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interviewEurope 1· 24 octobre 2024 16 min

"Le discours de Sandrine Rousseau sur Andy Kerbrat est inimaginable !" (F. Pupponi)

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Avant cela, je souhaitais revenir sur ce qui s'est passé à Grenoble, notamment à l'aune de ce député dont on parle depuis plusieurs jours maintenant, ce député de la France Insoumise, Andy Kerbrat, qui a été pris entre guillemets la main dans le sac alors qu'il tentait d'acheter de la drogue à un mineur. Ça s'est passé la semaine dernière. Alors on ne va pas revenir sur ces déclarations. On va peut-être écouter en revanche plusieurs de ses collègues et nous interroger. En tout cas, cela nous interpelle la défense de ses collègues.

On peut comprendre que, et encore, et encore, je vous vois hocher de la tête François Puponi, peut-être sur les difficultés psychologiques, et je le disais à l'instant, et encore, mais la défense des députés de gauche par rapport à ce qui s'est passé une nouvelle fois, c'était hier soir, cet enfant, cet enfant de 15 ans, certes on peut parler d'un adolescent, mais j'estime qu'on ait encore un enfant, une balle dans la tête. Bien sûr. On écoute Eric Motkrel et Sandrine Rousseau sur Andy Kerbrat, et ensuite on fera un point sur les trafics de drogue, malheureusement, qui engraient notre société.

1:06
Sandrine Rousseau

Je lui dis mon affection, d'accord, parce que Andy Kerbrat lui-même le dit, il a des problèmes qui sont de fragilité psychologique, je cite, qu'ils sont communiqués pour dire ces mots, de santé, ça fait, d'addiction. Il l'a admis depuis longtemps, il essaie de le soigner, et moi je considère que, je l'ai dit, l'usage des stupéfiants, je parle bien de l'usage, je ne parle pas du trafic, l'usage des stupéfiants en France devrait être dépénalisé, parce que ce n'est pas la bonne réponse qui est faite contre les risques d'addiction et la lutte contre les stupéfiants.

Nous ne rajouterons pas une double peine à une éventuelle peine de justice, ou surtout ce que je souhaite, et souhaitons-lui, au parcours de santé que lui-même veut s'imposer.

1:47
Locuteur 3

Il faut lutter contre la consommation de drogue partout, mais il y en a partout de la consommation de drogue, enfin il y en a ici dans cette rédaction très probablement, il y en a à l'Assemblée, il y en a partout. Quand on est en addictologie, c'est précisément ça, c'est qu'on est dépendant, on est dépendant, et ça fait faire les plus grandes conneries, s'il a fait une connerie, il n'y a pas de doute là-dessus, et il doit payer pour cela, il n'y a pas de doute là-dessus, il n'y en a aucun. Et tant qu'il n'est pas totalement soigné, peut-il continuer à rester député ? Alors ça, je pense qu'il faut vraiment qu'il s'engage dans un parcours de soins.

Là par contre, pour moi, ce sera vraiment la ligne rouge très importante dans ma position. Il ne peut rester député que s'il rentre dans un parcours de soins, véritablement.

2:24
Présentateur

Il doit démissionner. Et moi ce qui m'interroge, et ce qui m'interpelle, c'est aucun mot, ensuite, pour cet enfant, je le rappelle, tué d'une balle dans la tête, dû au trafic de drogue, puisqu'il y a certes des dealers, mais il y a des consommateurs. Il y a des consommateurs, et on ne peut pas se dédouaner lorsqu'on consomme de la drogue, et dire, il faut lutter contre les trafics de drogue. Ah oui.

2:48
Andy Kerbrat

C'est ce que dit Coquerel, en disant, il y a les trafics d'un côté, c'est pas bien, et quand on consomme, c'est pas grave. Alors que s'il y a des trafics, c'est pas sûr des consommateurs. Donc, après, moi je peux comprendre que l'on soutienne un ami, qui a effectivement eu un problème. Ça, c'est humain. Mais on lui dit, écoute, va-t'en. Tu ne peux pas voter la loi sereinement si tu es confronté des graves problèmes psychologiques de comportement, si tu as violé la loi, si tu es consommateur de drogue, t'as placé pas là. Voilà, c'est pas compliqué de dire ça. C'est-à-dire, c'est le même problème quand il y a des relations difficiles, on l'a vu avec Antrelins, avec sa compagne.

Il y a un moment, et quand on viole la loi, on en assume les conséquences. Et ça, là, on arrive à justifier que la consommation, c'est pas grave. Mais c'est comme l'antisémitisme. Il y a l'antisémitisme de circonstance, c'est normal, c'est pas grave. Et puis il y a le mauvais antisémitisme. Voilà. Ils arrivent à tout justifier. Tout. Et là, c'est inimaginable. Le discours de Sandrine Rousseau est simplement inimaginable. C'est-à-dire que quelqu'un... Demain, quelqu'un peut dire, écoutez, moi, j'ai des problèmes d'argent, j'ai été cambrié de une banque, j'avais plus d'argent, mais je vais me soigner. On ne inquiétait pas. J'ai vu mon psychiatre. Ah bon, tu te sois. Voilà.

Donc on justifie tout. Quand c'est eux, quand c'est les autres, on justifie rien. On fera le jeune.

4:00
Locuteur 1

Moi, c'est exactement ça qui m'a frappé également. Et c'est les incohérences de la justification aussi. C'est-à-dire qu'il n'y a rien qui tient debout, si vous regardez. Je ne vais même pas être de ceux qui pensent qu'il faudrait qu'ils démissionnent parce que je pense qu'il y a quelque chose qui est au-dessus de ces polémiques. C'est nos institutions, notre système qui fonctionne avec une démocratie qu'on a voulu et qu'on défend, dans laquelle les gens élisent leurs députés. Il est là pour 5 ans et tant que les gens n'ont pas décidé de le renvoyer. Après, vous pouvez dire que c'est une question d'honneur. Il pourrait remettre son mandat en jeu. Je disais ça au moment de Quatennin.

Bon, il ne le fait pas, c'est son problème. Mais ce que je veux dire, c'est que je ne vois pas comment ça pourrait être vertueux d'exiger que quelqu'un qui a fauté perde son mandat de manière automatique. Ça ouvrirait la voie à beaucoup de problèmes. On attaquerait des députés ou des élus en permanence en espérant les faire démissionner. Ben voilà. Maintenant, une fois qu'on a dit ça, c'est vrai que les discours entendus et la juxtaposition des deux affaires est sidérante.

Parce qu'en effet, il y a un lien direct de cause à effet entre ceux qui consomment relativement dans la punité parce qu'on n'est pas beaucoup aujourd'hui condamnés en France pour avoir consommé de la drogue et les trafics. Ça, c'est la première chose. Et la deuxième, c'est la manière dont presque en meute, ils se sont mis tout de suite à le défendre. C'est-à-dire que c'était dans un premier temps, attention, ça vient de l'extrême droite. C'est forcément une mauvaise attaque parce qu'elle est d'extrême droite. Si vous êtes même d'extrême droite, si vous trouvez que ce n'est pas normal quand on est député d'acheter de la drogue à un mineur dans le métro. Ça, c'est la première chose.

Mais presque unanimement, comme si c'était spontané, etc. Ils sont très, très, très bien organisés. Il faut leur reconnaître ça. Ils ont cette vertu des partis politiques un peu à l'ancienne de chasser en meute comme le RPR des grandes années 80 où ils ne laissaient jamais tomber personne. Ça, c'est la première chose. Et la dernière qui est en train d'arriver en ce moment, c'est que ça devient maintenant homophobe de critiquer les gens qui prennent de la 3MMC parce que c'est prétendument à une communauté. Mais c'est assez facilement.

5:42
Présentateur

Je ne suis même pas sûr qu'on ait fait le lien. J'ai découvert ça effectivement avec certaines associations qui en ont parlé. On l'a découvert

5:48
Locuteur 1

au moment de l'affaire Palman en réalité, le lien auprès des deux. Mais sauf que là, aujourd'hui, si vous critiquez ce comportement, vous allez être taxé d'homophobie. Bon, bref, c'est toujours...

5:54
Présentateur

Je ne suis même pas sûr que tout le monde pense 3MMC donc c'est le chemsexe donc il y a l'affaire Palman.

6:00
Locuteur 1

Ce que je veux dire, c'est que c'est ceux qui veulent le défendre aujourd'hui avant cet argument. Et à aucun moment sa responsabilité individuelle est en cause. C'est absolument sidérant. Donc moi, si je faisais de la politique, je préférerais être dans un parti qui ressemble à la France Insoumise pour ses méthodes et sa manière de défendre les siens que dans un autre où tout le monde se tire dessus.

6:17
Présentateur

En tout cas, on va écouter le procureur de la République de Grenoble, Éric Vaillant, qui fait un point complet sur ce qui s'est passé et donc ce garçon, 7 enfants, 15 ans, tué d'une balle en pleine tête.

6:29
Locuteur 9

C'est un adolescent de 15 ans qui a été tué d'une balle dans la tête et un autre adolescent de 16 ans a été blessé à la jambe. Ces jours ne sont pas en danger. Deux hommes ont été vus en train de s'enfuir sur une trottinette de fortes cylindrées et ils semblaient être en possession donc d'un pistolet, d'une arme de poids. Cet assassinat de cette nuit fait suite à celui qui est intervenu dimanche soir à Saint-Egrève. Donc un homme de 47 ans a été tué d'une balle devant chez lui. Une partie de la famille de cet homme qui est de 47 ans qui a été tué à Saint-Egrève est connue pour participer activement au point de deal du quartier Hoche à Grenoble.

Donc évidemment, il y a donc un lien dans tous les esprits qui se fait et nous soupçonnons qu'un gang est actuellement donc en train de chercher à prendre le pouvoir sur ce point de deal de Hoche.

7:40
Présentateur

Et on va écouter une nouvelle fois Éric Vaillant qui explique que, et ça rejoint la discussion qu'on avait à l'instant sur le cas d'Andy Kerbrat, ce député de la France Insoumise qui explique qu'effectivement il y a des conflits. Il y a eu cet enfant, 15 ans, qui est mort d'une balle dans la tête, visiblement c'est un règlement de compte, mais tout simplement parce que les points de deal et vous allez voir que tout est vite sont à présent extrêmement rémunérateurs et il y a une guerre des territoires entre des gangs qui opèrent autour de ces points de deal. On l'écoute.

8:15
Locuteur 9

Ces points de deal sont extrêmement rémunérateurs puisque les professionnels évaluent qu'un point de deal qui fonctionne correctement donc procure environ 10 000 euros de chiffre d'affaires jour. Un point de deal qui fonctionne très bien c'est plus de 30 000 euros de chiffre d'affaires jour. Vous faites le calcul c'est entre 3 et 11 millions d'euros à l'année si on multiplie ces chiffres par 365.

8:40
Présentateur

Et aux députés de la nation on pose une question ce soir comment fonctionnent ces points de deal sans consommateurs ?

8:48
Locuteur 4

Oui effectivement c'est pour ça que moi j'ai trouvé les réactions que ce soit de madame Rousseau ou de monsieur Coquerel vraiment des réactions indécentes indécentes parce qu'aujourd'hui on assiste pratiquement tous les jours où il y a des règlements de compte dans le cadre de ce trafic de drogue et notamment toute notre jeunesse parce qu'il y a une surreprésentation des mineurs dans le trafic de drogue c'est les petites mains ceux qui font le chouf qui font les mulets Je crois qu'il y a

9:14
Présentateur

un chiffre qui a été soulevé il me semble d'ailleurs c'était hier sur ce plateau que 60% des personnes qui sont arrêtées ont pris la main dans le sat malheureusement on n'arrête pas tout le monde ont entre 15 et 21 ans qui ont annoncé ces trafics de drogue

9:29
Locuteur 4

Oui et maintenant malheureusement on assiste aussi à un rajeunissement vous avez de plus en plus de gamins de 11 ans et même 7-8 ans qui commencent c'est la réalité c'est la triste réalité et moi vous voyez quand j'entends ce LFI le défendre comme ça ça me fait beaucoup de peine en fait parce que je me dis ils sont là pour faire la loi et ce même monsieur en dit Kerbrat c'est ça Kerbrat a signé une pétition contre justement cette drogue de synthèse de qui se moque-t-on et vous voyez c'est ça le problème c'est qu'on a une défiance aussi de plus en plus envers nos politiques parce qu'on se dit mais en fait ils sont là en train de nous baratiner en fait et qu'ils ne veulent pas protéger ce pays ils ne veulent pas protéger les citoyens ils ne sont pas investis ils n'ont pas conscience qu'ils sont là aussi pour la sécurité la protection des citoyens et aussi la protection et la sécurité de ces gamins malgré eux quand j'entends aussi le procureur parler de ce quartier où cette famille est connue pour faire du trafic de drogue mais combien de fois on parle de l'expulsion de ces familles délinquantes mais vous avez décret d'orfraie notamment de la gauche voyez quand est-ce qu'on va s'en sortir il faut combien de morts et notamment c'est des règlements de compte entre jeunes mineurs mais vous avez aussi ceux qui ont été tués à cause de balles perdues je parle de la petite Soukaina qui faisait ses devoirs dans sa chambre le petit Fayette qui était avec son oncle dans la voiture qui revenait d'un restaurant et il y en a d'autres comme ça le monsieur qui dormait dans sa chambre qui a reçu une balle perdue quand est-ce que ça va s'arrêter est-ce que nos politiques ils ne voient pas ça vous voyez

11:09
Présentateur

vous savez

11:10
Locuteur 4

je vais vous dire ça fait des années que je travaille sur les quartiers tout se sait on sait parfaitement quelles sont les familles délinquantes on sait parfaitement quand les gamins sont laissés à l'abandon le soir jusqu'à minuit comment ça se fait qu'aujourd'hui on a du mal avec une politique familiale que j'appelle de mes voeux comment ça se fait qu'aujourd'hui on ne veut pas parler de la responsabilité des parents pourquoi on ne dit pas vous avez des droits effectivement nous sommes un état extrêmement généreux mais vous avez des devoirs allez vous balader dans certains quartiers vous allez voir les gamins de 6-7 ans qui traînent le soir surtout l'été ce sont des mères célibataires qui sont mais il faut arrêter avec les mères célibataires

11:48
Locuteur 2

ça peut arriver il y a des mères célibataires

11:51
Locuteur 4

qui élèvent très très bien leurs gamins et je vais vous dire je vais y aller encore et je vais le redire je le dis tout le temps c'est des fausses mères célibataires vous avez aussi attendez il y a quand même des difficultés écoutez je travaille dans les quartiers vous prenez chacun a des difficultés je vous dis aussi que vous rejoignez

12:06
Locuteur 2

je voulais quand même rejoindre ce que vous disiez juste avant c'est à dire qu'on a aujourd'hui des jeunes qui servent concrètement de chair à canon pour des trafics on a des familles qui sont brisées on a tous les jours des morts qui sont liées à ces trafics là et effectivement si on ne comprend pas que c'est un système auquel il faut s'attaquer et bien on ne prend pas les choses par le bon bout et lorsqu'on voit effectivement des politiciens qui considèrent qu'il faut si vous voulez sortir une petite larme pour un collègue qui s'est permis d'aller lui-même se servir aux yeux de tous pour aller prendre sa drogue et que ce n'est pas grave et bien on voit bien qu'il y a un problème c'est un système qui s'entretient avec des consommateurs et des vendeurs et je me souviens de cette phrase de Bruno Rotailleux qui était assez forte il disait chaque joint a le goût du sang et c'est vrai chaque joint a le goût du sang il faut bien comprendre que lorsque vous allez chercher votre drogue et bien vous participez à tout un système qui mène à ces morts qui mène à des jeunes qui effectivement se retrouvent à prendre des balles et des familles qui sont brisées donc il faut prendre le problème comme un système global par tous les bouts

13:16
Andy Kerbrat

mais juste pour la France insoumise ils sont dans une double difficulté d'abord effectivement c'est très entre guillemets stalinien de défendre des siens quoi qu'il arrive quoi qu'il en coûte on y va mais qui est leur électorat où sont-ils élus dans ces propres quartiers là ils voient très bien ce qui se passe dans ces quartiers ils connaissent très bien le problème du trafic de drogue ils connaissent très bien le problème de l'arrivée des réseaux proches de l'islam radical ils savent tout ça mais ils sont dans l'incapacité d'aller dénoncer tout ça moi j'avais vu un député de la France insoumise aller dire il faut arrêter les trafics dire à la police venez les arrêter voilà ils sont là parce que c'est compliqué pour eux parce qu'ils sont au coeur de ces quartiers et donc ils ont cette difficulté donc toute l'idée c'est de dire oui mais il y a des malades il y a des victimes il faut les comme à chaque fois il faut les accompagner il faut les soutenir il faut les soigner les trafics c'est pas notre problème c'est le problème de l'Etat nous c'est pas à nous on s'en occupe pas voilà que l'Etat se veut nous on va s'occuper des pauvres victimes entre guillemets

14:16
Locuteur 5

en France là ils ont une forme de cohérence dramatique mais effectivement ça rejoint leur politique générale sur les quartiers leur politique anti-flic aussi c'est un parti qui veut quasiment désarmer la police donc ça mènerait leur victoire mènerait à une forme d'anarchie totale pour rebondir un peu sur ce qu'a dit Geoffroy Lejeune on pourrait aussi se poser la question d'une forme de deux poids de mesures médiatiques on se souvient que pendant les élections législatives on a dénoncé à juste titre un certain nombre de candidats du Rassemblement National qui avait des profils spéciaux je pense qu'il y en a dans tous les partis ce qu'on ne dit pas assez il y en a beaucoup dans la France qui sont mises entre les chichés ceux qui sont condamnés pour pédophilie et maintenant ceux qui consomment de la drogue sans même avoir l'habileté de ne pas se faire prendre j'ai envie de vous dire donc les uns n'excusent pas les autres si vous voulez mais il y a un débat médiatique qui se focalise toujours sur les mêmes et d'ailleurs c'est marrant aussi l'espèce d'impunité de la gauche qui fait en permanence la morale aux autres et qui là ne s'arrête même pas pour faire son autocritique qui fait en permanence