Ça veut dire qu'on s'est trompé sur les enjeux à l'époque géopolitique et on s'est dit que l'armée, ça ne sert pas à grand-chose ?
Réponse directeÇa a été un mouvement dans tout le monde occidental. Et la France est le pays qui a sans doute le moins participé en Europe. Toute l'Europe a cru qu'après la chute du mur de Berlin, on arrivait à ce que Francis Fukuyama avait appelé à l'époque la fin de l'histoire, c'est-à-dire le fait que les tragédies, les conflits passés allaient petit à petit s'effacer au profit de l'universalisation de la mondialisation libérale et qu'on allait maintenant faire du commerce entre les grandes régions du monde, ce qui éviterait de se faire la guerre à tout jamais. Eh bien, nous vivons aujourd'hui la fin de la fin de l'histoire. Et autre temps, autre constat, il faut maintenant qu'on s'équipe pour l'avenir…
« Ça a été un mouvement dans tout le monde occidental. Et la France est le pays qui a sans doute le moins participé en Europe. Toute l'Europe a cru qu'après la chute du mur de Berlin, on arrivait à ce que Francis Fukuyama avait appelé à l'époque la fin de l'histoire, c'est-à-dire le fait que les tragédies, les conflits passés allaient petit à petit s'effacer au profit de l'universalisation de la mondialisation libérale et qu'on allait maintenant faire du commerce entre les grandes régions du monde, ce qui éviterait de se faire la guerre à tout jamais. Eh bien, nous vivons aujourd'hui la fin de la fin de l'histoire. Et autre temps, autre constat, il faut maintenant qu'on s'équipe pour l'avenir. On peut regarder le passé comme on voudra, mais ce qui compte maintenant, c'est de se tourner vers demain. Et notre famille politique, elle est en première ligne aujourd'hui pour réussir à réarmer le continent européen tout entier parce que c'est un enjeu global. Nous ne croyons pas demain du tout qu'il puisse y avoir une armée européenne. Ce sont nos armées nationales qui portent la responsabilité de la sécurité de nos pays. Mais nous devons, en Europe, garantir que la sécurité de notre continent soit mieux engagée, mieux assurée par les Européens eux-mêmes. Aujourd'hui, c'est un constat que nous avons souvent partagé, les Européens sont massivement dépendants des États-Unis pour leur défense. L'an dernier, les Européens ont acheté 79% de leurs armements hors d'Europe, dont 63% aux États-Unis. Eh bien, le défi pour nous, c'est de renverser cette logique. Et avec le programme pour l'industrie européenne de défense, dont j'étais le rapporteur, que notre famille politique a porté, en particulier avec Raphaël Glucksmann, on a mené un combat français sur cette question déterminante, pour faire en sorte que précisément, nous puissions de nouveau imposer aux Européens une trajectoire d'autonomie. Désormais, ce programme pour l'industrie défense, il financera des équipements s'ils sont produits pour au moins 70% de leurs composants en Europe, avec un design, une conception européenne, et avec une absence totale de contraintes juridiques extra-européennes. Quand les Américains vous vendent une arme, ils la vendent avec une licence qui s'appelle ITAR, qui fait que si vous voulez l'utiliser, même quand vous l'avez payé, vous devez demander l'autorisation du gouvernement américain. Eh bien, nous disons que cette dépendance-là, nous devons en sortir aujourd'hui. Pas parce que les Américains ne seraient plus nos alliés, ils doivent, je le crois, rester nos amis, mais parce que nous ne devons plus être leurs vassaux, ils ne doivent plus être nos suivants. »
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