me dites, on n'a pas les moyens. Je vais vous dire une chose simple. Vous réintroduisez un impôt de solidarité sur la fortune renforcée, c'est 10 milliards d'euros. Voilà. Ça, c'est simple à faire. Donc ensuite, c

11:30
Locuteur

'est

11:30
Manuel Bompard

une question politique. Cette question politique,

11:32
Locuteur

c

11:32
Manuel Bompard

'est est-ce que vous voulez vivre dans un pays dans lequel il n

11:34
Locuteur

'y a

11:34
Manuel Bompard

pas d'impôt de solidarité sur la fortune, mais il y a des lycées et des collèges qui sont pourris ? Ou est-ce que vous voulez vivre dans un pays dans lequel il

11:39
Locuteur

y a

11:39
Manuel Bompard

un impôt de solidarité sur la fortune et on donne des moyens à notre service d'éducation pour que nos jeunes puissent étudier dans des bonnes conditions ? Voilà la question politique qui est posée. Moi, mon choix est clair. Je préfère un impôt de solidarité sur la fortune et 10 milliards d'euros pour refonder le service public

11:52
Présentateur

d'éducation. Vous restez avec nous, Manuel Bompard. On va continuer à parler des violences de la manière dont vous les voyez. Certains qui vous appellent à les condamner encore plus fortement.

12:05
Locuteur non identifié

France Info

12:11
Locuteur

Avec

12:12
Locuteur non identifié

Manuel Bompard, coordinateur national de la France Insoumise, Emmanuel Macron, le chef de l'État, appelle les partis à condamner sans ambiguïté toutes les violences et à appeler au calme. Le Premier ministre recevra les différentes forces politiques pour discuter notamment de ce point. Qu'est-ce que vous répondez ? D'abord, est-ce que vous condamnez sans ambiguïté toutes les violences ?

12:31
Manuel Bompard

Mais madame, depuis maintenant le mois de septembre, depuis le début de cette mobilisation sociale, j'y ai compté. À dix reprises, Jean-Luc Mélenchon, qui est notre candidat à l'élection présidentielle, a dit « Nous nous appelons à des mobilisations qui sont des mobilisations non violentes et pacifiques. »

12:47
Locuteur

Donc

12:47
Manuel Bompard

les dégradations de commerce, de bâtiments publics, ça n'a jamais fait partie de nos modalités d'action et nous ne sommes absolument pas d'accord avec

12:53
Locuteur

ça. Et vous

12:53
Locuteur non identifié

avez raison, Manuel Bompard, mais là je vous interroge sur ce qu'il y a entre ces prises de parole régulières pour rappeler au calme. Par exemple, quand Jean

12:59
Locuteur

-Luc

12:59
Locuteur non identifié

Mélenchon est interrogé sur les violences vis-à-vis des policiers, il répond « Ça s'appelle les risques du métier ». Qu'est-ce que ça signifie quand on

13:07
Locuteur

vous

13:07
Locuteur non identifié

demande, quand

13:09
Locuteur

on vous parle

13:09
Locuteur non identifié

des... Ben si,

13:11
Locuteur

le manifestant qui agressent

13:12
Locuteur non identifié

les policiers, de répondre « Ça fait partie des

13:13
Locuteur

risques du métier ». Non, ne tronquez pas les

13:14
Manuel Bompard

déclarations. Jean-Luc Mélenchon a été interrogé sur le fait de savoir si on renvoyait à égalité des manifestants qui sont blessés ou des policiers qui sont blessés.

13:22
Locuteur

Ce n'était pas tout à fait la question. On

13:23
Locuteur non identifié

l

13:23
Locuteur

'interrogeait en général sur les blessures des manifestants et des policiers. Après,

13:26
Manuel Bompard

il a rappelé une chose simple, c'est que quand on manifestait, c'est un droit. Et donc, il n'est pas normal qu'il y ait des risques pour aller manifester. Un policier, il exerce une fonction. C'est un métier. Est-ce que je suis d'accord avec le fait qu'on s

13:39
Locuteur

'en

13:39
Manuel Bompard

prend à des policiers ? Évidemment non, madame. Je suis absolument

13:41
Locuteur

en désaccord. Donc, vous condamnez

13:42
Locuteur non identifié

aussi

13:42
Locuteur

le fait

13:42
Locuteur non identifié

de jeter des pavés sur les forces de

13:44
Locuteur

l'ordre

13:44
Manuel Bompard

? Mais je condamne aussi, madame, le fait d'utiliser des techniques de maintien de l'ordre qui conduisent à mutiler des jeunes, à leur faire perdre un œil, à leur faire perdre une dent. Mais

13:55
Locuteur

là, on vous interroge sur les violences contre les forces de l'ordre. Et c'est ce qu'on reproche à

13:57
Locuteur non identifié

Mélenchon, c'est une

13:58
Locuteur

certaine ambiguïté. On l'interroge là

14:00
Locuteur non identifié

-dessus, il répond, ça fait partie

14:01
Locuteur

des risques du métier, au lieu

14:02
Locuteur non identifié

de dire, je condamne

14:03
Locuteur

tout type de violences contre les policiers. Mais est-ce que vous avez entendu ce que je

14:05
Manuel Bompard

viens de dire, madame ? Est-ce que vous avez entendu ce que je viens de dire ? Donc, ne me vosez pas dix fois la même question.

14:10
Locuteur

Rappelons que l

14:10
Manuel Bompard

'IGPN est saisie aussi

14:11
Locuteur

pour un certain nombre de faits.

14:14
Manuel Bompard

Regardez comment c'est extraordinaire. C'est-à-dire que quand un jeune se fait tirer dessus avec un flashball dans le visage, le ministre de l'Intérieur, vous l'interrogez sur ce sujet. Il ne

14:24
Locuteur

vous

14:24
Manuel Bompard

dit pas, je condamne. Il ne

14:25
Locuteur

vous

14:25
Manuel Bompard

dit pas, je ne suis pas d'accord. Il vous dit, des enquêtes sont ouvertes. Alors, quand vous m'interrogez sur des agressions contre des policiers, moi, je n'ai pas de problème à dire que je ne

14:32
Locuteur

suis

14:32
Manuel Bompard

pas d'accord, je ne réponds

14:33
Locuteur

pas. On vous interroge aussi. Les enquêtes sont ouvertes. Vous voyez, je

14:35
Manuel Bompard

vous

14:36
Locuteur

dis,

14:36
Manuel Bompard

je ne

14:36
Locuteur

suis

14:36
Manuel Bompard

pas d'accord avec ça.

14:37
Locuteur

Quand on tire

14:38
Manuel Bompard

au visage d'un jeune avec un flashball, moi, je ne dis pas, des enquêtes sont ouvertes.

14:42
Locuteur

Je dis, je ne suis pas d'accord avec ça. On vous interroge aussi

14:43
Présentateur

sur des propos de Jean-Luc Mélenchon. Donc, par exemple, interrogez là encore, chez nos confrères de LCI, sur le fait de savoir s'il reprenait à son compte le slogan « Acabe ». Alors, pour ceux qui ne connaissent pas, ça veut dire « All cops are bastards », tous les flics sont des bâtards. Il a répondu « Ça dépend des jours et des heures ». Est-ce que ça veut dire que, parfois, les

14:59
Manuel Bompard

flics sont des bâtards ? Non, ça veut dire, monsieur, que quand on est dans une démocratie, avec une liberté de manifestation, une liberté d'expression, on ne

15:07
Locuteur

va

15:07
Manuel Bompard

pas trier les pancartes et filtrer les slogans à l'entrée des manifestations. Parce qu'il a toujours fait partie de l'histoire de la contestation sociale, d'avoir des slogans qui sont des slogans provocateurs.

15:17
Locuteur

Mais un futur président de la République peut reprendre ça en disant… Il ne l'a

15:20
Manuel Bompard

pas repris. Il

15:21
Locuteur

a dit « Ça dépend des heures ». « Ça dépend des jours et des heures ».

15:23
Manuel Bompard

Il vous a expliqué qu'il peut y avoir des situations dans lesquelles vous avez un moment de colère, une forme d'expression qui, parfois,

15:30
Locuteur

y

15:30
Manuel Bompard

compris dépasse votre pensée.

15:32
Locuteur

Non, ce n'est pas ça qu'il a dit, Mme Bonpari. Il a dit « Ça dépend des jours et des heures ». Il a

15:35
Manuel Bompard

dit, d'ailleurs, après, mais c'est incroyable, les gens, vous savez ce qu'on va faire, c'est que les gens qui nous écoutent, plutôt que d'écouter vos questions déformées, ils vont aller voir sur la chaîne YouTube de Jean-Luc Mélenchon l'intégralité de son interview sur une chaîne concurrente de dimanche soir et ils verront les réponses aux questions que vous posez. Parce que moi, je ne

15:52
Locuteur

vais

15:52
Manuel Bompard

pas paraphraser en permanence et répéter ce qu'a dit Jean-Luc Mélenchon parce que vous n'êtes pas capable de faire autre chose que d'aller sortir des extraits en déformant les phrases et en déformant le contenu des réponses aux questions. Voilà, je vous le dis sincèrement, pas méchamment, mais sincèrement…

16:04
Locuteur

Non, mais on essaie de comprendre, on ne

16:06
Locuteur non identifié

nie pas que vous appelez régulièrement à

16:08
Manuel Bompard

la paixement,

16:08
Locuteur

mais il y a aussi ces propos au

16:10
Locuteur non identifié

milieu qui sèment

16:11
Locuteur

le doute. Non,

16:11
Manuel Bompard

madame, ce n

16:11
Locuteur

'est

16:11
Manuel Bompard

pas que j'appelle, mais je vais être très clair avec vous. Moi, je suis un représentant politique, je porte un programme et je défends une stratégie. Et cette stratégie, elle s'appelle la révolution citoyenne, c'est-à-dire le changement de la société par les urnes. Et pour mettre en œuvre cette stratégie, nous, nous considérons que ça passe par des manifestations, par un mouvement social qui est un mouvement social le plus large possible et le plus pacifique et le non-violent possible. Voilà,

16:36
Locuteur

c'est toujours ce qu'on a défendu. La violence ne peut en aucun

16:37
Présentateur

cas

16:38
Locuteur

permettre

16:39
Manuel Bompard

d'arriver à cette révolution

16:40
Locuteur

citoyenne. Je ne le crois pas,

16:41
Manuel Bompard

je ne le crois pas. Et je vais vous dire, un des drames de la séquence qu'on est en train de connaître, je vais vous dire ce que c'est. C'est que depuis dix ans qu'Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir, il a parfois mis dans la tête d'une partie du pays que, en fait, pour gagner des choses, peut-être que certains se diraient, pour gagner des choses, il faut aller casser, etc. Ce n

16:58
Locuteur

'est

16:58
Manuel Bompard

pas du tout ce que je pense. Mais quand il y a des manifestations de plusieurs millions de personnes dans la rue contre la réforme des retraites et qu'on repose circuler, il n

17:06
Locuteur

'y a

17:06
Manuel Bompard

rien à voir, 49-3, quand il y a des contestations qui sont d'une puissance extraordinaire,

17:11
Locuteur

qui

17:11
Manuel Bompard

sont larges,

17:12
Locuteur

qui

17:12
Manuel Bompard

sont pacifiques, vous ne pouvez pas contester que pendant le mouvement de réforme des retraites il

17:15
Locuteur

y

17:15
Manuel Bompard

a eu des manifestations très larges,

17:17
Locuteur

pacifiques. C'est intéressant ce que vous dites, parce

17:18
Locuteur non identifié

que vous développez votre stratégie, Emmanuel Bonpère, justement, il n'y a pas que le gouvernement qui vous met en cause,

17:23
Locuteur

il

17:23
Locuteur non identifié

y a Edouard Philippe aussi qui vous accuse d'avoir nourri cette violence avec des discours, notamment quand Jean-Luc Mélenchon explique abattez la citadelle, n'écoutez jamais personne qui vous dira

17:33
Locuteur

de reculer,

17:34
Locuteur non identifié

d'arrêter, de céder, d'amorir. Non,

17:35
Locuteur

non,

17:36
Locuteur non identifié

abattez ce système. Pour vous, ces mots, ça ne signifie pas en aucun cas avoir recours à la violence.

17:42
Manuel Bompard

Mais non,

17:43
Locuteur

non.

17:44
Locuteur non identifié

Mais c'est bien de l'expliquer,

17:45
Locuteur

parce que peut-être que certains peuvent l'interpréter autrement. Mais ça a

17:47
Manuel Bompard

déjà été dit dix fois, donc s'il faut le dire une onzième fois, je vous le dis une onzième fois, madame. Mais franchement, je

17:53
Locuteur

vais

17:53
Manuel Bompard

vous dire le drame de ce qu'on est en train de vivre depuis trois jours, c'est qu'à une crise de régime, certains apportent une réponse politicienne. C'est-à-dire qu'essayent d'en profiter dans la perspective de l'élection présidentielle qui vient. Et pardonnez-moi, mais quand on aime notre pays, moi j'aime mon pays, je veux proposer une issue à la situation qu'on est en train de vivre qui est une issue positive. Je vais vous le dire, je trouve extraordinairement enthousiasmant de voir que vous avez aujourd'hui une jeune génération, des gens qui ont 15 ans, 16 ans, 17 ans, qui s'intéressent à la politique, qui se disent que

18:22
Locuteur

ce

18:22
Manuel Bompard

n

18:22
Locuteur

'est

18:22
Manuel Bompard

pas normal que dans nos lycées, il n

18:24
Locuteur

'y ait

18:24
Manuel Bompard

pas suffisamment de moyens, qui se battent y compris pour avoir des professeurs.

18:27
Locuteur

Pardonnez-moi,

18:27
Manuel Bompard

dans ma génération,

18:28
Locuteur

ce

18:28
Manuel Bompard

n'était pas

18:28
Locuteur

ça ce qui se passait. Je trouve ça extraordinaire.

18:30
Manuel Bompard

Et donc, est-ce qu'on en fait une opportunité en leur répondant politiquement, en les prenant au sérieux, ou en les infantilise,

18:35
Locuteur

en les réprime,

18:36
Manuel Bompard

en met des couvre-feu en leur disant vous restez à la maison

18:38
Locuteur

? Encore un mot peut-être

18:39
Présentateur

sur, malgré tout, la violence, vous parlez de ces jeunes de 15, 16, 17 ans, quand on leur dit, quand le maire de Saint-Denis leur dit, Balibagayoko leur dit, la violence à un moment donné peut-être légitime. Mais, la suite de la phrase ? Mais

18:51
Locuteur

il vaut mieux

18:52
Locuteur non identifié

l

18:52
Locuteur

'éviter.

18:52
Présentateur

Il vaut mieux l

18:52
Manuel Bompard

'éviter.

18:53
Locuteur

C'est mieux peut-être de le

18:54
Manuel Bompard

préciser.

18:54
Locuteur

Non,

18:55
Manuel Bompard

je

18:55
Locuteur

ne sais pas

18:56
Manuel Bompard

ce que

18:56
Locuteur

je vous propose. Tout à fait, mais la violence peut être légitime. Oui,

18:58
Manuel Bompard

et là aussi dit la deuxième, non ? Vous êtes d'accord ? Non,

19:00
Locuteur

il n'y a que

19:01
Manuel Bompard

la première qui vous intéresse, vous. En l'occurrence, c'est la question que je

19:03
Locuteur

vous pose. Mais qu'est-ce qu'il faut comprendre ? Moi, les

19:04
Manuel Bompard

deux m'intéressent.

19:05
Locuteur

Vous

19:05
Locuteur non identifié

retenez laquelle ? La première ou

19:06
Locuteur

la deuxième ? Non, je retiens

19:07
Manuel Bompard

les deux, parce que quand vous tenez une déclaration, vous l'expliquez dans sa globalité.

19:09
Locuteur

Donc, si on retient les deux... Et quand on fait un travail

19:11
Manuel Bompard

journalistique, le principe, normalement, c'est de ne pas sortir les éléments d'un contexte. Parce que sinon, en fait, on déforme la pensée des gens. Je ne

19:18
Locuteur

sais

19:18
Manuel Bompard

pas. Je ne

19:19
Locuteur

suis

19:19
Manuel Bompard

pas sûr que ce soit mon rôle de

19:20
Locuteur

vous

19:20
Manuel Bompard

rappeler

19:20
Locuteur

quelles

19:21
Manuel Bompard

sont les bases d'un travail journalistique, mais je me permets de le faire parce que manifestement, vous les avez oubliés.

19:25
Locuteur

Justement, on cite la phrase en entier.

19:26
Manuel Bompard

Non, vous ne l'avez pas cité en entier. Donc,

19:28
Locuteur

moi, je l'ai cité en entier. J'ai donc rétabli votre erreur. Ce n'est pas

19:31
Manuel Bompard

grave. Je ne

19:32
Locuteur

vous

19:32
Manuel Bompard

en veux pas. J'ai rétabli votre erreur.

19:33
Locuteur

Mais

19:34
Manuel Bompard

elle est importante, cette erreur. Après, vous voulez qu'on ait un débat théorique sur est-ce que dans l'histoire, la violence n'est jamais légitime ? Vous voulez que dans un pays dans lequel il

19:42
Locuteur

y

19:42
Manuel Bompard

a eu le Conseil national de la résistance, vous voulez qu'on ait ce type de débat ? Parce qu'on peut l'avoir, si vous voulez.

19:46
Locuteur

On vous interroge sur ce que vous prenez.

19:49
Manuel Bompard

Donc, il ne parle pas du tout du contexte actuel. Mais

19:51
Locuteur

est-ce que dans le

19:52
Manuel Bompard

contexte actuel, c'est légitime d'aller s'en prendre à des commerces ou des bâtiments publics ? Non, évidemment. Je l

19:57
Locuteur

'ai

19:57
Manuel Bompard

déjà dit dix fois. On se voit. Donc, ça fait la douzième maintenant. Mais peut-être, je peux le dire une treizième fois, si vous voulez.

20:01
Locuteur

Tout

20:01
Locuteur non identifié

ce que vous nous dites là, vos propositions, notamment pour sortir de la crise, votre stratégie, est-ce que vous allez le dire à Sébastien Lecornu qui va recevoir les partis politiques ? D'ailleurs, vous avez peut-être déjà reçu une invitation.

20:12
Locuteur

Non,

20:12
Manuel Bompard

je n

20:13
Locuteur

'ai

20:13
Manuel Bompard

pas reçu d'invitation à ce stade. Donc, c'est difficile de répondre à cette question. Mais ce que je peux vous dire,

20:17
Locuteur

c

20:17
Manuel Bompard

'est que si on est invité pour venir apporter quelles sont nos réponses à la situation que l'on connaît aujourd'hui, on ira apporter nos réponses à la situation que l'on connaît aujourd'hui. Et ces réponses, c'est celles que j'ai données tout à l'heure. Abrogation de Parcoursup, dix milliards pour l'éducation, blocage des prix, augmentation du SMIC et des salaires. Si, par contre, on veut nous inviter pour nous faire parler de tout sauf des revendications légitimes qui sont exprimées dans un mouvement qui a quand même réuni 800 000 personnes samedi, je ne

20:45
Locuteur

sais

20:45
Manuel Bompard

pas si vous vous rendez compte que c'est la plus grosse mobilisation depuis le 1er mai 2023. Depuis trois ans,

20:50
Locuteur

la plus grande mobilisation. 550 000 selon les forces de l'ordre, 800 000 selon les

20:54
Manuel Bompard

organisateurs. Beaucoup plus que ce qui avait été estimé la plus grosse mobilisation depuis

20:58
Locuteur

trois ans. Donc on

20:59
Manuel Bompard

peut

20:59
Présentateur

décider que ça n'existe pas, mais le mieux, c'est d'y répondre politiquement. À propos de mobilisation, Manuel Bompard, certains se disent, voilà, les images qu'on a vues ce week-end peuvent peut-être préfigurer ce que l'on verrait si Marine Le Pen était au pouvoir. Qu'est-ce que vous en pensez ? Si elle y

21:11
Manuel Bompard

arrivait en tout cas ? Non, mais ça,

21:13
Locuteur

ce

21:13
Manuel Bompard

n

21:13
Locuteur

'est

21:13
Manuel Bompard

pas certain. C'est l'extrême droite qui essaye de lancer ce type d'accusation absolument grotesque. D'ailleurs, peut-être que ce serait utile de s'interroger sur les révélations de libération qui disaient qu'il

21:23
Locuteur

y

21:23
Manuel Bompard

avait des membres de groupuscules d'extrême droite qui se sont joints aux groupes qui ont essayé de s'approcher de l'Elysée. Peut-être que ce serait intéressant d'interroger l'extrême droite sur ce sujet. Peut-être que ce serait intéressant de voir pourquoi, hier, alors qu'il y avait un couvre-feu à Lyon, vous aviez une manifestation d'ultra-droite qui était manifestement permise dans les rues de Lyon, bravant le couvre-feu, et vous verrez que celles et ceux qui ont intérêt à installer dans le pays un climat de guerre civile, ils se trouvent plutôt à l'extrême droite, vous voyez,

21:49
Locuteur

que de mon côté. Plus qu'à l'ultra

21:50
Locuteur non identifié

-gauche, comme dit le gouvernement.

21:51
Locuteur

En tout

21:51
Manuel Bompard

cas, pas de mon côté, madame.

21:53
Locuteur

Vous vous dites

21:53
Locuteur non identifié

que je n'ai aucun lien avec l'ultra-gauche ?

21:55
Manuel Bompard

Non, et je vous dis quelle est notre stratégie, je vous l'ai expliqué, et je vous dis que celles et ceux qui veulent produire un climat de guerre civile pour ensuite justifier une dérive qui est une dérive autoritaire et fasciste, parce que c'est ça qui va être la réponse à cette situation, ce n

22:09
Locuteur

'est

22:09
Manuel Bompard

pas nous. Vous

22:10
Locuteur

dites que c

22:10
Locuteur non identifié

'est Marine Le Pen qui veut faire ça

22:11
Locuteur

?

22:11
Manuel Bompard

Je pense que certains veulent évidemment profiter de cette situation pour amener le pays petit à petit dans un régime qui est un régime de plus en plus autoritaire. Enfin, pardonnez-moi, mais quand le numéro 2 de l'État, le président du Sénat, révèle quand même sa conception de la démocratie en disant qu'il faut interdire une formation politique qui est annoncée à 20%

22:29
Locuteur

dans les sondages pour

22:30
Manuel Bompard

l'élection présidentielle, si vous ne

22:32
Locuteur

vous

22:32
Manuel Bompard

rendez pas compte dans quelle situation on est et dans quelle dérive absolument grave

22:36
Locuteur

de l'État de droite on est, il

22:37
Manuel Bompard

va falloir que tout le monde se réveille.

22:38
Locuteur non identifié

Samedi, est-ce que vous incitez les jeunes à sortir dans la rue et

22:41
Locuteur

à se

22:41
Locuteur non identifié

mélanger avec le mouvement

22:42
Locuteur

des Géleaux ? Madame,

22:43
Manuel Bompard

je n'incite personne. Ce que je vous dis,

22:44
Locuteur

c

22:44
Manuel Bompard

'est que ce mouvement, dans tous les cas, il va se poursuivre parce que les revendications, elles n'ont pas disparu. Elles sont toujours là. Donc moi, la question que je pose et ce à quoi je souhaite œuvrer, c'est à faire en sorte que cette manifestation, elle puisse s'exprimer de manière pacifique, de manière non-violente comme je l'ai toujours défendu parce que je pense qu'on a le droit de continuer à pouvoir s'exprimer et défendre des revendications qui sont légitimes. Merci beaucoup

23:03
Locuteur

Manuel Bompard d'avoir été avec nous ce matin sur

23:05
Présentateur

France Info, coordinateur national de la France insoumise pour ceux qui nous écoutent à la radio. Agathe, vous retrouve dans quelques minutes pour les informer. Très bonne journée.