– Oui, c'est ce qu'on a dans un traité, dans un accord. Et comme le disait à très juste titre mon collègue, lorsqu'on parle d'un accord, on est en train de parler de la régulation d'un certain nombre, d'une certaine quantité de produits avec des quotas, avec des droits de douane qui sont baissés. D'ailleurs, en termes purement économiques, nous serions avantagés, notamment de certaines industries, comme les industries laitières, les fromages, les vins, etc. Mais ce n'est pas de ça qu'il s'agit. On voit bien que lorsqu'on parle d'agriculture, on ne peut pas tout simplement regarder des chiffres. – Mais vous avez des agriculteurs qui vous disent, dans l'élevage, ce sera une catastrophe. – Ce sera une catastrophe, on est en train de parler de 99 000 tonnes qui seraient couvertes par cet accord, alors qu'on en a 200 000 qui viennent déjà aujourd'hui. Ce n'est pas qu'aujourd'hui, on n'achète pas de viande brésilienne. Donc, quelque part, il faut juste relativiser. Et là, je pense que dire que l'accord UE-Mercosur serait la source de tous les mots, ou le début du commerce avec le Brésil. – Est-ce que vous considérez qu'il aggraverait la crise des agriculteurs ou qu'il avance ?
Réponse partielle– Il ne s'agit pas de stigmatiser les agriculteurs d'Amérique latine. Moi, je plaide justement pour sortir de logique commerciale à l'échelon planétaire qui met en concurrence les paysans du monde entier entre eux. C'est l'exact inverse de la souveraineté alimentaire. C'est-à-dire que revenons aux fondamentaux de ce qu'est la définition intrinsèque de la souveraineté alimentaire. Produire ici pour nourrir ici, produire là-bas pour nourrir là-bas. Et donc quand on reviendra à ces fondamentaux-là, on n'aura plus de difficulté de tonnage, de surtonnage produit sur des zones qu'il va falloir exporter ailleurs et de besoins d'importation parce qu'on n'aura plus produit. Et donc c'est toute la di…
