Est-ce qu'on est revenu dans le keynesianisme ?
Réponse partielleC'est vraiment la question à un million d'euros lourds, si je puis dire. Les dollars. Écoutez, je crois que les catégories dans lesquelles nous avons vécu, le monétarisme de Friedman, le keynesianisme, etc., je ne dis pas qu'elles sont dépassées parce que ce sont des très grands esprits. et on a toujours énormément à apprendre, notamment Friedman a bien montré qu'une gestion publique monopolistique aboutissait à des dérives bureaucratiques. Nous les avons vécues de plein fouet pendant deux ans. Keynes a bien montré qu'on ne pouvait pas soutenir une économie s'il n'y avait pas une demande forte, etc. Nous l'avons profondément vécue. Moi, je crois, trois choses, très simplement. Je crois que…
« Écoutez, je crois que les catégories dans lesquelles nous avons vécu, le monétarisme de Friedman, le keynesianisme, etc., je ne dis pas qu'elles sont dépassées parce que ce sont des très grands esprits. et on a toujours énormément à apprendre, notamment Friedman a bien montré qu'une gestion publique monopolistique aboutissait à des dérives bureaucratiques. Nous les avons vécues de plein fouet pendant deux ans. Keynes a bien montré qu'on ne pouvait pas soutenir une économie s'il n'y avait pas une demande forte, etc. Nous l'avons profondément vécue. Moi, je crois, trois choses, très simplement. Je crois que la mondialisation n'est pas fondamentalement en cause. Elle est modifiée dans ses structures, dans ses modalités, etc. Mais je pense que l'idée que les chaînes de valeurs sont constituées sur un mode multinational, c'est quelque chose qui ne va pas s'interromper. La preuve, pour le révélateur de ça, c'est la politique vaccinale. Rien n'est plus multinational, rien n'est plus mondialisé que la stratégie vaccinale. Donc, c'est le premier point. Deuxième point, je crois que le désengagement fiscal et financier de l'État, la grande époque de M. Reagan et de Thatcher, est terminée. Nous avons un besoin d'argent public. L'État a été un mauvais gestionnaire, l'État, en France, parce qu'il ne l'est pas fait pour ça, et a été un formidable assureur social. Et ça continuera, il ne faut pas abuser non plus, il ne faut pas que les gens à ce moment-là disent « Ah ben c'est mieux avant, on ne passe pas à retravailler, ça n'irait pas. » Donc là, je crois qu'on a quelque chose à faire. Troisièmement, je pense qu'on ne peut pas oublier que toute cette affaire est une perte immense de valeur et que la transition écologique, qui est absolument nécessaire à court terme, détruit aussi de la valeur. Donc, quand vous fermez une centrale, vous détruisez objectivement de la valeur. Ça, ce n'est pas innocent. Et ça ne va pas passer par perte de profit. Et je pense que ce que nous voyons à travers la remontée des taux, c'est quand même quelque chose de très important. C'est pour ça que je crois que Biden a été trop loin dans son plan. C'est une très bonne inspiration, mais je pense qu'il a été trop loin. Ils ne sont pas encore votés. On va vers une relance de l'inflation plus ou moins importante et une relance des taux qui fait qu'on va se retrouver dans une situation difficile. Et l'idée que les Français, les Allemands, les Anglais, etc., pourront sortir de cette affaire sans faire des efforts particuliers, ça, ça me paraît faux. Pas forcément des efforts fiscaux, mais il faudra se remettre à travailler. On a perdu, on a perdu de la valeur, il faut la reconstruire. Mais c'est ce qui va être »
