Avec cela, la France va repasser sous les 3% de déficit à la fin de l'année ?
Réponse directeEncore une fois, ce n'est pas à moi de dire au gouvernement français quelles dépenses il doit couper, quels impôts il doit alléger. Mais vous avez une opinion sur ce que fait le gouvernement ? Je l'ai comme commissaire européen. Ce qui importe pour moi, c'est que l'équilibre, c'est que la trajectoire de finances publiques soit soutenable. Et j'ai confiance. On est sur la bonne trajectoire. J'ai confiance dans la capacité du gouvernement français à faire 3% en 2017, j'espère légèrement en dessous, et ensuite à descendre clairement en dessous de 3% en 2018, ce qui permettrait à la France de sortir enfin d'une procédure dans laquelle elle est aujourd'hui la seule avec l'Espagne, qu'on appelle…
« Encore une fois, ce n'est pas à moi de dire au gouvernement français quelles dépenses il doit couper, quels impôts il doit alléger. Mais vous avez une opinion sur ce que fait le gouvernement ? Je l'ai comme commissaire européen. Ce qui importe pour moi, c'est que l'équilibre, c'est que la trajectoire de finances publiques soit soutenable. Et j'ai confiance. On est sur la bonne trajectoire. J'ai confiance dans la capacité du gouvernement français à faire 3% en 2017, j'espère légèrement en dessous, et ensuite à descendre clairement en dessous de 3% en 2018, ce qui permettrait à la France de sortir enfin d'une procédure dans laquelle elle est aujourd'hui la seule avec l'Espagne, qu'on appelle la procédure de déficit excessif. Et à partir de ce moment-là, d'attendre aussi de ses partenaires, notamment l'Allemagne, qu'il y ait plus d'investissements en Europe, qu'il y ait plus de politiques de croissance en Allemagne, donc en Europe. Tout cela d'ailleurs, il faut être conscient d'une chose, c'est que c'est bon pour la croissance. Quand un pays sans dette, il est incapable de financer ses services publics, il est incapable de préparer son avenir. Et limiter le déficit, c'est limiter la dette, c'est préparer l'avenir. Ensuite, au gouvernement français, de dire ce qu'il entend faire, avec des préoccupations, qui doivent être des préoccupations économiques, mais aussi des préoccupations sociales, des préoccupations de justice sociale, des préoccupations de lutte contre les inégalités. Dernière remarque, il y a une question de méthode qui est fondamentale. En matière budgétaire, quand on fait des économies, on procède souvent à ce qu'on appelle le rabot, c'est-à-dire on coupe de manière plus ou moins uniforme, enfin, on coupe tout petit à petit. Et à la fin, on tape dans le dur. Je pense qu'il faudrait qu'à un moment donné, on soit capable de changer de méthode. C'est-à-dire qu'on fasse vraiment des réformes structurelles, c'est-à-dire qu'on passe de coupes plus ou moins uniformes à des vraies priorités. Des réformes structurelles, ça ne fait pas forcément mal. C'est aussi ce qui prépare l'avenir, c'est ce qui enrichit le capital humain, c'est la formation, c'est l'innovation, c'est l'investissement. Et c'est à ça qu'il faut donner la priorité, très clairement. Et j'ajoute que la justice sociale, pour moi, est aussi un investissement économique. »
