pourquoi est-ce qu'on ne fait plus de référendums ?
Réponse directeParce que le référendum est un outil d'une puissance inouïe. Le référendum, c'est le peuple qui se prononce. Or, on lui propose, au peuple français, une réforme, on lui propose ce qu'on considère comme étant une avancée. Et cette avancée, parfois, n'est pas le véritable objet de la consultation. Parce que le référendum, il arrive qu'il puisse être détourné par le jeu politique et politicien qui fait que, d'abord, on répond à la personne qui vous pose la question avant de répondre à la question. Et donc, ce que craignent les présidents successifs depuis maintenant un certain nombre d'années, c'est que désireux de poser une question sur le fond aux Français, eh bien, cette question passe à la…
« Parce que le référendum est un outil d'une puissance inouïe. Le référendum, c'est le peuple qui se prononce. Or, on lui propose, au peuple français, une réforme, on lui propose ce qu'on considère comme étant une avancée. Et cette avancée, parfois, n'est pas le véritable objet de la consultation. Parce que le référendum, il arrive qu'il puisse être détourné par le jeu politique et politicien qui fait que, d'abord, on répond à la personne qui vous pose la question avant de répondre à la question. Et donc, ce que craignent les présidents successifs depuis maintenant un certain nombre d'années, c'est que désireux de poser une question sur le fond aux Français, eh bien, cette question passe à la trappe. et qu'en fait, le mécontentement, qui très souvent est nourri par l'évolution des années lors d'un mandat, le mécontentement l'emporte et que le non s'adresse directement au président de la République. Oui, qui le prête personnellement. Exactement. C'est pour ça qu'une fois de plus, le risque, c'est que dans un référendum, on ne réponde pas à la question, mais qu'on réponde à l'homme qui pose la question. Et ça, c'est un risque politique que certains ne veulent pas courir. D'autant qu'on a, au départ, on a l'exemple du général de Gaulle, qui, lui, sur un référendum raté, a décidé de partir. Donc, il consulte les Français, les Français disent non, et il le prend... Personnellement. Exactement. Et à partir de là, il estime qu'il n'a pas de légitimité pour continuer son action. Et donc, il s'en bat et quitte l'Élysée. Et si vous étiez président, vous pourriez utiliser le référendum ? C'est quelque chose que vous trouvez ? Oui. Je pense que c'est un dispositif qui est tout à fait important, parce qu'il permet de faire respirer la démocratie. À intervalles réguliers, on a besoin de ressourcer la légitimité. On ne peut pas considérer aujourd'hui, même si 5 ans, ça paraît plus court que 7 ans, le septennat, on ne peut pas considérer qu'on a un chèque en blanc. Surtout quand on voit que l'élection présidentielle, elle est souvent contrainte. Ça a été le cas en 2022. C'est-à-dire que le sentiment qu'entre Emmanuel Macron et le Rassemblement national, beaucoup de Français estiment qu'ils n'ont pas le choix, et donc ils acceptent parfois à contre-cœur, mais sans vouloir faire un chèque en blanc, de voter quand même pour Emmanuel Macron. Et le sentiment a pu exister de façon identique en 2002. Jacques Chirac face à Jean-Marie Le Pen. Donc le référendum doit nous permettre de ressourcer la démocratie. Mais il faut arriver à dégager le référendum de la mise en cause du président de la République lui-même. D'où la réflexion que fait aujourd'hui Emmanuel Macron. Est-ce qu'il ne faut pas poser plusieurs questions ? De façon à ce que la réponse ne puisse pas être interprétée comme un désaveu présidentiel. »
