Violences du 17 octobre, couvre feu, pouvoir d'achat... Le "8h30 franceinfo" de Manuel Bompard
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 50 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 84 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:04OuverteRéponse directe
Est-ce que vous aussi Manuel Bompard vous avez eu honte en voyant ces images ?
- 2:05OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous demandez ?
- 2:21RelanceRéponse partielle
Avez-vous des preuves de ce que vous avancez ?
- 3:38OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est une décision que vous soutenez ?
- 5:17OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous proposez si vous étiez au pouvoir ?
- 5:41OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous partagez ce constat d'une culture de l'émeute ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:07Invité politiqueFait
« On nous demande d'écrire que LFI est derrière le mouvement, la fabrique d'un bouc émissaire. »
- 1:38Invité politiqueFait
« Il y a des choses indicibles, mais quand on nous demande texto d'écrire que c'est LFI qui est derrière le mouvement, alors que c'est objectivement faux de l'avis général des renseignements territoriaux. »
- 2:13Invité politiquePromesse
« Je vais saisir la Cour de justice de la République contre le ministre Nunez, parce que fabriquer des faux documents, faire ce qu'on appelle de l'abus d'autorité. »
- 3:42Invité politiqueFait
« Non, parce que je trouve que d'abord, c'est une forme de punition collective. »
- 8:43Invité politiqueChiffre
« Alors maintenant, M. Nunez, qui raconte n'importe quoi avec les chiffres, comme depuis le début, maintenant nous dit que c'était 60 000. »
- 8:55Invité politiqueChiffre
« Est-ce que vous savez que l'année dernière, quand il y a eu un mouvement qui s'appelait Bloquons tous, c'était 80 000 effectifs de police qui étaient déployés ? »
- 10:00Invité politiquePromesse
« Abroger par cours sup. »
- 10:08Invité politiqueChiffre
« Débloquer les 10 milliards d'euros nécessaires et demandés par les organisations syndicales, lycéennes et étudiantes pour rénover le bâti scolaire et pour refonder notre service public d'éducation. »
- 10:19Invité politiqueFait
« Bloquer les prix des carburants, c'est invivable. »
- 10:24Invité politiquePromesse
« Augmenter le SMIC, ça le gouvernement peut le faire immédiatement. »
- 11:20Invité politiqueChiffre
« Vous réintroduisez un impôt de solidarité sur la fortune renforcée, c'est 10 milliards d'euros. »
- 22:26Invité politiqueFait
« Il faut interdire une formation politique qui est annoncée à 20% dans les sondages pour l'élection présidentielle. »
Temps de parole
- Manuel Bompard70 %
- Locuteur non identifié12 %
- ?11 %
- Présentateur8 %
≈ 32,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonjour Manuel Bompard,
et
bienvenue sur France Info, bonjour Agathe,
l
'exécutif cherche donc une issue après un week-end noir, le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez a présenté sa démission à Emmanuel Macron dimanche soir, le président l'a refusé, le chef de l'État qui a donc pris la parole et qui a parlé de colère, de honte après les images de chaos du week-end, est-ce que vous aussi Manuel Bompard vous avez eu honte en voyant ces images
?
D'abord j'ai eu beaucoup d'émotions, évidemment, parce qu'à la colère des lycéens, des étudiants qui se mobilisent depuis maintenant plusieurs semaines, s'ajoutent maintenant la colère et la souffrance, notamment de commerçants qui ont vu leur boutique vandalisée. Mais ce que je veux vous dire, c'est que ce à quoi on a assisté samedi, c'était évidemment un fiasco,
et
ce à quoi on assiste depuis samedi,
c
'est un formidable, incroyable exercice de manipulation qui, de mon point de vue, s'apparente à un scandale d'État, quand le gouvernement cherche à se défausser de ce fiasco, en ciblant la France insoumise, en ciblant la formation politique que je représente. Et je suis venu ce matin avec un article, qui a été publié par Mediapart hier, et dont le titre est
«
On nous demande d'écrire que LFI est derrière le mouvement, la fabrique d'un bouc émissaire ». Alors, on ne
va
pas faire toute la matinée sur ce sujet.
Oui, parce que là, on vous intéresse sur ce qui s'était passé
ce week-end, mais vous, vous voulez mettre en
avant le scandale d'État, la manipulation. Je veux le mettre en
avant,
parce
que je trouve que c'est absolument scandaleux. Quand on lit dans ce papier un commissaire du renseignement territorial qui dit « Il y a des choses indicibles, mais quand on nous demande texto d'écrire que c'est LFI qui est derrière le mouvement, alors que c'est objectivement faux de l'avis général des renseignements territoriaux, forcément, on a des décisions politiques ». Alors, moi, je vous dis, qu'il y ait de la polémique politique, c'est la vie politique française.
Mais qu'on en vienne à manipuler le travail des renseignements territoriaux pour essayer de cibler la France insoumise et de lui imputer une responsabilité dans des actes sur lesquels elle n'a aucune responsabilité, c'est absolument inacceptable.
Alors, il
n
'y a
pas que le gouvernement qui vous met en cause, Manuel Bonpère,
et on en parlera tout à l'heure, mais qu'est-ce que vous demandez ? Je vais vous
dire ce que je vais faire. Moi, ce que je vais faire, c'est que je vais saisir la Cour de justice de la République contre le ministre Nunez, parce que fabriquer des faux documents, faire ce qu'on appelle de l'abus d'autorité,
c
'est-à-dire donner des consignes qui vont au-delà de ces prérogatives, ce sont des délits.
Avez-vous des preuves de ce que
vous avancez
? Écoutez, j'ai l'article de Mediapart, donc peut-être qu
'il
va y avoir une enquête qui est faite, sauf si dorénavant vous contestez, comme M. Bardella, les articles de Mediapart.
L'article de
Mediapart ne cite pas explicitement des consignes du
gouvernement. Il dit qu'il y a
des consignes
politiques
à
un chef du renseignement qui
n'est pas cité. Il
faut donc qu'il y
ait
des enquêtes
qui sont menées. De quels faux
documents vous parlez, Manuel
Bardella ?
Si les renseignements territoriaux produisent des rapports
de
ces renseignements qui sont des rapports mensongers, si on leur demande d'écrire à l'intérieur de ces rapports des choses qui sont fausses et qui ne correspondent pas au travail qui est fait par les renseignements territoriaux, est-ce que vous vous rendez compte que dans n'importe quel pays du monde, ça s'appelle un scandale d'État
? Et
ça nécessite des réactions qui sont des réactions politiques immédiates, en vérité. Donc voilà pourquoi je voulais commencer sur ce sujet. Maintenant, vous m'avez interrogé sur l'intervention du président de la République. Je vais vous dire les choses franchement. Le président de la République, il a parlé pour ne rien dire. Et on ne trouvera pas une issue à une crise politique autrement que par des réponses politiques. Il
y a quand même eu une crise sécuritaire aussi durant ce
week-end,
en tout cas. On va parler évidemment aussi des réponses politiques. En attendant, les premières réponses aussi sur le plan sécuritaire, ce sont ces couvre-feux mises en place dans un certain nombre de villes de France, en tout cas dans un certain nombre de centres-villes et de quartiers. Est-ce que c'est une décision que vous soutenez
? Non.
Non, parce que je trouve que d'abord, c'est une forme de punition collective. C'est-à-dire que dans certains quartiers, parce que des personnes ont commis des violences ou des dégradations, vous avez l'ensemble du quartier qui est concerné par cette punition.
Alors, c
'est pour
protéger les commerces. Vous savez, Manuel Bompard, que dimanche soir, dans plusieurs villes de France, des pillages ont continué dimanche soir.
Bien sûr, il faut les empêcher.
Excusez
-moi,
le gouvernement vise à empêcher de nouveaux pillages plusieurs soirs dessus. Donc, c'est aussi
pour
protéger certaines
personnes. Je crois
qu'on peut empêcher ces dégradations de commerce, autrement qu'en faisant une punition collective
et en empêchant
à des gens de sortir de chez eux le soir de 22h à 8h. Comment on fait alors ? On met des policiers partout ? Non, pas partout. Mais je ne
sais
pas, on est quand même censé, si on parle de plusieurs dizaines ou plusieurs centaines d'individus, on est peut-être quand même censé pouvoir les détecter, les identifier, leur empêcher. Oui,
mais c'est quand même un sujet. On a eu des difficultés à le faire. Oui, on a
eu des difficultés à le faire. Et je parlais tout à l'heure de fiasco et de naufrage, mais c'était aussi un naufrage et un fiasco sécuritaire. Ça me dit, enfin, est-ce que vous entendez les témoignages ? Moi, mes collègues élus municipaux, par exemple, à Paris, on fait le tour sans aller voir les commerçants. Qu'est-ce qu'on leur dit ? On leur dit, mais nous, on ne comprend pas. Il y avait des effectifs de police qui, manifestement, étaient au contact des manifestations qui, elles-mêmes, étaient des manifestations pacifiques. Et par contre, quand il y avait des gens qui dégradaient des commerces, il n
'y
avait personne. Comment on peut comprendre ça ? En
attendant,
ça a marché hier soir, Sébastien Lecornu s'est félicité du calme retrouvé dans plusieurs villes. Vous, pardon, mais qu'est-ce que vous proposez
? Si vous êtes au pouvoir
à court terme pour établir l'ordre ?
Mais rien ne vous permet de dire que, d'ailleurs, c'est ça qui a fonctionné. C'est ce que dit M. Lecornu. Mais moi, Madame, je dis qu'on est face à une crise qui est une crise politique, d'accord ? Et que face à cette crise politique, il faut apporter une réponse politique.
C'est juste une crise politique parce que Jérôme Fourquet, le sondeur à l'IFOP, dit qu'il y
a
une culture de l'émeute qui s'est installée dans le pays. Est-ce que vous partagez
ce constat ? Quand,
après chaque événement festif, il y a des débordements,
il y a de la
casse, il y a des jeunes qui viennent uniquement pour s'en prendre au magasin ou aux manifestants pacifiques
?
Mais je dois vous dire qu'il faut être capable, dans des moments qui sont des moments difficiles, comme celui qu'on vit aujourd'hui, de faire preuve d'un peu de sang-froid et d'avoir un petit peu de recul. Malheureusement, ce n
'est
pas la première fois en France qu'il y a, en marge des manifestations, des événements qui sont des événements violents, des dégradations. Donc,
ce
n
'est
pas la première fois que ça arrive. Donc, oui, c'est d'abord une crise politique. C'est d'abord une crise politique parce que quand,
pendant
des années et des années, vous avez détruit toutes les formes de médiation sociale, vous avez choisi une stratégie qui est une stratégie de pourrissement, de chaos, c'est-à-dire que plutôt que de répondre à des revendications qui sont des revendications légitimes, légitimes. Le président de la République lui-même a dit que les revendications du mouvement lycéen et étudiant sont des revendications légitimes. Alors, si vous dites ça dans votre intervention et que ces revendications sont légitimes, alors la suite logique, c'est de dire quelles réponses politiques
vous y apportez. Le gouvernement a donné un calendrier pour
répondre à ces mesures. Ce sera la fin du mois d'octobre,
Emmanuel Mopar. Mais justement,
depuis le début, et y compris depuis le début de ce mouvement lycéen, ça a toujours été la même technique. C'est-à-dire, d'abord, on a nié la légitimité de ces revendications en disant écoutez, c
'est
la France insoumise qui manipule ces jeunes. Aujourd'hui, tout le monde dit, mais non, évidemment que leurs revendications sont légitimes. Ensuite, il y
a
des conseillers ministériels qui disaient, bon, la pluie va arrêter le mouvement, le mouvement va s'essouffler, on va reporter à fin octobre parce qu
'il
va y avoir les vacances scolaires et que donc le mouvement va s'arrêter. Le gouvernement a joué une stratégie, une carte, la carte du pourrissement, la carte du chaos. Et ce qu'on a vu samedi, c'est la conséquence de cette
stratégie. Emmanuel
Mopar, quel rapport entre les lycéens qui ont des revendications légitimes, et d'ailleurs Emmanuel Macron l'a dit, et les jeunes qui viennent uniquement pour piller des vêtements, des choses dans des
magasins, et qui ensuite les
remettent en vente sur
Vintaine ? Je ne dis pas qu
'il y
a
des rapports
autres. Ça, c'est légitime pour vous ?
Mais évidemment que non. Je ne dis pas qu'il y
a
un rapport entre les deux. Je vous dis que ces événements-là se sont bien déroulés en marge d'une manifestation qui a été organisée samedi et qui portait, elle, des revendications légitimes. Et que si on avait répondu à ces revendications légitimes, alors il n'y aurait pas eu ces manifestations sans doute, et donc sans doute pas eu le théâtre, pour qu'ensuite d'autres personnes viennent produire
des dégradations. On aurait aussi pu y avoir des
manifestations qui se passent dans le calme et sans avoir,
y compris des casseurs et des pilleurs.
Mais évidemment, et c'est mon souhait, mais entendez que ce n
'est
pas aux manifestantes et aux manifestants d'organiser la sécurité dans les rues. Ce n
'est
pas le travail des manifestants de faire ça. C'est le travail, pardon, mais la tranquillité publique,
c
'est le travail des autorités. Ce n
'est
pas le travail des manifestantes et des manifestants. Donc ce qu'il fallait,
c'était de ne pas jouer la carte. Il n'y avait pas assez de policiers
dans les
manifestants. Mais ce n'est pas qu'une
question de nombre de policiers, c'est une question de doctrine de maintien de l'ordre qui a été choisie. Le nombre de policiers y participe.
La difficulté, c'est qu'ils étaient bien souvent absents quand même dans certains endroits.
Et vous avez raison, ils n'étaient pas au bon endroit.
Donc il n'y avait pas de maintien de l'ordre, en l'occurrence. Ils n'étaient pas au bon
endroit. Ils n'étaient pas au bon endroit. Ils étaient positionnés à un endroit pour empêcher les gens de rentrer sur la place de la République qui était le lieu de départ d'une manifestation déclarée. Et initialement, les premiers chiffres dont on parlait, c'était 10 000 policiers. Alors maintenant, M. Nunez, qui raconte n'importe quoi avec les chiffres, comme depuis le début, maintenant nous dit que c'était 60 000.
Jusqu'à 60 000 mobilisés dans la journée. Est-ce que vous savez
que l'année dernière, quand il y a eu un mouvement qui s'appelait Bloquons tous, c'était 80 000 effectifs de police qui étaient déployés. Donc oui, évidemment, il y
a
un nombre.
Pour une fois, la France
Insoumise réclame davantage
de policiers. Non,
ce n
'est
pas pour une fois, madame. Moi, ce n
'est
pas davantage
de police.
Ce n
'est
pas davantage de police, madame, que je réclame. C'est une autre doctrine de maintien de l'ordre. Une doctrine de maintien de l'ordre qui s'appuie sur la désescalade, qui ne
s
'en prend pas à des manifestations pacifiques, qui ne mutile pas des jeunes qui manifestent pacifiquement.
Mais comment on fait la désescalade face à des
personnes qui cassent et qui, pour certaines, ensuite, vont piller ?
Je parle
de la manifestation, monsieur. Je parle de la manifestation. Je dis que le gouvernement s'est concentré sur la manifestation plutôt que de se concentrer sur des éléments qui pouvaient être ensuite des éléments qui allaient commettre des dégradations.
Je ne suis pas le seul à
dire qu'il y
a
eu un fiasco sécuritaire. Même
le ministre lui-même reconnaît
qu'il a perdu le contrôle.
Effectivement, il a présenté sa démission. Quelles conclusions vous en tirez ? Déjà, à court terme, comment vous rétablissez l'ordre ? Et ensuite, politiquement, qu'est-ce que vous feriez
si vous étiez au
pouvoir ? Qu'est-ce que
vous donneriez
à ces manifestants
?
Je vais vous dire. Il faut répondre aux revendications politiques. Répondre aux revendications politiques, ça veut dire quoi ? Abroger par cours sup. Mettre un terme à ce système absolument fou qui a été inventé par les macronistes et qui pourrit l'avenir de nos enfants. Deuxièmement, débloquer les 10 milliards d'euros nécessaires et demandés par les organisations syndicales, lycéennes et étudiantes pour rénover le bâti scolaire et pour refonder notre service public d'éducation. Troisièmement, des réponses en matière de pouvoir d'achat. Bloquer les prix des carburants, c'est invivable. Mais
Manuel Bompard, on entend vos propositions.
Et des Français, augmenter le SMIC, ça le gouvernement peut le faire immédiatement. Il faut envoyer des signaux
de réponse politique.
Combien de milliards d'euros, Manuel Bompard ? Parce que là, vous vous adressez aux lycéens, mais il
y
a aussi des gilets jaunes qui manifestaient
et aussi d'autres professions qui manifestaient. Vous allez donner 10 milliards à chaque
catégorie.
Abroger par cours sup,
ça
ne coûte rien. Mais
il faut le remplacer.
Attendez, bloquer les prix des carburants, ça ne coûte rien. Augmenter le SMIC, ça ne coûte rien.
Et
ensuite,
le
prix...
Si
ça coûte d'augmenter le SMIC.
Oui, bloquer les
prix des carburants, ça coûte aux entreprises. D'accord,
mais là, vous me parlez d'argent public.
Ah oui, mais bon, à la
fin, ça fait peut-être prendre
moins d'argent public
dans les caisses.
Si
vous voulez... Non, je crois que ça en fait rentrer plus. Mais si vous voulez, on parlera des conséquences économiques de l'augmentation du SMIC. Et on pourra parler de l'Espagne, qui a augmenté son SMIC très massivement ces derniers mois. Avec des salaires
qui ont...
Et qui est sans doute aujourd'hui le seul pays d'Europe dans lequel le déficit est en train de baisser.
Et qui est le pays d'Europe dans lequel les salaires ont le moins
augmenté ces 20 dernières années
aussi. Non,
c'est eux qui ont le plus augmenté le SMIC ces dernières années. Et d'ailleurs, les conséquences économiques, on les a sous les yeux aujourd'hui. C'est un pays dans lequel la croissance est beaucoup plus importante qu'en France. Et c'est un pays qui est en train de réduire son déficit. Mais ensuite, vous m'avez demandé combien ça coûte. Combien ça coûte ? Je vous ai répondu que ça coûte 10 milliards d'euros. Alors vous me dites, on n'a pas les moyens. Je vais vous dire une chose simple. Vous réintroduisez un impôt de solidarité sur la fortune renforcée, c'est 10 milliards d'euros. Voilà. Ça, c'est simple à faire. Donc ensuite, c
'est
une question politique. Cette question politique,
c
'est est-ce que vous voulez vivre dans un pays dans lequel il n
'y a
pas d'impôt de solidarité sur la fortune, mais il y a des lycées et des collèges qui sont pourris ? Ou est-ce que vous voulez vivre dans un pays dans lequel il
y a
un impôt de solidarité sur la fortune et on donne des moyens à notre service d'éducation pour que nos jeunes puissent étudier dans des bonnes conditions ? Voilà la question politique qui est posée. Moi, mon choix est clair. Je préfère un impôt de solidarité sur la fortune et 10 milliards d'euros pour refonder le service public
d'éducation. Vous restez avec nous, Manuel Bompard. On va continuer à parler des violences de la manière dont vous les voyez. Certains qui vous appellent à les condamner encore plus fortement.
France Info
Avec
Manuel Bompard, coordinateur national de la France Insoumise, Emmanuel Macron, le chef de l'État, appelle les partis à condamner sans ambiguïté toutes les violences et à appeler au calme. Le Premier ministre recevra les différentes forces politiques pour discuter notamment de ce point. Qu'est-ce que vous répondez ? D'abord, est-ce que vous condamnez sans ambiguïté toutes les violences ?
Mais madame, depuis maintenant le mois de septembre, depuis le début de cette mobilisation sociale, j'y ai compté. À dix reprises, Jean-Luc Mélenchon, qui est notre candidat à l'élection présidentielle, a dit « Nous nous appelons à des mobilisations qui sont des mobilisations non violentes et pacifiques. »
Donc
les dégradations de commerce, de bâtiments publics, ça n'a jamais fait partie de nos modalités d'action et nous ne sommes absolument pas d'accord avec
ça. Et vous
avez raison, Manuel Bompard, mais là je vous interroge sur ce qu'il y a entre ces prises de parole régulières pour rappeler au calme. Par exemple, quand Jean
-Luc
Mélenchon est interrogé sur les violences vis-à-vis des policiers, il répond « Ça s'appelle les risques du métier ». Qu'est-ce que ça signifie quand on
vous
demande, quand
on vous parle
des... Ben si,
le manifestant qui agressent
les policiers, de répondre « Ça fait partie des
risques du métier ». Non, ne tronquez pas les
déclarations. Jean-Luc Mélenchon a été interrogé sur le fait de savoir si on renvoyait à égalité des manifestants qui sont blessés ou des policiers qui sont blessés.
Ce n'était pas tout à fait la question. On
l
'interrogeait en général sur les blessures des manifestants et des policiers. Après,
il a rappelé une chose simple, c'est que quand on manifestait, c'est un droit. Et donc, il n'est pas normal qu'il y ait des risques pour aller manifester. Un policier, il exerce une fonction. C'est un métier. Est-ce que je suis d'accord avec le fait qu'on s
'en
prend à des policiers ? Évidemment non, madame. Je suis absolument
en désaccord. Donc, vous condamnez
aussi
le fait
de jeter des pavés sur les forces de
l'ordre
? Mais je condamne aussi, madame, le fait d'utiliser des techniques de maintien de l'ordre qui conduisent à mutiler des jeunes, à leur faire perdre un œil, à leur faire perdre une dent. Mais
là, on vous interroge sur les violences contre les forces de l'ordre. Et c'est ce qu'on reproche à
Mélenchon, c'est une
certaine ambiguïté. On l'interroge là
-dessus, il répond, ça fait partie
des risques du métier, au lieu
de dire, je condamne
tout type de violences contre les policiers. Mais est-ce que vous avez entendu ce que je
viens de dire, madame ? Est-ce que vous avez entendu ce que je viens de dire ? Donc, ne me vosez pas dix fois la même question.
Rappelons que l
'IGPN est saisie aussi
pour un certain nombre de faits.
Regardez comment c'est extraordinaire. C'est-à-dire que quand un jeune se fait tirer dessus avec un flashball dans le visage, le ministre de l'Intérieur, vous l'interrogez sur ce sujet. Il ne
vous
dit pas, je condamne. Il ne
vous
dit pas, je ne suis pas d'accord. Il vous dit, des enquêtes sont ouvertes. Alors, quand vous m'interrogez sur des agressions contre des policiers, moi, je n'ai pas de problème à dire que je ne
suis
pas d'accord, je ne réponds
pas. On vous interroge aussi. Les enquêtes sont ouvertes. Vous voyez, je
vous
dis,
je ne
suis
pas d'accord avec ça.
Quand on tire
au visage d'un jeune avec un flashball, moi, je ne dis pas, des enquêtes sont ouvertes.
Je dis, je ne suis pas d'accord avec ça. On vous interroge aussi
sur des propos de Jean-Luc Mélenchon. Donc, par exemple, interrogez là encore, chez nos confrères de LCI, sur le fait de savoir s'il reprenait à son compte le slogan « Acabe ». Alors, pour ceux qui ne connaissent pas, ça veut dire « All cops are bastards », tous les flics sont des bâtards. Il a répondu « Ça dépend des jours et des heures ». Est-ce que ça veut dire que, parfois, les
flics sont des bâtards ? Non, ça veut dire, monsieur, que quand on est dans une démocratie, avec une liberté de manifestation, une liberté d'expression, on ne
va
pas trier les pancartes et filtrer les slogans à l'entrée des manifestations. Parce qu'il a toujours fait partie de l'histoire de la contestation sociale, d'avoir des slogans qui sont des slogans provocateurs.
Mais un futur président de la République peut reprendre ça en disant… Il ne l'a
pas repris. Il
a dit « Ça dépend des heures ». « Ça dépend des jours et des heures ».
Il vous a expliqué qu'il peut y avoir des situations dans lesquelles vous avez un moment de colère, une forme d'expression qui, parfois,
y
compris dépasse votre pensée.
Non, ce n'est pas ça qu'il a dit, Mme Bonpari. Il a dit « Ça dépend des jours et des heures ». Il a
dit, d'ailleurs, après, mais c'est incroyable, les gens, vous savez ce qu'on va faire, c'est que les gens qui nous écoutent, plutôt que d'écouter vos questions déformées, ils vont aller voir sur la chaîne YouTube de Jean-Luc Mélenchon l'intégralité de son interview sur une chaîne concurrente de dimanche soir et ils verront les réponses aux questions que vous posez. Parce que moi, je ne
vais
pas paraphraser en permanence et répéter ce qu'a dit Jean-Luc Mélenchon parce que vous n'êtes pas capable de faire autre chose que d'aller sortir des extraits en déformant les phrases et en déformant le contenu des réponses aux questions. Voilà, je vous le dis sincèrement, pas méchamment, mais sincèrement…
Non, mais on essaie de comprendre, on ne
nie pas que vous appelez régulièrement à
la paixement,
mais il y a aussi ces propos au
milieu qui sèment
le doute. Non,
madame, ce n
'est
pas que j'appelle, mais je vais être très clair avec vous. Moi, je suis un représentant politique, je porte un programme et je défends une stratégie. Et cette stratégie, elle s'appelle la révolution citoyenne, c'est-à-dire le changement de la société par les urnes. Et pour mettre en œuvre cette stratégie, nous, nous considérons que ça passe par des manifestations, par un mouvement social qui est un mouvement social le plus large possible et le plus pacifique et le non-violent possible. Voilà,
c'est toujours ce qu'on a défendu. La violence ne peut en aucun
cas
permettre
d'arriver à cette révolution
citoyenne. Je ne le crois pas,
je ne le crois pas. Et je vais vous dire, un des drames de la séquence qu'on est en train de connaître, je vais vous dire ce que c'est. C'est que depuis dix ans qu'Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir, il a parfois mis dans la tête d'une partie du pays que, en fait, pour gagner des choses, peut-être que certains se diraient, pour gagner des choses, il faut aller casser, etc. Ce n
'est
pas du tout ce que je pense. Mais quand il y a des manifestations de plusieurs millions de personnes dans la rue contre la réforme des retraites et qu'on repose circuler, il n
'y a
rien à voir, 49-3, quand il y a des contestations qui sont d'une puissance extraordinaire,
qui
sont larges,
qui
sont pacifiques, vous ne pouvez pas contester que pendant le mouvement de réforme des retraites il
y
a eu des manifestations très larges,
pacifiques. C'est intéressant ce que vous dites, parce
que vous développez votre stratégie, Emmanuel Bonpère, justement, il n'y a pas que le gouvernement qui vous met en cause,
il
y a Edouard Philippe aussi qui vous accuse d'avoir nourri cette violence avec des discours, notamment quand Jean-Luc Mélenchon explique abattez la citadelle, n'écoutez jamais personne qui vous dira
de reculer,
d'arrêter, de céder, d'amorir. Non,
non,
abattez ce système. Pour vous, ces mots, ça ne signifie pas en aucun cas avoir recours à la violence.
Mais non,
non.
Mais c'est bien de l'expliquer,
parce que peut-être que certains peuvent l'interpréter autrement. Mais ça a
déjà été dit dix fois, donc s'il faut le dire une onzième fois, je vous le dis une onzième fois, madame. Mais franchement, je
vais
vous dire le drame de ce qu'on est en train de vivre depuis trois jours, c'est qu'à une crise de régime, certains apportent une réponse politicienne. C'est-à-dire qu'essayent d'en profiter dans la perspective de l'élection présidentielle qui vient. Et pardonnez-moi, mais quand on aime notre pays, moi j'aime mon pays, je veux proposer une issue à la situation qu'on est en train de vivre qui est une issue positive. Je vais vous le dire, je trouve extraordinairement enthousiasmant de voir que vous avez aujourd'hui une jeune génération, des gens qui ont 15 ans, 16 ans, 17 ans, qui s'intéressent à la politique, qui se disent que
ce
n
'est
pas normal que dans nos lycées, il n
'y ait
pas suffisamment de moyens, qui se battent y compris pour avoir des professeurs.
Pardonnez-moi,
dans ma génération,
ce
n'était pas
ça ce qui se passait. Je trouve ça extraordinaire.
Et donc, est-ce qu'on en fait une opportunité en leur répondant politiquement, en les prenant au sérieux, ou en les infantilise,
en les réprime,
en met des couvre-feu en leur disant vous restez à la maison
? Encore un mot peut-être
sur, malgré tout, la violence, vous parlez de ces jeunes de 15, 16, 17 ans, quand on leur dit, quand le maire de Saint-Denis leur dit, Balibagayoko leur dit, la violence à un moment donné peut-être légitime. Mais, la suite de la phrase ? Mais
il vaut mieux
l
'éviter.
Il vaut mieux l
'éviter.
C'est mieux peut-être de le
préciser.
Non,
je
ne sais pas
ce que
je vous propose. Tout à fait, mais la violence peut être légitime. Oui,
et là aussi dit la deuxième, non ? Vous êtes d'accord ? Non,
il n'y a que
la première qui vous intéresse, vous. En l'occurrence, c'est la question que je
vous pose. Mais qu'est-ce qu'il faut comprendre ? Moi, les
deux m'intéressent.
Vous
retenez laquelle ? La première ou
la deuxième ? Non, je retiens
les deux, parce que quand vous tenez une déclaration, vous l'expliquez dans sa globalité.
Donc, si on retient les deux... Et quand on fait un travail
journalistique, le principe, normalement, c'est de ne pas sortir les éléments d'un contexte. Parce que sinon, en fait, on déforme la pensée des gens. Je ne
sais
pas. Je ne
suis
pas sûr que ce soit mon rôle de
vous
rappeler
quelles
sont les bases d'un travail journalistique, mais je me permets de le faire parce que manifestement, vous les avez oubliés.
Justement, on cite la phrase en entier.
Non, vous ne l'avez pas cité en entier. Donc,
moi, je l'ai cité en entier. J'ai donc rétabli votre erreur. Ce n'est pas
grave. Je ne
vous
en veux pas. J'ai rétabli votre erreur.
Mais
elle est importante, cette erreur. Après, vous voulez qu'on ait un débat théorique sur est-ce que dans l'histoire, la violence n'est jamais légitime ? Vous voulez que dans un pays dans lequel il
y
a eu le Conseil national de la résistance, vous voulez qu'on ait ce type de débat ? Parce qu'on peut l'avoir, si vous voulez.
On vous interroge sur ce que vous prenez.
Donc, il ne parle pas du tout du contexte actuel. Mais
est-ce que dans le
contexte actuel, c'est légitime d'aller s'en prendre à des commerces ou des bâtiments publics ? Non, évidemment. Je l
'ai
déjà dit dix fois. On se voit. Donc, ça fait la douzième maintenant. Mais peut-être, je peux le dire une treizième fois, si vous voulez.
Tout
ce que vous nous dites là, vos propositions, notamment pour sortir de la crise, votre stratégie, est-ce que vous allez le dire à Sébastien Lecornu qui va recevoir les partis politiques ? D'ailleurs, vous avez peut-être déjà reçu une invitation.
Non,
je n
'ai
pas reçu d'invitation à ce stade. Donc, c'est difficile de répondre à cette question. Mais ce que je peux vous dire,
c
'est que si on est invité pour venir apporter quelles sont nos réponses à la situation que l'on connaît aujourd'hui, on ira apporter nos réponses à la situation que l'on connaît aujourd'hui. Et ces réponses, c'est celles que j'ai données tout à l'heure. Abrogation de Parcoursup, dix milliards pour l'éducation, blocage des prix, augmentation du SMIC et des salaires. Si, par contre, on veut nous inviter pour nous faire parler de tout sauf des revendications légitimes qui sont exprimées dans un mouvement qui a quand même réuni 800 000 personnes samedi, je ne
sais
pas si vous vous rendez compte que c'est la plus grosse mobilisation depuis le 1er mai 2023. Depuis trois ans,
la plus grande mobilisation. 550 000 selon les forces de l'ordre, 800 000 selon les
organisateurs. Beaucoup plus que ce qui avait été estimé la plus grosse mobilisation depuis
trois ans. Donc on
peut
décider que ça n'existe pas, mais le mieux, c'est d'y répondre politiquement. À propos de mobilisation, Manuel Bompard, certains se disent, voilà, les images qu'on a vues ce week-end peuvent peut-être préfigurer ce que l'on verrait si Marine Le Pen était au pouvoir. Qu'est-ce que vous en pensez ? Si elle y
arrivait en tout cas ? Non, mais ça,
ce
n
'est
pas certain. C'est l'extrême droite qui essaye de lancer ce type d'accusation absolument grotesque. D'ailleurs, peut-être que ce serait utile de s'interroger sur les révélations de libération qui disaient qu'il
y
avait des membres de groupuscules d'extrême droite qui se sont joints aux groupes qui ont essayé de s'approcher de l'Elysée. Peut-être que ce serait intéressant d'interroger l'extrême droite sur ce sujet. Peut-être que ce serait intéressant de voir pourquoi, hier, alors qu'il y avait un couvre-feu à Lyon, vous aviez une manifestation d'ultra-droite qui était manifestement permise dans les rues de Lyon, bravant le couvre-feu, et vous verrez que celles et ceux qui ont intérêt à installer dans le pays un climat de guerre civile, ils se trouvent plutôt à l'extrême droite, vous voyez,
que de mon côté. Plus qu'à l'ultra
-gauche, comme dit le gouvernement.
En tout
cas, pas de mon côté, madame.
Vous vous dites
que je n'ai aucun lien avec l'ultra-gauche ?
Non, et je vous dis quelle est notre stratégie, je vous l'ai expliqué, et je vous dis que celles et ceux qui veulent produire un climat de guerre civile pour ensuite justifier une dérive qui est une dérive autoritaire et fasciste, parce que c'est ça qui va être la réponse à cette situation, ce n
'est
pas nous. Vous
dites que c
'est Marine Le Pen qui veut faire ça
?
Je pense que certains veulent évidemment profiter de cette situation pour amener le pays petit à petit dans un régime qui est un régime de plus en plus autoritaire. Enfin, pardonnez-moi, mais quand le numéro 2 de l'État, le président du Sénat, révèle quand même sa conception de la démocratie en disant qu'il faut interdire une formation politique qui est annoncée à 20%
dans les sondages pour
l'élection présidentielle, si vous ne
vous
rendez pas compte dans quelle situation on est et dans quelle dérive absolument grave
de l'État de droite on est, il
va falloir que tout le monde se réveille.
Samedi, est-ce que vous incitez les jeunes à sortir dans la rue et
à se
mélanger avec le mouvement
des Géleaux ? Madame,
je n'incite personne. Ce que je vous dis,
c
'est que ce mouvement, dans tous les cas, il va se poursuivre parce que les revendications, elles n'ont pas disparu. Elles sont toujours là. Donc moi, la question que je pose et ce à quoi je souhaite œuvrer, c'est à faire en sorte que cette manifestation, elle puisse s'exprimer de manière pacifique, de manière non-violente comme je l'ai toujours défendu parce que je pense qu'on a le droit de continuer à pouvoir s'exprimer et défendre des revendications qui sont légitimes. Merci beaucoup
Manuel Bompard d'avoir été avec nous ce matin sur
France Info, coordinateur national de la France insoumise pour ceux qui nous écoutent à la radio. Agathe, vous retrouve dans quelques minutes pour les informer. Très bonne journée.
Manuel Bompard