Oui, c'est un peu ce vœu gaulliste. C'est clairement la posture. C'est clairement la posture, c'est même, on pourrait dire, voyez, cette idée de la troisième voie, puisque le terme a été souvent utilisé, qui nous renvoie aux années 50, c'est-à-dire l'Afrique et l'Asie qui sont entre les États-Unis et l'URSS. On est exactement dans cette idée-là, et on sait d'ailleurs que ce sont des références qu'Emmanuel Macron aime à citer et connaît très bien. Donc, il y a très clairement cette idée. Ça veut dire alliés des États-Unis, mais pas alliés ?
Réponse partielleEt c'est bien ça le problème. Puisque vous me parlez de la posture néo-gaullienne ou néo-gaulliste d'Emmanuel Macron, je dirais que c'est du gaullisme à contre-temps. Et à contre-temps, elle est mal placée à contre-temps parce que la France de 2023 n'est plus la France de 1963. Elle pèse moins ? Elle pèse moins. Et la Chine n'est plus du tout la Chine de Mao Zedong. À l'époque, lorsque la France reconnaît la République populaire de Chine, c'est un acte fort avec un État qui n'a pas du tout le rayonnement et la puissance qu'il a aujourd'hui. Et puis le problème, c'est que la manière dont il pose les termes du débat est très mauvaise. S'il avait dit qu'il faut que l'Europe se détermine librem…
« Et c'est bien ça le problème. Puisque vous me parlez de la posture néo-gaullienne ou néo-gaulliste d'Emmanuel Macron, je dirais que c'est du gaullisme à contre-temps. Et à contre-temps, elle est mal placée à contre-temps parce que la France de 2023 n'est plus la France de 1963. Elle pèse moins ? Elle pèse moins. Et la Chine n'est plus du tout la Chine de Mao Zedong. À l'époque, lorsque la France reconnaît la République populaire de Chine, c'est un acte fort avec un État qui n'a pas du tout le rayonnement et la puissance qu'il a aujourd'hui. Et puis le problème, c'est que la manière dont il pose les termes du débat est très mauvaise. S'il avait dit qu'il faut que l'Europe se détermine librement dans cette affaire, elle doit déterminer où sont ses intérêts dans la rivalité sino-américaine, elle doit déterminer si la question de Taïwan l'intéresse ou pas. Et en fonction de cela, nous prendrons librement, nous Européens, nos décisions et nos orientations. Il n'y aurait rien eu à redire. »
