

« Nous avons les moyens, parce que nous avons le plus grand marché du monde, du sursaut, de la protection, de l'innovation et de l'investissement. »
« Le risque inverse, c'est quoi ? C'est qu'on perde tout simplement des secteurs entiers. »
« Notre rapport, il visait à la montrer, à la documenter, parce qu'on pense qu'on est en quelque sorte sur un plateau, comme dirait les économistes, c'est-à-dire qu'on a une menace commerciale chinoise stable. Ce n'est pas vrai, elle est en train de s'accroître et elle touche ce qu'on appelle le cœur productif de l'Europe. »
« Si on ne réagit pas là non plus, plus d'indépendance, plus de souveraineté, c'est toujours le même logiciel, avec par exemple des barrières commerciales plus fortes, oui, notre industrie sera en danger de mort. »
« On voit bien que ce n'est pas un sujet d'une de filière, c'est un sujet de toute notre économie industrielle, et l'industrie, je le rappelle, c'est la défense, c'est la souveraineté, ce sont les gains de productivité, c'est l'emploi. »
« Il faut poser ce constat d'une menace existentielle. C'est ça le mérite de ce rapport, et changer, si je puis dire, le braquet de notre réponse vis-à-vis de la Chine. »
« Donc ça veut dire être plus autonome, produire, on a le succès aujourd'hui du rafale à l'export, notre propre industrie de défense, la défendre et être souverain à la matière, avoir des coopérations industrielles de défense européenne, dépenser plus pour la défense aussi. »
« Oui, on tire la sonnette d'alarme parce que malheureusement, en géopolitique, vous parliez des ordres du monde, les problèmes ne s'effacent pas les uns les autres, parfois ils se cumulent. »
« Le cœur productif de l'Europe, ce sont les grands secteurs industriels, tous en réalité, on parle beaucoup de l'automobile, mais c'est malheureusement vrai aussi dans la chimie, dans la pharmacie, on a vécu dans les panneaux solaires il y a quelques années, les machines outils, etc. »
« L'Allemagne perd, il faut le savoir, 10 000 emplois industriels par mois depuis deux ans. »
« Donc, si on a de l'innovation et de l'investissement, c'est ce qu'on doit faire en premier, mais ça ne sera pas suffisant. »
« Nous, on propose effectivement qu'il y ait une mesure transversale sur les droits de douane, parce que quand on fait des mesures, sans être trop technique, mais sectorielles, c'est-à-dire on prend un secteur, les panneaux solaires, le véhicule électrique, on regarde domaine par domaine, ça prend beaucoup de temps, et ça donne l'impression qu'il y a juste deux, trois secteurs qui sont concernés. »
« Rien que la filière automobile en Europe, c'est 13 millions d'emplois. »
« Il y a un intérêt pour ce sujet. Le gouvernement et le président, d'ailleurs, ont dit à plusieurs reprises qu'il fallait muscler notre jeu en matière de protection. »
« Face à ça, la réponse n'est pas de dire que c'est un mauvais moment à passer, parce qu'on a déjà vécu le modeur de Trump 1, on s'est dit bon après il y a M. Biden, il est plus coopératif, plus transatlantique, il a aidé l'Ukraine, il faut lui rendre hommage sur ce point, et puis il y a eu M. Trump 2, on est dedans, et on ne sait pas ce que sera la suite. »
« Il faut être clair, ça prendra du temps, parce que notamment sur la sécurité et la défense, on a assez confortablement, soyons honnêtes aussi, délégué notre sécurité, notre protection et son financement aux Américains pendant plusieurs décennies. »
« Il ne faut pas se focaliser seulement sur l'actualité, je n'oublie pas ce que sont les Etats-Unis pour la France, un vieil allié, un pays qui nous a aidé, même sauvé dans le passé et d'ailleurs nous avons contribué aussi à son indépendance, il ne faut pas l'oublier. »
« On est encore évidemment des nains militaires par rapport aux Etats-Unis, il faut qu'on se muscle. »
« La réponse à ça, c'est pas tellement de se tourner vers Washington en espérant que ça aille mieux, ou en demandant que ça aille mieux, c'est d'être plus autonome, plus indépendant, c'est ce qu'a rappelé le président la semaine dernière, nous européens. »
« On était leader mondiaux il y a une décennie. En trois ans, on a perdu toutes nos entreprises, toutes nos entreprises en Europe. Et aujourd'hui, la Chine, c'est 80% de la production mondiale de panneaux solaires, en trois ans. »