Le bricolage, paraît-il, c'est vrai ?
Réponse à côtéJ'ai toujours admiré beaucoup mon père.
« J'ai toujours admiré beaucoup mon père. »

Ce registre relie les questions posées aux éléments effectivement observés dans les réponses. Il présente le corpus, ses limites et les passages sources, sans note globale ni comparaison entre personnes.
Cette page est la piste d’audit de la fiche de synthèse. Elle permet de retrouver la question, la réponse retenue et la preuve utilisée.
Les questions multiples sont séparées pour ne pas confondre plusieurs demandes dans une même mesure.
La catégorie indique ce qui est observable dans la réponse, sans juger la personne ni la position défendue.
Chaque résultat affiché renvoie au verbatim et, lorsque la source le permet, au moment exact de l’entretien.
Répartition sur 567 questions évaluables
Une réponse à côté signifie que la demande centrale n’est pas traitée, même si le passage est long ou argumenté.
J'ai toujours admiré beaucoup mon père.
« J'ai toujours admiré beaucoup mon père. »
Mécanismes, contraintes, arbitrages, objections et références explicitement présents dans les réponses, classés par domaine et reliés aux passages d’origine.
Passages où cet élément est explicitement observable.
« C'est vrai qu'une première différence avec la façon dont vous avez de présenter les choses, en parlant de démocratie pour du peuple, etc., nous, nous parlons de démocratie ouvrière. Dans le sens où, finalement, cette démocratie, c'est ceux qui se battent, pas seulement des ouvriers, il ne faut pas penser, je ne parle pas seulement de celui qui a un bleu de travail, je parle à tous ceux qui sont utiles à la société, en fait, les 99 % de la société. Vous savez, même, pour moi, la femme qui élève ses enfants est une travailleuse, en fait, et elle est indispensable à la société, du simple fait, d'ailleurs, que justement, elle assure le renouvellement des générations. Et en fait, c'est un travail qui, y compris, est aussi prenant et aussi difficile et aussi dur et aussi épuisant qu'un travail parfois à l'usine de s'occuper des enfants. Donc, non, le monde du travail, pour nous, c'est ceux qui ont un travail, bien sûr, manuel, mais aussi un travail intellectuel, aussi ceux qui ont un statut d'auto-entrepreneur, ceux qui sont le petit artisan, c'est aussi ceux qui galèrent de petit boulot en petit boulot, entre chômage, intérim, etc., etc. Donc, vous voyez, c'est au sens large, mais à partir du moment où ils veulent se battre, eh bien, en fait, ils commencent à discuter ensemble, ils votent ensemble et ils votent pour tout. Écoutez, on a quand même l'exemple des gilets jaunes, l'exemple des gilets jaunes qui était magnifique pour ça, magnifique, parce que les femmes et les hommes qui ne se connaissaient pas, qui ne se connaissaient pas et qui n'avaient pas l'habitude de l'organisation, parce que beaucoup d'entre eux étaient dans des petites structures, souvent n'avaient jamais fréquenté de syndicats, n'avaient jamais appartenu à aucun parti politique, étaient finalement assez isolés. Ils ont eu ce réflexe de se réunir sur les ronds-points, vous voyez, et la discussion a démarré, et ils ont fonctionné ensemble. Ils ont fonctionné ensemble comment ? En discutant beaucoup, parfois en cherchant le consensus, parfois ils ne le trouvaient pas, ils ont voté, parfois ils ont choisi des représentants, parfois dénoncé ceux qui se présentaient comme des représentants, parce que moi, j'ai adoré quand ils ont posé un lapin au premier ministre, par exemple, enfin, quand les... voilà, parce que, ben justement, ça pose la question de dans quels représentants on a confiance, et ils se posaient tous ces problèmes-là. Ben moi, je suis convaincue que quand les gens ont envie de se battre pour quelque chose, quand ils ont un objectif, quand ils ont cette combativité, ben oui, ils font régner cette démocratie ouvrière qui consiste à discuter, à chercher à se convaincre les uns les autres, et puis à voter pour, au final, décider et appliquer collectivement ensemble la chose, parce que souvent aussi, on sépare le vote de l'application, alors qu'en fait, l'essentiel est quand même souvent dans qui applique. Et la démocratie ouvrière, vous justement, »
Mais oui, bien sûr, bien sûr. Vous savez, là, je fréquente un peu les quartiers bourgeois, puisque je suis invitée sur des émissions. Et voilà, je passe dans les rues. Et puis il faut enjamber un SDF. Il y a des gens qui sont au carrefour, qui font la manche. Et à chaque fois, ça me sert le cœur, bien sûr. Je ne supporte pas cette pauvreté, cette misère, ces inégalités.
« Mais oui, bien sûr, bien sûr. Vous savez, là, je fréquente un peu les quartiers bourgeois, puisque je suis invitée sur des émissions. Et voilà, je passe dans les rues. Et puis il faut enjamber un SDF. Il y a des gens qui sont au carrefour, qui font la manche. Et à chaque fois, ça me sert le cœur, bien sûr. Je ne supporte pas cette pauvreté, cette misère, ces inégalités. »
Mais bien, mise en commun des moyens de production. Mais bien sûr, moi je ne suis pas contre la propriété ouvrière. Je ne suis pas contre le fait que chacun ait un logement. Mais je suis contre le fait que les grands moyens de production, quand même les grandes chaînes de distribution, de production d'énergie, les bastions industriels, les banques, soient aux mains de quelques-uns et soient dirigées pour le profit de quelques-uns. Ça ne rime à rien. Donc oui, ce sont mes convictions profondes de communistes. Mais en même temps, vous conviendrez avec moi que ce n'est pas ce qui est en jeu dans cette élection. Dans cette élection, ce qui est en jeu, et moi ce à quoi j'appelle les travailleurs…
« Mais bien, mise en commun des moyens de production. »
Oui, bien sûr, du terrorisme, de Charlie Hebdo aussi, parce que, en fait, les discussions, on les avait eues aussi après l'attentat contre Charlie Hebdo.
« Oui, bien sûr, du terrorisme, de Charlie Hebdo aussi, parce que, en fait, les discussions, on les avait eues aussi après l'attentat contre Charlie Hebdo. »
Mais vous savez, quand on est une petite fille, voilà, de milieu populaire, ben oui, on rêve d'être coiffeuse, de... Enfin, bien sûr, c'est une vie simple, des rêves simples.
« Mais vous savez, quand on est une petite fille, voilà, de milieu populaire, ben oui, on rêve d'être coiffeuse, de... Enfin, bien sûr, c'est une vie simple, des rêves simples. »
Je vais vous dire, pour moi, c'est... Oui, ben j'irai voter, je me déplacerai. Vous irai voter quand même. Je me déplacerai. Mais alors ça, pour moi, ce n'est pas ça la politique. Eh bien, c'est le... Non, c'est... Le vote, c'est d'abord et avant tout la possibilité de s'exprimer. Et moi, j'appelle les travailleurs à s'exprimer collectivement. Mais ce n'est pas comme ça qu'on changera notre sort. On en a déjà discuté, mais ce n'est pas comme ça. Et quand même, il faut avoir du recul. Donc on changera dans la rue. Combien d'élections ? Combien de présidents de la République différents ? Combien de majorités gouvernementales différentes ? Oui. Pour avoir toujours la même politique. Une politi…
« Je vais vous dire, pour moi, c'est... Oui, ben j'irai voter, je me déplacerai. Vous irai voter quand même. Je me déplacerai. »
Non, en coulisses. Moi, je me suis rendue... Je voulais saluer Philippe Poutou, parce que c'est un camarade. Voilà, donc je suis allée discuter dans sa loge. Et on a un peu discuté, ça a été bref, parce qu'on est dans une espèce de... Mais après, je n'ai pas eu spécialement de contact avec les autres.
« Non, en coulisses. Moi, je me suis rendue... Je voulais saluer Philippe Poutou, parce que c'est un camarade. Voilà, donc je suis allée discuter dans sa loge. Et on a un peu discuté, ça a été bref, parce qu'on est dans une espèce de... Mais après, je n'ai pas eu spécialement de contact avec les autres. »
Parce que ce sont deux femmes qui décident d'être libres. Voilà, d'être libres, qui sont très différentes, qui ont des personnalités qui n'ont rien à voir et qui se retrouvent comme ça à reprendre leur vie en main, quelque part. Complètement, voilà. Oui, pour la littérature en général. En général, oui. Oui, oui, il y a des grands écrivains, bien sûr. Oui, oui, voilà, au Wordfast, bien sûr. Bon, dernièrement, j'ai lu L'invention des ailes que je conseille sur les sœurs Grimke, des abolitionnistes. Pendant la campagne, je l'ai lue et ça a été fantastique. Non, non, non. Non, non, pas seulement. Ah oui, bien sûr. Aussi dans le polar, aussi dans la science-fiction. Parfois, bien sûr. Oui, oui,…
« Parce que ce sont deux femmes qui décident d'être libres. Voilà, d'être libres, qui sont très différentes, qui ont des personnalités qui n'ont rien à voir et qui se retrouvent comme ça à reprendre leur vie en main, quelque part. »
Mais justement, l'État fonctionnerait en s'appuyant sur les salariés, sur la population en général, en les appelant à dire, à s'organiser. Il y aurait beaucoup de choses. Vous savez, aujourd'hui, on construit des corps, des corps professionnels, au-dessus de la population. Mais moi, je pense qu'il y a plein de choses qu'on pourrait créer collectivement. Mais ce n'est pas ce qu'on fait. Pourquoi ? Parce que justement, on dit au travers, toi, tu bosses et tu te tais et tu ne réfléchis surtout pas. Et tout est organisé comme ça. Eh bien, moi, je suis pour l'inverse. Je suis pour l'inverse. Et je peux dire qu'on pourrait se passer, oui, de bien, de commissions spéciales. Les travailleurs, ils p…
« Mais justement, l'État fonctionnerait en s'appuyant sur les salariés, sur la population en général, en les appelant à dire, à s'organiser. Il y aurait beaucoup de choses. Vous savez, aujourd'hui, on construit des corps, des corps professionnels, au-dessus de la population. Mais moi, je pense qu'il y a plein de choses qu'on pourrait créer collectivement. Mais ce n'est pas ce qu'on fait. Pourquoi ? Parce que justement, on dit au travers, toi, tu bosses et tu te tais et tu ne réfléchis surtout pas. Et tout est organisé comme ça. Eh bien, moi, je suis pour l'inverse. Je suis pour l'inverse. Et je peux dire qu'on pourrait se passer, oui, de bien, de commissions spéciales. Les travailleurs, ils peuvent dire beaucoup de choses. En condition qu'on leur donne la possibilité, le droit... Faut-il fermer Fessenheim ? Moi, je pense que tôt ou tard, il faudra fermer Fessenheim, bien sûr. Mais la façon dont c'est fait aujourd'hui, je trouve ça scandaleux. Parce qu'on se lave les mains de l'avenir des femmes et des hommes qui travaillent, non seulement sur la centrale, mais aussi qui vivent de la centrale. Et moi, je trouve ça hallucinant. Alors que ça fait des années qu'on se pose cette question, qu'il n'y ait pas, justement, d'anticipation, de propositions alternatives pour que cette ville et puis pour que la région continue de vivre, continue d'avoir de l'activité. »
Mais moi, je trouve qu'avec les démêlés judiciaires, avec... Bon, ben, c'est assez inédit, ça c'est vrai. Mais en même temps, on retombe toujours dans les mêmes choses. Toujours dans les mêmes choses. Mais oui. Elle ressemble à d'autres. C'est la pêche aux voix. C'est la comédie électorale. Mais c'est la pêche aux voix. Vous êtes là pour la pêche aux voix, non ? Non, moi je ne fais pas de la pêche aux voix parce que justement, je le dis, non. On ne changera pas notre sort par les urnes. Ce n'est pas vrai. Ne marchez pas là-dedans. Mais on peut s'exprimer collectivement. Et si vous voulez donner de la force à vos convictions, à vos idées, à ce que vous représentez, eh bien, faites-le. Votez…
« Mais moi, je trouve qu'avec les démêlés judiciaires, avec... Bon, ben, c'est assez inédit, ça c'est vrai. Mais en même temps, on retombe toujours dans les mêmes choses. Toujours dans les mêmes choses. Mais oui. Elle ressemble à d'autres. C'est la pêche aux voix. C'est la comédie électorale. Mais c'est la pêche aux voix. Vous êtes là pour la pêche aux voix, non ? Non, moi je ne fais pas de la pêche aux voix parce que justement, je le dis, non. On ne changera pas notre sort par les urnes. Ce n'est pas vrai. Ne marchez pas là-dedans. Mais on peut s'exprimer collectivement. Et si vous voulez donner de la force à vos convictions, à vos idées, à ce que vous représentez, eh bien, faites-le. Votez pour votre camp, le camp des travailleurs, ceux qui ne se laissent pas abuser, qui n'attendent de rien, du prochain président de la République, mais qui attendent de tout d'eux-mêmes, d'eux-mêmes, de leur capacité à réagir, à s'organiser. Est-ce que lors du débat... Moi, dans cette élection, je pense qu'il faut construire. Il faut construire, ben oui, une conscience de classe, d'autres politiques de travailleurs. Il faut construire un camp. Donc moi, je suis une constructrice dans cette campagne, en réalité. Et plus il y aura de voix qui se porteront sur ma candidature, plus on aura avancé dans les combats qui seront en dessous. Ça nous aidera. Ça nous aidera à nous battre demain. Il y a beaucoup de femmes et d'hommes qui affirmaient fièrement leurs revendications, leurs objectifs. »
Non, moi je leur dis, voilà, non, je les encourage à se défendre, à s'organiser, justement, à prendre confiance en eux, dans ce qu'ils représentent. Mais vous savez, moi, mes élèves d'Aubervilliers, ils appartiennent aux classes populaires, ils appartiennent à la classe ouvrière, et ils savent ce que c'est. Ils savent ce que c'est, les petits boulots, la galère du chômage, et ils savent qu'y compris quand ils sont en difficulté, leur force, eh bien, effectivement, c'est l'organisation collective. Mais ils ont peut-être des rêves, ils ont sûrement des rêves, vos élèves. Mais moi, je leur dis, bien sûr... Vous les encouragez à accomplir leurs rêves ? Mais vous ne croyez pas que j'en ai un rêv…
« Non, moi je leur dis, voilà, non, je les encourage à se défendre, à s'organiser, justement, à prendre confiance en eux, dans ce qu'ils représentent. »
« Mais vous savez, moi, mes élèves d'Aubervilliers, ils appartiennent aux classes populaires, ils appartiennent à la classe ouvrière, et ils savent ce que c'est. Ils savent ce que c'est, les petits boulots, la galère du chômage, et ils savent qu'y compris quand ils sont en difficulté, leur force, eh bien, effectivement, c'est l'organisation collective. Mais ils ont peut-être des rêves, ils ont sûrement des rêves, vos élèves. Mais moi, je leur dis, bien sûr... Vous les encouragez à accomplir leurs rêves ? Mais vous ne croyez pas que j'en ai un rêve, moi ? Moi, j'ai un rêve, ce rêve de transformer cette société, justement, qui est plus, c'est une égalité. Mais moi, je crois que c'est possible, je crois que l'humanité est capable. Mais c'est là, celle que, justement, on peut gérer cette société collectivement, démocratiquement, fraternellement, sans avoir cette couche-là, qui domine et qui, par sa loi du profit, de la rentabilité, écrase tout sur son passage, tout, la situation des travailleurs, mais aussi l'environnement, mais aussi les relations entre les peuples, mais aussi, parce que d'où viennent ces guerres ? C'est aussi ça. Ce sont les rivalités impérialistes, les intérêts des grands groupes capitalistes qui se heurtent au Moyen-Orient. Donc, je leur dis, mais oui, c'est possible. Vos aspirations, vous savez, la jeunesse, elle a ça de frais et d'enthousiasme, c'est que, justement, elle n'a pas encore les œillères, et on ne les a pas encore complètement convaincus que cette société, elle est intangible. Et donc, ces jeunes, ils rêvent, bien sûr, mais vous savez, beaucoup ne rêvent pas de leur sort individuel. Beaucoup rêvent, justement, de l'ensemble de la société. Parce que, vous savez, je sais que l'individualisme est très fort et domine dans cette société et qu'on nous l'inculque, mais vous savez, beaucoup de jeunes savent que si la société va mal, ça ira mal pour eux aussi. Donc, on est unis dans la même galère. »
Non.
« Non. »
Mais vous savez, quand on est une petite fille, voilà, de milieu populaire, ben oui, on rêve d'être coiffeuse, de... Enfin, bien sûr, c'est une vie simple, des rêves simples.
« Mais vous savez, quand on est une petite fille, voilà, de milieu populaire, ben oui, on rêve d'être coiffeuse, de... Enfin, bien sûr, c'est une vie simple, des rêves simples. »
Oui, mais pas tout à fait autre temps. On a toujours, effectivement, cette même hostilité, et qui est, je vais dire, méritée, quelque part, parce que, oui, nous, nous sommes contre, effectivement, tous ceux qui sont les grands défenseurs de cet ordre social, tous ceux qui sont les vigis, comment dire, de la politique patronale, enfin, pro-patronale, voilà, il faut... Donc, nous sommes contre eux. Bon, ben, c'est normal qu'ils rendent les coups. Voilà, maintenant, ce que je veux dire, oui, bien sûr, le combat féministe, c'est quelque chose d'important. Vous savez, il y a beaucoup de choses qui ne dépendent pas de nous, l'une ouvrière, qui est, par exemple, cette explosion sociale, cette mobi…
« Oui, mais pas tout à fait autre temps. On a toujours, effectivement, cette même hostilité, et qui est, je vais dire, méritée, quelque part, parce que, oui, nous, nous sommes contre, effectivement, tous ceux qui sont les grands défenseurs de cet ordre social, tous ceux qui sont les vigis, comment dire, de la politique patronale, enfin, pro-patronale, voilà, il faut... Donc, nous sommes contre eux. Bon, ben, c'est normal qu'ils rendent les coups. Voilà, maintenant, ce que je veux dire, oui, bien sûr, le combat féministe, c'est quelque chose d'important. Vous savez, il y a beaucoup de choses qui ne dépendent pas de nous, l'une ouvrière, qui est, par exemple, cette explosion sociale, cette mobilisation et ce rapport de force favorable aux travailleurs. Ça ne dépend pas de nous. Mais par contre, choisir nos porte-parole, ça dépend de nous. Et nous avons toujours voulu choisir des porte-parole femmes parce que nous voulions faire la démonstration que les femmes pouvaient tout à fait assumer des responsabilités aussi bien que les hommes. Et nous avons été les premiers en 1974. Et justement, parce qu'il fallait que ce soit manifestement un parti révolutionnaire pour le faire. Voilà, et aujourd'hui encore, le combat des femmes est à mener. Écoutez, les femmes, ce sont les plus mal payées, c'est les temps partiels imposés, c'est les petits boulots, c'est les retraites minables. Parce qu'évidemment, quand on est mal payé, quand on a eu des périodes de chute, on a des retraites minables. »
Parce que, autant je me retrouve dans certaines dénonciations, dans l'expression d'une colère de Jean-Luc Mélenchon, autant je ne suis pas d'accord quand il explique qu'il suffira de voter pour lui pour résoudre tous ces problèmes-là. Voilà, sur le fond, moi je pense que c'est complètement utopique de croire que l'on peut gouverner de façon humaine, égalitaire, juste, une société qui est basée sur l'inégalité, sur l'injustice, qui est basée sur l'existence de classes sociales et sur l'exploitation de l'homme par l'homme. Donc moi je ne partage pas, je ne suis pas d'accord avec Jean-Luc Mélenchon quand il nous explique que lui au pouvoir, il va tout changer. Écoutez, vous savez, le monde du…
« Parce que, autant je me retrouve dans certaines dénonciations, dans l'expression d'une colère de Jean-Luc Mélenchon, autant je ne suis pas d'accord quand il explique qu'il suffira de voter pour lui pour résoudre tous ces problèmes-là. Voilà, sur le fond, moi je pense que c'est complètement utopique de croire que l'on peut gouverner de façon humaine, égalitaire, juste, une société qui est basée sur l'inégalité, sur l'injustice, qui est basée sur l'existence de classes sociales et sur l'exploitation de l'homme par l'homme. Donc moi je ne partage pas, je ne suis pas d'accord avec Jean-Luc Mélenchon quand il nous explique que lui au pouvoir, il va tout changer. Écoutez, vous savez, le monde du travail, il a cru, il a cru en Mitterrand, il a cru en Jospin, et même Hollande avait fait vibrer certaines cordes avec le discours du Bourget. Vous avez voté Hollande, vous ? Je suis la seule à gauche à ne pas avoir appelé à voter Hollande en 2012. »
Mais bien, mise en commun des moyens de production. Mais bien sûr, moi je ne suis pas contre la propriété ouvrière. Je ne suis pas contre le fait que chacun ait un logement. Mais je suis contre le fait que les grands moyens de production, quand même les grandes chaînes de distribution, de production d'énergie, les bastions industriels, les banques, soient aux mains de quelques-uns et soient dirigées pour le profit de quelques-uns. Ça ne rime à rien. Donc oui, ce sont mes convictions profondes de communistes. Mais en même temps, vous conviendrez avec moi que ce n'est pas ce qui est en jeu dans cette élection. Dans cette élection, ce qui est en jeu, et moi ce à quoi j'appelle les travailleurs…
« Mais bien, mise en commun des moyens de production. »
« Mais bien sûr, moi je ne suis pas contre la propriété ouvrière. Je ne suis pas contre le fait que chacun ait un logement. »
« Mais je suis contre le fait que les grands moyens de production, quand même les grandes chaînes de distribution, de production d'énergie, les bastions industriels, les banques, soient aux mains de quelques-uns et soient dirigées pour le profit de quelques-uns. Ça ne rime à rien. Donc oui, ce sont mes convictions profondes de communistes. Mais en même temps, vous conviendrez avec moi que ce n'est pas ce qui est en jeu dans cette élection. Dans cette élection, ce qui est en jeu, et moi ce à quoi j'appelle les travailleurs, les chômeurs, les ouvriers, les retraités, c'est de mettre en avant tout simplement leurs besoins vitaux. Parce qu'aujourd'hui, on en est là. Aujourd'hui, on en est au fait qu'on peut travailler toute sa vie et puis se retrouver du jour au lendemain sans rien, expulser de son logement, sans pouvoir payer ses factures, sans pouvoir assurer un avenir à sa famille. C'est ça la réalité. Donc moi, dans cette élection, je dis, il faut que les travailleurs mettent en avant leurs besoins. C'est un emploi, un emploi pour tous. Donc on combat effectivement les licenciements. C'est le SMIC à 1 800 euros. Le SMIC à 1 800 euros, net. C'est effectivement la possibilité aussi de contrôler l'argent qui existe dans cette société. Parce que justement là, on prendrait la mesure de tout ce que l'on peut faire réellement. »
Mais justement, l'État fonctionnerait en s'appuyant sur les salariés, sur la population en général, en les appelant à dire, à s'organiser. Il y aurait beaucoup de choses. Vous savez, aujourd'hui, on construit des corps, des corps professionnels, au-dessus de la population. Mais moi, je pense qu'il y a plein de choses qu'on pourrait créer collectivement. Mais ce n'est pas ce qu'on fait. Pourquoi ? Parce que justement, on dit au travers, toi, tu bosses et tu te tais et tu ne réfléchis surtout pas. Et tout est organisé comme ça. Eh bien, moi, je suis pour l'inverse. Je suis pour l'inverse. Et je peux dire qu'on pourrait se passer, oui, de bien, de commissions spéciales. Les travailleurs, ils p…
« Mais justement, l'État fonctionnerait en s'appuyant sur les salariés, sur la population en général, en les appelant à dire, à s'organiser. Il y aurait beaucoup de choses. Vous savez, aujourd'hui, on construit des corps, des corps professionnels, au-dessus de la population. Mais moi, je pense qu'il y a plein de choses qu'on pourrait créer collectivement. Mais ce n'est pas ce qu'on fait. Pourquoi ? Parce que justement, on dit au travers, toi, tu bosses et tu te tais et tu ne réfléchis surtout pas. Et tout est organisé comme ça. Eh bien, moi, je suis pour l'inverse. Je suis pour l'inverse. Et je peux dire qu'on pourrait se passer, oui, de bien, de commissions spéciales. Les travailleurs, ils peuvent dire beaucoup de choses. En condition qu'on leur donne la possibilité, le droit... Faut-il fermer Fessenheim ? Moi, je pense que tôt ou tard, il faudra fermer Fessenheim, bien sûr. Mais la façon dont c'est fait aujourd'hui, je trouve ça scandaleux. Parce qu'on se lave les mains de l'avenir des femmes et des hommes qui travaillent, non seulement sur la centrale, mais aussi qui vivent de la centrale. Et moi, je trouve ça hallucinant. Alors que ça fait des années qu'on se pose cette question, qu'il n'y ait pas, justement, d'anticipation, de propositions alternatives pour que cette ville et puis pour que la région continue de vivre, continue d'avoir de l'activité. »
Non, moi je leur dis, voilà, non, je les encourage à se défendre, à s'organiser, justement, à prendre confiance en eux, dans ce qu'ils représentent. Mais vous savez, moi, mes élèves d'Aubervilliers, ils appartiennent aux classes populaires, ils appartiennent à la classe ouvrière, et ils savent ce que c'est. Ils savent ce que c'est, les petits boulots, la galère du chômage, et ils savent qu'y compris quand ils sont en difficulté, leur force, eh bien, effectivement, c'est l'organisation collective. Mais ils ont peut-être des rêves, ils ont sûrement des rêves, vos élèves. Mais moi, je leur dis, bien sûr... Vous les encouragez à accomplir leurs rêves ? Mais vous ne croyez pas que j'en ai un rêv…
« Non, moi je leur dis, voilà, non, je les encourage à se défendre, à s'organiser, justement, à prendre confiance en eux, dans ce qu'ils représentent. »
« Mais vous savez, moi, mes élèves d'Aubervilliers, ils appartiennent aux classes populaires, ils appartiennent à la classe ouvrière, et ils savent ce que c'est. Ils savent ce que c'est, les petits boulots, la galère du chômage, et ils savent qu'y compris quand ils sont en difficulté, leur force, eh bien, effectivement, c'est l'organisation collective. Mais ils ont peut-être des rêves, ils ont sûrement des rêves, vos élèves. Mais moi, je leur dis, bien sûr... Vous les encouragez à accomplir leurs rêves ? Mais vous ne croyez pas que j'en ai un rêve, moi ? Moi, j'ai un rêve, ce rêve de transformer cette société, justement, qui est plus, c'est une égalité. Mais moi, je crois que c'est possible, je crois que l'humanité est capable. Mais c'est là, celle que, justement, on peut gérer cette société collectivement, démocratiquement, fraternellement, sans avoir cette couche-là, qui domine et qui, par sa loi du profit, de la rentabilité, écrase tout sur son passage, tout, la situation des travailleurs, mais aussi l'environnement, mais aussi les relations entre les peuples, mais aussi, parce que d'où viennent ces guerres ? C'est aussi ça. Ce sont les rivalités impérialistes, les intérêts des grands groupes capitalistes qui se heurtent au Moyen-Orient. Donc, je leur dis, mais oui, c'est possible. Vos aspirations, vous savez, la jeunesse, elle a ça de frais et d'enthousiasme, c'est que, justement, elle n'a pas encore les œillères, et on ne les a pas encore complètement convaincus que cette société, elle est intangible. Et donc, ces jeunes, ils rêvent, bien sûr, mais vous savez, beaucoup ne rêvent pas de leur sort individuel. Beaucoup rêvent, justement, de l'ensemble de la société. Parce que, vous savez, je sais que l'individualisme est très fort et domine dans cette société et qu'on nous l'inculque, mais vous savez, beaucoup de jeunes savent que si la société va mal, ça ira mal pour eux aussi. Donc, on est unis dans la même galère. »
Non, ils doivent continuer dans le sens où ils sont engagés. Parce qu'on voit bien que ça gêne, effectivement, l'État, que c'est une pression réelle qui est exercée sur lui, et qu'ils sont en train de le forcer, effectivement, à mettre de l'argent, l'argent nécessaire sur la table pour qu'il y ait la scolarisation, pour qu'il y ait un raccordement à l'électricité, à l'eau, enfin, des choses quand même basiques. Mais il faut qu'ils se battent pour ça. Il faut qu'ils se battent pour ça et qu'ils, effectivement, tiennent bon sur leurs revendications, sur leurs objectifs.
« Non, ils doivent continuer dans le sens où ils sont engagés. Parce qu'on voit bien que ça gêne, effectivement, l'État, que c'est une pression réelle qui est exercée sur lui, et qu'ils sont en train de le forcer, effectivement, à mettre de l'argent, l'argent nécessaire sur la table pour qu'il y ait la scolarisation, pour qu'il y ait un raccordement à l'électricité, à l'eau, enfin, des choses quand même basiques. Mais il faut qu'ils se battent pour ça. Il faut qu'ils se battent pour ça et qu'ils, effectivement, tiennent bon sur leurs revendications, sur leurs objectifs. »
Oui, vous voyez, comme quoi la dictature n'est pas de notre côté.
« Oui, vous voyez, comme quoi la dictature n'est pas de notre côté. »
Elle m'a appris qu'il fallait effectivement, au travers des médias, s'adresser aux travailleuses et aux travailleurs. Voilà, parce qu'ils étaient derrière leur écran, parce qu'ils écoutaient, et c'est d'abord et avant tout à eux que j'ai envie de m'adresser, c'est vrai, dans cette élection. Par-delà, les questions des journalistes, ou leur sensibilité, ce qui peut les intéresser, etc. Donc voilà, j'essaye de m'y tenir. Et puis voilà, moi, vraiment, je suis fière de continuer son combat, parce que, oui, nous n'avons jamais changé. Et tant qu'il y aura du chômage, tant qu'il y aura de l'exploitation, tant qu'il y aura ces inégalités, tant qu'il y aura ce système capitaliste, qui écrase tout,…
« Elle m'a appris qu'il fallait effectivement, au travers des médias, s'adresser aux travailleuses et aux travailleurs. Voilà, parce qu'ils étaient derrière leur écran, parce qu'ils écoutaient, et c'est d'abord et avant tout à eux que j'ai envie de m'adresser, c'est vrai, dans cette élection. Par-delà, les questions des journalistes, ou leur sensibilité, ce qui peut les intéresser, etc. Donc voilà, j'essaye de m'y tenir. Et puis voilà, moi, vraiment, je suis fière de continuer son combat, parce que, oui, nous n'avons jamais changé. Et tant qu'il y aura du chômage, tant qu'il y aura de l'exploitation, tant qu'il y aura ces inégalités, tant qu'il y aura ce système capitaliste, qui écrase tout, oui, nous, on continuera de se battre. »
Oui, bien sûr, du terrorisme, de Charlie Hebdo aussi, parce que, en fait, les discussions, on les avait eues aussi après l'attentat contre Charlie Hebdo.
« Oui, bien sûr, du terrorisme, de Charlie Hebdo aussi, parce que, en fait, les discussions, on les avait eues aussi après l'attentat contre Charlie Hebdo. »
Parce que, autant je me retrouve dans certaines dénonciations, dans l'expression d'une colère de Jean-Luc Mélenchon, autant je ne suis pas d'accord quand il explique qu'il suffira de voter pour lui pour résoudre tous ces problèmes-là. Voilà, sur le fond, moi je pense que c'est complètement utopique de croire que l'on peut gouverner de façon humaine, égalitaire, juste, une société qui est basée sur l'inégalité, sur l'injustice, qui est basée sur l'existence de classes sociales et sur l'exploitation de l'homme par l'homme. Donc moi je ne partage pas, je ne suis pas d'accord avec Jean-Luc Mélenchon quand il nous explique que lui au pouvoir, il va tout changer. Écoutez, vous savez, le monde du…
« Parce que, autant je me retrouve dans certaines dénonciations, dans l'expression d'une colère de Jean-Luc Mélenchon, autant je ne suis pas d'accord quand il explique qu'il suffira de voter pour lui pour résoudre tous ces problèmes-là. Voilà, sur le fond, moi je pense que c'est complètement utopique de croire que l'on peut gouverner de façon humaine, égalitaire, juste, une société qui est basée sur l'inégalité, sur l'injustice, qui est basée sur l'existence de classes sociales et sur l'exploitation de l'homme par l'homme. Donc moi je ne partage pas, je ne suis pas d'accord avec Jean-Luc Mélenchon quand il nous explique que lui au pouvoir, il va tout changer. Écoutez, vous savez, le monde du travail, il a cru, il a cru en Mitterrand, il a cru en Jospin, et même Hollande avait fait vibrer certaines cordes avec le discours du Bourget. Vous avez voté Hollande, vous ? Je suis la seule à gauche à ne pas avoir appelé à voter Hollande en 2012. »
« La seule à dire non, je n'ai pas voté Hollande. »
« Je n'ai pas voté Hollande, j'ai appelé à ne pas voter Hollande. Et j'ai dit en 2012, ne regardez pas le programme de Hollande. Regardez le programme que nous concoctent tous les grands groupes. Peugeot, regardez, ils ont prévu de fermer des usines, regardez ce qui se passe dans les conseils d'administration d'EDF, de SFR, de Carrefour, parce que c'est à cette sauce-là que nous serons mangés. Eh bien, je redis la même chose aujourd'hui. Ne regardez pas tous ces programmes, ne croyez pas dans ces beaux parleurs. Ah oui, ils ont un mot pour dénoncer, etc. Mais au pouvoir, ils seront la courroie de transmission, comme toujours, du grand capital. Et ils se coucheront tous autant qu'ils sont. Vous savez, moi, ce n'est pas une question de sincérité. Moi, j'ai vu... Il y a le mur de l'argent, il existe, le mur de l'argent. Alors les socialistes, une fois qu'ils arrivent au pouvoir, ils le découvrent comme si... Nathalie Arthaud, vous n'avez jamais rêvé de l'Elysée, »
elle est féministe aussi. Et ses héroïnes sont souvent des femmes. Eh oui, mais les femmes ont joué un grand rôle. Je suis allée voir un film, les figures de l'ombre, sur les calculatrices de la NASA. Et justement, voilà, je... Divine aussi ? Divine, ah oui. J'ai beaucoup, beaucoup aimé aussi Divine. Oui, et puis c'est vraiment une photographie aussi de notre société. Et quand ses voix peuvent s'exprimer comme ça, je trouve que c'est vraiment très bien.
« elle est féministe aussi. Et ses héroïnes sont souvent des femmes. »
« Eh oui, mais les femmes ont joué un grand rôle. Je suis allée voir un film, les figures de l'ombre, sur les calculatrices de la NASA. Et justement, voilà, je... Divine aussi ? Divine, ah oui. J'ai beaucoup, beaucoup aimé aussi Divine. Oui, et puis c'est vraiment une photographie aussi de notre société. Et quand ses voix peuvent s'exprimer comme ça, je trouve que c'est vraiment très bien. »
Ça, c'était son choix. Moi, je le respecte. Bon, maintenant, pour moi, ce n'était pas la photo de famille. Ce n'était pas la photo de famille, mais c'est simplement se présenter effectivement aux téléspectateurs. Tout simplement, vous savez... Voilà, moi, j'y suis allée en me disant...
« Ça, c'était son choix. Moi, je le respecte. Bon, maintenant, pour moi, ce n'était pas la photo de famille. Ce n'était pas la photo de famille, mais c'est simplement se présenter effectivement aux téléspectateurs. Tout simplement, vous savez... Voilà, moi, j'y suis allée en me disant... »
« pas ? Qui vous inclue ? Très simplement, très simplement, ceux qui se battent, ceux qui sont présents, ceux qui participent au mouvement de façon active. Vous le savez, par exemple, dans une grève, parce qu'il y a beaucoup d'exemples aussi, hein, des grèves qui durent et qui sont des véritables bras de fer. Comment ça se passe ? Eh bien, où, attention, je parle des grèves où les salariés restent pas à la maison, mais où vraiment, pour eux, l'enjeu est devenu important et où ils ont compris que c'était à eux de décider, y compris de comment ils allaient se battre, avec quels moyens, quelles actions ils devaient déployer, qu'ils devaient être maîtres de leur mouvement. Je parle de ces grèves-là. Eh bien, ces moments-là où les travailleurs veulent être les décideurs, les maîtres de leur mouvement, eh bien, ils mettent en place des règles. Et moi, je connais beaucoup de règles, de grèves où il y a eu des cartes de grévistes. C'est-à-dire que chaque matin, le gréviste se faisait enregistrer, d'ailleurs pour dire qu'il était bien en grève, parce qu'y compris dans ces mouvements-là, il y a aussi des collectes, il y a aussi, finalement, on s'entraide. Voilà, ça aussi, ça compte. Eh bien, on est gréviste, on est dans le mouvement, on a une carte de grève, eh bien, on a un droit de vote. Pour moi, c'est ceux qui se battent qui doivent décider. Donc, pour moi, c'est sur cette base-là. C'est pas sur la base d'où tu viens, c'est d'ailleurs, est-ce que tu as des papiers en règle et est-ce que tu as bien la nationalité française et puis d'ailleurs, est-ce que toi, c'est quel boulot, tu as un patte ? Non, c'est ceux qui veulent se battre. Et ça, les Gilets jaunes, c'était ça aussi. Ils formaient une communauté de femmes et d'hommes qui avaient envie de se battre là-dessus pour le pouvoir d'achat. Eh bien, ils ont donné la parole, ils ont donné la possibilité justement de peser à chacun d'entre eux. Donc, pour moi, c'est ça la démocratie ouvrière. Et, par exemple, je trouve absolument scandaleux, pas normal, que pour mettre fin à une grève, le patron décide de faire voter tout le monde, y compris les non-midi. Eh bien, non, c'est les grévistes qui se font mettre de leur grève. C'est à eux de décider quand est-ce qu'ils l'arrêtent. Voilà. Et on a le droit aussi d'être minoritaire. On a le droit d'être minoritaire »
« je ne ferais pas croire, je n'aurais pas cette posture « votez pour moi et vous allez voir ce que vous allez voir, je ferai le SMIC à 2 200 euros net, je ferai ci, je ferai ça ». Non, je ne vais pas dire ça, mais je vais, par contre, affirmer que oui, tout est une question de rapport de force et ce qui était impossible avant qu'il y ait la grève générale en mai-juin 1936, par exemple, est devenue possible après la grève, est devenue possible avec les occupations d'usines, est devenue possible avec la levée en masse, en fait, des travailleuses et des travailleurs. Donc, je vais dire qu'en réalité, notre force, c'est de se battre collectivement, c'est de jouer sur cette puissance qu'on a, qui consiste à être indispensable au fonctionnement de la société, indispensable à l'accumulation des capitaux pour le grand patronat, pour la grande bourgeoisie, c'est cette force-là qu'il faut activer. Et j'espère que dans cette campagne présidentielle, bah oui, je ferai exister cette idée que, nous ne sommes pas, l'humanité n'est pas condamnée pour l'éternité à la société capitaliste, que tous ceux qui nous expliquent que ça, ça, le capitalisme correspond pile poil à la nature humaine, parce que l'homme est un loup pour l'homme. Bah non, non, je ne suis pas d'accord avec ça, je l'affirmerai. Je dirais que la société humaine, elle a traversé des organisations sociales très différentes les unes des autres et qu'on n'est pas à la dernière station, voilà, on n'est pas au terminus, en fait. L'histoire, elle continue, la lutte de classe, elle continue, les inégalités continuent, bah tout ça, ça va créer forcément des remises en cause profondes de la société et il faut qu'on ait une vision, qu'on ait une perspective, qu'on sache où on peut aller. Et encore une fois, moi, je pense que la perspective, c'est d'aller vers une société collective. Collective parce que, tout simplement, nous ne sommes rien sans les autres. On n'est rien sans le travail des autres, parce qu'on est déjà dans un immense collectif de travail. Et quand on y réfléchit, en fait, on travaille pas seulement avec ceux qui sont concentrés dans la même entreprise que nous, mais on travaille avec des femmes et des hommes aux quatre coins de la planète. Parce qu'en fait, les trusts n'ont jamais été aussi importants en nombre et aussi internationalisés. Et comment, »
Passages où cet élément est explicitement observable.
« J'ai des convictions fortes, vous l'avez remarqué. Et si vous voulez, moi, je pense que toute l'histoire me donne raison. Regardez un exemple qui me vient en tête. Est-ce que vous vous souvenez de la crise en Grèce, la crise de la dette grecque, 2011, si je ne me trompe, 2011, où finalement, c'est Tsipras qui avait été élu comme le porte-voix des travailleurs. Et Tsipras, en fait, pour, comment dire, imposer son plan aux banquiers européens et à l'Union européenne, a fait voter trois fois le pays. Trois fois. Trois référendums. Qu'est-ce qu'ils ont fait ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Il s'est passé que les banquiers ont dit, ok, la population grecque, elle a voté, ok. Eh bien, on s'en moque et nous, on ferme les robinets. Et donc, en fait, la cure d'austérité, c'est vous, Tsipras, qui allez l'imposer au pays. Et c'est ce qui s'est passé, en fait. Ils se sont assis sur les lois, sur les fondements, sur les votes. »
« C'est vrai qu'une première différence avec la façon dont vous avez de présenter les choses, en parlant de démocratie pour du peuple, etc., nous, nous parlons de démocratie ouvrière. Dans le sens où, finalement, cette démocratie, c'est ceux qui se battent, pas seulement des ouvriers, il ne faut pas penser, je ne parle pas seulement de celui qui a un bleu de travail, je parle à tous ceux qui sont utiles à la société, en fait, les 99 % de la société. Vous savez, même, pour moi, la femme qui élève ses enfants est une travailleuse, en fait, et elle est indispensable à la société, du simple fait, d'ailleurs, que justement, elle assure le renouvellement des générations. Et en fait, c'est un travail qui, y compris, est aussi prenant et aussi difficile et aussi dur et aussi épuisant qu'un travail parfois à l'usine de s'occuper des enfants. Donc, non, le monde du travail, pour nous, c'est ceux qui ont un travail, bien sûr, manuel, mais aussi un travail intellectuel, aussi ceux qui ont un statut d'auto-entrepreneur, ceux qui sont le petit artisan, c'est aussi ceux qui galèrent de petit boulot en petit boulot, entre chômage, intérim, etc., etc. Donc, vous voyez, c'est au sens large, mais à partir du moment où ils veulent se battre, eh bien, en fait, ils commencent à discuter ensemble, ils votent ensemble et ils votent pour tout. Écoutez, on a quand même l'exemple des gilets jaunes, l'exemple des gilets jaunes qui était magnifique pour ça, magnifique, parce que les femmes et les hommes qui ne se connaissaient pas, qui ne se connaissaient pas et qui n'avaient pas l'habitude de l'organisation, parce que beaucoup d'entre eux étaient dans des petites structures, souvent n'avaient jamais fréquenté de syndicats, n'avaient jamais appartenu à aucun parti politique, étaient finalement assez isolés. Ils ont eu ce réflexe de se réunir sur les ronds-points, vous voyez, et la discussion a démarré, et ils ont fonctionné ensemble. Ils ont fonctionné ensemble comment ? En discutant beaucoup, parfois en cherchant le consensus, parfois ils ne le trouvaient pas, ils ont voté, parfois ils ont choisi des représentants, parfois dénoncé ceux qui se présentaient comme des représentants, parce que moi, j'ai adoré quand ils ont posé un lapin au premier ministre, par exemple, enfin, quand les... voilà, parce que, ben justement, ça pose la question de dans quels représentants on a confiance, et ils se posaient tous ces problèmes-là. Ben moi, je suis convaincue que quand les gens ont envie de se battre pour quelque chose, quand ils ont un objectif, quand ils ont cette combativité, ben oui, ils font régner cette démocratie ouvrière qui consiste à discuter, à chercher à se convaincre les uns les autres, et puis à voter pour, au final, décider et appliquer collectivement ensemble la chose, parce que souvent aussi, on sépare le vote de l'application, alors qu'en fait, l'essentiel est quand même souvent dans qui applique. Et la démocratie ouvrière, vous justement, »
Passages où cet élément est explicitement observable.
« C'est vrai qu'une première différence avec la façon dont vous avez de présenter les choses, en parlant de démocratie pour du peuple, etc., nous, nous parlons de démocratie ouvrière. Dans le sens où, finalement, cette démocratie, c'est ceux qui se battent, pas seulement des ouvriers, il ne faut pas penser, je ne parle pas seulement de celui qui a un bleu de travail, je parle à tous ceux qui sont utiles à la société, en fait, les 99 % de la société. Vous savez, même, pour moi, la femme qui élève ses enfants est une travailleuse, en fait, et elle est indispensable à la société, du simple fait, d'ailleurs, que justement, elle assure le renouvellement des générations. Et en fait, c'est un travail qui, y compris, est aussi prenant et aussi difficile et aussi dur et aussi épuisant qu'un travail parfois à l'usine de s'occuper des enfants. Donc, non, le monde du travail, pour nous, c'est ceux qui ont un travail, bien sûr, manuel, mais aussi un travail intellectuel, aussi ceux qui ont un statut d'auto-entrepreneur, ceux qui sont le petit artisan, c'est aussi ceux qui galèrent de petit boulot en petit boulot, entre chômage, intérim, etc., etc. Donc, vous voyez, c'est au sens large, mais à partir du moment où ils veulent se battre, eh bien, en fait, ils commencent à discuter ensemble, ils votent ensemble et ils votent pour tout. Écoutez, on a quand même l'exemple des gilets jaunes, l'exemple des gilets jaunes qui était magnifique pour ça, magnifique, parce que les femmes et les hommes qui ne se connaissaient pas, qui ne se connaissaient pas et qui n'avaient pas l'habitude de l'organisation, parce que beaucoup d'entre eux étaient dans des petites structures, souvent n'avaient jamais fréquenté de syndicats, n'avaient jamais appartenu à aucun parti politique, étaient finalement assez isolés. Ils ont eu ce réflexe de se réunir sur les ronds-points, vous voyez, et la discussion a démarré, et ils ont fonctionné ensemble. Ils ont fonctionné ensemble comment ? En discutant beaucoup, parfois en cherchant le consensus, parfois ils ne le trouvaient pas, ils ont voté, parfois ils ont choisi des représentants, parfois dénoncé ceux qui se présentaient comme des représentants, parce que moi, j'ai adoré quand ils ont posé un lapin au premier ministre, par exemple, enfin, quand les... voilà, parce que, ben justement, ça pose la question de dans quels représentants on a confiance, et ils se posaient tous ces problèmes-là. Ben moi, je suis convaincue que quand les gens ont envie de se battre pour quelque chose, quand ils ont un objectif, quand ils ont cette combativité, ben oui, ils font régner cette démocratie ouvrière qui consiste à discuter, à chercher à se convaincre les uns les autres, et puis à voter pour, au final, décider et appliquer collectivement ensemble la chose, parce que souvent aussi, on sépare le vote de l'application, alors qu'en fait, l'essentiel est quand même souvent dans qui applique. Et la démocratie ouvrière, vous justement, »
« pas ? Qui vous inclue ? Très simplement, très simplement, ceux qui se battent, ceux qui sont présents, ceux qui participent au mouvement de façon active. Vous le savez, par exemple, dans une grève, parce qu'il y a beaucoup d'exemples aussi, hein, des grèves qui durent et qui sont des véritables bras de fer. Comment ça se passe ? Eh bien, où, attention, je parle des grèves où les salariés restent pas à la maison, mais où vraiment, pour eux, l'enjeu est devenu important et où ils ont compris que c'était à eux de décider, y compris de comment ils allaient se battre, avec quels moyens, quelles actions ils devaient déployer, qu'ils devaient être maîtres de leur mouvement. Je parle de ces grèves-là. Eh bien, ces moments-là où les travailleurs veulent être les décideurs, les maîtres de leur mouvement, eh bien, ils mettent en place des règles. Et moi, je connais beaucoup de règles, de grèves où il y a eu des cartes de grévistes. C'est-à-dire que chaque matin, le gréviste se faisait enregistrer, d'ailleurs pour dire qu'il était bien en grève, parce qu'y compris dans ces mouvements-là, il y a aussi des collectes, il y a aussi, finalement, on s'entraide. Voilà, ça aussi, ça compte. Eh bien, on est gréviste, on est dans le mouvement, on a une carte de grève, eh bien, on a un droit de vote. Pour moi, c'est ceux qui se battent qui doivent décider. Donc, pour moi, c'est sur cette base-là. C'est pas sur la base d'où tu viens, c'est d'ailleurs, est-ce que tu as des papiers en règle et est-ce que tu as bien la nationalité française et puis d'ailleurs, est-ce que toi, c'est quel boulot, tu as un patte ? Non, c'est ceux qui veulent se battre. Et ça, les Gilets jaunes, c'était ça aussi. Ils formaient une communauté de femmes et d'hommes qui avaient envie de se battre là-dessus pour le pouvoir d'achat. Eh bien, ils ont donné la parole, ils ont donné la possibilité justement de peser à chacun d'entre eux. Donc, pour moi, c'est ça la démocratie ouvrière. Et, par exemple, je trouve absolument scandaleux, pas normal, que pour mettre fin à une grève, le patron décide de faire voter tout le monde, y compris les non-midi. Eh bien, non, c'est les grévistes qui se font mettre de leur grève. C'est à eux de décider quand est-ce qu'ils l'arrêtent. Voilà. Et on a le droit aussi d'être minoritaire. On a le droit d'être minoritaire »
Passages où cet élément est explicitement observable.
« J'ai des convictions fortes, vous l'avez remarqué. Et si vous voulez, moi, je pense que toute l'histoire me donne raison. Regardez un exemple qui me vient en tête. Est-ce que vous vous souvenez de la crise en Grèce, la crise de la dette grecque, 2011, si je ne me trompe, 2011, où finalement, c'est Tsipras qui avait été élu comme le porte-voix des travailleurs. Et Tsipras, en fait, pour, comment dire, imposer son plan aux banquiers européens et à l'Union européenne, a fait voter trois fois le pays. Trois fois. Trois référendums. Qu'est-ce qu'ils ont fait ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Il s'est passé que les banquiers ont dit, ok, la population grecque, elle a voté, ok. Eh bien, on s'en moque et nous, on ferme les robinets. Et donc, en fait, la cure d'austérité, c'est vous, Tsipras, qui allez l'imposer au pays. Et c'est ce qui s'est passé, en fait. Ils se sont assis sur les lois, sur les fondements, sur les votes. »
« je ne ferais pas croire, je n'aurais pas cette posture « votez pour moi et vous allez voir ce que vous allez voir, je ferai le SMIC à 2 200 euros net, je ferai ci, je ferai ça ». Non, je ne vais pas dire ça, mais je vais, par contre, affirmer que oui, tout est une question de rapport de force et ce qui était impossible avant qu'il y ait la grève générale en mai-juin 1936, par exemple, est devenue possible après la grève, est devenue possible avec les occupations d'usines, est devenue possible avec la levée en masse, en fait, des travailleuses et des travailleurs. Donc, je vais dire qu'en réalité, notre force, c'est de se battre collectivement, c'est de jouer sur cette puissance qu'on a, qui consiste à être indispensable au fonctionnement de la société, indispensable à l'accumulation des capitaux pour le grand patronat, pour la grande bourgeoisie, c'est cette force-là qu'il faut activer. Et j'espère que dans cette campagne présidentielle, bah oui, je ferai exister cette idée que, nous ne sommes pas, l'humanité n'est pas condamnée pour l'éternité à la société capitaliste, que tous ceux qui nous expliquent que ça, ça, le capitalisme correspond pile poil à la nature humaine, parce que l'homme est un loup pour l'homme. Bah non, non, je ne suis pas d'accord avec ça, je l'affirmerai. Je dirais que la société humaine, elle a traversé des organisations sociales très différentes les unes des autres et qu'on n'est pas à la dernière station, voilà, on n'est pas au terminus, en fait. L'histoire, elle continue, la lutte de classe, elle continue, les inégalités continuent, bah tout ça, ça va créer forcément des remises en cause profondes de la société et il faut qu'on ait une vision, qu'on ait une perspective, qu'on sache où on peut aller. Et encore une fois, moi, je pense que la perspective, c'est d'aller vers une société collective. Collective parce que, tout simplement, nous ne sommes rien sans les autres. On n'est rien sans le travail des autres, parce qu'on est déjà dans un immense collectif de travail. Et quand on y réfléchit, en fait, on travaille pas seulement avec ceux qui sont concentrés dans la même entreprise que nous, mais on travaille avec des femmes et des hommes aux quatre coins de la planète. Parce qu'en fait, les trusts n'ont jamais été aussi importants en nombre et aussi internationalisés. Et comment, »
Passages où cet élément est explicitement observable.
« C'est ce qu'on a fait quand même là, ce soir. »
Passages où cet élément est explicitement observable.
« De lutte ouvrière, pardon. Non mais, je reconnais cette aspiration et elle est mille fois légitime et j'en suis complètement solidaire. Cette aspiration comme ça à avoir davantage de pouvoir. Bien sûr, on doit, on doit, on ne doit pas accepter, accepter aujourd'hui ce diktat d'une poignée de capitalistes. Quand on voit qu'Elon Musk, vous avez vu qu'Elon Musk, sa fortune dépasse les mille milliards de dollars, qu'en fait, à lui seul, il possède plus que beaucoup d'États, beaucoup de pays, en fait. Et donc, en fait, il a la puissance financière qui dépasse même celle de l'État français, en fait. Donc, c'est quand même, c'est quand même dingue. Et vous vous rendez compte que lui, ses décisions, ils impactent pour des décennies, en fait, notre économie et toute la société avec un tel poids, avec autant d'entreprises entre ses mains. Et puis surtout parce qu'il capte des milliards et des milliards de capitaux que moi, je verrais tout à fait mieux investis dans d'autres domaines. »
« De lutte ouvrière, pardon. Non mais, je reconnais cette aspiration et elle est mille fois légitime et j'en suis complètement solidaire. Cette aspiration comme ça à avoir davantage de pouvoir. Bien sûr, on doit, on doit, on ne doit pas accepter, accepter aujourd'hui ce diktat d'une poignée de capitalistes. Quand on voit qu'Elon Musk, vous avez vu qu'Elon Musk, sa fortune dépasse les mille milliards de dollars, qu'en fait, à lui seul, il possède plus que beaucoup d'États, beaucoup de pays, en fait. Et donc, en fait, il a la puissance financière qui dépasse même celle de l'État français, en fait. Donc, c'est quand même, c'est quand même dingue. Et vous vous rendez compte que lui, ses décisions, ils impactent pour des décennies, en fait, notre économie et toute la société avec un tel poids, avec autant d'entreprises entre ses mains. Et puis surtout parce qu'il capte des milliards et des milliards de capitaux que moi, je verrais tout à fait mieux investis dans d'autres domaines. »
Passages où cet élément est explicitement observable.
« J'ai des convictions fortes, vous l'avez remarqué. Et si vous voulez, moi, je pense que toute l'histoire me donne raison. Regardez un exemple qui me vient en tête. Est-ce que vous vous souvenez de la crise en Grèce, la crise de la dette grecque, 2011, si je ne me trompe, 2011, où finalement, c'est Tsipras qui avait été élu comme le porte-voix des travailleurs. Et Tsipras, en fait, pour, comment dire, imposer son plan aux banquiers européens et à l'Union européenne, a fait voter trois fois le pays. Trois fois. Trois référendums. Qu'est-ce qu'ils ont fait ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Il s'est passé que les banquiers ont dit, ok, la population grecque, elle a voté, ok. Eh bien, on s'en moque et nous, on ferme les robinets. Et donc, en fait, la cure d'austérité, c'est vous, Tsipras, qui allez l'imposer au pays. Et c'est ce qui s'est passé, en fait. Ils se sont assis sur les lois, sur les fondements, sur les votes. »
« C'est qu'aucune loi ne fera reculer les capitalistes quand ils veulent quelque chose. Aucune loi. Regardez les règlements internationaux. Trump, il en a fait quoi ? Il en a fait quoi ? Il a transformé tout ça. Il a dit tout ça, je n'ai pas besoin. Il a fomenté une guerre comme ça, parce que voilà, il s'est dit qu'il allait ratailler. Il a ratiné le peuple iranien, comme ça, le régime qu'il allait faire comme au Venezuela. On a plein d'exemples, plein d'exemples. »
« J'ai des convictions fortes, vous l'avez remarqué. Et si vous voulez, moi, je pense que toute l'histoire me donne raison. Regardez un exemple qui me vient en tête. Est-ce que vous vous souvenez de la crise en Grèce, la crise de la dette grecque, 2011, si je ne me trompe, 2011, où finalement, c'est Tsipras qui avait été élu comme le porte-voix des travailleurs. Et Tsipras, en fait, pour, comment dire, imposer son plan aux banquiers européens et à l'Union européenne, a fait voter trois fois le pays. Trois fois. Trois référendums. Qu'est-ce qu'ils ont fait ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Il s'est passé que les banquiers ont dit, ok, la population grecque, elle a voté, ok. Eh bien, on s'en moque et nous, on ferme les robinets. Et donc, en fait, la cure d'austérité, c'est vous, Tsipras, qui allez l'imposer au pays. Et c'est ce qui s'est passé, en fait. Ils se sont assis sur les lois, sur les fondements, sur les votes. »
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Moi, je dirais que je suis ni pour, ni contre. Je crois qu'il y a surtout pas mal d'illusions en fait là-dedans. Dans ce que vous avez dit, il y a quelque chose qui me plaît beaucoup, c'est que les citoyens doivent être leur propre patron. Voilà. Mais pour moi, ce n'est pas des mots creux au sens strict. C'est-à-dire qu'en fait, pour être son véritable patron, il faut sortir de cette situation d'infériorité que nous impose l'existence des classes sociales. Parce qu'en fait, aujourd'hui, on n'est pas à égalité. Et c'est là que moi, je ne dis pas les citoyens, le peuple en général, je pense que la société, elle est divisée en classes sociales. Il y a d'un côté ceux qui possèdent les capitaux et qui font travailler les autres et qui ont un pouvoir sur les autres, le pouvoir de dire toi, je t'embauche, toi, je te paye tant, toi, je t'accorde le congé, toi, je te forme, toi, je te vire, etc. Et puis, il y a ceux qui sont démunis de ces moyens de production, qui n'ont pas de capitaux et qui sont forcés pour vivre de vendre leurs forces de travail. Pour moi, c'est la classe ouvrière. C'est le monde du travail. C'est l'écrasante majorité des gens qui doivent, pour gagner leur vie, gagner leur temps, vendre soit leur force de travail manuel, soit leur force de travail intellectuel. Mais vous voyez que déjà, là, on n'est pas du tout sur un rapport d'égalité, où finalement, moi, y compris, moi, je suis enseignante, je suis enseignante, mais qu'est-ce que je décide de la façon dont les cours sont organisés ? »
« Mais moi, je pense qu'ils n'en ont pas besoin en réalité. Mais puisqu'il peut le faire, ça l'arrange. Ça l'arrange d'avoir un ami. Encore, ils se sont fâchés. Vous avez vu, ils se sont fâchés. C'était bisous, bisous, bisous pendant toute la campagne. Et puis, y compris le temps qu'Elon Musk aide Trump à virer, je ne sais pas, quasiment 100 000 fonctionnaires. Et puis après, ils se sont fâchés. Donc, ils peuvent parfaitement s'en passer. Ils peuvent se passer d'amis au pouvoir. Ils préfèrent quand c'est des amis, évidemment. Mais ils peuvent s'en passer. Et je peux vous dire que dans le rapport de force entre ceux qui possèdent les capitaux et ceux qui sont à l'Élysée, ce n'est pas l'Élysée qui gagne. Ce n'est pas l'Élysée qui gagne. Non. Prenez tous les gouvernements de gauche qui avaient promis. Prenez Hollande, le dernier en date, qui avait un tout petit peu fait briller les yeux. Alors, pas tellement les miens parce que je suis vaccinée. Mais avec l'histoire, vous savez, de la taxation à 75% des plus grandes fortunes. Et puis, comment finalement, une fois arrivé au pouvoir, il a rétropédalé ? Et tout ça, on n'a plus entendu parler. Parce que c'est comme toujours, comme toujours. Je me souviens aussi de la séquence avec Arnaud Montebourg qui nous avait expliqué « Je vais nationaliser Arcelor Mittal, s'ils veulent fermer… » C'était Gandran, je crois. Voilà. « S'ils veulent fermer, je vais nationaliser. » Et puis, finalement, Mittal, le PDG de Mittal avait déboulé dans son bureau en disant « Oh, coucou, il y a 40 000 emplois qui dépendent de moi en France. Venez pas trop me chatouiller. » Et puis, finalement, Arnaud Montebourg, qu'est-ce qu'il avait fait ? Il avait reculé. Voilà. Il avait reculé. Plus question de nationalisation, plus question de… Non, il avait reculé. Donc, si vous voulez, il y a… Vous savez, il n'y a pas de plus grande puissance que l'argent dans la société. Il n'y a pas de plus grande puissance que ça. Et ça, vous ne l'attrapez pas avec un bulletin de vote ou avec un référendum. Ça, c'est pas vrai. Ça me refait penser à une autre histoire. Je vous laisse parler. Je développerai peut-être après. »
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Ce n'est pas comme effectivement les élections bourgeoises qu'on nous sert où tous les cinq ans, là, on peut glisser dans son petit bouton dans l'urne, sur la base d'un catalogue de promesses qui n'est jamais tenu, en fait. Voilà, ça n'a rien à voir. Donc, oui, révocabilité des élus, salaire des élus au salaire moyen et puis surtout aussi des fonctions publiques, si vous voulez, d'administration qui, justement, englobent le plus grand nombre. Parce qu'on a parlé des anarchistes, mais moi, je crois que l'État, pourrait en fait beaucoup, beaucoup être beaucoup moins, comment dire, s'imposer beaucoup moins. Je pense qu'il y a un tas de choses que les gens, en s'organisant, pourraient faire et ils pourraient faire bien mieux que n'importe quelle bureaucratie, là, qui est complètement déconnectée, bien souvent. »
« Il n'y a quand même pas de surprise. Le gouvernement n'a pas annoncé la confiscation des super profits total. Il n'a pas non plus annoncé une augmentation générale des salaires. Donc concrètement, cela veut dire que les travailleuses, les travailleurs, tous ceux qui n'ont pas d'autre choix que de prendre la voiture vont continuer de payer. Et moi, je sais que si on n'exprime pas une colère, si justement on ne se fait pas craindre, eh bien on continuera de payer. Voilà, c'est la réalité. Et aujourd'hui, finalement, on peut être racketté. Racketté, comme ça, c'est du racket légal. Vous savez, quand on passe à la pompe, on laisse de plus en plus, une plus grande part de notre salaire. Et ça va directement, évidemment, dans les coffres-forts des grandes compagnies pétrolières. »
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Voilà. Même les programmes, comment ils sont faits ? Vous savez, moi, je suis enseignante d'économie et gestion. En économie, il n'y a pas de chapitre sur la crise. La crise, ça n'existe pas. Vous voyez, il n'y a pas de crise. La crise, ça n'existe pas dans la société capitaliste. Vous voyez ? Mais ça, c'est vrai. C'est vrai de partout. C'est vrai de partout, y compris les ouvriers, qui connaissent bien mieux le travail que n'importe quel manager et que n'importe quel actionnaire qui a investi dans l'entreprise. Est-ce qu'il a son mot à dire ? Est-ce qu'aujourd'hui, dans la société, non ? Donc, être le patron, ça veut dire exproprier cette bourgeoisie, collectiviser ces entreprises. Et là, oui, on sera les patrons collectivement. Et là, on pourra vraiment dire qu'on est à égalité et on peut décider tous ensemble. Là, on pourra le dire. Mais sinon, non, je ne suis pas d'accord. En fait, c'est l'illusion qu'on pourrait avoir plus de pouvoir. Alors même que... Est-ce que vous pensez, une seconde, qu'il pourrait y avoir un RIC pour dire est-ce que vous êtes pour le SMIC à 2 200 euros net ? Moi, je pense qu'il faudrait le porter à 2 200 euros net sur le SMIC. »
« Non, moi, si j'avais la possibilité de proposer une loi et puis de développer tout un débat là-dessus, ce n'est pas ça que je ferais. »
« Non. Non, c'est des moments dans l'histoire où en effet, les travailleurs ont senti leur force, l'ont organisé, l'ont actionné pour faire des choses que je trouve, moi, fantastiques. Parce qu'arrêter une guerre, arrêter la guerre pendant la Première Guerre mondiale, je trouve ça fantastique. Après, vous l'avez noté, il y a eu en effet la bureaucratie qui a confisqué le pouvoir aux soviets. Nous, on est trotskistes et on pense qu'en effet, le stalinisme, ça a été une caricature. »
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Moi, je pense que pour l'instant, il y a beaucoup d'attentisme. Pour l'instant, effectivement, beaucoup. Il y a une résignation, vous pensez ? Je pense que quand on voit tout ce qui se passe dans le monde, quand on voit toutes ces horreurs, on se dit, voilà, on est quand même saisi d'effroi, on est un peu pétrifié, voilà. Mais moi, ce que je pense, c'est qu'en effet, il faut bien réaliser que quand on est travailleur, on a aussi une force. On fait tourner cette société et on est capable d'imposer nos intérêts. Et il faut, une des priorités, c'est de dire qu'il faut que les salaires, que les emplois, que les conditions de vie de ceux qui sont à la base de la société passent avant les super profits, passent avant les dividendes des actionnaires. Vous vous rendez compte qu'à la fin de l'année, on va se retrouver avec un groupe comme Total. Il aura quoi ? 25, 30 milliards de profits. Mais on marche sur la tête. »
« En tout cas, c'est le seul moyen de protéger, en effet, notre pouvoir d'achat, de ne pas être piétiné, de ne pas sombrer encore davantage dans la misère. Aujourd'hui, vous vous rendez compte que quand on est ouvrier, quand on est facteur, quand on est auxiliaire de vie, on saute parfois des repas. Voilà, on a peur, on a peur du lendemain. On se demande, on sait qu'on ne partira peut-être pas en vacances, mais on a peur de ne pas pouvoir payer les études à ses enfants. Donc il faut qu'on se protège, nous, effectivement, les travailleurs. Moi, j'entends les entreprises dire, en tout cas ceux qui ont la possibilité, nous, on va répercuter la hausse des carburants sur les prix. Mais les travailleurs, ils font comment, eux, pour récupérer toutes les charges qu'ils ont à payer et pour pouvoir survivre dans ce monde de fous, dans ce monde de crise ? Vous me dites, mais ce n'est pas une solution pour arrêter la crise. Mais qui a une solution pour arrêter la crise ? Qui a une solution pour arrêter ces guerres de cette société capitaliste ? Parce que c'est ça aussi que moi, je tiens à dénoncer. C'est qu'on est dans une société qui est organisée de cette façon-là, où il n'y a que le profit qui compte, il n'y a que les rivalités capitalistes. Eh bien, oui, oui, ça dégénère forcément dans toutes ces guerres. Guerres, d'ailleurs, dont les premières victimes sont quand même aussi les peuples du Moyen-Orient. Parce que les premières victimes, ce sont les centaines de milliers de Palestiniens, de Libanais, d'Iraniens qui sont aujourd'hui quand même au cœur de cette guerre. »
« pas ? Qui vous inclue ? Très simplement, très simplement, ceux qui se battent, ceux qui sont présents, ceux qui participent au mouvement de façon active. Vous le savez, par exemple, dans une grève, parce qu'il y a beaucoup d'exemples aussi, hein, des grèves qui durent et qui sont des véritables bras de fer. Comment ça se passe ? Eh bien, où, attention, je parle des grèves où les salariés restent pas à la maison, mais où vraiment, pour eux, l'enjeu est devenu important et où ils ont compris que c'était à eux de décider, y compris de comment ils allaient se battre, avec quels moyens, quelles actions ils devaient déployer, qu'ils devaient être maîtres de leur mouvement. Je parle de ces grèves-là. Eh bien, ces moments-là où les travailleurs veulent être les décideurs, les maîtres de leur mouvement, eh bien, ils mettent en place des règles. Et moi, je connais beaucoup de règles, de grèves où il y a eu des cartes de grévistes. C'est-à-dire que chaque matin, le gréviste se faisait enregistrer, d'ailleurs pour dire qu'il était bien en grève, parce qu'y compris dans ces mouvements-là, il y a aussi des collectes, il y a aussi, finalement, on s'entraide. Voilà, ça aussi, ça compte. Eh bien, on est gréviste, on est dans le mouvement, on a une carte de grève, eh bien, on a un droit de vote. Pour moi, c'est ceux qui se battent qui doivent décider. Donc, pour moi, c'est sur cette base-là. C'est pas sur la base d'où tu viens, c'est d'ailleurs, est-ce que tu as des papiers en règle et est-ce que tu as bien la nationalité française et puis d'ailleurs, est-ce que toi, c'est quel boulot, tu as un patte ? Non, c'est ceux qui veulent se battre. Et ça, les Gilets jaunes, c'était ça aussi. Ils formaient une communauté de femmes et d'hommes qui avaient envie de se battre là-dessus pour le pouvoir d'achat. Eh bien, ils ont donné la parole, ils ont donné la possibilité justement de peser à chacun d'entre eux. Donc, pour moi, c'est ça la démocratie ouvrière. Et, par exemple, je trouve absolument scandaleux, pas normal, que pour mettre fin à une grève, le patron décide de faire voter tout le monde, y compris les non-midi. Eh bien, non, c'est les grévistes qui se font mettre de leur grève. C'est à eux de décider quand est-ce qu'ils l'arrêtent. Voilà. Et on a le droit aussi d'être minoritaire. On a le droit d'être minoritaire »
« Trotsky, je vous confirme que Trotsky, il a été un des dirigeants de l'armée rouge et que cette guerre civile, c'est ça aussi, une révolution. C'est-à-dire qu'en fait, une révolution, soit elle se donne les moyens, si vous voulez, de gagner face aux forces coalisées, parce que c'est ça qui s'est passé. Vous savez, quand ils ont fait la révolution en Russie, tous ceux, y compris qu'ils se combattaient pendant la Première Guerre mondiale, là, ils se sont tous mis dans le même camp contre la révolution bolchevique. C'est une guerre civile qui a duré plus de trois ans. Et donc, il fallait faire quoi ? Il fallait dire, oui, effectivement, allez, on rétablit le tsarisme. Ben non, ils ont eu raison, ils ont tenté jusqu'au bout d'imposer leur façon de gouverner, leur État ouvrier, ça n'a pas marché. Parce que la révolution, ce n'est pas étendu, et c'est là que je veux terminer sur ma réponse. C'est que non, il n'y a pas un pays, et qu'y compris ce que nous, nous portons, c'est-à-dire le renversement du capitalisme, en réalité, il ne peut s'exercer vraiment qu'à l'échelle internationale, pour la simple raison qu'aujourd'hui, il domine à l'échelle internationale. Et que quand, y compris vous vous attaquez aux intérêts de la classe capitaliste, ici en France, vous vous attaquez à la classe capitaliste mondiale, parce que, vous savez, les capitaux sont imbriqués, et en réalité, il faut forcément que le mouvement de révolte, le changement de société, eh bien, ils se répandent tel un tremblement de terre qui aurait des répliques dans tous les pays. Donc, non, aujourd'hui, il n'y a pas de modèle. Il y a des moments dans l'histoire où il y a eu des vagues révolutionnaires qui auraient pu véritablement changer le monde. Ça, c'est sûr. Donc, vous m'y allez… Et c'est 1917-1920, on est une. »
« En fait, vous allez me convaincre d'être vraiment contre. Parce que précisément, si c'est pour dire que ce sera moins coûteux que la lutte, eh bien là, on est vraiment, vraiment en train de tromper les travailleurs. Parce qu'il n'y a que la lutte, il n'y a que le rapport de force qui peut finalement donner aux travailleurs un pouvoir d'agir, un pouvoir de peser dans cette situation de lutte de classe. Il n'y a que ça. Et dire, ça sera moins coûteux. Il n'y aura rien de moins coûteux. La lutte, c'est forcément... Donc, ce sera moins notre outil. Vous savez, il y a eu une période dans l'histoire, plusieurs périodes, la Commune de Paris, mais aussi quand même, je reviens sur la vague de grève générale de mai-juin 1936. Pourquoi les travailleurs se sont fait craindre autant que ça ? C'est parce que, y compris, ils avaient occupé les usines. Ils avaient occupé les usines... Ils avaient pris le pouvoir aussi. Quand même, ils avaient le gouvernement de France. Mais là... Ça vous ne pouvez pas... Non, non, non. »
« Oui, effectivement, ils pourraient nous étrangler complètement. Et là, ils nous laissent un peu respirer. Oh, on va leur dire merci. Mais écoutez, ils sont responsables de ce qui se passe, de cette augmentation des prix, qui est en train, en plus, de se diffuser à toute l'économie. Parce que le problème des travailleurs, c'est pas seulement le prix des carburants, c'est l'augmentation générale de tous les prix, parce qu'on sait que ça se répercute. Ça se répercute, et d'ailleurs, ils l'ont déjà annoncé. Certains grands groupes ont déjà dit, que ce soit Lactalis, que ce soit les groupes chimiques, qu'ils allaient augmenter leur prix. Et c'est une réalité. Donc, moi, je sais que la seule façon pour, finalement, qu'on ne soit pas dupé avec toutes ces histoires d'aide, qu'on finit toujours par payer, entre parenthèses, parce qu'au final, les 710 millions d'aide qui ont été annoncées, ça va être pris sur les hôpitaux, ça va être pris sur l'éducation, etc. Donc, on le payera. La seule façon de ne pas être roulé dans la farine, quand on appartient au monde du travail, c'est d'obtenir, d'arracher des augmentations de salaires. Moi, je pense qu'une mesure immédiate qu'il faudrait mettre en place pour protéger véritablement le monde du travail, c'est l'augmentation du SMIC. Le SMIC a 2 000 euros nets par mois. L'augmentation générale de tous les salaires, et surtout, leur indexation sur l'inflation. C'est-à-dire que nos salaires doivent suivre l'augmentation des prix. Tout le reste, si vous voulez, c'est un marché de dupe. »
« Je n'y crois pas parce qu'en fait, c'est le patron qui fait sa propre loi. Et plus les salariés sont fragilisés par plein de problèmes, par exemple des problèmes de papier, des problèmes de langue, et bien plus il fait sa loi en fait. Et je vous le redis, même le code du travail, normalement il faut payer toutes les heures travaillées, mais dans combien d'entreprises les heures supplémentaires ne sont pas payées ? Mais il y en a plein, je peux vous dire, il y en a plein. Donc si vous voulez, c'est une réalité sociale ça. Et y compris, vous n'allez pas dire au travailleur, on a pas payé tes heures supplémentaires, tu fais un RIC. Il y a déjà une loi qui dit que toutes les heures de travail doivent être payées, et que le patron qui ne le fait pas est un délinquant. Et alors, et alors, ça ne change rien. Donc en revanche, vous savez par rapport à la canicule, qu'est-ce qui s'est passé ? Il s'est passé que les travailleurs, heureusement, ils n'ont pas pensé à dire, on va faire un RIC, etc. Non, ils ont dit, il nous faut plus de pauses, on va les prendre. Il faut que les pauses soient plus longues, et bien on les allonge. Et puis on ne retourne pas au boulot comme, voilà, la pause elle est de 10 minutes, et bien on en prend 15, on en prend 18. C'est ça qui s'est passé. Les cadences, la plupart du temps, dans les usines, il y a une chose sur laquelle les patrons, ils ont été inflexibles, c'est impossible de diminuer les cadences. Les cadences, il faut les faire. C'est un principe. En fait, ils veulent faire croire qu'il n'y a pas d'autre façon de travailler, qu'il faut forcément travailler toujours plus vite, etc. Bon, il y a des salariés qui ont cassé les cadences. Voilà, tout simplement. Non mais j'entends bien. Ils ont agi, mais y compris en discutant. Et ça, ça s'appelle de l'action directe collective. Mais c'est ce qu'il y a de mieux. C'est ce qu'il y a de mieux parce que justement, les travailleurs, ils réalisent qu'en réalité dans cette société, on n'est pas voué à obéir. On n'est pas voué à dire oui chef, bien chef, etc. Quand les discussions, quand les ordres sont contraires à nos intérêts, sont même dangereux pour notre santé, on peut dire non. On peut dire non. On peut les contester. »
« Moi, je pense que pour l'instant, il y a beaucoup d'attentisme. Pour l'instant, effectivement, beaucoup. Il y a une résignation, vous pensez ? Je pense que quand on voit tout ce qui se passe dans le monde, quand on voit toutes ces horreurs, on se dit, voilà, on est quand même saisi d'effroi, on est un peu pétrifié, voilà. Mais moi, ce que je pense, c'est qu'en effet, il faut bien réaliser que quand on est travailleur, on a aussi une force. On fait tourner cette société et on est capable d'imposer nos intérêts. Et il faut, une des priorités, c'est de dire qu'il faut que les salaires, que les emplois, que les conditions de vie de ceux qui sont à la base de la société passent avant les super profits, passent avant les dividendes des actionnaires. Vous vous rendez compte qu'à la fin de l'année, on va se retrouver avec un groupe comme Total. Il aura quoi ? 25, 30 milliards de profits. Mais on marche sur la tête. »
« En tout cas, c'est le seul moyen de protéger, en effet, notre pouvoir d'achat, de ne pas être piétiné, de ne pas sombrer encore davantage dans la misère. Aujourd'hui, vous vous rendez compte que quand on est ouvrier, quand on est facteur, quand on est auxiliaire de vie, on saute parfois des repas. Voilà, on a peur, on a peur du lendemain. On se demande, on sait qu'on ne partira peut-être pas en vacances, mais on a peur de ne pas pouvoir payer les études à ses enfants. Donc il faut qu'on se protège, nous, effectivement, les travailleurs. Moi, j'entends les entreprises dire, en tout cas ceux qui ont la possibilité, nous, on va répercuter la hausse des carburants sur les prix. Mais les travailleurs, ils font comment, eux, pour récupérer toutes les charges qu'ils ont à payer et pour pouvoir survivre dans ce monde de fous, dans ce monde de crise ? Vous me dites, mais ce n'est pas une solution pour arrêter la crise. Mais qui a une solution pour arrêter la crise ? Qui a une solution pour arrêter ces guerres de cette société capitaliste ? Parce que c'est ça aussi que moi, je tiens à dénoncer. C'est qu'on est dans une société qui est organisée de cette façon-là, où il n'y a que le profit qui compte, il n'y a que les rivalités capitalistes. Eh bien, oui, oui, ça dégénère forcément dans toutes ces guerres. Guerres, d'ailleurs, dont les premières victimes sont quand même aussi les peuples du Moyen-Orient. Parce que les premières victimes, ce sont les centaines de milliers de Palestiniens, de Libanais, d'Iraniens qui sont aujourd'hui quand même au cœur de cette guerre. »