Et je suis ravie aujourd'hui de recevoir l'essayiste et homme politique Raphaël Glucksmann. Aujourd'hui, bonjour. Bonjour. Raphaël Glucksmann. Alors, on ne vous présente plus, on dit toujours ça, mais je le fais quand même. En 2018, vous lancez le parti Place Publique, puis à la tête d'une liste réunissant Place Publique, le Parti Socialiste et Nouvelle Donne, vous êtes élu aux élections européennes de 2019. Et aujourd'hui, vous siégez comme député et vice-président de la sous-commission des droits de l'homme du Parlement européen. On en reparlera. Et vous êtes là aujourd'hui pour nous parler de votre dernier ouvrage. L'être à une génération qui peut tout changer. Alors, vous dites... Qui va. Qui va. Qui va tout changer. Elle peut et elle va. Non seulement elle peut, mais elle va le faire. Parce que vous dites dans ce livre que vous les avez vus à l'œuvre, ces jeunes-là. Et vous tordez le cou un peu à tous les adultes qui appliquent la double contrainte, la double bind, comme vous dites, entre tout est votre faute, mais en même temps, vous n'y pouvez rien, allez-y, changez tout. Qu'est-ce que vous avez vus ?
Réponse directeEn fait, j'en peux plus de ce discours fataliste qui dit, voilà, on ne peut rien changer. Et de toute façon, la jeunesse est apathique. Elle est individualiste. Elle ne s'investit plus en politique. Elle ne veut plus rien faire de sa vie dans le domaine public. Et elle est, au fond, rivée sur ses écrans, complètement narcissique, à prendre des selfies toute la journée. Et moi, ce n'est pas du tout l'expérience que j'ai. Moi, l'expérience des combats que j'ai, c'est que des centaines de milliers de jeunes prennent à bras-le-corps une cause dont personne ne voulait parler, par exemple la déportation des Ouïghours dans les camps de concentration en Chine, et l'imposent dans le débat public, ou…
