Ce registre relie les questions posées aux éléments effectivement observés dans les réponses. Il présente le corpus, ses limites et les passages sources, sans note globale ni comparaison entre personnes.
Comment lire ce registre
Cette page est la piste d’audit de la fiche de synthèse. Elle permet de retrouver la question, la réponse retenue et la preuve utilisée.
1
Une question isolée
Les questions multiples sont séparées pour ne pas confondre plusieurs demandes dans une même mesure.
2
Un état descriptif
La catégorie indique ce qui est observable dans la réponse, sans juger la personne ni la position défendue.
3
Un passage vérifiable
Chaque résultat affiché renvoie au verbatim et, lorsque la source le permet, au moment exact de l’entretien.
Période observée
4 févr. 2016 au 1 janv. 2022
Questions
49
Entretiens
Non renseigné
Sources
Non renseigné
Heures analysées
Non renseigné
Répartition sur 49 questions évaluables
Réponse directe
21
Réponse partielle
10
Réponse à côté
18
Questions et passages vérifiables
Une réponse à côté signifie que la demande centrale n’est pas traitée, même si le passage est long ou argumenté.
Questions 26 à 49 sur 49
Question 26Jacques Toubon : "Nous essayons d’être présents en un moment où les droits sont plus fondamentaux que jamais"
Est-ce que vous êtes saisi de ce genre de choses ?
Réponse à côté
Vous ne pouvez pas, vous ne pouvez pas, vous arbitraire, car je rappelle que tout ceci résulte du vote de 3 mars, et puis, justement, la question de voir des libertés, et par exemple, je prendrais un exemple qui concerne les personnes provisoires. Nous, nous avons pour notre part...
« Vous ne pouvez pas, vous ne pouvez pas, vous arbitraire, car je rappelle que tout ceci résulte du vote de 3 mars, et puis, justement, la question de voir des libertés, et par exemple, je prendrais un exemple qui concerne les personnes provisoires. Nous, nous avons pour notre part... »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Jacques Toubon : "Nous essayons d’être présents en un moment où les droits sont plus fondamentaux que jamais"Vérifier à 4:57
Dossier de profondeur politique
Mécanismes, contraintes, arbitrages, objections et références explicitement présents dans les réponses, classés par domaine et reliés aux passages d’origine.
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Non, mais je pense que... Je m'en suis déjà expliqué. Quand vous êtes, comme j'ai été le cas, comme j'ai été, c'était mon cas, de 1984 à 1988, secrétaire général du RPR, que, de 1986 à 1988, vous êtes dans une situation de cohabitation pour la première fois. Et on inaugure la cohabitation. Et qu'à ce moment-là, vous avez un président de la République, François Mitterrand, qui, avec beaucoup d'intelligence, fait tout pour nuire au gouvernement, et un secrétaire général du RPR qui essaye de tout faire pour soutenir ce gouvernement. Bon, ça amène naturellement à avoir des points de vue du secrétaire général du RPR à l'égard du président de la République, qui ne sont pas toujours d'une modération et d'une nuance totale. Mais c'est la fonction. Et c'est pour ça que j'ai souvent expliqué, lorsque j'ai été nommé défenseur des droits, que ma conception du défenseur des droits était une conception de totale liberté et de totale indépendance, ce que j'ai pratiqué pendant six ans, alors que j'ai été, pendant les 40 années précédentes de ma vie publique publique ou politique, dans des situations de solidarité gouvernementale, de groupes parlementaires, de militantisme partisan, qui étaient par définition des situations où vous n'aviez pas cette liberté, cette indépendance. Et je crois que, comme j'ai toujours été un juriste et que j'ai toujours cru dans la force du droit pendant ces six années de défenseur des droits, j'ai pu, de manière tout à fait libre, ou tout à fait indépendante, dire ce que j'avais à dire. Vous avez évoqué un certain nombre des positions que j'ai prises. Je voudrais juste dire quelque chose qui est passé un peu inaperçu parce que c'était une disposition d'une proposition de loi qui a assez vite disparu. Mais quand même, elle a existé. C'était à la fin de 2019, il a été question dans un texte, dans un projet de texte, de remplacer la liberté de manifester, qui nous avons conquise à la fin du XIXe siècle, qui fait partie des grandes libertés républicaines, par l'autorisation de manifester. Parce que ce texte disait si vous voulez faire une manifestation, vous allez d'abord la déclarer, etc. Si vous n'avez pas l'autorisation, etc., vous ne le ferez pas. c'était quand même du point de vue de la République, une révolution. Et avec d'autres, je m'y suis opposé et ça a disparu. Mais tout ceci pour dire que je crois que ce qui, pour moi, me paraît tout à fait important dans tout ça, c'est de ne jamais lâcher ses fondamentaux. Et Frédéric, je vous le dis, je pense qu'au cours des 55 ans de ma vie publique, de service public, puisque j'ai toujours été jusqu'à aujourd'hui dans le service public, je ne crois pas avoir jamais dérogé à mes fondamentaux. »
Méthode, périmètre et limitesVersion small-8b7aadfb4e0b
Méthodologie :
question_coverage
Publiée :
4 sept. 2026
Données arrêtées au :
5 sept. 2026
Les catégories décrivent uniquement la séquence observée.
Question 27Jacques Toubon : "Nous essayons d’être présents en un moment où les droits sont plus fondamentaux que jamais"
Mais alors, M. Toubon, par exemple, lorsque l'on prend une question comme celle des masques, on voit qu'il y a eu, disons, je vais utiliser un euphémisme, une évolution des points de vue et des représentations sur les masques. Autrement dit, la preuve que les médecins, les scientifiques, même s'ils ont des avis éclairés, sont des avis qui peuvent évoluer ou il n'y a pas nécessairement de consensus scientifique. Est-ce que le défenseur des droits, par exemple, sur cette question des masques, peut dire que là, manifestement, il y a des choses qui n'ont pas été immédiatement dites ?
Réponse partielle
Je dirais que ce n'est pas mon rôle. Quoique, si vous prenez naturellement le droit à la vie, le droit à l'intégrité physique, le droit à la santé, qui est en cause aujourd'hui, bien entendu, l'on peut dire que tous ces droits fondamentaux peuvent être par une institution comme la mienne ou par naturellement les tribunaux, la Cour européenne des droits de l'homme ou nos juridictions, doivent être prises en compte. Mais je pense que la question ne se pose pas comme ça. En tout cas, moi, pour ma part, je vais prendre un point très concret. Je considère que le gouvernement a eu raison de dire aux maires de retirer ou de ne pas prendre leurs arrêtés concernant le couvre-feu ou concernant le por…
« Je dirais que ce n'est pas mon rôle. Quoique, si vous prenez naturellement le droit à la vie, le droit à l'intégrité physique, le droit à la santé, qui est en cause aujourd'hui, bien entendu, l'on peut dire que tous ces droits fondamentaux peuvent être par une institution comme la mienne ou par naturellement les tribunaux, la Cour européenne des droits de l'homme ou nos juridictions, doivent être prises en compte. Mais je pense que la question ne se pose pas comme ça. En tout cas, moi, pour ma part, je vais prendre un point très concret. Je considère que le gouvernement a eu raison de dire aux maires de retirer ou de ne pas prendre leurs arrêtés concernant le couvre-feu ou concernant le port des masques parce que quand vous prenez la loi du 23 mars sur l'état d'urgence sanitaire, vous voyez bien que ces mesures restrictives de liberté ou ces obligations qui sont créées aux habitants de la France, à ceux qui vivent dans notre pays, elles relèvent de l'autorité administrative, elles relèvent du gouvernement, elles relèvent des préfets, elles ne relèvent pas des pouvoirs de police administrative des maires. Donc, ça, c'est un point de vue juridique, mais je crois que ce que j'essaye, moi, d'apporter dans ce débat en particulier, c'est des principes juridiques qui permettent de guider l'action. Et c'est pour ça que je disais tout à l'heure qu'il me paraît très important que dans les décisions très importantes qui vont être prises dans les semaines qui viennent, on introduise tous les éléments de la décision et qu'on ne se réduise pas, en quelque sorte, à un tête-à-tête entre une autorité politique qui, naturellement, comme vous l'avez dit, a des comptes à rendre et aura des comptes à rendre, des comptes démocratiques devant le suffrage universel, et de l'autre côté, et de l'autre côté, des savants, des médecins, des scientifiques qui proposent des solutions. Malheureusement, dans cette affaire du SARS-CoV-2, c'est un virus qui est totalement inédit et sur lequel, malheureusement, nous n'avons aujourd'hui pas d'autres moyens de lutter que des moyens sociaux, en quelque sorte, des moyens de réglementation collective et nous n'avons pas encore la molécule qui peut permettre soit de prévenir par le vaccin, soit de traiter lorsque la maladie est advenue. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Jacques Toubon : "Nous essayons d’être présents en un moment où les droits sont plus fondamentaux que jamais"Vérifier à 17:12
Question 28Jacques Toubon : "Jacques Chirac était l'anti-clash des civilisations"
Pourquoi cette archive ?
Réponse directe
Et ce terme concorde nationale. Et pourquoi cette archive ? Parce que là, je pense qu'il y a une erreur et peut-être une faute majeure de Jacques Chirac. C'est-à-dire que dans une circonstance exceptionnelle, où des gens qui ne voulaient pas voter pour lui l'ont fait, au nom des valeurs de la République, il fallait avoir conscience de ce que cela impliquait. C'était un moment qui, potentiellement, pouvait être un moment de réconciliation nationale. Un moment où il fallait ouvrir, élargir. Or, le Premier ministre que choisit de nommer Jacques Chirac, et ensuite le gouvernement qui en découle, marque au contraire le repli sur un camp. C'est-à-dire que là, on passe à côté de la possibilité d'u…
« Et ce terme concorde nationale. Et pourquoi cette archive ? Parce que là, je pense qu'il y a une erreur et peut-être une faute majeure de Jacques Chirac. C'est-à-dire que dans une circonstance exceptionnelle, où des gens qui ne voulaient pas voter pour lui l'ont fait, au nom des valeurs de la République, il fallait avoir conscience de ce que cela impliquait. C'était un moment qui, potentiellement, pouvait être un moment de réconciliation nationale. Un moment où il fallait ouvrir, élargir. Or, le Premier ministre que choisit de nommer Jacques Chirac, et ensuite le gouvernement qui en découle, »
France Inter — Le grand face-à-face · Jacques Toubon : "Jacques Chirac était l'anti-clash des civilisations"Vérifier à 14:42
Question 29Jacques Toubon : "Jacques Chirac était l'anti-clash des civilisations"
Natacha, 2002 ?
Réponse à côté
La victoire de 2002, quasiment 83% des Français qui votent pour Jacques Chirac.
« La victoire de 2002, quasiment 83% des Français qui votent pour Jacques Chirac. »
France Inter — Le grand face-à-face · Jacques Toubon : "Jacques Chirac était l'anti-clash des civilisations"Vérifier à 14:35
Question 30Jacques Toubon : "Jacques Chirac était l'anti-clash des civilisations"
Donc vous parliez de 95 il était derrière Lionel Jostoy au premier tour mais alors comment expliquer justement ce paradoxe ?
Réponse partielle
Jacques Toubon il y a un élément sur lequel je voudrais revenir que vous avez cité tout à l'heure l'idée de et c'est vrai Jacques Chirac incarne cette droite qui a refusé toute alliance avec le Front National toujours simplement quand on voit l'état des différents pays européens aujourd'hui ce qui explique que en France le Rassemblement National ne soit pas au pouvoir ce sont les institutions ce sont les institutions françaises qui font que petit à petit il y a eu cette possibilité de ne pas nouer des alliances et de fonctionner de cette façon là ce qui n'existe pas ailleurs en revanche nous avons un Rassemblement National à l'époque un Front National qui est monté à certains moments entre…
« Jacques Toubon il y a un élément sur lequel je voudrais revenir que vous avez cité tout à l'heure l'idée de et c'est vrai Jacques Chirac incarne cette droite qui a refusé toute alliance avec le Front National toujours simplement quand on voit l'état des différents pays européens aujourd'hui ce qui explique que en France le Rassemblement National ne soit pas au pouvoir ce sont les institutions ce sont les institutions françaises qui font que petit à petit il y a eu cette possibilité de ne pas nouer des alliances et de fonctionner de cette façon là ce qui n'existe pas ailleurs en revanche nous avons un Rassemblement National à l'époque un Front National qui est monté à certains moments entre 25 et 30% or ça c'est bien le résultat des choix politiques qui ont été menés par ceux qui ont gouverné avant et c'est pour ça que j'en reviens à 95 et à la fracture sociale le fait de se faire élire sur un discours qui est un discours social qui promet justement de prendre en compte cette fracture et quelques mois plus tard d'annoncer que finalement tout ça c'était du flanc le 26 octobre 95 c'est ça le discours qui est tenu on s'assied sur la volonté populaire et on va faire la politique qui est censée être la politique voulue par des experts par des élites est-ce que nous ne payons pas ça aujourd'hui et dans un sens c'est très bien de ne pas s'allier avec le Rassemblement National mais si ça aboutit à le faire monter est-ce qu'il n'y a pas là quelque chose que nous avons vu exploser avec les gilets jaunes »
France Inter — Le grand face-à-face · Jacques Toubon : "Jacques Chirac était l'anti-clash des civilisations"Vérifier à 32:22
Question 31Jacques Toubon : "Nous constatons que les services [publics] ne répondent pas, faute de moyens"
Voilà. Alors comment expliquer cette hausse ?
Réponse à côté
Je pense que la réponse, c'est les deux. Je crois que le défenseur des droits a pris depuis 2011, où il a été mis en place. Dominique Baudis d'abord et moi ensuite, depuis 2014. Il a pris une place plus importante. Et ce que je voudrais dire, c'est que ce rapport, c'est le cinquième. C'est-à-dire que d'une certaine façon, ce n'est pas seulement un rapport sur l'année 2018, c'est un rapport sur une période plus longue et qui marque, alors c'est la deuxième raison, vous avez tout à fait raison de le dire, un vrai problème de relation entre ceux qui vivent, celles qui vivent dans notre pays, et globalement la sphère publique et le service public. Un sentiment de recul, de retrait, de difficult…
« Je pense que la réponse, c'est les deux. Je crois que le défenseur des droits a pris depuis 2011, où il a été mis en place. Dominique Baudis d'abord et moi ensuite, depuis 2014. Il a pris une place plus importante. Et ce que je voudrais dire, c'est que ce rapport, c'est le cinquième. C'est-à-dire que d'une certaine façon, ce n'est pas seulement un rapport sur l'année 2018, c'est un rapport sur une période plus longue et qui marque, alors c'est la deuxième raison, vous avez tout à fait raison de le dire, un vrai problème de relation entre ceux qui vivent, celles qui vivent dans notre pays, et globalement la sphère publique et le service public. Un sentiment de recul, de retrait, de difficulté de réponse, un sentiment que, de plus en plus, disparaît la présence humaine. Or, et c'est ça le fond de tout ce que je dis, finalement, sur tous les sujets, le service public, et si je veux employer des mots plus forts encore, la République française, elle ne peut pas admettre qu'elle fasse, par son activité, par son organisation, des laissés pour compte. C'est ça le message. Donc, ce que je constate, et ce que je demande naturellement, c'est qu'on ne crée pas, en aucune façon de situation, où il n'y aurait plus, ou de moins en moins, d'égalité dans l'accès au service public, et donc d'égalité dans l'accès au droit. Voilà ce qu'est la principale leçon de ce rapport, je dirais, au bout de 5 ans d'activité, 4 ans et demi d'activité. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Jacques Toubon : "Nous constatons que les services [publics] ne répondent pas, faute de moyens"Vérifier à 1:07
Question 32Jacques Toubon : "Nous constatons que les services [publics] ne répondent pas, faute de moyens"
Ou alors est-ce un reflet d'une société qui se durcit et qui a de plus en plus de mal à faire valoir ses droits ?
Réponse directe
Je pense que la réponse, c'est les deux. Je crois que le défenseur des droits a pris depuis 2011, où il a été mis en place. Dominique Baudis d'abord et moi ensuite, depuis 2014. Il a pris une place plus importante. Et ce que je voudrais dire, c'est que ce rapport, c'est le cinquième. C'est-à-dire que d'une certaine façon, ce n'est pas seulement un rapport sur l'année 2018, c'est un rapport sur une période plus longue et qui marque, alors c'est la deuxième raison, vous avez tout à fait raison de le dire, un vrai problème de relation entre ceux qui vivent, celles qui vivent dans notre pays, et globalement la sphère publique et le service public. Un sentiment de recul, de retrait, de difficult…
« Je pense que la réponse, c'est les deux. Je crois que le défenseur des droits a pris depuis 2011, où il a été mis en place. Dominique Baudis d'abord et moi ensuite, depuis 2014. Il a pris une place plus importante. Et ce que je voudrais dire, c'est que ce rapport, c'est le cinquième. C'est-à-dire que d'une certaine façon, ce n'est pas seulement un rapport sur l'année 2018, c'est un rapport sur une période plus longue et qui marque, alors c'est la deuxième raison, vous avez tout à fait raison de le dire, un vrai problème de relation entre ceux qui vivent, celles qui vivent dans notre pays, et globalement la sphère publique et le service public. Un sentiment de recul, de retrait, de difficulté de réponse, un sentiment que, de plus en plus, disparaît la présence humaine. Or, et c'est ça le fond de tout ce que je dis, finalement, sur tous les sujets, le service public, et si je veux employer des mots plus forts encore, la République française, elle ne peut pas admettre qu'elle fasse, par son activité, par son organisation, des laissés pour compte. C'est ça le message. Donc, ce que je constate, et ce que je demande naturellement, c'est qu'on ne crée pas, en aucune façon de situation, où il n'y aurait plus, ou de moins en moins, d'égalité dans l'accès au service public, et donc d'égalité dans l'accès au droit. Voilà ce qu'est la principale leçon de ce rapport, je dirais, au bout de 5 ans d'activité, 4 ans et demi d'activité. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Jacques Toubon : "Nous constatons que les services [publics] ne répondent pas, faute de moyens"Vérifier à 1:07
Question 33Jacques Toubon : "Nous constatons que les services [publics] ne répondent pas, faute de moyens"
Est-ce que les citoyens ont appris à se familiariser avec vous, si j'ose dire, avec l'institution ?
Réponse partielle
Je pense que la réponse, c'est les deux. Je crois que le défenseur des droits a pris depuis 2011, où il a été mis en place. Dominique Baudis d'abord et moi ensuite, depuis 2014. Il a pris une place plus importante. Et ce que je voudrais dire, c'est que ce rapport, c'est le cinquième. C'est-à-dire que d'une certaine façon, ce n'est pas seulement un rapport sur l'année 2018, c'est un rapport sur une période plus longue et qui marque, alors c'est la deuxième raison, vous avez tout à fait raison de le dire, un vrai problème de relation entre ceux qui vivent, celles qui vivent dans notre pays, et globalement la sphère publique et le service public. Un sentiment de recul, de retrait, de difficult…
« Je pense que la réponse, c'est les deux. Je crois que le défenseur des droits a pris depuis 2011, où il a été mis en place. Dominique Baudis d'abord et moi ensuite, depuis 2014. Il a pris une place plus importante. Et ce que je voudrais dire, c'est que ce rapport, c'est le cinquième. C'est-à-dire que d'une certaine façon, ce n'est pas seulement un rapport sur l'année 2018, c'est un rapport sur une période plus longue et qui marque, alors c'est la deuxième raison, vous avez tout à fait raison de le dire, un vrai problème de relation entre ceux qui vivent, celles qui vivent dans notre pays, et globalement la sphère publique et le service public. Un sentiment de recul, de retrait, de difficulté de réponse, un sentiment que, de plus en plus, disparaît la présence humaine. Or, et c'est ça le fond de tout ce que je dis, finalement, sur tous les sujets, le service public, et si je veux employer des mots plus forts encore, la République française, elle ne peut pas admettre qu'elle fasse, par son activité, par son organisation, des laissés pour compte. C'est ça le message. Donc, ce que je constate, et ce que je demande naturellement, c'est qu'on ne crée pas, en aucune façon de situation, où il n'y aurait plus, ou de moins en moins, d'égalité dans l'accès au service public, et donc d'égalité dans l'accès au droit. Voilà ce qu'est la principale leçon de ce rapport, je dirais, au bout de 5 ans d'activité, 4 ans et demi d'activité. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Jacques Toubon : "Nous constatons que les services [publics] ne répondent pas, faute de moyens"Vérifier à 1:07
Question 34Jacques Toubon : "Nous constatons que les services [publics] ne répondent pas, faute de moyens"
Jacques Toubon, énormément de choses dans ce rapport. Venons-en aux réclamations liées à ce que vous appelez la déontologie de la sécurité. Ces réclamations ont augmenté de près de 25% en 2018. Vous pointez le nombre jamais vu d'interpellations, de garde à vue préventive. On va venir à la question des lanceurs de balles de défense. Est-ce que vous diriez qu'après 4 mois de manifestations de gilets jaunes, novembre-décembre pour 2018, l'État a eu la main lourde ?
Réponse partielle
Je dirais simplement qu'il y a des années que mon prédécesseur, comme moi-même, nous disons qu'il y a des problèmes à l'égard du respect des droits fondamentaux dans la manière dont se fait le maintien de l'ordre dans notre pays. Et nous l'avons en particulier pointé lors des manifestations contre la loi travail de Myriam El Khomri il y a deux ans. C'est pour ça qu'à la demande du président de l'Assemblée nationale, j'ai établi une étude et j'ai remis un rapport il y a maintenant plus d'un an au président de l'Assemblée nationale nouveau, c'est-à-dire à M. de Ruggie, qui disait en gros, de manière prémonitoire, je dirais, ce qu'on constate aujourd'hui, les insuffisances qu'on constate aujou…
« Je dirais simplement qu'il y a des années que mon prédécesseur, comme moi-même, nous disons qu'il y a des problèmes à l'égard du respect des droits fondamentaux dans la manière dont se fait le maintien de l'ordre dans notre pays. Et nous l'avons en particulier pointé lors des manifestations contre la loi travail de Myriam El Khomri il y a deux ans. C'est pour ça qu'à la demande du président de l'Assemblée nationale, j'ai établi une étude et j'ai remis un rapport il y a maintenant plus d'un an au président de l'Assemblée nationale nouveau, c'est-à-dire à M. de Ruggie, qui disait en gros, de manière prémonitoire, je dirais, ce qu'on constate aujourd'hui, les insuffisances qu'on constate aujourd'hui. Donc ce que je dis moi, c'est qu'il ne faut pas, Nicolas Demorand, garder la tête dans le guidon et se polariser sur ce qui s'est passé depuis le 17 novembre, les premières manifestations des Gilets jaunes. Je pense qu'il faut voir de beaucoup plus, en levant la tête, sur qu'est-ce qu'il faut faire pour que le maintien de l'ordre dans notre pays continue, que ce soit la formation des policiers, que ce soit les unités qui sont mises en œuvre, que ce soit les instructions qui sont données, que ce soit les armes de force intermédiaire qui sont utilisées ou pas utilisées. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Jacques Toubon : "Nous constatons que les services [publics] ne répondent pas, faute de moyens"Vérifier à 9:18Voir 1 autre passage
« l'interdiction du flashball Superpro. Nous avons demandé dans notre rapport de janvier 2018, que l'on s'interroge sur l'utilisation des nouveaux lanceurs de balles de défense, qui s'appellent les 40-46. Et nous avons mis en lumière la dangerosité de ces armes de force intermédiaire, comme nous l'avions fait, je le rappelle, après le drame de Sivins, où le ministre de l'Intérieur de l'époque, M. Cazeneuve, avait retiré les grenades offensives. Nous l'avions demandé. Nous avons d'ailleurs pris une décision. C'est là où on voit bien le caractère équilibré de nos décisions. Nous avons instruit pendant une année, et nous avons dit que le gendarme, qui avait lancé la grenade offensive à Sivins, n'avait pas une responsabilité personnelle. Mais en revanche, nous avons dit que le système de maintien de l'ordre et le système d'instruction qui avait été donné n'était pas satisfaisant. Et nous avons dit, il faut retirer cette grenade. Elle a été retirée. Voilà quelle est notre fonction. Cette fonction, c'est d'être un observateur privilégié, d'être, de lancer des alertes, et de faire des propositions, à partir, non pas des opinions que nous avons, mais à partir des constats que nous faisons. Et pour ça, Nicolas Demorand, c'est pour ça que la radio, les médias, sont tellement importants. S'ils arrivent à prendre le débat à la bonne hauteur, c'est-à-dire en s'éloignant un peu des données de l'actualité, il y a là un sujet qui doit faire l'objet d'un débat rationnel et serein dans notre pays. Comme ça a été le cas. Il y a aujourd'hui 30 ans que l'Allemagne, et Dieu sait si l'Allemagne a connu des manifestations, Dieu sait si l'Allemagne a connu du terrorisme, eh bien, l'Allemagne a, il y a 30 ans, modifié ses méthodes de médecins de l'ordre. C'est ce que fait l'Angleterre aussi, depuis longtemps. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Jacques Toubon : "Nous constatons que les services [publics] ne répondent pas, faute de moyens"Vérifier à 10:51
Question 35Jacques Toubon : "Nous constatons que les services [publics] ne répondent pas, faute de moyens"
Est-ce que vos services sont mieux connus ?
Réponse à côté
Je pense que la réponse, c'est les deux. Je crois que le défenseur des droits a pris depuis 2011, où il a été mis en place. Dominique Baudis d'abord et moi ensuite, depuis 2014. Il a pris une place plus importante. Et ce que je voudrais dire, c'est que ce rapport, c'est le cinquième. C'est-à-dire que d'une certaine façon, ce n'est pas seulement un rapport sur l'année 2018, c'est un rapport sur une période plus longue et qui marque, alors c'est la deuxième raison, vous avez tout à fait raison de le dire, un vrai problème de relation entre ceux qui vivent, celles qui vivent dans notre pays, et globalement la sphère publique et le service public. Un sentiment de recul, de retrait, de difficult…
« Je pense que la réponse, c'est les deux. Je crois que le défenseur des droits a pris depuis 2011, où il a été mis en place. Dominique Baudis d'abord et moi ensuite, depuis 2014. Il a pris une place plus importante. Et ce que je voudrais dire, c'est que ce rapport, c'est le cinquième. C'est-à-dire que d'une certaine façon, ce n'est pas seulement un rapport sur l'année 2018, c'est un rapport sur une période plus longue et qui marque, alors c'est la deuxième raison, vous avez tout à fait raison de le dire, un vrai problème de relation entre ceux qui vivent, celles qui vivent dans notre pays, et globalement la sphère publique et le service public. Un sentiment de recul, de retrait, de difficulté de réponse, un sentiment que, de plus en plus, disparaît la présence humaine. Or, et c'est ça le fond de tout ce que je dis, finalement, sur tous les sujets, le service public, et si je veux employer des mots plus forts encore, la République française, elle ne peut pas admettre qu'elle fasse, par son activité, par son organisation, des laissés pour compte. C'est ça le message. Donc, ce que je constate, et ce que je demande naturellement, c'est qu'on ne crée pas, en aucune façon de situation, où il n'y aurait plus, ou de moins en moins, d'égalité dans l'accès au service public, et donc d'égalité dans l'accès au droit. Voilà ce qu'est la principale leçon de ce rapport, je dirais, au bout de 5 ans d'activité, 4 ans et demi d'activité. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Jacques Toubon : "Nous constatons que les services [publics] ne répondent pas, faute de moyens"Vérifier à 1:07
Question 36Jacques Toubon : "On est entré dans une ère de la suspicion"
Parce que l'État est loin de moi ?
Réponse à côté
Parce que l'État et, de manière générale, les pouvoirs publics. C'est la question, encore une fois, de l'indifférence. Et je ne voudrais pas que, ceux qui sont des chiffres qui peuvent paraître à la fois terrifiants et simplement arithmétiques, il y a plus de 8 millions de personnes qui sont sous le seuil de pauvreté, selon les niveaux qui sont fixés par les organisations internationales. Il y a 3 millions d'enfants, parmi ces 8 millions, qui sont sous le seuil de pauvreté. Alors, comme ça, c'est des statistiques. Mais nous, ce que nous voyons, c'est les enfants qui sont empêchés par leur situation de pauvreté, par exemple dans des familles nombreuses, monoparentales, qui sont empêchés d'ac…
« Parce que l'État et, de manière générale, les pouvoirs publics. C'est la question, encore une fois, de l'indifférence. Et je ne voudrais pas que, ceux qui sont des chiffres qui peuvent paraître à la fois terrifiants et simplement arithmétiques, il y a plus de 8 millions de personnes qui sont sous le seuil de pauvreté, selon les niveaux qui sont fixés par les organisations internationales. Il y a 3 millions d'enfants, parmi ces 8 millions, qui sont sous le seuil de pauvreté. Alors, comme ça, c'est des statistiques. Mais nous, ce que nous voyons, c'est les enfants qui sont empêchés par leur situation de pauvreté, par exemple dans des familles nombreuses, monoparentales, qui sont empêchés d'acquérir ce qui est le droit fondamental des enfants, le droit à l'éducation. Parce que, par exemple, s'ils ne peuvent pas accéder à la cantine scolaire et que, par ailleurs, chez eux, ils ne mangent pas bien, qu'est-ce qui se passe ? Il est évident que vous avez des gosses qui ne sont pas en capacité de donner tout ce qu'ils ont à donner et de réussir dans la vie, d'entrer dans la vie comme tous les autres. Il y a un phénomène d'inégalité que nous voyons à travers nos réclamations. Alors, je ne dis pas que, naturellement, ce que nous voyons, c'est toute la réalité. Parce qu'il y a aussi beaucoup, je termine là-dessus, il y a aussi beaucoup de bonnes pratiques. Quand, dans telle ou telle affaire de discrimination, nous disons à telle ou telle directrice d'hôpital, ou à telle ou telle maire, vous n'avez pas bien fait, là, il faut que vous changiez vos procédures de recrutement, etc. Et elle le fait ou il le fait. C'est clair qu'on a un vrai progrès. C'est ça, notre boulot. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Jacques Toubon : "On est entré dans une ère de la suspicion"Vérifier à 4:04
Question 37Jacques Toubon : "On est entré dans une ère de la suspicion"
Vous avez reçu en 2017, Jacques Toubon, 110 réclamations relatives à l'état d'urgence. Ces réclamations sont de quelle nature ?
Réponse directe
Principalement, à peu près la moitié, était à propos de la manière dont avaient été faites des perquisitions administratives. Et donc, en fait, ça mettait en cause le comportement des policiers ou des gendarmes qui ont fait ces perquisitions. Et ça, c'est au titre d'une mission qui est la mienne, une des cinq missions qui est la mienne, le contrôle de la déontologie de la sécurité, c'est-à-dire le comportement professionnel des forces de sécurité, policiers, gendarmes, vigiles privés, gardiens de prison, douaniers, etc. Et donc, à ce titre, j'ai demandé un certain nombre de sanctions disciplinaires, lorsqu'il y avait eu des... Par exemple, je ne sais pas, lorsque dans une perquisition, on a…
« Principalement, à peu près la moitié, était à propos de la manière dont avaient été faites des perquisitions administratives. Et donc, en fait, ça mettait en cause le comportement des policiers ou des gendarmes qui ont fait ces perquisitions. Et ça, c'est au titre d'une mission qui est la mienne, une des cinq missions qui est la mienne, le contrôle de la déontologie de la sécurité, c'est-à-dire le comportement professionnel des forces de sécurité, policiers, gendarmes, vigiles privés, gardiens de prison, douaniers, etc. Et donc, à ce titre, j'ai demandé un certain nombre de sanctions disciplinaires, lorsqu'il y avait eu des... Par exemple, je ne sais pas, lorsque dans une perquisition, on a cassé la porte de quelqu'un. Bon. Et j'ai d'ailleurs fait des recommandations qui ont conduit notamment le Conseil d'État, puis ensuite la loi à proposer des améliorations, comme par exemple dans l'indemnisation des personnes qui avaient été victimes de ces perquisitions administratives de manière abusive. De la même façon que je me suis préoccupé de savoir comment, dans une perquisition administrative de nuit, sont traités les enfants. Les enfants sont là au milieu avec... Ils voient arriver trois ou quatre policiers qui perquisitionnent. Quel traumatisme ça va créer ? Donc, nous disons, prenons des précautions. Et le ministre de l'Intérieur, d'ailleurs, a fait une circulaire ensuite pour demander »
France Inter — L'invité de 8h20 · Jacques Toubon : "On est entré dans une ère de la suspicion"Vérifier à 7:58
Question 38Jacques Toubon : "On est entré dans une ère de la suspicion"
L'invité du grand entretien de France Inter est ce matin le défenseur des droits, Léa Salamé, dans une dizaine de minutes sur le projet de loi Asile et Immigration. Auditeur, vous avez la parole au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et via l'application mobile France Inter. Bonjour Jacques Toubon. Bonjour. Vous rendez public aujourd'hui votre rapport annuel. Avant d'entrer dans un certain nombre de détails de vos observations, une question d'ensemble. Quel portrait de la France de 2017 se dessine à travers les milliers de courriers de formulaires de saisine que vous recevez tout au long de l'année ?
Réponse directe
Il est vrai que le défenseur des droits a par sa double mission, protection des droits, promotion de l'égalité, une possibilité de mesurer à travers les réclamations qu'il reçoit, les études qu'il fait, les rapports qu'il publie sur telle ou telle situation, la possibilité de, je dirais, objectiver ce qui souvent est un peu confus ou fait l'objet de polémiques ou de discussions entre les politiques ou même entre les médias par exemple et les protagonistes. Cette objectivation, elle nous donne un pays qui manifestement souffre d'un retrait des services publics, c'est-à-dire du fait que l'accès aux droits semble rendu plus difficile par le fait que l'accès aux services publics est plus comple…
« Il est vrai que le défenseur des droits a par sa double mission, protection des droits, promotion de l'égalité, une possibilité de mesurer à travers les réclamations qu'il reçoit, les études qu'il fait, les rapports qu'il publie sur telle ou telle situation, la possibilité de, je dirais, objectiver ce qui souvent est un peu confus ou fait l'objet de polémiques ou de discussions entre les politiques ou même entre les médias par exemple et les protagonistes. Cette objectivation, elle nous donne un pays qui manifestement souffre d'un retrait des services publics, c'est-à-dire du fait que l'accès aux droits semble rendu plus difficile par le fait que l'accès aux services publics est plus complexe et plus rare dans la mesure par exemple où il suffit de lire les journaux le matin pour voir que dans telle ou telle commune a fermé un centre de sécurité sociale ou un bureau pour l'emploi etc. Donc ça c'est une première constatation et ceci naturellement, comme nous l'avons dit et comme tout à l'heure d'ailleurs vous l'avez dit dans un de vos reportages ce matin, ne peut pas être pallié par la dématérialisation parce que dans la dématérialisation il y a quelque chose qui n'est pas accessible pour une partie des gens. Et puis il y a des mots collectifs qui sont simplement les mots d'une époque où nous avons le sentiment que l'indifférence est en train de monter et que d'une certaine façon le défenseur des droits c'est une arme anti-indifférence, c'est-à-dire que nous disons nous voyez les choses et non pas faites comme si elles étaient invisibles. C'est le titre de l'éditorial de ce rapport. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Jacques Toubon : "On est entré dans une ère de la suspicion"Vérifier à 0:37
Question 39Jacques Toubon : "On est entré dans une ère de la suspicion"
Le regard. Quel mot, quand vous dites un certain nombre de mots dans la société française, vous pensez à quoi ?
Réponse à côté
Des replis identitaires, c'est clair. Des relégations, notamment des relégations sociales, culturelles, économiques. Et là, des inégalités, on voit bien par exemple que les discriminations, malgré toutes les politiques qui sont menées, malgré notre propre action, les discriminations continuent à prévaloir. On a beaucoup parlé naturellement de l'inégalité entre les femmes et les hommes, mais nous vivons nous celles à l'encontre des personnes en situation de handicap, les inégalités selon l'origine, l'inégalité selon le lieu de résidence, les inégalités qui peuvent frapper aussi les personnes selon l'âge. Donc, on voit bien que nous sommes dans un pays où, d'une certaine façon, il y a des mil…
« Des replis identitaires, c'est clair. Des relégations, notamment des relégations sociales, culturelles, économiques. Et là, des inégalités, on voit bien par exemple que les discriminations, malgré toutes les politiques qui sont menées, malgré notre propre action, les discriminations continuent à prévaloir. On a beaucoup parlé naturellement de l'inégalité entre les femmes et les hommes, mais nous vivons nous celles à l'encontre des personnes en situation de handicap, les inégalités selon l'origine, l'inégalité selon le lieu de résidence, les inégalités qui peuvent frapper aussi les personnes selon l'âge. Donc, on voit bien que nous sommes dans un pays où, d'une certaine façon, il y a des millions et des millions de gens qui se posent la question de, je parlais du service public tout à l'heure, mais de manière plus générale, de la chose publique. Finalement, à quoi bon est-ce que je vais faire un recours ? À quoi bon m'adresser à tel ou tel service ? »
France Inter — L'invité de 8h20 · Jacques Toubon : "On est entré dans une ère de la suspicion"Vérifier à 2:55
Question 40Jacques Toubon : "On est entré dans une ère de la suspicion"
C'est de l'inquiétude ?
Réponse directe
Elle suscite simplement ce que j'ai eu l'occasion de dire. C'est que ce qui était une exception temporaire, l'État d'urgence, devient aujourd'hui, pour l'essentiel, une loi permanente. Et que donc, on a le sentiment qu'il existe un code pénal, un code de procédure pénale, et qu'il existe à côté pour le terrorisme, dont la définition n'a pas été faite précisément, qu'il existe pour le terrorisme, un droit administratif pour prévenir ou lutter contre le terrorisme. Et c'est mon inquiétude. C'est-à-dire que l'on soit là dans un domaine où l'équilibre entre la garantie du respect des libertés individuelles et publiques, et d'autre part, les exigences légitimes de la sécurité, que cet équilibre…
« Elle suscite simplement ce que j'ai eu l'occasion de dire. C'est que ce qui était une exception temporaire, l'État d'urgence, devient aujourd'hui, pour l'essentiel, une loi permanente. Et que donc, on a le sentiment qu'il existe un code pénal, un code de procédure pénale, et qu'il existe à côté pour le terrorisme, dont la définition n'a pas été faite précisément, qu'il existe pour le terrorisme, un droit administratif pour prévenir ou lutter contre le terrorisme. Et c'est mon inquiétude. C'est-à-dire que l'on soit là dans un domaine où l'équilibre entre la garantie du respect des libertés individuelles et publiques, et d'autre part, les exigences légitimes de la sécurité, que cet équilibre ne soit pas... Alors, vous le savez très bien, le Conseil constitutionnel a eu l'occasion à six ou sept reprises, à travers des questions prioritaires de constitutionnalité, de prendre des décisions. Il a, sur beaucoup de points, annulé ou interprété de manière très restrictive les dispositions des lois précédentes ou de la loi du 30 octobre, celle dont vous parlez, qui a mis fin à l'état d'urgence. Mais ma préoccupation est vive parce que mon sentiment est qu'aujourd'hui on est entré dans ce que j'ai dénoncé début, début 2016, peu de temps après les terribles attentats du mois de novembre 2015, c'est-à-dire une ère de suspicion. Il est aujourd'hui, il est aujourd'hui devenu une sorte de infraction supposée d'avoir, comme dit la loi, des raisons sérieuses que l'on suppose que vous avez la possibilité demain de participer ou de commettre un attentat. Alors, »
France Inter — L'invité de 8h20 · Jacques Toubon : "On est entré dans une ère de la suspicion"Vérifier à 9:33
Question 41Jacques Toubon : "On est entré dans une ère de la suspicion"
je comprends. Quand vous entendez rétention préventive des fichiers S dans le débat public, le défenseur des droits dit quoi ?
Réponse à côté
le Premier ministre, si vous voulez faire court, c'est-à-dire c'est pas possible, c'est pas possible au titre des droits fondamentaux, surtout pas au titre de la politique. En séance publique, la semaine prochaine, 16 avril.
« le Premier ministre, si vous voulez faire court, c'est-à-dire c'est pas possible, c'est pas possible au titre des droits fondamentaux, surtout pas au titre de la politique. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Jacques Toubon : "On est entré dans une ère de la suspicion"Vérifier à 11:48Voir 1 autre passage
« En séance publique, la semaine prochaine, 16 avril. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Jacques Toubon : "On est entré dans une ère de la suspicion"Vérifier à 12:14
Question 42Jacques Toubon : "On est entré dans une ère de la suspicion"
un certain comportement. Qu'est-ce que la transposition des principales dispositions de l'État d'urgence dans la loi ordinaire suscite chez vous comme commentaire ?
Réponse directe
Elle suscite simplement ce que j'ai eu l'occasion de dire. C'est que ce qui était une exception temporaire, l'État d'urgence, devient aujourd'hui, pour l'essentiel, une loi permanente. Et que donc, on a le sentiment qu'il existe un code pénal, un code de procédure pénale, et qu'il existe à côté pour le terrorisme, dont la définition n'a pas été faite précisément, qu'il existe pour le terrorisme, un droit administratif pour prévenir ou lutter contre le terrorisme. Et c'est mon inquiétude. C'est-à-dire que l'on soit là dans un domaine où l'équilibre entre la garantie du respect des libertés individuelles et publiques, et d'autre part, les exigences légitimes de la sécurité, que cet équilibre…
« Elle suscite simplement ce que j'ai eu l'occasion de dire. C'est que ce qui était une exception temporaire, l'État d'urgence, devient aujourd'hui, pour l'essentiel, une loi permanente. Et que donc, on a le sentiment qu'il existe un code pénal, un code de procédure pénale, et qu'il existe à côté pour le terrorisme, dont la définition n'a pas été faite précisément, qu'il existe pour le terrorisme, un droit administratif pour prévenir ou lutter contre le terrorisme. Et c'est mon inquiétude. C'est-à-dire que l'on soit là dans un domaine où l'équilibre entre la garantie du respect des libertés individuelles et publiques, et d'autre part, les exigences légitimes de la sécurité, que cet équilibre ne soit pas... Alors, vous le savez très bien, le Conseil constitutionnel a eu l'occasion à six ou sept reprises, à travers des questions prioritaires de constitutionnalité, de prendre des décisions. Il a, sur beaucoup de points, annulé ou interprété de manière très restrictive les dispositions des lois précédentes ou de la loi du 30 octobre, celle dont vous parlez, qui a mis fin à l'état d'urgence. Mais ma préoccupation est vive parce que mon sentiment est qu'aujourd'hui on est entré dans ce que j'ai dénoncé début, début 2016, peu de temps après les terribles attentats du mois de novembre 2015, c'est-à-dire une ère de suspicion. Il est aujourd'hui, il est aujourd'hui devenu une sorte de infraction supposée d'avoir, comme dit la loi, des raisons sérieuses que l'on suppose que vous avez la possibilité demain de participer ou de commettre un attentat. Alors, »
France Inter — L'invité de 8h20 · Jacques Toubon : "On est entré dans une ère de la suspicion"Vérifier à 9:33
Question 43Jacques Toubon : "On est entré dans une ère de la suspicion"
Vous dites que l'écart entre la prétention à l'universalité qui nourrit en général les discours sur les estrades et la réalité de ce qu'est la politique dans sa dureté ou parfois son cynisme, que cet écart-là n'a jamais été aussi grand. Ne me dites pas que vous avez découvert ça, Jacques Toubon, en 2018. Mais attendez, je n'ai pas découvert ça en 2018.
Réponse à côté
Je suis aujourd'hui dans une fonction où j'ai, en tant qu'autorité administrative indépendante, de niveau constitutionnel, avec la mission qui est la mienne, veiller au respect des droits et des libertés fondamentales. J'ai la liberté, l'impartialité, l'indépendance, la capacité, en un mot, de voir les choses, de les décrire sans que personne ne puisse m'en empêcher et sans que, pour ma part, j'ai besoin, en quelque sorte, de me poser la question si je dis ça, est-ce que ça va faire plaisir à France Inter ? Ou si je dis ça, est-ce que ça va déplaire aux ministres de l'Intérieur, aux ministres des Affaires Sociales ? On n'a pas le même rang. Ça n'a aucune importance. Et je pense que c'est ça…
« Je suis aujourd'hui dans une fonction où j'ai, en tant qu'autorité administrative indépendante, de niveau constitutionnel, avec la mission qui est la mienne, veiller au respect des droits et des libertés fondamentales. J'ai la liberté, l'impartialité, l'indépendance, la capacité, en un mot, de voir les choses, de les décrire sans que personne ne puisse m'en empêcher et sans que, pour ma part, j'ai besoin, en quelque sorte, de me poser la question si je dis ça, est-ce que ça va faire plaisir à France Inter ? Ou si je dis ça, est-ce que ça va déplaire aux ministres de l'Intérieur, aux ministres des Affaires Sociales ? On n'a pas le même rang. Ça n'a aucune importance. Et je pense que c'est ça, la fonction qui est la mienne aujourd'hui. C'est cette voie, ou plus exactement, ce que j'appellerais ce levier. Comme je le dis, notre action est relativement limitée. Quand je traite 90 000 dossiers, on a l'impression que c'est beaucoup, mais 90 000 dossiers, c'est une goutte d'eau, d'une certaine façon. Mais en même temps, à travers ce que je fais, je citais tout à l'heure l'exemple des discriminations, mais je peux le dire sur ce que j'ai dit sur les contrôles d'identité, par exemple, et qui a été repris par la Cour de cassation. Ensuite, ce n'est pas rien. Je fais levier, en toute sorte. Et c'est ça l'idée. C'est à la fois de dire les choses qu'on ne veut pas voir, il faut les voir, et il faut s'y attaquer. J'ai la capacité de faire levier, et surtout, j'ai la capacité de déclencher, notamment auprès du Parlement, par exemple, des politiques publiques. Ça a été le cas dans beaucoup de domaines, et je pense que c'est ça qu'il faut que nous continuons. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Jacques Toubon : "On est entré dans une ère de la suspicion"Vérifier à 6:10
Question 44Jacques Toubon : les droits à l'épreuve de la realpolitik ?
Pour corroborer ce que vous dites, en chiffres, sur les 3500 perquisitions administratives, quasiment toutes ont été réalisées entre novembre et décembre, à peine moins de 200 depuis le mois de janvier. Et sur les assignations résidents, sur les 350, seuls 69 sont toujours en cours. Ça veut dire qu'il y a eu une tentation d'avoir un spectre beaucoup plus large que ce qu'il aurait fallu ou que ce que le droit commun aurait dû permettre, Jacques Toubon ?
Réponse à côté
Je crois que, sans vouloir juger globalement, car ce n'est pas de mon ressort, mais il y a certainement eu, au moment où les moyens de l'état d'urgence ont été mis entre les mains des préfets et de la police, puisque l'essentiel de l'état d'urgence, ça consiste à passer vers la police administrative, un certain nombre de choses qui relèvent de la police judiciaire, je pense qu'il y a eu la tentation de faire très fort, c'est-à-dire de taper très très large, comme une sorte de coup de pied dans la fourmilière. Et, à ce moment-là, bien entendu, c'est ce que l'instruction de ce que je suis en train de faire démontrera peut-être, je n'en suis pas sûr, mais je le dirai, nous démontrera qu'effect…
« Je crois que, sans vouloir juger globalement, car ce n'est pas de mon ressort, mais il y a certainement eu, au moment où les moyens de l'état d'urgence ont été mis entre les mains des préfets et de la police, puisque l'essentiel de l'état d'urgence, ça consiste à passer vers la police administrative, un certain nombre de choses qui relèvent de la police judiciaire, je pense qu'il y a eu la tentation de faire très fort, c'est-à-dire de taper très très large, comme une sorte de coup de pied dans la fourmilière. Et, à ce moment-là, bien entendu, c'est ce que l'instruction de ce que je suis en train de faire démontrera peut-être, je n'en suis pas sûr, mais je le dirai, »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Jacques Toubon : les droits à l'épreuve de la realpolitik ?Vérifier à 7:34Voir 2 autres passages
« nous démontrera qu'effectivement, il y a eu des mesures, et notamment dans le comportement professionnel des forces de sécurité, qui n'étaient pas correctes. Je dis tout de suite, pour qu'on ne soit pas dans le... Comment dirais-je ? Dans de vaines spéculations. Le travail que je fais en matière de déontologie de la sécurité. On va en parler dans un instant. J'ai traité 550 dossiers. Il faut quand même bien voir que, dans 90% des cas, je conclue qu'il n'y a pas de manquement. Et c'est seulement dans 10% des cas que je conclue qu'il y a un manquement de la part d'un policier, d'un gendarme, d'un gardien de prison. Il faut donc ramener les choses à leur juste proportion, mais, mais naturellement, y aurait-il un seul manquement qui serait en soi significatif, parce que c'est le principe qui est en cause ? Caroline Fourest. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Jacques Toubon : les droits à l'épreuve de la realpolitik ?Vérifier à 8:23
Question 45Jacques Toubon : les droits à l'épreuve de la realpolitik ?
Et à 7h40 sur France Culture, l'invité des matins et le défenseur des droits, Jacques Toubon, bonjour. Vous publiez aujourd'hui un rapport sur les droits fondamentaux des étrangers en France que vous avez choisi de venir présenter ici même à France Culture, merci beaucoup pour ça. On en parlera tout à l'heure à partir de 8h20 et en compagnie de notre seconde invitée, Daniel Lochac, qui est professeur émérite de droit public, membre du GISTI, le groupe d'information et de soutien des immigrés. Elle en a été présidente d'ailleurs pendant une quinzaine d'années. Ce rapport donc, je vous le dis, sort aujourd'hui, il est assez critique, on le verra avec la gestion de la crise immigratoire en France, on en parlera tout à l'heure. Mais pour commencer, nous voulions évoquer avec vous, Jacques Toubon, un certain nombre de sujets d'actualité dans cette première partie, des sujets pour lesquels vous et votre institution, l'institution que vous dirigez, avait été saisie. Il s'agit des questions liées à l'état d'urgence et plus récemment aux violences policières. Caroline Fourest est en ma compagnie pour vous interroger. Rebonjour, Caroline. Alors, commençons peut-être, Jacques Toubon, si vous le voulez bien, par le premier. Manuel Valls a annoncé la semaine dernière la prolongation de l'état d'urgence de deux mois pour cause de road football et de tour de France. Vous vous étiez inquiété en février publiquement de la prolongation indéfinie de l'état d'urgence. Quel est votre point de vue sur cette prolongation aujourd'hui, Jacques Toubon ?
Réponse directe
Le point de vue du défenseur des droits, naturellement, ne relève pas de la politique. Il y a une question d'opportunité pour les pouvoirs publics, de savoir s'ils doivent, face au péril, et surtout devant l'opinion publique, disons, renoncer à l'état d'urgence ou au contraire le poursuivre. Le point de vue du défenseur des droits, c'est quelles conséquences juridiques ça peut avoir. De deux choses l'une. Où on prolonge l'état d'urgence avec toutes les facultés dérogatoires au droit commun qu'il permet. Et j'ai remarqué que le gouvernement, mercredi, a pris bien soin de préciser que dans le renouvellement de l'état d'urgence, à la fin de ce mois-ci, il n'y aurait plus la possibilité des per…
« Le point de vue du défenseur des droits, naturellement, ne relève pas de la politique. Il y a une question d'opportunité pour les pouvoirs publics, de savoir s'ils doivent, face au péril, et surtout devant l'opinion publique, disons, »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Jacques Toubon : les droits à l'épreuve de la realpolitik ?Vérifier à 1:22Voir 2 autres passages
« renoncer à l'état d'urgence ou au contraire le poursuivre. Le point de vue du défenseur des droits, c'est quelles conséquences juridiques ça peut avoir. De deux choses l'une. Où on prolonge l'état d'urgence avec toutes les facultés dérogatoires au droit commun qu'il permet. Et j'ai remarqué que le gouvernement, mercredi, a pris bien soin de préciser que dans le renouvellement de l'état d'urgence, à la fin de ce mois-ci, »
Question 46Jacques Toubon
Bonjour Jacques Toubon, vous êtes le défenseur des droits depuis un an et demi, garant de nos libertés individuelles, on peut le dire comme ça ?
Réponse partielle
Oui, la constitution dit, depuis 2008, et le défenseur des droits fonctionne concrètement depuis juin 2011, donc depuis 4 ans et demi, c'est Dominique Baudis qui a inauguré le premier cette fonction en juin 2011, nous avons la charge de défendre, c'est le mot qui est employé, les droits et les libertés fondamentales, et ceci dans 4 domaines, dans les relations des usagers avec les services publics, dans la déontologie de la sécurité, c'est-à-dire le comportement professionnel des forces de sécurité, généralement parlant, Troisièmement, la lutte contre les discriminations et donc la promotion de l'égalité, et enfin, quatrièmement, pour la défense et la promotion des droits des enfants, qui s…
« Oui, la constitution dit, depuis 2008, et le défenseur des droits fonctionne concrètement depuis juin 2011, donc depuis 4 ans et demi, c'est Dominique Baudis qui a inauguré le premier cette fonction en juin 2011, nous avons la charge de défendre, c'est le mot qui est employé, les droits et les libertés fondamentales, et ceci dans 4 domaines, dans les relations des usagers avec les services publics, dans la déontologie de la sécurité, c'est-à-dire le comportement professionnel des forces de sécurité, généralement parlant, Troisièmement, la lutte contre les discriminations et donc la promotion de l'égalité, et enfin, quatrièmement, pour la défense et la promotion des droits des enfants, qui sont une tâche dont je rappelle qu'elle nous est dévolue en tant que défenseur des enfants, parce que nous avons, il y a 25 ans maintenant plus, signé une convention, qui s'appelle la Convention internationale des droits des enfants, et qui est une de ces conventions onusiennes, dont, dans la culture française, on a l'habitude de penser que ce sont des machins, des mots, des papiers, mais en réalité, c'est à partir de là qu'on est capable de régler un certain nombre de situations, qui sont des situations de la vie quotidienne, pour des familles, pour des enfants placés à l'aide sociale, pour des enfants handicapés, par exemple. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Jacques ToubonVérifier à 0:13
Question 47Jacques Toubon
Ah bon, même si le gouvernement et les juristes nous expliquent que, dans la Constitution, ça offre des garanties supplémentaires, c'est mieux encadré. Vous n'y croyez pas ?
Réponse à côté
Est-ce que, tel que le texte de la révision constitutionnelle a été présenté, il se contente de faire que ce qui était dans la loi, de 1955, et puis la loi du 20 novembre dernier, passe dans la Constitution ? Moins les atteintes à la liberté de la presse. La question est, la question est, est-ce que, la question est, est-ce que l'on tire de la constitutionnalisation un certain nombre de conséquences qui sont restrictives des libertés, ou est-ce qu'on prend des textes, comme celui dont je parle, de droit pénal et de procédure pénale, qui, comme je l'ai dit, et c'est ça qui me préoccupe, vont faire de l'exception la règle ? C'est-à-dire qu'au lieu d'être dans une période de droit exceptionnel…
« Est-ce que, tel que le texte de la révision constitutionnelle a été présenté, il se contente de faire que ce qui était dans la loi, de 1955, et puis la loi du 20 novembre dernier, passe dans la Constitution ? Moins les atteintes à la liberté de la presse. La question est, la question est, est-ce que, la question est, est-ce que l'on tire de la constitutionnalisation un certain nombre de conséquences qui sont restrictives des libertés, ou est-ce qu'on prend des textes, comme celui dont je parle, de droit pénal et de procédure pénale, qui, comme je l'ai dit, et c'est ça qui me préoccupe, vont faire de l'exception la règle ? C'est-à-dire qu'au lieu d'être dans une période de droit exceptionnel, on entre dedans et on sort. On le sait, ça sera une crise dans la Constitution ou pas, mais le Parlement vote, c'est ce qui va d'ailleurs se faire incessamment. Et puis, dans notre conception, on dit que ces libertés restreintes, telles qu'elles peuvent être dans l'état d'urgence, elles vont être étendues dans la période ordinaire. Et c'est pour ça que je dis, attention, réfléchissons, est-ce qu'on veut passer de l'exception à la règle ? Est-ce qu'on veut passer dans une sorte d'état d'exception permanent, durable, de droit commun ? Et c'est le débat que je voudrais qu'on institue. Je prends un exemple aussi. On a prévu dans ce texte, il est prévu dans ce texte, que des personnes qui reviennent de certains pays ou qui sont supposées être allées ou être revenues de certains pays puissent être retenues, contrôlées administrativement, par décision de l'administration, pas par décision d'un juge, pendant plusieurs semaines. Ça s'appelle le contrôle administratif. Il y a une vraie question. Est-ce que nous pensons que, pour prévenir les crimes terroristes, objectif légitime, on doit commencer à faire reposer notre loi sur le soupçon, sur la suspicion ? C'est pour ça que j'ai employé le mot de suspect, tout simplement par référence à l'histoire. Dans notre histoire, nous avons eu à plusieurs périodes, y compris pendant la Révolution française, des lois des suspects, c'est-à-dire que l'on considérait que certaines personnes, à cause de leur comportement, de leur pédigré, étaient susceptibles d'être des criminels potentiels. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Jacques ToubonVérifier à 5:58Voir 1 autre passage
« nous ne pouvons pas, Patrick Cohen, c'est ça fondamentalement, aller vers des lois dans lesquelles nos libertés seraient durablement restreintes, ou peut-être même supprimées. C'est toute la distinction que fait le Conseil constitutionnel entre mesures restrictives de liberté et mesures privatives de liberté. On peut s'interroger là-dessus. Est-ce qu'on peut y aller, je dirais, avec une opinion publique qui continue, et je le comprends d'une certaine façon, vous savez très bien que je suis un ancien homme politique, donc je peux très bien savoir ce que l'opinion publique, les électeurs peuvent penser, à aller dans cette voie simplement à partir de l'émotion. J'ai eu l'occasion de dire que la peur ne me paraît pas faire une union nationale qui soit une union nationale positive, utile. Ce qui me paraît moins utile, c'est de faire une union nationale, d'une part sur les vrais problèmes, comme les problèmes par exemple d'intégration, d'appartenance nationale, et de l'autre côté, une union nationale autour de nos libertés. Si nous sortons de ce drame, de cette terreur que nous subissons aujourd'hui, si nous en sortons, Patrick Cohen, en ayant rehaussé la République, nous aurons gagné. Si nous en sortons en ayant abaissé la République, les terroristes, d'une certaine façon, auront obtenu ce qu'ils voulaient. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Jacques ToubonVérifier à 8:48
Question 48Jacques Toubon
Et c'est la pente actuelle que vous craignez, que vous dénoncez, Jacques Toubon, en un mot, non à l'état d'urgence permanent ?
Réponse directe
Je dis oui à l'état d'urgence tel que, dans la Constitution ou pas dans la Constitution, il est limité, il commence et il finit, et qu'on porte des mesures qui sont effectivement restrictives, mais qu'on peut, pendant une période donnée, appliquer. Non, au fait d'étendre ces mesures restrictives de liberté, de liberté d'aller et de venir, de liberté de travailler, de liberté d'étudier, de liberté de la correspondance, etc. Non, les étendre dans le droit commun, c'est-à-dire du 1er janvier au 31 décembre, tout le temps.
« Je dis oui à l'état d'urgence tel que, dans la Constitution ou pas dans la Constitution, il est limité, il commence et il finit, et qu'on porte des mesures qui sont effectivement restrictives, mais qu'on peut, pendant une période donnée, appliquer. Non, au fait d'étendre ces mesures restrictives de liberté, de liberté d'aller et de venir, de liberté de travailler, de liberté d'étudier, de liberté de la correspondance, etc. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Jacques ToubonVérifier à 10:26Voir 1 autre passage
« Non, les étendre dans le droit commun, c'est-à-dire du 1er janvier au 31 décembre, tout le temps. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Jacques ToubonVérifier à 10:50
Question 49Jacques Toubon
Jacques Toubon garant des droits et des libertés, et elles sont, à vos yeux, menacées aujourd'hui, les libertés en France ?
Réponse directe
Je crois que quand on lit le rapport d'activité que je vais, aujourd'hui, publier, on s'aperçoit bien, bien entendu, qu'il est réducteur de dire que le défenseur des droits ne s'occupe que de la révision constitutionnelle, dont on parle aujourd'hui, de la déssuivance de nationalité, ou de la loi pénale contre le terrorisme. Nous avons, en réalité, un double rôle. Notre objectif, c'est l'égalité dans la liberté, et nous jouons deux rôles. L'action pour l'accès au droit, notre rôle majeur. Et nous avons, en même temps, une parole que j'appellerais une parole de vigilance. Et il y a des périodes. C'est la période actuelle. C'est la période actuelle où cette parole de vigilance me paraît être p…
« Notre objectif, c'est l'égalité dans la liberté, et nous jouons deux rôles. L'action pour l'accès au droit, notre rôle majeur. Et nous avons, en même temps, une parole que j'appellerais une parole de vigilance. Et il y a des périodes. C'est la période actuelle. C'est la période actuelle où cette parole de vigilance me paraît être plus importante. Parce que, ce que je dis d'abord, fondamentalement, c'est, pourquoi est-ce que, dans ce pays, on ne débat pas, aujourd'hui, beaucoup plus profondément de ces questions ? C'est-à-dire, de l'équilibre qu'il faut absolument maintenir, si l'on ne veut pas défigurer le visage de la République, entre les exigences légitimes de la sécurité, face aux horreurs de ce qu'on a vécu depuis des mois et des années, et, de l'autre côté, la garantie du respect des libertés. Vous trouvez qu'on n'en débat pas, c'est exactement ? Oui, bien entendu. Je trouve qu'on en débat, Patrick Cohen, je trouve qu'on en débat en cercle restreint. C'est-à-dire, politique, journaliste, parlementaire. Je crois que ça mériterait un vrai... C'est ce que je dis. C'est exactement ce que je dis. Mais je pense que nos concitoyens n'ont pas suffisamment, ceux qui vivent dans notre pays, de manière générale, il y a 66 millions de personnes dans ce pays, qui sont directement concernées. Car n'oubliez jamais que la loi, et en particulier la loi pénale, elle n'est pas faite, c'est ça l'honneur de la République d'ailleurs, elle est faite également pour tous. C'est-à-dire que quand on prend des mesures qui peuvent être considérées comme inquiétantes, elles ne sont pas inquiétantes pour des personnes ou des groupes qui seraient visés. Parce que là, on serait naturellement dans l'inégalité et dans la discrimination. Elles sont inquiétantes pour tout le monde. C'est la question que je pose. Concrètement, concrètement. C'est la question que je pose. Jacques Toubon. La légitime défense. Oui. J'ai pris cet exemple. Dans le texte qui, peut-être, je dis bien peut-être, car, une phrase simplement, on parle aujourd'hui de choses qui sont hypothétiques. Thomas Legrand peut le dire mieux que moi. Enfin, ça a été présenté au Conseil des ministres. La révision constitutionnelle, elle n'est pas votée. Absolument. Et donc, il y a un certain nombre de textes qui dépendent de la révision constitutionnelle. Il y a un arsenal de mesures anti-terroristes, par ailleurs. Mais il y a, par ailleurs, un texte pénal, qui a d'abord été préparé par Christiane Taubira et qui, aujourd'hui, est porté par Jean-Jacques Hervoas. Et ce texte comporte un certain nombre de mesures dont l'une, par exemple, m'est apparue comme particulièrement problématique et, à mon avis, doit faire débat. Est-ce que l'on passe, en ce qui concerne la légitime défense des policiers, de la légitime défense, qui est une notion, je dirais, extrêmement bien encadrée dans le code pénal, à ce qu'on appelle l'état de nécessité, et encore plus, dans le texte qui a été, justement, proposé hier au Conseil des ministres, dans l'idée qu'il est possible d'utiliser les armes si l'on se trouve dans la situation de personnes qui sont censées continuer à perpétrer des actions criminelles. On entre, je dirais, dans un terrain qui est particulièrement difficile à apprécier, et c'est pour ça que j'ai eu l'occasion de dire que nous ne pouvons pas, à mon sens, passer d'une période qui est encadrée. Elle a un début, il y a une fin, ça s'appelle l'état d'urgence. Et de ce point de vue, qu'il soit dans la Constitution ou qu'il ne le soit pas, c'est, à mon avis, la même chose. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Jacques ToubonVérifier à 2:11
France Culture — Sens politique · Jacques Toubon : "Sur le plan sanitaire les mesures préconisées me paraissent opportunes et justifiées"Vérifier à 12:02
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« je pense que on peut le dire exactement comme ça. Elle a même dérivé, encore une fois, de ces concepts qui sont ceux dont nous avons hérité depuis 200, 250 ans, d'une démocratie fondée sur l'état de droit et cet état de droit décrivant des valeurs universelles intangibles vers une conception où chacun, chacune, se situe dans une communauté, dans une identité, avec des intérêts et prétend, ou bien dans une nation qui est exacerbée sous forme de nationalisme et à partir de là où il est parfaitement légitime de considérer que eh bien eux n'ont pas le droit de faire telle et telle chose et nous, nous en avons le droit. le mantra, si j'ose dire, du musée national d'histoire d'immigration lorsque je l'ai mis sur pied en 2003-2005, c'était que nous racontions une histoire dans laquelle eux et nous avaient disparu. Aujourd'hui, aujourd'hui en France, mais partout ailleurs, pas seulement en France, mais aujourd'hui depuis 20 ans, encore une fois depuis le 11 septembre, »
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« eux et nous est revenu, c'est-à-dire par définition le ferment d'une différence, d'une identité qui est évidemment ensuite grosse d'inégalité, d'inéquité, éventuellement de suprématie ou de déchéance. C'est ça la vraie question. Et je pense que vous ne pouvez pas construire la même maison sur des fondations complètement différentes. et vous pouvez appeler à tous les systèmes de démocratie ou autres que vous voulez, si les fondations de l'état de droit ont ce qui est le cas aujourd'hui dans beaucoup de pays dans le monde faibli, vous ne pouvez pas construire dessus des édifices démocratiques qui soient dignes de ce nom. C'est ce qu'on appelle d'ailleurs les démocraties illibérales et qui sont caractérisées d'ailleurs par quelque chose qu'il y a plus de 150 ans Tocqueville avait déjà dénoncé et qui s'appelait la tyrannie de la majorité. Donc, on est dans une tension aujourd'hui et personnellement à laquelle je suis depuis des années et des années extrêmement sensible et que j'ai pu d'une certaine façon traiter en essayant d'accorder des droits à des personnes auxquelles ils étaient niés. »
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Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Textes de loi cités4 févr. 2016 au 1 janv. 2022 · 21 observations22 passages
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Non, mais je pense que... Je m'en suis déjà expliqué. Quand vous êtes, comme j'ai été le cas, comme j'ai été, c'était mon cas, de 1984 à 1988, secrétaire général du RPR, que, de 1986 à 1988, vous êtes dans une situation de cohabitation pour la première fois. Et on inaugure la cohabitation. Et qu'à ce moment-là, vous avez un président de la République, François Mitterrand, qui, avec beaucoup d'intelligence, fait tout pour nuire au gouvernement, et un secrétaire général du RPR qui essaye de tout faire pour soutenir ce gouvernement. Bon, ça amène naturellement à avoir des points de vue du secrétaire général du RPR à l'égard du président de la République, qui ne sont pas toujours d'une modération et d'une nuance totale. Mais c'est la fonction. Et c'est pour ça que j'ai souvent expliqué, lorsque j'ai été nommé défenseur des droits, que ma conception du défenseur des droits était une conception de totale liberté et de totale indépendance, ce que j'ai pratiqué pendant six ans, alors que j'ai été, pendant les 40 années précédentes de ma vie publique publique ou politique, dans des situations de solidarité gouvernementale, de groupes parlementaires, de militantisme partisan, qui étaient par définition des situations où vous n'aviez pas cette liberté, cette indépendance. Et je crois que, comme j'ai toujours été un juriste et que j'ai toujours cru dans la force du droit pendant ces six années de défenseur des droits, j'ai pu, de manière tout à fait libre, ou tout à fait indépendante, dire ce que j'avais à dire. Vous avez évoqué un certain nombre des positions que j'ai prises. Je voudrais juste dire quelque chose qui est passé un peu inaperçu parce que c'était une disposition d'une proposition de loi qui a assez vite disparu. Mais quand même, elle a existé. C'était à la fin de 2019, il a été question dans un texte, dans un projet de texte, de remplacer la liberté de manifester, qui nous avons conquise à la fin du XIXe siècle, qui fait partie des grandes libertés républicaines, par l'autorisation de manifester. Parce que ce texte disait si vous voulez faire une manifestation, vous allez d'abord la déclarer, etc. Si vous n'avez pas l'autorisation, etc., vous ne le ferez pas. c'était quand même du point de vue de la République, une révolution. Et avec d'autres, je m'y suis opposé et ça a disparu. Mais tout ceci pour dire que je crois que ce qui, pour moi, me paraît tout à fait important dans tout ça, c'est de ne jamais lâcher ses fondamentaux. Et Frédéric, je vous le dis, je pense qu'au cours des 55 ans de ma vie publique, de service public, puisque j'ai toujours été jusqu'à aujourd'hui dans le service public, je ne crois pas avoir jamais dérogé à mes fondamentaux. »
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« Vous savez, aujourd'hui, d'abord, vous savez très bien que sur l'échiquier politique, gauche et droite ne veulent plus rien dire. On y reviendra tout à l'heure. D'abord, parce que, si j'ose dire, gauche et droite ont disparu au profit de mouvements que personnellement je réprouve d'ailleurs qui sont des mouvements identitaires. Et les mouvements identitaires à droite, les mouvements identitaires à gauche, c'est-à-dire, par définition, la négation même de ce que sont les valeurs que nous avons en quelque sorte conquises au XVIIIe siècle. Bon, on va commencer à évoquer au XVIIe et qui ont fait ce que nous sommes aujourd'hui, c'est-à-dire des valeurs universelles, des valeurs de l'humanité, d'égalité et de dignité qui... Alors qu'aujourd'hui, alors qu'aujourd'hui, c'est très clair, vous êtes dans la situation où c'est ce que vous êtes qui fait ce à quoi vous avez droit. c'est une situation qui est tout à fait... Et ça a commencé... En fait, le tournant, c'est le 11 septembre, c'est clair, et ensuite, tout le monde s'est aligné sur les Etats-Unis, c'est-à-dire sur le Patriot Act, et dans tous les pays, on a eu des lois sécuritaires, etc. En France, on a eu un moment de ce point de vue absolument, je dirais, déterminant, non pas dans les décisions, heureusement, heureusement, mais dans la dérive des conceptions, c'est l'affaire de la déchéance de nationalité. L'affaire de la déchéance de nationalité qui est commencée en 2010, Sarkozy d'abord, puis reprise par le président Hollande, donc c'est vraiment plus droite et gauche, c'est pour ça que je vous dis droite et gauche, ça n'existe plus. La déchéance de nationalité, c'est quand même ce qui signifie, moi, je suis un français, un gouvernement français, un parlementaire français, un citoyen français, etc. Et je vous dis, vous, à qui j'ai accordé la nationalité dans les conditions parfaitement constitutionnelles et légales, il y a telle et telle année, je vais vous l'enlever parce que nécessairement, entre vous et moi, il n'y a pas une égalité. Vous, vous êtes quelqu'un qui a eu la nationalité française parce que j'ai bien voulu vous la donner. Et aujourd'hui, je vais vous l'enlever parce que ça ne me plaît pas, parce que vous êtes délinquant, parce que ceci ou cela. Mais c'est là où on se trouve dans cette conception de l'humanité qui est fondée sur des identités, et par définition, des identités inégales, des identités supérieures. C'est tout la base de ces mouvements qu'on appelle suprématistes, identitaristes. Et donc, ce à quoi, moi, j'ai tenu, et encore une fois, pendant ces 55 ans, c'est que ça, ça n'existe pas. et je pense que dans tous les actes de gestion que j'ai eu l'occasion de faire dans les tirs en poste que j'ai occupés, j'ai essayé de le montrer. »
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Passages où cet élément est explicitement observable.
« c'est à partir du moment où tout le système est fait pour que vous ayez pendant un certain nombre d'années des carrières indistinctes et que c'est au bout d'un certain nombre d'années, je ne rentre pas dans les détails, au bout d'un certain nombre d'années que vous allez pouvoir prendre les filières qu'aujourd'hui vous prenez à la sortie de l'ENA directement, puisqu'on ne veut plus qu'il y ait à la sortie de l'ENA des gens qui, par exemple, aillent au conseil d'état ou à l'inspection des finances et d'autres au ministère de la culture ou au ministère des affaires sociales. Voilà. Et donc, c'est au bout d'un certain nombre d'années. Mais le problème, c'est que le choix de ceux, les choix qui seront faits à ce moment-là, les décisions d'affectation qui seront prises, dans ce que j'ai vu des textes, répondent à des mécanismes qui me paraissent susceptibles éventuellement d'un risque d'arbitraire. C'est-à-dire que les décisions soient prises par des personnes, des commissions, des responsables administratifs qui soient intéressés à la décision. Et donc, ma position là-dessus, elle est la réforme au sens d'un brassage social, oui, la réforme dans la gestion des différents corps ou des différents fonctionnaires ou fonctionnaires dans un deuxième temps, je crois qu'il faudrait davantage de garantie. »
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« c'est tardivement que se mettent en place, se met en place la, je dirais, la distribution, »
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« En fait, vous avez dans ce genre de circonstances, lorsque des droits fondamentaux comme celui à la sécurité, par exemple quand il y a une attaque terroriste, ou comme le droit à la santé, lorsqu'il y a la pandémie comme depuis quelques mois, devant les nécessités qui tiennent à ces droits fondamentaux, qui sont constitutionnels et qu'il faut réaliser, réaliser, on peut imaginer qu'il peut y avoir pendant une période déterminée quelques restrictions aux libertés et aux droits fondamentaux. »
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Je dis très clairement que dans la situation où nous sommes aujourd'hui, je n'ai absolument pas voulu me sentir comme irresponsable. Je n'étais plus l'adhérent du parti politique depuis des années et des années et j'ai, comme beaucoup de gens, je pense, payé 30 euros pour être de nouveau adhérent du parti qui s'appelle Les Républicains et pour pouvoir aux deux tours voter dans cette primaire. Et je l'ai fait parce que, vous savez, Saint-Exupéry le dit, »
France Culture — Sens politique · Jacques Toubon : "Sur le plan sanitaire les mesures préconisées me paraissent opportunes et justifiées"Vérifier à 34:55Voir 2 autres passages
« Je dis très clairement que dans la situation où nous sommes aujourd'hui, je n'ai absolument pas voulu me sentir comme irresponsable. Je n'étais plus l'adhérent du parti politique depuis des années et des années et j'ai, comme beaucoup de gens, je pense, payé 30 euros pour être de nouveau adhérent du parti qui s'appelle Les Républicains et pour pouvoir aux deux tours voter dans cette primaire. Et je l'ai fait parce que, vous savez, Saint-Exupéry le dit, »
France Culture — Sens politique · Jacques Toubon : "Sur le plan sanitaire les mesures préconisées me paraissent opportunes et justifiées"Vérifier à 34:55
« je pense que on peut le dire exactement comme ça. Elle a même dérivé, encore une fois, de ces concepts qui sont ceux dont nous avons hérité depuis 200, 250 ans, d'une démocratie fondée sur l'état de droit et cet état de droit décrivant des valeurs universelles intangibles vers une conception où chacun, chacune, se situe dans une communauté, dans une identité, avec des intérêts et prétend, ou bien dans une nation qui est exacerbée sous forme de nationalisme et à partir de là où il est parfaitement légitime de considérer que eh bien eux n'ont pas le droit de faire telle et telle chose et nous, nous en avons le droit. le mantra, si j'ose dire, du musée national d'histoire d'immigration lorsque je l'ai mis sur pied en 2003-2005, c'était que nous racontions une histoire dans laquelle eux et nous avaient disparu. Aujourd'hui, aujourd'hui en France, mais partout ailleurs, pas seulement en France, mais aujourd'hui depuis 20 ans, encore une fois depuis le 11 septembre, »
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Limites et incertitudes4 févr. 2016 au 1 janv. 2022 · 8 observations11 passages
Passages où cet élément est explicitement observable.
« qu'elle est tétanisée dans le programme, le projet, les idées qu'elle peut soumettre. Or, ce qui est fondamental, c'est naturellement pas tel monsieur ou telle dame, c'est qu'est-ce qu'on demande aux Français de soutenir comme projet, comme politique, pour l'avenir. Elle est dans l'incapacité de faire cette définition de ce projet parce que elle est, c'est le mot que j'ai employé, tétanisée par la vision qu'elle se fait aujourd'hui de la société. »
France Culture — Sens politique · Jacques Toubon : "Sur le plan sanitaire les mesures préconisées me paraissent opportunes et justifiées"Vérifier à 38:50Voir 2 autres passages
« Les algorithmes c'est un sujet sur lequel nous penchons depuis déjà assez longtemps vous avez peut-être le souvenir que le défenseur des droits a pris position dans la question de Parcoursup et il a dit que les algorithmes locaux c'est-à-dire ceux qui étaient utilisés par les universités de destination les universités que vous demandez quand vous faites une candidature Parcoursup ces algorithmes n'étaient pas transparents et que les décisions qui étaient prises par les facs n'étaient pas motivées n'étaient pas transparentes et que notamment parce qu'elles reposaient sur l'utilisation de ce qu'on appelle les algorithmes locaux il y a eu il y a quelques jours le 3 avril une décision du conseil constitutionnel qui n'a pas complètement décidé que les algorithmes locaux devaient être totalement ouverts et transparents mais qui a dit que les éléments les critères qui définissent ces algorithmes doivent être portés à la connaissance non seulement des candidats qui font des réclamations mais de tout le monde d'une part et que d'autre part il faut être beaucoup plus attentif au caractère en quelque sorte lisible de ces algorithmes donc c'est un exemple c'est un exemple de ce que c'est une question qui n'est pas venue dans notre esprit ou dans l'esprit du public à l'occasion de la crise sanitaire mais à l'occasion de la crise sanitaire on a bien entendu vu quelque chose c'est que la santé est un des domaines dans lesquels l'idée de traiter les données les milliards de données par des procédés mathématiques qu'on appelle des algorithmes du nom d'ailleurs d'un mathématicien persan du 16ème siècle tout ça pour dire que c'est pas d'aujourd'hui bon algorithme c'est la traduction occidentale du nom de ce mathématicien persan donc en traitant ces données par des procédés mathématiques de conduire en fait à prendre des décisions en matière de santé de santé publique et bien entendu de individuel le diagnostic le traitement les interventions chirurgicales etc à prendre des décisions qui soient fondées non pas sur l'intelligence humaine sur la compétence sur la capacité professionnelle de tel ou tel médecin ou chirurgien ou tel ou tel épidémiologiste mais qui soient fondées sur l'exploitation de ces milliards de données par des procédés mathématiques ce que nous avons dit c'est que ces procédés mathématiques algorithmes ne sont pas neutres qu'ils peuvent ne pas être neutres c'est à dire qu'ils peuvent comporter ce que on appelle en matière de recherche des biais c'est à dire des défauts qui font que par exemple la base de données ne va pas être représentative supposons que vous fassiez que vous fassiez un algorithme dans lesquels vous avez sous-estimé la population et ça a existé aux Etats-Unis donc ce n'est pas un exemple ce n'est pas un exemple comment dirais-je théorique c'est une réalité dans lesquels vous avez une représentation dans la base de données des femmes d'une part et d'autre part des populations afro-américaines qui est inférieure à leur part totale réelle dans la population cet algorithme va nécessairement vous donner des résultats lorsqu'il sera mis en oeuvre qui ne seront pas conformes à la réalité sociale qui seront faussées »
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Passages où cet élément est explicitement observable.
« On a le sentiment que le monde, la France, est en train d'évoluer de telle sorte qu'il n'y a plus de place ou beaucoup moins de place pour telle ou telle idée, des idées de solidarité, alors que vous ne voyez que des communautés qui veulent leurs intérêts contre ceux des autres. Les idées de l'ouverture, de l'ouverture du monde, d'abord, et puis de l'ouverture aux idées, aujourd'hui, on a le sentiment qu'il s'agit au contraire d'une guerre de tranchées. Il faut que chacun du côté de la tranchée soit prêt à canarder les autres et que la tolérance est quelque chose qui appartient au siècle passé. C'est le sentiment qu'on a aujourd'hui. Dans ce climat-là, je peux parfaitement comprendre qu'un certain nombre d'hommes et de femmes de partis politiques qui sont généreux, qui ont des ambitions sociales en particulier, se disent « Mais qu'est-ce que j'ai à faire là-dedans ? » Et c'est exactement ce que je vous ai dit tout à l'heure. Moi, d'une certaine façon aussi, quand je vois comment les choses évoluent, je pourrais me laisser aller au désespoir et je me dis « Non, alors je suis allé voter une voix sur je ne sais plus combien de dizaines de milliers. Oui, mais si je ne l'avais pas fait, je n'avais pas droit à la parole. Et de la même façon, j'écris un livre, je vais dans ce sens. Autrement dit, ne pas se laisser aller au désespoir, avoir une ambition et cette ambition, c'est de faire en sorte que les valeurs universelles fondées sur la raison continuent à triompher »
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« Vous savez, aujourd'hui, d'abord, vous savez très bien que sur l'échiquier politique, gauche et droite ne veulent plus rien dire. On y reviendra tout à l'heure. D'abord, parce que, si j'ose dire, gauche et droite ont disparu au profit de mouvements que personnellement je réprouve d'ailleurs qui sont des mouvements identitaires. Et les mouvements identitaires à droite, les mouvements identitaires à gauche, c'est-à-dire, par définition, la négation même de ce que sont les valeurs que nous avons en quelque sorte conquises au XVIIIe siècle. Bon, on va commencer à évoquer au XVIIe et qui ont fait ce que nous sommes aujourd'hui, c'est-à-dire des valeurs universelles, des valeurs de l'humanité, d'égalité et de dignité qui... Alors qu'aujourd'hui, alors qu'aujourd'hui, c'est très clair, vous êtes dans la situation où c'est ce que vous êtes qui fait ce à quoi vous avez droit. c'est une situation qui est tout à fait... Et ça a commencé... En fait, le tournant, c'est le 11 septembre, c'est clair, et ensuite, tout le monde s'est aligné sur les Etats-Unis, c'est-à-dire sur le Patriot Act, et dans tous les pays, on a eu des lois sécuritaires, etc. En France, on a eu un moment de ce point de vue absolument, je dirais, déterminant, non pas dans les décisions, heureusement, heureusement, mais dans la dérive des conceptions, c'est l'affaire de la déchéance de nationalité. L'affaire de la déchéance de nationalité qui est commencée en 2010, Sarkozy d'abord, puis reprise par le président Hollande, donc c'est vraiment plus droite et gauche, c'est pour ça que je vous dis droite et gauche, ça n'existe plus. La déchéance de nationalité, c'est quand même ce qui signifie, moi, je suis un français, un gouvernement français, un parlementaire français, un citoyen français, etc. Et je vous dis, vous, à qui j'ai accordé la nationalité dans les conditions parfaitement constitutionnelles et légales, il y a telle et telle année, je vais vous l'enlever parce que nécessairement, entre vous et moi, il n'y a pas une égalité. Vous, vous êtes quelqu'un qui a eu la nationalité française parce que j'ai bien voulu vous la donner. Et aujourd'hui, je vais vous l'enlever parce que ça ne me plaît pas, parce que vous êtes délinquant, parce que ceci ou cela. Mais c'est là où on se trouve dans cette conception de l'humanité qui est fondée sur des identités, et par définition, des identités inégales, des identités supérieures. C'est tout la base de ces mouvements qu'on appelle suprématistes, identitaristes. Et donc, ce à quoi, moi, j'ai tenu, et encore une fois, pendant ces 55 ans, c'est que ça, ça n'existe pas. et je pense que dans tous les actes de gestion que j'ai eu l'occasion de faire dans les tirs en poste que j'ai occupés, j'ai essayé de le montrer. »
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Je dis très clairement que dans la situation où nous sommes aujourd'hui, je n'ai absolument pas voulu me sentir comme irresponsable. Je n'étais plus l'adhérent du parti politique depuis des années et des années et j'ai, comme beaucoup de gens, je pense, payé 30 euros pour être de nouveau adhérent du parti qui s'appelle Les Républicains et pour pouvoir aux deux tours voter dans cette primaire. Et je l'ai fait parce que, vous savez, Saint-Exupéry le dit, »
France Culture — Sens politique · Jacques Toubon : "Sur le plan sanitaire les mesures préconisées me paraissent opportunes et justifiées"Vérifier à 34:55Voir 2 autres passages
« Mais tout simplement, l'article 1 qui abolissait la peine de mort, je l'ai voté. Je n'ai pas voté l'ensemble du texte pour une raison simple. Parce que j'ai dit, et d'autres de mes collègues du RPR l'ont dit aussi, de la Commission des lois, moi j'étais, en quelque sorte, le chef de file du RPR à l'époque dans ce débat. Et j'ai dit à M. Badinter, vous refusez de mettre en place l'édifice pénal substitutif à la disparition de la peine de mort. Et d'ailleurs, c'est si vrai que ça a été fait ensuite qu'en 1987. Donc, puis en 1993 par Pierre Ménury. Donc, tout simplement, c'était une sorte de cohérence du juriste face à quelque chose qui est tout de même un monument et de la démocratie et de la liberté et qui s'appelle le code pénal. Et donc, je dis que c'était... Et d'ailleurs, le député socialiste qu'on vient d'entendre n'a pas été suivi puisque j'ai eu, en gros, les deux tiers des suffrages favorables de la Commission des lois de l'Assemblée, de la Commission des lois du Sénat pour ma nomination. J'ajoute, par rapport à ce que vous avez dit dans la présentation et sur mon, en quelque sorte, mon changement ou ma transformation, Oui, cette vue qui est observée par beaucoup de journaux et d'observateurs. Oui, mais je pense que les observateurs, quelquefois, observent un peu de l'extérieur, ce qui est bien normal d'ailleurs, puisque, par définition, médiatiser, ça veut dire extérioriser. »
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Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Passages où cet élément est explicitement observable.
« je pense que on peut le dire exactement comme ça. Elle a même dérivé, encore une fois, de ces concepts qui sont ceux dont nous avons hérité depuis 200, 250 ans, d'une démocratie fondée sur l'état de droit et cet état de droit décrivant des valeurs universelles intangibles vers une conception où chacun, chacune, se situe dans une communauté, dans une identité, avec des intérêts et prétend, ou bien dans une nation qui est exacerbée sous forme de nationalisme et à partir de là où il est parfaitement légitime de considérer que eh bien eux n'ont pas le droit de faire telle et telle chose et nous, nous en avons le droit. le mantra, si j'ose dire, du musée national d'histoire d'immigration lorsque je l'ai mis sur pied en 2003-2005, c'était que nous racontions une histoire dans laquelle eux et nous avaient disparu. Aujourd'hui, aujourd'hui en France, mais partout ailleurs, pas seulement en France, mais aujourd'hui depuis 20 ans, encore une fois depuis le 11 septembre, »
France Culture — Sens politique · Jacques Toubon : "Sur le plan sanitaire les mesures préconisées me paraissent opportunes et justifiées"Vérifier à 18:13Voir 2 autres passages
« eux et nous est revenu, c'est-à-dire par définition le ferment d'une différence, d'une identité qui est évidemment ensuite grosse d'inégalité, d'inéquité, éventuellement de suprématie ou de déchéance. C'est ça la vraie question. Et je pense que vous ne pouvez pas construire la même maison sur des fondations complètement différentes. et vous pouvez appeler à tous les systèmes de démocratie ou autres que vous voulez, si les fondations de l'état de droit ont ce qui est le cas aujourd'hui dans beaucoup de pays dans le monde faibli, vous ne pouvez pas construire dessus des édifices démocratiques qui soient dignes de ce nom. C'est ce qu'on appelle d'ailleurs les démocraties illibérales et qui sont caractérisées d'ailleurs par quelque chose qu'il y a plus de 150 ans Tocqueville avait déjà dénoncé et qui s'appelait la tyrannie de la majorité. Donc, on est dans une tension aujourd'hui et personnellement à laquelle je suis depuis des années et des années extrêmement sensible et que j'ai pu d'une certaine façon traiter en essayant d'accorder des droits à des personnes auxquelles ils étaient niés. »
France Culture — Sens politique · Jacques Toubon : "Sur le plan sanitaire les mesures préconisées me paraissent opportunes et justifiées"Vérifier à 19:39
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Passages où cet élément est explicitement observable.
« eux et nous est revenu, c'est-à-dire par définition le ferment d'une différence, d'une identité qui est évidemment ensuite grosse d'inégalité, d'inéquité, éventuellement de suprématie ou de déchéance. C'est ça la vraie question. Et je pense que vous ne pouvez pas construire la même maison sur des fondations complètement différentes. et vous pouvez appeler à tous les systèmes de démocratie ou autres que vous voulez, si les fondations de l'état de droit ont ce qui est le cas aujourd'hui dans beaucoup de pays dans le monde faibli, vous ne pouvez pas construire dessus des édifices démocratiques qui soient dignes de ce nom. C'est ce qu'on appelle d'ailleurs les démocraties illibérales et qui sont caractérisées d'ailleurs par quelque chose qu'il y a plus de 150 ans Tocqueville avait déjà dénoncé et qui s'appelait la tyrannie de la majorité. Donc, on est dans une tension aujourd'hui et personnellement à laquelle je suis depuis des années et des années extrêmement sensible et que j'ai pu d'une certaine façon traiter en essayant d'accorder des droits à des personnes auxquelles ils étaient niés. »
France Culture — Sens politique · Jacques Toubon : "Sur le plan sanitaire les mesures préconisées me paraissent opportunes et justifiées"Vérifier à 19:39Voir 2 autres passages
« comme toujours il faut former des professionnels il ne faut pas que l'algorithme ça soit la sorte de recette miracle que tout le monde veut envoyer pour résoudre tous les problèmes donc il faut former de vrais professionnels et il faut qu'ils soient conscients des risques qu'ils prennent il faut ensuite faire très attention à ce que les bases de données soient représentatives il faut ensuite respecter les données personnelles et ça c'est en particulier la mission de la commission nationale informatique et liberté avec laquelle nous travaillons il faut probablement compléter d'ailleurs le règlement européen sur les données personnelles pour ce qui concerne les algorithmes et il faut bien entendu et il faut bien entendu avoir des instruments de contrôle on ne peut pas laisser notamment ce qu'on appelle l'intelligence artificielle c'est à dire les algorithmes qui ne se contentent pas de prendre en compte les données du passé mais qui inventent au fur et à mesure de leur fonctionnement c'est à dire qui prennent les données qui actuels on ne peut pas laisser ces algorithmes apprenants on ne peut pas les laisser marcher tout seuls un peu comme une voiture sans volant il faut un conducteur il faut quelqu'un qui contrôle le code le code de la route il faut des contrôles et sinon et sinon c'est clair vous le savez très bien et vous vous en servez à la radio comme partout les algorithmes sont une technologie qui peut entraîner beaucoup de progrès »
France Inter — Le téléphone sonne · Jacques Toubon et Aurore VincentiVérifier à 27:18
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Arbitrages mentionnés4 févr. 2016 au 31 mai 2020 · 6 observations6 passages
Passages où cet élément est explicitement observable.
« C'est prévu aujourd'hui dans une loi de 1955 qui s'appelle l'état d'urgence. Ça aurait pu être inscrit dans la Constitution, mais comme vous le savez, cette révision constitutionnelle qui a été présentée en 2016 n'est pas allée jusqu'au bout. Mais on considère aujourd'hui qu'il y a la possibilité, et par exemple la Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg le considère, il y a la possibilité de faire certaines restrictions aux libertés, quelquefois même certaines privations de liberté, pour peu qu'on les soumette au juge judiciaire, qui est le gardien des libertés, et les quatre conditions en réalité pour que ces restrictions de liberté ou de droits fondamentaux respectent l'état de droit, c'est qu'elles soient nécessaires du fait de la situation, qu'elles soient proportionnées, que ce ne soit pas n'importe quoi, qu'elles soient adaptées et qu'elles soient temporaires. Et ce point est naturellement tout à fait essentiel, parce que nous avons vécu une expérience de ce point de vue qui n'est pas très positive. dans une loi du 30 octobre 2017 a été introduite une partie de ce qui était dans l'état d'urgence antiterroriste et qui aujourd'hui encore est dans nos lois de droit commun. Il est clair que, et vous avez vu les discussions au Parlement, au Sénat comme à l'Assemblée, c'est un point qui a été toujours très fortement discuté, c'est pour ça d'ailleurs que, par exemple, le Parlement a décidé que le nouvel état d'urgence se terminerait le 10 juillet, il a donné une fin anticipée, et c'est pour dire simplement qu'il n'y a pas la possibilité de tout faire si on veut respecter les libertés démocratiques, encore une fois, les quatre éléments essentiels, et en particulier le caractère temporaire et exceptionnel des mesures restrictives de liberté. »
France Inter — Le téléphone sonne · Jacques Toubon et Aurore VincentiVérifier à 3:04Voir 2 autres passages
« D'abord, le défenseur des droits, il doit dire et il le fait que nous devons impliquer le plus strictement possible toutes les règles qui peuvent permettre de sortir de cette épidémie et de cette crise et surtout d'éviter le plus grand nombre de malades et de morts. Mais pendant cette mesure, nous soutenons naturellement toutes les mesures que les définir pour éviter de mettre en cause. Mais par ailleurs, le défenseur des droits, dans une période comme celle-ci, il est à la fois à sa tâche habituelle, c'est-à-dire qu'il s'efforce de défendre les droits dans les problèmes les plus quotidiens. Je prends un exemple. Il y a quelques jours, nous puissions continuer qu'il n'y ait pas obligatoirement le paiement par carte parce que sinon, et nous avons travaillé là-dessus, c'est une mesure de base, si j'ose dire. Et puis, par ailleurs, nous sommes au-delà de cette tâche habituelle dans les questions quotidiennes, nous sommes, bien entendu, la vigie des droits, ce qui veut dire que la force fonctionne de manière la plus proche possible des principes normaux. J'ai parlé, par exemple, de la fameuse question du traçage et de tout ce qu'ont la géolocalisation, et puis, bien entendu, la question de rôle d'identité. Et là, je suis dans le rôle de défenseur des droits fondamentaux. Voilà, c'est une période qui est difficile, naturellement, parce que le personnel du défenseur des droits sont comme tout le monde, c'est-à-dire qu'ils travaillent à la maison, ils sont absents, nous sommes organisés, moi-même aussi, pour le faire. Mais nous essayons d'être présents en un moment où il est clair que les droits sont plus fondamentaux que jamais, parce que c'est à travers ces droits, et notamment, naturellement, le premier, le droit à la santé, le droit à la vie, pour lesquels tous les médecins, les infirmières, etc., se battent. Nous devons être là, et je pense que nous essayons de le faire aujourd'hui, et notamment, les liens qui peuvent exister. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Jacques Toubon : "Nous essayons d’être présents en un moment où les droits sont plus fondamentaux que jamais"
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Rapports cités4 févr. 2016 au 31 mai 2020 · 12 observations13 passages
Passages où cet élément est explicitement observable.
« de ce côté-là ça veut dire que non ça veut dire que aujourd'hui aujourd'hui je continue nous avons ensuite une question qui est que les contrôles d'identité en gros sont soumis à un article qui est celui du code de procédure pénale qui s'appelle l'article 78-2 cet article est trop vague c'est-à-dire qu'il permet de faire des contrôles d'identité dans des conditions qui sont disons laissées à l'appréciation du procureur d'une part qui les décide et des policiers ou des gendarmes qui les effectuent qu'est-ce que nous avons dit nous depuis le début nous avons dit d'abord il faut savoir ce qu'on fait et donc il faut tracer il faut avoir des statistiques deuxièmement il faut savoir où on le fait il faut par exemple avoir une possibilité et on a commencé à le faire d'une certaine façon avec le fait que nous avons équipé vous savez depuis deux ans depuis trois ans même un certain nombre de policiers et de gendarmes avec des caméras et que donc ils enregistrent par définition les gestes qu'ils font vis-à-vis de la population mais c'est insuffisant il faut donc que l'on ait une trace et puis qu'on précise nous avons fait des propositions d'ailleurs à ce sujet l'article 78.2 du code de procédure pénale mais ce que vous dites est à la fois vrai c'est-à-dire que nos recommandations n'ont pas été suivies mais en même temps on a beaucoup avancé parce que en réalité dans l'enquête axée au droit que nous avons faite en 2016 et publiée au début de 2017 on a montré très clairement que les contrôles d'identité sont assez largement ce qu'on appelle au faciès à la tête à la tête du client et en particulier qu'il discrimine au détriment d'une partie de la population disons les jeunes noirs et d'origine maghrébine nous avons montré dans cette enquête et personne ne l'a contesté depuis maintenant 5 ans que depuis maintenant 4 ans que il y avait 20 fois plus de risque d'avoir un contrôle d'identité d'être l'objet d'un contrôle d'identité pour ces jeunes noirs d'origine maghrébine que pour le reste de la population ce qu'on appelle la population majoritaire et nous avons dans un rapport que nous avons remis au début de 2018 sur au président de l'Assemblée nationale nous avons qui était à l'époque monsieur Durugi nous avons développé cette idée sur le maintien de l'ordre nous avons aussi développé cette idée vous savez en même temps que celle de la restriction d'utilisation des armes de force intermédiaire les fameux lanceurs de balles de défense mais la justice a fait son travail il y a eu une décision de la cour d'appel de 2015 suivie d'une décision de la cour de cassation de 2016 condamnant et qui a reconnu condamnant l'état pour 5 personnes à verser des indemnités effectivement reconnaissant que les contrôles qui avaient été effectués sur 13 personnes en l'occurrence 5 sur les 13 avaient été sans justification et discriminatoire je vais vous dire mon opinion sur ce sujet vous avez vu la polémique entre Camilla Jordana et le ministère et monsieur Nounes en particulier je pense je termine mon mandat donc ce que je dis c'est un peu pour la suite pour l'avenir et sans moi mais je pense que tout ce qui a été fait depuis quelques années va arriver maintenant à porter ses fruits et que nous allons mettre dans la loi des dispositions qui vont permettre aux policiers et aux gendarmes parce que c'est ça qui est le plus important d'être beaucoup plus en sécurité aujourd'hui dans cette affaire et c'est pour ça qu'il y a eu la polémique on est dans une insécurité juridique et je pense que nous pouvons en précisant les textes en précisant les pratiques en sachant ce qu'on fait en ayant des statistiques comme dans les pays comparables nous pouvons avoir des contrôles qui ne posent aucun problème car il en faut »
France Inter — Le téléphone sonne · Jacques Toubon et Aurore VincentiVérifier à 18:46Voir 2 autres passages
« Une des premières prises de position dès le lendemain du confinement, je l'ai prise en commun avec la contrôleur générale des lieux de détention, Adeline Azan, et avec le président de la Commission nationale consultative des droits de l'homme, Jean-Marie Burguburu, nous avons tous les trois signé un texte où nous avons dit attention aux droits fondamentaux des détenus. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Jacques Toubon : "Nous essayons d’être présents en un moment où les droits sont plus fondamentaux que jamais"Vérifier à 11:39
« Une des premières prises de position dès le lendemain du confinement, je l'ai prise en commun avec la contrôleur générale des lieux de détention, Adeline Azan, et avec le président de la Commission nationale consultative des droits de l'homme, Jean-Marie Burguburu, nous avons tous les trois signé un texte où nous avons dit attention aux droits fondamentaux des détenus. »
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
« Donc, je me saisis d'office. Là, en l'occurrence, je suis en train d'instruire cette affaire. Il faut être très objectif et prudent. On a des images de la fin de la séquence et où on voit effectivement ce monsieur à terre handicapé qui n'a pas de jambes, qui n'a plus ses prothèses, vraiment maltraité en présence de policiers. Mais il semble qu'il y a une première partie de la séquence dans laquelle les choses sont moins évidentes et notamment sur le comportement de la personne elle-même. Peu importe, de toute façon, moi, je suis en train d'instruire. Ça veut dire que je prends tous les éléments dont je vais disposer. La SNCF a mis à ma disposition les vidéos des caméras et tout ça. Je vais entendre tout le monde et je vais faire comme je fais toujours une instruction contradictoire. Mais, pour répondre à Caroline Fouret, la question qui, aujourd'hui, moi, m'interpelle, sans que je puisse y donner de réponse, bien entendu, c'est est-ce que, dans notre pays, il y aurait eu, de manière consciente ou inconsciente, délibérée ou non, une sorte d'évolution dans la doctrine d'emploi des forces de police ou de gendarmerie, en particulier au cours des manifestations, c'est-à-dire des opérations de maintien d'ordre. Je dis en un mot, par rapport au cas le plus spectaculaire, c'est-à-dire celui des Américains, qui, comme on le sait, ont des méthodes particulièrement musclées. nous avons toujours, nous, privilégié ce qu'on appelait le maintien à distance, le non-affrontement avec les manifestants. Et, par exemple, j'ai eu l'occasion de dire que, n'était pas conforme au principe, ce qu'on appelle l'encagement, c'est-à-dire, en anglais, le kettling, l'encagement qui fait que les manifestants sont entourés, enfermés, dans l'impossibilité en quelque sorte de manifester. Et, on le pratique relativement peu souvent. Mais on a vu, dans les manifestations depuis deux ou trois mois, cette méthode plutôt se répandre. Est-ce que nous, nous serions en train de changer de méthode ? C'est une question que je me pose. Et, il est certain que, aujourd'hui, les conditions, le contexte, la prolongation des manifestations, la présence, c'est vrai, d'un certain nombre de personnes qui sont là, non pas pour manifester, mais pour casser, la fatigue, la surcharge des forces de sécurité qui sont, depuis le début de l'année 2015, naturellement, au four et au moulin. Tout ceci crée un contexte. Et, encore une fois, la question que je me pose, c'est, est-ce que c'est quelque chose de délibéré ou est-ce que, au contraire, ça se trouve dans le cours des manifestants ? Mais, en tout cas, c'est clair que si l'intégrité physique, le droit à l'intégrité physique des manifestants, le droit à manifester et à s'exprimer, était mis en cause, moi, c'est mon boulot de le dénoncer. Donc, peut-être, je vais m'interroger sur ces questions. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Jacques Toubon : les droits à l'épreuve de la realpolitik ?Vérifier à 10:02
France Culture — L'invité(e) des Matins · Jacques Toubon : les droits à l'épreuve de la realpolitik ?Vérifier à 1:41
« il n'y aurait plus la possibilité des perquisitions administratives. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Jacques Toubon : les droits à l'épreuve de la realpolitik ?Vérifier à 2:17
France Culture — Sens politique · Jacques Toubon : "Sur le plan sanitaire les mesures préconisées me paraissent opportunes et justifiées"Vérifier à 15:17
« Vous savez, aujourd'hui, d'abord, vous savez très bien que sur l'échiquier politique, gauche et droite ne veulent plus rien dire. On y reviendra tout à l'heure. D'abord, parce que, si j'ose dire, gauche et droite ont disparu au profit de mouvements que personnellement je réprouve d'ailleurs qui sont des mouvements identitaires. Et les mouvements identitaires à droite, les mouvements identitaires à gauche, c'est-à-dire, par définition, la négation même de ce que sont les valeurs que nous avons en quelque sorte conquises au XVIIIe siècle. Bon, on va commencer à évoquer au XVIIe et qui ont fait ce que nous sommes aujourd'hui, c'est-à-dire des valeurs universelles, des valeurs de l'humanité, d'égalité et de dignité qui... Alors qu'aujourd'hui, alors qu'aujourd'hui, c'est très clair, vous êtes dans la situation où c'est ce que vous êtes qui fait ce à quoi vous avez droit. c'est une situation qui est tout à fait... Et ça a commencé... En fait, le tournant, c'est le 11 septembre, c'est clair, et ensuite, tout le monde s'est aligné sur les Etats-Unis, c'est-à-dire sur le Patriot Act, et dans tous les pays, on a eu des lois sécuritaires, etc. En France, on a eu un moment de ce point de vue absolument, je dirais, déterminant, non pas dans les décisions, heureusement, heureusement, mais dans la dérive des conceptions, c'est l'affaire de la déchéance de nationalité. L'affaire de la déchéance de nationalité qui est commencée en 2010, Sarkozy d'abord, puis reprise par le président Hollande, donc c'est vraiment plus droite et gauche, c'est pour ça que je vous dis droite et gauche, ça n'existe plus. La déchéance de nationalité, c'est quand même ce qui signifie, moi, je suis un français, un gouvernement français, un parlementaire français, un citoyen français, etc. Et je vous dis, vous, à qui j'ai accordé la nationalité dans les conditions parfaitement constitutionnelles et légales, il y a telle et telle année, je vais vous l'enlever parce que nécessairement, entre vous et moi, il n'y a pas une égalité. Vous, vous êtes quelqu'un qui a eu la nationalité française parce que j'ai bien voulu vous la donner. Et aujourd'hui, je vais vous l'enlever parce que ça ne me plaît pas, parce que vous êtes délinquant, parce que ceci ou cela. Mais c'est là où on se trouve dans cette conception de l'humanité qui est fondée sur des identités, et par définition, des identités inégales, des identités supérieures. C'est tout la base de ces mouvements qu'on appelle suprématistes, identitaristes. Et donc, ce à quoi, moi, j'ai tenu, et encore une fois, pendant ces 55 ans, c'est que ça, ça n'existe pas. et je pense que dans tous les actes de gestion que j'ai eu l'occasion de faire dans les tirs en poste que j'ai occupés, j'ai essayé de le montrer. »
France Culture — Sens politique · Jacques Toubon : "Sur le plan sanitaire les mesures préconisées me paraissent opportunes et justifiées"Vérifier à 15:17
France Inter — Le téléphone sonne · Jacques Toubon et Aurore VincentiVérifier à 2:21
France Culture — Sens politique · Jacques Toubon : "Sur le plan sanitaire les mesures préconisées me paraissent opportunes et justifiées"Vérifier à 18:13
France Inter — Le téléphone sonne · Jacques Toubon et Aurore VincentiVérifier à 23:22
« C'est prévu aujourd'hui dans une loi de 1955 qui s'appelle l'état d'urgence. Ça aurait pu être inscrit dans la Constitution, mais comme vous le savez, cette révision constitutionnelle qui a été présentée en 2016 n'est pas allée jusqu'au bout. Mais on considère aujourd'hui qu'il y a la possibilité, et par exemple la Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg le considère, il y a la possibilité de faire certaines restrictions aux libertés, quelquefois même certaines privations de liberté, pour peu qu'on les soumette au juge judiciaire, qui est le gardien des libertés, et les quatre conditions en réalité pour que ces restrictions de liberté ou de droits fondamentaux respectent l'état de droit, c'est qu'elles soient nécessaires du fait de la situation, qu'elles soient proportionnées, que ce ne soit pas n'importe quoi, qu'elles soient adaptées et qu'elles soient temporaires. Et ce point est naturellement tout à fait essentiel, parce que nous avons vécu une expérience de ce point de vue qui n'est pas très positive. dans une loi du 30 octobre 2017 a été introduite une partie de ce qui était dans l'état d'urgence antiterroriste et qui aujourd'hui encore est dans nos lois de droit commun. Il est clair que, et vous avez vu les discussions au Parlement, au Sénat comme à l'Assemblée, c'est un point qui a été toujours très fortement discuté, c'est pour ça d'ailleurs que, par exemple, le Parlement a décidé que le nouvel état d'urgence se terminerait le 10 juillet, il a donné une fin anticipée, et c'est pour dire simplement qu'il n'y a pas la possibilité de tout faire si on veut respecter les libertés démocratiques, encore une fois, les quatre éléments essentiels, et en particulier le caractère temporaire et exceptionnel des mesures restrictives de liberté. »
France Inter — Le téléphone sonne · Jacques Toubon et Aurore VincentiVérifier à 3:04
France Culture — Sens politique · Jacques Toubon : "Sur le plan sanitaire les mesures préconisées me paraissent opportunes et justifiées"Vérifier à 15:17
« Est-ce que, tel que le texte de la révision constitutionnelle a été présenté, il se contente de faire que ce qui était dans la loi, de 1955, et puis la loi du 20 novembre dernier, passe dans la Constitution ? Moins les atteintes à la liberté de la presse. La question est, la question est, est-ce que, la question est, est-ce que l'on tire de la constitutionnalisation un certain nombre de conséquences qui sont restrictives des libertés, ou est-ce qu'on prend des textes, comme celui dont je parle, de droit pénal et de procédure pénale, qui, comme je l'ai dit, et c'est ça qui me préoccupe, vont faire de l'exception la règle ? C'est-à-dire qu'au lieu d'être dans une période de droit exceptionnel, on entre dedans et on sort. On le sait, ça sera une crise dans la Constitution ou pas, mais le Parlement vote, c'est ce qui va d'ailleurs se faire incessamment. Et puis, dans notre conception, on dit que ces libertés restreintes, telles qu'elles peuvent être dans l'état d'urgence, elles vont être étendues dans la période ordinaire. Et c'est pour ça que je dis, attention, réfléchissons, est-ce qu'on veut passer de l'exception à la règle ? Est-ce qu'on veut passer dans une sorte d'état d'exception permanent, durable, de droit commun ? Et c'est le débat que je voudrais qu'on institue. Je prends un exemple aussi. On a prévu dans ce texte, il est prévu dans ce texte, que des personnes qui reviennent de certains pays ou qui sont supposées être allées ou être revenues de certains pays puissent être retenues, contrôlées administrativement, par décision de l'administration, pas par décision d'un juge, pendant plusieurs semaines. Ça s'appelle le contrôle administratif. Il y a une vraie question. Est-ce que nous pensons que, pour prévenir les crimes terroristes, objectif légitime, on doit commencer à faire reposer notre loi sur le soupçon, sur la suspicion ? C'est pour ça que j'ai employé le mot de suspect, tout simplement par référence à l'histoire. Dans notre histoire, nous avons eu à plusieurs périodes, y compris pendant la Révolution française, des lois des suspects, c'est-à-dire que l'on considérait que certaines personnes, à cause de leur comportement, de leur pédigré, étaient susceptibles d'être des criminels potentiels. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Jacques ToubonVérifier à 5:58
« Je dis très clairement que dans la situation où nous sommes aujourd'hui, je n'ai absolument pas voulu me sentir comme irresponsable. Je n'étais plus l'adhérent du parti politique depuis des années et des années et j'ai, comme beaucoup de gens, je pense, payé 30 euros pour être de nouveau adhérent du parti qui s'appelle Les Républicains et pour pouvoir aux deux tours voter dans cette primaire. Et je l'ai fait parce que, vous savez, Saint-Exupéry le dit, »
France Culture — Sens politique · Jacques Toubon : "Sur le plan sanitaire les mesures préconisées me paraissent opportunes et justifiées"Vérifier à 34:55
« C'est prévu aujourd'hui dans une loi de 1955 qui s'appelle l'état d'urgence. Ça aurait pu être inscrit dans la Constitution, mais comme vous le savez, cette révision constitutionnelle qui a été présentée en 2016 n'est pas allée jusqu'au bout. Mais on considère aujourd'hui qu'il y a la possibilité, et par exemple la Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg le considère, il y a la possibilité de faire certaines restrictions aux libertés, quelquefois même certaines privations de liberté, pour peu qu'on les soumette au juge judiciaire, qui est le gardien des libertés, et les quatre conditions en réalité pour que ces restrictions de liberté ou de droits fondamentaux respectent l'état de droit, c'est qu'elles soient nécessaires du fait de la situation, qu'elles soient proportionnées, que ce ne soit pas n'importe quoi, qu'elles soient adaptées et qu'elles soient temporaires. Et ce point est naturellement tout à fait essentiel, parce que nous avons vécu une expérience de ce point de vue qui n'est pas très positive. dans une loi du 30 octobre 2017 a été introduite une partie de ce qui était dans l'état d'urgence antiterroriste et qui aujourd'hui encore est dans nos lois de droit commun. Il est clair que, et vous avez vu les discussions au Parlement, au Sénat comme à l'Assemblée, c'est un point qui a été toujours très fortement discuté, c'est pour ça d'ailleurs que, par exemple, le Parlement a décidé que le nouvel état d'urgence se terminerait le 10 juillet, il a donné une fin anticipée, et c'est pour dire simplement qu'il n'y a pas la possibilité de tout faire si on veut respecter les libertés démocratiques, encore une fois, les quatre éléments essentiels, et en particulier le caractère temporaire et exceptionnel des mesures restrictives de liberté. »
France Inter — Le téléphone sonne · Jacques Toubon et Aurore VincentiVérifier à 3:04
« C'est prévu aujourd'hui dans une loi de 1955 qui s'appelle l'état d'urgence. Ça aurait pu être inscrit dans la Constitution, mais comme vous le savez, cette révision constitutionnelle qui a été présentée en 2016 n'est pas allée jusqu'au bout. Mais on considère aujourd'hui qu'il y a la possibilité, et par exemple la Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg le considère, il y a la possibilité de faire certaines restrictions aux libertés, quelquefois même certaines privations de liberté, pour peu qu'on les soumette au juge judiciaire, qui est le gardien des libertés, et les quatre conditions en réalité pour que ces restrictions de liberté ou de droits fondamentaux respectent l'état de droit, c'est qu'elles soient nécessaires du fait de la situation, qu'elles soient proportionnées, que ce ne soit pas n'importe quoi, qu'elles soient adaptées et qu'elles soient temporaires. Et ce point est naturellement tout à fait essentiel, parce que nous avons vécu une expérience de ce point de vue qui n'est pas très positive. dans une loi du 30 octobre 2017 a été introduite une partie de ce qui était dans l'état d'urgence antiterroriste et qui aujourd'hui encore est dans nos lois de droit commun. Il est clair que, et vous avez vu les discussions au Parlement, au Sénat comme à l'Assemblée, c'est un point qui a été toujours très fortement discuté, c'est pour ça d'ailleurs que, par exemple, le Parlement a décidé que le nouvel état d'urgence se terminerait le 10 juillet, il a donné une fin anticipée, et c'est pour dire simplement qu'il n'y a pas la possibilité de tout faire si on veut respecter les libertés démocratiques, encore une fois, les quatre éléments essentiels, et en particulier le caractère temporaire et exceptionnel des mesures restrictives de liberté. »
France Inter — Le téléphone sonne · Jacques Toubon et Aurore VincentiVérifier à 3:04
« Elle suscite simplement ce que j'ai eu l'occasion de dire. C'est que ce qui était une exception temporaire, l'État d'urgence, devient aujourd'hui, pour l'essentiel, une loi permanente. Et que donc, on a le sentiment qu'il existe un code pénal, un code de procédure pénale, et qu'il existe à côté pour le terrorisme, dont la définition n'a pas été faite précisément, qu'il existe pour le terrorisme, un droit administratif pour prévenir ou lutter contre le terrorisme. Et c'est mon inquiétude. C'est-à-dire que l'on soit là dans un domaine où l'équilibre entre la garantie du respect des libertés individuelles et publiques, et d'autre part, les exigences légitimes de la sécurité, que cet équilibre ne soit pas... Alors, vous le savez très bien, le Conseil constitutionnel a eu l'occasion à six ou sept reprises, à travers des questions prioritaires de constitutionnalité, de prendre des décisions. Il a, sur beaucoup de points, annulé ou interprété de manière très restrictive les dispositions des lois précédentes ou de la loi du 30 octobre, celle dont vous parlez, qui a mis fin à l'état d'urgence. Mais ma préoccupation est vive parce que mon sentiment est qu'aujourd'hui on est entré dans ce que j'ai dénoncé début, début 2016, peu de temps après les terribles attentats du mois de novembre 2015, c'est-à-dire une ère de suspicion. Il est aujourd'hui, il est aujourd'hui devenu une sorte de infraction supposée d'avoir, comme dit la loi, des raisons sérieuses que l'on suppose que vous avez la possibilité demain de participer ou de commettre un attentat. Alors, »
France Inter — L'invité de 8h20 · Jacques Toubon : "On est entré dans une ère de la suspicion"Vérifier à 9:33
France Culture — L'invité(e) des Matins · Jacques Toubon : "Nous essayons d’être présents en un moment où les droits sont plus fondamentaux que jamais"Vérifier à 11:39