Est-ce que tu vas revenir après au docu ?
Réponse à côtéOui, je vais déjà répondre à la deuxième partie de la question. Moi, j'ai beaucoup apprécié cette expérience de fiction. Il se trouve que le film plaît et convainc nos producteurs-distributeurs qui nous suivent sur le prochain projet. Donc ça, c'est déjà beaucoup de chance. Même, ils nous tentent des perches. Donc c'est pas mal. Et je vais continuer de faire des docu. parce que je pense qu'il y a des sujets qui méritent d'être traités en documentaire et d'autres qui méritent d'être traités en fiction. Après, ce passage à la fiction, c'est pas tout de suite une envie. Je sais pas, ce serait plus prestigieux de faire de la fiction que du documentaire. Moi, je mets pas ça sur un piédestal. Mai…
« Oui, je vais déjà répondre à la deuxième partie de la question. Moi, j'ai beaucoup apprécié cette expérience de fiction. Il se trouve que le film plaît et convainc nos producteurs-distributeurs qui nous suivent sur le prochain projet. Donc ça, c'est déjà beaucoup de chance. Même, ils nous tentent des perches. Donc c'est pas mal. Et je vais continuer de faire des docu. parce que je pense qu'il y a des sujets qui méritent d'être traités en documentaire et d'autres qui méritent d'être traités en fiction. Après, ce passage à la fiction, c'est pas tout de suite une envie. Je sais pas, ce serait plus prestigieux de faire de la fiction que du documentaire. Moi, je mets pas ça sur un piédestal. Mais c'est juste qu'à un moment donné, ça permettait de faire autre chose sur un sujet que je connais bien. C'est le système de LBO. Je vous laisse chercher ce que ça veut dire. Et le monde ouvrier, moi, je viens de là. Mes parents ont travaillé dans ces usines. Moi, j'y ai travaillé. Mes origines sociales, elles sont là. Et donc, du coup, je suis à l'aise pour parler de ça. Et aussi d'écrire un scénario avec une liberté totale. Et ça, c'est quand même la grosse différence avec la fiction. Il y a un côté presque plus facile. Parce que du coup, tu peux écrire et tu peux te lâcher. Et tu peux inventer des histoires. Et après, ça empêche pas de s'inspirer du réel. Mais des fois, en documentaire, c'est même plus difficile. Parce que tu sais que tu travailles avec des gens que tu connais, que tu as rencontrés avant. Tu sais ce qu'ils sont capables de te dire. Tu sais quelles émotions ils sont capables de mettre. Puis des fois, tu tournes en docu. Puis ça se passe pas tout à fait comme tu voudrais. Tu te dis, merde, mais il l'est pas. Parce qu'en fait, des fois, les gens, ils collent un peu à un discours qu'ils ont entendu à la télé et qui correspond à leur classe sociale et tout ça. Et tu te dis, non, il l'est pas ou elle n'est pas ce qu'elle est dans la réalité. Et donc, c'est dommage. Et des fois, c'est plus difficile en docu d'avoir ce que tu veux. Il faut revenir par des billets détournés et tout ça pour arriver à voir des choses. Il y a du cinéma où on demande quelque chose. Et là, écoute, tu écris une ligne de dialogue. Tu prends des acteurs plutôt bons. Et puis normalement, ça devrait bien se passer. »
