Le budget, donc, François Ruffin. Dernière piste lancée par le gouvernement. L'allongement du délai de carence pour les arrêts maladie de 3 à 6 jours. Inacceptable pour vous, comme le reste ?
Réponse partielleMais on va venir sur quelque chose de plus général. J'ai rendu un rapport, moi, sur le plan de financement de la sécurité sociale. 80% des frais de l'assurance maladie, ce sont sur des arrêts longs. Ce n'est pas sur des arrêts de quelques jours. Ce sont sur des arrêts de plus d'un mois. C'est 12 milliards par an, l'arrêt maladie. Donc, vraiment, ce sont des économies de bout de chandelle et qui ne traitent pas la question centrale, qui est la question du mal-travail. Quand on a 100 000 personnes qui, en France, partent pour inaptitude, c'est-à-dire sont évacuées de leur métier, mais vont avoir bien du mal à en retrouver un derrière parce qu'ils sont brisés, brisés psychiquement ou brisés ph…
« Mais on va venir sur quelque chose de plus général. J'ai rendu un rapport, moi, sur le plan de financement de la sécurité sociale. 80% des frais de l'assurance maladie, ce sont sur des arrêts longs. Ce n'est pas sur des arrêts de quelques jours. Ce sont sur des arrêts de plus d'un mois. C'est 12 milliards par an, l'arrêt maladie. Donc, vraiment, ce sont des économies de bout de chandelle et qui ne traitent pas la question centrale, qui est la question du mal-travail. Quand on a 100 000 personnes qui, en France, partent pour inaptitude, c'est-à-dire sont évacuées de leur métier, mais vont avoir bien du mal à en retrouver un derrière parce qu'ils sont brisés, brisés psychiquement ou brisés physiquement. La moitié, c'est des troubles musculo-squelettiques. L'autre moitié, c'est des burn-out. Que ça a doublé en 10 ans et qu'on est sur un record d'Europe. On est dans la queue de peloton pour ce qui s'agit du mal-travail, accident du travail, maladie professionnelle et ainsi de suite. Là, il y a un énorme sujet qui pourrait rapporter... Vous savez, c'est Xavier Bertrand qui était ministre du Travail, de droite, et qui disait que ça représentait 4% du PIB. Donc, ça se chiffre à 50 milliards d'euros, le coût de ce mal-travail chaque année. Évidemment, le gouvernement n'a aucune intention de s'y attaquer. »
