Nous sommes à moins d'un an et demi de l'élection présidentielle en France. Traditionnellement, la politique étrangère n'a que très peu de place et ne pèse pas dans le débat présidentiel. Est-ce que vous croyez qu'il en sera autrement, compte tenu de tout ce dont nous venons de parler en 2027 ?
Réponse partielleMoi, ce que j'ai dit depuis très longtemps, même, je me souviens, j'avais dit ça à Mme Borne dans des réunions, c'est que les enjeux géopolitiques déterminent fondamentalement nos choix de politique intérieure. Il y a une pression de ces choix, et c'est évident, et ça se voit. Mais ceci doit être mis en parallèle avec le fait que les Français ont totalement nié cette réalité. Depuis la dissolution, on ne parle absolument pas de ça. On ne parle même pas de la musculation économique, du rapport Draghi, le fait qu'il faut se hisser au niveau technologique. On ne parle pas de politique de croissance. On ne parle vraiment pas de politique de défense. Tous les débats au sein du Palais Bourbon, à…
« Moi, ce que j'ai dit depuis très longtemps, même, je me souviens, j'avais dit ça à Mme Borne dans des réunions, c'est que les enjeux géopolitiques déterminent fondamentalement nos choix de politique intérieure. Il y a une pression de ces choix, et c'est évident, et ça se voit. Mais ceci doit être mis en parallèle avec le fait que les Français ont totalement nié cette réalité. Depuis la dissolution, on ne parle absolument pas de ça. On ne parle même pas de la musculation économique, du rapport Draghi, le fait qu'il faut se hisser au niveau technologique. On ne parle pas de politique de croissance. On ne parle vraiment pas de politique de défense. Tous les débats au sein du Palais Bourbon, à l'Assemblée nationale, sont des débats sur qui va prendre un peu d'argent à qui, dans la poche de qui je vais puiser et à qui je vais donner l'argent que j'aurai soit récolté, soit emprunté. C'est la négation d'une politique économique, d'une politique profonde. Donc on a un immense hiatus entre une pression internationale qui devrait nous conduire à faire des choix tout à fait différents de ce que nous faisons et une population qui, globalement, veut la retraite à 62 ans, veut faire payer les riches, y compris les entreprises, et veut continuer le jeu des gratifications qu'on a mené tout au long des Trente Glorieuses, alors que nous n'en avons plus les moyens. »
